PÉROU


5 au 16 mars 2011



AUTRES VOYAGES...


APERÇU HISTORIQUE

DES CIVILISATIONS ANDINES RESTEES AU STADE DE LA PREHISTOIRE ?

Les critères définis par les spécialistes à partir de l’étude des civilisations du bassin méditerranéen font appartenir à l’Histoire les seules civilisations qui ont laissé des documents écrits.

La Mésopotamie d'abord puis l’Egypte Antique ont été les premières civilisations à utiliser une écriture hiéroglyphique (des mots grecs Hiero –sacré- et Gluphein -gravé) à partir d’environ 3400 av. J-C. Cette écriture mêlait des idéogrammes dans lesquels à un signe correspond un mot, des phonogrammes (symboles phonétiques syllabiques) désignant un son et des déterminatifs précisant la catégorie du mot en cas d’homophonie. Dans l’Ancien Monde, la première écriture alphabétique, de type cunéiforme, dite ougaritique, apparut dans l’actuel Liban vers 1300 av. J-C.

Sur cette base, les civilisations andines appartenaient donc toujours à la Préhistoire lors de la Découverte de l’Amérique et de la Conquête, à la fin du XVe s. et au début du XVIe s.
Aussi évoluées qu’étaient leurs pratiques sociales et politiques, leurs connaissances de l’Univers (astronomie, calendrier) ou leur maîtrise de divers arts (architecture, irrigation, agronomie)… tout cela ne les élevait pas au rang de civilisations historiques puisqu’elles ne possédaient pas d’écriture (les quipus dont nous parlerons par ailleurs, pour sophistiqués qu’ils soient ne sont que des outils de comptabilité !).
Au mieux, la fin de l'empire des Incas est de type Protohistorique dans la mesure où ce sont des textes émanant d’autres cultures ou peuples contemporains qui la décrivirent. Ce fut notamment le cas au travers des Commentaires royaux sur le Pérou des Incas (Comentarios Reales de los Incas) écrits et publiés en espagnol au début du XVIe s. (en 1609 à Lisbonne) par Inca Garcilaso de la Vega (ou El Inca Garcilaso), de son vrai nom Gómez Suárez de Figueroa, chroniqueur métis péruvien d’ascendance noble espagnole du côté de son père et inca du côté de sa mère.

Pour comparaison, qu’en est-il des anciennes civilisations mésoaméricaines (Amérique Centrale et Mexique), telles que celles des Mayas ou des Aztèques (ou Mexicas) ?
Elles, elles appartiendraient à l’Histoire car si, pas plus que les civilisations andines, elles ne maîtrisaient le fer ou la roue, en revanche, elles avaient un système d’écriture hiéroglyphique. Leurs logogrammes appelés plus couramment glyphes combinaient des éléments pictographiques ayant le sens soit d’idéogrammes soit de phonogrammes.
Chez les Mayas, les premières traces d’écriture remonteraient à 36 av. J-C 'voire le IIIe siècle avant J-C selon d'autres sources) tandis que les Aztèques parlant la langue nahuatl ont utilisé ce type d'écriture plus tard, au XIIe siècle de notre ère. Malheureusement des milliers de ces manuscrits précolombiens (les codex) de Mésomamérique furent détruits par les missionnaires espagnols au moment de la Conquête et de la période coloniale.

Mais ce critère de l'accès à l'écriture est remis en cause par d'autres spécialistes. Pour eux, relèvent de la Préhistoire les civilisations reposant sur la prédation (cueillette, chasse, pêche) tandis que se rattachent à la Protohistoire celles qui s'attachent à la production (agriculture, élevage, métallurgie, poterie, tissage...). Dans cette définition, les cultures andines appartiennent incontestablement à cette seconde catégorie.


Les anciennes civilisations andines

Les plus anciennes traces d'occupation humaine retrouvées dans cette région remontent aux environ de 20 000 ans avant notre ère
.
Le peuplement du continent américain s'est effectué à partir de la migration de populations asiatiques (en plusieurs vagues) qui ont traversé le détroit de Béring, au niveau de l'Alaska (notamment à la faveur de la dernière période glaciaire qui s'est terminée vers
10 000 ans avant notre ère). La migration sur plus de 16000km au travers des Amériques aurait atteint la pointe sud de l'Amérique, le Cap Horn, vers 12 000 ans avant notre ère.

Dans la région andine, au moment où les glaciers reculent, l'agriculture naît peu à peu (plus tardivement qu'en Eurasie) à partir de 10 000 ans avant notre ère avec les apparitions successives des cultures de nombreuses plantes: haricot (frejol), coton, pommes de terre (papas), patate douce (camote), manioc (yuca), piment, arachide, potiron (et autres cucurbitacées), quinoa, maïs, avocat... tandis qu'à partir de 4000 avant notre ère, on assiste à l'apparition tardive et modeste de l'élevage avec la domestication du lama (qui n'est pas un animal de trait) et du cochon d'Inde (cuy).

La première civilisation américaine aurait vu le jour dans cette région: Caral-Supe ou Norte Chic, entre 2627 et 2100 avant notre ère. Située à environ 150km au nord de Lima, c'est la plus vieille ville du continent et l’une des plus anciennes du monde, dont le grand centre urbain aurait été doté de gros tumulus ou de pyramides tronquées (donc pratiquement contemporaines des grandes pyramides égyptiennes). On a aussi retrouvé des poteries anthropomorphiques, des instruments de musique. La pratique de l'irrigation y apparaît aussi (barrages et canaux).
Cette cité est l'un des six ou sept lieux où la civilisation a vu le jour indépendamment dans le monde et sensiblement au même moment
- Sumer en Mésopotamie,
- Phéniciens en Méditerrané,
- culture thinite et Ancien empire d'Egypte,
- civilisation de l'Indus,
- civilisation proto-élamite en Iran,
- civilisation minoenne en Crète.

Par la suite l'organisation sociale se complexifie et l'on observe des progrès techniques: céramique, tissage, travail de l'or, de l'argent et du cuivre.
La culture de Chavín (1800 ou 1200? à 300
avant notre ère) apparaît au même moment que la civilisation des Olmèques et que les Mayas (époques pré-classiques ancienne et moyenne) en Amérique centrale. La vie sociale, économique et rituelle s’organise autour des dieux féroces représentant les grands prédateurs locaux comme le jaguar, le serpent ou le caïman.

Les civilisations du Proche-Orient ont déjà développé la métallurgie du cuivre 4000 ans avant notre ère et au moment de Chavin, elles maîtrisent le fer.
Pour les civilisations amérindiennes, développer les échanges s'avère difficile avec le médiocre animal de bât que constitue le lama (charge de 30kg), sans animal de trait et sans le fer qui aurait permis notamment de cercler les roues de chariot. A cela s'ajoute la disposition défavorable d'un continent s'étalant des hautes latitudes nord aux hautes latitudes sud sur 16000km et pratiquement coupé en deux au niveau de l'isthme de Panama. Cette disposition induit aussi des barrières climatiques défavorables à la diffusion des pratiques d'agriculture et d'élevage.

La culture Paracas (800 avant notre ère à 200 ap. J-C), dans la péninsule désertique portant le même nom, apparaît au même moment que la civilisation des Mayas qui arrive à son apogée en Amérique centrale et développe un système d'écriture.
La civilisation Paracas se distingue par ses textiles de grande valeur esthétique mais cette civilisation, pas plus que celles qui lui succéderont, ne créera jamais un système d'écriture.
L'effondrement des cultures Chavin et Paracas entraîne un émiettement en différentes cultures régionales (mais pratiquant le commerce entre elles): Nazca, Mochica et Huari (ou Wari), cette dernière subsistant jusqu'à l'an 1000.

 

L'Empire Inca (Xe-XVIe s.)

Aux alentours de l'an 1000, les anciennes civilisations cèdent la place aux cultures Chimú, Chanca, Chincha et enfin et surtout, à la culture inca, la plus célèbre.
Les Incas seraient issus d'une tribu guerrière quechua originaire du centre de la Cordillère et conduits par le mythique Manco Cápac. Ils se seraient fixés, entre les années 1100 et 1300, dans la région de Cuzco qui était habitée par les indiens aymaras.
Au même moment apparaît en Amérique centrale la civilisation des Aztèques (ou Mexicas).

La véritable expansion des Incas et la formation d'un empire commencent en 1438, avec l'Inca Pachacutec (1438-1471), qui entreprend de conquérir les terres voisines. Le terme Inca sert a désigner le souverain.

Durant les 70 dernières années de cette période, le royaume qui a pour capitale Cuzco, va se former un vaste empire inca qui s'étendra sur toutes les Andes. Le génie de Pachacútec se manifeste avant tout dans la législation et l’administration qu’il établit dans "l’Incanat".

Il réussit à unifier un si vaste empire grâce à trois mesures principales. Il préserva l’unité géographique de l’empire en développant un gigantesque réseau de routes (le Qhapaq Ñan, un réseau de 25 000 km); puis il fit son unité linguistique en imposant le runa simi ou quechua comme langue officielle ; enfin, grâce à une organisation centrale absolue, il forma l’unité politique impériale.
En même temps, il créa une élite capable de l’assister dans son œuvre : les curacas. Pour faciliter la transmission des ordres et le renseignement sur l’état de provinces, ilétablit un système de chasquis ou "coureurs messagers", qui parcouraient les chemins de l’Empire.
Quelques échanges eurent-ils lieu entre les Incas et les Mayas (objets retrouvés dans un cenote de Chichen Itza au Mexique)?
Si les Incas n'ont pas de système d'écriture (contrairement aux Mayas et aux Aztèques d'Amérique centrale), en revanche, ils ont comme eux des connaissances dans les domaines de la médecine (phytothérapie comme avec la quinine et même chirurgie avec la trépanation), des mathématiques (calcul et comptabilité) et de l'astronomie (ils se basent sur le cycle solaire des solstices et des équinoxes et sur le cycle lunaire pour gérer les cycles agricoles
).

À la fin du XVe siècle, l'Inca Pachacutec transmet le pouvoir à son fils Tupac Yupanqui († 1493), qui étend l'Empire jusqu'à l'actuel territoire équatorien en s'opposant à leurs rivaux du nord, les Chancas. Sous le règne de son fils, Huayna Capac († 1527), les frontières de l'Empire Inca sont repoussées jusqu'à la frontière de l'actuelle Colombie et surtout sur une grande partie de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine andine. Une guerre de succession éclate entre deux fils de Huayna Capac, Huascar (fils légitime) et Atahualpa (fils bâtard). Ce dernier est parvenu à battre les troupes de son frère, au moment où les conquistadores arrivent au Pérou.
Les Incas appellent un territoire si divers Tawantinsuyu, ce qui signifie "les quatre parties".

Ici, tout comme en Amérique centrale avec l'empire aztèque, la Conquête va venir briser le potentiel de développement que pouvait peut-être encore être en germe dans cet Empire Inca....


Conquête et colonisation espagnole (XVIe-XIXe s.)

Lors d'une expédition espagnole menée à partir de Panama en 1528 Francisco Pizarro découvre les côtes du Pérou. En 1529, deux ans avant que commence la conquête du pays, le roi Charles Quint lui concède les territoires à conquérir avec le titre de "gouverneur de terres et provinces du Pérou et de la ville de Tumbes".

Les troupes de Francisco Pizarro arrivent donc en 1531 dans l'empire inca déchiré par une guerre civile à la suite de la guerre de succession entre les deux fils de Huayna Capac, Huascar et Atahualpa.

Le 16 novembre 1532, durant la bataille de Cajamarca, Pizarro à la tête de seulement 180 conquistadores capture l'empereur Atahualpa. Victoire étonnante face à l'armée de l'Inca qui comptait quelques dizaines de milliers de soldats. Les causes en sont diverses: faiblesse après la guerre de succession, supériorité militaire des Espagnols par leur armement (chevaux, armures en métal et armes à feu) et par leur stratégie, habileté diplomatique à soulever contre l'empire des tribu locales, assimilation des Espagnols à des dieux ou renoncement dû à la croyance en la fin d'un cycle cosmologique de 500 ans (la fin du monde inca)?.
Les Espagnols exigent contre sa libération qu'
Atahualpa obtienne de son peuple la livraison d'un volume d'or et d'argent équivalent à celui de la pièce où il était emprisonné soit 70m3! Naïvement il donnera à Pizarro tout l'or qui put être rassemblé. Pizarro prendra l'or mais fera tout de même exécuter l'empereur le 29 août 1533. Sa mort provoque l'effondrement moral des défenseurs de Cuzco qui tombe aux mains des Espagnols le 15 novembre 1533.
Pour apaiser les Indiens, le souverain fantoche
Manco Inca ou Manco Cápac II (qui reprend le nom du premier souverain mythiques des Incas), demi-frère de Huascar qu'il avait soutenu contre Atahualpa, est couronné à Cuzco selon la coutume, en présence des conquistadors et de la noblesse du royaume.

Dès 1535, les Espagnols décident d'établir une capitale moins exposée aux révoltes, plus accessible et permettant le commerce maritime avec la mère patrie. Ainsi naît Lima, le centre rayonnant de l'Amérique  espagnole, sous le nom de Ciudad de los Reyes ("la Ville des Rois").
Profitant de l'occasion,
Manco Cápac II s'enfuit de Cuzco et lève une armée de 20 000 hommes en vue de reprendre la ville aux Espagnols. Vaincu après un siège de deux années (1536-37), il se réfugie aux portes de l'Amazonie où il tente d'organiser un nouvel Etat jusqu'à ce qu'il soit assassiné.

La conquête espagnole s'accompagne de nombreux pillages (telles les plaques d'or qui ornaient le temple du Soleil à Cuzco), destruction d'oeuvres d'art incas, profanation de 400 temples et des momies sacrées (celles des Grands Incas par exemple) sans parler des massacres de population.
La conquête se prolonge par la colonisation. Les Indiens sont réduits en esclavage ("génocide colonial" sur plusieurs millions d'Indiens?) et victimes de maladies (la variole) contre lesquelles leurs organismes n'ont pas de défenses immunitaires. La population Inca tombe de 10 ou 15 millions à 600 000 individus en l'espace d'un siècle!
Il faudra cependant plus de quarante ans pour briser les dernières tentatives de résistance: le dernier Inca
, fils de l'empereur fantoche Manco Inca, Tupac Amaru ("serpent brillant"), ennemi juré des conquistadores, est capturé et exécuté en 1572.

Les Espagnols instituent le système de l’encomienda: les Amérindiens doivent payer un tribut, dont une partie va à Séville et sont astreints à un travail forcé dans les haciendas et dans les mines (par exemple à Potosi, actuellement en Bolivie).

A la suite de l'assassinat de Pizarro par un rival en 1543, Charles-Quint décide de remplacer le gouvernorat par une vice-royauté. Le Pérou est administré avec une poigne de fer par des gouverneurs coloniaux qui s'enrichirent en pillant sans vergogne les ressources du pays au profit de la métropole.
Dans l'Etat colonial, les Indiens sont regroupés en villages nommés "Reducciónes" à la tête desquelles sont placés des curacas (chefs de familles indigènes).

Des révoltes indiennes vont survenir au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe s. notamment celle conduite par José Gabriel Condorcanqui Noguera plus connu sous son nom de guerre Túpac Amaru II (en souvenir du dernier Inca tué deux siècles plus tôt).
En novembre 1780, il prend la tête d'une lutte pour l'indépendance et pour la reconnaissance des droits des indigènes. Il réunit une armée de 6000 Indiens qui pillent et tuent des Espagnols tout en marchant sur Cuzco et en écrasant une troupe de 1800 soldats. La résistance de Cuzco donne le temps à des renforts de troupes de venir de Lima. Après des défaites et une trahison, il est capturé, sa famille est exécutée et lui-même est écartelé et décapité 18 mai 1781.


XIXe s. le siècle de l'indépendance

Un mouvement indépendantiste existe au nord du continent, en Nouvelle-Grenade, dès 1810 et cela aboutit à la proclamation de la République de la Grande Colombie en 1819, avec à sa tête Simón Bolívar. En mai 1822, tout le nord de l'Amérique du Sud se trouve libéré. Cette Grande Colombie éclatera en trois Etats en 1830: Colombie (dont se séparera plus tard le Panama en 1903), Equateur et Venezuela.

Le centre de la colonisation espagnole, le Pérou, pourra tomber à son tour, pris en tenaille entre les troupe rebelles conduites, au nord, par Simón Bolívar (el Libertador) et, au sud, par le général José de San Martín qui vient de libérer l'Argentine, soutenus par le soulèvement des propriétaires terriens d'origine espagnole. Après avoir débarqué dans la baie de Paracas, San Martín s'empare de Lima et déclare, le 28 juillet 1821, l'indépendance du Pérou. L'émancipation deviendra effective en 1824, lorsque le général Antonio José de Sucre bat les Espagnols dans la bataille d'Ayacucho et que Bolivar est nommé Dictateur par le Congrès péruvien. Quelque 600 familles d'origine espagnoles quittent alors le Pérou.
Simon Bolivar rétablit l'impôt, interdit le travail forcé et l'esclavage, instaure un système judiciaire. Il commettra une erreur en décidant de rattacher la province de Guayaquil à la Grande Colombie en 1822, ce qui sera à l'origine d'un conflit territorial entre le Pérou et l'Équateur. De plus, on assiste à la sécession entre un Haut-Pérou, resté fidèle à Bolívar, qui devient la Bolivie en 1825, et un Bas Pérou, le Pérou actuel.

Au nord, des conflits frontaliers entre le Pérou et l'Équateur débutent à partir des années 1830. Quatre guerres éclatent entre ces pays entre 1858 et 1995.
Au sud, le maréchal Andrés de Santa Cruz à la tête de la Bolivie envahit le Pérou en pleine guerre civile et crée en 1837 l'éphémère Confédération péruano-bolivienne perçue comme une menace par ses voisins chiliens et argentins qui vont la vaincre en 1839.
Toujours au sud, entre 1879 et 1883, le Pérou mène aux côtés de la Bolivie la Guerre du Pacifique contre le Chili à la suite de l'invasion du port bolivien d’Antofagasta par le Chili qui a des visée sur les nitrates du désert d'Atacama. La Bolivie déclare alors la guerre au Chili, soutenue par son allié le Pérou. Le Pérou connaîtra quelques victoires, mais en 1881 les troupes chiliennes entrent dans Lima. La guerre prend fin le 20 octobre 1883 par le traité d'Ancón qui fait perdre à la Bolivie son débouché maritime, toute la région de Tarapacá, et au Pérou, ses province de Tacna (restituée en 1929) et d'Arica.

La période allant du XXe s. à aujourd'hui fait l'objet d'un encart dans la page consacrée à la côte.

AUTRES VOYAGES...

Circuit au sud du PEROUIles BallestasLignes de NazcaChala (Puerto Inca)CamanaPlage de TanacaAREQUIPASalinas et Aguada BlancaNécropole de SillustaniPuno et Lac Titicaca (Iles des Uros)CUZCOMACHU PICCHUTrain Ollantaytambo à Aguas CalientesOllantaytamboSalines de MarasMarché de PISACLIMALes couleurs du drapeau péruvien auraient été choisies par le général José de San Martín, qui au cours de la guerre contre l'Espagne (1820), se serait exclamé, en voyant s'envoler une bande flamants à dos blanc et ailes rouges : "Voici l'étendard de la liberté !". Ce drapeau, dont il y eut diverses versions, fut officiellement adopté en 1825.

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Frise chronologique du Pérou pré-hispanique

Les  repères chronologiques sont  approximatifs et peuvent varier  énormément d'une  source bibliographique à l'autre.
Les confusions proviennent du fait que  l'on se réfère parfois à la seule période correspondant à l'apogée d'une culture
alors qu'en réalité, il y a souvent eu des périodes de chevauchement avec ses voisines parvenues à des stades divers.


Aperçu géographique...

Géographiquement, le Pérou se situe sur la partie occidentale de l'Amérique du Sud, en bordure de la côte orientale du Pacifique, entre Tropique du Capricorne et Equateur.

Avec 1.285.215 km2 (soit plus du double de la France métropolitaine), le Pérou est le troisième pays le plus étendu d'Amérique du Sud après le Brésil et l'Argentine (la Bolivie arrive en quatrième position).
Le Pérou est un vaste pays montagneux sur la façade Pacifique de l'Amérique du Sud. Il est limité au Nord par l'Équateur et la Colombie, à l'Est par le Brésil et la Bolivie et par le Chili au Sud. Le pays possède plus de 5500 km de frontières terrestres. L'océan Pacifique baigne le pays à l'Ouest ( 2414 km de côtes où l'amplitude des marées est de l'ordre de 2m).

C'est un pays à forte sismicité: volcanisme actif et fréquent tremblements de terre. Nous sommes ici sur l'un des bords de la Ceinture de Feu du Pacifique (l'autre côté étant formé par les côtes d'Asie).
En effet, la côte occidentale de l'Amérique du sud suit étroitement la bordure de la plaque tectonique sud-américaine sous laquelle vient s'enfoncer la plaque sud-pacifique. Parmi les 14 tremblements majeurs du siècle dernier, de magnitude au moins égale à 7, il faut évoquer celui survenu en 1970 qui fit près de 60 000 victimes (ou 30 000?). De 2001 à 2007 inclus, on en a déjà enregistré 7 atteignant ce niveau (et plus de 500 victimes).

Le relief s'ordonne en trois zones naturelles, s'étendant en bandes parallèles du Nord au Sud: costa (côte), sierra (hauts plateaux) et selva (forêt amazonienne).
La région de la costa (10% du pays et 60% de la population), dont fait partie Lima (la capitale), est une plaine côtière étroite constituée de larges zones désertiques entrecoupées de vallées fertiles. C'est dans cette région que sont situées les plantations de coton, de canne à sucre et de riz, tout comme la plupart des champs de pétrole exploités à ce jour. La profondeur de cette région ne dépasse pas 150 km.
La sierra, la montagne (30% du pays et 30% de la population), dont fait partie l'Altiplano et la Cordillère des Andes culminant à plus de 6000m (le volcan Huascarán s'élève à 6768 mètres). Celle-ci est formée de deux chaînes principales encadrent l'Altiplano (haut plateau) , la Cordillères occidentale et la Cordillère orientale. Cette région montagneuse possède la majorité des ressources minières du pays (argent, zinc, plomb, cuivre et or). Une grande partie de l'élevage de bétail s'y concentre. De ses flancs partent deux cours d'eau, l'Ucayali au sud (qui prend sa source près d'Arequipa) et le Marañón au nord qui, nés à 135km du Pacifique (à vol d'oiseau) lui tournent le dos et descendent vers l'Atlantique. Après s'être rejoints, ils forment l'Amazone qui s'enfonce dans l'immense Brésil et cherche son chemin vers l'océan sur 6500km. Du fait de l'amplitude des altitudes, on parle d'un "archipel écologique étagé" au sujet de cette région.
Enfin, à I`est, la Selva avec les plaines forestières et les collines du bassin amazonien ( 60% du territoire pour 10% de la population) s'étend sur 60 millions d'hectares.


Depuis 1990, un système de protection de certains espaces naturels a été mis en place. On compte actuellement 90 réserves naturelles couvrant 10% du territoire du pays.

CLIMAT

Le Pérou se situe dans la partie sud de la zone intertropicale qui va de 23°26' nord (en passant par exemple sur le Mexique) à 23°26' sud (en passant sur le Chili, le Paraguay et le Brésil), zone qui résulte de l'inclinaison de la terre par rapport au plan de l'orbite terrestre (l'écliptique) autour du soleil. Il en est de même pour la course nocturne de la lune.
Contrairement aux pays des hautes latitudes (l'Europe par exemple) où le soleil à son zénith marque toujours le sud, dans la zone tropicale, la direction marquée par le soleil change en fonction de la saison. Ici, au coeur de l'hiver austral on le voit au nord alors qu'il passe au sud en plein été austral.
De ce fait, pendant environ 8 mois (mars à octobre), les Péruviens voient le soleil faire sa course apparente vers le nord. Ainsi, avant ce basculement d'hémisphère, le soleil est passé à la verticale d'Arequipa (latitude 16°) vers le 5 février et de celle de Lima (latitude 12°) vers le 16 février.

Au Pérou, plutôt que de parler des saisons en terme d'hiver et d'été, il est préférable de parler de saison des pluies (pendant notre hiver boréal) et de saison sèche. En raison de la diversité du relief, les différences climatiques sont importantes.

Le climat est tropical à l'est (températures entre 22° et 31° et 3000mm de précipitation par endroit).
Il est désertique à l'ouest (températures entre 13° et 26°).
Malgré un taux d'humidité qui peut atteindre 95%, les déserts côtiers sont provoqués par la présence d'un courant océanique sud-nord, donc froid, le courant de Humboldt qui remonte la côte Pacifique et qui empêche l'air humide de s'élever pour former des nuages de pluie. De plus, la barrière des Andes empêche l'arrivée des précipitations depuis l'Amazonie. De mai à novembre le ciel est envahit par une brume côtière, la garúa.
Dans les niveaux intermédiaires de la Cordillère (entre 2.500 et 3.500m) où se trouvent les vallées, la température annuelle moyenne varie entre 11° et 16°. Les pluies d'été surviennent d'octobre et avril.

Au climat péruvien, on associe le terme El Niño. Il désignait à l'origine "l'Enfant Jésus" car cela correspond au temps de Noël, autrement dit au début de la saison chaude et pluvieuse de l'été austral lorsque les courants longeant l'Amérique du Nord débordent vers le sud. Désormais le terme El Niño est utilisé pour désigner un pic dans un cycle de variations climatiques pluriannuelles.

Les phénomènes climatiques El Niño (phase humide du cycle) et La Niña (phase sèche du cycle) qui affectent les régions situées en périphérie du Pacifique surviennent tous les 2 à 7 ans et persistent généralement 9 à 12 mois, voire plus. Leurs manifestations ne sont toutefois jamais exactement les mêmes. On passe de l'un à l'autre par une sorte d'oscillation.
Ils se caractérisent par des températures des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique tropical anormalement hautes dans le premier cas et anormalement basses dans le second (- 1,5° par rapport aux températures habituelles des eaux sur les côtes du Pérou et du Chili qui sont normalement à 18-20°).
On considère que les épisodes El Niño et La Niña font partie des principaux facteurs qui déterminent les anomalies saisonnières du climat dans de nombreuses régions du monde.
Nous sommes actuellement dans un important épisode La Niña qui s’est développé rapidement en juin et juillet 2010, après la dissipation de l’épisode El Niño 2009/10. Son intensité devrait fortement faiblir durant les deux prochains mois (avril-mai). Globalement, en période La Niña, les régions à l'est du Pacifique sont plus sèches alors que l'Afrique australe, l'Asie méridionale et le sud-est de l'Australie sont soumises à de fortes précipitations (en période El Niño, les choses s'inversent).
Dans ce contexte, on observe un déficit pluviométrique de décembre à février le long des côtes de l'Équateur, dans le nord-ouest du Pérou alors que l'on constate une humidité supérieure à la normale sur le nord de l'Amérique du Sud.
Le moteur de tout cela reste assez mystérieux. Qu'est-ce qui est cause? Qu'est-ce qui est conséquence? Les températures océaniques ou les courants marins ou les zones de pression ou les vents océaniques (les alizés, soufflant vers l'ouest, se renforcent en période La Niña) ou encore les courants jet d'altitude (jet streams dont la force et la trajectoire générale se modifient de façon cyclique)?


POPULATION

Le Pérou compte un peu plus de 29 millions d'habitants (en 2008). La population a triplé en 50 ans (de 1960 à 2010) malgré la campagne de stérilisation forcée des populations pauvres menée sous la présidence de Fujimori entre 1995 et 2000: 300 000 paysannes ont été stérilisées pendant la présidence du "dictateur".
Le taux de fécondité est de l'ordre de 2,4 enfants par femme.

Plus de 9 millions de personnes vivent dans la capitale. Pour les trois quarts, la population est urbaine.
L'agriculture occupe environ 20% des actifs (contre 3,3% en France).

L'espérance de vie s'établit à 71 ans dont 69 ans pour les hommes, sauf dans les campagnes où elle tombe à 50 ans à cause de l'alcoolisme, et à 72 ans pour les femmes.

A la population native amérindienne (30 à 45%) se sont ajoutés les colons espagnols (créoles ou criolos, 15% de la population actuelle) puis leurs esclaves noirs venus d'Afrique et aussi des migrants d'origine asiatique (Chine puis Japon) et tout cela s'est plus ou moins métissé (45% de la population). Le fait que des Présidents de la République soient issus du monde indien comme Toledo et Ollanta, ou de l'immigration asiatique comme Fujimori, en témoigne.

Les langues pratiquées sont l'Espagnol : 84%, le Quechua: 13% et parmi les autres langues il faut mentionner l'Aymará parlé autour de Puno (et en Bolivie)
Les Péruviens sont à 90% catholiques mais on note une percée des évangélistes comme dans d'autres pays du continent. La religiosité se manifeste au travers de festivités et de cérémonies rituelles syncrétiques qui montrent à la fois la ferveur catholique, héritage espagnol, ainsi que le mysticisme propre aux cultures préhispaniques millénaires.

90% de la population est alphabétisée (30% en 1960) mais le niveau n'est pas très élevé. L'enseignement à l'école primaire se fait en espagnol ou dans les langues indigènes selon les régions.

 

ECONOMIE

Le Pérou possède la sixième économie la plus importante d'Amérique latine après le Brésil, le Mexique, l'Argentine, la Colombie et le Chili

Des privatisations dans les secteurs de télécommunications, des transports et de l’énergie ont été effectuées au cours des années 1990. Si l'ouverture économique qui a débuté sous le gouvernement d'Alberto Fujimori en 1990 a donné des résultats, en revanche elle laisse de côté une société péruvienne très inégalitaire. En 2006, 55% de la population était en dessous du seuil de pauvreté. En 2011, ce taux s'établit encore à 40% (60% en zone rurale). Et l'extrême pauvreté touche environ 15% de la population.

Depuis lors l’économie est stimulée par des investissements dans les infrastructures: eau potable (programme Agua para Todos avec le concours de l'Espagne), électrification rurale, téléphone (avec la présence de sociétés espagnoles et italiennes), routes, ainsi que dans l’éducation et la santé.
Le bilan: 60 nouvelles routes, 75% des ménages ont l'électricité, 3 millions de foyers ont un téléphone fixe, couverture par le système intégral de santé passée de 3 millions à 13 millions de bénéficiaires pour un coût de 40 soles par mois, mortalité infantile ramenée de 28°/°° à 18°/°° .

Ces dernières années, le taux de chômage était de l'ordre de 8,5% (12% selon Carlos). Taux du même ordre que celui de la croissance annuelle du PIB de 8,8% en 2010 et de 6% en moyenne sur la décennie 2000-2010 (ce qui est également le taux prévu pour 2011).
Mais il y a un paradoxe car, pendant que les bénéfices des grands groupes progressaient de 30% au cours de la décennie écoulée, les salaires chutaient de 10%.

Le taux d'inflation de l'ordre de 2% est désormais l'un des plus faibles du monde après la période d'hyperinflation de années 1980.

Le PIB se répartit entre 5% pour l'agriculture (mais 20% des actifs, ce qui signifie grande pauvreté), 33% pour l'industrie et 62% pour les services.

Les principales industries péruviennes sont les mines (plomb, cuivre, argent, fer, phosphates, zinc, or), le charbon, le pétrole, la pêche, les textiles et vêtements, l'industrie agro-alimentaire, la cimenterie, l’acier, les constructions navales. La région amazonienne s'est révélée disposer de riches gisements de gaz.
L'envolée actuelle des cours mondiaux des matières premières profite largement au Pérou et aux autres pays d'Amérique Latine.
Rapport à son riche passé, c'est le cinquième producteur mondial d'or et c'est sa première activité d'exportation. Les réserves d'or et d'argent sous le contrôle de l'Etat sont considérables.

L’agriculture est basée principalement sur le café, le coton, la canne à sucre et ,secondairement, sur le riz et la pomme de terre.
Les cultures vivrières sur les hauts plateaux concernent fèves, petits pois, blé, oignon, ail et carottes, dès lors que des microclimats y sont favorables. Dans ces montagnes, l'agriculture se pratique sous forme communautaire et on y trouve de nombreuses cultures "indigènes", outre les pommes de terre: quinoa, maca, ocas, ullucos...

Il faut aussi savoir que le Pérou est un des plus gros producteurs de feuilles de coca, avec 108 600 hectares de culture. C'est l'une des productions de la région amazonienne. Celle-ci produit également des cultures industrielles: café, cacao, palmiers à huile, tabac et caoutchouc (à la fin du XIXes. la compagnie Peruvian Amazon Rubber devenue Arana & Hermanos y a exploité les Indiens d'Amazonie dans des conditons génocidaires)..

La côte donne lieu à une intense activité de pêche, notamment pour la fabrication de farines de poisson dont le pays est le premier exportateur. La production du guano reste plus anecdotique. Cet engrais organique formé par la fiente desséchée des oiseaux de mer fut largement exporté vers l'Europe de 1870 à 1920.

N'oublions pas le tourisme qu l'on désigne sous l'expression "usine sans cheminée". Son développement est important depuis les années 1990 et la fin des exactions du Sentier Lumineux. Les Français seraient les visiteurs les plus nombreux.

Le Pérou et la Colombie ont conclu un accord de libre-échange avec l'Union Européenne en 2010.

BREF, LE PEROU, UN PAYS QUI SE TOURNE RESOLUMENT VERS L'AVENIR...

Le nom du PEROU vient du nom Birú (ou Virú, Berú ou Pirú) d'un chef de tribu d'Amérque centrale qui évoquait aux conquistadores espagnols un lointain et très riche pays situé au sud.

Aujourd'hui, on emploie l'expression "ce n'est pas le Pérou", pour figurer qu'un gain n'est pas énorme, que quelque chose apporte peu, en référence à cette époque où le pays était un véritable eldorado.


IMPACT DU SEISME SURVENU AU JAPON

Un voyage aussi lointain ne nous coupe pas totalement du monde.
Cela a été le cas avec le tremblement de terre suivi d'un tsunami et d'un accident majeur à la centrale nucléaire de Fukushima survenus le vendredi 11 mars 2011, alors que nous visitions Cuzco (nous ne l'avons appris que le lendemain, jour de l'excursion au Machu Picchu). Il était presque une heure du matin ici, au Pérou, lorsque s'est produit
au Japon un très violent tremblement de terre, de magnitude 8,9, à 14h46, dépassant donc les 8,8 du séisme meurtrier survenu au Chili il y a un an, le 28 février 2010. Toute la côte est du Pacifique, souvent éprouvée par les séismes puisque faisant partie de "la ceinture de feu du Pacifique", a vécu dans l'angoisse l'arrivée de l'onde sur ses côtes. Après le Mexique, la vague est arrivée sur le Pérou en fin d'après-midi mais en moyenne elle ne dépassait pas 40cm, soit le niveau d'une forte marée. Précisons que 28 millions de Péruviens vivent sur les côtes... Heureusement, toujours faible, elle a touché le Chili en fin de journée.



Etapes du rapide circuit au PEROU:

  • Côte sud : Ballestas, Nazca...

    Vie politique contemporaine


  • AREQUIPA **

    Cuisine péruvienne


  • Hauts plateaux : Sillustani, Lac Titicaca

    Ekeko et autres fétiches


  • CUZCO **

    Sociétés inca et péruvienne


  • MACHU PICCHU ***

    Chemin de l'Inca


  • La Vallée Sacrée

    Carnavals et festivals


  • LIMA

    Sexe, mort chez les Mochicas

    Sites, paysages, villes ou monuments classés au Patrimoine Mondial de l'humanité de l'UNESCO repérés par le logo .

    Grâce à Hergé (pour RG, Rémi Georges) le fameux créateur des albums de la bande dessinée "Les aventures de Tintin", nous sommes nombreux a avoir contracté le virus de voyages lointains: Amérique du Nord, Egypte, Chine, Palestine... sans oublier le Pérou, d'abord avec "Les 7 boules de cristal" (1948) préfigurant "Le Temple du Soleil" (1949).
    Voici le moment venu de confronter les rêves d'enfance à la réalité!




    Après avoir été très bien pris en charge par le représentant de notre TO à l'aéroport Charles de Gaulle, c'est le départ de Paris pour Amsterdam à l'heure prévue, 8 heures, sur un vol Air France d'une durée dune 'heure et quart. Cette première étape est suivei d'une escale de deux heures au milieu de la joyeuse cohue de lycéens néerlandais et péruviens, les premiers venant raccompagner à l'aéroport leurs nouveaux amis à l'issue d'un séjour linguistique en terre batave.
    Départ d'Amsterdam pour Lima à 11h15 par un long vol transatlantique de 10500km avec la compagnie KLM.

    PASSER L'EQUATEUR, UNE PREMIERE...

    Ce voyage, c’est une première par un aspect particulier.
    En effet, si les deux voyages effectués en Inde du Sud et au Sri Lanka nous avaient fait approcher l’Equateur, on restait toujours dans notre hémisphère Nord. Donc aujourd’hui c’est le grand jour, le Passage de la Ligne de l’Equateur.
    En réalité, on s’en est à peine rendu compte dans l’avion, sinon en suivant sur l’écran le déroulé du plan de vol.

    Donc rien à voir avec le fameux ‘’Passage de la Ligne’’, une sorte de baptême païen ou plutôt de bizutage des jeunes matelots qui s’effectue normalement lors du franchissement dans le sens nord-sud.

    Heureusement que nous ne sommes pas marins. Donc les néophytes que nous sommes échapperons à l’exposition au coup de tabac à la proue du navire ou, à défaut de grains météorologiques, au jet de pompes à incendie.
    Nous ne passerons pas non plus devant l’étrange tribunal syncrétique présidé par le dieu des océans, Poséidon assisté d’Amphitrite son épouse et d'un aréopage de tritons, naïades, évêque ( !)…
    Nous échapperons aussi à l’enduction de farine symbolisant la mort (‘’le passage’’) et enfin à la purification finale par un grand bain dans l’océan (heureusement remplacé par la piscine sur les navires modernes).

    Nous avons rencontré des zones de turbulence au-dessus des Caraïbes puis sur les reliefs lorsque nous sommes arrivés au-dessus du continent sud-américain (que nous avons abordé en passant à la verticale de Georgetown, la capitale du Guyana). La visibilité était parfois dégagée et permettait d'apercevoir l'Amazone puis cela a été l'Amazonie péruvienne et nous avons suivi pendant un moment l'un des deux affluents de tête du grand fleuve, le Rio Ucayali (qui dans on cours supérieur se nomme Urubamba) qui dessine d'amples boucles. Enfin c'est la côte pacifique et le port de Lima, Callao, devant lequel des dizaines de cargos sont en attente.
    La durée du vol a été de 13 heures! soit une arrivée un peu en avance, à 17h55, heure locale soit presque minuit à l'heure de Paris. Et il fait 25°...
    Et quel accueil! Qu'est-ce qui nous vaut cette foule joyeuse, bruyante et venue avec ces ballons de baudruche? Erreur! Ce sont les familles des jeunes Péruviens venues chercher leurs adolescents au retour de leur séjour linguistique. Ca n'arrange pas trop nos affaires car il faut repérer notre réceptif au milieu de cette pagaille.

    Nous sommes un groupe de 17 personnes. Une dizaine ont acheté ce petit voyage (12 jours) sur un catalogue économique (1789€ par personne en chambre double), un couple est venu par une agence du Doubs et cinq Alsaciens par un site de vente de voyages dégriffés par Internet (où ils l'ont payé 400€ plus cher!).
    Dommage pour lui que notre TO ne fasse pas d'enquête de satisfaction...
    Je ne donne pas les noms des voyagistes et tours operators car je ne me fais pas sponsoriser et je n'ai pas envie de leur faire de la publicité gratuite...
    Dans notre groupe dont plus de la moitié est encore en activité, les âges vont de 22 ans pour Nicolas à 77 ans pour notre dynamique et toujours souriante Yvette.
    C'est avec cette joyeuse bande que notre guide accompagnateur CARLOS devra faire pour le compte du réceptif Solmartours.

    Carlos a découvert la culture et la langue françaises fortuitement, en écoutant un CD de chansons prêté par un ami. Il a suivi 4 années de cours à l'Alliance Française d'Arequipa et a séjourné un an et demi en France, d'une part dans le cadre d'un travail pour une ONG et d'autre part dans le cadre d'études sur l'Environnement (à Toulouse). En dehors de la saison touristique, d'octobre à mars, il revient à sa formation d'origine, dans le domaine de l'agro-développement. Il est fier de ses origines métis avec des origines quechua, de la région du Lac Titicaca d'où sa famille avait émigré vers Arequipa.

    En une semaine et demie (ou plus exactement 9 jours de circuit terrestre), nous allons parcourir environ 1800 km... plus le vol intérieur d'environ 600 km pour revenir de Cuzco à Lima.

    Un circuit tel que le nôtre nécessiterait en fait 15 jours avec les visites complémentaires qui pourraient s'y greffer.
    Avec deux extensions vers le nord et vers l'Amazonie péruvienne, il faudrait y rajouter environ 10 jours.
    Enfin, avec un détour par la Bolivie (La Paz, Salar d'Uyuni, Potosi...), il faudrait compter un mois pour le tout... Et encore plus pour le faire en routard!


    Il fait nuit et il fait chaud, 25°.
    Nous quittons Callao, sa zone portuaire et aéroportuaire. La route franchit le Rio Rimac (en quecha, son nom signifie "parleur", "qui fait du bruit"), maigre rivière alors que nous sommes à encore dans la saison des pluies. Puis nous empruntons une avenue (la Marina) bordée de casinos dont les néons brillent puis nous traversons les quartiers à l'architecture républicaine (post indépendance) de San Miguel et de San Isidro, quartiers résidentiels aux jolies villas barricadées derrière leurs hauts murs surmontés de barbelés (Lima est réputée pour sa délinquance) et parfois gardées par des vigiles. C'est aussi le quartier diplomatique avec de nombreuses ambassades. Enfin, c'est Miraflores, la Calle Atahualpa et l'hôtel Allpa où, à 20h (heure locale soit 2h en France), on nous sert notre premier apéritif d'accueil, un excellent pisco sour. Mais il faut aussi penser à dormir car on doit se lever dès 5h du matin.


     Escale à Amsterdam
     "Accueil" à Lima
     LIMA - casinos de la Marina
     LIMA - casinos de la Marina


     

    Dans la page d'accueil de tous nos voyages, pourquoi n'ai-je mis que deux smileys et non pas trois pour ce circuit au Pérou?
    Pourtant le circuit a pu être réalisé comme prévu, nous avions un bon guide-accompagnateur et de bons guides locaux, notre petit groupe était supersympa... Alors?
    J'avoue que j'ai hésité longuement. J'y vois trois raisons que vous pourrez ne pas forcément juger comme étant de bonnes raisons.

     - Sur les 5 premières journées, une fois retirée la journée à Arequipa bien remplie, 4 laissent une impression de vide en raison de la monotonie des paysages qu'accentuent les longues distances à parcourir. De ces 4 journées difficiles, seules émergent nettement la visite aux Iles Ballestas le premier jour et les visites au site de Sillustani et aux Iles Uros sur le Lac Titicaca les troisième et quatrième jours.
     - Autre élément qui a pu jouer, le climat. Début mars n'est pas la période idéale pour visiter ce pays si tant est qu'il y en ait une... mais c'était notre choix pour diverses raisons. Si pendant l'hiver austral, Lima est perdue dans le brouillard alors que le soleil inonde et brûle les hauts plateaux après des nuits glaciales, en revanche, en cette période de fin d'été austral, il fait beau à Lima mais encore bien humide et nuageux sur les hauts plateaux. Un bon compromis pourrait correspondre aux périodes intermédiaires octobre-novembre ou mieux avril-mai pour profiter de la verdure du paysage avant le froid sec hivernal... Toutefois, pendant nos visites, nous n'avons été confrontés directement à une petite pluie ou plutôt à un crachin que durant une heure, à l'arrivée au Macchu Picchu.
    Mais nous ne devrions pas nous plaindre car le groupe qui a fait le circuit suivant n'a pratiquement pas vu le Machu Picchu perdu dans les nuages et sous la pluie!
     - Enfin dernier point. Le mal des montagnes qui enquiquine la majorité des voyageurs, avec un inconfort plus ou moins grand et plus ou moins durable (presque trois jours de maux de tête en ce qui me concerne). C'est beaucoup lorsque le séjour ne dépasse pas les dix jours dans le pays.



    Documentation et crédits

  • mes notes de voyage

  • "PÉROU" par divers auteurs aux Editions GALLIMARD Coll. Bibliothèque du voyageur - Paris 2006
  • "PÉROU BOLIVIE" aux Editions HACHETTE Coll. Le guide du Routard 2007-2008 - Paris 2007
  • "A la découverte du PÉROU" par A. DUKSZTO et J.M. HELFER ARGUEDAS aux Editions del Hippocampo - Lima 2003
  • "A la recherche de LA GRANDE ROUTE INCA" par Megan SON et Laurent GRANIER aux Editions GEO/Prisma Presse - Paris 2008
  • "PÉROU et BOLIVIE" par Aymeric PICHEVIN aux Editions MONDEOS Coll. Les Guides Mondéos (l'Essentiel du voyage) - Paris 2007
  • "AREQUIPA: apunte histórico geográfico" par Jose Mario JUSTO PACHECO édité par l'auteur dans les années 1990
  • Le N°191 de janvier 1995 du magazine GEO consacré aux "Pays des Incas "
  • les nombreux articles consacrés au Pérou par Courrier International
  • ainsi que, en ligne, les fiches et cartes libres du "World Factbook"
  • et surtout la fabuleuse encyclopédie libre en ligne Wikipédia (open GNU)
  • et de nombreux autres sites sur la toile...



    BON A SAVOIR

    QUAND PARTIR ?
    La configuration climatique du Pérou est de celles qui posent le plus de problèmes aux voyageurs surtout s'ils veulent parcourir les diverses régions du pays
    .
    Seulement dans la région amazonienne (notre circuit n'y va pas), les conditions ne changent guère tout au long de l'année.
    Mai à octobre ne sont pas favorables sur la côte au ciel brumeux mais le ciel est alors dégagé sur les montagnes et hauts plateaux où le froid nocturne est intense
    (et le soleil cuisant dans la journée) puisque à l'effet du relief s'ajoute la saison hivernale australe.
    La situation s'inverse de décembre à avril: ciel dégagé sur la côte, précipitations et températures moyennes sur les hauteurs.
    Les amateurs de compromis peuvent choisir
    les périodes intermédiaires octobre-novembre ou mieux avril-mai pour profiter de la verdure du paysage avant le froid sec hivernal...

    TENUE :
    C'est un voyage un peu particulier sur le plan vestimentaire. Certes le pays est sous une latitude tropicale qui ferait penser aux tenues légères mais c'est un pays de haute montagne où il peut faire humide pendant l'été austral donc pendant la période de notre circuit, ou geler la nuit et brûler au soleil pendant la journée lors de l'hiver austral (juillet-août notamment)...
    Donc des bagages bien remplis ou des achats utilitaires à faire sur place, à l'arrivée... et technique de la "pelure d'oignon", plusieurs petites épaisseurs...

    SANTE :

    - Boire de l'eau en bouteille encapsulée.
    - Prudence avec les salades, mayonnaises, légumes crus et les fruits. Ne manger que de la viande et du poisson bien cuits (quid du ceviche? pourtant spécialité du pays), de préférence servis chauds.

    - Eviter de manger dans des kiosques proposant de la nourriture dans la rue pourtant cela peut être tentant (les picarones par exemple).
    - Pour éviter le mal d'altitude (soroche), il serait recommandé de se reposer le premier jour où l'on aborde la montagne, la sierra, et de se contenter de plats légers. Boire des tisanes de "mate de coca" ne saurait nuire à ce qui se dit couramment. Mâcher des feuilles de coca serait encore plus efficace même si selon nos critères occidentaux c'est une pratique prohibée (au retour des analyses sanguines peuvent en révéler des traces). Pour les adeptes d'une médication plus soft, il y a aussi les granules homéopathiques à base de coca. Pour ma part, j'ai tout fait dans ces trois médications à base de coca mais sans résultat...
    Dans cette région en saison humide et surtout dans la forêt amazonienne (notre circuit n'y va pas), prévoir insecticide (moustiques!) et imperméable!
    - Les vaccinations contre le choléra et la typhoïde sont recommandées.


    Décalage de + 6H par rapport à la France en hiver (de chez nous) et de +7H en été car le Pérou n'applique pas le changement d'heure saisonnier (la Bolivie voisine est décalée d'une heure de moins, été comme hiver).

    Voltage 220V et 60Hz, donc pas de soucis en principe sauf que le format des prises n'est pas toujours adapté dans certains hôtels comme on a pu le constater à Puno, Urubamba et Cuzco.

    ACHATS ET SOUVENIRS :
    Produits d'artisanat ;
    - en laine d'alpaga ou d'alpaca:
    ponchos, pulls, gants, chullos (bonnets);
    - tapis en alpaca et llama;

    - retablos
    d'Ayacucho, retables où des figurines représentent des divinités; bijoux, objets en filigrane d’or ou d’argent; - -
    - chapeaux Panama de Cuenca;
    - artisanat de la selva amazonienne, poteries...

    - Dans la région de Paracas/Ballestas: chapeaux, tee-shirts...
    - A Arequipa: lainages d'alpaga manufacturés (gants, bonnets, pulls) ou artisanaux...
    - A Puno : instruments de musique andine (flûtes, charango, mandoline, quena, chajchas...), chapeaux de feutre, masques..
    - A Cuzco (et au Col de la Raya): beaux tissages en laine de mouton, bijoux en argent notamment avec un alliage au cobalt (différents de ceux de Bolivie avec le classique alliage au cuivre), poteries et céramiques..

    On trouve un grand choix des galeries et des boutiques d'artisanat à Miraflores, Pueblo Libre et Lima. Deux marchés d'artisanat à Miraflores (Petit Thouars Ave, n° 52-53) et Pueblo Libre (La Marina Ave, n° 8-10).

    Sur les marchés, il faut marchander. On peut réduire le prix initial de 25%. Dans les magasins, on peut avoir 10% sur les prix affichés, à conditions de payer en numéraire (pas de frais pour le commerçant comme lorsqu'il y a paiement avec CB).

    Idées cadeaux Idées cadeaux

     

    MONNAIE ET CHANGE :
    Pas trop compliqué à mémoriser.
    1 €uro vaut 4 soles (au pluriel prononcer [solès]) donc 1 sol ou
    S/=0,25€.
    Le sol se divise en 100 céntimos.
    Les billets en (nouveaux) soles ont une valeur de 200, 100, 50, 20 et 10 S/.. Les pièces ont une valeur de 5, 2 et 1 S/., et de 50, 20 et 10 céntimos, mais les touristes n'en voient guère la couleur...
    L'utilisation des cartes de crédit est assez limitée en dehors de Lima.
    Le change peut être effectué dans la rue auprès de changeurs ambulants reconnaissables avec leur gilet vert sur lequel est imprimé un grand symbole $.

    POURBOIRES
    Toutes les factures sont majorées de 15 % pour le service. Un pourboire supplémentaire de 5 % est la règle.
    En principe, les chauffeurs de taxi ne comptent pas sur un pourboire.
    En revanche, guides et chauffeurs y comptent bien. Dans un circuit où l'on a affaire à 3 ou 4 chauffeurs et à 5 ou 6 guides locaux, cela devient franchement pénible. Les TO devrait avoir la bonne idée d'en inclure le coût et de charger l'accompagnateur de distribuer ces pourboires


    SECURITE
    Consignes valables surtout à Lima:
    - Porter les objets de valeur discrètement et pas de grosses sommes d'argent.t
    - Surveiller sacs et valises.
    - Eviter les sacs à dos ou les porter devant soi.
    - Prudence si l'on change de l'argent dans la rue.
    - Ne pas sortir la nuit surtout dans des secteurs non éclairés.



    Petites considérations d'anthropologie et d'ethnologie comparées du "Café du Commerce".

    Après quelques voyages sous différentes latitudes et dans des contextes culturels divers, j'ai envie de consacrer un petit moment à une réflexion toute personnelle sur les notions d'Humanité et d'Universalité...

    Voyager ce n'est pas que passer de bons moments dans un cadre dépaysant mais c'est découvrir, ce qui amène à réfléchir… Sur quoi donc ? me direz-vous. Sur les traits communs des cultures et civilisations anciennes. Des caractéristiques communes aux mythes et mythologies se retrouvent aux 4 coins de notre planète, dans des milieux qui ne se sont pourtant pas fréquentés.

    Est-ce qu'au fond, ces pratiques à caractère rituel ou religieux ne seraient-elles pas inscrites dans nos gênes et liées au fait que l'Homme est conscient notamment de la mort ? Ou bien proviennent-elles d'un fond culturel primitif qui se serait plus ou moins transmis, toutes ces pratiques s'inspirant de celles que pouvaient avoir tous nos lointains ancêtres (y compris notre ''cousin'' l'Homme de Neandertal) Homo Sapiens avant qu'ils se dispersent à partir de 200 000 ans avant notre ère sur tous les continents depuis le foyer initial africain ?

    Les cultes se rapportant aux objets célestes (planètes et étoiles et aussi comètes...) sont universels et l'on ne saurait s'en étonner face à cette magie du ciel. A tel point que le Pharaon était fils du Soleil, . L'empereur de Chine, fils du Ciel, détenait le mandat céleste. L'empereur du Japon est le descendant d'Amaterasu, la déesse du Soleil. Les empereurs Incas étaient considérés comme des descendants directs du dieu Soleil, divinité reconnue par tous les peuples andins. Ils étaient les fils du Soleil, Inti (lui-même fils de Viracocha, le dieu créateur de l'Univers.
    D'autres objets de la nature: sources, arbres, foudre... ou montagnes (voire collines) comme on le verra plus loin, sont souvent divinisés un peu partout dans le monde et se retrouvent dans les cultes animistes. Le chaman remplit un rôle de prêtre, guérisseur et voyant (divination)...

    Parmi les rites funéraires, la momification est typique des anciens empires d'Egypte tout autant que des anciennes cultures andines. Cela manifeste une croyance dans une forme d'éternité qui se traduit par l'accès à un au-delà ou à une réincarnation. Mais la pratique n'est pas universelle puisque par exemple l'hindouisme et le bouddhisme (du moins pour le bouddhisme dit du ''Petit Véhicule'') ont opté pour la crémation mais dans une optique assez proche…
    Toujours est-il que l'on retrouve des tumulus et pyramides comme monuments funéraires des personnages importants : ce sont les tumulus recouvrant des dolmens et allées couvertes érigés aux temps préhistoriques que l'on rencontre en Europe (4000 à 2000 ans av. J-C) et sur d'autres continents. Dans leur forme très élaborée, cela conduit aux pyramides égyptiennes (3000 à 2000 ans av. J-C) ou aux tumulus impériaux de l'ancienne Chine comme celui du Premier Empereur Qin Shi Huangdi
    D'autres formes pyramidales évoquent les montagnes, lieux où l'on a une plus grande proximité avec les dieux et dans les airs, un élément dans lequel l'homme ne sait pas se mouvoir, lieux terrifiants surtout lorsqu'il s'agit de volcans. L'Amérique centrale et l'Amérique du sud illustrent bien cet aspect avec leurs pyramides qui ont un rôle cérémoniel (notamment comme supports de temples au Mexique). Mais l'idée se retrouve dans les gopurams des temples hindous, les cheddis et stupas de l'architecture bouddhique, les pagodes chinoises et japonaises et, plus près de nous, les minarets et clochers…
    Toutes les anciennes cultures vénèrent les montagnes réelles ou mythiques, gigantesques ou parfois simples collines... C'est
    le Mont Kailash qui pour les bouddhistes est la montagne la plus sacrée de l'Himalaya. C'est le Mont Méru qui est considérée comme l'axe du monde dans les mythologies persane et surtout hindoue. Ce sont les kami des montagnes japonaises et les 5 montagnes sacrées de Chine. Au Moyen-Orient, ce sont les Mont Sinaï, le Mont Ararat ou encore, plus près de nous, le Nemrut Dagi. Chez les Grecs, c'est l'Olympe. Chez les Romains, c'est l'Aventin (Mont Sacré). Dans le monde celte, ce sont quantité des sommets, souvent simples collines que la Chrétienté a dédiées à St Michel. Dans les Andes, les montagnes sont des divinités, les apu.

    Et les sacrifices humains pour s'attirer les faveurs des dieux?
    Cette pratique concernait les civilisations antiques de Grèce, d 'Égypte, de Chine archaïque, d'Inde (le Kali-Purâna), du Moyen-Orient puisque le dernier sacrifice chez les Hébreux aurait dû être celui d'Isaac par son père Abraham, ce dont les trois religions monothéistes ont conservé le côté symbolique. Bien sûr, on ne peut éviter de parler des civilisations Amérindiennes qui dans un temps plus proche ont recouru à ces sacrifices telles les pratiques sanguinaires de masse des Mayas et des Aztèques au Mexique ou sous une forme plus "délicate"chez les Incas dans les Andes.

    On pourrait aussi parler des pratiques vestimentaires et des parures. Symboles de pouvoir, moyens de séduction... du Néolithique à nos jours ! C'est loin de ne concerner que la gente féminine. Les personnages importants dans toutes les civilisations, du Pharaon au Pape (!), se distinguent par les habits faits de matières nobles et le plus souvent décorés (au Pérou, il pouvait s'agir de tissus incorporant des plumes multicolores) et par le port de bijoux en matières plus ou moins précieuses (parfois de simples coquillages): boucles de nez, boucles ou plateaux d'oreilles, bracelets, colliers et plaques pectorales, couronnes, tiares et autres coiffes comme celles des Amérindiens utilisant des plumes.

    Autre privilège des puissants, la polygamie: d'Abraham aux princes et émirs arabes, en passant par les maharajahs, les empereurs de Chine, nos bons rois pas toujours très catholiques et nos Incas...
    A souligner les mariages incestueux frère/soeur, pratique identique chez les Pharaons et chez les Incas... Et aussi, sous dans les cultures, l'endogamie au sein de la catégorie des nobles et seigneurs..

    Arrêtons là la prise de tête !
    Nous pourrions également philosopher sur le rôle de la musique ou sur la place des femmes dans la diversité des sociétés humaines…

    BONS VOYAGES




    voir d'autres voyages...

    ____________________________________________________________ APERCUS SUR LA SOCIETE INCA <BR>Elle &eacute;taitt organis&eacute;e sur un mode hi&eacute;rarchique. <BR>Ce syst&egrave;me autoritaire tenait sa l&eacute;gitimit&eacute; de sa capacit&eacute; &agrave; redistribuer les biens entre les communaut&eacute;s et les parties de l'empire. L'Etat &eacute;tait d'une certaine mani&egrave;re le seul commer&ccedil;ant. Le ma&iuml;s des vall&eacute;es &eacute;tait achemin&eacute; dans le montagnes pour les bergers tandis que des montagnes redescendaient viande et laine des troupeaux. De mani&egrave;re &eacute;galitaire, l'Etat assurait la subsistance des classes laborieuses (artisans et paysans) en contrepartie de services, </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#000000"><I>la mita</I>, un syst&egrave;me de tribut ou de corv&eacute;e que devaient les communaut&eacute;s paysannes.</FONT><FONT FACE="arial" COLOR="#000000"> <BR></FONT><FONT FACE="arial" COLOR="#000000" SIZE="2"><BR>A la t&ecirc;te de la soci&eacute;t&eacute; inca se trouvait le <I>Sapa Inca</I>, l'Inca Unique, demi-dieu, empereur et chef supr&ecirc;me dont l'&eacute;pouse, <I>la Coya</I>, &eacute;tait sa propre soeur (comme cela rappelle curieusement les moeurs des Pharaons!). <BR><BR>Autour de lui, les membres de la classe dirigeante de souche inca &eacute;taient appel&eacute;s aux plus hautes fonctions religieuses (ainsi que divination, sorcellerie et m&eacute;decine, berf un r&ocirc;le de chaman), militaires ou administratives. Seule cette aristocratie pouvait &ecirc;tre polygame et profitait des Vierges Sacr&eacute;es, les <I>acllas</I>, dont l'Inca pouvait leur faire pr&eacute;sent. Ils pouvaient porter des <I>cumbis</I>, v&ecirc;tements en laine de vigogne et des plateaux d'oreilles en or (des disques inserr&eacute;s dans le lobe). Leurs d&eacute;funts &eacute;taient momifi&eacute;s.<BR>Dans les p&eacute;riodes de grands troubles, lorsque l'Inca &eacute;tait malade ou mort, lors de catastrophes naturelles fr&eacute;quentes (s&eacute;ismes), on offrait des sacrifices humains aux dieux afin de les apaiser. Il ne s'agissait pas ici de sacrifier des prisonniers ou des individu de basse extraction mais au contraire, issus de la noblesse comme certaines <I>acclas</I>, les Vierges Choisies.</FONT><p align=justify></P><LI><p align=justify>&nbsp;</P><LI><FONT FACE="arial" COLOR="#000000" SIZE="2">Un classe interm&eacute;diaire assurait la gouvernance au niveau local (vassaux).</FONT><P ALIGN=justify><FONT FACE="arial" COLOR="#000000" SIZE="2">La classe inf&eacute;rieure &eacute;tait constitu&eacute;e des travailleurs, artisans et paysans. Eux se v&ecirc;taient de lainages en laine de lama ou au mieux d'alpaga dans les montagnes et de cotonnades sur la c&ocirc;te.<BR><BR>Les familles des paysans d'un m&ecirc;me lignage &eacute;taient regroup&eacute;es en village aux maisons circulaires, l'<I>ayllu, </I> dirig&eacute; par un chef, le <I>curaca ou karuka</I>. On y v&eacute;n&eacute;rait une divinit&eacute; tut&eacute;laire particuli&egrave;re, la <I>huaca</I>. Tr&egrave;s souvent il s'agit de montagnes ou <I>apus</I> sur lesquelles le corps de leurs d&eacute;funts est expos&eacute; pour se dess&eacute;cher au vent sec. Les sacrifices et offrandes aux divinit&eacute;s &eacute;taient quotidiens. Lors d'occasion importante, on offrait un animal, souvent un lama, en sacrifice.<BR>Aux pratiques animistes des communaut&eacute;s, se superposaient les cultes impos&eacute;s par les Incas: culte du soleil, <I>Inti</I>, des astres, de la foudre et Viracocha, dieu fondateur et dieu de la terre. <BR>Ces communaut&eacute;s villageoises &eacute;taient &agrave; leur tour int&eacute;gr&eacute;es au sein d'une chefferie d&eacute;pendant d'un ayllu plus important qui servait de relais au pouvoir imp&eacute;rial. </FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="arial" COLOR="#000000" SIZE="2">Syst&egrave;me de classes, syst&egrave;me de castes, syst&egrave;me f&eacute;odal en quelque sorte.</FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="arial" COLOR="#000000" SIZE="2">Les Espagnols remplac&egrave;rent cette organisation par celle de l'<I>encomienda</I>, syst&egrave;me &agrave; sens unique o&ugrave; il n'y a plus redistribution mais uniquement perception et exploitation des producteurs, syst&egrave;me que l'Eglise ne put (ne voulut?) gu&egrave;re contrecarrer..</FONT></P><BR>______________________________<BR>LA VIE POLITIQUE PERUVIENNE... Du XXe s. &agrave; aujourd'hui<p align=justify>.</P><p align=justify>Le syst&egrave;me politique actuel repose sur la Constitution de 1993. </P><p align=justify>Le vote est obligatoire et l'abstention est sanctionn&eacute;e par une amende de 40 soles dans les villes mais moindre &agrave; la campagne o&ugrave; les gens ont des frais pour se d&eacute;placer aux bureaux de vote. Dans les campagnes, les analphab&egrave;tes se rep&egrave;rent par le signe distinctif adopt&eacute; par chaque parti et, &agrave; d&eacute;faut de signature, &eacute;margent par empreinte digitale (pour emp&ecirc;cher les paysans de voter, le Sentier Lumineux leur coupait les doigts). Le passage au bureau de vote donne lieu &agrave; l'apposition d'une vignette au verso de la carte d'identit&eacute; et son absence peut &ecirc;tre source de bien des d&eacute;sagr&eacute;ments pour l'obtention d'un permis de construire, d'un pr&ecirc;t, d'un emploi public...</P><p align=justify>Le syst&egrave;me parlementaire est unicam&eacute;ral, une seule chambre, le Congr&egrave;s qui compte 130 membres (120 jusqu'en 2011 dont 30% de femmes). Le mandat du Pr&eacute;sident est de 5 ans.</P><p align=justify>L' Alliance populaire r&eacute;volutionnaire am&eacute;ricaine (Alianza Popular Revolucionaria Americana ou APRA) fond&eacute;e par V&iacute;ctor Ra&uacute;l Haya de la Torre en 1924 s'implante rapidement et est mise hors la loi en 1933 par Oscar R. Benavides qui restera pr&eacute;sident jusqu'en 1939.</P><p align=justify>Le P&eacute;rou et l'&Eacute;quateur se font une courte guerre entre le 5 juillet et le 31 juillet 1941 au cours de laquelle le P&eacute;rou occupe les provinces occidentales de l'Equateur. <BR>Un paix pr&eacute;caire (protocole de Rio) va s'&eacute;tablir pour un demi-si&egrave;cle...</P><p align=justify>&Agrave; nouveau autoris&eacute;e en 1945, l'Alliance populaire r&eacute;volutionnaire am&eacute;ricaine soutient le pr&eacute;sident Jos&eacute; Luis Bustamante y Rivero (1945/48) qui sera renvers&eacute; par le coup d'&Eacute;tat militaire du g&eacute;n&eacute;ral Manuel A. Odr&iacute;a d'octobre 1948.</P><p align=justify>Des &eacute;lections sont pourtant organis&eacute;es en 1962 et remport&eacute;es par le candidat apriste V&iacute;ctor Ra&uacute;l Haya de la Torre. Toutefois, un coup d'Etat militaire emp&ecirc;che le respect de la l&eacute;galit&eacute;. La junte organise &agrave; nouveau des &eacute;lections l'ann&eacute;e suivante, qui sont remport&eacute;es par Fernando Bela&uacute;nde Terry, fondateur de l'Acci&oacute;n Popular, qui demeure en place jusqu'en 1968.</P><p align=justify>Le 3 octobre 1968, le coup d&#146;&Eacute;tat r&eacute;formiste men&eacute; par un groupe d&#146;officiers dirig&eacute;s par le g&eacute;n&eacute;ral Juan Velasco Alvarado am&egrave;ne l'arm&eacute;e au pouvoir dans le but d&#146;appliquer une doctrine nationaliste, r&eacute;formiste et tiers-mondiste, influenc&eacute; par les th&egrave;ses de la Commission &eacute;conomique pour l'Am&eacute;rique latine et les Cara&iuml;bes sur la d&eacute;pendance et le sous-d&eacute;veloppement:<BR>- nationalisation de la soci&eacute;t&eacute; nord-am&eacute;ricaine qui exploitait le p&eacute;trole p&eacute;ruvien, <BR>- r&eacute;forme de l&#146;appareil d&#146;&Eacute;tat,<BR>- r&eacute;forme agraire mettant (fin aux latifundios et expropriation de grands propri&eacute;taires &eacute;trangers). </P><p align=justify>En 1980 Fernando Bela&uacute;nde Terry retrouve le pouvoir en remportant l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle et effectue normalement son quinquennat. </P><p align=justify>En 1982, le P&eacute;rou fournit 8 avions Mirage &agrave; l'Argentine dans la Guerre des Iles Malouines qui l'oppose au Royaume-Uni. Dans le camp argentin, on retrouve aussi la Colombie et la Bolivie tandis que l'&eacute;ternel rival chilien se range du c&ocirc;t&eacute; des Britanniques.</P><p align=justify>Alan Garc&iacute;a P&eacute;rez, candidat de l'APRA lui succ&egrave;de en 1985. L'Alliance populaire r&eacute;volutionnaire am&eacute;ricaine est un parti social-d&eacute;mocrate membre de l'Internationale Socialiste. C'est la premi&egrave;re fois qu'un pr&eacute;sident d&eacute;mocratiquement &eacute;lu remplace un autre pr&eacute;sident d&eacute;mocratiquement &eacute;lu en 40 ans. Les mesures prises par Alan Garc&iacute;a P&eacute;rez en &eacute;conomie men&egrave;rent &agrave; une hyperinflation de 1000% entre 1988 et 1990. Dans ce contexte, ni la Banque Mondiale ni le Fond Mon&eacute;taire International (F.M.I.) ne lui accordent d'aides.<BR>Au d&eacute;but des ann&eacute;es quatre-vingt, une partie de l&#146;extr&ecirc;me gauche p&eacute;ruvienne se regroupe dans le Mouvement R&eacute;volutionnaire T&uacute;pac Amaru (MRTA) dirig&eacute; par le m&eacute;tis Nestor Cerpa Cartolini pour mener une gu&eacute;rilla de type gu&eacute;variste rendue c&eacute;l&egrave;bre sa prise en otage de 500 personnes &agrave; l&#146;ambassade du Japon &agrave; Lima (d&eacute;cembre 1996-mars 1997).<BR>Un mouvement communiste mao&iuml;ste s&eacute;vit &eacute;galement sous le nom de Sendero Luminoso, le Sentier Lumineux d&#146;Abimael Guzm&aacute;n qui fera 70000 victimes aux cours des d&eacute;cennies 1980 et 1990 jusqu'&agrave; l'arrestation de son dirigeant en 1992. </P><p align=justify>Les P&eacute;ruviens assistent &eacute;galement &agrave; des scandales de corruption qui les am&egrave;nent en 1990 &agrave; choisir Alberto Fujimori, un scientifique d'origine japonaise qui bat le c&eacute;l&egrave;bre &eacute;crivain Mario Vargas Llosa. Son parti, Alianza por el Futuro (AF), d&eacute;fend des th&egrave;ses n&eacute;o-lib&eacute;rales. Pour lutter contre l'inflation, Fujimori adopte des mesures d'aust&eacute;rit&eacute; tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;res. Ses r&eacute;formes rencontrent l'opposition des d&eacute;put&eacute;s, c'est pourquoi il dissout le Congr&egrave;s le 4 avril 1992 le Congr&egrave;s. Parmi ses r&eacute;formes &eacute;conomiques notamment en privatisant de nombreuses entreprises publiques et m&ecirc;me d'une partie du r&eacute;seau routier et en initiant un climat d'investissement plus favorable et une meilleure gestion. Cette politique va accro&icirc;tre les in&eacute;galit&eacute;s de revenus. Mais sur le plan politique, sa pr&eacute;sidence est fortement marqu&eacute;e par l'autoritarisme, l'usage d'escadrons de la mort (Grupo Colina de 1990 &agrave; 1994), la r&eacute;pression politique et la promulgation d'une l&eacute;gislation antiterroriste. Il a aussi mis en place un programme de st&eacute;rilisations contraintes des Indiens.<BR>Sur le plan international, il fournit un acc&egrave;s &agrave; la mer pour la Bolivie qui a perdu son territoire sur la c&ocirc;te pacifique lors de la guerre en 1883 avec le Chili. Cet acc&egrave;s se fait au niveau du port de Ilo mais &ccedil;a ne r&egrave;gle pas le probl&egrave;me de fond entre Chili et Bolivie.</P><p align=justify>Une nouvelle guerre &eacute;clate avec l'&Eacute;quateur entre le 26 janvier et 28 f&eacute;vrier 1995 (guerre du Cenepa). D&eacute;j&agrave; en 1960, le pr&eacute;sident &eacute;quatorien Jos&eacute; Mar&iacute;a Velasco Ibarra avait d&eacute;clar&eacute; nul le protocole de Rio. En gros, le conflit revient tous les 30 ans! Un autre ennemi se cache derri&egrave;re l'Equateur, il s'agit du Chili qui lui fournit de l'armement en passant par le Venezuela!</P><p align=justify>Alberto Fujimori se fait r&eacute;&eacute;lire en 1995. Mais en novembre 2000, destitu&eacute; pour corruption, il s'enfuit au Japon. </P><p align=justify>Le m&eacute;tis indien Alejandro Toledo Manrique devient pr&eacute;sident le 28 juillet 2001. Il repr&eacute;sente Per&uacute; Posible, parti de centre-droit. Mais il doit s'allier &agrave; d'autres partis pour avoir la majorit&eacute;. En mai 2003, face aux gr&egrave;ves men&eacute;es par des enseignants et agriculteurs, Toledo d&eacute;clare l'&eacute;tat d'urgence, suspend certains droits civils et accorde des pouvoirs aux militaires pour restaurer l'ordre.</P><p align=justify>Avant les &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales d'avril 2006, l'ancien pr&eacute;sident Alberto Fujimori est arr&ecirc;t&eacute; au Chili, extrad&eacute;, et condamn&eacute; le 7 avril 2009 &agrave; 25 ans de prison par le tribunal de Lima notamment pour violations des droits de l'homme.</P><p align=justify>En 2006, retour du social-d&eacute;mocrate, l'ancien pr&eacute;sident Alan Garc&iacute;a P&eacute;rez du parti apriste remporte la victoire avec 52% des voix. Il doit faire face aux mouvements indig&eacute;nistes luttant contre des firmes p&eacute;troli&egrave;res (Pluspetrol et Petroperu). En ao&ucirc;t 2008, Garc&iacute;a d&eacute;clare l'&eacute;tat d'urgence dans les provinces de Cuzco, Loreto et Amazonas mais en septembre la force du mouvement de protestation am&egrave;ne le Congr&egrave;s &agrave; abroger ces dispositions qui avaient ouvert les terres indig&egrave;nes &agrave; l'exploitation p&eacute;troli&egrave;re. Cependant des troubles se sont poursuivit en 2009 (une cinquantaine de victimes?). </P><p align=justify>.</P><p align=justify>Le contexte politique actuel</P><p align=justify>Au printemps 2011, la campagne &eacute;lectorale se d&eacute;ploie vigoureusement dans tout le pays. Comme on peut le voir, il n'est pas le moindre village ou le moindre hameau o&ugrave;, &agrave; d&eacute;faut de panneaux publicitaires, ce sont les murs qui ne soient peints aux couleurs de tel candidat &agrave; la pr&eacute;sidence et de son affid&eacute; local postulant au Congr&egrave;s. <BR>Quatre noms reviennent souvent: Keiko (Fujimori), la lib&eacute;rale, Toledo, pour le centre-droit, et deux nouveaut&eacute;s Ollanta, pour la gauche nationaliste (Partido Nacionalista Peruano -PNP- et Uni&oacute;n por el Per&uacute; -UPP- fond&eacute; par l'ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'Organisation des Nations unies, Javier P&eacute;rez de Cu&eacute;llar) et Casta&ntilde;eda, maire de Lima pour un autre parti de centre-droit (Partido Solidaridad Nacional).<BR>Au premier tour de scrutin, le 10 avril, Ollanta Humala a distanc&eacute; Keiko Fujimori. Ollanta qui a le soutien de Alejandro Toledo et, du bout des l&egrave;vres, de l'&eacute;crivain Mario Vargas Llosa. La victoire d'Ollanta est acquise le 5 juin 2011, avec une courte avance, par 51,4% des suffrages (70% chez les Indiens des Andes). Mais il ne dispose que d'une minorit&eacute; au Congr&egrave;s (36% des si&egrave;ges).<BR>____________________</P><p align=justify>Heureusement que nous avions pu profiter d'une nuit compl&egrave;te &agrave; l'h&ocirc;tel Allpa car il faut quitter Lima d&egrave;s 6h du matin. <BR> Un long trajet de 450km nous attend jusqu'&agrave; Nazca, sur la route panam&eacute;ricaine qui va longer la c&ocirc;te en direction du sud. Sachant que l'autoroute va se transformer assez vite en simple route. Pr&eacute;cisons que si les cha&icirc;nes de montagnes qui vont de l'Alaska &agrave; la Terre de Feu sont comme la colonne vert&eacute;brale des Am&eacute;riques, la panam&eacute;ricaine en est la moelle &eacute;pini&egrave;re.</P><p align=justify>Du chic quartier de Miraflores que nous quittons en franchissant un pont moderne (surnomm&eacute; &quot;pont ketchup&quot; en raison des suicides qui s'y produisent), nous passons dans le n&eacute;anmoins faubourg le plus cot&eacute; de Lima, Barranco, quartier des artistes et &eacute;crivains (Marias Vargas Llosa y a r&eacute;sid&eacute;). On aper&ccedil;oit la petite p&eacute;ninsule qui s'avance dans le Pacifique.<BR>Les abords de la route panam&eacute;ricaine offrent d'&eacute;tranges et contrast&eacute;s spectacles. Tout d'abord, il va falloir s'habituer pendant les deux jours qui viennent &agrave; voir de vastes &eacute;tendues sableuses qui partant des plages se transforment en d&eacute;sert de sable prenant parfois l'allure de collines et de dunes...</P><p align=justify><BR>Apr&egrave;s une demi-heure de route, sur la gauche, on voit des bidonvilles qui partent &agrave; l'assaut des collines mais fatalisme, routine ou optimisme font que Carlos y voit un ph&eacute;nom&egrave;ne d'urbanisation spontan&eacute;e que les Pouvoirs Publics r&eacute;gularisent et organisent a posteriori. Il partage le concept de pueblo joven, autrement dit de &quot;jeune cit&eacute;&quot; ou de &quot;cit&eacute; en devenir&quot;...<BR>Les gens venus des campagnes s'installent sur des terrains publics en p&eacute;riph&eacute;rie des grandes villes. Ils y construisent un habitat pr&eacute;caire de cabanes, sans aucune infrastructure, l'eau est livr&eacute;e par camions-citernes. Puis, progressivement, on passe &agrave; un habitat en dur (brique) dont les caract&eacute;ristiques vont s'am&eacute;liorer avec le temps (ajout d'&eacute;tages) installation de r&eacute;seaux et de voirie tandis que de nouveaux bidonvilles apparaissent un peu plus loin.<BR>C'est dans ce secteur, &agrave; 30km au sud de Lima, que c'&eacute;tait install&eacute; le bidonville autog&eacute;r&eacute; de Villa El Salvador dans les ann&eacute;es 1970 qui est devenu aujourd'hui une v&eacute;ritable ville de plus de 300000 habitants. Ce projet a &eacute;t&eacute; reconnu pour diff&eacute;rentes instances internationales pour son exemplarit&eacute;.</P><p align=justify>Plus tard, les zones de bidonvilles que nous verrons appara&icirc;tre ponctuellement, au milieu de nulle part, sont li&eacute; &agrave; l'existence de chantiers de mise en autoroute de la Panam&eacute;ricaine...</P><p align=justify>En contrepoint &agrave; ces bidonvilles, on peut voir des plages et des centres de loisirs pour riches Lim&eacute;niens, des publicit&eacute;s commerciales assez aguicheuses et surtout une omnipr&eacute;sente propagande &eacute;lectorale pour les divers candidats aux prochaines &eacute;lections pr&eacute;sidentielles (Keiko, Ollanta, Toledo...) et parlementaires. D&eacute;cid&eacute;ment, apr&egrave;s notre r&eacute;cent voyage en Jordanie, nous ne sortons pas des campagnes &eacute;lectorales!<BR>Plus rustiques et pratiquement construits sur les plages sont les grands hangars abritant des &eacute;levages de poulets et de poules pondeuses en batterie mais qui, du fait du climat tropical, b&eacute;n&eacute;ficient de b&acirc;timents dont les murs ext&eacute;rieurs ne montent qu'&agrave; mi-hauteur et qui sont bien ventil&eacute;s par la brise du large. Toujours sur le chapitre agricole, nous apercevons des zones de cultures, notamment les fameuses asperges du P&eacute;rou qui viennent garnir les bocaux que l'on trouve dans nos supermarch&eacute;s. Quant au coton, en fleur actuellement, il faut pr&eacute;ciser que cette plante est apparue &agrave; la fois en Am&eacute;rique et en Asie. Au P&eacute;rou, depuis plus de 5000 ans, on connaissait des vari&eacute;t&eacute;s de coton naturellement color&eacute;es: du noir au blanc, en passant par le marron, l'orange et le jaune! Ces anciennes vari&eacute;t&eacute;s sont r&eacute;introduites depuis les ann&eacute;es 1950. <BR>Autres cultures industrielles: mangues, avocats, artichauts et tara. Le tara est un arbuste de la famille des l&eacute;gumineuses adapt&eacute; &agrave; la s&eacute;cheresse dont on tire un &eacute;paississant naturel v&eacute;g&eacute;tal, issu des graines, et utilis&eacute; dans les pr&eacute;parations alimentaires et la cosm&eacute;tique.<BR>On cultive &eacute;galement le ma&iuml;s (les &eacute;pis peuvent atteindre 35cm de longueur). D'origine m&eacute;soam&eacute;ricaine (Mexique, Cara&iuml;bes), la culture du ma&iuml;s s'est r&eacute;pandue dans les temps pr&eacute;-colombiens dans toute l'Am&eacute;rique, jusqu'au Saint Laurent et jusqu'au sud du Chili.<BR>Evidemment le terrain sableux du d&eacute;sert est propice d&egrave;s lors que l'irrigation permet leur culture. Des nappes phr&eacute;atiques existant parfois sous les zones dunaires sont mises &agrave; profit pour les cultures.</P><p align=justify><BR>Enfin encore un mot &agrave; propos de l'exotisme en mati&egrave;re de moyen de transport que repr&eacute;sentent les tricycles &agrave; moteur, les fameux tuk-tuk, assez semblables &agrave; ceux d'Asie (Inde, Sri Lanka, Tha&iuml;lande) dans leur allure g&eacute;n&eacute;rale mais en diff&eacute;rent par quelques d&eacute;tails (parfois &quot;porte-bagages&quot; ext&eacute;rieur &agrave; l'arri&egrave;re...). Nous passons pr&egrave;s d'un spectaculaire accident avec un grand nombre de v&eacute;hicules impliqu&eacute;s. <BR>Heureusement que la vitesse-limite &eacute; &eacute;t&eacute; ramen&eacute;e de 110km/h &agrave; 90km/h ! Toujours, &agrave; propos de la conduite automobile, le P&eacute;rou est en train de mettre en place un syst&egrave;me de permis &agrave; point, de contr&ocirc;le d'alcool&eacute;mie et de contr&ocirc;le technique. Une r&eacute;volution en th&eacute;orie car elle sera bien difficile &agrave; appliquer avec la mentalit&eacute; indisciplin&eacute;e des P&eacute;ruviens.<BR>Le co&ucirc;t des carburants est &eacute;lev&eacute; au P&eacute;rou. L'essence ordinaire (qualit&eacute; G90) de 10 &agrave; 13 soles le gallon US (3,80l) soit 0,65 &agrave; 0,85&euro;/l, l'essence sans plomb (qualit&eacute; 95, 97 ou 98) autour de 16 soles le gallon US soit 1&euro;/l et le diesel autour de 12 soles le gallon US soit 0,80&euro;/l.<BR>Enfin, &agrave; l'occasion d'une &quot;pause technique&quot;, nous avons l'occasion d'admirer &quot;nos&quot; premiers g&acirc;teaux &agrave; la cr&egrave;me, g&acirc;teaux aussi monstrueux que color&eacute;s qui nous rappellent un peu ceux de Cuba...<BR>Nous passons Pisco, en apercevant d&eacute;j&agrave; des vignes mais sans nous arr&ecirc;ter pour d&eacute;guster le cocktail p&eacute;ruvien, le c&eacute;l&egrave;bre pisco sour dont l'alcool de raisin est la base. En 2003, la ville eut &agrave; souffrir d'un tremblement de terre de force 8 sur l'&eacute;chelle de Richter, d'ailleurs des b&acirc;timents en ruine en t&eacute;moignent encore. De m&ecirc;me, nous n'avons pas le loisir de nous arr&ecirc;ter &agrave; Paracas, c&eacute;l&egrave;bre pour la culture indienne &eacute;ponyme qui s'y d&eacute;veloppa pendant un mill&eacute;naire et demi, entre 1300 av. J-C et 200 de notre &egrave;re. <BR>Les Paracas &eacute;taient pass&eacute; ma&icirc;tres dans la pratique de certaines techniques: le tissage de long bande de tissu de laine de lama et de coton, avec des motifs color&eacute;s g&eacute;om&eacute;triques, des repr&eacute;sentations animales (f&eacute;lins) ou anthropologiques. Nous aurons l'occasion d'en voir dans des collections priv&eacute;es et des mus&eacute;es dans la suite du voyage.<BR>Elles ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;es enveloppant des momies enterr&eacute;es en position foetales (signe d'une re-naissance attendue dans l'autre monde) qui ont aussi r&eacute;v&eacute;l&eacute; que les Paracas pratiquaient la tr&eacute;panation (suite &agrave; des chocs sur le cr&acirc;ne ou dans des cas de folie) ainsi que la d&eacute;formation des cr&acirc;nes des enfants de dignitaires.<BR>Enfin, apr&egrave;s 4h de trajet et 200km de route, nous voici arriv&eacute;s &agrave; Puerto San Martin, pour l'excursion aux Iles Ballestas, distantes d'une quinzaine de kilom&egrave;tres.<BR> <BR>&quot;Le cand&eacute;labre&quot; et les ILES BALLESTAS ** (&quot;les Gallapagos du pauvre&quot; selon le Routard!) </P><p align=justify> Cette tr&egrave;s int&eacute;ressante excursion, surtout sous un soleil radieux, se d&eacute;roule en deux heures dont une consacr&eacute;e &agrave; l'observation assez rapproch&eacute;e de la faune peuplant divers &icirc;lots de l'archipel.<BR> <BR> Nous montons &agrave; bord d'une vedette rapide et puissamment motoris&eacute;e (2 moteurs Yamaha de 200cv) en raison des tr&egrave;s forts courants et sans doute aussi pour abr&eacute;ger le temps de l'excursion qui pourrait s'av&eacute;rer dissuasif pour certains touristes...<BR>Nous longeons la c&ocirc;te nord de la Punta Pejerrey sur le flanc de laquelle a &eacute;t&eacute; dessin&eacute; un myst&eacute;rieux g&eacute;oglyphe grav&eacute; dans le sable par des sillons de 50cm de profondeur. Haut de 180m et large de 70m. Le plus souvent il est d&eacute;sign&eacute; sous le nom de Cand&eacute;labre... &agrave; moins que ce soit la repr&eacute;sentation d'un cactus andin aux pouvoirs hallucinog&egrave;ne qu'utilisaient les Indiens &agrave; l'occasion de cultes. Dans cette hypoth&egrave;se, on ferait remonter cette &eacute;trange figure &agrave; un pass&eacute; lointain, contemporain des lignes de Nazca. Mais on en fait aussi un vulgaire &quot;amer&quot; destin&eacute; &agrave; servir de point de rep&egrave;re aux pirates ou aux navigateurs et l'on daterait de 1820 (quelle pr&eacute;cision!). Et si pour couronner le tout, ce n'&eacute;tait rien d'autre qu'un symbole des francs-ma&ccedil;ons ? N'oublions pas que parmi les lib&eacute;rateurs de l'Am&eacute;rique du Sud on comptait des francs-ma&ccedil;ons tels que Jos&eacute; de San Martin et Antonio Jos&eacute; Sucre... Bref, &agrave; d&eacute;faut d'avoir trouv&eacute; &agrave; proximit&eacute; des d&eacute;chets organiques ou objets datables par les arch&eacute;ologues, le plus grand myst&egrave;re subsiste sur cette &eacute;trange figure.<BR>Accessoirement, en s'approchant du rivage, on peut observer nos premiers oiseaux de mer: cormorans (de Bougainville), p&eacute;trels et p&eacute;licans (thages)... <BR> <BR> <BR> <BR> </P><p align=justify> <BR> <BR> </P><p align=justify>Nous reprenons la mer pour une nouvelle course &eacute;bouriffante d'une vingtaine de minutes qui nous fait quitter la p&eacute;ninsule et arriver sur le petit archipel des &icirc;les (&icirc;lots serait plus juste) Ballestas form&eacute; de deux &icirc;les principales et de quelques ''cailloux&quot;&quot;. La premi&egrave;re &icirc;le, toute blanche, on verra pourquoi apr&egrave;s, est perc&eacute;e de grottes qui la traversent de part en part &agrave; ses deux extr&eacute;mit&eacute;s. De plus pr&egrave;s, on se rend compte que le sommet aplati est de couleur sombre et mouvante car il est occup&eacute; par une colonie de milliers de cormorans (ici ils ont le cou et le poitrail blanc) et de p&eacute;trels... quelques esp&egrave;ces parmi la soixantaine recens&eacute;es dans ces &icirc;lots. Une telle richesse 'de m&ecirc;me que la pr&eacute;sence des otaries) s'explique par l'abondance du poisson qui profite du plancton qui lui-m&ecirc;me prolif&egrave;re gr&acirc;ce au courant froid de Humbolt qui remonte de l'Antarctique, en longeant la c&ocirc;te est de l'Am&eacute;rique du Sud. Bref, un bel &eacute;cosyst&egrave;me...<BR>Puis nous apercevons nos premiers manchots de Humbolt (jusqu'&agrave; 70cm de haut et 4kg pour un adulte). A la diff&eacute;rence des pingouins de l'h&eacute;misph&egrave;re bor&eacute;al (avec lesquels on les confond parfois) qui sont plus petits, les manchots ne volent pas et leurs ailes se sont transform&eacute;es en nageoires ce qui en fait de redoutables nageurs et plongeurs. Ces manchots ont un lointain anc&ecirc;tre (36 millions d'ann&eacute;es), le Inkayacu Paracasensis dont le squelette a &eacute;t&eacute; d&eacute;couvert au P&eacute;rou tout r&eacute;cemment. Il mesurait 1,50m et son plumage &eacute;tait plus vari&eacute; et plus voyant que celui de nos manchots actuels avec des rouges, bruns et gris.<BR>Nous voyons aussi nos premiers lions de mer (voire loups de mer), plus rigoureusement appel&eacute;s otaries &agrave; crini&egrave;re (otaria byronia ou flavescens). Les vieux m&acirc;les peuvent peser jusqu'&agrave; 800kg. La gestation dure 11 mois et la femelle ne donne naissance &agrave; un petit que tous les deux ans, la mise bas ayant lieu &agrave; la fin de l'&eacute;t&eacute; austral, donc tout r&eacute;cemment. On peut aussi voir de tr&egrave;s pr&egrave;s p&eacute;licans et p&eacute;trels tandis que quelques fous volants... heu... des &quot;fous vari&eacute;s&quot; passent au-dessus de nous. Puis nous arrivons en dessous des maisons des gardiens du tr&eacute;sor de ces &icirc;les car l'odeur particuli&egrave;re que l'on per&ccedil;oit ici provient de la fiente blanch&acirc;tre qui recouvre les &icirc;les. Sous le nom de guano, c'est un engrais organique connu d&egrave;s la p&eacute;riode des Incas et tr&egrave;s largement surexploit&eacute; (et export&eacute; jusqu'en Europe) des ann&eacute;es 1870 (la couche avait une &eacute;paisseur d'une trentaine de m&egrave;tres) aux ann&eacute;es 1920. Maintenant, quelques 6000 tonnes sont pr&eacute;lev&eacute;es tous les 5 &agrave; 7 ans.<BR>Justement, sur l'&icirc;lot d'en face, nous arrivons sur le ponton destin&eacute; au chargement des bateaux en guano. En attendant, cette structure sert de perchoir &agrave; des vautours aura ou urubus &agrave; t&ecirc;te rouge qui en cette p&eacute;riode se repaissent des placentas des otaries. Il arriverait m&ecirc;me que des condors de la cordill&egrave;re s'aventure jusqu'ici &agrave; la recherche de cadavres d'otaries.<BR>Dans les anfractuosit&eacute;s d'un falaise &agrave; l'ombre, nous pouvons observer un groupe de plus petits oiseaux, des sternes incas: plumage, fris, bec rouge, une sorte de larme blanche partant de l'oeil. Ils partagent leur habitat avec un couple de cormorans &agrave; bec et pattes rouges.<BR>Une plage de galets sert de nurserie aux b&eacute;b&eacute;s otaries, au pelage plus sombre que celui des adultes. Quelques animaux se baignent (ou chassent) tandis que la majorit&eacute; se pr&eacute;lassent au soleil. Du bateau nous percevons la cacophonie qui r&eacute;sulte des grognements des centaines d'individus (il y en aurait plus de 4000 sur ces &icirc;les).<BR>Il est d&eacute;j&agrave; 11h40, on n'a pas vu le temps passer et il est temps de rentrer. Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; largement secou&eacute;s, &eacute;vent&eacute;s et humidifi&eacute;s par les embruns, nous rejoignons le port en une demi-heure.<BR>Du bus, nous pouvons apercevoir le monument dress&eacute; &agrave; la m&eacute;moire du &quot;libertador&quot; argentin, le g&eacute;n&eacute;ral Jos&eacute; de San Martin, venu pr&ecirc;ter main forte aux P&eacute;ruviens lors des guerres d'ind&eacute;pendance en 1820. Le monument moderne ressemble &agrave; des voiles blanches.<BR> </P><p align=justify>NAZCA et ses myst&eacute;rieuses lignes </P><p align=justify> Il nous faut encore une bonne heure de route sur la panam&eacute;ricaine avant d'arriver &agrave; l'oasis ou Laguna de Huacachina apr&egrave;s avoir travers&eacute; la r&eacute;gion viticole d'Ica, en plein d&eacute;sert. La ville fut fond&eacute;e en 1563 sous le nom de Villa Valverde puis sous le nom actuel en 1640. La r&eacute;gion d'Ica avait &eacute;t&eacute; frapp&eacute;e par un violent tremblement de terre (magnitude 7,3) en 1664.<BR>Sur certaines plages on aper&ccedil;oit des sortes de plates-bandes rouge fonc&eacute;e... Qu&#146;es aqu&ograve; ?, comme le diraient des Occitans. Pas des algues mais tout simplement des piments mis l&agrave; &agrave; s&eacute;cher au soleil.<BR>Ancien monast&egrave;re devenu une hacienda (une grande ferme) puis une station thermale pour soigner les rhumatismes au XIXe s., aujourd'hui l'h&ocirc;tel-restaurant de la Laguna de Huacachina a du mal &agrave; se mirer dans les eaux verd&acirc;tres du plan d'eau (100mx60m) dont le niveau s'abaisse peu &agrave; peu. L'attention est distraite par les p&eacute;tarades de quelques buggys &eacute;voluant sur les hautes dunes qui dominent l'oasis tandis que de rares touristes se lancent &agrave; l'assaut pieds nus. Plus tranquillement, en ce d&eacute;but d'apr&egrave;s-midi de dimanche, quelques personnes se baignent ou font du p&eacute;dalo, ou encore profite du petit parc ombrag&eacute; par les palmiers car il fait entre 25 et 30&deg;. </P><p align=justify>L'excursion optionnelle propos&eacute;e par Carlos (45 minutes de buggy pour 80 soles) tombe &agrave; l'eau car le fr&egrave;re du propri&eacute;taire de la principale exploitation de buggy est d&eacute;c&eacute;d&eacute; et va justement &ecirc;tre enterr&eacute; cet apr&egrave;s-midi. Donc pas de sensations fortes ni de descente de dune en sandboard.<BR> Au d&eacute;jeuner &agrave; l'oasis de Huacachina, asperges vertes, boeuf (coriace) cuit &agrave; la cocotte, riz, fruits frais et boule de glace (au melon?).<BR> Nous quittons l'oasis au moment o&ugrave; un petite foule se rassemble pour assister aux obs&egrave;ques dont on vient de parler.<BR>Entre Ica et Nazca le paysage change, la c&ocirc;te toujours s&egrave;che s'&eacute;l&egrave;ve en devenant plus rocheuse tandis que la panam&eacute;ricaine se tord en dangereux virages pour franchir les vall&eacute;es. Peu avant, un camion transportant des parpaings s'est renvers&eacute; en contrebas et la cabine est compl&egrave;tement disloqu&eacute;e par l'impact de la cargaison. Les nombreux petits oratoires qui jalonnent les bas-c&ocirc;t&eacute;s t&eacute;moignent de la dangerosit&eacute; de cet axe routier (endormissement des conducteurs).<BR> LES SITES ET MONUMENTS PERUVIENS INSCRITS <BR>AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO <BR>Sites culturels <BR>&#149; Zone arch&eacute;ologique Chan Chan (1986) <BR>&#149; Site arch&eacute;ologique Chavin (1985) <BR>&#149; Ville de Cuzco (1983) <BR>&#149; Centre historique de Lima (1988) <BR>&#149; Centre historique d'Arequipa (2000) <BR>&#149; Lignes et g&eacute;oglyphes de Nasca et de la Pampa de Jumana (1994) <BR>&#149; Ville sacr&eacute;e de Caral-Supe (2009) <BR>Sites naturels<BR>&#149; Parc National de Huascar&aacute;n (1985) <BR>&#149; Parc National de Man&uacute; (1987) <BR>Sites mixtes <BR>&#149; Sanctuaire historique du Machu Picchu (1983) <BR>&#149; Parc National de R&iacute;o Abiseo(1990) <BR>Nous approchons de Nazca et de ses fameuses lignes ou g&eacute;oglyphes. <BR>Carlos nous propose en option leur survol en avionnette (Cessna) pour le lendemain matin, sachant qu'en cette saison il n'y a pas risque d'annulation en raison du brouillard comme c'est parfois le cas en juillet-ao&ucirc;t. Environ une demi-heure pour 100$ (ce qui semble bien cher pour la basse saison et par rapport aux renseignements que l'on trouve sur Internet). A nos questions, les r&eacute;ponses de Carlos sont quelque peu ambigu&euml;s: &quot;Ca vaut vraiment le coup... mais je ne peux pas vous le recommander&quot;. Et pour cause! Il faut savoir que de nombreux accidents ont eu lieu ici encore l'an dernier : 7 touristes tu&eacute;s le 25 f&eacute;vrier, 5 Fran&ccedil;ais le 10 avril et encore 6 tu&eacute;s le 3 octobre... Selon le Routard, pourtant &quot;la d&eacute;pense en vaut la chandelle&quot; (ou les 36 chandelles?), ce qui ne l'emp&ecirc;che pas d'ajouter peu apr&egrave;s que &quot;souvent les vols ressemblent plus &agrave; des tours de man&egrave;ge [...]&quot;. L'appareil volant &agrave; plus de 200kmh et &agrave; 300m au-dessus du sol, il faut un appareil photo rapide avec t&eacute;l&eacute;objectif et de bons r&eacute;flexe (et un bon estomac!) car le pilote fait basculer alternativement l'appareil d'un bord sur l'autre afin que tous ses passagers puissent voir le sol.<BR>Bref, l'enthousiasme de quelques uns s'est refroidi et cette option ne sera pas plus couronn&eacute;e de succ&egrave;s dans notre groupe que la pr&eacute;c&eacute;dente (buggy sur les dunes de la Laguna de Huacachina).<BR> Le site des lignes et g&eacute;oglyphes de Nazca (ainsi que de la Pampa de Juman) est class&eacute; au Patrimoine de l'Humanit&eacute; de l'UNESCO depuis1994.<BR>Sur une portion rectiligne de la panam&eacute;ricaine, &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres avant d'arriver &agrave; Nazca, se dresse un mirador d'observation sur le bas-c&ocirc;t&eacute; droit de la route. Pour acc&eacute;der &agrave; la plate-forme qui se situe &agrave; 15m du sol, il faut s'acquitter de 2 soles et &eacute;ventuellement surmonter sa peur pour grimper un escalier m&eacute;tallique muni de garde-corps pas tr&egrave;s rassurants. Il est plus de 17h et la lumi&egrave;re baisse d&eacute;j&agrave;, ce qui n'est gu&egrave;re propice pour l'observation. Nous distinguerons simplement deux figures, &quot;les mains&quot; sur la gauche et &quot;l'arbre&quot; sur la droite mais nous ne r&eacute;ussirons pas &agrave; voir la queue du l&eacute;zard coup&eacute;e par la route. <BR>On se fait des repr&eacute;sentations de ce dont a entendu parl&eacute; et la r&eacute;alit&eacute; soit d&eacute;passe de loin ce que l'on a imagin&eacute; soit elle est tr&egrave;s en de&ccedil;&agrave;. Pour moi, cela a &eacute;t&eacute; le second cas, la d&eacute;ception. Ces deux trac&eacute;s ne sont pas grandioses, les lignes sont &eacute;troites et peu profondes. Certes la vue des autres dessins depuis un avion aurait peut &ecirc;tre modifi&eacute; mon opinion...<BR>Pour une bonne compr&eacute;hension, il aurait fallu disposer d'un peu de temps pour visiter la maison de Maria Reiche transform&eacute;e en mus&eacute;e ou de visiter le mus&eacute;e Antonini &agrave; Nazca.</P><p align=justify>Il y plus de 1000 ans, entre l'an 300 et l'an 900 de notre &egrave;re (d'autres sources, situent leur cr&eacute;ation entre 800 ou 900 avant J-C et 300 ou 600 de notre &egrave;re), ces dessins ont &eacute;t&eacute; creus&eacute;s dans le sable, les roches &eacute;tant rejet&eacute;es sur les bord, sur une profondeur de 10 &agrave; 30cm et de 30cm &agrave; 3m de large. Les trac&eacute;s ne se coupent jamais.<BR>On compte 18 dessins d'animaux dont singe, poisson, chien araign&eacute;e, albatros... ou m&ecirc;me perroquet ou colibri ce qui signifie que leurs auteurs &eacute;taient en relation avec les populations de la for&ecirc;t, pourtant lointaine. Sans oublier, l'&eacute;trange homme &agrave; t&ecirc;te de chouette...Les plus grands dessins animaliers atteignent 60, 80 voire plus de 130m de long. A ces figures s'ajoutent des trac&eacute;s g&eacute;om&eacute;triques (rectangles, trap&egrave;zes, triangles) dont certains s'&eacute;tendent sur un kilom&egrave;tre. <BR>Ces &eacute;tranges dessins dont le relev&eacute; a commenc&eacute; en 1926 ou en 1927 (?) et &eacute;tudi&eacute;e &agrave; partir de 1939 ou de 1941 (jusqu'&agrave; sa mort en 1959) par l'historien am&eacute;ricain Paul Kosok qui les observa fortuitement &agrave; l'occasion d'un survol de la c&ocirc;te. Selon lui, les dessins de ce que l'on appelait jusqu'alors &quot;chemins incas&quot; n'ont pas qu'un sens artistique ou m&ecirc;me symbolique mais correspondent &agrave; une forme d'observatoire astronomique ou de calendrier pour le rep&eacute;rage des saisons agricoles. Dans son sillage la math&eacute;maticienne allemande Maria Reiche a consacr&eacute; 60 ans de sa vie &agrave; cette &eacute;tude (de l'&acirc;ge de 35 ans jusqu'&agrave; sa mort &agrave; 95 ans). Pour elle, les figures repr&eacute;sentent des constellations et sont des offrandes ou des signes adress&eacute;s aux dieux qui les voient d'en haut. Pour d'autres, ce sont des sentiers rituels et c'est l'avis de Carlos. N'&eacute;piloguons pas sur les hypoth&egrave;ses farfelues de pistes d'atterrissage pour extraterrestres...</P><p align=justify>Mais la culture Nazca ne se r&eacute;duit par aux seuls g&eacute;oglyphes. Ils surent construire des pyramides en briques de terre crue et des aqueducs qui permirent de rendre fertile le d&eacute;sert (une p&eacute;riode de grande s&eacute;cheresse serait malgr&eacute; tout &agrave; l'origine de leur d&eacute;cadence). Redoutables guerriers, ils d&eacute;capitaient leurs ennemis et transportait &agrave; leur ceinture leur t&ecirc;te momifi&eacute;e. Plus pacifiquement et artistiquement, on peut s'int&eacute;resser &agrave; leurs tissus brod&eacute;s double face avec des th&egrave;mes mythiques puis g&eacute;om&eacute;triques de plus en plus abstraits jusqu'&agrave; l'utilisation de la technique du batik (nom commun d'origine indon&eacute;sienne), l'impression de tissus qu'ils empruntent aux Huaris (ou Waris). Dans cette p&eacute;riode, ils ont ma&icirc;tris&eacute; &eacute;galement l'art des v&ecirc;tements d&eacute;cor&eacute;s de plumes d'oiseaux de la zone &eacute;quatoriale (aras ou perroquets tropicaux d'Am&eacute;rique du sud), v&ecirc;tements destin&eacute;s aux &eacute;lites. Enfin, leurs poteries, notamment les vases &agrave; double bec sont particuli&egrave;rement esth&eacute;tiques et pratiques (l'air remplace le liquide et &eacute;vite le glouglou).<BR> Nous quittons le site aux environs de 17h45 et avant d'arriver &agrave; Nazca nous allons visiter la boutique de poterie traditionnelle &quot;Jenny&quot;. On y cr&eacute;e des reproductions d'objets des cultures indiennes locales. Contrairement &agrave; la culture mochica qui produisaient des vases-sculptures ou vases-portraits souvent en utilisant des moules (nous en verrons des exemple dans un mus&eacute;e &agrave; Lima), les Nazca modelaient des vases de forme plus banale mais d&eacute;cor&eacute;s de formes g&eacute;om&eacute;triques et de superbes couleurs.<BR> <BR> </P><p align=justify>Les r&eacute;cipients sont form&eacute;s sans utilisation du tour, &agrave; l'aide de boudins d'argile superpos&eacute;s et model&eacute;s &agrave; la main puis liss&eacute;s avec un galet avant cuisson. Les d&eacute;cors sont fait &agrave; base de pigments naturels (v&eacute;g&eacute;taux ou min&eacute;raux) et l&eacute;g&egrave;rement verniss&eacute;s avec la graisse qui suinte sur la peau des ailes du nez... tout simplement. L'existence des deux becs des pots s'explique par le fait que l'un sert &agrave; boire tandis que l'autre sert &agrave; emp&ecirc;cher le r&eacute;cipient de se mettre en d&eacute;pression (le fameux glouglou de nos bouteilles qui n'ont qu'un goulot). On y voit aussi des figurines rituelles tel que l'accouchement en position accroupie. Des cr&eacute;ations contemporaines sont &eacute;galement expos&eacute;es...<BR> Nous ne verrons pas la ville de Nazca (53000 habitants) car l'h&ocirc;tel hacienda Majoro se trouve en dehors. Il est 18h45, il fait compl&egrave;tement nuit depuis un bon quart d'heure d&eacute;j&agrave;.</P><p align=justify>Nous sommes accueilli avec un chicha marada, une boisson fra&icirc;che non alcoolis&eacute;e pr&eacute;par&eacute;e &agrave; partir de ma&iuml;s violet bouilli avec du jus d'ananas et quelques &eacute;pices (cannelle et clous de girofles), bon pour la tension para&icirc;t-il.<BR>Au menu du d&icirc;ner, pisco sour en ap&eacute;ritif, soupe de vermicelles au lait et avec des oeufs battus, saut&eacute; de boeuf (bien coriace une fois de plus) accompagn&eacute; de petits l&eacute;gumes et pour finir un d&eacute;licieux g&acirc;teau aux pommes. <BR>L'&eacute;tablissement est aussi un peu un mus&eacute;e: aux murs sont suspendus de longs pans d'&eacute;toffes Nazca qui enveloppaient des momies ainsi que des quipus. Certains motifs tiss&eacute;s ressemblent beaucoup aux g&eacute;oglyphes (l'araign&eacute;e par exemple). <BR>Avant d'aller dormir, nous en profitons pour admirer la superbe d&eacute;coration de salons faite pour partie d'objets pr&eacute;-incas trouv&eacute;s dans les tombes, notamment des statuettes de guerriers, de personnages d&eacute;moniques et des statuettes &eacute;rotiques. Des statues catholiques de style assez baroque, des armoires en bois pr&eacute;cieux et des retables na&iuml;fs mi-chr&eacute;tiens mi-pa&iuml;ens compl&egrave;tent le d&eacute;cor.<BR>Le plafond de notre bungalow est form&eacute; d'un tressage de lamelles de bambous et de poutrelles faites avec des tiges de ce m&ecirc;me bambou.<BR>Sur ce, bonne nuit!<BR>A 6 heures, le r&eacute;veil est assur&eacute; par un couple de paons qui un peu plus tard nous accompagnent jusqu'&agrave; la porte du restaurant.<BR> Nous quittons l'h&ocirc;tel d&egrave;s 7 heures car pr&egrave;s de 600km nous s&eacute;parent encore d'Arequipa. L'emploi du temps de la journ&eacute;e aurait &eacute;t&eacute; acrobatique si l'on avait retenu l'option survol des lignes de Nazca car nous ne serions probablement pas arriv&eacute;s &agrave; Arequipa avant 22h au mieux (puisque nous arrivons pratiquement &agrave; 20h)!<BR>Quant &agrave; visiter en plus &agrave; Nazca le cimeti&egrave;re pr&eacute;-inca de Chauchilla, cimeti&egrave;re &agrave; ciel ouvert suite &agrave; de nombreux pillages mais d&eacute;sormais remis en &eacute;tat avec un mus&eacute;e des momies, la hacienda de Cantallo avec les ruines du palais pr&eacute;inca de Paredones pr&egrave;s des imposants canaux et aqueducs souterrains de Cantalloc (toujours fonctionnels) amenant l'eau des Andes, il ne faut m&ecirc;me pas y penser. Une demi-journ&eacute;e serait n&eacute;cessaire.<BR>Dans certaines parcelles au bord de la route nous apercevons des champs plant&eacute;s de figuiers de Barbarie (non end&eacute;miques puisque originaires du Mexique). En fait on le cultive pour qu'il serve de nourriture &agrave; un parasite, la cochenille, sorte de pou, dont on tire un colorant, le rouge carmin. Les colonies de cet insecte forment des sortes de voiles blancs enveloppant les raquettes du cactus.<BR>Encore un camion accident&eacute;, sans gravit&eacute; cette fois, le v&eacute;hicule a simplement quitt&eacute; la route. Carlos nous fait remarquer que les jalons kilom&eacute;triques jaunes que l'on voit sur le bas-c&ocirc;t&eacute; marquent l'emplacement du c&acirc;ble en fibre optique enterr&eacute; qui a &eacute;t&eacute; mis en place en 2010. Nous passons dans la r&eacute;gion des dunes de Cerro Moreno et de Cerro Marcho qui culminent &agrave; plus de 2000m.<BR>Certaines plages sont utilis&eacute;es pour le s&eacute;chage des algues (laminaires) qui sont notamment destin&eacute;es &agrave; la fabrication de cosm&eacute;tiques.<BR>NAZCA et sa faille<BR> Nous faisons un arr&ecirc;t &agrave; la faille de Nazca, large d'un vingtaine de m&egrave;tres et qui s'&eacute;tend sur 40km. <BR> <BR> <BR> </P><p align=justify>Nous la voyons dans sa partie la plus spectaculaire. A ce propos, il faut signaler que ce n'est pas directement la plaque tectonique Pacifique qui voisine avec la plaque sud-am&eacute;ricaine mais bien la plaque dite de Nazca, pratiquement aussi vaste que l'Am&eacute;rique du Sud qu'elle longe de la Colombie jusqu'au sud deux tiers du Chili. Cette plaque oc&eacute;anique se d&eacute;place de 7,5cm par an vers le nord-est en s'enfon&ccedil;ant (subduction) sous le continent, ce qui est &agrave; l'origine de la surrection des Andes et de nombreux tremblements de terre. La faille que nous voyons n'est &eacute;videmment qu'un &eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne de ces chocs et frictions. Les panonceaux que l'on voit dans les h&ocirc;tels et restaurants &quot;S, zona segura en caso de sismo&quot; (zone de s&eacute;curit&eacute; en cas de s&eacute;isme) sont l&agrave; pour nous rappeler que cette r&eacute;gion bouge souvent. Les tremblements de magnitude 7 ou plus sur l'&eacute;chelle de Richter surviennent au rythme de un tous les deux ans, voire plus souvent (2 en 2007). L'un des plus violents tremblements se produisit au sud de la plaque de Nazca, au Chili, en mai 1960 avec une magnitude exceptionnelle de l'ordre de 9.<BR>Nous voyons aussi de plus en plus de petites dunes en demi-lunes ou barkhanes. On revoit encore pr&egrave;s du rivage des groupes de vautours &agrave; t&ecirc;te rouge, perch&eacute;s ou planant au-dessus de nous.<BR> </P><p align=justify>TANACA, CHALA, CAMANA<BR> Aux environs de 9h nous arrivons dans la r&eacute;gion de Tanaca apr&egrave;s avoir franchi l'embouchure du maigre Rio Acari. Environ 25 minutes d'arr&ecirc;t sur une immense plage d&eacute;serte pour se d&eacute;gourdir les jambes et pour un petit bain de pieds pour les plus hardis. Peu engageant pour la baignade: grosses vagues et fra&icirc;cheur de l'eau en raison du courant froid de Humboldt d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; &agrave; propos des Iles Ballestas. Les seuls autochtones rencontr&eacute;s sont des go&eacute;moniers venus avec leur mobylette r&eacute;colter quelques laminaires &eacute;chou&eacute;es. L'industrie li&eacute;e aux algues (production d'&eacute;paississant) est contr&ocirc;l&eacute;e par des entreprises chinoises. Les plages sont occup&eacute;es de fa&ccedil;on saisonni&egrave;re en fonction des possibilit&eacute;s de p&ecirc;che.</P><p align=justify>Nous retrouvons aussi un groupe de touristes de Nouvelles Fronti&egrave;res enchant&eacute;s du survol des lignes de Nazca qu'ils ont pu faire la veille. Dommage! Dommage (pour nous)!<BR> <BR> <BR> <BR> Dans un paysage toujours d&eacute;sertique et toujours en longeant l'oc&eacute;an et mais de plus haut apr&egrave;s une heure de route nous arrivons dans la localit&eacute; de Chala, un petit port de p&ecirc;che, o&ugrave; nous effectuons une courte pause. En cette matin&eacute;e de lundi, c'est le jour du march&eacute;. C'est l'occasion de se restaurer d'un petite encas aupr&egrave;s d'un vendeur de fruits ambulant: ses bananes &agrave; la chair orang&eacute;e sont d&eacute;licieuses.</P><p align=justify>Le rivage est superbe, l'oc&eacute;an vient &eacute;clater sur des rochers pourpres d&eacute;chiquet&eacute;s sur lesquels une famille p&eacute;ruvienne jouit du spectacle. Chala c'est Puerto Inca, une localit&eacute; qui disposait de &quot;greniers&quot; o&ugrave; l'on entreposait de la viande s&eacute;ch&eacute;e de lama, les plumes de perroquets d'Amazonie destin&eacute;es aux costumes des nobles, des cordages v&eacute;g&eacute;taux venant des r&eacute;gions en altitude...<BR>Apr&egrave;s avoir repris la route, nous pouvons voir de vastes surfaces de plages occup&eacute;es par des constructions sommaires servant d'abris pour la p&ecirc;che saisonni&egrave;re. Nous observons aussi que des cactus cierges (du genre echinopsis, typiques des r&eacute;gions arides d'Am&eacute;rique du Sud) colonisent les pentes rocheuses descendant vers la mer.<BR>Plus loin, sur le rivage nous apercevons des usines, tout d'abord un unit&eacute; de conditionnement du gaz achemin&eacute; &agrave; travers les Andes depuis l'Amazonie puis, au port de p&ecirc;che de la Planchada, l'usine de farine de poisson (une sorte d'anchois) de CFG Investment.</P><p align=justify>La route panam&eacute;ricaine n'&eacute;tait encore qu'une piste par endroit dans les ann&eacute;es 1960 et il fallait jusqu'&agrave; 22h pour rallier Lima &agrave; Arequipa en transports en commun (mais pour le faire en avion, il en co&ucirc;te 120$). <BR>Dans la partie o&ugrave; nous sommes, son trac&eacute; toujours aussi tourment&eacute;e surplombe l'oc&eacute;an et soudain nous livre un vaste point de vue sur l'embouchure du Rio Colca qui descend de sommets andins de pr&egrave;s de 6000m. C'est la plaine alluviale de Camana o&ugrave; l'on produit du riz dont la r&eacute;colte a &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e sur certaines parcelles. Le climat et la pr&eacute;sence exceptionnelle de l'eau permettent deux r&eacute;coltes par an.<BR> </P><p align=justify> <BR> <BR>Le littoral fut ravag&eacute; sur un peu plus d'un kilom&egrave;tre de profondeur par le tsunami du 23 juin 2001 (magnitude 8,4) associ&eacute; au fameux tremblement de terre d'Arequipa avec des vagues de 8m. Il provoqua la mort de 139 personnes, la destruction de plus de 17000 habitations et des dommages sur plus de 35 000 autres dans la r&eacute;gion comprise entre Camana et Arequipa. Par le pass&eacute;, la ville de Camana avait eu &agrave; souffrir d'un violent tremblement de terre en 1821 (magnitude 8,2).<BR> Il est 14h40 (!) lorsque nous faisons halte pour d&eacute;jeuner au restaurant Rinconcito Trujillano. Au menu: soupe de poisson avec des grains de ma&iuml;s, des morceaux de pomme de terre (ici on dit &quot;patate&quot;) et d'une sorte potiron puis c'est un plat de poisson accompagn&eacute; de riz et en dessert pomme, petite banane ou pepino ou q'achan en langue quechua (on l'appelle ailleurs poire-melon ou morelle de Wallis que porte une plante apparent&eacute;e aux tomates et aux pommes de terre).<BR> Nous reprenons la route un peu avant 16h et il nous faudra passer de l'altitude 0m &agrave; 2300m pour atteindre Arequipa. Au programme 3 bonnes heures de route encore!</P><p align=justify> <BR> <BR>La route surplombe les vestiges de constructions d&eacute;truites par le tsunami de 2001 tandis qu'un peu plus loin on voit un lotissement de petites constructions jaunes destin&eacute;es au relogement des sinistr&eacute;s ainsi qu'une &eacute;cole.<BR>Maintenant la panam&eacute;ricaine sur laquelle nous roulons toujours tourne le dos &agrave; l'oc&eacute;an et au soleil. La mont&eacute;e est progressive et plut&ocirc;t imperceptible mais le paysage est toujours aussi aride avec des reliefs aux pentes recouvertes de sable et de cailloux!<BR>Aux environs de 17h nous traversons une sorte d'oasis artificielle, une r&eacute;gion de culture (ma&iuml;s, cactus &agrave; cochenilles, c&eacute;r&eacute;ales...) qui a &eacute;t&eacute; irrigu&eacute;e dans le cadre d'un programme de coop&eacute;ration isra&eacute;lien. Puis l'on retrouve un paysage quasi lunaire, aride avec ses petites dunes en demi-lunes. Nouveau contraste lorsque nous arrivons au-dessus de la verte vall&eacute;e du Rio Vitor o&ugrave; la route doit descendre pour regrimper sur l'autre versant o&ugrave; l'on retrouve un paysage quasi lunaire. Au bas des pentes des collines (le relief reste modeste dans son allure mais le terme convient-il encore aux environ de 2000m?), la roche jaune ou ocr&eacute;e est recouverte d'un sable fin anim&eacute; de vaguelettes dues au vent et curieusement de couleur blanche ressemblant &agrave; de la cendre. La nuit tombe, nous sommes dans la r&eacute;gion de Vitor: cultures de vigne et de figuiers de Barbarie, bidonvilles montant &agrave; l'assaut de collines, laiteries pour l'omnipr&eacute;sente soci&eacute;t&eacute; Gloria (une soci&eacute;t&eacute; normande cr&eacute;&eacute;e en 1925 et qui a fait du chemin depuis avec son lait concentr&eacute; non sucr&eacute;! depuis tomb&eacute;e dans le giron du groupe Nestl&eacute; puis, depuis 2005, dans celui de Mont Blanc SAS).<BR>Il est 19h45 lorsque nous arrivons enfin &agrave; Arequipa. </P><p align=justify> <BR> <BR> L'h&ocirc;tel Santa Rosa install&eacute; dans une ancienne demeure coloniale &agrave; patio est parfaitement situ&eacute; sur la rue Santa Catalina, &agrave; 150m de l'entr&eacute;e du monast&egrave;re et &agrave; 250m de la place d'Armes et donc de la cath&eacute;drale. Ce fut la demeure de l'&eacute;crivain (peu connu) Juan Manuel Florencio Polar Vargas (1868-1936)... <BR>On nous sert une &eacute;paisse soupe &agrave; base de farine de ma&iuml;s, un saut&eacute; de boeuf (tendre cette fois-ci) accompagn&eacute; de petits l&eacute;gumes et de riz une fois encore. Un bon g&acirc;teau au chocolat ach&egrave;ve de nous restaurer.</P><p align=justify><BR> Apr&egrave;s cela et avant de dormir, il convient de profiter de l'emplacement central de l'h&ocirc;tel pour faire un petit tour du c&ocirc;t&eacute; de la Plaza de Armas. La cath&eacute;drale et les b&acirc;timents &agrave; arcades qui entourent la place sont admirablement mis en valeur par les illuminations m&ecirc;me si les fl&egrave;ches des tours de la cath&eacute;drale ne sont pas identiques &agrave; celles qui s'effondr&egrave;rent lors du grand tremblement de terre qui frappa la r&eacute;gion en 2001 (magnitude de 8,4).<BR>_________________________________________________<BR>LA CUISINE PERUVIENNE... <BR>La cuisine p&eacute;ruvienne offre une grande vari&eacute;t&eacute; de plats typiques de la C&ocirc;te, de la Sierra et la For&ecirc;t. <BR>Elle compte parmi les plus diversifi&eacute;es au monde et rivaliserait avec les cuisines fran&ccedil;aise, cr&eacute;ole, chinoise. A mon point de vue, parlons effectivement davantage de bonne cuisine que de gastronomie.<BR>Sa diversit&eacute; r&eacute;sulte des productions tr&egrave;s diff&eacute;rentes de ses grandes r&eacute;gions aux reliefs et climats si contrast&eacute;s et des brassages d&eacute;mographiques et culturels. C'est une cuisine m&eacute;tiss&eacute;e o&ugrave; se m&ecirc;lent influences indiennes, cr&eacute;oles (espagnole)... et pour les plus r&eacute;centes, m&ecirc;me asiatiques, ce qui explique le succ&egrave;s des saut&eacute;s de viande et de l&eacute;gumes. <BR>Le caract&egrave;re relev&eacute; et &eacute;pic&eacute; de la gastronomie p&eacute;ruvienne est imputable &agrave; l'aj&iacute; (sauce piquante &agrave; base d'oignons, tomates, ail, coriandre, piment...) et &agrave; l'ajo (poivron rouge et ail). <BR>Un plat typique de la cuisine p&eacute;ruvienne &agrave; d&eacute;couvrir, le cuy, autrement dit le cochon d'Inde.<BR>Dans la r&eacute;gion d'Arequipa, le cuy est frit dans l'huile et pr&eacute;sent&eacute; entier sur l'assiette accompagn&eacute; de pomme de terre et &eacute;ventuellement d'autres l&eacute;gumes (ma&iuml;s). Il peut aussi &ecirc;tre r&ocirc;ti au four ou &agrave; la broche, grill&eacute;, fum&eacute;, bouilli puis ajout&eacute; &agrave; des l&eacute;gumes dans une sorte de daube ou de rago&ucirc;t...<BR>Les P&eacute;ruviens mangent aussi du lama, plus pr&eacute;cis&eacute;ment de l'alpaga.<BR>On peut se voir proposer l'aj&iacute; de gallina, de la poule servie dans une sauce et accompagn&eacute;e de pommes de terre. Autre sp&eacute;cialit&eacute;, les anticuchos, brochettes de viande ou de poisson marin&eacute;es mais les plus typiques sont les anticuchos de coraz&oacute;n de res, faites de morceaux de c&#156;ur de b&#156;uf. <BR>Emprunt&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger, on trouve aussi l'arroz con pato et l'arroz con pollo, riz au canard ou au poulet accompagn&eacute; de l&eacute;gumes <BR>Sans oublier le pollo a la brasa, du poulet marin&eacute; et grill&eacute; (cuisson sous la cendre), un des mets les plus consomm&eacute;s dans ce pays.<BR>Le ceviche de corvina est une sp&eacute;cialit&eacute; de poisson (marinade de poisson cru au citron et aux piments rouges &eacute;pic&eacute;s, servie avec du ma&iuml;s, des patates douces, des oignons et aromatis&eacute;e au coriandre). L'escab&egrave;che est un poisson cuit &agrave; manger froid comme amuse-bouche, servi avec des poivrons et des oignons. Le corvina est un bar pr&eacute;par&eacute; de diff&eacute;rentes mani&egrave;res, mais toujours &agrave; recommander. Les plats typiques &agrave; base de coquilles Saint-Jacques (conchitas), de moules (choros), de poulpes (pulpo) et d'&eacute;crevisses (camarones) sont copieux et d&eacute;licieux. La chupe de camarones est une sorte de soupe aux poissons faite avec des &eacute;crevisses, du lait, des oeufs, des pommes de terre et des poivrons. Dans les Andes, on consomme de a truite qui y est abondante.<BR>Les P&eacute;ruviens poss&egrave;dent une grande vari&eacute;t&eacute; de l&eacute;gumes: pommes de terre, riz, manioc, tomates, poivrons, piments... Rien qu'en pommes de terre (papa), ils ont le choix entre 2000 esp&egrave;ces indig&egrave;nes ou cultiv&eacute;es. Les fruits tropicaux comme les avocats poussent en abondance.<BR>Sans oublier les autres tubercules autochtones tels que l'oca ou l'olluco.<BR>Parmi les autres sp&eacute;cialit&eacute;s culinaires &agrave; base de l&eacute;gumes, on trouve le papa a la huanca&iuml;na (pommes vapeur recouvertes d'une sauce jaune &agrave; base de fromage blanc et de piment), l'ocopa (pommes de terre avec une sauce aux cacahu&egrave;tes), l'arroz con choclo (riz au ma&iuml;s), l'arroz chaufa, riz &agrave; la chinoise, le cau cau (tripes cuites aux pommes de terre, poivrons et persil), la causa relle&ntilde;a (galette de pommes de terre garnie au poulet, mais &eacute;galement cuisin&eacute;e aux avocats ou &agrave; la viande de crabe) et les tamales (boulettes de ma&iuml;s &eacute;cras&eacute; avec du piment orange, des olives et farcies &agrave; la viande, le tout envelopp&eacute; dans une feuille de bananier). </P><p align=justify>Ce n'est pas un grand pays de desserts. Fruits, g&acirc;teaux aux pommes, g&acirc;teaux au chocolat. Plus traditionnels et plus simples: les picarones, beignets &agrave; base de courge et de patate douce, recouvert de m&eacute;lasse (chancaca) qui peuvent aussi accompagner les anticuchos, les alfajores (d'inspiration arabo-hispanique), deux biscuits fourr&eacute;s avec un remplissage sucr&eacute; (confiture de fruits ou de lait, ou de mousse au chocolat), et le plus souvent napp&eacute;s de chocolat, de gla&ccedil;age ou recouverts de sucre en poudre ou de sucre glace.<BR>Il faut go&ucirc;ter le Pisco P&eacute;ruvien, le cocktail &agrave; base d'alcool de raisin dans ses diff&eacute;rentes pr&eacute;parations. En voici une mais sans dosage pr&eacute;cis:pisco, sucre liquide, glace pill&eacute;e, jus de citron vert, blanc d'oeuf et le tout &eacute;tant pass&eacute; au mixer.<BR>Quant &agrave; la chicha, c'est une boisson l&eacute;g&egrave;rement alcoolis&eacute;e (genre cidre ou bi&egrave;re) &agrave; base de ma&iuml;s ferment&eacute; (la plus connue est la chicha de jora). Elle &eacute;tait connue des Incas. Rien de commun avec la chicha morada, inoffensive boisson non alcoolis&eacute;e fabriqu&eacute;e &agrave; base de ma&iuml;s violet bouilli avec de la cannelle et des clous de girofle et &agrave; laquelle on ajoute du sucre de canne. En Amazonie, on peut boire l'aguaje, boisson ferment&eacute;e obtenue &agrave; partir du fruit de ce type de palmier.<BR>___________________________________________________________</P><p align=justify>AREQUIPA, avec pr&egrave;s d'un million d'habitants, est la seconde ville du P&eacute;rou. <BR>Son superbe centre colonial lui a valu d'&ecirc;tre inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en l'an 2000.<BR>Dans cette r&eacute;gion occup&eacute;e par des peuplades agraires, les Espagnols fond&egrave;rent cette ville en 1540. Son &eacute;tymologie varie selon la langue indienne &agrave; laquelle on se r&eacute;f&egrave;re. Ce serait, &quot;oui, restez&quot; en quechua ou &quot;derri&egrave;re le sommet&quot; en aymara...<BR>Mais c'est une ville encadr&eacute;e par trois grands volcans : le plus haut (6075m) , Chachani au nord, le plus fameux par sa forme, le Misti (5822m) &agrave; nord-est et enfin, le Picchu Picchu (5575m) &quot;montagne montagne&quot; en quechua, situ&eacute; au sud-est. Ce contexte explique la fr&eacute;quence et l'intensit&eacute; des manifestations sismiques. Dans la p&eacute;riode entre 1438 et 1471, le Misti connu plusieurs grandes &eacute;ruptions. <BR>Apr&egrave;s la cr&eacute;ation de la ville, les s&eacute;ismes se sont manifest&eacute;s tout au long de son histoire, de 1582 &agrave; 2001 (faisant suite &agrave; ceux de 1958 et de1960), lui permettant de t&eacute;moigner de divers courants architecturaux.<BR>Juste retour des choses, la ville est faite du mat&eacute;riau qui parfois l'a d&eacute;vor&eacute;e, le tuf volcanique appel&eacute; ici sillar, une pierre de lave blanche qui a valu &agrave; la ville son surnom de &quot;ville blanche&quot;. Le gabarit des blocs couramment utilis&eacute;s est de 40cmx30cmx20cm.<BR>La ville a un particularisme, un esprit d'autonomie qui conduit parfois ses habitants &agrave; manifester plus ou moins pacifiquement leur hostilit&eacute; aux d&eacute;cisions prises &agrave; Lima, ainsi il n'y a pas si longtemps lorsqu'il fut question de confier l'exploitation de certains services publics &agrave; une entreprise belge...<BR>Monasterio Santa Catalina **<BR>A 9h, sous la conduite d'une guide locale, nous commen&ccedil;ons la visite en nous rendant &agrave; pied au c&eacute;l&egrave;bre &quot;monast&egrave;re&quot; de Santa Catalina (Ste Catherine), tout proche de notre h&ocirc;tel d'o&ugrave; on voit son clocher se d&eacute;coupant sur le Chachani. <BR> <BR>Il faut savoir qu'ici il y a inversion du sens entre les mots monast&eacute;rio (monast&egrave;re) et convento (couvent) par rapport &agrave; celui qu'on leur donne en France, ici les monast&egrave;res sont donc destin&eacute;s aux moniales. </P><p align=justify>Ce lieu a &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; par la femme de lettres Flora Tristan, Flore Trist&aacute;n Moscoso (par son p&egrave;re p&eacute;ruvien), Laisn&eacute; (par sa m&egrave;re fran&ccedil;aise). Elle s&eacute;journa quelques mois &agrave; Arequipa en 1833-34 lorsqu'elle essaya de r&eacute;cup&eacute;rer son h&eacute;ritage paternel mais elle est d&eacute;clar&eacute;e fille naturelle du fait du mariage non r&eacute;gularis&eacute; de ses parents. La situation de b&acirc;tarde et de paria qu'on lui donne la pousse &agrave; devenir militante socialiste, f&eacute;ministe et internationaliste. Elle &eacute;crira notamment &quot;P&eacute;r&eacute;grinations d'une paria&quot;, livre qui ici fut br&ucirc;l&eacute; en place publique. L'&eacute;crivain contemporain (et ancien candidat &agrave; la pr&eacute;sidence p&eacute;ruvienne) Mari Vargas Llosa lui a rendu hommage dans &quot;Le paradis un peu plus loin&quot;. Flora Tristan fut la grand-m&egrave;re maternelle de Paul Gauguin.</P><p align=justify>Cette ville dans la ville, avec ses rues, ses patios et ses places aux couleurs bleues et oranges qui en att&eacute;nuent la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; couvre un peu plus de deux hectares et est visitable depuis 1970. Rattach&eacute; &agrave; l'ordre de Sainte Catherine de Sienne, le monast&egrave;re fut fond&eacute; en 1580 par un riche veuve, Maria de Guzman, et il a abrit&eacute; pr&egrave;s de 500 religieuses. Les grandes familles espagnoles y faisaient entrer les cadettes &agrave; partir de l'&acirc;ge de 12 ans, tout en les dotant richement (2400 pi&egrave;ces d'argents, sans compter le mobilier, les v&ecirc;tements, les ustensiles divers...) et en leur octroyant jusqu'&agrave; quatre servantes ou esclaves. Le monast&egrave;re organis&eacute; en trois clo&icirc;tres, six rues et un passage compte une centaines de &quot;cellules&quot; ou plus exactement de petites maisons construite par les familles des nonnes dans lesquelles elles vivaient tandis que leurs domestiques pouvaient se rendre en ville pour le ravitaillement. En 1871, les autorit&eacute;s religieuses mirent fin &agrave; cette vie presque comme dans le grand monde. </P><p align=justify> Au d&eacute;but de la visite nous passons au parloir avec ses grilles en bois. Nous passons dans un clo&icirc;tre aux murs orange (ocre rouge) puis dans le clo&icirc;tre des novices en pierre blanche mais dont les arcades sont d&eacute;cor&eacute;es de fresques destin&eacute;es &agrave; l'&eacute;dification des religieuses, montrant le chemin pour passer du p&eacute;ch&eacute; &agrave; la gr&acirc;ce. Les cellules voisines comportent chapelle priv&eacute;e, chambre et cuisine et chambre de la servante. On peut aussi voir un exemple de machine &agrave; laver m&eacute;canique, en bois. La salle fun&eacute;raire est entour&eacute;e des portraits des religieuses les plus c&eacute;l&egrave;bres.</P><p align=justify>Les rues du monast&egrave;re portent les noms de villes espagnoles d'o&ugrave; les familles des religieuses &eacute;taient originaires. <BR>Nous empruntons la Calle M&aacute;laga pour jeter un coup d'oeil dans la cellule de la Madre Dolores Llamosas, la salle Zurburan o&ugrave; l'on voit un Saint Michel attribu&eacute; &agrave; ce peintre.<BR>Nous continuons par la Calle Cordoba aux murs blancs &eacute;voquant l'Andalousie. Elle remonte au XVIIIe s. et sur la gauche une construction r&eacute;cente (1969) h&eacute;berge une trentaine de religieuses clo&icirc;tr&eacute;es. On peut y voir une vasque filtrante pour l'eau. Puis c'est la Calle Toledo, la plus longue, la plus &eacute;troite et la plus ancienne rue du monast&egrave;re avec ses maisons basses aux murs rouge orang&eacute;. La Calle Sevilla nous conduit au lavoir en plein air constitu&eacute; de demi-jarres tout pr&egrave;s du cimeti&egrave;re. En empruntant la Calle Burgos, nous nous rendons dans l'immense cuisine sombre et noircie par la fum&eacute;e. B&acirc;tie au XVIIe s., ce fut d'abord une chapelle avant d'&ecirc;tre reconvertie en cuisine collective &agrave; la suite de la r&eacute;forme de 1870. On y voit m&ecirc;me un puits int&eacute;rieur. La Plaza Zocober due &agrave; l'initiative de la prieure Maria Manuela Hurtado est dot&eacute;e d'une jolie fontaine datant de 1865 et aliment&eacute;e par une canalisation en fer. Les bains douches des religieuses se trouvaient aussi sur cette place. D'une terrasse de l'&eacute;glise conventuelle, nous avons une vue d'ensemble du couvent et sur une partie de la ville. Nous poursuivons par la visite de la cellule de la madre Ana de los Angeles Monteagudo (1606-1686), b&eacute;atifi&eacute;e en 1985 par le pape Jean-Paul II lorsqu'il visita la ville. Notre visite se termine par le dortoir collectif institu&eacute; &agrave; partir de 1870 et aujourd'hui transform&eacute; en pinacoth&egrave;que, une galerie de peintures des XVIe et XVIIe s. de l'&eacute;cole de Cusco.<BR>La visite a dur&eacute; pratiquement 1h30.<BR> </P><p align=justify>Cath&eacute;drale, Casa de Richetts, Plaza de Armas, Compa&ntilde;ia<BR>Toujours &agrave; pied, nous poursuivons la visite de la ville.<BR> </P><p align=justify> En empruntant le romantique Pasaje de la Catedral avec ses r&eacute;verb&egrave;res, nous nous rendons &agrave; la cath&eacute;drale, &eacute;difice construit en 1544 et plusieurs fois endommag&eacute; par des tremblements de terre une quinzaine de fois par la suite et ce malgr&eacute; ses 70 piliers. <BR>Reconstruite apr&egrave;s l'incendie de 1844, elle fut tr&egrave;s s&eacute;rieusement endommag&eacute;e par le tremblement de 1868 et elle dut &ecirc;tre restaur&eacute;e (notamment les tours) lesquelles furent &agrave; nouveau endommag&eacute;es par celui de 2001. L'entr&eacute;e ne se fait pas par la Place d'Armes sur laquelle se dressent les tours car il s'agit d'un d&eacute;cor.<BR>De style n&eacute;o-classique d'inspiration fran&ccedil;aise, on peut y voir un autel en marbre de Carrare, une chaire tr&egrave;s ouvrag&eacute;e et des statues. La sainte patronne de la ville est Nuestra Se&ntilde;ora de la Asunta (N-D de l'Assomption). Quant &agrave; Nuestra Se&ntilde;ora de las Penas (N-D des Douleurs) son visage donne l'illusion de larmes tandis que si l'on se d&eacute;place au pied de la statue, on voit &eacute;voluer l'expression de plus ou moindre grande tristesse gr&acirc;ce &agrave; une l&eacute;g&egrave;re dissym&eacute;trie du visage. <BR>Ici, comme en Espagne, les statues sont habill&eacute;es et on les a d&eacute;j&agrave; rev&ecirc;tues des habits du Car&ecirc;me. Leur manteau ample devait &eacute;voquer pour les indiens la forme des montagnes qu'ils v&eacute;n&eacute;raient avant l'arriv&eacute;e des missionnaires. Lors des c&eacute;l&eacute;brations de la Passion ou croix des outrages, on peut voir des hommes en habit de P&eacute;nitents et des femmes en mantille. C'est l'une des 70 &eacute;glises dans le monde autoris&eacute;es &agrave; arborer le drapeau du Vatican (en regard de celui du P&eacute;rou, &eacute;videmment).<BR> Sur le chemin de la place d'Armes, nous passons par la Casa de Ricketts (&eacute;galement appel&eacute; Palacio Trist&aacute;n del Pozo), ancien s&eacute;minaire j&eacute;suite du XVIIIe s. actuellement occup&eacute; par la Banque Continentale. Son portail est remarquable par la richesse du d&eacute;cor sculpt&eacute; dans la pierre. Une galerie pr&eacute;sentent des peintures de l'&eacute;cole cuzqu&eacute;enne: portraits, sc&egrave;nes de la vie du peuple, caricatures...<BR> <BR> Nous gagnons sur la place d'Armes dont un c&ocirc;t&eacute; est constitu&eacute; par un mur lat&eacute;ral de la cath&eacute;drale qui porte curieusement les deux tours. Les trois autres c&ocirc;t&eacute;s sont occup&eacute;s par des b&acirc;timents &agrave; double rang&eacute;e d'arcades encadrant un vaste jardin central. C'est l'une des plus belles places coloniales d'Am&eacute;rique latine. </P><p align=justify>D'une terrasse de caf&eacute; situ&eacute; sous les arcades sup&eacute;rieures, nous jouissons d'une vue superbe sur la place avec ses &eacute;crivains publics et ses cireurs de chaussures. Dans les rues qui l'encadrent o&ugrave; l'on voit d&eacute;filer les fameux petits taxis jaunes d'une ville qui ne dispose pas de transports en commun. Ces petites voitures &agrave; 4 portes, ressemblant au Fiat 500 mais de marque Deawoo et mod&egrave;le Tico. C'est sous ce dernier vocable qu'elles sont d&eacute;sign&eacute;es couramment. Souvent en mauvais &eacute;tat, sans &eacute;quipements de s&eacute;curit&eacute;, conduites par des chauffeurs souvent sans permis et t&eacute;m&eacute;raires, il peut &ecirc;tre prudent d'y regarder &agrave; deux fois avant d'y monter. On les retrouve &agrave; Cuzco, &agrave; Lima...<BR>Une manifestation f&eacute;ministe se d&eacute;roule sur la place avec des slogans bien appuy&eacute;s dont voici quelques traductions approximatives: &quot;pour moi tous les jours sont tristes&quot;, &quot;les femmes r&eacute;sistent et luttent&quot;, sur les cinq doigts d'une main on peut lire &quot;gifles, ecchymoses, mutilations, abus, coups&quot;...<BR> <BR> A l'angle de la place, nous arrivons &agrave; la Compa&ntilde;ia. L&eacute;glise des J&eacute;suites remonte au XVIIes. car elle a remplac&eacute; une construction de 1573 d&eacute;truite par le tremblement de terre de 1584. <BR>On remarque sa fa&ccedil;ade baroque tr&egrave;s charg&eacute;e, m&eacute;tiss&eacute;e, orn&eacute;es d'entrelacs et motifs floraux au milieu desquels se cachent de petits personnages (anges au visage indien) et les blasons de la ville. Nous poursuivons par les deux clo&icirc;tres voisins o&ugrave; l'on trouve aujourd'hui boutiques et restaurants. Les piliers et les arcs sont abondamment sculpt&eacute;s et t&eacute;moignent du syncr&eacute;tisme, notamment la t&ecirc;te pourvue des plumes de l'Inca.<BR>En soir&eacute;e, nous y reviendrons en visite libre pour voir l'int&eacute;rieur. Il en co&ucirc;te 4 soles (1&euro;) mais interdiction de photographier, m&ecirc;me sans flash, ce que je trouve inacceptable et me conduit &agrave; &quot;voler&quot; quelques photos jusqu'&agrave; ce qu'une gardienne me r&eacute;primande. On peut voir dans l'&eacute;glise de beaux retables en bois dor&eacute;s &agrave; l'or fin et pour finir l'&eacute;tonnante coupole peinte de la Chapelle de St Ignace (fondateur de l'ordre des J&eacute;suites) o&ugrave; au milieu d'un exub&eacute;rant d&eacute;cor tropical sont repr&eacute;sent&eacute;s des saints.<BR> Avant de rejoindre notre bus, nous passons pr&egrave;s de l'&eacute;glise San Augustin avec sa fa&ccedil;ade sculpt&eacute;e tel un retable de pierre. <BR> </P><p align=justify>Carmen Alto, quartier Yanahuara<BR> Le bus nous conduit &agrave; quelques kilom&egrave;tres de l&agrave;, en passant pr&egrave;s du Couvent de la Recoleta, sur les hauteurs du quartier de Yanahuara, au mirador de Carmen Alto, &agrave; 2km du centre ville. Le ciel brumeux ne permet pas d'avoir une vue bien nette sur la ville et sur les volcans environnants. <BR> <BR> Nous y d&eacute;couvrons par contre des plants de quinoa (aux graines tr&egrave;s recherch&eacute;es pour leurs qualit&eacute;s nutritionnelles et di&eacute;t&eacute;tiques). C'est une plante de la famille des ch&eacute;nopodes comme les betteraves, &eacute;pinards, blettes ou comme la fleur amarante (&quot;queue de renard&quot;)... La plante a de multiples noms dans chacune des langues andines. En quechua, on l'appelle chisiya mama (&quot;m&egrave;re de toutes les graines)&quot;, kiuna, kiwicha... On la surnomme &eacute;galement &quot;le riz andin&quot; (arroz andino).<BR>C'est un substitut aux c&eacute;r&eacute;ales, riche en prot&eacute;ines (16%), pousse jusqu'&agrave; 4000m. mais elle craint les gel&eacute;es. On en fait de la farine, on l'utilise dans la soupe, pour faire de la p&acirc;te, ou ferment&eacute;e, pour faire de la chicha (sorte de bi&egrave;re ou plut&ocirc;t de cidre des Incas qui peut aussi &ecirc;tre fabriqu&eacute;e &agrave; partir de ma&iuml;s).</P><p align=justify>On peut y d&eacute;guster de d&eacute;licieux morceaux de racines de maca (lepidium) s&eacute;ch&eacute;e, un tubercule qui pousse sur les hauts plateaux &agrave; plus de 4000m. Cette plante &agrave; racine pivotante est cultiv&eacute;e depuis des milliers d'ann&eacute;es comme aliment et pour ses vertus m&eacute;dicinales. Elle peut &eacute;galement &ecirc;tre consomm&eacute;e crue ou cuite. On peut en faire des g&acirc;teaux, des chips, et des boissons. Certaines de ses vertus font qu'on le qualifie de ginseng ou de viagra p&eacute;ruvien. Cela reste &agrave; d&eacute;montrer, en revanche, elle aurait bien un effet sur la fertilit&eacute;.</P><p align=justify>En compl&eacute;ment, on d&eacute;couvre la pr&eacute;paration de la coca traditionnelle. Les feuilles de cet arbuste qui pousse dans la selva amazonienne (en dessous de Cuzco) sont riches en alcalo&iuml;des. Dess&eacute;ch&eacute;es, elles sont m&acirc;ch&eacute;es et leur acidit&eacute; est r&eacute;duite par l'ajout d'un peu de cendre de tiges de quinoa voire de chaux. <BR>Nous pouvons aussi voir un petit &eacute;levage de l'un des animaux embl&eacute;matiques des Andes, le fameux cuy (prononcer pratiquement [couill']) ou sous on nom savant en latin: cavia porcellus. Il est plus connu chez nous sous le nom de cochon d'Inde (puisque lors de la d&eacute;couverte de l'Am&eacute;rique les navigateurs croyaient avoir abord&eacute; l'Inde) en tant qu'animal domestique et de cobaye en tant qu'animal de laboratoire. Ici, rien de tout cela, le cuy est &eacute;lev&eacute; pour sa chair tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;e. Leur poids peut atteindre 4kg! A l'&eacute;tat sauvage, ces animaux ont un poil marron, long et boucl&eacute;. <BR>Dans ce quartier campagnard, en limite de la ville, sur des terrasses de culture d'origine andine, on peut voir des paysannes en train de mettre de l'engrais &agrave; une culture (peut-&ecirc;tre du quinoa).<BR> Il est l'heure de manger et pour cela nous nous rendons dans une picanteria, le restaurant Sol de Mayo (&quot;soleil de mai&quot;, enfin pas tout &agrave; fait encore). On y mangera d'abord du fromage pan&eacute; (genre feta) ou du poivron farci accompagn&eacute; de gratin de pommes de terre. Puis on passera au plat de r&eacute;sistance, le cuy chactao, plat typique de la cuisine p&eacute;ruvienne, plus pr&eacute;cis&eacute;ment de la r&eacute;gion d'Arequipa. Le cuy est frit dans l'huile et pr&eacute;sent&eacute; entier sur l'assiette accompagn&eacute; de pomme de terre et &eacute;ventuellement d'autres l&eacute;gumes (ma&iuml;s). Quant &agrave; ceux qui refusent l'aventure, on leur sert du cochon de lait ou du calamar frit. Pour finir, corbeille de fruits (pommes, poires et bananes). Bref, pas tant de picante, de piment, que cela....<BR> Un court trajet nous conduit au coeur du quartier de Yanahuara, agr&eacute;able quartier r&eacute;sidentiel. Sur une place bord&eacute;e d'arcades qui ouvrent une perspective sur la ville et sur le Misti, malheureusement tr&egrave;s embrum&eacute;, se dresse l'&eacute;glise San Juan Bautista. <BR> <BR>A droite du portail se dresse une Croix de la Passion ou croix des outrages avec &eacute;chelle, clous, marteau, tenailles, voile avec la t&ecirc;te du Christ couronn&eacute; d&#146;&eacute;pines, lance, pique avec une &eacute;ponge, cruche, etc pratiquement identique &agrave; celles que l'on peut voir dans certaines r&eacute;gions de France, par exemple &agrave; St V&eacute;ran. On en verra plusieurs autres exemples pendant notre circuit. <BR>C'est un quartier habit&eacute; par les classe moyennes et qui accueille banques et bureaux. Les festivit&eacute;s du Carnaval se terminant, on y croise un groupe de musiciens qui nous offre une petite aubade tandis qu'une jeune p&eacute;ruvienne nous invite &agrave; la danse. Tout &agrave; c&ocirc;t&eacute;, deux femmes d&eacute;guis&eacute;es accaparent la rue (tranquille au demeurant). </P><p align=justify>Notre guide locale nous quitte apr&egrave;s le retour en centre ville.<BR> </P><p align=justify>March&eacute; San Camilo<BR> Avec Carlos nous allons visiter l'&eacute;glise San Francisco, toujours non loin de l'h&ocirc;tel. Cette &eacute;glise du XVIe s. se distingue par la sobri&eacute;t&eacute; de son portail en brique. En revanche, son autel en argent est impressionnant. On y v&eacute;n&egrave;re la Vierge dans diff&eacute;rentes d&eacute;clinaisons plus ou moins larmoyantes y compris Nuestra Se&ntilde;ora de Guadalupe, patronne du Mexique.<BR> Toujours &agrave; pied et avec Carlos nous nous rendons au pittoresque march&eacute; de San Camilo distant d'un bon kilom&egrave;tre, en passant au pied de l'&eacute;gise Santo Domingo. De l'&eacute;difice du XVIIes.s ne subsistent que la tour et un portail. </P><p align=justify>Au march&eacute;, nous trouvons des &eacute;tals proposant des g&acirc;teaux &agrave; la cr&egrave;me multicolores, des cierges, des plantes m&eacute;dicinales, de la charcuterie avec toutes sortes de saucisses et d'abats de porc (couenne, pieds, museaux), des boucheries &eacute;galement avec leurs abats (tripes, testicules de taureaux), des volaillers, marchandes de fromages, mais surtout une grande quantit&eacute; d'&eacute;tals de fruits et de l&eacute;gumes la plupart originaire d'Am&eacute;rique. On y voit des sortes de potirons verts &agrave; grosse peau, les fameuses et grosses olives de Yauca jaunes, vertes, rouges et les huiles, du riz, des haricots et des f&egrave;ves (l&eacute;gumineuse originaire d'Asie introduite par les colons espagnols), du ma&iuml;s tr&egrave;s vari&eacute; en taille et couleur de grain, des pommes de terre de toutes sorte et d'autres tubercules que nous ne connaissons pas en Occident, notamment du type oca et ulluco.</P><p align=justify>La culture du ma&iuml;s est apparue dans les Andes aux environs de 4000 ans avant J-C, diffus&eacute; par les divers peuples am&eacute;rindiens depuis le Mexique. On peut rencontrer sa culture jusqu'&agrave; 40000m. sachant que l'on recense un peu plus de 250 vari&eacute;t&eacute;s dans le pays.<BR>Les pommes de terre, ici les fameuses papas ou patatas qui sont la grande contribution andine &agrave; la nourriture de l'humanit&eacute; et certaines vari&eacute;t&eacute;s poussent jusqu'&agrave; 600m d'altitude. Ici la culture de cette plante end&eacute;mique a commenc&eacute; il y a 8000 ans. Ce n'est donc pas sans raison que le Centre International de la Patate ait &eacute;t&eacute; install&eacute; &agrave; Lima en 1971. Sa banque de semence conserve 5000 vari&eacute;t&eacute;s de pommes de terre (dont pr&egrave;s de 1500 (ou 2500?) vari&eacute;t&eacute;s sont cultiv&eacute;es dans le pays), 6500 vari&eacute;t&eacute;s de patates douces et 1300 vari&eacute;t&eacute;s de divers tubercules alimentaires andins (notamment oca et ullucos).<BR>Certaines pommes de terre ressemblent &agrave; celles que nous connaissons, d'autres pas. L'amarilla, la pomme de terre jaune du P&eacute;rou est la plus appr&eacute;ci&eacute;e. On voit aussi la Compis de couleur rose, la Wairo violette aux yeux profonds, la noire (!)... <BR>Et il ya aussi les pommes de terre d&eacute;shydrat&eacute;es... C'est le seul moyen de rendre comestibles les pommes de terre am&egrave;res (papas amargas), les seules qu'il est possible de cultiver en haute altitude car elles r&eacute;sistent au gel. Mais sans la d&eacute;shydratation, elles seraient toxiques. <BR>La noire d&eacute;shydrat&eacute;e ou chu&ntilde;o que l'on obtient en pr&eacute;sentant au gel nocturne intense de l'hiver austral pendant une demi semaine &agrave; une semaine des tubercules &agrave; chair jaune puis &agrave; presser la chair d&eacute;congel&eacute;e pour extraire le jus et enfin les tubercules se d&eacute;shydratent compl&egrave;tement par exposition au soleil. Quant aux pommes de terre blanches, d&eacute;shydrat&eacute;es &eacute;galement, on les appelle moraya ou chu&ntilde;o blanco. Le processus est un peu diff&eacute;rent, la p&eacute;riode d'exposition aux gel&eacute;es dure 3 ou 4 semaine et dans la journ&eacute;e, les tubercules sont abrit&eacute;s de l'ardeur du soleil avec de la paille avant de subir l'exposition directe au soleil pendant une semaine. Enfin, elles sont &eacute;pluch&eacute;es en les lavant plusieurs fois et en les frottant avec les mains... Ces techniques de d&eacute;shydratation sont pratiqu&eacute;es depuis 3500 ans.<BR>Les pommes de terre sont tr&egrave;s riches en eau, si bien que d&eacute;shydrat&eacute;es elles perdent 99% de leur poids! Le chu&ntilde;o sert d'ingr&eacute;dient pour les entr&eacute;es, les plats de r&eacute;sistance et les desserts.<BR>Les ocas (de la m&ecirc;me famille que les oxalis) poussent entre 2000 et 4000m. Tr&egrave;s pr&eacute;sente dans les Andes p&eacute;ruviennes, cette plante &agrave; tubercules r&eacute;siste assez bien au froid. Leur culture a commenc&eacute; il y a environ 8000 ans avant J-C. Les tubercules expos&eacute;s au soleil s'enrichissent en sucre. Ils peuvent &ecirc;tre d&eacute;shydrat&eacute;s, r&eacute;duite en farine ou utilis&eacute;s en fermentation. <BR>Les ullucos ou ollucos (appartenant &agrave; une famille botanique cousine des ocas). Les tubercules de cette plante sont &eacute;galement connus depuis la m&ecirc;me &eacute;poque que les pr&eacute;c&eacute;dents. La plante exige des sols riches. La chair et la saveur ressemblent &agrave; ceux de la pomme de terre mais avec une pointe d'acidit&eacute; rappelant l'oseille. On l'utilise dans les plats en sauce, des soupes, frais ou d&eacute;shydrat&eacute;. On lui pr&ecirc;te aussi un pouvoir m&eacute;dicinal contre les rhumatismes.<BR> <BR>Des boulangers pr&eacute;sentent aussi de grosses brioches et aussi des guaguas de pan en forme d'enfant, d&eacute;cor&eacute; avec du sucre color&eacute;, viennoiserie particuli&egrave;rement &agrave; l'honneur &agrave; la Toussaint mais aussi &agrave; No&euml;l, lors de Carnaval et lors de f&ecirc;tes traditionnelles.<BR>On y trouve encore des v&ecirc;tements, des tissus, des stands vendant des herbes, des bijoux, des flacons de parfums, d&#146;encens ou encore d&#146;huiles essentielles et plantes m&eacute;dicinales et magiques (soignant circulation du sang, manque d&#146;argent, chagrin d&#146;amour, probl&egrave;mes de mariage...).<BR>Nous envisagions de faire une visite du mus&eacute;e mais heureusement, renseignement pris avant d'y entr&eacute;s, nous avons appris que sa pi&egrave;ce vedette, Juanita, &eacute;tait absente. Cette momie d'une jeune fille de douze ou treize ans fut d&eacute;couverte en 1995 par Johan Reinhard dans la glace au sommet du volcan Ampato. D'ascendance noble cuzqu&eacute;enne, elle fut sacrifi&eacute;e il y a quelques 500 ans afin d'apaiser le volcan.<BR>Chez les INCAS, les sacrifices humains ne se faisaient que lors de p&eacute;riodes de grands troubles, par exemple lorsque l'Inca &eacute;tait malade ou mort ou lors de catastrophes naturelles. L'objectif &eacute;tait alors d'apaiser les dieux.<BR>Les personnes, hommes, femmes ou enfants offerts en sacrifice devaient &ecirc;tre en bonne condition physique et de parfaite constitution. Avant le sacrifice, le sacrifi&eacute; buvait de la chicha (alcool) pour att&eacute;nuer la perception de ses sens. Dans de nombreux cas, il &eacute;tait ensuite enterr&eacute; vivant. Pour l'honorer, les pr&ecirc;tres conduisaient des c&eacute;r&eacute;monies qui l'accompagnaient tandis que son esprit quittait la terre. Parmi les jeunes filles choisies dans chaque province pour &ecirc;tre femmes choisies, une partie &eacute;tait destin&eacute;e &agrave; &ecirc;tre sacrifi&eacute;e.<BR>Ce genre de rites ne peut &ecirc;tre compar&eacute; aux sacrifices de masse pratiqu&eacute;s par les Azt&egrave;ques au Mexique.<BR> La journ&eacute;e se termine dans un restaurant du centre ville, le Zingaro: velout&eacute; de ma&iuml;s, steak frites et glace &agrave; la praline accompagn&eacute;e de pomme flamb&eacute;e. Restaurant reconnu mais pour un menu qui n'a rien de typique... <BR> <BR>Une journ&eacute;e suppl&eacute;mentaire dans la r&eacute;gion d'Arequipa serait n&eacute;cessaire pour visiter le Canyon de Colca. Distant de 180km, il faut 4h pour s'y rendre et cela n&eacute;cessite de passer un tr&egrave;s haut col &agrave; 4700m d'altitude.<BR>Le canyon s'&eacute;tend sur une centaine de kilom&egrave;tres et sa profondeur d&eacute;passe 3000m. Mais il a plus l'allure d'une profonde vall&eacute;e habit&eacute;e que d'une gorge aux falaises hostiles.<BR>C'est le refuge des majestueux condors tout noirs sauf une collerette de plumes blanches &agrave; la base du cou. Le condor est l'un des animaux embl&eacute;matique du P&eacute;rou comme la chanson universellement connue &quot;El condor pasa&quot; en t&eacute;moigne (elle fut compos&eacute;e en 1913)... Ces charognards sont les plus grands oiseaux du nouveau monde avec une envergure d&eacute;passant les 3m. et un poids pouvant d&eacute;passer les 10kg. Utilisant les courants ascendants, il peut monter jusqu'&agrave; 5000m et planer pendant des centaines de kilom&egrave;tres. Il ne faut pas les confondre avec l'urubu &agrave; t&ecirc;te rouge que nous avons vu sur la c&ocirc;te m&ecirc;me s'ils appartiennent &agrave; la m&ecirc;me famille car l'urubu est beaucoup plus petit (moins de 2m d'envergure et un poids d'environ 1,5kg). <BR>_____________________<BR>EQUECO ou EKEKO<BR>(IQIQU en langue aymara, EKJAKJO en quechua)<BR>et autres f&eacute;tiches... </P><p align=justify>C'est le dieu de l'abondance, de la fertilit&eacute; et de la joie d'origine aymara ou Colla. <BR>L'origine de ces figurines remonte &agrave; la Culture Tiahuanaco ou Tiwanaku (centr&eacute;e en Bolivie), pass&eacute;e aux Aymaras et enfin adopt&eacute;e par les Incas. Son culte &eacute;tait associ&eacute; aux f&ecirc;tes du solstice d'&eacute;t&eacute; austral. En or, en terre cuite ou en pierre, il se pr&eacute;sentait alors sous les traits d'un Indien nu et bossu et avec un phallus bien apparent, indispensable symbole de la fertilit&eacute;. L'Eglise dans sa lutte pour &eacute;radiquer le paganisme a r&eacute;am&eacute;nager le personnage, du moins au niveau de l'apparence: il a des traits de m&eacute;tis ...habill&eacute;.<BR>Il se pr&eacute;sente donc d&eacute;sormais sous forme d'un personnage moustachu et souriant, avec un peu d'embonpoint, habill&eacute; de v&ecirc;tements typiques des hautes terres (bonnet, poncho) et il est souvent en vulgaire pl&acirc;tre peint. Il en existe des versions en mod&egrave;les r&eacute;duits sous forme de pendentifs ou de porte-cl&eacute;s. Il porte accroch&eacute; &agrave; ses v&ecirc;tements un symbole de tous les biens mat&eacute;riels qu'on peut imaginer: maison, sachets de graines, nourriture, maison, voiture et faux billets (dollars!). Si l'on souhaite de l'amour, il faut lui accrocher une figurine de coq ou poule (!). <BR>Une fois l'an, on glisse une cigarette allum&eacute;e dans sa bouche ouverte et elle doit se consumer compl&egrave;tement pour &ecirc;tre un heureux pr&eacute;sage.</P><p align=justify>Aux anciennes croyances se superpose une l&eacute;gende romantique qui remonte au si&egrave;ge de La Paz par des Indiens r&eacute;volt&eacute;s conduits par T&uacute;pac Katari contre les colons espagnols en 1781. Paulita Tintaya &eacute;tait amoureuse depuis toujours d'un gar&ccedil;on de son village, Isidoro Choquewanca. Elle avait d&ucirc; partir travailler &agrave; la ville mais avant son d&eacute;part Isidoro lui avait remis un Ekeko que Paulita pla&ccedil;a &agrave; l'ext&eacute;rieur de la maison de ses ma&icirc;tres. Enr&ocirc;l&eacute; dans l'arm&eacute;e indig&egrave;ne assi&eacute;geante, Isidoro, retrouva cette maison et d&eacute;posa secr&egrave;tement chaque semaine de la nourriture pr&egrave;s de la statue, ce qui permis &agrave; sa bien-aim&eacute;e de ne pas mourir de famine...</P><p align=justify>Ekeko est c&eacute;l&eacute;br&eacute; en Bolivie, non plus au solstice, mais le 24 janvier lors du Festival Alasitas. Dans d'autres r&eacute;gions des Andes, il est f&ecirc;t&eacute; en octobre, &agrave; l'occasion des festivals de printemps.</P><p align=justify>...et autres f&eacute;tiches p&eacute;ruviens...</P><p align=justify>On trouve sur les march&eacute;s des foetus de lama dess&eacute;ch&eacute;s. En offrande &agrave; la Pachamama, la d&eacute;esse-terre, n les enterre pour &eacute;loigner le mauvais sort des maisons ou dans un champ pour favoriser les bonnes r&eacute;coltes.</P><p align=justify>Quant aux paires de taureaux en c&eacute;ramique encadrant une la Croix de la Passion ou croix des outrages, apport colonial int&eacute;gr&eacute; par les Indiens, ils ont aussi le pouvoir d'attirer la r&eacute;ussite. Ils sont signes de force et de fertilit&eacute;.<BR>_________________________________<BR>En quittant AREQUIPA, aux lueurs de l'aube (6h30), derniers regards sur la ville et sur les montagnes qui l'entourent de la terrasse de l'h&ocirc;tel puis du bus qui prend la direction du nord-est, vers Puno, &agrave; travers la R&eacute;serve Naturelle de Salinas et Aguada Blanca.</P><p align=justify>A la sortie de la ville, les ouvriers cherchant l'embauche &agrave; la journ&eacute;e se rassemblent &agrave; certains carrefours tandis qu'un peu plus loin encore on voit les bidonvilles partir &agrave; l'assaut des pentes puis bient&ocirc;t remplac&eacute;s par des cactus cierges et par endroit par des lupins &agrave; fleurs bleues, une gramin&eacute;e end&eacute;mique (les graines de certaines vari&eacute;t&eacute;s ne sont pas comestibles). </P><p align=justify>Cette fois, c'est parti pour la haute altitude et il convient de compl&eacute;ter la pr&eacute;paration que nous avons commenc&eacute;es en absorbant quelques mate de coca &agrave; l'h&ocirc;tel. C'est une infusion soit de feuilles soit de poudre de feuille, et qui a un pouvoir &eacute;nergisant comme le th&eacute; et le caf&eacute; et qui est sens&eacute;e att&eacute;nuer le mal aigu des montagnes (&eacute;galement pour faciliter la digestion, att&eacute;nuer la fatigue physique...). Rien &agrave; voir avec la coca&iuml;ne!<BR>Il faut savoir que pour obtenir un gramme de coca&iuml;ne pure (les trafiquants de drogue fournissent souvent un produit qui en contient moins de 35%), il faut utiliser un kilo de feuilles et une dr&ocirc;le de chimie peu rago&ucirc;tante utilisant du k&eacute;ros&egrave;ne, de l'acide chlorhydrique...</P><p align=justify>Carlos nous explique par le menu la fa&ccedil;on de mitonner une bonne prise de coca. Il faut prendre une dizaine de feuilles, y d&eacute;poser un peu de cendre, enrouler le tout et le glisser dans la bouche, en le laissant s'humidifier avant de commencer la mastication. Ca ne vaut pas un chewing-gum et &ccedil;a nous donne plut&ocirc;t l'air de ruminants.</P><p align=justify>Justement &agrave; propos de ruminants, nous avons la chance de voir un groupe non pas de lamas mais plus pr&eacute;cis&eacute;ment des vigognes qui vivent &agrave; l'&eacute;tat sauvage alors m&ecirc;me que nous ne sommes pas encore entr&eacute;s dans la r&eacute;serve. Pr&eacute;cautionneusement et aux aguets, le groupe d'une bonne douzaine d'animaux traverse la route devant notre autobus puis s'en va pa&icirc;tre au bord de la voie ferr&eacute;e toute proche. Le m&acirc;le, chef du harem, se distingue par vigilance et sa queue redress&eacute;e. Leur laine servait &agrave; fabriquer les v&ecirc;tements imp&eacute;riaux des Incas... c'est peu dire. La laine du dos est la plus appr&eacute;ci&eacute;e et son prix au kilo peut atteindre 700$.</P><p align=justify>Il faut faire une distinction entre les diff&eacute;rents cam&eacute;lid&eacute;s sud am&eacute;ricains (pendant un temps, on cru qu ces animaux appartenaient &agrave; la m&ecirc;me famille que les moutons!). <BR>Il y a un million d'ann&eacute;es, avant la s&eacute;paration des continents, &agrave; l'origine les cam&eacute;lid&eacute;s vivaient en Am&eacute;rique du nord d'o&ugrave; ils ont disparu mais ils se sont diffus&eacute;s ici, dans le sud de l'Am&eacute;rique et, surtout sous forme d'animaux plus corpulents, dans l'Ancien Monde, avec les chameaux d'Asie centrale et les dromadaires que l'on trouve de l'Asie m&eacute;ridionale &agrave; l'Afrique de l'Ouest. </P><p align=justify>Ici on a affaire au genre Vicugna alors que dans le genre Lama, on distingue les lamas proprement dits, les guanacos et les alpagas (ou alpacas).<BR>Dans le genre Lama, le lama (Lama Glama) proprement dit, la taille des animaux atteint 1,20m &agrave; l'encolure et l'animal peut peser 150kg.Les lamas vivent en harem compos&eacute;s de 6 femelles. La gestation dure 12 mois et la mise bas est annuelle. C'est un animal de b&acirc;t qui refuse tout service au-del&agrave; d'une charge de 30kg. Le lama est surtout pr&eacute;sent en Bolivie. Sa chair est consomm&eacute;e.<BR>L'alpaga est plus petit que le lama mais est &eacute;galement domestiqu&eacute; pour l'int&eacute;r&ecirc;t que repr&eacute;sente sa laine. Il vit sur les hauts plateaux andins dans les zones humides. Leurs harems sont compos&eacute;s de 5 &agrave; 10 femelles. La gestation dure entre 8 et 12 mois (!). Nous allons en rencontrer peu apr&egrave;s. Utilis&eacute; avant tout pour sa laine, on consomme aussi sa viande, une viande blanche maigre (0% de cholest&eacute;rol).<BR>Le genre guanaco est devenu rare au sud du P&eacute;rou mais on le rencontre jusqu'&agrave; la Terre de Feu (Argentine et Chili). C'est un animal sauvage, de taille assez comparable au lama mais avec des pattes et un cou plus fin. La gestation dure 11 mois et la mise bas &agrave; lieu en f&eacute;vrier.</P><p align=justify>Maintenant, parlons plus en d&eacute;tail de nos vedettes du genre Vicugna.<BR>La vigogne est plus &eacute;l&eacute;gante (en g&eacute;n&eacute;ral moins de 1m au garrot pour 50kg) que les lamas, avec un long cou, un museau fin, des oreilles et pattes fines et pointues, le dos de couleur fauve et le ventre blanc... Elle vit sur les hauts plateaux andins dans les zones humides. La gestation durant de 11 &agrave; 13 mois (!), ce n'est donc que tout les deux ans que les femelles mettent bas pendant la saison des pluies, de d&eacute;cembre &agrave; mars. La chair a un go&ucirc;t tr&egrave;s fort ce qui n'emp&ecirc;chait pas la chasse car le but &eacute;tait de prendre sa laine, plus douce que celle de l'alpaga. De 1,5 million de t&ecirc;tes &agrave; l'&eacute;poque inca, la population est aujourd'hui 10 fois moindre. D&eacute;sormais seules certaines communaut&eacute;s conservent un droit de battue avec un pi&egrave;ge cl&ocirc;tur&eacute; pour effectuer la tonte, les animaux &eacute;tant ensuite rel&acirc;ch&eacute;s.<BR>Tous genres de cam&eacute;lid&eacute;s confondus, on compte 2 millions de t&ecirc;tes au P&eacute;rou et ils se nourrissent d'une gramin&eacute;e sauvage, l'ichu.</P><p align=justify>C'est apr&egrave;s cette superbe rencontre que des panneaux nous indiquent la possible pr&eacute;sence de ces animaux puis nous arrivons au d&eacute;but de la r&eacute;serve, &agrave; l'altitude de d&eacute;j&agrave; 4268m. Tout va bien encore!</P><p align=justify>Une demi heure plus tard, c'est un troupeau d'alpagas que nous avons l'occasion d'observer. Cette fois, il s'agit d'animaux domestiques puisque l'on voit un berger et son chien. Cette vari&eacute;t&eacute; de lamas est douce et calme, s'accommodant tr&egrave;s bien de la compagnie de l'homme, pouvant presque &ecirc;tre un animal de compagnie ou d'ornement. La fibre de sa laine est beaucoup plus appr&eacute;ci&eacute;e que celle de mouton et se pr&eacute;sente naturellement dans une cinquantaine de coloris naturels. Comme, les animaux ne sont pas syst&eacute;matiquement tondus tous les ans, leur &eacute;paisse fourrure fait que certains ressemblent &agrave; des moutons.<BR>Cet animal peut cracher sur ses cong&eacute;n&egrave;res, voire sur des humains, une mixture acide de broyat d'herbes provenant de son estomac.</P><p align=justify>Trois quarts d'heure plus tard, nous arrivons au col de Crucero Alto &agrave; 4528m.</P><p align=justify>A l'horizon apparaissent des sommets enneig&eacute;s, la v&eacute;g&eacute;tation plus maigre et cependant toujours des troupeaux d'alpagas, des collines sur les flancs desquels se dessinent des enclos de pierre s&egrave;che, et des lacs o&ugrave; l'on peut voir quelques flamands roses.</P><p align=justify>Le froid se fait plus vif, si l'on en juge aux plaques de neige qui apparaissent &ccedil;&agrave; et l&agrave;, de15&deg; on est descendu &agrave; 5&deg;. Il fait franchement froid &agrave; 4174m. lors de l'arr&ecirc;t au Mirador Edouardo Sanchez qui domine un lac artificiel de 66km&sup2; destin&eacute; &agrave; irriguer 30 000 ha.<BR>Le mal des montagnes ne semble pas encore trop nous affecter, &agrave; part certains qui ressentent une sorte de vertige ou qui ont le souffle un peu court.</P><p align=justify>Poursuivant notre descente, aux troupeaux d'alpagas nous voyons s'ajouter quelques petits troupeaux de vaches. Quelques fermes isol&eacute;es pr&eacute;c&egrave;dent la station de pesage de Santa Lucia, un petit village aux maisons basses, construites en adobe (brique de terre crue) avec une couverture de roseaux de plus en plus souvent remplac&eacute;e par des t&ocirc;les... qui se voient de loin. Dans ce village se croisent la route de Puno et une voie ferr&eacute;e. <BR>C'est une r&eacute;gion o&ugrave; s'effectuent les &eacute;changes entre les &eacute;leveurs et les cultivateurs des hauts plateaux en vue de l'hiver austral: viande s&eacute;ch&eacute;, pommes de terre d&eacute;shydrat&eacute;es.</P><p align=justify>Toujours sous un ciel plomb&eacute;, avec quelques petits interstices d'azur, nous arrivons dans une r&eacute;gion o&ugrave; l'on voit de parcelles couvertes de fleurs jaunes (plants de moutarde servant de fourrage ?), des cultures de quinoa, de pommes de terre aux fleurs bleut&eacute;es, de f&egrave;ves. Autres cultures vivri&egrave;res: petits pois, bl&eacute;, oignon, ail et carottes d&egrave;s lors que des microclimats y sont favorables.<BR>Les fermes et les villages sont plus nombreux. Cela ne doit pas faire illusion car nous sommes l&agrave; dans l'une des r&eacute;gions les plus pauvres du P&eacute;rou.</P><p align=justify>Vers 11h30, nous passons pr&egrave;s de briqueteries artisanales et un quart d'heure plus tard nous entrons dans une ville &agrave; l'allure de far-west, Juliaca. Une ville de 220 000 habitants qui a pouss&eacute; sans aucun contr&ocirc;le de l'urbanisme, sans infrastructures (il faut les mettre en place apr&egrave;s coup) comme en t&eacute;moigne la vue des rues. Cette capitale d'une petite province de la r&eacute;gion de Puno profite de l'existence de la voie ferr&eacute;e et de l'a&eacute;roport &agrave; partir duquel on peut se rendre au Lac Titicaca.</P><p align=justify>Nous d&eacute;jeunons &agrave; l'&eacute;tage de l'un des h&ocirc;tel Suites Don Carlos &agrave; Juliaca o&ugrave; l'on nous sert un potage de l&eacute;gumes et une truite saumon&eacute;e (ce poisson abonde dans les Andes) pan&eacute;e et accompagn&eacute;e de l&eacute;gumes cuits &agrave; la vapeur.</P><p align=justify>Visites de la n&eacute;cropole de Sillustani * et d'une maison de paysans</P><p align=justify>Nous reprenons la route &agrave; 13 heures, accompagn&eacute;s par une jeune guide d'origine aymara, Anna. L'ethnie aymara r&eacute;side dans la r&eacute;gion du Lac Titicaca: 10% au P&eacute;rou tandis que 90% vit en Bolivie.</P><p align=justify>Quand ce n'est pas une propagande &eacute;lectorale qui est envahissante, c'est la publicit&eacute; commerciale qui s'insinue partout. L'Inca Kola offre un kiosque &agrave; l'agent de police de la circulation. Heureusement, il s'agit d'une boisson sans alcool et m&ecirc;me sans coca!<BR>L'Inca Kola est une boisson gazeuse apparue au P&eacute;rou dans les ann&eacute;es 1930, en reprenant en partie la recette d'une ancienne boisson indienne &agrave; base d'une plante du genre de la verveine, l'&quot;Hierba Luisa&quot;. Bien que rachet&eacute;e par Coca-Cola en 1999, cela reste la boisson gazeuse nationale au P&eacute;rou. </P><p align=justify>Toujours le m&ecirc;me ciel m&ecirc;lant azur et des nuages qui semblent tout proches de nous, disons plut&ocirc;t que c'est nous qui sommes proches d'eux... Nous empruntons pour un petit moment une route qui relie le P&eacute;rou (et m&ecirc;me la Bolivie) au Br&eacute;sil, via l'Amazonie.<BR>Toujours le m&ecirc;me paysage avec les cultures vues pr&eacute;c&eacute;demment jusqu'&agrave; ce que nous arrivions dans un secteur de petites fermes coquettes, avec leurs murs de pierre ou d'adobe, leur toitures de roseaux et un mur avec un protail surmont&eacute; d'un arc donnant acc&egrave;s &agrave; une cour int&eacute;rieure. Quelques habitant(e)s se tiennent devant ce portail, souvent en compagnie de lamas ou d'alpagas... Rien de bien naturel &agrave; tout cela! Ca sent la d&eacute;rive touristique &agrave; plein nez. <BR>Effectivement, quelques minutes plus tard nous arrivons au village qui s'&eacute;tend au pied d'une sorte de colline (comment dire lorsque l'on est &agrave; pr&egrave;s de 4000m. ?) formant une presqu'&icirc;le du Lac Umayo. Il est manifeste que la vie de ce secteur va de plus en plus reposer sur le tourisme comme en t&eacute;moignent les travaux de pavage d'une rue qui conduira au site. En attendant notre cheminement est plus chaotique mais non d&eacute;ni&eacute; d'attrait car nous passons par des petits champs, jardins et arri&egrave;res de maisons...</P><p align=justify>Au pied de la n&eacute;cropole pr&eacute;-inca, plus pr&eacute;cis&eacute;ment au pied de la Tumba del Lagardo (&quot;la tombe au l&eacute;zard&quot;), on peut voir les vestiges d'une construction basse circulaire qui ferait penser &agrave; un chemin de meule ou &agrave; un cromlech de chez nous. C'&eacute;tait probablement un dispositif astronomique. </P><p align=justify>Cette n&eacute;cropole se distingue par ses tours fun&eacute;raires, les chullpas ou ayahuasis o&ugrave; l'on pla&ccedil;ait les momies des nobles des Collas (ou Coyas), tribus de guerriers descendant de la grande civilisation de Tiahuacano qui s'&eacute;tait &eacute;panouie dans toute la r&eacute;gion du Lac Titicaca avant qu'elle soit supplant&eacute;e par les Incas. Elles ont &eacute;t&eacute; construites entre 1200 et 1535.<BR>On faisait entrer la momie par une ouverture situ&eacute;e &agrave; la base de la tour et orient&eacute;e &agrave; l'est, direction du soleil levant qui dans toutes les civilisations anciennes symbolise la renaissance ou la r&eacute;incarnation. Chaque tour pouvait recevoir jusqu'&agrave; une dizaine de momies d'une famille.<BR>On d&eacute;nombre une quarantaine de chullpas plus ou moins en bon &eacute;tat et certains s'&eacute;l&egrave;vent jusqu'&agrave; 12m de haut. De forme curieusement &eacute;vas&eacute;e, ces tours sont constitu&eacute;es de blocs d'une pierre &agrave; grains, polis et parfaitement assembl&eacute;s. </P><p align=justify>Il est un peu plus de 15h lorsque nous quittons le site sous un ciel qui se fait franchement mena&ccedil;ant et d'o&ugrave; ne tardent pas &agrave; tomber bient&ocirc;t quelques grosses gouttes...</P><p align=justify>Environ 5 minutes de bus et nous nous arr&ecirc;tons pour visiter l'une de ces fermes-&eacute;comus&eacute;es devant laquelle nous attendent un p&egrave;re de famille, une fillette ainsi qu'une m&eacute;nagerie avec trois lamas adultes (dont un alpaga?) et deux jeunes dont l'un qui t&ecirc;te sa m&egrave;re.</P><p align=justify>Le portail donnant acc&egrave;s &agrave; la cour est surmont&eacute; par le porte bonheur traditionnel, &eacute;galement souvent pr&eacute;sent sur le fa&icirc;tage des maisons, un couple de taureaux, signes de fertilit&eacute;. Tr&egrave;s souvent, chez les catholiques, entre les deux animaux, on ajoute une croix de passion ou croix des outrages (avec l'&eacute;chelle, la lance,etc) en miniature (on en a vu une grande sur le parvis d'une &eacute;glise &agrave; Arequipa et on en verra d'autres &agrave; Puno ou &agrave; Cuzco notamment). Ce genre de f&eacute;tiche est donc de tradition postcoloniale puisque les boeufs tout comme la croix ont &eacute;t&eacute; introduits par les Espagnols.</P><p align=justify>La visite en une vingtaine de minutes n'en est cependant pas inint&eacute;ressante. Deux petites constructions en pierre et couvertes de roseaux servent l'une de chambre et l'autre de cuisine bien qu'une partie de celle-ci se fasse en plein air, ce qui est plus commode pour &eacute;vacuer la fum&eacute;e. </P><p align=justify>Le p&egrave;re semble pratiquer le tissage tandis que sa femme file la laine. Des petites pi&egrave;ces tiss&eacute;es en laines de couleur naturelle allant du blanc au marron fonc&eacute; sont expos&eacute;es. Les sujets sont repr&eacute;sent&eacute;s de fa&ccedil;on na&iuml;ve: maisons, lamas, chullpas et encadr&eacute;s de motifs g&eacute;om&eacute;triques. Une femme plus &acirc;g&eacute;e s'aff&egrave;re aupr&egrave;s du feu. Quatre enfants jouent autour de nous. Il ne faudrait pas oublier la maison miniature qu'habitent les cuys, les fameux cochons d'Inde. Sur les murs ext&eacute;rieurs sont accroch&eacute;es diff&eacute;rentes herbes s&egrave;ches ainsi qu'un bocal d'alcool dans lequel on peut voir un serpent blanc. Nous n'aurons pas d'offre de d&eacute;gustation... Ouf! Tandis que le ciel est noir d'encre et que le tonnerre se fait de plus en plus proche, sur un muret au centre de la cour, on nous pr&eacute;sente les l&eacute;gumes traditionnels: diff&eacute;rentes graines (quinoa, haricots...), diff&eacute;rentes couleurs et formes de pommes de terre fra&icirc;ches (on en compte 2500 vari&eacute;t&eacute;s au P&eacute;rou!) ou d&eacute;shydrat&eacute;es noires (chu&ntilde;o) ou blanches (moraya) ou autres tubercules (ulluco).</P><p align=justify>A peine a-t-on repris le bus, que la pluie se met &agrave; tomber tr&egrave;s s&eacute;rieusement et nous accompagne jusqu'&agrave; Puno o&ugrave; nous arrivons apr&egrave;s 16h.</P><p align=justify>PUNO (120 000 habitant, 3827m. d'altitude), visite aux Uros du LAC TITICACA</P><p align=justify>La ville fond&eacute;e en 1666 s'est d&eacute;velopp&eacute;e gr&acirc;ce aux mines d'argent. La r&eacute;gion est entour&eacute;e au loin (20 &agrave; 30km) de cha&icirc;nes de montagnes de tous c&ocirc;t&eacute;s.<BR>C'est &agrave; partir de cette ville que Tupac Amaru II lan&ccedil;a sa r&eacute;volte contre les Espagnols en 1780. Deux anciennes civilisations indiennes s'&eacute;taient &eacute;tablies dans cette r&eacute;gion, celle de Pukara de 250 ans av. J-C &agrave; 380 de notre &egrave;re puis, de 500 &agrave; 900 de notre &egrave;re, la grande civilisation de Tiahuacano qui rayonna sur tout les sud du P&eacute;rou et sur la Bolivie. Ils furent remplac&eacute;s par les Collas (ou Coyas), parlant le aymara, bient&ocirc;t supplant&eacute;s par les Incas...Les rives du lac &eacute;taient habit&eacute;es par les Uros parlant l'iru-utu, une population m&eacute;pris&eacute;e des autres cultures et qui a pratiquement disparu au milieu du XXe s. par l'exode et sa fusion dans le creuset d&eacute;mographique p&eacute;ruvien. Les quechuas qui r&eacute;sident sur les iles Taquile et Amantani, &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres plus loin, au coeur du lac, se diff&eacute;renciaient des modestes Uros en ce qu' ils s'enorgueillissent de la tradition qui veut que les fondateurs de l'Empire Inca surgirent du lac.</P><p align=justify>Je ne me suis gu&egrave;re attard&eacute; sur le mal des montagnes, appel&eacute; ici le soroche, pourtant il serait bon d'en dire quelques mots. D'ailleurs la bouteille d'oxyg&egrave;ne que je vois dans un coin du hall de l'h&ocirc;tel La Hacienda m'y incite.</P><p align=justify>Le MAM (non, pas &quot;la MAM&quot; de chez nous!) ou mal aigu des montagnes touche d&eacute;j&agrave; 15% des personnes non acclimat&eacute;es &agrave; l'altitude d&egrave;s 200m et la proportion s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; pr&egrave;s des deux tiers lorsqu'on est &agrave; 4000m ce qui se confirme dans notre groupe car certains compagnons de voyage sont d&eacute;j&agrave; touch&eacute;s depuis le milieu de la journ&eacute;e...</P><p align=justify>Les sympt&ocirc;mes du MAM sont variables dans leur forme, leur intensit&eacute; ou leur cumul: maux de t&ecirc;te, vertiges et &eacute;tourdissements, crampes dans les mollets, insomnie, fatigue, perte d'app&eacute;tit, naus&eacute;es et vomissements... Ils disparaissent &eacute;galement dans un d&eacute;lai variable, 24h &agrave; quelques jours. Dans les cas les plus graves, au-del&agrave; de 5000m, la personne peut faire un &#156;d&egrave;me pulmonaire voire un &#156;d&egrave;me c&eacute;r&eacute;bral. Ces maux sont dus &agrave; la rar&eacute;faction de l'oxyg&egrave;ne apport&eacute; aux cellules du cerveau. Pour compenser, les rythmes respiratoire et cardiaque deviennent plus rapides mais cela ne suffit pas toujours, d'o&ugrave; ces maux et malaises divers qui se manifestent au bout de quelques heures (dans les 24 &agrave; 36h). </P><p align=justify><BR>Pour ma part, je me pensais &agrave; l'&eacute;cart de ce probl&egrave;me dans la mesure o&ugrave; j'ai souvent pratiqu&eacute; des randonn&eacute;es et des courses en haute montagne qui m'ont conduit &agrave; plus de 300 voire 4000m (et m&ecirc;me au sommet du Mont Blanc), sans souci de ce c&ocirc;t&eacute; l&agrave;. Il est vrai, que de telles incursions en altitude ne durent que quelques heures. De plus, je prenais r&eacute;guli&egrave;rement mes granules hom&eacute;opathiques de coca depuis plusieurs jours, je buvais tous les jours des mates de coca et j'avais m&acirc;ch&eacute; ce jour des feuilles de coca selonle rituel prescrit.. He bien, malgr&eacute; tout cela, je dois avouer humblement que si tout allait bien depuis le milieu de la matin&eacute;e (l'arriv&eacute;e des 4000m.), depuis la visite de la petite ferme de Sillustani, ce n'est plus le cas. Je ressens de plus en plus fortement un mal de t&ecirc;te qui m'enserre le cr&acirc;ne, de la nuque au front. Pendant trois jours, je devrais le supporter malgr&eacute; quatre prises quotidiennes de 1g de parac&eacute;tamol dont l'effet n'a &eacute;t&eacute; que d'att&eacute;nuer le mal et de fa&ccedil;on tr&egrave;s provisoire (2h environ), ce qui signifie aussi un pi&egrave;tre sommeil. Quant &agrave; l'app&eacute;tit, pour moi pas de probl&egrave;me, ce qui n'&eacute;tait pas le cas de tous. Nos coll&egrave;gues Yvette et Josiane ont pour leur part fait l'exp&eacute;rience de la m&eacute;decine p&eacute;ruvienne. Le m&eacute;decin appel&eacute; en cours de nuit a d&eacute;livr&eacute; des m&eacute;dicaments parfaitement efficaces.<BR>Certrains pr&eacute;conisent la prise d'un m&eacute;dicament pr&eacute;ventif (Diamox) 24 &agrave; 48h avant l'arriv&eacute;e en haute altitude amsi on rencontre des avis contraires (effets secondaires, inefficacit&eacute;).</P><p align=justify>Une pluie fine tombe sur Puno, malgr&eacute; cela et malgr&eacute; le mal de t&ecirc;te, je fais un petit tour en ville puisque notre h&ocirc;tel est en plein centre ville.<BR>Sur la place d'Armes, la cath&eacute;drale dresse sa fa&ccedil;ade de pierre rouge m&ecirc;lant styles Baroque, Renaissance et indig&egrave;nes. Il est difficile d'en appr&eacute;cier les d&eacute;tails en raison de la m&eacute;t&eacute;o et de l'heure (il faudrait la voir le matin, en pleine lumi&egrave;re). Au pied de la tour gauche, on peut voir une Croix de Passion ou croix des outrages. Sur la croix ont &eacute;t&eacute; ajout&eacute;es des &eacute;toles pendant la p&eacute;riode du Car&ecirc;me qui pr&eacute;cis&eacute;ment a commenc&eacute; ce jour, 9 mars, Mercredi des Cendres... L'int&eacute;rieur est beaucoup plus aust&egrave;re, avec des retables en marbre clair et cependant un ma&icirc;tre-autel plaqu&eacute; d'argent.<BR>La nuit est d&eacute;j&agrave; tomb&eacute;e et toujours sous un crachin persistant, je quitte la place o&ugrave; donnent aussi la pr&eacute;fecture et le palais de justice et je poursuis ma promenade en empruntant une rue pi&eacute;tonne Jiron-Lima avec ses boutiques pour touristes jusqu'&agrave; la place Parque Pino. Pr&egrave;s de l&agrave;, San Juan, une &eacute;glise moderne, de style n&eacute;o-gothique dresse l&agrave; ses trois porches tandis qu'un podium a &eacute;t&eacute; install&eacute; pour d&eacute;fendre les candidatures des repr&eacute;sentants du parti Solidaridad Nacional: &Oacute;scar Luis Casta&ntilde;eda (maire de Lima de 2003 &agrave; 2010) pour la pr&eacute;sidence et, localement, Lucio Morales comme repr&eacute;sentant r&eacute;gional au Congr&egrave;s. Musique tonitruante, discours et soudain l'&eacute;trange pr&eacute;sence d'une femme en robe en mati&egrave;re satin&eacute;e de couleur claire et d&eacute;cor&eacute;e de motifs &agrave; fleurs... </P><p align=justify>Il pleuviote toujours, je ne saisis pas tout, je commence &agrave; avoir faim et pourtant j'ai toujours mal au cr&acirc;ne, donc je d&eacute;cide de rentre &agrave; l'h&ocirc;tel &agrave; 18h. On nous y servira de la viande d'alpaga.<BR>Apr&egrave;s une mauvaise nuit en raison de ma c&eacute;phal&eacute;e, nous gagnons l'embarcad&egrave;re pour une petite &quot;croisi&egrave;res&quot; sur le Lac Titicaca, plus pr&eacute;cis&eacute;ment vers les &icirc;les de roseaux des Uros. Il est t&ocirc;t (6h30) et il fait frais (9&deg;). </P><p align=justify>Pour les francophones, on s'amuse souvent &agrave; parler d'un lac enfantin en sous-entendant sa d&eacute;formation en &quot;lac pipi-caca&quot;. Carlos rench&eacute;rit l&agrave;-dessus en disant : &quot;Le P&eacute;rou a la partie pipi. Nous laissons le caca &agrave; nos amis boliviens&quot;. </P><p align=justify>Mais revenons &agrave; des choses s&eacute;rieuses. Le Lac Titicaca, profond de 270m, couvre 8500km&sup2; et un peu plus de la moiti&eacute; de ses eaux appartiennent au P&eacute;rou et le reste &agrave; la Bolivie. Les P&eacute;ruviens y p&ecirc;chent tout particuli&egrave;rement des truites et les Boliviens des perches. C'est le lac le plus long (200km) d'Am&eacute;rique du Sud et le plus haut lac navigable du monde. De mini mar&eacute;es de quelques dizaines de centim&egrave;tres s'y produisent. La temp&eacute;rature de l'eau bien que fra&icirc;che,13&deg;, a un effet d'att&eacute;nuation du froid nocturne et ce microclimat b&eacute;n&eacute;ficie aux zones de cultures du rivage pendant l'hiver austral. Sous un ciel toujours charg&eacute;, notre promenade de deux heures se d&eacute;roule dans la baie de Puno qui repr&eacute;sente &agrave; peine le dixi&egrave;me de la surface du lac lorsque celui-ci est a son niveau le plus haut, comme actuellement o&ugrave; apr&egrave;s des pluies abondantes son niveau s'est accru de 80cm. <BR>Selon la l&eacute;gende, une partie du tr&eacute;sor destin&eacute; a payer la ran&ccedil;on de l'Inca Atahualpa aurait &eacute;t&eacute; jet&eacute;e dans le lac apr&egrave;s que Pizarro eut renier sa promesse de lib&eacute;ration. Le commandant Cousteau commen&ccedil;a quelques vaines recherches dans les ann&eacute;es 1970. On dit aussi que le lac recouvre une cit&eacute; engloutie...</P><p align=justify>Le Lac Titicaca est candidat au classement du site au Patrimoine de l'Humanit&eacute; de l'UNESCO.</P><p align=justify>Au bout d'une vingtaine de minutes de navigation sur un chenal o&ugrave; des Indiens r&eacute;coltent des roseaux ou p&ecirc;chent tandis que des porcs divaguent en libert&eacute;, nous arrivons sur un plan d'eau bord&eacute; par les &eacute;tranges villages des Uros constitu&eacute;s d'une quarantaines d&#146;&icirc;lots occup&eacute;s par quelque 2000 habitants. Mais apr&egrave;s ce que j'ai &eacute;crit en introduction de ce point, peut-on encore parler des Uros? Ce serait abusif. Les habitants des &icirc;les de roseaux sont maintenant des Aymaras, parfois m&eacute;tiss&eacute;s d'Uros, qui exploitent le business touristique et mettent en sc&egrave;ne le mode de vie des Uros. Cette p&eacute;riode n'est peut &ecirc;tre pas id&eacute;ale pour avoir du soleil mais elle pr&eacute;sente au moins l'avantage d'&eacute;viter l'afflux touristique des mois de juillet-ao&ucirc;t.</P><p align=justify>La particularit&eacute; de ces &icirc;les, c'est qu'elles sont artificielles. Elles sont faites d'un assemblage de mottes de roseaux ou plus exactement de quenouilles ou massettes appel&eacute;es ici totoras. Le tout est amarr&eacute;s par des cordages v&eacute;g&eacute;taux sur le fond vaseux, puis recouvert de tiges. Au fur et &agrave; mesure de leur pourrissement, il faut recharger avec des couches de tiges fra&icirc;ches. </P><p align=justify><BR>Nous d&eacute;barquons sur l'&icirc;le pompeusement baptis&eacute;e Corazon del Lago (&quot;coeur du lac&quot;!). Les premiers pas sur la terre pas ferme donnent une curieuse mais pas d&eacute;sagr&eacute;able sensation. <BR>Ici, presque tout tourne autour du fameux &quot;roseau&quot;. On en mange la partie inf&eacute;rieure blanche, on en fait les huttes et m&ecirc;me des barques. Celles-ci, dans la pure tradition pourrissaient en quelques mois aussi d&eacute;sormais ces embarcations sont factices, les roseaux masquant des bidons qui assurent la flotabilit&eacute;. Sur les &icirc;les, on peut voir de minuscules jardinets et des petits &eacute;levages de cuys. En compl&eacute;ment, les &icirc;liens pratiquent la p&egrave;che et la chasse aux canards qu'ils font s&eacute;cher au soleil. Mais le tourisme est sans doute aussi une ressource essentielle: pourboire des agences pour les visites, ventes d'objets artisanaux (tissus aux couleurs vives) et promenades en barques de roseaux. Pour notre part, le groupe a effectu&eacute; une bien agr&eacute;able promenade autour de quelques &icirc;les pendant une vingtaine de minute sur un catamaran de roseaux, une double barque, entra&icirc;n&eacute;e par deux rameurs (co&ucirc;t: 5 soles par personne).<BR>La modernit&eacute; a du mal &agrave; se dissimuler. On peut apercevoir dans des huttes des bouteilles de gaz bien plus pratiques que le foyer traditionnel en plein air. Des petits panneaux photovolta&iuml;ques donnent de l'&eacute;nergie &eacute;lectrique au lieu des bougies et permettent de voir la t&eacute;l&eacute;vision. Quant au costume, s'il est pr&eacute;serv&eacute; ext&eacute;rieurement, il ne cache pas les pulls et sous-pulls en acrylique...</P><p align=justify>Pour visiter les &icirc;les &eacute;loign&eacute;es, Taquile et Amantani, il faudrait disposer d'au moins une journ&eacute;e enti&egrave;re (voire plus si l'on y dort)...</P><p align=justify>Retour &agrave; Puno pour retrouver notre bus car pr&egrave;s de 400km nous s&eacute;parent de Cuzco, le but de cette journ&eacute;e, alors qu'il est d&eacute;j&agrave; 9h30. </P><p align=justify>Pendant quelques dizaines de kilom&egrave;tres, les zones de cultures alternent avec des ruisseaux et de branches du lac. Nous repassons &agrave; Juliaca et c'est l'occasion de voir de nombreuses boutiques vendant des produits v&eacute;t&eacute;rinaires pour les &eacute;leveurs d'alpagas, de vaches, porcs, volailles...<BR>L'&eacute;tat du rev&ecirc;tement de la route devient franchement mauvais. Pause technique vers 11h. Dans la boutique de l'&eacute;tablissement, un &eacute;talage de petites figurines color&eacute;es portant sacs de bonbons et billets de cent dollars. Il s'agit du porte-bonheur andin, du f&eacute;tiche Ekeko.</P><p align=justify>Peu &agrave; peu l'&eacute;tau des cordill&egrave;res semble se resserrer dans le paysage environnant. La route s'&eacute;l&egrave;ve imperceptiblement et les montagnes &eacute;lanc&eacute;es aux sommets enneig&eacute;s semblent proches. <BR>A 13h nous arrivons au Col de la Raya, &agrave; 4335m, d'o&ugrave; le rio Urubamba prend sa source. Arr&ecirc;t au milieu des vendeurs d'articles d'artisanat install&eacute;s sur un terre-plein dominant une petite stationde chemin de fer o&ugrave; un train de la compagnie PeruRail allant de Puno vers Cuzco se trouve justement &agrave; l'arr&ecirc;t tandis qu'un bus est l&agrave; pour assurer la correspondance. S'agit-il du train Andean Explorer qui fournit un voyage luxueux de 10 heures, avec d&eacute;jeuner, entre Cusco et Puno, dont les voitures sont d&eacute;cor&eacute;es dans un style de L'Orient Express?</P><p align=justify>Ce n'est qu'&agrave; 14h que nous ferons &eacute;tapes dans le restaurant Feliphon, &agrave; la sortie de la ville de Sicuani. Nous avons l'occasion de d&eacute;guster un plat typique traditionnel, le ceviche, un plat de poisson cru &quot;cuit&quot; dans le jus de citron.</P><p align=justify>Apr&egrave;s quelques mimiques &agrave; destination des lamas, c'est de nouveau la route qui descend progressivement vers Cuzco. Les reliefs sont plus proches, le ciel plus lumineux, les villages plus importants. La v&eacute;g&eacute;tation aussi a chang&eacute; depuis La Raya. Elle est plus luxuriante et plus arbor&eacute;e: agaves et eucalyptus exog&egrave;nes qui ont &eacute;vinc&eacute; les esp&egrave;ces end&eacute;miques (on trouve 4 vari&eacute;t&eacute;s d'eucalyptus au P&eacute;rou parmi plus de 700 existant dans le monde!).. </P><p align=justify>Nous n'avons pas le temps de nous arr&ecirc;ter pour visiter les villages de Raqchi (vestiges du temple de Viracocha, greniers...) ou de Andahuaylillas (&quot;la Sixtine des Andes&quot; pour les fresques indiennes d&eacute;corant l'&eacute;glise). </P><p align=justify>Il est un peu plus de 16h30 lorsque, au risque de s'enliser, notre chauffeur nous permet un bref arr&ecirc;t au site huari (ou wari) de Piquillacta, &agrave; 30km de Cuzco. Une muraille de 3m de haut prot&eacute;geait cette ville pr&eacute;-inca. Nous ne visitons pas le village mais nous nous contentons d'admirer l'immense double porte de Rumicola, bien pr&eacute;serv&eacute;e. Les Incas la construisirent pour se prot&eacute;ger des Huaris (ou Waris).</P><p align=justify>Le ciel est tr&egrave;s sombre en direction de Cuzco. Nous passons pr&egrave;s du monument d&eacute;di&eacute; &agrave; Pachacutec (Pachacuti Yupanqui Inca qui r&eacute;gna au milieu du XVe s., fils de Viracocha).</P><p align=justify>Vers 17h30, la nuit est tomb&eacute;e sur CUZCO, Carlos nous propose de visiter un magasin d'orf&egrave;vrerie. Celui-ci se situe sur les hauteurs de la ville, non loin de la statue du Christ R&eacute;dempteur, immacul&eacute;e sous le feu des projecteurs, dans un secteur o&ugrave; se trouve le site de la forteresse de Sacsahuaman. Une visite qui se solde par de bien maigres achats. Il faut dire que les clients potentiels &eacute;taient &eacute;puis&eacute;s par leur longue journ&eacute;e.</P><p align=justify>C'est avec un bien plus grand plaisir que nous avons enfin gagn&eacute; notre h&ocirc;tel Agustos, en p&eacute;riph&eacute;rie est de la ville.<BR>L'altitude affecte aussi d'autres touristes comme en t&eacute;moigne la pr&eacute;sence d'une femme install&eacute;e dans le salon avec le masque &agrave; oxyg&egrave;ne...<BR>_____________________________________________<BR>IMPACT DU SEISME SURVENU AU JAPON<BR>Il &eacute;tait presque une heure du matin ici (0H46), au P&eacute;rou, lorsque s'est produit le tr&egrave;s violent tremblement de terre, de magnitude 8,9, &agrave; 14h46 au Japon. <BR>Avec une magnitude de 8,9, il d&eacute;passe les 8,8 du s&eacute;isme meurtrier survenu au Chili il y a un an, le 28 f&eacute;vrier 2010. Toute la c&ocirc;te est du Pacifique, souvent &eacute;prouv&eacute;e par les s&eacute;ismes puisque faisant partie de &quot;la ceinture de feu du Pacifique&quot;, va vivre cette journ&eacute;e dans l'angoisse l'arriv&eacute;e de l'onde sur ses c&ocirc;tes. <BR>Toujours accompagn&eacute; du mal de cr&acirc;ne en ce qui me concerne, &agrave; 9h nous partons &agrave; la d&eacute;couverte de la ville en compagnie d'Anna Lucia, notre guide locale.<BR>Cuzco ** (350 000 habitants, 3226m. d'altitude)<BR>Cette ville fut la capitale du plus puissant empire du sud du continent am&eacute;ricain &agrave; l'apog&eacute;e de l'Empire Inca. D'ailleurs en langue quechua, le nom de la ville signifie &quot;nombril du monde&quot; et l'empire s'appelait Thahuantinsuyu, &quot;les quatre parties du monde&quot;!<BR>La ville avec son plan quadrill&eacute; et ses places comportait alors de robustes palais de pierre, temples, maison des femmes &eacute;lues, pyramide de sacrifices qui resta inachev&eacute;e. Avant m&ecirc;me l'arriv&eacute;e des Espagnols, la ville eut &agrave; souffrir de la guerre civile entre les fils de Huayna Capac. Huascar, le fils l&eacute;gitime, fut vaincu par son demi-fr&egrave;re Atahualpa.<BR>La ville coloniale fit en large part table rase de ce glorieux pass&eacute; et fut reconstruite &agrave; partir de 1534 selon les d&eacute;sirs de Pizarro. Evidemment, une cath&eacute;drale devait remplacer le palais de l'Inca Viracocha. Elle fut termin&eacute;e plus d'un si&egrave;cle plus tard, en 1654. Non loin de la cath&eacute;drale, l'&eacute;glise des J&eacute;suites (la Compagnie de J&eacute;sus), b&acirc;tie sur le palais de Huayna Capac, fut achev&eacute;e en 1671.<BR>La ville de Cuzco est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983.<BR>March&eacute; de San Pedro, Couvent de la Merced<BR> Le bus nous a d&eacute;pos&eacute;s au sud de la ville, pr&egrave;s de la gare. </P><p align=justify>Vue ext&eacute;rieure de l'&eacute;glise San Pedro et tr&egrave;s rapide coup d'oeil &agrave; l'int&eacute;rieur (beau retable) car le but de notre visite dans ce quartier, c'est le march&eacute; traditionnel de San Pedro. C'est un march&eacute; couvert, tout aussi typique que celui de San Camilo que nous avons visit&eacute; &agrave; Arequipa.<BR> <BR>Apr&egrave;s un secteur textile o&ugrave; l'on voit des couturi&egrave;res &agrave; l'oeuvre avec des machines &agrave; coudre &agrave; p&eacute;dale, on passe au quartier des charcutiers avec moults couenne, groins, pattes... un peu difficile en une heure aussi matinale. Ca va mieux avec les fromages qui ne d&eacute;gagent pas trop d'odeurs. Le secteur des coupes de desserts aux fruits passe tr&egrave;s bien ainsi que celui des fruits. Petit interm&egrave;de par un stand d'herboriste aux plantes au pouvoir parfois magique &agrave; ce qu'il para&icirc;t. Petit tour chez les boulangers avec leurs pains &agrave; l'aspect de brioches aplaties puis nous passons dans le secteur des l&eacute;gumes o&ugrave; l'on retrouve une grande diversit&eacute; de graines (enti&egrave;res ou en farines de quinoa, ma&iuml;s, haricots) et de tubercules mais aussi un peu de l&eacute;gumes verts, carottes, ail, oignons, petits pois, potirons... On trouve aussi des produits de la mer tels que les poulpes. <BR>Au milieu de tout cela, on est surpris de trouver un pantin repr&eacute;sentant une femme embarrass&eacute;e de trois poupons et orn&eacute;e de guirlandes et ballons de baudruche. C'est une petite attention des administrateurs du march&eacute; qui souhaitent une bonne f&ecirc;te aux marchandes! Plus loin, nous passons devant des &eacute;tals de fleurs coup&eacute;es, des marchands de masques de Carnaval (certains avec les longs nez par d&eacute;rision pour les Occidentaux, souvenirs de l'&eacute;poque colonial et du joug que faisaient peser sur les Indiens les propri&eacute;taires terriens et leurs contrema&icirc;tres) dont les festivit&eacute;s se terminent cette semaine. <BR>Puis c'est un secteur de boucherie o&ugrave; nous attendent museaux de vaches, cervelles... A cette heure matinale, des Cuzqu&eacute;ens se restaurent autour de grandes tabl&eacute;es. Enfin &agrave; la sortie, nous passons devant un bric &agrave; brac o&ugrave; l'on trouve m&ecirc;me un objet chamanique porte-bonheur, un foetus de lama s&eacute;ch&eacute; destin&eacute; &agrave; servir d'offrande &agrave; la d&eacute;esse terre, la Pachamama. Enterr&eacute; sur leur terrain avant de commencer la construction d'une maison, il en &eacute;loigne le mauvais sort et dans un champ, il favorise les bonnes r&eacute;coltes.<BR>Bref, trois quarts d'heure sont pass&eacute;s sans que l'on s'en rende compte.</P><p align=justify>Descendant la rue San Pedro, nous arrivons &agrave; la porte Santa Clara qui ouvre sur la ville coloniale. Nous apercevons l'&eacute;glise Santa Clara au bout d'une petite place et poursuivons en direction du centre ville par la Calle Mantas.<BR> Nous voici arriv&eacute;s &agrave; l'&eacute;glise de la Merced (N-D de la Mis&eacute;ricorde) qui date du milieu du XVIIe s. Nous n'avons pas le temps d'en visiter l'int&eacute;rieur mais nous consacrons un moment &agrave; appr&eacute;cier le magnifique clo&icirc;tre du couvent, le plus beau du P&eacute;rou. S'y m&ecirc;lent les styles Baroque, Renaissance et des plafonds Mud&eacute;jar (style arabo-andalou qui s'&eacute;panouit au XIVe s. en Espagne). Les deux &eacute;tages de galeries sont orn&eacute;s de tableaux de l'Ecole de Cuzco.</P><p align=justify>Place d'Armes, cath&eacute;drale, mus&eacute;e inca<BR>A l'arriv&eacute;e sur la Plaza de Armas, nous passons sans nous y arr&ecirc;ter devant l'entr&eacute;e du Museo Historia Naturel (mus&eacute;e de la faune). Accol&eacute;e &agrave; l'&eacute;glise des J&eacute;suites, la Compa&ntilde;ia (reconstruite en 1650) est un bel &eacute;difice baroque construit &agrave; l'emplacement du palais de l'Inca Huayna Capac.<BR> A ce moment l&agrave; arrive sur la place le tram vintage de Cuzco, une attraction comme les petits trains qui sillonnent nos villes touristiques. C'est un petit tram, (7 sols par personne) qui part de la plaza de Armas permettant de sillonner la ville et de visiter les environs. Une halte de 10minutes est pr&eacute;vue en haut de la colline pr&egrave;s de la statue du Christ R&eacute;dempteur, (comme celui de Rio de Janeiro mais en plus petit) offert par les Palestiniens.<BR>Plus inattendu, lui embo&icirc;te le pas une manifestation ouvri&egrave;re du syndicat r&eacute;gional de la construction avec, en t&ecirc;te de cort&egrave;ge, une version en damier du drapeau inca. Le Wiphala ou Huipala, drapeau arc-en-ciel &agrave; sept bandes horizontales, est consid&eacute;r&eacute; comme le symbole de l'empire Inca et utilis&eacute; comme symbole d'identification nationale et culturelle par les peuples andins d'origine indig&egrave;ne. Il symbolise la diversit&eacute; de Tahuantinsuyo (les quatre parties de l&#146;empire inca). A ne pas confondre avec le drapeau des homosexuels (&agrave; 6 bandes, le bleu turquoise en moins), ou avec celui des pacifistes &agrave; sept bandes mais dispos&eacute;es en ordre inverse du drapeau inca). Rien &agrave; voir non plus avec un autre drapeau multicolore, celui des bouddhistes &agrave; cinq couleurs, comportant des barres verticales et horizontales.<BR> Le passage du d&eacute;fil&eacute; sur le c&ocirc;t&eacute; principal de la place, attire tout naturellement notre attention sur la cath&eacute;drale Notre-Dame-de-l'Assomption (Catedral de la Asunci&oacute;n de la Sant&iacute;sima Virgen) . Pour remplacer les deux pr&eacute;c&eacute;dentes cath&eacute;drales (de 1537 et 1541, trop petites), cette imposante cath&eacute;drale baroque &agrave; trois nefs et quatorze piliers couvrant 4000m&sup2; fut construite en un si&egrave;cle (1560-1654) sur l'emplacement du palais de l'Inca Viracocha et avec les pierres de granit rouge&acirc;tre du site de Sacsahuaman (au-dessus de la ville, site que nos ne visiterons pas).<BR> </P><p align=justify>En soir&eacute;e, en visite personnelle, nous sommes revenus pour visiter l'int&eacute;rieur de la cath&eacute;drale. Ca vaut vraiment le coup et devrait &ecirc;tre de base inclus dans le programme des tours operators.<BR>Mais visite payante (25 soles), avec audio-guide mais photos interdites, m&ecirc;me sans flash. Scandaleux d'o&ugrave; quelques photos &quot;vol&eacute;es&quot;... Quel dommage de ne pas pouvoir emporter d'une fa&ccedil;on plus normale quelques souvenirs des richesses que renferme ce monument. <BR>La visite commence par l'&eacute;difice de la Sainte Famille (la Sagrada) accol&eacute; &agrave; la cath&eacute;drale, en retrait sur le c&ocirc;t&eacute; gauche de la fa&ccedil;ade. Une fois &agrave; l'int&eacute;rieur, c'est une d&eacute;bauche de retables des chapelles recouverts d'or, un autel principal et son retable plaqu&eacute; en argent, un christ noir, le Seigneur des Tremblements de Terre (&#147;Taytacha Temblores&#148;) cadeau de l'empereur Charles Quint apport&eacute; par Pizarro. Il &eacute;chappa au tremblement de terre de 1850 et y mit fin (!), c'est pourquoi on le prom&egrave;ne depuis en procession &agrave; P&acirc;ques. Le ch&#156;ur du XVIIe s. dont les si&egrave;ges en c&egrave;dre sont magnifiquement ouvrag&eacute;s. Des centaines de toiles de l'Ecole &#147;cusque&ntilde;a&#148; (de Cuzco) sont visibles ou de toiles de ma&icirc;tre du Christ en Croix de Van Dyck dans la sacristie. La couleur locale n'est pas absente de certaines oeuvres comme celle du dernier repas de J&eacute;sus et des ap&ocirc;tres, la C&egrave;ne, o&ugrave; l'on voit un plat de cuy (cobaye ou cochon d'Inde)!<BR>Avec l'orf&egrave;vrerie (ostensoirs, calices...), on compte plus de 1200 oeuvres d'art. Un v&eacute;ritable mus&eacute;e d'art sacr&eacute;! <BR>La visite se termine par l'&eacute;glise du Triomphe (el Triunfo), accol&eacute;e &agrave; l'est de la cath&eacute;drale. C'est la plus ancienne &eacute;glise de la ville, elle date de 1536-39 et comm&eacute;more la victoire des Espagnols.<BR> <BR> <BR> Dans la foul&eacute;e, en fin de soir&eacute;e, attir&eacute;s par son beau portail de pierre sculpt&eacute;e du XVIIe s., et sa curieuse fen&ecirc;tre d'angle dont le meneau ressemble &agrave; un corps de femme nue vue de l'ext&eacute;rieur (mais &agrave; contre-jour), nous nous sommes rendus au Museo Inka. <BR>Droit d'entr&eacute;e de 10 soles et toujours interdiction de filmer ou de photographier m&ecirc;me sans flash. Faut pas exag&eacute;rer! </P><p align=justify>Le mus&eacute;e occupe une ancienne demeure coloniale, le Palais de l'Amiral Maldonado (Palacio del Almirante).<BR>En fait, ce mus&eacute;e qui s'&eacute;tend sur deux niveaux aborde non seulement la culture inca mais aussi les cultures pr&eacute;incas (chavin, mochica...), au travers de pi&egrave;ces de c&eacute;ramique et poteries (vases-statuettes), textiles, bijoux et aussi, plus originaux, la plus grande collection existante de gobelets creus&eacute;s dans du bois. On peut aussi y voir des reconstitutions de tombeaux avec des momies.<BR> <BR>Monasterio de Santo Domingo, Templo del Sol (Coricancha)<BR> Mais revenons &agrave; la chronologie de nos visites de groupe, en fin de matin&eacute;e.</P><p align=justify>Nous empruntons la rue Loreto, l'ancienne Rue du Soleil, Intiqhicllu des Incas. A droite nous avons un mur de la Compa&ntilde;ia, &agrave; gauche un mur inca qui a servi de base au couvent (&quot;monasterio&quot; ici) Santa Catalina &eacute;difi&eacute; en 1601 (ou 1650) et devenu mus&eacute;e d'Art Religieux en 1975. Mais avant d'&ecirc;tre un couvent, c'&eacute;tait le temple des Vierges Sacr&eacute;es. En ce lieu r&eacute;sidaient quelques 3000 vestales, les Vierges du Soleil ou Femmes Choisies (acllas) parmi les plus belles de l'empire et d'ascendance noble. Leur destin &eacute;tait, apr&egrave;s un noviciat de trois ans, soit de se consacrer au culte du soleil, soit elles devenaient des courtisanes de l'Inca qui parfois en faisait cadeau aux dignitaires de l'empire.<BR> <BR>Midi approche et nous sommes &eacute;galement mis en app&eacute;tit par les petits stands forains de cuisine qui proposent des l&eacute;gumes saut&eacute;s ou bouillis (ma&iuml;s) et des picarones, des beignets &agrave; base de courge et de patate douce et recouverts de chancaca ( m&eacute;lasse). <BR> <BR>Plus loin, sur notre droite, nous longeons une zone arch&eacute;logique avant d'arriver au fameux Temple du Soleil, Coricancha ou QoriKancha en quechua (&quot;Jardin d&#146;Or&quot; ou &quot;Enclos de l'Or&quot;) des Incas. Il fut en partie d&eacute;truit, totalement pill&eacute; et les momies qu'il contenait profan&eacute;es par les Espagnols lors de la conqu&ecirc;te. <BR>Ce palais, le plus vaste (400m de c&ocirc;t&eacute;) et le plus richement orn&eacute; de l'empire inca, &eacute;tait le lieu des grandes c&eacute;r&eacute;monies imp&eacute;riales: mariage, intronisation, fun&eacute;railles. D'ailleurs les momies des Incas y &eacute;taient install&eacute;es sur des tr&ocirc;nes en or. Les pr&ecirc;tres qui desservaient diff&eacute;rents temples d&eacute;di&eacute;s au soleil, &agrave; la lune, aux &eacute;toiles, &agrave; la foudre et aux arcs en ciel, s'y livraient &agrave; l'astronomie. La corniche des murs d'enceinte &eacute;tait constitu&eacute;e de 700 blocs en or de 2kg. On dit qu'il comportait un jardin orn&eacute; d'autels et de sculptures en or et en argent, grandeur nature, de plants de ma&iuml;s, de lamas, de fleurs et d'arbres, de nouveau-n&eacute;s, ainsi qu&#146;une reproduction du soleil. Certains de objets &eacute;taient incrust&eacute;s de pierres pr&eacute;cieuses.<BR>La porte principale, s'ouvrait sur un grand sanctuaire dont l'autel, &eacute;tait surmont&eacute; d'un grand disque d'or repr&eacute;sentant le Soleil et plac&eacute; de telle mani&egrave;re que les rayons du soleil levant venaient le faire &eacute;tinceler. Le Temple du Soleil avait la forme d'une pyramide tronqu&eacute;e et c'est ici que se trouvaient les momies des Incas d&eacute;funts.</P><p align=justify>Aucun de ces tr&eacute;sors n&#146;a &eacute;t&eacute; r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, on dit que les conquistadors les fondirent pour envoyer l&#146;or au roi d&#146;Espagne et il y en avait tant que les Espagnols auraient mis plus de trois mois &agrave; le faire fondre...<BR>Apr&egrave;s cela, les Espagnols construisirent sur les vestiges incas le Monast&egrave;re Santo Domingo, avec son &eacute;glise et son clo&icirc;tre.<BR>C'est gr&acirc;ce au tremblement de terre de 1650 que ce tr&eacute;sor arch&eacute;ologique a &eacute;t&eacute; de nouveau r&eacute;v&eacute;l&eacute;, les constructions hispaniques s'&eacute;tant &eacute;croul&eacute;es tandis que les parties p&eacute;riph&eacute;riques de ma&ccedil;onnerie inca qui y &eacute;taient int&eacute;gr&eacute;es sont rest&eacute;es debout. On peut admirer l'assemblage parfait de pierres volcaniques d'and&eacute;site. Certaines pierres d'angles et d'encadrement sont &eacute;normes et d'une d&eacute;coupe d'une complexit&eacute; incroyable. Les murs poss&egrave;dent une inclinaison qui assure leur stabilit&eacute; et qui a un effet esth&eacute;tique remarquable avec les montants &eacute;galement inclin&eacute;s des portes trap&eacute;zo&iuml;dales, ce qui en accentue la perception.<BR>Le chevet de l'&eacute;glise est &eacute;rig&eacute; sur une terrasse soutenue par un ancien mur arrondi, dominant un petit parc.<BR> Vers 13h30, en revenant vers le centre, nous bifurquons vers la rue Santa Catalina o&ugrave; se trouve notre restaurant, &quot;Sara, organic caf&eacute; bistro&quot; au n&deg; 370. Cet &eacute;tablissement est r&eacute;put&eacute; pour sa cuisine utilisant des ingr&eacute;dients issus de l'agriculture biologique pratiqu&eacute;e par des communaut&eacute;s indiennes de la r&eacute;gion.<BR> <BR>San Blas, Carmen Alto<BR> En milieu d'apr&egrave;s-midi, apr&egrave;s &ecirc;tre revenus sur la Place d'Armes, nous remontons la Calle Triunfo qui se poursuit par la calle Hatun Rumiyoc (&quot;la pierre majeure&quot;) au nom impronon&ccedil;able o&ugrave; l'on peut voire dans les plus beaux murs incas de Cuzco la fameuse pierre aux 12 angles parfaitement ajust&eacute;s. Cette pierre provient d&#146;un mur du palais du sixi&egrave;me Inca, l'Inca Roca.<BR>Notre parcours se poursuit par la bien nomm&eacute;e Cuesta San Blas.</P><p align=justify>A San Blas (St Blaise), nous arrivons sur une superbe placette &agrave; l'allure villageoise, au coeur d'un quartier tranquille. L'&eacute;glise renferme une chaire sculpt&eacute;e dans une seule pi&egrave;ce de bois, ce qui n&eacute;cessita 25 ann&eacute;es de labeur. A droite de sa porte, se dresse une Croix de la Passion ou croix des outrages.</P><p align=justify>Chacun profite alors du temps libre. Pour notre part nous nous dirigeons vers Camen Alto avant de redescendre tranquillement vers le centre par la rue Coanchi, la Plaza de las Nazarenas puis la Calle Almirante. Enchantement de fa&ccedil;ades blanches et de porches baroques en pierre.<BR>C'est &agrave; partir de l&agrave; que nous avons fait nos visites (payantes) de la cath&eacute;drale et du mus&eacute;e inca dont il a &eacute;t&eacute; question un peu plus haut.<BR> <BR> Apr&egrave;s ces deux visites, il est pr&egrave;s de 17h30 et la nuit tombe. Pour regagner notre h&ocirc;tel tout &agrave; l'est de la ville, nous nous risquons &agrave; faire appel &agrave; un taxi Tico, une petite Deawoo, non pas jaune comme &agrave; Arequipa mais blanche ici. Le v&eacute;hicule semble assez d&eacute;glingu&eacute; mais le chauffeur para&icirc;t s&eacute;rieux. Pour 3 personnes, nous proposons la course &agrave; 3 soles! Apr&egrave;s une petite h&eacute;sitation, le chauffeur accepte alors que le tarif est normalement de 4 soles. Conduite tr&egrave;s sportive mais le chauffeur semble s&ucirc;r de lui et nous nous en remettons comme lui &agrave; la gr&acirc;ce des images pieuses qui servent d'amulettes porte chance. Il n'y a que cela &agrave; faire car en cas d'accident ce genre de voiturette ne p&egrave;serait pas lourd contre un v&eacute;hicule plus important.<BR>Notre programme ne nous permet pas d'aller visiter la forteresse de Sacsahuaman (ou Sacsayhuam&aacute;n), install&eacute;e &agrave; 3km sur les hauteurs qui dominent le nord de la ville. Il suffirait m&ecirc;me d'une petite heure pour s'y rendre &agrave; pied... <BR>Le site est inscrit au Patrimoine de l'UNESCO depuis 1983.<BR>Cette forteresse qui fut aussi lieu de culte fut construite au temps de Pachacutec. Elle comporte trois murailles festonn&eacute;es, faites de blocs cyclop&eacute;ens atteignant des dizaines de tonnes (jusqu'&agrave; 350 selon certaines sources!). Comment ont pu &ecirc;tre d&eacute;plac&eacute;es et fa&ccedil;onn&eacute;es de telles masses par une civilisation qui n'utilisait pas la roue? Cette forteresse pouvait accueillir 5000 soldats et &eacute;tait couronn&eacute;e de tours et disposait d'un syst&egrave;me d'adduction d'eau. Un si&egrave;cle plus tard, en 1534, les Espagnols s'en empar&egrave;rent jusqu'&agrave; ce qu'elle soit reprise l'ann&eacute;e suivante par les rebelles de Manco Inca qui durent s'enfuir en 1536, sous la pression des Espagnols.<BR>La F&ecirc;te du Soleil, Inti Raymi, s'y d&eacute;roule tous les ans, peu apr&egrave;s le solstice, le 24 juin, non pas le solstice d'&eacute;t&eacute; car nous sommes dans l'h&eacute;misph&egrave;re sud, mais le solstice d'hiver austral. A la stricte date du solstice que c&eacute;l&eacute;braient les Incas, le clerg&eacute; espagnol qui la jugeait trop pa&iuml;enne a substitu&eacute; la date de la Saint Jean.<BR>Dans les environs de Cuzco, les voyageurs peuvent &eacute;galement visiter les sites de Qenko (ou Kenko), un sanctuaire rupestre, de Puca-Pucara (site de terrasses et de fortins) et de Tambomachay (pavillon de chasse et bains de l'Inca et de ses &eacute;pouses).<BR>________________________________________________<BR>Suites du tremblement de terre japonais et du tsunami dans l'oc&eacute;an Pacifique.<BR>Apr&egrave;s le Mexique, la vague est arriv&eacute;e sur le P&eacute;rou hier en fin d'apr&egrave;s-midi. L'acc&egrave;s aux plages avait &eacute;t&eacute; interdit mais heureusement la vague ne d&eacute;passait gu&egrave;re le niveau d'une forte mar&eacute;e sauf localement o&ugrave; elle a atteint 1,40m, dans le nord du pays, au sud &agrave; Camana et au centre, &agrave; Paracas. Dans ce dernier port, un bateau a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; propuls&eacute; dans un restaurant! <BR>Bien plus r&eacute;jouissant, nous voici arriv&eacute;s au clou de notre voyage, la journ&eacute;e qui va nous permettre de d&eacute;couvrir le MACHU PICCHU. En fait, cette excursion est avanc&eacute;e d'une journ&eacute;e, nous devions l'effectuer un jour plus tard, le dimanche.<BR>D&eacute;part tr&egrave;s matinal de Cuzco, &agrave; 6h30. Troisi&egrave;me jour avec le mal de cr&acirc;ne toujours pr&eacute;sent pour moi... <BR>Ciel toujours couvert mais pas trop mena&ccedil;ant.<BR> <BR> Nous allons reprendre un peu de hauteur pour traverser un hinterland entre la vall&eacute;e que parcourent la route et la voie ferr&eacute;e et de l'autre c&ocirc;t&eacute;, la vall&eacute;e de l'Urubamba. La route sinue entre collines et vallons couverts de cultures (pommes de terre, luzerne, c&eacute;r&eacute;ales, f&egrave;ves, lupins bleus) et traverse de pittoresque villages et hameaux.<BR>A 30km de Cuzco et 400m de plus en altitude, nous arrivons au village de Chinchero. On peut apercevoir des vestiges des terrasses de culture inca ainsi que de murs de la m&ecirc;me origine. Devant l'h&ocirc;tel de ville, on a &eacute;rig&eacute; une statue de l'Inca Tupac Yupanqui qui avait b&acirc;ti ici un palais de campagne.</P><p align=justify>C'est presque perdues dans le coton des nuages que nous distinguons &agrave; peine les tiges d'agave en fleur et les raquettes des figuiers de Barbarie!<BR>Nous redescendons, en direction de la vall&eacute;e de l'Urubamba, tr&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment vers la ville &eacute;ponyme que nous nous bornons &agrave; longer pour poursuivre en direction de Ollantaytambo o&ugrave; l'on doit prendre le train. Monotone paysage de plaine fluviale avec ses cultures de ma&iuml;s. <BR>La voie ferr&eacute;e venant de Cuzco se glisse dans la vall&eacute;e et dans une gare situ&eacute;e au milieu de nulle part on peut apercevoir les trois cat&eacute;gories de trains qui m&egrave;nent &agrave; Aguas Callientes, au pied du Machu Picchu: Local Backpaker Cerrojo, le train du peuple, le plus &eacute;conomique, le Vistadome, en cat&eacute;gorie interm&eacute;diaire avec d'anciennes voitures allemandes aux vitres panoramiques en service depuis 1965 ou le luxueux Hiram Bigham (nom donn&eacute; en l'honneur du d&eacute;couvreur du site), train Pullman de type Orient-Express des ann&eacute;es 1920 avec des voitures d&eacute;cor&eacute;es.<BR>Le r&eacute;seau ferr&eacute; p&eacute;ruvien est assez restreint: 1800 km seulement. Le relief et le niveau de d&eacute;veloppement du pays en sont la cause...<BR>Un miracle, le mal de t&ecirc;te qui ne me l&acirc;chait pas depuis deux jours et demi a disparu comme par enchantement, sans que je m'en rende vraiment compte. Il est vrai que nous sommes pass&eacute;s sous la barre des 3000m puisque ici, &agrave; Ollantaytambo, on est &agrave; 2792m d'altitude.<BR> </P><p align=justify>En train panoramique &agrave; destination d'Aguas Callientes **<BR>Nous arrivons &agrave; Ollantaytambo o&ugrave; le bus a quelque souci pour stationner ce va nous obliger &agrave; faire une bonne marche soutenue pour atteindre la gare avant le d&eacute;part de notre train. Lorsque nous arrivons, la foule se presse sur les quais et il est temps d'embarquer dans le train de 9 heures (il y en a un t&ocirc;t le matin et un autre en d&eacute;but d'apr&egrave;s-midi). <BR> Nous allons utiliser un train PeruRail de la gamme Vistadome avec service &agrave; bord d'encas, boissons chaudes et rafra&icirc;chissements gratuits servis par deux employ&eacute;s affect&eacute;s &agrave; chaque voiture. La traction est assur&eacute;e par une motrice diesel.<BR>Le trajet vers Aguas Callientes va durer environ 2 heures pour un trajet qui ne doit gu&egrave;re d&eacute;passer les 50km. A cette allure, le transport est parfaitement confortable, silencieux et sans cahot, en donnant tout loisir pour admirer un paysage qui le m&eacute;rite.<BR> <BR>La rivi&egrave;re Urubamba roule des flots boueux, gonfl&eacute;e par les pluies de l'&eacute;t&eacute; austral qui se termine. Le spectacle est particuli&egrave;rement saisissant dans des zones de rapides o&ugrave; l'eau rejailli &agrave; plusieurs m&egrave;tres de haut. Dans d'autres sections plus paisibles, les rives sont occup&eacute;es par quelques cultures, des maisons isol&eacute;es ou de petits hameaux. La violence de la rivi&egrave;re en crue est telle que l'an dernier (en janvier 2010) une portion de la voie a &eacute;t&eacute; emport&eacute;e par les crues les plus violentes depuis 15 ans, isolant Aguas Callientes, y bloquant 1900 touristes et rendant donc impossible les excursions au Machu Picchu pendant trois mois.</P><p align=justify>Au bout d'une demi-heure de trajet, nous apercevons un camp pour adeptes du trekking sur &quot;le Chemin de l'Inca&quot; ou &quot;Camino del Inca&quot; (ou en quechua Qhapaq &Ntilde;an, &quot;chemin royal&quot;), camp situ&eacute; &agrave; une quarantaine de kilom&egrave;tres de la cit&eacute; perdue. Il faut pr&eacute;ciser que certains tron&ccedil;ons du chemin n'ont &eacute;t&eacute; d&eacute;couverts qu'en 1984. Un peu plus loin, des randonneurs empruntent une passerelle franchissant la rivi&egrave;re et s'en vont par un chemin en lacet vers un objectif qu'ils vont mettre trois ou quatre jours &agrave; atteindre, apr&egrave;s avoir franchi un col &agrave; 4200m.<BR>Moins sportivement, nous poursuivons notre p&eacute;riple ferroviaire. Sur notre gauche les vestiges d'un important site construit sur des terrasses et cinq minutes plus tard, d'autres vestiges, cette fois sur notre gauche. Petite gare o&ugrave; un randonneur attend un train parmi quelques Indiennes assoupies. Pont himalayen et terrasses de cultures &agrave; gauche, sur une rivi&egrave;re qui redouble de furie. Petit arr&ecirc;t de 7 ou 8 minutes dans une zone de croisement de train car la voie est unique. Des Indiennes essaient de vendre des bouquets de fleurs (gla&iuml;euls, ar&ocirc;mes et hortensias). Encore un pont himalayen tandis que le train passe dans des zones de v&eacute;g&eacute;tation luxuriante avec des lichens et des plantes &eacute;piphytes. Toujours des terrasses, apparemment toujours exploit&eacute;es. Nous traversons un tunnel et en ressortons dans une courbe, perspective toujours saisissante &agrave; voir alors que cela laisse indiff&eacute;rents quatre cheminots qui cassent d&eacute;j&agrave; la cro&ucirc;te (il est 11h). Dix minutes plus tard, nous d&eacute;barquons &agrave; Aguas Callientes, &agrave; 2060m d'altitude, sous la pluie. Agua certes, chaude pas vraiment mais bien humide. Tr&ecirc;ve de plaisanterie, le village doit son nom &agrave; une source d'eau chaude sulfureuse.<BR> Avant d'aller au Machu Picchu, nous devons d&eacute;jeuner ici. Nous ne sommes pas foule au restaurant Inka Wasi o&ugrave; l'on nous sert un copieux repas. Apr&egrave;s un grand bol de velout&eacute;, une assiette avec morceaux de viande et de poisson (saumon), f&egrave;ves, quinoa, aubergines... et pour finir g&acirc;teau &agrave; la cr&egrave;me auquel Suzanne se doit de faire honneur car c'est son anniversaire.</P><p align=justify>Visite du MACHU PICCHU ***<BR> La pluie a pratiquement cess&eacute; lorsque nous prenons le minibus qui assure la navette vers le Machu Picchu (le tarif pour l'utilisation de la navette et l'entr&eacute;e au site est de l'ordre de 100$). Le v&eacute;hicule emprunte une route en lacet trac&eacute;e en 1948 pour remplacer celle utilis&eacute;e par les premiers explorateurs. Elle permet tout juste de croiser les minibus descendants. En s'&eacute;levant, on aper&ccedil;oit un train bleu arr&ecirc;t&eacute; en gare tandis que des groupes de trekkeurs redescendant du Machu Picchu utilisent un sentier qui coupe les lacets de notre route. Face &agrave; nous se d&eacute;coupe l'&eacute;norme pain de sucre du Cerro Putukusi (2592m) tandis qu'une flore luxuriante (orchid&eacute;es) colonise le versant de la montagne.<BR>Apr&egrave;s une demi-heure de mont&eacute;e, nous voici arriv&eacute;s au terminus des bus &agrave; 13 heures.<BR> <BR>LES 7 NOUVELLES MERVEILLES DU MONDE... <BR>Le 7 juillet 2007, The New7Wonders Foundation a officiellement d&eacute;voil&eacute; la liste des 7 nouvelles Merveilles du Monde, d&eacute;sign&eacute;es &agrave; la suite d'un vote massif sur Internet parmi une liste de 21 propositions. <BR>&#149; La grande Muraille de Chine <BR>&#149; La cit&eacute; de Petra en Jordanie <BR>&#149; La statue du Christ R&eacute;dempteur au Br&eacute;sil <BR>&#149; Les ruines du Machu Picchu <BR>&#149; La cit&eacute; maya de Chich&eacute;n Itz&aacute; au Mexique <BR>&#149; Le Colis&eacute;e de Rome <BR>&#149; La Taj Mahal en Inde<BR>En ROUGE: sites non encore visit&eacute;s...<BR>Situ&eacute;e dans la for&ecirc;t amazonienne d'altitude, &agrave; 112km de Cusco, la citadelle de pierre de Machu Picchu (ce qui signifie &quot;vieille montagne&quot; en quechua) constitue le monument embl&eacute;matique du P&eacute;rou, et, au-del&agrave;, de toute l'Am&eacute;rique du Sud. <BR>Etrange monument au sujet duquel on est r&eacute;duit &agrave; bon nombre de conjectures. On ignore m&ecirc;me le nom que lui donnaient les Incas. On fait des hypoth&egrave;ses sur son r&ocirc;le: centre astronomique et agronomique, cit&eacute; de Vierges Sacr&eacute;es, poste avanc&eacute; dans l'expansion de l'empire en direction de l'Amazonie, r&eacute;sidence secondaire de l'Inca? Sa population permanente est estim&eacute;e dans une fourchette comprise entre 300 et 1500 personnes. On pense que sa construction fut d&eacute;cid&eacute;e vers 1440, au d&eacute;but du r&egrave;gne de l'Inca Pachacuti Yupanqui dit Pachacutec. Sa construction se serait &eacute;tal&eacute;e sur un si&egrave;cle, jusqu'&agrave; la conqu&ecirc;te du pays par les Espagnols. On estime que sa construction n&eacute;cessitait le recours &agrave; une main d'oeuvre de 1000 &agrave; 2000 personnes.<BR>Nous sommes dans l'ann&eacute;e du centenaire de la d&eacute;couverte du Machu Picchu.<BR>D&eacute;couvert en 1911 par l'explorateur Hiram Bingham (1875-1956), il s'agit effectivement de l'un des ensembles monumentaux les plus imposants et impressionnants de la plan&egrave;te. Construite au plus haut des montagnes, dominant et contr&ocirc;lant les profondes gorges du Rio Urubamba qui contournent l'&eacute;peron rocheux, elle constitua un centre productif, administratif, religieux et militaire et l'expression la plus achev&eacute;e de la perfection de l'architecture inca. <BR>Quand et pourquoi le site fut-il abandonn&eacute;? Population d&eacute;cim&eacute;e par une &eacute;pid&eacute;mie de variole arriv&eacute;e avec les conquistadors? Plus probablement, le site fut-il abandonn&eacute; en 1536 lorsque les troupes de Manco Inca durent s'enfuir de la forteresse de Sacsahuaman (au-dessus de Cuzco) et se r&eacute;fugier plus bas, en direction de la for&ecirc;t amazonienne, dans l'ultime capitale inca, Vilcabamba (en 1572, les Espagnols finirent par y capturer le dernier Inca, Tupac Amaru)? Il semble qu'en abandonnant le site, les Incas avaient coup&eacute; les ponts y donnant acc&egrave;s &agrave; partir du Chemin de l'Inca.<BR>Il para&icirc;t incroyable que ce site &eacute;chapa aux conquistadors tant au moment de la conqu&ecirc;te qu'au long des trois si&egrave;cles de la p&eacute;riode coloniales. Le site qui avait subit des pillages n'&eacute;tait pas inconnu des populations indiennes de la r&eacute;gion ni de quelques visiteurs savants et &eacute;rudits. D'ailleurs en 1911, lors de sa d&eacute;couverte, trois familles indiennes y vivaient.<BR>Le d&eacute;couvreur du site est un universitaire am&eacute;ricain, form&eacute; initialement &agrave; l'universit&eacute; de Yale, devenu par la suite professeur d'histoire dans les c&eacute;l&egrave;bres universit&eacute;s am&eacute;ricaines de Harvard et de Princeton. Justement, &agrave; partir de 1909, Hiram Bingham accompagn&eacute; de professeurs de Yale se lan&ccedil;a &agrave; la recherche de cette capitale et c'est fortuitement qu'un renseignement le conduisit au Machu Picchu en 1911 alors qu'il &eacute;tait &agrave; la recherche de Vilcabamba, la derni&egrave;re capitale perdue. Jusqu'en 1915, il mit &agrave; jour des centaines de tombes, jarres, bijoux... qui subsistaient malgr&eacute; certains pillages ant&eacute;rieurs. Ce furent alors quelque 4 000 (ou 45 000?) objets qui prirent le chemin du mus&eacute;e Peabody de l'Universit&eacute; de Yale. Suite &agrave; la demande du Congr&egrave;s p&eacute;ruvien formul&eacute;e en 2006 et &agrave; l'acceptation de l'Universit&eacute; de Yale en 2007, ils vont &ecirc;tre restitu&eacute;s au P&eacute;rou, &agrave; l'occasion du centenaire, en trois phases au cours de cette ann&eacute;e 2011 et en 2012.<BR>Le site s'inscrit dans un ensellement, &agrave; 2438m d'altitude, entre la montagne du Machu Picchu (qui signifie &quot;la jeune montagne&quot; en langue quechua) proprement dite qui culmine &agrave; 2795m au sud et le Huyana Picchu (&quot;la jeune montagne&quot;) &agrave; 2667m au nord. Cet &eacute;peron montagneux a &eacute;t&eacute; d&eacute;coup&eacute; par une boucle du Rio Urubamba.<BR>Cet ultime refuge des Incas fut am&eacute;nag&eacute; en nivelant le sommet de l'&eacute;peron pour d&eacute;gager une esplanade centrale, autour de laquelle s'&eacute;tageaient les divers quartiers et en raison de sa situation exceptionnelle, il ne fut pas n&eacute;cessaire de doter la cit&eacute; d'un vrai mur d'enceinte.<BR>Le site a &eacute;t&eacute; inscrit au Patrimoine de l'Humanit&eacute; de l'UNESCO en 1983.<BR> <BR> De la billetterie, nous grimpons avec notre guide locale Anna Lucia au niveau d'une cabane du gardien qui domine tr&egrave;s nettement la zone des cultures qui s'&eacute;tagent sur le flanc est et tout l'ensemble de la cit&eacute;. C'est &agrave; ce niveau que d&eacute;bouche le Chemin de l'Inca. Cette zone &eacute;tait une sorte de n&eacute;cropole o&ugrave; Hiram Bingham d&eacute;couvrit de nombreuses s&eacute;pultures de momies, d&eacute;j&agrave; pill&eacute;es (?). On peut y voir une imposante et &eacute;trange roche sculpt&eacute;e, avec trois marches symbolisant les trois mondes (ciel des dieux, terre des hommes et monde des mort) et les trois &eacute;l&eacute;ments (air, terre et eau) et conduisant &agrave; une sorte d'autel. Etait-ce un rocher fun&eacute;raire o&ugrave; l'on exposait les d&eacute;pouilles pour qu'elles se dess&egrave;chent? Carlos nous indique que le statut des personnes momifi&eacute;es se d&eacute;duit de certaines caract&eacute;ristiques: cr&acirc;ne d&eacute;form&eacute; et boucles d'oreille en or pour les nobles, chevaux ras&eacute;s pour les militaires et, au contraire, cheveux longs pour les pr&ecirc;tres...<BR>Une pluie tr&egrave;s fine tombe tandis que le Huayna Picchu joue &agrave; cache-cache parmi les nuages.</P><p align=justify>Les terrasses de culture (aujourd'hui engazonn&eacute;es!), les &quot;andennes, qui fournissaient les r&eacute;coltes et approvisionnaient la cit&eacute;, sont remarquables &agrave; plus d'un titre. Dans ce &quot;quartier&quot; dit des Agriculteurs, sur une pente abrupte orient&eacute;e au sud, ces longues et &eacute;troites terrasses curvilignes &eacute;pousent les courbes du relief et en brisent la pente. Larges de 2 &agrave; 3 m&egrave;tres, elles forment un &eacute;tagement de champs en lani&egrave;res, dont certains &eacute;taient irrigu&eacute;s gr&acirc;ce &agrave; des rigoles. Les expositions des champs, et leurs altitudes, sur les flancs de la montagne &eacute;taient vari&eacute;es, ce qui permettait des cultures diversifi&eacute;es qui pouvaient fournir la nourriture &agrave; 1 000 (ou 10 000?) personnes. Un gardien doit intervenir pour r&eacute;primander quelques jeunes asiatiques partis batifoler sur ces terrasses. En revanche les terrasses accueillent quelques lamas charg&eacute;s de la tonte du gazon. De ce point &eacute;lev&eacute; on a une vue plongeante sur les diff&eacute;rentes parties du site. <BR>En descendant vers la cit&eacute; s&eacute;par&eacute;e de la zone agricole par un mur de 400m de long, on domine &eacute;galement quelques terrasses courbes orient&eacute;es &agrave; l'ouest. De l&agrave;, on a un point de vue int&eacute;ressant sur un ancien escalier qui grimpait &agrave; flanc de falaise, venant de la vall&eacute;e, &agrave; l'ouest de la cit&eacute;. On peut voir aussi les eaux boueuses du Rio Urumbamba qui s'en va rejoindre l'Amazone tandis qu'on entend l'avertisseur du train longeant la rivi&egrave;re s'en va desservir une gare &agrave; une dizaine de kilom&egrave;tres plus loin (il y a quelques dizaines d'ann&eacute;es, la ligne se poursuivait encore sur plus de 50km en direction du village d'o&ugrave; Anna Lucia est originaire).<BR>La petite pluie a cess&eacute; lorsque nous arrivons &agrave; la porte d'entr&eacute;e de la cit&eacute; alors qu'il y a d&eacute;j&agrave; pr&egrave;s d'une heure et quart que nous sommes sur le site, en train d'en admirer la vue d'ensemble! Si la cit&eacute; semblait d&eacute;pourvue d'un v&eacute;ritable syst&egrave;me de d&eacute;fense, sa porte &eacute;tait dot&eacute;e d'un syst&egrave;me sophistiqu&eacute; de fermeture depuis l'int&eacute;rieur: anneau de pierre au-dessus du linteau et deux poign&eacute;es situ&eacute;es au niveau des jambages que l'on devait utiliser pour y passer des cordages afin de condamner l'ouverture avec une lourde pierre.<BR>Nous allons parcourir le site dans le sens des aiguilles d'une montre en partant sur la gauche, sur le c&ocirc;t&eacute; sud-ouest du site pour revenir par la droite, sur les pentes orient&eacute;es au nord-est.<BR>Nous poursuivons en longeant le quartier r&eacute;sidentiel aux constructions en granit que nous laissons sur notre droite puis nous traversons la zone de carri&egrave;re pour nous diriger vers la Place Sacr&eacute;e avec le Grand Temple dont il subsiste trois murs perc&eacute;s de niches et le Temple aux Trois Fen&ecirc;tres dont la base est taill&eacute;e directement dans le roc, ses ouvertures de forme trap&eacute;zo&iuml;dale (cette forme particuli&egrave;re distinguait les constructions destin&eacute;es &agrave; l'&eacute;lite: nobles et pr&ecirc;tres) sont orient&eacute;es vers l'est et seul un pilier de sa fa&ccedil;ade subsiste.<BR>Le ciel est devenu cl&eacute;ment et c'est le moment propice pour la photo de groupe (oustiti, cheese ou cli.....?).<BR> <BR>Plus au nord, nous grimpons sur le tertre en forme de pyramide. On arrive &agrave; l'observatoire astronomique avec la fameuse pierre Intiwatana ou Intihuantana, ce qui signifie litt&eacute;ralement &quot;le lieu o&ugrave; l'on attache le soleil&quot;. Du fait qu'il est rest&eacute; inconnu des Espagnols, c'est le seul objet &quot;idol&acirc;tre&quot; qui ait &eacute;chapp&eacute; &agrave; leurs destructions. Ce monolithe curieusement sculpt&eacute;, comporte trois marches menant &agrave; une plate-forme au-dessus de laquelle se dresse un parall&eacute;l&eacute;pip&egrave;de, l&eacute;g&egrave;rement inclin&eacute; et incurv&eacute;. C'&eacute;tait sans doute une sorte de cadran solaire sophistiqu&eacute;. Observ&eacute; sous un certain angle (en direction du nord), le profil rappelle celui de la montagne situ&eacute;e en arri&egrave;re-plan, le Huayna Picchu.</P><p align=justify>Apr&egrave;s &ecirc;tre descendus du tertre et en poursuivant jusqu'au point le plus &eacute;loign&eacute; du site, nous arrivons &agrave; une place o&ugrave; se situent deux masmas, des maisons en forme de pr&eacute;aux (ouvertes sur une fa&ccedil;ade). La charpente et la toiture reconstitu&eacute;es permettent d'appr&eacute;cier les techniques n'utilisant que des mat&eacute;riaux d'origine v&eacute;g&eacute;tale. Les pannes de la charpente &eacute;taient ligatur&eacute;es aux pierres saillantes ext&eacute;rieures des pignons (exactement le dispositif inverse de nos syst&egrave;mes de construction) et recouverte de paille d'ichu (la gramin&eacute;e andine que paissent les lamas). A cet endroit abouti encore un ancien escalier de pierre grimpant la falaise, sur le versant ouest de l'&eacute;peron rocheux.<BR>Le fond de la place est ferm&eacute; par le Rocher Sacr&eacute; dont le profil rappelle celui des montagnes situ&eacute;es en arri&egrave;re, le Cerro San Miguel.. Encore un peu plus en arri&egrave;re, on peut voir un autre rocher dont la forme semble plus naturelle et qui lui aussi a un profil rappelant cette montagne situ&eacute;e en arri&egrave;re.</P><p align=justify>Du pied de la montagne Huayna Picchu, nous avons une vue sur cette partie secondaire du site d'acc&egrave;s difficile: chemin et marches escaladant la falaise, terrasses et ruines de b&acirc;timents vers le sommet. L'acc&egrave;s vient d'en &ecirc;tre ferm&eacute; pour une raison d'horaire car il faut compter deux heures pour faire l'aller et retour. Vue vertigineuse sur les gorges du Rio Urubamba...</P><p align=justify>Apr&egrave;s cela, nous passons sur le versant nord-est du site, dans le quartier des artisans aux constructions plus grossi&egrave;res. C'est l'occasion d'y voir des chinchillas, petits mammif&egrave;res rongeurs originaires des Andes, ressemblant vaguement &agrave; un lapin mais avec des oreilles plus courtes et une plus longue queue. C'est une esp&egrave;ce en voie de disparition car elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;cim&eacute;e pour sa fourrure (ces animaux ont la fourrure la plus dense des esp&egrave;ces terrestres avec 20 000 poils par cm&sup2;). Parler de ces petites b&ecirc;tes, &ccedil;a nous rappelle qu'en 1968 la chanteuse R&eacute;gine &eacute;voquait parfum et fourrure dans &quot;Patchouli Chinchilla&quot;. </P><p align=justify>Nous voici maintenant dans le quartier dit des Prisons (en fait il n'est pas du tout certain qu'il s'agissait de ge&ocirc;les mais plut&ocirc;t de lieux de culte ou de logement de Vierges Sacr&eacute;es), avec les vestiges de construction &agrave; &eacute;tage au-dessus de grottes et dont les murs sont perc&eacute;s de niches trap&eacute;zo&iuml;dales. Tout pr&egrave;s de l&agrave;, on peut voir le Temple du Condor avec une grande pierre plate qui d&eacute;passe un peu du sol et est taill&eacute;e en forme de condor, la t&ecirc;te dirig&eacute;e vers l'est (le soleil levant). Lieu de culte? Lieu de sacrifice o&ugrave; l'on exposait le cadavre d'ennemis vaincus?<BR>Nous jetons un coup d'oeil au syst&egrave;me de fontaines et de rigoles de distribution toujours fonctionnel avant de remonter vers le centre du site, vers le quartier de l'Inca. Nous arrivons &agrave; une &eacute;trange grotte situ&eacute;e en dessous du Torreon. On l'appelle Tombeau Royal mais ce pouvait aussi &ecirc;tre un lieu de culte la pierre &agrave; degr&eacute;s et les niches qui ont &eacute;t&eacute; taill&eacute;s dans le rocher.<BR>Le Torreon ou Temple du Soleil, une demi-tour en forme de fer &agrave; cheval qui se distingue de toutes les autres constructions du site par sa ma&ccedil;onnerie de pierre polie et parfaitement ajust&eacute;e. Cette forme nous rappelle celle du Temple de Coricancha, &agrave; Cuzco. Pour acc&eacute;der au niveau sup&eacute;rieur, il faut passer une porte toujours dot&eacute;e de syst&egrave;mes pour la condamner avec une lourde pierre. La tour poss&eacute;dait deux fen&ecirc;tres oppos&eacute;es nord-sud permettant l'&eacute;clairage direct par les rayons du soleil aux solstices d'hiver et d'&eacute;t&eacute;. Il se prolonge par une partie perc&eacute;e de la Fen&ecirc;tre aux Serpents (son seuil est perc&eacute; de trous). Pr&egrave;s de l&agrave;, on peut aussi voir les vestiges de la Maison de l'Inca dont la ma&ccedil;onnerie est aussi soign&eacute;e que celle du Torreon.<BR>Il est d&eacute;j&agrave; plus de 16 heures. Nous regagnons la sortie en suivant les chemins am&eacute;nag&eacute;s au niveau des terrasses de culture o&ugrave; paissent quelques alpagas qui font joli dans le d&eacute;cor bien qu'ici ils ne vivent pas dans leur &eacute;cosyst&egrave;me &agrave; cette altitude. Au moment de gagner l'abri pour voyageurs devant lequel se garent les minibus, se produit une bonne averse. Rien d'&eacute;tonnant dans un site qui re&ccedil;oit annuellement 2 m&egrave;tres d'eau (en particulier de novembre &agrave; avril) mais par chance nous avons &eacute;t&eacute; &eacute;pargn&eacute;s tout au long de notre visite (par Carlos, nous avons su que si, comme pr&eacute;vu, nous avions visit&eacute; le site le lendemain, dimanche, nous aurions eu beaucoup moins de chance...).<BR>Il n'y a pas de courageux (ou de t&eacute;m&eacute;raires) pour effectuer la descente &agrave; pied au village. Il ne faut pourtant qu'une heure et nous avons encore trois avant le d&eacute;part du train!</P><p align=justify> Nous sommes de retour &agrave; Aguas callientes &agrave; 17h. Le train pour Ollantaytambo ne part qu'&agrave; 19h25! On a donc plus de deux heures &agrave; tuer &agrave; Aguas Callientes o&ugrave; il fait presque nuit surtout sous un ciel pluvieux. Bien s&ucirc;r, on peut boire un coup dans un bar ou faire un tour et m&ecirc;me plusieurs dans l'esp&egrave;ce de march&eacute; artisanal qui a l'allure d'un souk, avec les b&acirc;ches et les t&ocirc;les destin&eacute;es &agrave; prot&eacute;ger les all&eacute;es de la pluie.<BR>On finit par essayer de trouver un si&egrave;ge dans le hall de la gare qui sert aussi de salle d'attente.<BR> Un peu avant 21h, nous arrivons &agrave; Ollantaytambo et il reste &agrave; remonter la longue route qui descend &agrave; la gare, dans l'obscurit&eacute; et avec tous les pi&egrave;ges des travaux de voirie qui sont en cours. Nous retrouvons notre bus qui va nous conduire &agrave; Urubamba, ville distante d'une trentaine de kilom&egrave;tres.<BR> Une demi-heure plus tard, &agrave; 22h15, le bus nous d&eacute;barque &agrave; notre h&ocirc;tel Agustos &agrave; Urubamba, apr&egrave;s quelques difficult&eacute;s pour en trouver l'acc&egrave;s, en pleine zone rurale, &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de la ville.<BR>___________________________________________</P><p align=justify>FESTIVALS ET CARNAVALS... </P><p align=justify>Comme le mois de f&eacute;vrier est le plus chaud au P&eacute;rou, beaucoup des festivals qui ont lieu en cette p&eacute;riode ont adopt&eacute; des batailles aquatiques comme amusement populaire.<BR>Sur la c&ocirc;te et dans la for&ecirc;t p&eacute;ruvienne, les gens sortent pour se rafra&icirc;chir et pour se mettre &agrave; l'aise dans les rues tandis que dans les zones andines les gens sortent pour remercier la terre et ses r&eacute;coltes.</P><p align=justify>Les carnavals ont lieu avant le temps du Car&ecirc;me (40 jours d'abstinence et de je&ucirc;ne avant P&acirc;ques). <BR>Durant les quatre dimanches de f&eacute;vrier et jusqu' &agrave; la premi&egrave;re semaine de mars, les gens dansent, portent des toasts, mangent et s'amusent comme des enfants dans les rues avec des globes, des gicleurs ou des seaux d'eau pour asperger les autres, des peintures, des poudres color&eacute;es, du talc pour peindre les visages, des serpentins. Les Caras pintadas ( figures peintes)sont surtout l'affaire des jeunes qui parcourent les rues en bandes avec tambours, fl&ucirc;tes et guitares, et arm&eacute;s de seaux et de pistolets &agrave; eau color&eacute;e dont ils aspergent les autos et les passants.<BR>Lors des f&ecirc;tes populaires dans les villages, des d&eacute;fil&eacute;s sont organis&eacute;s avec les pandillas, des groupes folkloriques portant leurs costumes color&eacute;s et dansant au rythme de la musique. &quot;Momo&quot;, la figure symbolique du roi du carnaval a &eacute;t&eacute; cr&eacute;e en 1932 &agrave; Rio de Janeiro. C&#146;&eacute;tait un bonhomme en carton nomm&eacute;e &quot;Roi Momo&quot;. Traditionnellement, le Roi Momo est toujours un homme gros (le standard demand&eacute; est de 120kg!) et sympathique<BR>Son origine vient de la mythologie gr&eacute;co-romaine, dans laquelle Momos &eacute;tait le dieu de l'ironie mais il fut expuls&eacute; de l&#146;Olympe pour s'&ecirc;tre trop moqu&eacute; des autres dieux et, descendu sur la Terre, il y cr&eacute;a le carnaval. .<BR>Le Carnaval se termine par des festivit&eacute;s avec des danses, des troupes de gens masqu&eacute;s et costum&eacute;s, des concours de chars all&eacute;goriques, l&#146;&eacute;lection des reines du carnaval, des cort&egrave;ges, des bals populaires... car le carnaval est tout de suite suivi par la Semaine Sainte.</P><p align=justify>A cette occasion, on plante des &quot;Humishas&quot; ou ''Cortamontes'', des arbres que l&#146;on d&eacute;core avec des ballons, des serpentins, des v&ecirc;tements et d&#146;autres objets. Pour terminer le Carnaval, on organise une c&eacute;r&eacute;monie en l&#146;honneur de la Pachamama (le Terre M&egrave;re), le &quot;Corte de la Yunsa&quot;, en coupant en musique l'arbre charg&eacute; de cadeaux...</P><p align=justify>-----------------------------------------<BR></P><p align=justify>.</P><p align=justify>Ce matin nous quittons notre h&ocirc;tel Agustos &agrave; Urubamba &agrave; 8h30. </P><p align=justify>. </P><p align=justify>. </P><p align=justify>. </P><p align=justify> Une demi-heure plus tard, nous trouvons sur une zone de plateau qui domine la vall&eacute;e et la ville d'Urubamba. C'est une pampa, un plateau aux cultures maigres o&ugrave; l'on aper&ccedil;oit quelques agaves en bordure des champ. Carlos nous explique qu'&agrave; l'aridit&eacute; du sol s'ajoute la salinit&eacute;. <BR>En effet nous dominons bient&ocirc;t le site des Salines de Maras, pr&egrave;s du village de Tarabamba.<BR> </P><p align=justify>Salines de Maras *<BR> Pendant environ une heure nous faisons la d&eacute;couverte &eacute;tonnante des salines de Maras qui s'&eacute;talent &agrave; flanc de montagne sur une &quot;quebrada&quot; (petite vall&eacute;e tr&egrave;s encaiss&eacute;e) s'ouvrant sur la Vall&eacute;e Sacr&eacute;e des Incas. Des milliers (3000? 4000) de petits bassins (5m&sup2;) superpos&eacute;s sur une hauteur de plusieurs centaines de m&egrave;tres &eacute;pousent les courbes de niveau. <BR>En cette saison, ces bassins semblent remplis d'une boue rouge&acirc;tre et bod&eacute;s de liser&eacute;s blanch&acirc;tres. Ils ne sont pas actifs pendant la p&eacute;riode des pluies alors qu'au soleil de l'hiver austral, en juillet-ao&ucirc;t, ils sont brillants comme neige au soleil et des dizaines de femmes (les jambes dans l'eau sal&eacute;e) et d'hommes (transportant les sacs de sel de 100kg) s'y activent inlassablement.</P><p align=justify>A Maras le sel est extrait selon des techniques ant&eacute;rieures au temps des Incas. L'inconv&eacute;nient de ce sel par rapport au sel marin, c'est qu'il ne contient pas d'iode et que sont utilisation peut conduire &agrave; l'apparition de goitres. Selon sa puret&eacute;, trois qualit&eacute;s de sel sortent des salines.<BR>Environ 380 (ou 120?) familles tirent leur subsistance de ce travail ingrat tout en s'ouvrant au tourisme par la visite du site et la vente de sel. L'eau chaude et sal&eacute;e qui jaillit naturellement de deux sources, une source principale dite &quot;m&acirc;le&quot; situ&eacute; sur le haut des salines et une source &quot;femelle&quot;, plus basse, est canalis&eacute;e vers les bassins-r&eacute;servoirs d'une quinzaine de centim&egrave;tres de profondeur. Pendant une quinzaine de jours, &agrave; raison d'un jour sur deux, de l'eau sal&eacute;e est admis dans les bassins o&ugrave; on laisse la laisse s'&eacute;vaporer naturellement pendant 10 &agrave; 15 jours afin de r&eacute;cup&eacute;rer le sel solidifi&eacute;.</P><p align=justify>Il nous aurait fallu disposer d'une bonne heure de plus pour visiter, &agrave; quelques kilom&egrave;tres seulement de Maras, les terrasses circulaires de Moray, visite non pr&eacute;vue au programme. A ce sujet, je dois &eacute;voquer les all&eacute;es et venues li&eacute;es aux lieux d'h&eacute;bergement fix&eacute;s dans notre programme qui nous font perdre pas mal de temps depuis hier.<BR>C'est un &eacute;trange complexe d'exp&eacute;rimentation agronomique d&ucirc; aux Incas et situ&eacute; &agrave; 3500m d'altitude. Justement, propos d'altitude, les terrasses dispos&eacute;es en cercles concentriques permettaient sans doute de s&eacute;lectionner des esp&egrave;ces v&eacute;g&eacute;tales en fonction d'altitudes (par exemple le fond d'une cuvette accentue les temp&eacute;ratures extr&ecirc;mes), d'orientations et de sols diff&eacute;rents.<BR>--------------------------------------------------------------------------------<BR>Ollantaytambo</P><p align=justify> Nous redescendons &agrave; Urubamba pour retourner visiter Ollantaytambo, &quot;le lieu pour regarder en bas&quot; selon la langue aymara ou &quot;la ville qui offre le repos&quot; selon la langue quechua!</P><p align=justify>Le village fut conquis par l'Inca Pacachutec au milieu du XVe s., d&eacute;truit puis reconstruit et on en voit les vestiges aujourd'hui. La ville devint un lieu de r&eacute;sidence ou de passage pour la noblesse de l'empire inca.<BR>Lors de la conqu&ecirc;te espagnole, la ville servit de capitale temporaire &agrave; Manco Inca Yupanqui. En 1536, le dernier Inca, apr&egrave;s s'&ecirc;tre enfui de la forteresse de Sacsahuaman, au-dessus de Cuzco, s'installa ici et il r&eacute;ussit &agrave; repousser les Espagnols (bataille de la plaine de Mascabamba) qui se repli&egrave;rent &agrave; Cuzco avant de lancer une contre-attaque mais Manco conscient qu'il ne pourrait faire face &agrave; la sup&eacute;riorit&eacute; de l'armement espagnol quitta le site en 1537 et se r&eacute;fugia &agrave; Vitcos puis dans la nouvelle capitale inca, Vilcabamba, bien plus en aval vers le nord, dans la for&ecirc;t.</P><p align=justify>Apr&egrave;s l'histoire, passons &agrave; la l&eacute;gende romantique.<BR>Une histoire &eacute;crite au 16&egrave;me si&egrave;cle et repr&eacute;sent&eacute;e au th&eacute;&acirc;tre en 1780 raconte les amours contrari&eacute;es entre le g&eacute;n&eacute;ral Ollanta et Cusi Coyllor, la fille de Pachacutec. Ollanta se distinguait des autres g&eacute;n&eacute;raux pour son courage et sa grande habilet&eacute; mais comme il n'appartenait pas &agrave; la classe sup&eacute;rieure, l'Inca lui refusa la main de la jeune femme qui &eacute;tait enceinte. Cusi fut emprisonn&eacute;e et Ollanta poussa le peuple &agrave; la r&eacute;bellion contre l'arm&eacute;e imp&eacute;riale, se proclama Inca dans sa r&eacute;gion, provoquant une guerre qui dura une d&eacute;cennie. Apr&egrave;s la mort de Pachacutec, trahi par son capitaine Rumi&ntilde;ahui issu du peuple Colla, le g&eacute;n&eacute;ral rebelle fut captur&eacute; par Tupac Yupanqui, fils et successeur de Pachacutec. Celui-ci voulut bien &eacute;couter son histoire d'amour entre Ollanta et Cusi, la soeur de Tupac Yupanqui, et finalement, d&eacute;cidant de lui pardonner, il lib&eacute;ra Ollanta et Cusi qui purent vivre avec leur fille Sumac.<BR><BR> Le village inca d'Ollantaytambo se dresse fier au pied des montagnes o&ugrave; subsistent des vestiges incas.<BR>L'organisation des rues et des canaux qui fournissent l'eau venant des glaciers est rest&eacute;e inchang&eacute;e. </P><p align=justify>Ce n'est que depuis le village que nous aurons un aper&ccedil;u de la forteresse inca b&acirc;tie sur un escarpement permettant de contr&ocirc;ler l'acc&egrave;s &agrave; la Vall&eacute;e Sacr&eacute;e par rapport aux r&eacute;gions amazoniennes situ&eacute;es en aval (au nord-ouest). Au sommet des terrasses se dresse le Temple aux Dix Niches inachev&eacute; et, &agrave; mi-pente, sur la gauche, le Temple du Soleil &eacute;galement inachev&eacute; du fait de la conqu&ecirc;te. Ce dernier comporte un imposant mur fait de 6 imposants blocs de porphyre poli. Ces pierres colossales &eacute;taient achemin&eacute;es depuis des carri&egrave;res situ&eacute;es &agrave; six kilom&egrave;tres sur l'autre rive du Rio Urubamba. On trouve un syst&egrave;me de canalisations, un bain de forme trap&eacute;zo&iuml;dale, le Bain de la Princesse...</P><p align=justify>De l'autre c&ocirc;t&eacute; du village, faisant face &agrave; la forteresse on aper&ccedil;oit &eacute;galement les vestiges d'un b&acirc;timent &agrave; quatre niveaux, les colcas, greniers ou entrep&ocirc;ts. Encore un plus haut, on peut voir d'autres ruines tandis que c'est plus &agrave; gauche, derri&egrave;re un &eacute;peron, que l'on aper&ccedil;oit l'ancienne prison.<BR>Notre pr&eacute;sence ici se justifiera seulement par la visite du village. C'est l'unique agglom&eacute;ration p&eacute;ruvienne qui a conserv&eacute; son plan initial inca. Les constructions coloniales reposent sur les soubassements incas tr&egrave;s visibles avec une ma&ccedil;onnerie faite d'&eacute;normes pierres. Les rues ont conserv&eacute; leur pavage et leur rigole d'origine. Au-dessus des portails, on peut voir les paires de taureaux porte-bonheur encadrant une petite croix de la passion.</P><p align=justify>Nous visitons une maison traditionnelle apr&egrave;s avoir franchi une porte perc&eacute;e dans un mur s&eacute;parant la cour de la rue. Les constructions h&eacute;bergeant plusieurs g&eacute;n&eacute;rations sont dispos&eacute;es sur les trois autres c&ocirc;t&eacute;s de la cour pav&eacute;e et travers&eacute;e par une rigole. </P><p align=justify>Un b&acirc;timent est transform&eacute; en mus&eacute;e (du moins le jour). Dans la p&eacute;nombre, on peut distinguer tout un petit &eacute;levage de cuys en libert&eacute;, un foyer, des bouquets d'herbe s&eacute;ch&eacute;e plac&eacute;s au-dessus de la porte, plus loin une aile de condor, des grosses sacoches en tissu (sans doute pour remplacer commodes et armoires), des &eacute;pis de ma&iuml;s, un foetus de lama porte-bonheur dont nous avons d&eacute;j&agrave; parl&eacute; en d&eacute;crivant les march&eacute;s, des cr&acirc;nes d'anc&ecirc;tres, des coupes contenant divers l&eacute;gumes secs (quinoa, haricot, pommes de terre d&eacute;shydrat&eacute;es). Suit un &eacute;talage de diff&eacute;rents objets &agrave; fonction plus ou moins utilitaires mais le plus souvent simples f&eacute;tiches: figurine de taureau en poterie, et la fameuse figurine f&eacute;tiche dont nous avons d&eacute;j&agrave; parl&eacute; Ekeko, portant ici panier et vieux billets et accompagn&eacute; d'un petit Ekeko, encore d'autres figurines de condor et de grenouille et autres animaux porte-bonheurs, statuettes incas, pilons sous forme de phallus et donc mortiers...</P><p align=justify>Apr&egrave;s une petite heure dans le village nous reprenons le bus.</P><p align=justify>. </P><p align=justify> A nouveau, direction Urubamba. La vall&eacute;e du Rio Urubamba est riche pour l'agriculture, ici on peut r&eacute;colter 80 quintaux de ma&iuml;s &agrave; l'hectare. Les Incas avaient creus&eacute;s des tombeaux dans les falaises qui bordent la vall&eacute;e.</P><p align=justify><BR> Visite de l'atelier et du magasin des c&eacute;ramistes Pablo Seminario et Maril&uacute; Behar. Ces artisans ou artistes red&eacute;couvrent les techniques pr&eacute;colombiennes ce qui ne les emp&ecirc;chent pas d'aborder des cr&eacute;ations contemporaines... sur des th&egrave;mes traditionnels (soleil, croix andine).</P><p align=justify>Visite des ateliers o&ugrave; l'on fa&ccedil;onne de grands vases enti&egrave;rement &agrave; la main, sans tour tandis que des femmes peignent des petites pi&egrave;ces. Le jardin est &eacute;galement tr&egrave;s agr&eacute;able avec son enclos aux alpagas, la fontaine en forme de croix andine, ses aras multicolores vert, rouge et bleu (ce dernier n'est sans doute pas un Ara de Lear, esp&egrave;ce rare et recherch&eacute;e, en voie de disparition). Ces grands perroquets de l'Am&eacute;rique tropicale &eacute;taient appr&eacute;ci&eacute;s pour leur plumage dont se rev&ecirc;taient les souverains incas mais aussi pour leur aptitude &agrave; ''parler''. Et dans un parc, un timide douroucoule ou douroucouli, un petit singe qui &eacute;vite le regard humain, la seule esp&egrave;ce de singe nocturne au monde.</P><p align=justify>Le centre de la cour est occup&eacute; par un bassin en forme de croix andine.</P><p align=justify>La croix andine ou croix carr&eacute;e, la chacana (en quechua, tawa chakana, &quot;quatre escaliers&quot; ou selon d'autres &quot;le chemin&quot; ou &quot;le guide de lumi&egrave;re&quot;), est un symbole mill&eacute;naire (4000 &agrave; 5000 ans). Sa forme est celle d'une croix carr&eacute;e et &eacute;chelonn&eacute;e, avec 12 pointes. Elle repr&eacute;sente la Croix du Sud mais symbolise les liens tr&egrave;s &eacute;troits qui unissent le ciel et la terre. Avec 4 directions: l'espace, l'air que l'on respire, le sol qui nous porte et nous nourrit et l'int&eacute;rieur de la terre (eau, feu) et 3 niveaux: le monde inf&eacute;rieur, celui du serpent et de la naissance, le monde du milieu, celui du puma et de l'&acirc;ge adulte, le monde sup&eacute;rieur, celui du condor et de la sagesse du vieillard. Le cercle central repr&eacute;sente le &quot;nombril du monde&quot; cosquo, le centre de Tawantinsuyu, l'empire inca.</P><p align=justify>.</P><p align=justify> Trajet de quelques minutes qui nous conduit &agrave; Yukay, un village distant d'&agrave; peine 10km, au restaurant Allpa Manka o&ugrave; nous sommes accueillis avec un verre de chicha traditionnelle. C'est une sorte de bi&egrave;re ou de cidre, de couleur jaune, au go&ucirc;t sec et aigrelet, titrant 5 ou 6&deg;, fabriqu&eacute;e &agrave; partir de ma&iuml;s blanc ferment&eacute; et parfois on utilise l'arachide ou le yucca (manioc). Rien &agrave; voir avec la chicha morada que l'on nous sert dans certains h&ocirc;tels qui est un sirop color&eacute; par une d&eacute;coction de ma&iuml;s noir ou violet fonc&eacute;. Les P&eacute;ruviens forcent souvent le degr&eacute; d'alcool de la chicha traditionnelle jusqu'&agrave; 40&deg; en ajoutant de l'alcool de canne &agrave; sucre.<BR>Les d&eacute;bits de boisson vendant la chicha alcoolis&eacute;e sont nomm&eacute;s chicharas, chicharias ou chicherias. Sur nos trajets en Vall&eacute;e Sacr&eacute;e nous avons eu l'occasion d'en apercevoir souvent, signal&eacute;s par un sac rouge plac&eacute; au bout d'une perche inclin&eacute;e plant&eacute;e devant des maisons souvent d'allure mis&eacute;rable.</P><p align=justify>.</P><p align=justify> --------------------------------------------------------------------------------</P><p align=justify>PISAC ou PISAQ * (2000 habitants): son march&eacute;</P><p align=justify> Peu de temps avant d'avoir repris la route, nous sommes confront&eacute;s aux derniers f&ecirc;tards du Carnaval. Ce dimanche qui clos la semaine du Mercredi des Cendres, d&eacute;but du Car&ecirc;me catholique est aussi le dernier o&ugrave; s'expriment encore quelques r&eacute;jouissances et divers amusements bon enfant.<BR>Des jeunes install&eacute;s dans un pick-up avec force seaux d'eau prennent plaisir &agrave; asperger notre bus lorsque nous les d&eacute;passons.</P><p align=justify>Nous arrivons &agrave; PISAC (ce qui signifie &quot;perdrix&quot; en quechua) apr&egrave;s une heure de trajet, apr&egrave;s avoir travers&eacute; le village de Calca o&ugrave; nous avons peu voir un &quot;Humisha&quot; ou ''Cortamonte'', un arbre d&eacute;cor&eacute; avec des ballons, des serpentins, des v&ecirc;tements et d'autres objets pour c&eacute;l&eacute;brer la fin des festivit&eacute;s du Carnaval.</P><p align=justify>A Pisac, o&ugrave; subsistent des terrasses agricoles inca, nous ne visiterons pas le site arch&eacute;ologique qui les dominent. <BR> Notre but, c'est la visite du march&eacute; traditionnel qui a lieu ici les dimanches, mardis et jeudis (des guides anciens mentionnent le samedi et le lundi). Ceci explique que l'une des journ&eacute;e ait &eacute;t&eacute; permut&eacute;e, le Machu Picchu &eacute;tait pr&eacute;vu le dimanche.<BR>Le march&eacute; est nettement moins authentique que celui de San Camilo d'Arequipa ou de San Pedro de Cuzco car il comporte une large partie de march&eacute; artisanal destin&eacute; aux touristes.<BR>Il reste n&eacute;anmoins int&eacute;ressant avec son march&eacute; aux l&eacute;gumes: pommes de terre, haricots et ma&iuml;s de toutes sortes, l&eacute;gumes verts, carottes, courges, racines et rhizomes divers. On trouve aussi les fruits: avocats, bananes, pommes, mandarines vertes, past&egrave;ques... Etal de viande de boeuf &eacute;galement Dans le secteur des fruits secs, on trouve des cacahu&egrave;tes (fruits sec de l'arachide, plante originaire du Mexique), des noix de cajou ou anacardes (fruit sec originaire du Br&eacute;sil). On peut aussi y acheter des poudres colorantes ou des sandales faites &agrave; partir de pneus usag&eacute;s...</P><p align=justify>Parlons un peu des Indiennes et de leur tenue.<BR>Les Indiennes sont qualifi&eacute;es de cholitas. A l'origine le terme avait un sens p&eacute;joratif (&quot;chienne&quot; dans les Cara&iuml;bes) donn&eacute; par les conqu&eacute;rants aux m&eacute;tis . Il a perdu compl&eacute;tement cette connotation raciste et est assum&eacute; par les P&eacute;ruvien(ne)s.<BR>Le traditionnel anacu des indiennes a &eacute;t&eacute; transform&eacute; en jupe, la pollera (litt&eacute;ralement &quot;cage &agrave; poulets&quot;!) de couleur tr&egrave;s vive, voire brillante ou moir&eacute;e. La couleur parle de leur histoire &eacute;voquant la joie, la peine, la naissance et la mort. Dans certaines r&eacute;gions la jupe noire est accompagn&eacute;e d'une faja (type de ceinture large) de diverses couleurs. Sous cette jupe, la cholita porte pas moins de 7 amples jupons (enaguas) superpos&eacute;s. En mettant en valeur le post&eacute;rieur, on ne peut pas dire que cela a autant d'allure qu'un jupon &agrave; crinoline (le travail courb&eacute; sur la terre est sans doute aussi pour quelque chose dans cette allure). Le costume traditionnel est compl&eacute;t&eacute; par l'ahuayo, le ch&acirc;le de laine en tricot au crochet ou en dentelle soyeuse, de couleur vive et assorti &agrave; la jupe. <BR>Dans ce march&eacute; largement touristique, on voit toute sortes de couvre-chefs. Un type de chapeau assez plat en tricot de couleur vive mais aussi celui qui correspond &agrave; l'image d'Epinal que l'on a en Occident, le fameux (et ridicule) chapeau melon qu'elles portent haut perch&eacute; sur la t&ecirc;te. Ils ont &eacute;t&eacute; introduits vers 1920. Les hommes les ont-ils offerts &agrave; leur femme ? Mais pourquoi si petits? Ou bien un importateur qui se serait tromp&eacute; de taille dans sa commande aurait-il fait r&eacute;ussi &agrave; faire croire aux femmes que cet atribut &eacute;tait la derni&egrave;re mode? </P><p align=justify>La visite de la rue centrale voisine du march&eacute; est &eacute;galement int&eacute;ressante outre le fait que l'on y trouve beaucoup de restaurants, caf&eacute;s et boutiques d'artisanat.<BR>Il est plus int&eacute;ressant de jeter un coup d'oeil dans les patios des boulangeries o&ugrave; l'on cuit du pain p&eacute;ruvien (pain aplati) et des empanadas (sorte de chaussons de p&acirc;te feuillet&eacute;es fourr&eacute;s de viande, oeuf, l&eacute;gumes...) et o&ugrave; l'on &eacute;l&egrave;ve aussi des cuys (nom savant en latin: cavia porcellus) avant de les passer &agrave; la casserole. Pour cela, apr&egrave;s leur avoir tordu le cou (assomm&eacute;s comme les lapins) pour les tuer, ils sont &eacute;bouillant&eacute;s pour pouvoir enlever les poils et enfin ils sont vid&eacute;s. Donc la similitude avec notre cochon ne s'arr&ecirc;te pas qu'au seul nom... <BR>Ici on pratique la cuisson r&ocirc;tie au four et non pas grill&eacute;e &agrave; la broche. Le cuy peut aussi &ecirc;tre fum&eacute;, frit (r&eacute;gion d'Arequipa) ou bouilli puis ajout&eacute; &agrave; des l&eacute;gumes dans une sorte de rago&ucirc;t ou de daube.</P><p align=justify>Nous ne visitons pas les ruines incas situ&eacute;es &agrave; 8km, au-dessus du village actuel. Il s'agit de terrasse et des vestiges d'une forteresse avec temples, bains...</P><p align=justify>.</P><p align=justify>--------------------------------------------------------------------------------</P><p align=justify>AWANACANCHA ou AWANA KANCHA</P><p align=justify> Apr&egrave;s une heure et quart de route, nous arrivons au village de tisserands d'Awanacancha (&quot;le palais du tissu&quot;), avec un parc de cam&eacute;lid&eacute;s sud-am&eacute;ricains et un centre de production artisanale de laine et de tissu. </P><p align=justify>. </P><p align=justify> <BR> Cette organisation r&eacute;sulte du regroupement de 420 familles appartenant &agrave; 14 communaut&eacute;s. On peut y voir une pr&eacute;sentation des laines et des diff&eacute;rents colorants naturels (d'origine min&eacute;rale, v&eacute;g&eacute;tale ou animale), du tissage utilisant du fil &agrave; double torsion (ce qui accro&icirc;t sa r&eacute;sistance). Les tisserandes sont v&ecirc;tues de leurs habits traditionnels qui malheureusement dissimulent mal leurs pulls et gilets en acrylique! </P><p align=justify>Coup d'oeil au parc des cam&eacute;lid&eacute;s qui pr&eacute;sente diff&eacute;rentes sortes de lamas (llamas en espagnol), alpagas (alpacas en espagnol) et guanacos et, dans un pr&eacute; un peu &agrave; l'&eacute;cart, une malheureuse vigogne qui n'a de cesse d'aller et venir le long de sa cl&ocirc;ture. Les pelages sont de diverses couleurs, allant du blanc au noir en passant par des couleurs fauves. Certains animaux tachet&eacute;s se paient m&ecirc;me la fantaisie d'une robe de style girafe ou l&eacute;opard (plus justement de jaguar puisque l'on est en Am&eacute;rique tropicale et non en Afrique ou en Asie). <BR>Du fait de la saison, on assiste fortuitement &agrave; un long accouplement d'alpagas car il survient peu de temps (deux semaines) apr&egrave;s la mise bas.</P><p align=justify>A l'occasion du Carnaval, a &eacute;t&eacute; dress&eacute; dans le parc animalier un exemple du fameux &quot;Humisha&quot; ou ''Cortamonte'', l'arbre que l'on d&eacute;core avec des ballons, des serpentins et divers objets. Et dans cette ambiance de fin de Carnaval, on voit avant notre d&eacute;part des jeunes gens attraper les jeunes filles pour leur barbouiller les joues de couleurs...</P><p align=justify> Une demi heure plus tard, nous sommes de retour &agrave; Cuzco. Il est 17h45 environ et il fait nuit. </P><p align=justify>.</P><p align=justify> Compte tenu de l'heure, nous allons directement d&icirc;ner dans un restaurant r&eacute;put&eacute;, El Truco, sur la place d'Armes. Des touristes japonais y sont d&eacute;j&agrave; install&eacute;s. Pendant le repas, on assiste &agrave; un spectacle de musique (5 interpr&egrave;tes) et de danses traditionnelles (deux couples) et &agrave; la fin, ceux que cela int&eacute;resse peuvent les rejoindre.<BR>Dernier petit tour sur la place d'Armes dont les monuments apparaissent dans une lumi&egrave;re dor&eacute;e tandis que dans sa blancheur le Christ R&eacute;dempteur veille sur la ville depuis sa colline.Enfin, nous retrouvons notre h&ocirc;tel Agustos, quitt&eacute; deux jours plus t&ocirc;t.</P><p align=justify>_______________________________________________________________</P><p align=justify>Sexe, mort et sacrifice <BR>dans la religion Mochica. <BR>Extraits de la pr&eacute;sentation de l'exposition &quot;Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica&quot; par Steve Bourget qui s'est tenue au mus&eacute;e du quai Branly (09/03/10 - 23/05/10).</P><p align=justify>&quot;L&#146;exposition &laquo; Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica &raquo; rassemble, pour la premi&egrave;re fois en Europe, 134 c&eacute;ramiques mochica montrant avec un r&eacute;alisme surprenant des actes sexuels ou sacrificiels. Ces poteries nous racontent le lien que le peuple mochica &eacute;tablissait entre la religion, le pouvoir, la sexualit&eacute; et la mort.<BR>[...]<BR>Les artisans mochica ont p&eacute;tri dans leurs poteries ces rites non reproducteurs, faisant des attributs sexuels stylis&eacute;s les th&egrave;mes centraux d&#146;une iconographie &agrave; fonction rituelle dont l&#146;audace est &agrave; la hauteur de la force de leurs croyances.<BR>Steve Bourget propose des cl&eacute;s d&#146;interpr&eacute;tation de cette imagerie sexuelle qui n&#146;est pas li&eacute;e &agrave; la vie quotidienne des Moche, mais renvoie &agrave; une id&eacute;ologie politique et religieuse caract&eacute;ristique de leur soci&eacute;t&eacute;. Cette id&eacute;ologie est habit&eacute;e par le souci d&#146;assurer, par la reproduction de l&#146;autorit&eacute; gouvernante, la propre continuit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute;, et d&#146;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale celle de l&#146;univers. </P><p align=justify>Cette iconographie religieuse, surprenante<BR>rencontre de l&#146;acte sexuel et du sacr&eacute;, est unique dans l&#146;art pr&eacute;colombien et propre &agrave; la mythologie mochica. Elle figure des actes sacrificiels, mais surtout sexuels entre animaux et/ou personnages anthropomorphes.<BR>Les artisans mochica ont p&eacute;tri dans leurs poteries ces rites non reproducteurs, faisant des attributs sexuels stylis&eacute;s les th&egrave;mes centraux d&#146;une iconographie &agrave; fonction rituelle dont l&#146;audace est &agrave; la hauteur de la force de leurs croyances.<BR>Steve Bourget propose des cl&eacute;s d&#146;interpr&eacute;tation<BR>de cette imagerie sexuelle qui n&#146;est pas li&eacute;e &agrave; la<BR>vie quotidienne des Moche, mais renvoie &agrave; une<BR>id&eacute;ologie politique et religieuse caract&eacute;ristique<BR>de leur soci&eacute;t&eacute;. Cette id&eacute;ologie est habit&eacute;e par le souci d&#146;assurer, par la reproduction de l&#146;autorit&eacute; gouvernante, la propre continuit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute;, et d&#146;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale celle de l&#146;univers.<BR>[...]<BR>L&#146;exposition invite &agrave; d&eacute;couvrir cette civilisation pr&eacute;colombienne par le prisme de sa mythologie unique qui, en l&#146;absence d&#146;&eacute;criture, nous est transmise par une imagerie propre qui t&eacute;moigne de la surprenante rencontre du sacr&eacute;, de l&#146;acte sexuel et de la mort. </P><p align=justify>Il est important de comprendre que les images sexuelles figurant sur les c&eacute;ramiques mochica ne sont pas des illustrations de la vie quotidienne de la soci&eacute;t&eacute; Moche. Aussi, leur interpr&eacute;tation ne peut se baser sur les id&eacute;es et valeurs de notre propre soci&eacute;t&eacute; : leur message doit &ecirc;tre d&eacute;chiffr&eacute; &agrave; partir d&#146;une reconstruction du contexte particulier du monde des Moche, que propose cette exposition. </P><p align=justify>En mettant particuli&egrave;rement l&#146;accent sur la production c&eacute;ramique, facette de l&#146;artisanat Mochica particuli&egrave;rement riche et connue pour son abondance et son r&eacute;alisme, l&#146;arch&eacute;ologue Steve Bourget r&eacute;v&egrave;le le r&eacute;sultat des recherches qu&#146;il a effectu&eacute;es en &eacute;tudiant de mani&egrave;re syst&eacute;matique l&#146;ensemble de l&#146;iconographie Moche.<BR>[...]<BR>Toutefois, les interpr&eacute;tations pr&eacute;sent&eacute;es dans l&#146;exposition sont n&eacute;cessairement sp&eacute;culatives, compte tenu du caract&egrave;re lacunaire des sources arch&eacute;ologiques relatives &agrave; cette civilisation. </P><p align=justify>La soci&eacute;t&eacute; mochica, telle qu&#146;elle est repr&eacute;sent&eacute;e dans<BR>l&#146;iconographie, regroupe quatre grandes classes<BR>d&#146;&ecirc;tres :<BR>- les vivants (humains et animaux domestiques),<BR>- les morts,<BR>- les esprits animaux,<BR>- les divinit&eacute;s principales ou esprits ancestraux.</P><p align=justify>Tous ces &ecirc;tres sont pris dans des cycles de reproduction impliquant le basculement d&#146;une<BR>moiti&eacute; &agrave; l&#146;autre, dans le cadre de grands rituels collectifs o&ugrave; les sacrifices, notamment de<BR>guerriers prisonniers, occupaient une place importante.<BR>[...]<BR>Les vases sont orn&eacute;s de sc&egrave;nes sexuelles et sacrificielles peintes ou sculpt&eacute;es; la repr&eacute;sentation d&#145;actes explicites, impliquant des humains, des animaux voire des squelettes, accompagnait le Seigneur et l&#146;&eacute;lite mochica dans leur voyage vers le Monde des morts, garante de leur retour &agrave; la vie et &agrave; la fertilit&eacute;. </P><p align=justify>[...] le commissaire Steve<BR>Bourget a pu mettre en &eacute;vidence une focalisation de la c&eacute;ramique fun&eacute;raire sur deux grandes formes de sexualit&eacute; :<BR>- l&#146;une impliquant des actes sexuels non-procr&eacute;atifs (sodomie, masturbation, fellation&#133;)<BR>entre un humain vivant (g&eacute;n&eacute;ralement une femme) et une &eacute;ventuelle victime<BR>sacrificielle, un mort ou un &ecirc;tre squelettique.<BR>- l&#146;autre une copulation procr&eacute;ative soit entre des animaux symbolisant des &eacute;l&eacute;ments<BR>importants de la fertilit&eacute; (batraciens, rongeurs&#133;), soit entre une divinit&eacute; majeure &#150;<BR>principalement celle connue sous le nom de &laquo; Wrinkle Face &raquo; ou &laquo; Face Rid&eacute;e &raquo; &#150; et une<BR>femme humaine.</P><p align=justify>La premi&egrave;re cat&eacute;gorie d&#146;images renverrait &agrave; une sexualit&eacute; invers&eacute;e et ne pouvant pas mener &agrave;<BR>la procr&eacute;ation propre aux habitants de l&#146;inframonde, tandis que la seconde, figurant une<BR>copulation entre une divinit&eacute; et une victime sacrificielle, &eacute;voquerait une sexualit&eacute; g&eacute;n&eacute;ratrice<BR>sur le plan cosmologique, gage de la fertilit&eacute; du monde habit&eacute; par les Mochicas.</P><p align=justify>Ces repr&eacute;sentations &eacute;tonnantes n&#146;ont donc rien d&#146;&eacute;rotique, et leur naturalisme n&#146;est que de<BR>surface, puisqu&#146;elles figurent pour l&#146;essentiel des entit&eacute;s ou des processus surnaturels<BR>combinant des choses normalement disjointes : des morts-vivants, des animaux avec des<BR>attributs humains, des dieux &agrave; la fois destructeurs et r&eacute;g&eacute;n&eacute;rateurs.<BR>Il s&#146;agit en r&eacute;alit&eacute; d&#146;une imagerie religieuse, &agrave; fonction rituelle, qui utilise la sexualit&eacute; pour<BR>symboliser des op&eacute;rations cosmologiques abstraites : le passage du monde d&#146;ici &agrave;<BR>l&#146;inframonde, les &eacute;changes continus de substances nourrici&egrave;res &#150; sang, liquide s&eacute;minal,<BR>eau&#133; &#150; entre les vivants et les divinit&eacute;s ou esprits ancestraux, &eacute;changes r&eacute;gl&eacute;s qui<BR>garantissent la bonne marche de l&#146;univers et dont la gestion incombe aux souverains et aux<BR>dignitaires religieux.&quot;</P><p align=justify>------------------------------</P><p align=justify>Lever tr&egrave;s matinal &agrave; Cuzco, 5 heures (!) car il faut prendre l'avion pour LIMA. <BR>Du petit a&eacute;roport, notre avion s'envole peu apr&egrave;s 8h15. </P><p align=justify>Vol tranquille d'une heure et demie qui nous fait survoler la vall&eacute;e de l'Urubamba, puis entrer dans les nuages ce qui emp&ecirc;che d'apercevoir le Machu Picchu. Par des trou&eacute;es, on peut en revanche apercevoir les sommets des sierras enneig&eacute;es. L'avion vole cap &agrave; l'ouest, au sud de Lima, ce qui l'am&egrave;ne sur la c&ocirc;te du Pacifique qu'il longe avant d'effectuer un virage l'amenant &agrave; survoler le port de Callao et le paysage d&eacute;sertique proche de l'a&eacute;roport.</P><p align=justify>. </P><p align=justify>LIMA (10 millions d'habitants, un tiers de la population du P&eacute;rou!)</P><p align=justify> Cette fois, &agrave; la diff&eacute;rence de notre arriv&eacute;e il y a 10 jours, nous nous dirigeons vers le quartier de Miraflores non pas en empruntant les grands axes tels que les avenues Marina, Sanchez Carrion, Javez Prado et Arequipa mais en utilisant un itin&eacute;raire qui longe la c&ocirc;te: Avenida La Paz et Avenida Perez Aranibar. La route s'&eacute;l&egrave;ve peu &agrave; peu au-dessus de l'oc&eacute;an, le long de la Costa Verde qui m&eacute;rite son nom, et que la ville am&eacute;nage en promenade plant&eacute;e. Les villas et commerces se prot&egrave;gent derri&egrave;re barbel&eacute;s et cl&ocirc;tures ac&eacute;r&eacute;es...<BR>On arrive au niveau de la corniche &agrave; Miraflores qui domine les plages de gravier gris. Nous allons y retrouver l'h&ocirc;tel o&ugrave; nous avions pass&eacute; la premi&egrave;re nuit.</P><p align=justify> Nous retrouvons notre h&ocirc;tel Allpa peu avant midi, heure &agrave; laquelle nous avons normalement rendez-vous pour un tour de ville avec notre guide locale Aurora, tr&egrave;s patriote (&quot;MA ville&quot;, &quot;MON pays&quot; reviennent sans arr&ecirc;t dans son discours) mais au demeurant tr&egrave;s sympathique et au fran&ccedil;ais parfait. </P><p align=justify>En principe, nous ne pouvons pas prendre possession de nos chambres avant 13 heures et pourtant il serait judicieux d'all&eacute;ger nos tenues &quot;montagnardes&quot; car il fait 28&deg;. Apr&egrave;s des palabres un peu houleux, les chambres sont accessibles. Pour moi et mon &eacute;pouse, c'est une suite avec deux tr&egrave;s grandes pi&egrave;ces dont une chambre en rotonde donnant sur le carrefour et &eacute;quip&eacute;e d'une grande baignoire &agrave; jacuzzi. </P><p align=justify> Le d&eacute;jeuner &eacute;tait indiqu&eacute; comme libre dans le programme et pour un d&eacute;part report&eacute; &agrave; 12h45, nous avons moins d'une demi heure pour nous mettre quelque chose sous la dent. On se contentera d'un sandwich achet&eacute; au supermarch&eacute; Vivanda, sur l'avenue Jos&eacute; Pardo. </P><p align=justify>. </P><p align=justify>Quartiers hupp&eacute;s : San Isidro, Pueblo Libre et visite du Mus&eacute;e Rafael Larco Herrera </P><p align=justify> Nous gagnons les quartiers situ&eacute;s au nord-ouest de Miraflores ou, autrement d&eacute;sign&eacute;s, au sud-ouest du centre ville, quartiers que nous avions vu de nuit le soir de notre arriv&eacute;e &agrave; Lima. Ces secteurs qui ont &eacute;t&eacute; absorb&eacute;s par la ville se sont d&eacute;velopp&eacute;s depuis l'ind&eacute;pendance et leur architecture est qualifi&eacute;e pour cela de &quot;r&eacute;publicaine&quot;. R&eacute;publicaine mais pas tr&egrave;s s&eacute;curisante si l'on en juge par les cl&ocirc;tures peu sympathiques qui prot&egrave;gent les villas cossues et m&ecirc;me des commerces.</P><p align=justify>.</P><p align=justify> <BR>C'est San Isidro, quartier hupp&eacute; avec les ambassades. Remontant la rue Coronel Portillo, nous passons devant la r&eacute;sidence de notre ambassadeur Madame C&eacute;cile Pozzo du Borgo (l'ambassade quant &agrave; elle se trouve Avenida Arequipa) puis devant l'ambassade de Cuba, des Pays-Bas, le Country Club Lima Hotel. </P><p align=justify> Nous poursuivons une boucle qui nous ram&egrave;ne vers Miraflores en passant devant un b&acirc;timent diplomatique des Pays-Bas ou du Luxembourg puis nous longeons le site de Huaca Pucllana o&ugrave; a &eacute;t&eacute; mise &agrave; jour une pyramide haute de 25m, faite de briques d'adobe pos&eacute;es verticalement. Nous nous contentons d'apercevoir ce monument dont il existe d'autres exemples dans la ville, monument qui remonte &agrave; une p&eacute;riode ancienne, entre 200 et 700 de notre &egrave;re. Des restes de femmes sacrifi&eacute;es y ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s. On y sacrifiait aussi des animaux marins. Ce centre c&eacute;r&eacute;moniel fut repris par la culture huari ou wari. Bien plus tard, les Incas continu&egrave;rent &agrave; consid&eacute;rer le site comme un village sacr&eacute;. Notre guide nous indique que au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier, cette pyramide disparaissait sous une petite colline de sable.</P><p align=justify>Nous poursuivons en direction du quartier de Pueblo Libre en passant pr&egrave;s de l'ambassade du Japon, Avenida San Felipe. Certains se souviennent de la prise en otages de 500 personnes &agrave; l'ambassade du Japon &agrave; Lima (d&eacute;cembre 1996-mars 1997) par le Mouvement R&eacute;volutionnaire Tupac Amaru dirig&eacute; par le m&eacute;tis Nestor Cerpa Cartolini. C'est ensuite le Centre des Langues de l'Universit&eacute; du Pacifique, le si&egrave;ge de la Municipalit&eacute; de Pueblo Libre, un hyper Metro.</P><p align=justify> Apr&egrave;s ces tour et d&eacute;tour de trois quarts d'heure, nous arrivons au Mus&eacute;e Arch&eacute;ologique Rafael Larco Herrera (sur l'avenue Bolivar). Aurora a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; ce mus&eacute;e au Mus&eacute;e National d'Anthropologie, d'Arch&eacute;ologie et d'Histoire.<BR>Ce mus&eacute;e (comme de plusieurs autre) est priv&eacute;. Il fut fond&eacute; par l'arch&eacute;ologue p&eacute;ruvien Rafael Larco Hoyle en 1926. Autre sp&eacute;cificit&eacute;, il pr&eacute;sente de tr&egrave;s nombreuses pi&egrave;ces d'art pr&eacute;colombien: 45 000 (ou 50 000 dont 45 000 rest&eacute;s dans les r&eacute;serves) dont le d&eacute;p&ocirc;t est visible du public. </P><p align=justify>.</P><p align=justify>Cette collection couvre 4000 ann&eacute;es d'histoire et tout particuli&egrave;rement la culture moche ou mochica (100 &agrave; 700 ou 300 &agrave; 900 de notre &egrave;re? sur la c&ocirc;te nord). On y voit des sculptures, textiles, c&eacute;ramiques, bijoux...</P><p align=justify>Notre circuit ne nous a pas conduit dans la r&eacute;gion o&ugrave; s'&eacute;panouit la culture mochica ou moche sur la c&ocirc;te nord du P&eacute;rou entre 100 et 700 (ou entre 200 et 900?) de notre &egrave;re. Mais les mus&eacute;es p&eacute;ruviens pr&eacute;sentent &eacute;videmment des objets des diff&eacute;rentes cultures pr&eacute;hispaniques.</P><p align=justify>Comme la plupart des cultures andines ant&eacute;rieures, depuis Chavin, en passant par Paracas, Nazca et Tiahuanaco, les Mochicas pratiquaient la momification de leurs d&eacute;funts. Pratique qui se poursuivra dans les cultures Colla, Huari... et Inca. Curieusement les Mochicas exposaient les cadavres pendant un mois aux mouches? Etrange rituel! Etait-ce un moyen de lib&eacute;rer l'&acirc;me des d&eacute;funts.<BR>Dans ce mus&eacute;e, nous allons d&eacute;couvrir un aspect plus r&eacute;jouissant (et finalement comportant aussi un c&ocirc;t&eacute; macabre) de cette culture mochica.</P><p align=justify> A une partie chronologique, succ&egrave;dent des collections th&eacute;matiques. Notamment la salle des c&eacute;ramiques avec les vases-statuettes mochicas. On passe par la salle du syncr&eacute;tisme montrant l'influence des anciens cultes dans les repr&eacute;sentations chr&eacute;tiennes. Viennent ensuite les textiles huaris (ans 300 &agrave; 800 de notre &egrave;re sur la c&ocirc;te nord) et ceux de la tr&egrave;s ancienne civilisation paracas (800 av. J-C &agrave; 200 de notre &egrave;re sur la c&ocirc;te centrale). Une petite pi&egrave;ce de tissu du XIVe s. (culture chincha ou chancay) d&eacute;tient le record du monde pour la densit&eacute; de points au cm&sup2; (398 fils par pouce). On poursuit par la salle des sacrifices, la salle de l'orf&egrave;vrerie: collier, ornements de nez, boucles d'oreille, pectoraux, tiares (couronnes)... tout cela en or. Devant la vitrine pr&eacute;sentant les boucles d'oreille, je surprend une question d'un touriste francophone qu'il adresse le plus s&eacute;rieusement du monde &agrave; son coll&egrave;gue : &quot;Pourquoi &eacute;crivent-ils que c'est moche?&quot; et son camarade de lui pr&eacute;ciser &quot;Il faut prononcer moch&eacute; comme mosh&eacute; dans Mosh&eacute; Dayan&quot;...</P><p align=justify>Puis nous passons dans les impressionnantes r&eacute;serves. Toutes ces &eacute;tag&egrave;res bourr&eacute;es de superbes pi&egrave;ces, ce n'est gu&egrave;re rassurant dans un pays o&ugrave; la terre tremble souvent.</P><p align=justify> Enfin, le clou de la visite, c'est la galerie de la c&eacute;ramique &eacute;rotique &quot;moche&quot; situ&eacute;e dans un autre corps de b&acirc;timent, pr&egrave;s de la boutique, o&ugrave; l'on acc&egrave;de en passant par le jardin. Cela a l'air de beaucoup amuser &eacute;galement un groupe de touristes allemands. <BR>On y voit une collection unique au monde de huacos (vases-statuettes) mochicas pour les offrandes rituelles d&eacute;cor&eacute;s de motifs sexuels.<BR>Notre civilisation postmoderne n'a rien invent&eacute; en ce domaine. Dans ce kamasutra de c&eacute;ramique, outre une vari&eacute;t&eacute; de positions de copulation, on y voit des pratiques de fellation, masturbation, sodomie, des trios &eacute;tranges (un couple de vivants accompagn&eacute; d'un mort) mais pas de rapports homosexuels, des accouplement d'animaux mais pas de zoophilie, des sexes hypertrophi&eacute;s...</P><p align=justify><BR>Comment interpr&eacute;ter cette forme d'art en l'absence de traces &eacute;crites ? <BR>Notre guide Aurora, indique qu'il faut y voir un sens religieux et aussi que l'utilisation de certain vases pour boire correspondrait &agrave; une pratique magique ou &agrave; un rituel de fertilit&eacute;. D'autres regroupent les pi&egrave;ces selon quatre th&eacute;matiques: repr&eacute;sentation r&eacute;aliste de sc&egrave;nes &eacute;rotiques (fellation, co&iuml;t, accouchement, masturbation, triolisme), &eacute;rotisme religieux (avec intervention d'une divinit&eacute;), &eacute;rotisme humoristique (repr&eacute;sentations disproportionn&eacute;es des organes g&eacute;nitaux) et &eacute;rotisme moraliste (pr&eacute;sence d'hommes morts, sous la forme de cadavres ou de squelettes). Une planche explicative du mus&eacute;e renvoie &agrave; la fameuse trilogie avec la vision d'un univers partag&eacute; en trois mondes mais qui interagissent entre eux: monde des dieux, monde des vivants et monde des morts.<BR>Si l'on se reporte au livret de l'exposition &quot;Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica&quot; bas&eacute;e sur les recherches de Steve Bourget pr&eacute;sent&eacute;e l'an dernier au mus&eacute;e du quai Branly (09/03/10 - 23/05/10), on a une interpr&eacute;tation ritualiste encore bien plus complexe (voir l'encadr&eacute; ci-contre).</P><p align=justify>Pour regagner la sortie, nous empruntons une all&eacute;e bord&eacute;e de bougainvilliers de toutes les couleurs possibles (sauf bleu, vert et noir, &eacute;videmment), du rouge au blanc. Pr&eacute;cisons que ces plantes sont originaires des for&ecirc;ts tropicales humides d'Am&eacute;rique du Sud, notamment du Br&eacute;sil.<BR>Une curiosit&eacute; v&eacute;g&eacute;tale, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de cactus divers, on peut voir des cactus monstrueux que l'on dit &quot;fasci&eacute;s&quot;.<BR>Passons maintenant &agrave; une curiosit&eacute; animale, le &quot;chien nu du P&eacute;rou&quot;, sans poil, &agrave; la peau noire (pigmentation pour compenser l'absence de protection face aux rayons solaires) et tr&egrave;s chaude. Aurora nous pr&eacute;cise que dans les port&eacute;es de cette race de chiens, un seul chiot na&icirc;t avec des poils.</P><p align=justify>.</P><p align=justify>--------------------------------------------------------------------------------</P><p align=justify>Centre de Lima: Plaza Mayor, Convento de San Francisco<BR> En route pour le centre de Lima dont le centre historique est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1988 . <BR>La ville fut fond&eacute;e par les Espagnols en 1535 (mais le site &eacute;tait ant&eacute;rieurement occup&eacute; par des Am&eacute;rindiens), en opposition &agrave; Cuzco. Ainsi, l'ancienne capitale de l'empire inca se trouvait d&eacute;valoris&eacute;e et en m&ecirc;me temps cet emplacement sur le littoral facilitait les communications avec la lointaine m&eacute;tropole espagnole.<BR>Apr&egrave;s les quartiers p&eacute;riph&eacute;riques que nous connaissons et qui ont &eacute;t&eacute; peu &agrave; peu absorb&eacute;s par la ville, nous allons maintenant d&eacute;couvrir l'architecture coloniale de Lima. Les colons ont apport&eacute; avec eux le style des maisons hispano-mauresques avec les balcons &agrave; moucharabieh, permettant de tamiser la lumi&egrave;re tout en a&eacute;rant et aussi d'observer l'ext&eacute;rieur sans &ecirc;tre vu...</P><p align=justify>Nous passons Plaza Bolognesi, puis devant le Museo de Arte avant d'arriv&eacute;e Plaza Grau o&ugrave; l'on voit un b&acirc;timent qui fait penser &agrave; l'H&ocirc;tel de Ville de Paris et qui est l'ancienne ambassade de France et aujourd'hui appartient &agrave; l'Etat p&eacute;ruvien. Nous passons devant le Museo de Arte, un grand b&acirc;timent blanc, oeuvre de Gustave Eiffel. Puis c'est la Plaza San Martin bord&eacute;e d'arcades, r&eacute;nov&eacute;e en 1997, avec la statue d&eacute;di&eacute;e &agrave; l'un des deux lib&eacute;rateurs du pays et &eacute;rig&eacute;e en 1921 lors du centenaire de l'ind&eacute;pendance. C'est ici qu'on lieu les rassemblements politiques. Le Gran Hotel Bolivar construit dans les ann&eacute;es 1920 mais boud&eacute; par les touristes (pr&eacute;cis&eacute;ment les tours operators) en raison de l'ins&eacute;curit&eacute; qui r&eacute;gnait sur cette place. Aussit&ocirc;t apr&egrave;s avoir quitt&eacute; la place, nous avons &agrave; notre gauche le Museo de Arte Italiano avec sa fa&ccedil;ade renaissance d&eacute;cor&eacute;e de c&eacute;ramiques, mus&eacute;e consacr&eacute; &agrave; la peinture moderne.</P><BR> Enfin nous arrivons sur la Plaza Mayor (anciennement Plaza de Armas) pour une visite p&eacute;destre. La place a &eacute;t&eacute; r&eacute;nov&eacute;e &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque que la Plaza San Martin. Autour de cette grande place, plusieurs monuments attirent le regard. <BR>Ext&eacute;rieurement, la cath&eacute;drale du XVIIIe s., reconstruite apr&egrave;s le tremblement de terre de 1746, est assez aust&egrave;re. Elle a remplac&eacute; un &eacute;difice d&eacute;truit par un tremblement de terre. A sa gauche, on peut voir un pastiche d'architecture construit en 1924 m&ecirc;lant n&eacute;o-baroque et style hispano-mauresque, l'Archev&ecirc;ch&eacute;. Encore plus &agrave; a gauche, s&eacute;par&eacute;e par une rue, on peut voir l'une des plus anciennes demeures de la ville, la Casa del Oidor, la Maison du Juge, maison basse pourvue d'un impressionnant balcon mauresque. En face, se dresse le symbole du pouvoir temporel, le Palais Municipal autrement dit l'H&ocirc;tel de Ville. C'est une construction qui a moins d'un si&egrave;cle (1944 ou 1945?) mais qui pastiche le style de l'&eacute;poque coloniale (arcades, balcons en bois). Continuons avec les pouvoirs civils. Sur le c&ocirc;t&eacute; nord-est de la place se dresse le Palais du Gouvernement ou Palais Pr&eacute;sidentiel, &agrave; l'emplacement du Palais de Pizarro. Dans les ann&eacute;es 1920-30 (1925, 1934 ou 1937?), il a remplac&eacute; l'ancien Palais des Vice-Rois construit dans les ann&eacute;es 1600. Souvent des marches de protestation ont lieu devant les grilles du Palais Pr&eacute;sidentiel. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Dans un tel contexte, on n'est jamais trop prudent en mati&egrave;re de respect de l'ordre public, c'est pourquoi un camion dot&eacute; d'un canon &agrave; eau stationne sur un c&ocirc;t&eacute; de la place! Toujours une histoire d'eau, au centre de la vaste place est &eacute;rig&eacute;e une fontaine en bronze datant de 1650. De la place, sur la rue Jiron Conde de Superunda, en arri&egrave;re place de la Poste (Serpost), on aper&ccedil;oit la fl&egrave;che de couleur rose bonbon de l'&eacute;glise Saint Dominique. <p align=justify>Coup d'oeil au-del&agrave; du Rio Rimac, des quartiers modestes et d&eacute;j&agrave; la montagne en arri&egrave;re-plan.<BR>Nous traversons le Bar Cordano, &agrave; l'angle des rues Augusto Wiese et Jiron Ancash. Ce bar qui date de 1905 conserve un charme surann&eacute; et un c&ocirc;t&eacute; boh&egrave;me qui rappelle les bars c&eacute;l&egrave;bres d'une autre capitale sud-am&eacute;ricaine, la Havane...</P><p align=justify> Nous poursuivons notre promenade en direction de l'&eacute;glise et du &quot;Couvent&quot; de St Fran&ccedil;ois. C'est l'un des plus anciens b&acirc;timents coloniaux du P&eacute;rou. Du parvis, en arri&egrave;re du monast&egrave;re, on a une vue sur le bidonville qui monte &agrave; l'assaut de la montagne. La croix que l'on voit tout en haut se trouve au Mirador del Cerro San Cristobal (superbe point de vue para&icirc;t-il mais risques pour traverser les quartiers coupe-gorges pour s'y rendre).</P><p align=justify>Les tours de la fa&ccedil;ade de l'&eacute;glise sont faite d'une curieuse ma&ccedil;onnerie alternant des rangs de pierres bossel&eacute;es servant de perchoirs aux pigeons et elles encadrent un portail-retable de style baroque. L'&eacute;difice actuel date de 1672 (1674 ou 1625?). <BR>La coupole de style mud&eacute;jar (hispano-mauresque) est en c&egrave;dre de Panama tandis que la vo&ucirc;te surbaiss&eacute;e est faite de bambou recouvert de stuc. Les chapelles lat&eacute;rales abritent des statues de bois comm&eacute;morant divers saints personnages tel que San Martin de Pores, premier saint p&eacute;ruvien, m&eacute;tis maniant le balai (inhum&eacute; dans l'&eacute;glise du Couvent de St Dominique), San Judas Tadeo, patron des causes d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;es (comme Sainte Rita), une sainte locale: Sainte Rose de Lima (inhum&eacute;e dans l'&eacute;glise du Couvent de St Dominique) ou aussi une sainte mexicaine: Notre-Dame de la Guadalupe... <BR>L'&eacute;difice aurait d&ucirc; sa stabilit&eacute; au fait qu'il est construit sur des catacombes o&ugrave; 70 000 (ou 80 000) cadavres furent d&eacute;pos&eacute;s du XVe au XVIIe s.</P><p align=justify>Petit coup d'oeil dans le clo&icirc;tre du couvent dont les murs sont recouverts d'azulejos, des carreaux de fa&iuml;ence, import&eacute;s de S&eacute;ville en 1606.<BR>--------------------------------------------------------------------------------</P><p align=justify>Derni&egrave;re soir&eacute;e: Miraflores, Barranco</P><p align=justify> Nous reprenons la direction du district de Miraflores. </P><p align=justify>Aurora nous signale des personnes qui ont l'air de pointer la circulation. Il s'agit &quot;d'espions d'autobus&quot; qui travaillent pour les compagnies de transport et les renseignent sur les passages de bus concurrents et sur leur remplissage. A noter que le plus souvent les feux tricolores sont d&eacute;cal&eacute;s, implant&eacute;s au-del&agrave; du carrefour, et munis d'un d&eacute;compte lumineux des secondes comme dans certains autres pays.<BR>Panneaux &eacute;lectoraux t&eacute;moignant du m&eacute;tissage d&eacute;mographique tel celui vantant les m&eacute;rites d'un Pedro Pablo Kuczynski (origine polonaise?) pour la pr&eacute;sidence (faible notori&eacute;t&eacute; dans les sondages) et d'un Alex Von Erhen pour le Congr&egrave;s! Nous passons devant l'ambassade d'Argentine, un b&acirc;timent n&eacute;o-hispano-mauresque...</P><p align=justify> Nous arrivons &agrave; Miraflores, au Parc de l'Amour (El Parque del Amor) o&ugrave; l'on s'en va faire un court arr&ecirc;t car il d&eacute;j&agrave; plus de 17 heures alors qu'&agrave; titre personnel nous devrions d&eacute;j&agrave; &ecirc;tre &agrave; l'h&ocirc;tel pour y retrouver une jeune amie p&eacute;ruvienne...<BR>L'oeuvre centrale de ce parc, c'est &quot;Le Baiser&quot;, une sculpture monumentale de Victor Delfin, inaugur&eacute;e lors de la Saint Valentin 1993. Rendez-vous des amoureux et c'est un lieu de passage oblig&eacute; pour les jeunes mari&eacute;s comme on a pu s'en rendre compte en cette soir&eacute;e. Les bancs de mosa&iuml;que qui serpentent sont tr&egrave;s fortement inspir&eacute;s de ceux de Antoni Gaudi &agrave; Barcelone (Parque G&uuml;ell). Des phrases romantiques y sont ins&eacute;r&eacute;es.</P><p align=justify>Nous y reviendrons demain, avant notre d&eacute;part du P&eacute;rou.</P><p align=justify>.</P><p align=justify> Il est plus de 17h30 lorsque nous retrouvons dans le hall de l'h&ocirc;tel notre amie Carol, jeune avocate de 28 ans que nous n'avions pas revue depuis 11 ans lorsque nous l'avions re&ccedil;ue lors d'un s&eacute;jour linguistique. Miracle, elle n'a pas perdu son fran&ccedil;ais qu'elle n'a pourtant pas l'occasion de pratiquer.<BR>Nous allons passer la soir&eacute;e avec Carol en laissant nos compagnons de voyage aller au restaurant pour le classique &quot;D&icirc;ner d'adieu&quot;.</P><p align=justify>.</P><p align=justify> Avant de nous emmener d&icirc;ner, Carol nous propose une petite promenade dans le quartier de Barranco, au sud de Miraflores, quartier o&ugrave; nous sommes pass&eacute;s le premier jour, en longeant la c&ocirc;te pacifique. Nous voyons comment une Lim&eacute;rienne (d'adoption car elle est originaire d'Arequipa) s&eacute;lectionne les taxis. Elle refuse les petites Ticos Deawoo jug&eacute;es trop dangereuses.</P><p align=justify> <BR> Barranco est un ancien village de p&ecirc;cheurs devenu une station baln&eacute;aire chic, avec de grandes villas du XIXe s. Il y a quelques d&eacute;cennies de grands carnavals s'y d&eacute;roulaient. C'est aussi un quartier des artistes et &eacute;crivains et des jeunes branch&eacute;s qui fr&eacute;quentent les bars et bo&icirc;tes de nuit. L'&eacute;crivain Mario Vargas Llosa, (le Prix Nobel de Litt&eacute;rature lui a &eacute;t&eacute; d&eacute;cern&eacute; le 7 octobre 2010), y a v&eacute;cu dans les ann&eacute;es 1980.</P><p align=justify>Nous empruntons le Pont des Soupirs (Puente de Suspiros), un petit pont de bois cr&eacute;&eacute; &agrave; l'occasion de la Saint Valentin 1876, qui franchi la Descente des Bains (Bajada de los Ba&ntilde;os) plant&eacute;e de ficus. Un panneau nous indique un lieu de repli en cas de s&eacute;isme car on se souvient ici que la terre avait fortement boug&eacute; en 1940. Sur la place du Parc Municipal s'&eacute;l&egrave;ve l'ancienne chapelle des p&ecirc;cheurs, &quot;La Ermita&quot;. L'&eacute;glise San Francisco b&acirc;tie en 1850 est plus imposante bien que dot&eacute;e d'une seule tour. <BR>De Barranco, nous avons une vue proche sur la pointe Salto del Fraile (&quot;le saut du moine&quot;) surmont&eacute;e de la Cruz del Papa illumin&eacute;e.</P><p align=justify> C'est aussi dans ce quartier que nos coll&egrave;gues sont venus faire un tour avant de d&eacute;jeuner dans un restaurant en bord de mer, au restaurant Costa Verde, non loin du chic Restaurant La Rosa Nautica construit sur pilotis, dans le secteur des plages La Estrella et Las Piedritas.</P><p align=justify>Pour d&icirc;ner, Carol nous reconduit dans un restaurant gastronomique, Panchita de Miraflores, &agrave; quelques centaines de m&egrave;tres de son appartement et de l'h&ocirc;tel Allpa. </P><p align=justify>C'est un restaurant pratiquement invisible de la rue mais bien connu des Lim&eacute;riens qui fait penser aux brasseries parisiennes. L'&eacute;tablissement est vaste et on y mange de la cuisine typique que Carol souhaite nous faire d&eacute;couvrir. Ce restaurant a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; l'&eacute;t&eacute; 2009 par Gaston Acurio. Parcours curieux pour ce chef qui apr&egrave;s des &eacute;tudes de droit en Espagne, s'est retrouv&eacute; derri&egrave;re les fourneaux au Cordon Bleu, &agrave; Paris. Son projet, c'est de cr&eacute;er une nouvelle cuisine andine sur la base de ''500 a&ntilde;os de fusion&quot;. Donc une cuisine de fusion, une cuisine m&eacute;tiss&eacute;e, &agrave; l'image de la culture et des habitants de ce pays.<BR>Son succ&egrave;s est tel qu'il n'a pas seulement vendu ses livres mais qu'il poss&egrave;de plusieurs restaurants &agrave; Lima et qu'il a cr&eacute;&eacute; des restaurants en franchise dans le monde hispanique am&eacute;ricain et en Espagne. Il s'int&eacute;resse aussi aux cuisines italienne et japonaise.<BR>Apr&egrave;s tout, il s'inscrit dans la continuit&eacute; d'une cuisine p&eacute;ruvienne m&eacute;tiss&eacute;e, &agrave; l'image du pays. Ainsi, sous l'influence de l'&eacute;migration chinoise, beaucoup de plats se pr&eacute;sentent sous la forme de saut&eacute;s (les restaurants chinois &agrave; proprement parler s'appellent chifas). L'immigration japonaise semble jouer &agrave; son tour dans ce domaine.</P><p align=justify> Carol nous propose de commencer par des anticuchos de coraz&oacute;n de res, des morceaux de c&#156;ur de b&#156;uf marin&eacute;s et grill&eacute;s en brochette avec un accompagnement de ma&iuml;s et de pommes de terre au four et diverses sauces plus ou moins relev&eacute;es. S'y ajoute un plat genre parmentier (tamal servi dans un plat plut&ocirc;t que dans une traditionnelle feuille de bananier), avec une semoule de ma&iuml;s gratin&eacute;e recouvrant des morceaux de boeuf finement hach&eacute; et des raisins secs. Copieux et d&eacute;licieux. Le tout &eacute;tait arros&eacute; d'un excellent vin que pas chauvine pour un sou, Carol avait choisi argentin un Santa Julia de la r&eacute;gion de Mendoza. Un Malbec (c'est le c&eacute;page de notre Cahors) rouge Bio titrant 13&deg;!<BR>Nous n'avions plus faim mais les P&eacute;ruviens mangent beaucoup, alors Carol avait encore command&eacute; un autre plat! Nous passons &agrave; un saut&eacute; de boeuf avec des tomates, oignons et &quot;patates &agrave; la fran&ccedil;aise&quot; (des frites!) et pour faire passer cal une toujours copieuse et d&eacute;licieuse salade avec des noix de p&eacute;can, morceaux de pomme, grains de ma&iuml;s blanc, carotte r&acirc;p&eacute;e... Evidemment, impossible d'envisager un dessert et pourtant Carol s'en verra offrir un &agrave; emporter... suite &agrave; un incident car une desserte s'est renvers&eacute;e &eacute;claboussant un peu ses v&ecirc;tements.</P><p align=justify>Apr&egrave;s de telles bombances, il va &ecirc;tre difficile de trouver le sommeil. Notre amie nous quitte... Il est 22 heures et son travail commence d&egrave;s 8 heures le lendemain. Nous, nous pourrons faire la gr&acirc;ce matin&eacute;e...<BR>--------------------------------------------------------------------------------</P><p align=justify><BR>Derni&egrave;re journ&eacute;e: repos &agrave; Miraflores</P><p align=justify>Rien n'&eacute;tait pr&eacute;vu au programme de notre voyagiste pour cette journ&eacute;e. Le hasard des plannings de vol des compagnies a&eacute;riennes aurait sans doute pu nous faire partir tr&egrave;s t&ocirc;t alors que notre avion ne d&eacute;collera qu'&agrave; 20h35... Une journ&eacute;e pour r&eacute;cup&eacute;rer la fatigue du voyage. C'est le point de vue adopt&eacute; par la majorit&eacute; du groupe. Toutefois quelques courageux sont retourn&eacute; au centre en taxi afin de visiter la cath&eacute;drale, l'&eacute;glise Sainte Rose de Lima, le Mus&eacute;e de l'Inquisition... </P>A 10 heures du matin, apr&egrave;s une bonne digestion et une bonne nuit, &agrave; 10 minutes de marche de l'h&ocirc;tel, nous nous rendons au march&eacute; artisanal, le March&eacute; Indien ou le March&eacute; Inca de l'avenue Petit-Thouars. Curieux nom de rue &agrave; consonance fran&ccedil;aise. Il lui a &eacute; t&eacute; donn&eacute; en l'honneur de Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars, contre-amiral fran&ccedil;ais qui de passage &agrave; Lima en 1880, emp&ecirc;cha la destruction de la ville alors attaqu&eacute;e par les Chiliens.<BR>Les &eacute;tals du march&eacute; regorgent de souvenirs divers: papillons d'Amazonie naturalis&eacute;s, retables (retablos ayacuchanos) plus ou moins macabres (initialement on y repr&eacute;sentait de saints personnages et aussi des h&eacute;ros andins), cadres, poteries et c&eacute;ramiques ou m&ecirc;me des cuys en peluche jouant de la fl&ucirc;te de Pan ou faisant du v&eacute;lo...<p align=justify>Nous quittons le march&eacute; vers 11h30 et gagnons l'Ovalo, le Parque Central de Miraflores qui jouxte aussi le Parque Kennedy . Petit coup d'oeil sur la place avec l'h&ocirc;tel de ville du quartier, l'&eacute;glise de la Vierge Miraculeuse (Virgen Milagrosa). C'est aussi l'occasion de voir les changeurs de rue pratiquer leur petit commerce.</P><p align=justify>Pour manger, il y a l'embarras du choix. La place et les rues adjacentes sont remplies de restaurants, pizzerias et caf&eacute;s-restaurants aux noms plus ou moins exotiques: Caf&eacute; Ha&iuml;ti, Caf&eacute; de Paris, Caf&eacute; Colombia, Cafe Habana... Nous &eacute;chappons aux employ&eacute;s des restaurants touristiques qui nous h&egrave;lent et nous nous conterons du modeste Caf&eacute; La Paz. </P><p align=justify> Pour le demi apr&egrave;s-midi qui nous reste, nous d&eacute;cidons pour notre part d'aller faire un tour dans les jardins de la corniche. Profitons du soleil lim&eacute;rien que la brume doit venir masquer &agrave; partir d'avril pour huit longs mois. A tel point que l'absence de soleil conjugu&eacute; avec un taux d'humidit&eacute; de presque 100% donne alors aux Lim&eacute;riens un teint livide qui permet aux habitants des hauts plateaux de les rep&eacute;rer imm&eacute;diatement.</P><p align=justify>Apr&egrave;s une petite marche sur l'anvenue Benavides, au milieu des buildings modernes, nous arrivons rapidement sur la c&ocirc;te; il n'y a que 500m depuis le Parque Central de Miraflores. Nous allons d'abord au Parc Sunset avec un monument moderne en b&eacute;ton. De l&agrave; on a une vue rapproch&eacute;e du restaurant sur pilotis La Rosa Nautica. Les plages en contrebas sont un lieu appr&eacute;ci&eacute; des surfeurs. Apr&egrave;s un petit moment de repos, nous empruntons le pont E. Villena Rey, construit &agrave; la fin des ann&eacute;es 1960 afin de franchir un ravin c&ocirc;tier. Il est surnomm&eacute; &quot;le pont ketchup&quot; en raison des suicides qui y sont survenus. Pour &eacute;viter ces drames, il a depuis &eacute;t&eacute; entour&eacute; de garde-corps en plexiglas.</P><p align=justify>Nous nous installons un petit moment au Parc de l'Amour. On peut s'amuser &agrave; essayer de d&eacute;chiffrer ou plut&ocirc;t de d&eacute;fricher les textes qui courent sur les bancs courbes habill&eacute;s de mosa&iuml;que. Par exemple &quot;tu de este lado y yo de otro como dos remos&quot; que l'on peut traduire par &quot;toi d'un c&ocirc;t&eacute; et moi de l'autre, comme deux pagaies&quot; ou encore &quot;la presencia de tus ojos limpios que llegada la luna hasta nosotros&quot;<BR>&quot; qui pourrait dire ici &quot;la pr&eacute;sence de tes yeux clairs fait venir la lune jusqu'&agrave; nous&quot;.</P><p align=justify>Il faut penser au retour.</P><p align=justify>.</P><p align=justify>Dans le cadre d'un plus long s&eacute;jour &agrave; Lima, il serait int&eacute;ressant de visiter la Casa Aliaga au centre ville et par la m&ecirc;me occasion l'&eacute;glise et le Couvent (monast&egrave;re) Santo Domingo, ce qui fait pendant &agrave; la visite de San Francisco. De m&ecirc;me le Mus&eacute;e National d'Anthropologie peut compl&eacute;ter la visite du Mus&eacute;e Rafael Larco. Plusieurs autres mus&eacute;es m&eacute;riteraient une visite: Mus&eacute;e de la Nation, Mus&eacute;e Enrico Poli (mus&eacute;e priv&eacute;), Mus&eacute;e Pedro de Osma (encore un mus&eacute;e priv&eacute;), Mus&eacute;e de l'Or ... et des armes &agrave; feu! (encore un priv&eacute;, fond&eacute; par Miguel Mujica Gallo mais ses d&eacute;tracteurs disent que la majorit&eacute; des objets pr&eacute;sent&eacute;s sont des copies)...</P><p align=justify>.</P><p align=justify> Rendez-vous &agrave; 16h &agrave; l'h&ocirc;tel. <BR>Une heure de trajet en bus, sur un itin&eacute;raire connu, vers l'a&eacute;roport de Callao en repassant par le m&ecirc;me itin&eacute;raire qu'&agrave; notre arriv&eacute;e: San Miguel, la Marina avec ses casinos et son Alliance Fran&ccedil;aise, ses marchands de glace &agrave; v&eacute;lo. </P><p align=justify>Adieux &agrave; Carlos.</P><BR> Vol de nuit assez chahut&eacute; &agrave; quatre reprises, notamment au-dessus du Venezuela et sur l'Atlantique. Comme pour l'aller, notre avion est un Boeing 777-200 (318 places). Puis c'est l'aube &agrave; 4h (heure p&eacute;ruvienne) et deux heures plus tard nous survolons l'extr&ecirc;me pointe de la Cornouaille britannique avant de longer toute la c&ocirc;te sud de l'Angleterre. Nos montres remises &agrave; l'heure de la France, nous sommes &agrave; l'heure pr&eacute;vue &agrave; Amsterdam &agrave; 14h45.<BR>Trois heures d'attente et ce sera l'avion pour Paris... ____________________________________________ 2011 P&Eacute;ROU notre guide-accompagnateur Carlos Francisco Roca Florido, agro-toursime, agro-développement, réceptif Solmartours, Caral-Supe ou Norte Chic, Chavín, cultures Chimú, Chanca, Chincha, Nasca (Nazca), Paracas, Moche ou Mochica, empire Inca de Pachacutec, Tupac Yupanqui, Huayna Capac, Huascar (fils légitime) et Atahualpa, colonie et système colonial hispanique, espagnole, hispano-mauresque, les Espagnols, Cajamarca avec Pizarro, animisme, paganisme, religion, chaman et chamanisme, Manco Inca ou Manco Cápac II, Lima Ciudad de los Reyes, pillages, profanantions, momies sacrées, système de l’encomienda, conquistadores, villages nommés "Reducciónes", chefs curacas, José Gabriel Condorcanqui Noguera, Túpac Amaru II, indépendance, Simón Bolívar (el Libertador) et par le général argentin de San Martín, Antonio Sucre, bataille d'Ayacucho, désert'Atacama, traité'Ancón, Birú (ou Virú, Berú ou Pirú), sismique, séisme, ceinture feu du Pacifique, zone subduction, tremblements terre magnitude 8,9, éruptions volcaniques, tsunami, Callao, Rio Rimac, mal'altitude (soroche), des montagne, altitude, mate coca, feuilles mâcher, retablos charango, mandoline, quena, chajchas, instruments, musique, chants, danses, tradition, traditionnelles, typiques, ponchos, pulls, gants, chullos, costa, sierra, selva, forêt amazonienne, Amazone Amazonie, l'Altiplano la Cordillère Andes, langues Quechua Aymará, eruvian Amazon Rubber devenue Arana & Hermanos, guano, Alianza Popular Revolucionaria Americana APRA, Raúl Haya Torre, président Luis Bustamante y Rivero, Juan Velasco Alvarado, Fernando Belaúnde Terry, Alan García Pérez, Mouvement Révolutionnaire (MRTA), Nestor Cerpa Cartolini, Sendero Luminoso, Sentier Lumineux d’Abimael Guzmán, célèbre écrivain humaniste Mario Vargas Llosa (prix Nobel Littérature en 2010), escadrons mort Grupo Colina), Alejandro Toledo Manrique, Keiko Fujimori (fille'ex-president Alberto Fujimori, Castañeda Lossio (droite), Lourdes Flores, Mercedes Araoz (APRA), Pedro Pablo Kuczynski, bidonvilles concept pueblo joven, candélabre les ILES BALLESTAS, géoglyphe pétroglyphe, oiseaux mer, otaries, Punta Pejerrey, cormorans, pétrels pélicans (thages), manchots Humboldt, otaria byronia flavescens, vautours aura urubus à tête rouge, région viticole'Ica, Villa Valverde, piments rouges (rocoto), buggys, dunes, sandboard, surf, planches, géoglyphes Nazca Pampa Jumana, Maria Reiche, Paul Kosok, Cerro Moreno Marcho, faille Nasca, plage Tanaca Tanaka, goémoniers, algues, laminaires, Chala Puerto Inca, farine poisson, engrais, Camana, riz, rizières, aqueduc, irrigation, élevages, Vitor, lait Gloria, jí ajo, ail, oignon, poivron piment, cuy, cochon'Inde cobaye,'arroz con pato pollo, , cochenille, carmin figuier Barbarie, 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Pinchollo, EQUECO EKEKO, IQIQU, EKJAKJO, fétiche, porte-bonheur, Tiahuanaco Tiwanaku, Katari, romance Paulita Tintaya Isidoro Choquewanca, alinas Aguada Blanca, vallée Qiscos, cocaïne, cgonine,'alcaloïde, chlohydrate, cocaleros, vigognes, Vicugna, lama llama, Glama, alpagas, alpacas, guanacos, toison, laine, fibre, flamands rose, Lagunillas, Mirador Edouardo Sanchez, vicuñas, Lucia, lupin, Juliaca, Inca Kola, Hierba Luisa, Coca Cola, Lac Umayo,Collas Coyas), PUNO îles roseaux Uros parlant'iru-utu, TITICACA, Bolivie, salar, Inti, Viracocha, barques, balsas, Manco Cápac, Mama Ocllo, grotte Pacaritambo, roseaux, totora, train Andean Explorer'Orient Express, Piquillacta, Rumicola, Pachacuti Yupanqui Thahuantinsuyu, carnaval, masques, mita, tribut, corvée, cumbis, ayllu, maisons circulaires, colcas, Wiphala Huipala, Catedral Asunción Santísima Virgen, ethnie Qeros, Seigneur Taytacha Temblores, escuela cusqueña, tableaux, peintures, Van Dyck, Cène, el Triunfo, Sagrada, Loreto, lune, 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Villena Rey, Enrico Poli, Pedro de Osma, Miguel Mujica Gallo, Sapa Inca, communautés, communautaire, Soleil, dieu, demi-dieux, divinités, tutlaires, huacas, chefferie, épouse, femme, la Coya, polygamie, inceste, vêtements, cumbis, campagne électorale, élections, congrès, propagande 2011 P&Eacute;ROU notre guide-accompagnateur Carlos Francisco Roca Florido, à la formation de base dans l'agro-tourisme et l'agro-développement, notre jeune ami arequipéenne devenu avocate à Lima Carol Justo Estremadoyro, civilisations ou cultures de Caral-Supe ou Norte Chic, tumulus cérémoniels ou de pyramides tronquées à degrés, Chavín, cultures Chimú, Chanca, Chincha, Nasca (Nazca), Paracas, Moche ou Mochica, l'empire Inca de Pachacutec (1438-1471), Tupac Yupanqui, Huayna Capac, Huascar (fils légitime) et Atahualpa (fils bâtard), roi Charles Quint, conquête, conquista et conquistadores, colonie et système colonial hispanique, espagnole, hispano-mauresque, la bataille de Cajamarca avec Pizarro, assimilation, conversions forcées, animaisme, paganisme, religion, chaman et chamanisme, Manco Inca ou Manco Cápac II, Lima Ciudad de los Reyes, pillages, destructions, profanations des momies sacrées, esclavage et maladies qui déciment la population, système de l’encomienda: la corvée ou le tribut, Indiens sont regroupés en villages nommés "Reducciónes" à la tête desquelles sont placés des curacas (chefs de familles indigènes), sur les 17 personnes du groupe, nous étions 12 à avoir acheté notre voyage sur le catalogue de Capitales Tours au tarif de 1789 Euros par personne logée en chambre double, deux personnes ont acheté auprès de l'agence REV' Voyages de Besançon et cinq Alsaciens ont cru acheté un voyage à pris dégriffé sur le site internet Promovacances.com et ils l'ont en réalité payé 400 Euros de plus que nous, déjà 150 Euros de plus que sur le catalogue Capitales Tours et pas notre remise de 250 Euros! et José Gabriel Condorcanqui Noguera plus connu sos son nom de guerre Túpac Amaru II, la République de la Grande Colombie en 1819, avec à sa tête Simón Bolívar (el Libertador) et par le général argentin José de San Martín, le 28 juillet 1821, l'indépendance du Pérou, en 1834 le général Antonio José de Sucre bat les Espagnols dans la bataille d'Ayacucho et que Bolivar est nommé Dictateur par le Congrès péruvien, conflits frontaliers entre le Pérou et l'Équateur, la Bolivie et le Chili, Confédération péruano-bolivienne, désert d'Atacama, traité d'Ancón, Le nom du PEROU vient du nom Birú (ou Virú, Berú ou Pirú), sismique, ceinture de feu du Pacifique, zone de subduction, tremblements de terre de magnitude 8,9, éruptions volcaniques, tsunami, accident majeur à la centrale nucléaire de Fukushima survenus le vendredi 11 mars 2011, la Bolivie (La Paz, Salar d'Uyuni, Potosi...), routards, Callao, sa zone portuaire et aéroportuaire. Nous en passant au-dessus du Rio Rimac (en quecha, son nom signifie "parleur", "qui fait du bruit"), casinos de l'avenue de la Marina, apéritif d'accueil, un excellent pisco sour,le mal aigu des montagne (MAM), le mal d'altitude (soroche), tisane: le "mate de coca", mâcher des feuilles de coca, décalage horaire de 6 ou 7 heures, Artisanat de laine alpaca, ponchos, pulls, gants, chullos (bonnets); des tapis en alpaca et llama; les retablos d'Ayacucho, retables où des figurines représentent des divinités; bijoux, objets en filigrane d’or ou d’argent; chapeua Panama de Cuenca; artisanat de la selva amazonienne, poteries, instruments de musique andine (flûtes, charango, mandoline, quena, chajchas...), chapeaux de feutre, masques, galeries et des boutiques d'artisanat à Miraflores, Pueblo Libre et Lima. Deux marchés d'artisanat à Miraflores (Petit Thouars Ave, n° 52-53) et Pueblo Libre (La Marina Ave, n° 8-10), 1 €uro vaut 4 nouveaux soles, lLe sol se divise en 100 céntimos, la côte orientale du Pacifique, entre Tropique du Capricorne et Equateur, Costa (côte), sierra (hauts plateaux) et selva (forêt amazonienne), l'Altiplano et la Cordillère des Andes culminant à plus de 6000m (le volcan Huascarán s'élève à 6768 mètres), l'Ucayali et le Marañón forment le fleuve Amazone, climat parqué par le cycle des oscillations El Niño sec et La Niña humide, les alizés, cyclique, 29 millions d'habitants, langues Quechua et Aymará, privatisations de l'économie sous Alberto Fujimori, investissements dans les infrastructures: programme Agua para Todos, inflation, croissance et chômage, les mines et l'industrie extractive minière, agriculture communautaire, cultures industrielles et vivrières, pommes de terre: quinoa, ocas, ullucos, compagnie Peruvian Amazon Rubber devenue Arana & Hermanos, la pêche, le guano, le tourisme "usine sans cheminée", élections présidentielles et législatives de 2011, système parlementaire est unicaméral, vote obligatoire, Alliance populaire révolutionnaire américaine (Alianza Popular Revolucionaria Americana ou APRA) fondée par Víctor Raúl Haya de la Torre, le président José Luis Bustamante y Rivero, coup d'Etat militaire, junte, général Manuel A. Odría, Fernando Belaúnde Terry, fondateur de l'Acción Popular, général Juan Velasco Alvarado, l'Argentine dans la Guerre des Iles Malouines qui l'oppose au Royaume-Uni, Alan García Pérez, la Banque Mondiale ni le Fond Monétaire International (F.M.I.), Mouvement Révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) dirigé par le métis Nestor Cerpa Cartolini, mouvement communiste maoïste sévit également sous le nom de Sendero Luminoso, le Sentier Lumineux d’Abimael Guzmán, le célèbre écrivain et humaniste Mario Vargas Llosa (prix Nobel de Littérature en 2010), d'escadrons de la mort (Grupo Colina), le président équatorien José María Velasco Ibarra, Le métis indien Alejandro Toledo Manrique, firmes pétrolières (Pluspetrol et Petroperu), Ollanta Humala 10% (centre gauche), Keiko Fujimori (fille de l'ex-president Alberto Fujimori droite), Luis Castañeda Lossio (droite), Alejandro Toledo (droite), Lourdes Flores (droite), Mercedes Araoz (APRA), Pedro Pablo Kuczynski, l'hôtel Allpa, la route panaméricaine, les bidonvilles ou concept de pueblo joven, autrement dit de "jeune cité" ou de "cité en devenir", bidonville autogéré de Villa El Salvador dans les années 1970, propagande électorale Keiko, Ollanta, Toledo...), élevages de poulets et de poules pondeuses, cultures d'asperges , coton en fleur, mangues, avocats, artichauts et tara, maïs, carburants au gallon US, raisin, vin et vignes, vignobles d'Ica, alcool et eau-de-voe, aguardiente, motifs colorés géométriques, des représentations animales (félins) ou anthropomorphiques, tissus et laines, lainages, Puerto San Martin, "Le candélabre" et les ILES BALLESTAS ** ("les Gallapagos du pauvre"), la Punta Pejerrey, mystérieux géoglyphe ou pétroglyphe, oiseaux de mer: cormorans (de Bougainville), pétrels et pélicans (thages), manchots de Humboldt, archipel des Iles Ballestas, lions de mer (voire loups de mer), otaries à crinière (otaria byronia ou flavescens), vautours aura ou urubus à tête rouge, la nurserie aux bébés otaries, l'oasis ou Laguna de Huacachina dans la région viticole d'Ica, Villa Valverde, piments rouges (rocoto), dunes, buggys et sandboard, lignes ou géoglyphes de Nazca et de la Pampa de Jumana SITES ET MONUMENTS PERUVIENS INSCRITS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO, un mirador d'observation, les mains et l'arbre, los manos, el arbol, 18 dessins d'animaux dont singe, poisson, chien araignée, albatros... ou même perroquet ou colibri, l'historien américain Paul Kosok et la mathématicienne allemande Maria Reiche, boutique de poteries et céramiques traditionnelles "Jenny", adobe, briques de terre crue et des aqueducs, l'hôtel hacienda Majoro, recensements et comptage avec les quipus, figuiers de Barbarie parasités par la cochenille pour produire un colorant, le rouge carmin, les dunes de Cerro Moreno et de Cerro Marcho, la faille de Nasca, "S, zona segura en caso de sismo" (zone de sécurité en cas de séisme), de petites dunes en demi-lunes ou barkhanes, l'immense plage déserte de Tanaca ou Tanaka, goémoniers récoltent algues et laminaires, localité de Chala ou Puerto Inca, l'usine de farine de poisson (une sorte d'anchois) de CFG Investment, la plaine alluviale de Camana, culture du riz, rizières irriguées, irrigation, nappes phréatiques, , restaurant Rinconcito Trujillano, la région de Vitor, le lait de la société Gloria, L'hôtel Santa Rosa à Arequipa, LA CUISINE PERUVIENNE métissée, de fusion, ají et ajo, ail, oignon, poivron et piment, le cuy, autrement dit le cochon d'Inde ou cobaye de laboratoire, empenadas, ají de gallina, anticuchos de corazón de res, faites de morceaux de cœur de bœuf, l'arroz con pato et l'arroz con pollo, riz au canard ou au poulet, pollo a la brasa, ceviche de corvina, coquilles Saint-Jacques (conchitas), de moules (choros), de poulpes (pulpo) et d'écrevisses (camarones) sont copieux et délicieux. La chupe de camarones, riz, haricots, manioc, tomates, poivrons, piments... Rien qu'en pommes de terre (papa), ils ont le choix entre 2000 espèces indigènes ou cultivées, l'oca, l'olluco ou la mashua, le papa a la huancaïna, l'arroz con choclo (riz au maïs), l'arroz chaufa, riz à la chinoise, le cau cau, tamal et tamales, les picarones, beignets à base de courge et de patate douce, recouvert de mélasse (chancaca) qui peuvent aussi accompagner les anticuchos, les alfajores,chicha morada et chicha de jora, bières, Cristal, Arequipeña et ma préférée, la Cusqueña,AREQUIPA son centre ville classé, le tuf volcanique appelé ici sillar, "la ville blanche", monastère ou plutôt couvent (convento) Sainte Catherine de Sienne, Monasterio Santa Catalina, trois grands volcans : Chachani, Misti et Picchu Picchu, séjour de Flora Tristan, Flore Tristán Moscoso, la grand-mère maternelle de Paul Gauguin, Maria de Guzman, cadettes de la bourgeoisie, cloître, parloir et cellules, Cloître des Novices, nonnes et religieuses, Patio du Silence, Cloître des Orangers, Calle Málaga, la Madre Dolores Llamosas, la salle Zurburan, Calle Cordoba, Espagne et Andalousie, Calle Toledo, Calle Sevilla, Calle Burgos, Calle Granada, place Plaza Zocodober, la prieure Maria Manuela Hurtado, la Madre Ana de los Angeles Monteagudo béatifiée en 1985 par le pape Jean-Paul II, pinacothèque école de peinture cuzquéenne influences hispaniques et incaïques, Casa de Richetts ou Palacio Tristán del Pozo, Plaza de Armas, Compañia de Jesús, le romantique Pasaje de la Catedral, la cathédrale, Nuestra Señora de la Asunta (N-D de l'Assomption), Nuestra Señora de las Penas (N-D des Douleurs), chaire très ouvragée, la Banque Continentale, la place d'Armes, petites voitures et taxis de marque Deawoo et modèle Tico, tuk-tuk, moto-tricycles, Chapelle de Saint Ignace de Loyola (fondateur de l'ordre des Jésuites), syncrétisme, iglesia l'église San Augustin, Couvent de la Recoleta, quartier de Yanahuara, au mirador de Carmen Alto, quinoa ( "cousin" le chia), chénopodes ou des amarantes, chisiya mama ("mère de toutes les graines)", kiuna, kiwicha, maca (lepidium meyenii) séchée, cuy ou cavia porcellus, une picanteria, le restaurant Sol de Mayo, le cuy chactao, plat typique, San Juan Bautista, Croix de la Passion ou croix des outrages, festivités du Carnaval, San Francisco, Nuestra Señora de Guadalupe, patronne du Mexique, Santo Domingo, marché de San Camilo de Gustave Eiffel, pommes de terre, ici les fameuses papas ou patatas, tubercules déshydratés, chuño, moraya ou chuño blanco, guaguas de pan, momie de la jeune fille Juanita par Johan Reinhard dans la glace au sommet du volcan Ampato, les montagnes sont des apus, des divinités, restaurant Zingaro, le Canyon de Colca et le vol des condors, Chivay et les villages pittoresques de Maca, Achoma, Yanque et Pinchollo, EQUECO ou EKEKO, (IQIQU en langue aymara, EKJAKJO en quechua, porte-bonheur, zona de neblina, la Culture Tiahuanaco ou Tiwanaku, siège de La Paz, Túpac Katari, romance de Paulita Tintaya et Isidoro Choquewanca, Festival Alasitas, andins andines, foetus de lamas desséchés, la Réserve Naturelle de Salinas et Aguada Blanca, la vallée de Qiscos, mate de coca rien à voir avec la cocaïne, drogue et stupéfiant, ecgonine, l'alcaloïde, chlohydrate, cocaleros, mâcher et mastiquer, mastication des feuilles de coca, camlidés, dromadaires, chameaux, vigognes, Vicugna, lama ou llama, Lama Glama, troupeau d'alpagas ou alpacas, toison, laine, guanaco, fibres, une graminée sauvage, l'ichu, col de Crucero Alto à 4528m, flamands roses dans le secteur des Lagunillas, Mirador Edouardo Sanchez à 4174 mètres, zona de vicuñas, Santa Lucia, lupin bleu, briqueteries, hôtel Suites Don Carlos à Juliaca, L'Inca Kola, Hierba Luisa, Coca Cola, Lac Umayo, Tumba del Lagardo ("la tombe au lézard"), tours funéraires, les chullpas ou ayahuasis des Collas (ou Coyas), PUNO et les îles de roseaux des Uros parlant l'iru-utu, l'hôtel La Hacienda, maux de tête, vertiges et étourdissements, crampes dans les mollets, insomnie, fatigue, perte d'appétit, nausées et vomissements, œdème pulmonaire voire un œdème cérébral, bouteille d'oxygène, redescendre en altitude, médicament Diamox, styles Baroque, Renaissance et Indigène, Parque Pino, rue piétonne ou piétonnière, Lac TITICACA ou pipi-caca, Inti, le dieu du soleil, Viracocha, el lago de los pumas de piedra, les pumas, les barques (les balsas), Manco Cápac et Mama Ocllo, la grotte de Pacaritambo, commandant Cousteau a cherché le trésor ou de la rançon, quenouilles ou massettes appelées ici totoras, ressemblant à de grands joncs, Corazon del Lago, vivies, canards, chasse, huttes et cabanes, Col de la Raya, à 4335m, train Andean Explorer L'Orient Express, restaurant Feliphon à Sicuani, agaves et eucalyptus, villages de Racchi ou Raqchi (vestiges du temple de Viracocha, greniers, maisons circulaires - colcas...) ou de Andahuaylillas ("la Sixtine des Andes"), site huari (ou wari) de Piquillacta, double porte inca de Rumicola, Pachacuti Yupanqui Inca, hôtel Agustos, CuzCO ou CUSCO, "nombril du monde" et l'empire s'appelait Thahuantinsuyu, "les quatre parties du monde, marché traditionnel de San Pedro, la Compagnie de Jésus, masques au long nez, la mita, un système de tribut ou de corvée, des cumbis, ayllu, village aux maisons circulaires (colcas), dirigé par un chef, le curaca ou karuka, l'encomienda, salaire minimum, salaire moyen, protection sociale, santé et hospitalisation, dispensaires, mariage à l'essai, concubinage, statue du Christ Rédempteur, Wiphala ou Huipala, drapeau arc-en-ciel, cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption (Catedral de la Asunción de la Santísima Virgen), l'ethnie Qeros, Seigneur des Tremblements de Terre (“Taytacha Temblores”), escuela cusqueña, Christ en Croix de Van Dyck, la Cène, dernier repas de Jésus et de ses apôtres, l'église du Triomphe (el Triunfo), l'édifice de la Sainte Famille (la Sagrada), nef et chapelles, sacristie, en cèdre, Museo Inka, rue Loreto, l'ancienne Rue du Soleil, Intiqhicllu, les Vierges Sacrées ou Vierges du Soleil ou Femmes Choisies (acllas), Temple du Soleil, Coricancha ou QoriKancha en quechua ("Jardin d’Or" ou "Enclos de l'Or"), temple, culte, astronomie, Monastère Santo Domingo, pierre d'andésite, taille et sculpure, poli, polissage, pierre aux 12 angles, restaurant, "Sara, organic café bistro", Calle Triunfo qui se poursuit par la calle Hatun Rumiyoc ("la pierre majeure"), Cuesta San Blas (Saint Blaise), placette (plazoleta), Carmen Alto, rue Coanchi, la Plaza de las Nazarenas puis la Calle Almirante, la forteresse de Sacsahuaman (ou Sacsayhuamán),Fête du Soleil, Inti Raymi, es sites de Qenko (ou Kenko), un sanctuaire rupestre, de Puca-Pucara (site de terrasses et de fortins) et de Tambomachay, Lanlakuyoq, Kusilluchayoq et Laqo, villages agricoles comme Oropesa ou Tipon, LE CHEMIN DE L'INCA, QHAPAQ ÑAN, plate-formes cérémonielles, les ushnu, , des coursiers à pied, les tambos, sortes de caravensérails, El Camino Real ("le Chemin Royal"), Camino del Inca, Winay Xayna, Sayacmarca, Phuyupatamarca, projet Inka Naani, village de Chinchero, meseta (plateau), vallée de l'Urubamba, trains Local Backpaker Cerrojo, le Vistadome, luxueux Hiram Bigham train Pullman, compagnie de chemins de fer PeruRail, rivière Urubamba, rio tumultueux et boueux, tunnels et pont himalayen, restaurant Inka Wasi, Aguas Calientes, trek, trekking et trekkeurs, pain de sucre du Cerro Putukusi, "vieille montagne", l'université de Yale, de Harvard et de Princeton, le professeur d'histoire nord-américain Hiram Bingham, musée Peabody, Huyana Picchu ou Wayna Picchu ("la jeune montagne"), les terrasses de culture, les "andennes, la Place Sacrée avec le Grand Temple, le Temple aux Trois Fenêtres, ouvertures de forme trapézoïdale, cheese, ouistiti ou clitoris pour la photo de groupe, l'observatoire astronomique avec la fameuse pierre Intiwatana ou Intihuantana, ce qui signifie littéralement "le lieu où l'on attache le soleil", une sorte de cadran solaire, masmas, des maisons en forme de préaux, le Rocher Sacré, des chinchillas, petits mammifères rongeurs,en voie de disparition, fourrure, quartier des Prisons, Temple du Condor, Tombeau Royal, Le Torreon ou Temple du Soleil, la Fenêtre aux Serpents, gare et Machu Picchu Sanctuary Lodge, FESTIVALS, le temps du Carême, Caras pintadas ( figures peintes), Roi Momo el Rey Momo, dieu grec de l'ironie Momos, Humishas" ou ''Cortamontes'', des arbres décorés, la Pachamama (le Terre Mère), le "Corte de la Yunsa", Salines de Maras, près du village de Tarabamba, "quebrada" (petite vallée), bassins d'évaporation, pas d'iode = goitres, cristaux de sel cristallisé, les terrasses circulaires de Moray, agronomie, sélection, Ollantaytambo, "le lieu pour regarder en bas", bataille de la plaine de Mascabamba, Vitcos, l'idylle entre le général Ollanta et Cusi Coyllor, leur fille Sumac, Temple aux Dix Niches, les colcas, greniers ou entrepôts, des fétiches, l'atelier et du magasin des céramistes Pablo Seminario et Marilú Behar, perroquet, un Ara de Lear, La croix andine ou croix carrée, la chacana (en quechua, tawa chakana, "quatre escaliers" ou selon d'autres "le chemin" ou "le guide de lumière"), singe douroucoule ou douroucouli, village d'Yukay, restaurant Allpa Manka, yucca (manioc), la Vallée Sacrée, marché de PISAC ou PISAQ, Mardi Gras et Mercredi des Cendres, le village de Calca, chrétiens, catholiques, catholicisme, paganisme, la sierra, les Indiennes sont qualifiées de cholitas, la jupe, la pollera (littéralement "cage à poulets"!), traditionnel anacu, jupons (enaguas), AWANACANCHA ou AWANA KANCHA, village de tisserands, un restaurant réputé, El Truco, musique, chants et danses, "Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica" par Steve Bourget au musée du quai Branly , exposition, conférences, mochica montrant des actes sexuels ou sacrificiels, «Wrinkle Face» ou «Face Ridée», coït, sodomie, masturbation, fellation, rite de la fertilité, avenues Marina, Sanchez Carrion, Javez Prado, Avenida La Paz et Avenida Perez Aranibar, barbelés et clôtures acérées, insécurité et délinquance, le supermarché Vivanda, sur l'avenue José Pardo, Quartiers huppés les ambassades: San Isidro, Pueblo Libre, architecture républicaine de Lima, rue Coronel Portillo, notre ambassadeur Madame Cécile Pozzo du Borgo, le site de Huaca Pucllana, le Country Club Lima Hotel, Pueblo Libre, du Japon, Avenida San Felipe, Musée Archéologique Rafael Larco Herrera (sur l'avenue Bolivar), l'archéologue péruvien Rafael Larco Hoyle en 1926, la culture mochica ou moche, culture chincha ou chancay, une collection unique au monde de huacos (vases-statuettes), kamasutra de céramique, accouchement, masturbation , triolisme, érotisme religieux, bougainvilliers, le "chien nu du Pérou", sans poil, l'architecture coloniale de Lima, balcons à moucharabieh, Plaza Bolognesi, puis devant le Museo de Arte avant d'arrivée Plaza Grau, le Museo de Arte, un grand bâtiment blanc, encore une oeuvre de Gustave Eiffel, Plaza San Martin bordée d'arcades, Le Gran Hotel Bolivar, Museo de Arte Italiano, la Plaza Mayor, l'Archevêché, la Casa del Oidor, la Maison du Juge, le Palais Municipal, Palais du Gouvernement ou Palais Présidentiel, rue Jiron Conde de Superunda, en arrière place de la Poste (Serpost), le Bar Cordano, à l'angle des rues Augusto Wiese et Jiron Ancash, "Couvent" de St François, Mirador del Cerro San Cristobal, portail-retable de style baroque, coupole de style mudéjar, San Martin de Pores, premier saint péruvien, San Judas Tadeo, patron des causes désespérées (comme Sainte Rita), une sainte locale: Sainte Rose de Lima, catacombes, azulejos, des carreaux de faïence, importés de Séville, "d'espions d'autobus", changeurs de rue, Miraflores, au Parc de l'Amour (El Parque del Amor), "Le Baiser", une sculpture monumentale de Victor Delfin, inaugurée lors de la Saint Valentin 1993, bancs inspirés de ceux de Antoni Gaudi à Barcelone (Parque Güell), Barranco et le Pont des Soupirs (Puente de Suspiros), la Descente des Bains (Bajada de los Baños), "sismo", chapelle des pêcheurs, la pointe Salto del Fraile ("le saut du moine") surmontée de la Cruz del Papa, restaurant Costa Verde, non loin du chic Restaurant La Rosa Nautica construit sur pilotis, plages La Estrella et Las Piedritas, restaurant gastronomique, Panchita de Miraflores, Limériens, chef Gaston Acurio, ''500 años de fusion", chifas restaurants chinois, vin un Santa Julia de la région de Mendoza, un cépage Malbec, le Marché Indien ou le Marché Inca de l'avenue Petit-Thouars, retablos ayacuchanos, l'Ovalo, le Parque Central de Miraflores qui jouxte aussi le Parque Kennedy, l'église de la Vierge Miraculeuse (Virgen Milagrosa), Parc Sunset, le pont E. Villena Rey, le "pont ketchup", la Casa Aliaga, Couvent (monastère) Santo Domingo, le Musée National d'Anthropologie, de la Nation, Musée Enrico Poli (musée privé), Musée Pedro de Osma (encore un musée privé), Musée de l'Or de Miguel Mujica Gallo, Musée de l'Inquisition , panth&eacute;on, divin Au cours de la visite du premier cloître, notre guide nous conduits jusqu'à la cellule humide et sombre du Padre Francisco Salamanca, un Indien né en 1680 à Oruro en Bolivie, sur les rives du lac Uru Uru. Célèbre dans les premières décennies du XVIIIe siècle comme grand orateur, poète, musicien, peintre et compositeur de chants en quechua et en aymara, il choisit de passer ici ses 30 dernières années en isolement où il mourut en 1737. Sa cellule se trouve dans une sorte de crypte, sous l'escalier ouest. Religeiux et artiste (comme l'Italien Fra Angelico), il en a peint l'intérieur dans des tons rouge, bleu, vert et jaune sur des thèmes bibliques représentés de façon naïve et même drôle. A l'entrée de la cellule, on voit l'Agneau Pascal couché sur le Livre des Sept Sceaux de l'Apocalypse et deux anges. Dans le réduit sur la droite, on trouve l'Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, la Présentation au Temple, des allégories et des vases... Dans le passage central, plus petit, il a dépeint la Virgen de la Merced et des saints faisant pénitence pour le rachat de captifs par la Vierge. Dans le réduit de gauche, il évoque la mort, le jugement, le Purgatoire et l'Enfer. Il confessait à travers le soupirail qui donne sur sa cellule. On dit qu'il en sortait seulement le vendredi saint à minuit, portant sur son épaule la croix qui se trouve près de sa cellule. Huayna Picchu</FONT><LI><FONT SIZE="2"><P ALIGN=justify><FONT FACE="arial" COLOR="#6600FF">Le port de PUNO a h&eacute;berg&eacute; une v&eacute;ritable petite flotte &agrave; l'&eacute;poque coloniale. Ce fut d'abord une go&eacute;lette am&eacute;ricaine en 1855 puis deux navires &agrave; vapeur command&eacute;s en Angleterre qui arriv&egrave;rent en pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es en 1862, le Yavari et le Yapura. Ce dernier est toujours en service et sert aujourd'hui de navire-h&ocirc;pital (sous le nom de BAP Puno) en se rendant dans les villages qui bordent le lac. La flotte fut renfoc&eacute;e par le Coya command&eacute; en Ecosse en 1892. Il a faillit aller &agrave; la ferraille en 2001 et a &eacute;t&eacute; sauv&eacute; de justesse par un m&eacute;c&egrave;ne. Chance que n'a pas eue l'Inca pourtant plus jeune (1903). Le lac accueille aussi l'Ollanta, la drague Zu&ntilde;iga&nbsp;II et le ferry Manco Capac...</FONT></P></FONT><CENTER><P ALIGN=center><FONT SIZE="1" FACE="Arial, Helvetica, sans-serif"><B><FONT SIZE="2">LES CHIENS NUS OU CHIENS SANS POIL...</FONT></B></FONT> </P></CENTER><P ALIGN=justify><FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans le monde, 4 races de chiens sans poil sont r&eacute;pertori&eacute;es:<BR></FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">- le chien nu chinois (&agrave; cr&ecirc;te ) ou plus exactement de Mandchourie ou <I>Tai-Tai</I>, aujourd'hui appel&eacute; <I>Chinese Crested Dog</I><BR> - le chien nu du Mexique, <I>Xoloitzcuintle</I> ('chien du dieu <I>Xolotl</I>', le dieu qui conduit l'&acirc;me des morts vers le pays des esprits)<BR> </FONT><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"> - le chien nu du P&eacute;rou po&eacute;tiquement baptis&eacute; &quot;<I>Orchid Moon Flower Dog</I>&quot; ('Chien Orchid&eacute;e des Incas - Fleur de lune')<BR>- et enfin une race cr&eacute;&eacute;e fortuitement au Etats-Unis dans les ann&eacute;es 1970 &agrave; partir d'une mutation chez une femelle de chien ratier. La nouvelle race est nomm&eacute;e<I> American Hairless Terrier</I> .</FONT><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">D'o&ugrave; viennent les chiens sans poil du Mexique et du P&eacute;rou ? <BR>La th&egrave;se de l'introduction des chiens en Am&eacute;rique par les colons europ&eacute;ens est &agrave; rejeter. Autres hypoth&egrave;ses &agrave; rejeter, leur introduction avec des esclaves africains ou avec les &eacute;migr&eacute;s chinois arriv&eacute;s apr&egrave;s la suppression de l'esclavage.<BR>Les chiens pr&eacute;existaient &agrave; la colonisation, avec des races &agrave; poil (Chichi, Itzcuintli et Tetlamin) ou sans poil... Des ossements et objets pr&eacute;-hispaniques en t&eacute;moignent (au Mexique: cr&acirc;ne de xolo dat&eacute; entre 1000 et 1300 av. J.C., statuettes de Colima; au P&eacute;rou: c&eacute;ramiques des civilisations pr&eacute;-incas Vicus, Mochica, Chancay, Tiahuanaco&iuml;de et Chim&ugrave; entre les ann&eacute;es 300 av. J.-C. et les ann&eacute;es 1400 apr&egrave;s J-C). <BR>Les chiens pouvaient-ils &ecirc;tre pr&eacute;sents avant les humains en Am&eacute;rique (comme les lamas, pumas et autres animaux) ? L'hypoth&egrave;se la plus couramment admise consid&egrave;re que les chiens seraient arriv&eacute;s en Am&eacute;rique avec les premi&egrave;res populations qui ont travers&eacute; le d&eacute;troit de Behring et les races sans poils seraient soit le r&eacute;sultat de mutations intervenues par la suite sur des races initialement &agrave; poil soit des descendants du chien de Mandchourie.<BR>Au P&eacute;rou, les chiens sans poil accompagnaient les <I>chasquis</I>, ces messagers coursiers &agrave; pied et les nobles avaient le privil&egrave;gent d'en poss&eacute;der et de les mettre en libert&eacute; la nuit afin d'&eacute;viter que leur peau fragile subisse l'ardeur du soleil.</FONT><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">L'origine de ce caract&egrave;re physqiue de nudit&eacute; est &agrave; rechercher dans la <B>g&eacute;n&eacute;tique</B>. Il r&eacute;sulte de la combinaison d'un certain g&egrave;ne apport&eacute; par chacun des parents. Chez les chiens nus, l'un des g&egrave;ne, r&eacute;cessif, induit classiquement la pilosit&eacute; tandis que l'autre, dominant, est celui de la nudit&eacute; et est aussi l&eacute;tal (qui provoque la mort). De l'union de tels parents il en d&eacute;coule obligatoirement et statistiquement dans 25 % de cas des homozygotes (g&egrave;ne identique) qui ont du poil, dans 25 % des cas des homozygotes qui ne sont pas viables (double l&eacute;talit&eacute; qui se manifeste au stade embryonnaire ou &agrave; la naissance ) et enfin 50 % d'h&eacute;t&eacute;rozygotes m&ecirc;lant les caract&egrave;re de pilosit&eacute; et de nudit&eacute; (dominante) donc des chiens nus et viables.<BR>A noter que la dentition de ces animaux est incompl&egrave;te (pr&eacute;molaires).</FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"> </FONT><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">Ces sont des chiens calmes et attachants, animaux plus de compagnie que de garde.Ce sont des &quot;chiens chauds&quot;, pas au sens de nos amis qu&eacute;b&eacute;quois mais du fait qu'au toucher, ils semblent plus chauds que les autres chiens car leur chaleur n'est pas diffus&eacute;e au travers du filtre que constitue la fourrure. C'est pour cette raison qu'ils ont &eacute;t&eacute; utilis&eacute;s comme 'chiens-bouillottes' par des personnes souffrant de rhumatismes et douleurs.</FONT><FONT SIZE="2"><P ALIGN=justify><BR> </P></FONT> <a href=http://polyglots.free.fr/habitat_populaire/rennes/index.htm>Evolution et problèmes de l'habitat populaire dans la région rennaise (thèse sur Rennes)</a> <a href=http://polyglots.free.fr/logement_social_rennes_franc/index.htm>Le logement social à Rennes et en France</a> Nous ne disposons pas assez de temps pour visiter les célèbres catacombes du couvent qui contiennent plus de 70&nbsp;000 sépultures dont les crânes et ossements disposés en cercles concentriques. Elles n'ont été découvertes qu’en 1951. Ces curieuses catacombes servirent non seulement de cimetière mais aussi de refuge pendant les guerres. St Martin de Porres Récit de voyage au Pérou Carnet de voyage au Pérou Séjour au Pérou <LI><FONT SIZE="2"> </FONT> MORAUTHELI <a href="http://recitdevoyage.free.fr/tous%20les%20carnets%20de%20voyages%20et%20recits%20de%20voyages/" target="_blank">Tous les récits de voyages</a>