| PÉROU 5 au 16 mars 2011 |
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Les
repères chronologiques sont approximatifs et peuvent varier énormément
d'une source bibliographique à l'autre.
Les confusions proviennent
du fait que l'on se réfère parfois à la seule période
correspondant à l'apogée d'une culture
alors qu'en réalité,
il y a souvent eu des périodes de chevauchement avec ses voisines parvenues
à des stades divers.
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Géographiquement, le Pérou se situe sur la partie occidentale de l'Amérique du Sud, en bordure de la côte orientale du Pacifique, entre Tropique du Capricorne et Equateur. Avec
1.285.215 km2 (soit plus du double de la France métropolitaine), le
Pérou est le troisième pays le plus étendu d'Amérique
du Sud après le Brésil et l'Argentine (la Bolivie arrive en
quatrième position). C'est
un pays à forte sismicité: volcanisme actif et fréquent
tremblements de terre. Nous sommes ici sur l'un des bords de la Ceinture de
Feu du Pacifique (l'autre côté étant formé par
les côtes d'Asie). Le
relief s'ordonne en trois zones naturelles, s'étendant en bandes parallèles
du Nord au Sud: costa (côte), sierra (hauts
plateaux) et selva (forêt amazonienne).
CLIMAT Au Pérou, plutôt que de parler des saisons en terme d'hiver et d'été, il est préférable de parler de saison des pluies (pendant notre hiver boréal) et de saison sèche. En raison de la diversité du relief, les différences climatiques sont importantes.
Le climat est tropical à l'est (températures entre 22°
et 31° et 3000mm de précipitation par endroit). Au climat péruvien, on associe le terme El Niño. Il désignait à l'origine "l'Enfant Jésus" car cela correspond au temps de Noël, autrement dit au début de la saison chaude et pluvieuse de l'été austral lorsque les courants longeant l'Amérique du Nord débordent vers le sud. Désormais le terme El Niño est utilisé pour désigner un pic dans un cycle de variations climatiques pluriannuelles.
L'espérance de vie s'établit à 71 ans dont 69 ans pour les hommes, sauf dans les campagnes où elle tombe à 50 ans à cause de l'alcoolisme, et à 72 ans pour les femmes. A la population native amérindienne (30 à 45%) se sont ajoutés les colons espagnols (créoles ou criolos, 15% de la population actuelle) puis leurs esclaves noirs venus d'Afrique et aussi des migrants d'origine asiatique (Chine puis Japon) et tout cela s'est plus ou moins métissé (45% de la population). Le fait que des Présidents de la République soient issus du monde indien comme Toledo et Ollanta, ou de l'immigration asiatique comme Fujimori, en témoigne. Les
langues pratiquées sont l'Espagnol : 84%, le Quechua: 13% et parmi les
autres langues il faut mentionner l'Aymará parlé autour de Puno
(et en Bolivie) 90%
de la population est alphabétisée (30% en 1960) mais le niveau n'est
pas très élevé. L'enseignement à l'école primaire
se fait en espagnol ou dans les langues indigènes selon les régions.
ECONOMIE Le Pérou possède la sixième économie la plus importante d'Amérique latine après le Brésil, le Mexique, l'Argentine, la Colombie et le Chili Des
privatisations dans les secteurs de télécommunications,
des transports et de lénergie ont été effectuées
au cours des années 1990. Si l'ouverture économique qui a
débuté sous le gouvernement d'Alberto Fujimori en 1990 a donné
des résultats, en revanche elle laisse de côté une société
péruvienne très inégalitaire. En 2006, 55% de la population
était en dessous du seuil de pauvreté. En 2011, ce taux s'établit
encore à 40% (60% en zone rurale). Et l'extrême pauvreté touche
environ 15% de la population. Ces
dernières années, le taux de chômage était de l'ordre
de 8,5% (12% selon Carlos). Taux du même ordre que celui de la croissance
annuelle du PIB de 8,8% en 2010 et de 6% en moyenne sur la décennie 2000-2010
(ce qui est également le taux prévu pour 2011). Le taux d'inflation de l'ordre de 2% est désormais l'un des plus faibles du monde après la période d'hyperinflation de années 1980. Le PIB se
répartit entre 5% pour l'agriculture (mais 20% des actifs, ce qui signifie
grande pauvreté), 33% pour l'industrie et 62% pour les services. Les
principales industries péruviennes sont les mines (plomb,
cuivre, argent, fer, phosphates, zinc, or), le charbon, le pétrole, la
pêche, les textiles et vêtements, l'industrie agro-alimentaire, la
cimenterie, lacier, les constructions navales. La région amazonienne
s'est révélée disposer de riches gisements de gaz. Lagriculture
est basée principalement sur le café, le coton, la canne à
sucre et ,secondairement, sur le riz et la pomme de terre. Il faut aussi savoir que le Pérou est un des plus gros producteurs de feuilles de coca, avec 108 600 hectares de culture. C'est l'une des productions de la région amazonienne. Celle-ci produit également des cultures industrielles: café, cacao, palmiers à huile, tabac et caoutchouc (à la fin du XIXes. la compagnie Peruvian Amazon Rubber devenue Arana & Hermanos y a exploité les Indiens d'Amazonie dans des conditons génocidaires).. La côte donne lieu à une intense activité de pêche, notamment pour la fabrication de farines de poisson dont le pays est le premier exportateur. La production du guano reste plus anecdotique. Cet engrais organique formé par la fiente desséchée des oiseaux de mer fut largement exporté vers l'Europe de 1870 à 1920. N'oublions pas le tourisme qu l'on désigne sous l'expression "usine sans cheminée". Son développement est important depuis les années 1990 et la fin des exactions du Sentier Lumineux. Les Français seraient les visiteurs les plus nombreux. Le Pérou et la Colombie ont conclu un accord de libre-échange avec l'Union Européenne en 2010. BREF,
LE PEROU, UN PAYS QUI SE TOURNE RESOLUMENT VERS L'AVENIR... |
Le nom du PEROU vient du nom Birú (ou Virú, Berú ou Pirú) d'un chef de tribu d'Amérque centrale qui évoquait aux conquistadores espagnols un lointain et très riche pays situé au sud.
Aujourd'hui, on emploie l'expression "ce n'est pas le Pérou", pour figurer qu'un gain n'est pas énorme, que quelque chose apporte peu, en référence à cette époque où le pays était un véritable eldorado.
| IMPACT DU SEISME SURVENU AU JAPON Un
voyage aussi lointain ne nous coupe pas totalement du monde. |
Etapes
du rapide circuit au PEROU:
Sites,
paysages, villes ou monuments classés au Patrimoine Mondial de l'humanité
de l'UNESCO repérés par le logo
.
Grâce
à Hergé (pour RG, Rémi Georges) le fameux créateur
des albums de la bande dessinée "Les aventures de Tintin",
nous sommes nombreux a avoir contracté le virus de voyages lointains: Amérique
du Nord, Egypte, Chine, Palestine... sans oublier le Pérou, d'abord avec
"Les 7 boules de cristal" (1948) préfigurant "Le
Temple du Soleil" (1949).
Voici le moment venu de confronter les rêves
d'enfance à la réalité!
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Après
avoir été très bien pris en charge par le représentant
de notre TO à l'aéroport Charles de Gaulle, c'est le départ
de Paris pour Amsterdam à l'heure prévue, 8 heures,
sur un vol Air France d'une durée dune 'heure et quart. Cette première
étape est suivei d'une escale de deux heures au milieu de la joyeuse cohue
de lycéens néerlandais et péruviens, les premiers venant
raccompagner à l'aéroport leurs nouveaux amis à l'issue d'un
séjour linguistique en terre batave.
Départ d'Amsterdam pour
Lima à 11h15 par un long vol transatlantique de 10500km avec la compagnie
KLM.
| PASSER L'EQUATEUR, UNE PREMIERE... Ce
voyage, cest une première par un aspect particulier. Donc rien à voir avec le fameux Passage de la Ligne, une sorte de baptême païen ou plutôt de bizutage des jeunes matelots qui seffectue normalement lors du franchissement dans le sens nord-sud. Heureusement
que nous ne sommes pas marins. Donc les néophytes que nous sommes échapperons
à lexposition au coup de tabac à la proue du navire ou, à
défaut de grains météorologiques, au jet de pompes à
incendie. |
Nous avons rencontré
des zones de turbulence au-dessus des Caraïbes puis sur les reliefs lorsque
nous sommes arrivés au-dessus du continent sud-américain (que nous
avons abordé en passant à la verticale de Georgetown, la capitale
du Guyana). La visibilité était parfois dégagée et
permettait d'apercevoir l'Amazone puis cela a été l'Amazonie péruvienne
et nous avons suivi pendant un moment l'un des deux affluents de tête du
grand fleuve, le Rio Ucayali
(qui dans on cours supérieur se nomme Urubamba) qui dessine d'amples boucles.
Enfin c'est la côte pacifique et le port de Lima, Callao, devant lequel
des dizaines de cargos sont en attente.
La durée du vol a été
de 13 heures! soit une arrivée un peu en avance, à 17h55, heure
locale soit presque minuit à l'heure de Paris. Et il fait 25°...
Et
quel accueil! Qu'est-ce qui nous vaut cette foule joyeuse, bruyante et venue avec
ces ballons de baudruche? Erreur! Ce sont les familles des jeunes Péruviens
venues chercher leurs adolescents au retour de leur séjour linguistique.
Ca n'arrange pas trop nos affaires car il faut repérer notre réceptif
au milieu de cette pagaille.
Nous
sommes un groupe de 17 personnes. Une dizaine ont acheté ce petit voyage
(12 jours) sur un catalogue économique (1789€ par personne en chambre
double), un couple est venu par une agence du Doubs et cinq Alsaciens par un site
de vente de voyages dégriffés par Internet (où ils l'ont
payé 400€ plus cher!).
Dommage pour lui que notre TO ne fasse
pas d'enquête de satisfaction...
Je ne donne pas les noms des voyagistes et
tours operators car je ne me fais pas sponsoriser et je n'ai pas envie de leur
faire de la publicité gratuite...
Dans notre groupe dont plus de la
moitié est encore en activité, les âges vont de 22 ans pour
Nicolas à 77 ans pour notre dynamique et toujours souriante Yvette.
C'est
avec cette joyeuse bande que notre guide accompagnateur CARLOS devra faire
pour le compte du réceptif Solmartours.
Carlos
a découvert la culture et la langue françaises fortuitement, en
écoutant un CD de chansons prêté par un ami. Il a suivi 4
années de cours à l'Alliance Française d'Arequipa et a séjourné
un an et demi en France, d'une part dans le cadre d'un travail pour une ONG et
d'autre part dans le cadre d'études sur l'Environnement (à Toulouse).
En dehors de la saison touristique, d'octobre à mars, il revient à
sa formation d'origine, dans le domaine de l'agro-développement. Il est
fier de ses origines métis avec des origines quechua, de la région
du Lac Titicaca d'où sa famille avait émigré vers Arequipa.
En
une semaine et demie (ou plus exactement 9 jours de circuit terrestre), nous allons
parcourir environ 1800 km... plus le vol intérieur d'environ 600 km
pour revenir de Cuzco à Lima.
Un
circuit tel que le nôtre nécessiterait en fait 15 jours avec
les visites complémentaires qui pourraient s'y greffer. |
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Il
fait nuit et il fait chaud, 25°.
Nous quittons Callao, sa zone portuaire
et aéroportuaire. La route franchit le Rio Rimac (en quecha, son nom signifie
"parleur", "qui fait du bruit"), maigre rivière
alors que nous sommes à encore dans la saison des pluies. Puis nous empruntons
une avenue (la Marina) bordée de casinos dont les néons brillent
puis nous traversons les quartiers à l'architecture républicaine
(post indépendance) de San Miguel et de San Isidro, quartiers résidentiels
aux jolies villas barricadées derrière leurs hauts murs surmontés
de barbelés (Lima est réputée pour sa délinquance)
et parfois gardées par des vigiles. C'est aussi le quartier diplomatique
avec de nombreuses ambassades. Enfin, c'est Miraflores, la Calle Atahualpa
et l'hôtel Allpa où, à 20h (heure locale soit 2h en France),
on nous sert notre premier apéritif d'accueil, un excellent pisco
sour. Mais il faut aussi penser à dormir car on doit se lever dès
5h du matin.
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Dans la page d'accueil de tous nos voyages, pourquoi n'ai-je mis que deux smileys et non pas trois pour ce circuit au Pérou?
Pourtant le circuit a pu être réalisé comme prévu, nous avions un bon guide-accompagnateur et de bons guides locaux, notre petit groupe était supersympa... Alors?
J'avoue que j'ai hésité longuement. J'y vois trois raisons que vous pourrez ne pas forcément juger comme étant de bonnes raisons.
- Sur les 5 premières journées, une fois retirée la journée à Arequipa bien remplie, 4 laissent une impression de vide en raison de la monotonie des paysages qu'accentuent les longues distances à parcourir. De ces 4 journées difficiles, seules émergent nettement la visite aux Iles Ballestas le premier jour et les visites au site de Sillustani et aux Iles Uros sur le Lac Titicaca les troisième et quatrième jours.
- Autre élément qui a pu jouer, le climat. Début mars n'est pas la période idéale pour visiter ce pays si tant est qu'il y en ait une... mais c'était notre choix pour diverses raisons. Si pendant l'hiver austral, Lima est perdue dans le brouillard alors que le soleil inonde et brûle les hauts plateaux après des nuits glaciales, en revanche, en cette période de fin d'été austral, il fait beau à Lima mais encore bien humide et nuageux sur les hauts plateaux. Un bon compromis pourrait correspondre aux périodes intermédiaires octobre-novembre ou mieux avril-mai pour profiter de la verdure du paysage avant le froid sec hivernal... Toutefois, pendant nos visites, nous n'avons été confrontés directement à une petite pluie ou plutôt à un crachin que durant une heure, à l'arrivée au Macchu Picchu.
Mais nous ne devrions pas nous plaindre car le groupe qui a fait le circuit suivant n'a pratiquement pas vu le Machu Picchu perdu dans les nuages et sous la pluie!
- Enfin dernier point. Le mal des montagnes qui enquiquine la majorité des voyageurs, avec un inconfort plus ou moins grand et plus ou moins durable (presque trois jours de maux de tête en ce qui me concerne). C'est beaucoup lorsque le séjour ne dépasse pas les dix jours dans le pays.
mes notes de voyage
QUAND PARTIR ?
La configuration climatique du Pérou est de celles
qui posent le plus de problèmes aux voyageurs surtout s'ils veulent parcourir
les diverses régions du pays.
Seulement
dans la région amazonienne (notre
circuit n'y va pas), les conditions ne changent guère
tout au long de l'année.
Mai à octobre ne sont pas favorables
sur la côte au ciel brumeux mais le ciel est alors dégagé
sur les montagnes et hauts plateaux où le froid nocturne est intense
(et le soleil cuisant dans la journée)
puisque à l'effet du relief s'ajoute la saison
hivernale australe.
La situation s'inverse de décembre à avril:
ciel dégagé sur la côte, précipitations et températures
moyennes sur les hauteurs.
Les amateurs de compromis peuvent choisir
les périodes intermédiaires octobre-novembre ou mieux avril-mai
pour profiter de la verdure du paysage avant le froid sec hivernal...
TENUE :
C'est un voyage un
peu particulier sur le plan vestimentaire. Certes le pays est sous une latitude
tropicale qui ferait penser aux tenues légères mais c'est un pays
de haute montagne où il peut faire humide pendant l'été austral
donc pendant la période de notre circuit, ou geler la nuit et brûler
au soleil pendant la journée lors de l'hiver austral (juillet-août
notamment)...
Donc des bagages bien remplis ou des achats utilitaires à
faire sur place, à l'arrivée... et technique de la "pelure
d'oignon", plusieurs petites épaisseurs...
SANTE
:
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- Boire de l'eau
en bouteille encapsulée.
- Prudence avec les salades, mayonnaises,
légumes crus et les fruits. Ne manger que de la viande et du poisson bien
cuits (quid du ceviche? pourtant spécialité du pays), de
préférence servis chauds.
- Eviter de manger dans des kiosques proposant de la nourriture dans la rue pourtant
cela peut être tentant (les picarones par exemple).
- Pour éviter
le mal d'altitude (soroche), il serait recommandé de se reposer
le premier jour où l'on aborde la montagne, la sierra, et de se
contenter de plats légers. Boire des tisanes de "mate de coca"
ne saurait nuire à ce qui se dit couramment. Mâcher des feuilles
de coca serait encore plus efficace même si selon nos critères occidentaux
c'est une pratique prohibée (au retour des analyses sanguines peuvent en
révéler des traces). Pour les adeptes d'une médication plus
soft, il y a aussi les granules homéopathiques à base de coca. Pour
ma part, j'ai tout fait dans ces trois médications à base de coca
mais sans résultat...
Dans cette région en saison humide et
surtout dans la forêt amazonienne (notre circuit n'y va pas), prévoir
insecticide (moustiques!) et imperméable!
- Les vaccinations contre
le choléra et la typhoïde sont recommandées.
Décalage de + 6H par rapport à la France en hiver (de
chez nous) et de +7H en été car le Pérou n'applique pas le
changement d'heure saisonnier (la Bolivie voisine est décalée d'une
heure de moins, été comme hiver).
Voltage 220V et 60Hz, donc pas de soucis en principe sauf que le format
des prises n'est pas toujours adapté dans certains hôtels comme
on a pu le constater à Puno, Urubamba et Cuzco.
ACHATS
ET SOUVENIRS :
Produits d'artisanat ;
- en laine d'alpaga ou d'alpaca:
ponchos, pulls, gants, chullos (bonnets);
- tapis en alpaca et llama;
- retablos
d'Ayacucho, retables où des figurines représentent des divinités;
bijoux, objets en filigrane dor ou dargent; - -
- chapeaux Panama
de Cuenca;
- artisanat de la selva amazonienne, poteries...
-
Dans la région de Paracas/Ballestas: chapeaux, tee-shirts...
- A Arequipa:
lainages d'alpaga manufacturés (gants, bonnets, pulls) ou artisanaux...
- A Puno : instruments de musique andine (flûtes, charango, mandoline, quena,
chajchas...), chapeaux de feutre, masques..
- A Cuzco (et au Col de la Raya):
beaux tissages en laine de mouton, bijoux en argent notamment avec un alliage
au cobalt (différents de ceux de Bolivie avec le classique alliage au cuivre),
poteries et céramiques..
On trouve un grand choix des galeries et des boutiques d'artisanat à Miraflores, Pueblo Libre et Lima. Deux marchés d'artisanat à Miraflores (Petit Thouars Ave, n° 52-53) et Pueblo Libre (La Marina Ave, n° 8-10).
Sur les marchés, il faut marchander. On peut réduire le prix initial de 25%. Dans les magasins, on peut avoir 10% sur les prix affichés, à conditions de payer en numéraire (pas de frais pour le commerçant comme lorsqu'il y a paiement avec CB).
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MONNAIE
ET CHANGE :
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Pas trop compliqué à mémoriser.
1 €uro vaut 4 soles (au pluriel prononcer [solès])
donc 1 sol ou S/=0,25€.
Le sol se divise en 100 céntimos.
Les billets
en (nouveaux) soles ont une valeur de 200, 100, 50, 20 et 10 S/.. Les pièces
ont une valeur de 5, 2 et 1 S/., et de 50, 20 et 10 céntimos, mais
les touristes n'en voient guère la couleur...
L'utilisation des cartes
de crédit est assez limitée en dehors de Lima.
Le change peut
être effectué dans la rue auprès de changeurs ambulants reconnaissables
avec leur gilet vert sur lequel est imprimé un grand symbole $.
POURBOIRES
Toutes les factures sont majorées de 15 % pour le service. Un pourboire
supplémentaire de 5 % est la règle.
En principe, les chauffeurs
de taxi ne comptent pas sur un pourboire.
En revanche, guides et chauffeurs
y comptent bien. Dans un circuit où l'on a affaire à 3 ou 4 chauffeurs
et à 5 ou 6 guides locaux, cela devient franchement pénible. Les
TO devrait avoir la bonne idée d'en inclure le coût et de charger
l'accompagnateur de distribuer ces pourboires
SECURITE
Consignes valables surtout à Lima:
- Porter les
objets de valeur discrètement et pas de grosses sommes d'argent.t
- Surveiller sacs et valises.
- Eviter les sacs à dos ou les porter
devant soi.
- Prudence si l'on change de l'argent dans la rue.
- Ne pas
sortir la nuit surtout dans des secteurs non éclairés.
|
Après quelques voyages sous différentes latitudes et dans des contextes culturels divers, j'ai envie de consacrer un petit moment à une réflexion toute personnelle sur les notions d'Humanité et d'Universalité... Voyager
ce n'est pas que passer de bons moments dans un cadre dépaysant mais c'est
découvrir, ce qui amène à réfléchir
Sur
quoi donc ? me direz-vous. Sur
les traits communs des cultures et civilisations anciennes. Des caractéristiques
communes aux mythes et mythologies se retrouvent aux 4 coins de notre planète,
dans des milieux qui ne se sont pourtant pas fréquentés. Les
cultes se rapportant aux objets célestes (planètes et étoiles
et aussi comètes...) sont universels et l'on ne saurait s'en étonner
face à cette magie du ciel. A tel point que le Pharaon était fils
du Soleil, Râ. L'empereur de Chine, fils du Ciel, détenait
le mandat céleste. L'empereur du Japon est le descendant d'Amaterasu,
la déesse du Soleil. Les empereurs Incas étaient
considérés comme des descendants directs du dieu Soleil, divinité
reconnue par tous les peuples andins. Ils étaient les fils du Soleil, Inti
(lui-même fils de Viracocha, le dieu créateur de l'Univers.
Parmi
les rites funéraires, la momification est typique des anciens empires
d'Egypte tout autant que des anciennes cultures andines. Cela manifeste une croyance
dans une forme d'éternité qui se traduit par l'accès à
un au-delà ou à une réincarnation. Mais la pratique n'est
pas universelle puisque par exemple l'hindouisme et le bouddhisme (du moins pour
le bouddhisme dit du ''Petit Véhicule'') ont opté pour la crémation
mais dans une optique assez proche
Autre
privilège des puissants, la polygamie: d'Abraham aux princes et
émirs arabes, en passant par les maharajahs, les empereurs de Chine, nos
bons rois pas toujours très catholiques et nos Incas... Arrêtons
là la prise de tête ! BONS
VOYAGES |
La
classe inférieure était constituée des travailleurs, artisans
et paysans. Eux se vêtaient de lainages en laine de lama ou au mieux d'alpaga
dans les montagnes et de cotonnades sur la côte.
Les familles des
paysans d'un même lignage étaient regroupées en village aux
maisons circulaires, l'ayllu, dirigé par un chef, le curaca
ou karuka. On y vénérait une divinité tutélaire
particulière, la huaca. Très souvent il s'agit de montagnes
ou apus sur lesquelles le corps de leurs défunts est exposé
pour se dessécher au vent sec. Les sacrifices et offrandes aux divinités
étaient quotidiens. Lors d'occasion importante, on offrait un animal, souvent
un lama, en sacrifice.
Aux pratiques animistes des communautés, se superposaient
les cultes imposés par les Incas: culte du soleil, Inti, des astres,
de la foudre et Viracocha, dieu fondateur et dieu de la terre.
Ces communautés
villageoises étaient à leur tour intégrées au sein
d'une chefferie dépendant d'un ayllu plus important qui servait de relais
au pouvoir impérial.
Système de classes, système de castes, système féodal en quelque sorte.
Les Espagnols remplacèrent cette organisation par celle de l'encomienda, système à sens unique où il n'y a plus redistribution mais uniquement perception et exploitation des producteurs, système que l'Eglise ne put (ne voulut?) guère contrecarrer..
.
Le système politique actuel repose sur la Constitution de 1993.
Le vote est obligatoire et l'abstention est sanctionnée par une amende de 40 soles dans les villes mais moindre à la campagne où les gens ont des frais pour se déplacer aux bureaux de vote. Dans les campagnes, les analphabètes se repèrent par le signe distinctif adopté par chaque parti et, à défaut de signature, émargent par empreinte digitale (pour empêcher les paysans de voter, le Sentier Lumineux leur coupait les doigts). Le passage au bureau de vote donne lieu à l'apposition d'une vignette au verso de la carte d'identité et son absence peut être source de bien des désagréments pour l'obtention d'un permis de construire, d'un prêt, d'un emploi public...
Le système parlementaire est unicaméral, une seule chambre, le Congrès qui compte 130 membres (120 jusqu'en 2011 dont 30% de femmes). Le mandat du Président est de 5 ans.
L' Alliance populaire révolutionnaire américaine (Alianza Popular Revolucionaria Americana ou APRA) fondée par Víctor Raúl Haya de la Torre en 1924 s'implante rapidement et est mise hors la loi en 1933 par Oscar R. Benavides qui restera président jusqu'en 1939.
Le Pérou et l'Équateur se font
une courte guerre entre le 5 juillet et le 31 juillet 1941 au cours de laquelle
le Pérou occupe les provinces occidentales de l'Equateur.
Un paix précaire
(protocole de Rio) va s'établir pour un demi-siècle...
À nouveau autorisée en 1945, l'Alliance populaire révolutionnaire américaine soutient le président José Luis Bustamante y Rivero (1945/48) qui sera renversé par le coup d'État militaire du général Manuel A. Odría d'octobre 1948.
Des élections sont pourtant organisées en 1962 et remportées par le candidat apriste Víctor Raúl Haya de la Torre. Toutefois, un coup d'Etat militaire empêche le respect de la légalité. La junte organise à nouveau des élections l'année suivante, qui sont remportées par Fernando Belaúnde Terry, fondateur de l'Acción Popular, qui demeure en place jusqu'en 1968.
Le 3 octobre 1968, le coup
dÉtat réformiste mené par un groupe dofficiers
dirigés par le général Juan Velasco Alvarado amène
l'armée au pouvoir dans le but dappliquer une doctrine nationaliste,
réformiste et tiers-mondiste, influencé par les thèses de
la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes
sur la dépendance et le sous-développement:
- nationalisation
de la société nord-américaine qui exploitait le pétrole
péruvien,
- réforme de lappareil dÉtat,
-
réforme agraire mettant (fin aux latifundios et expropriation de grands
propriétaires étrangers).
En 1980 Fernando Belaúnde Terry retrouve le pouvoir en remportant l'élection présidentielle et effectue normalement son quinquennat.
En 1982, le Pérou fournit 8 avions Mirage à l'Argentine dans la Guerre des Iles Malouines qui l'oppose au Royaume-Uni. Dans le camp argentin, on retrouve aussi la Colombie et la Bolivie tandis que l'éternel rival chilien se range du côté des Britanniques.
Alan García Pérez, candidat
de l'APRA lui succède en 1985. L'Alliance populaire révolutionnaire
américaine est un parti social-démocrate membre de l'Internationale
Socialiste. C'est la première fois qu'un président démocratiquement
élu remplace un autre président démocratiquement élu
en 40 ans. Les mesures prises par Alan García Pérez en économie
menèrent à une hyperinflation de 1000% entre 1988 et 1990. Dans
ce contexte, ni la Banque Mondiale ni le Fond Monétaire International (F.M.I.)
ne lui accordent d'aides.
Au début des années quatre-vingt, une
partie de lextrême gauche péruvienne se regroupe dans le Mouvement
Révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) dirigé par le métis
Nestor Cerpa Cartolini pour mener une guérilla de type guévariste
rendue célèbre sa prise en otage de 500 personnes à lambassade
du Japon à Lima (décembre 1996-mars 1997).
Un mouvement communiste
maoïste sévit également sous le nom de Sendero Luminoso, le
Sentier Lumineux dAbimael Guzmán qui fera 70000 victimes aux cours
des décennies 1980 et 1990 jusqu'à l'arrestation de son dirigeant
en 1992.
Les Péruviens assistent également
à des scandales de corruption qui les amènent en 1990 à choisir
Alberto Fujimori, un scientifique d'origine japonaise qui bat le célèbre
écrivain Mario Vargas Llosa. Son parti, Alianza por el Futuro (AF), défend
des thèses néo-libérales. Pour lutter contre l'inflation,
Fujimori adopte des mesures d'austérité très sévères.
Ses réformes rencontrent l'opposition des députés, c'est
pourquoi il dissout le Congrès le 4 avril 1992 le Congrès. Parmi
ses réformes économiques notamment en privatisant de nombreuses
entreprises publiques et même d'une partie du réseau routier et en
initiant un climat d'investissement plus favorable et une meilleure gestion. Cette
politique va accroître les inégalités de revenus. Mais sur
le plan politique, sa présidence est fortement marquée par l'autoritarisme,
l'usage d'escadrons de la mort (Grupo Colina de 1990 à 1994), la répression
politique et la promulgation d'une législation antiterroriste. Il a aussi
mis en place un programme de stérilisations contraintes des Indiens.
Sur
le plan international, il fournit un accès à la mer pour la Bolivie
qui a perdu son territoire sur la côte pacifique lors de la guerre en 1883
avec le Chili. Cet accès se fait au niveau du port de Ilo mais ça
ne règle pas le problème de fond entre Chili et Bolivie.
Une nouvelle guerre éclate avec l'Équateur entre le 26 janvier et 28 février 1995 (guerre du Cenepa). Déjà en 1960, le président équatorien José María Velasco Ibarra avait déclaré nul le protocole de Rio. En gros, le conflit revient tous les 30 ans! Un autre ennemi se cache derrière l'Equateur, il s'agit du Chili qui lui fournit de l'armement en passant par le Venezuela!
Alberto Fujimori se fait réélire en 1995. Mais en novembre 2000, destitué pour corruption, il s'enfuit au Japon.
Le métis indien Alejandro Toledo Manrique devient président le 28 juillet 2001. Il représente Perú Posible, parti de centre-droit. Mais il doit s'allier à d'autres partis pour avoir la majorité. En mai 2003, face aux grèves menées par des enseignants et agriculteurs, Toledo déclare l'état d'urgence, suspend certains droits civils et accorde des pouvoirs aux militaires pour restaurer l'ordre.
Avant les élections générales d'avril 2006, l'ancien président Alberto Fujimori est arrêté au Chili, extradé, et condamné le 7 avril 2009 à 25 ans de prison par le tribunal de Lima notamment pour violations des droits de l'homme.
En 2006, retour du social-démocrate, l'ancien président Alan García Pérez du parti apriste remporte la victoire avec 52% des voix. Il doit faire face aux mouvements indigénistes luttant contre des firmes pétrolières (Pluspetrol et Petroperu). En août 2008, García déclare l'état d'urgence dans les provinces de Cuzco, Loreto et Amazonas mais en septembre la force du mouvement de protestation amène le Congrès à abroger ces dispositions qui avaient ouvert les terres indigènes à l'exploitation pétrolière. Cependant des troubles se sont poursuivit en 2009 (une cinquantaine de victimes?).
.
Le contexte politique actuel
Au printemps 2011, la campagne électorale
se déploie vigoureusement dans tout le pays. Comme on peut le voir, il
n'est pas le moindre village ou le moindre hameau où, à défaut
de panneaux publicitaires, ce sont les murs qui ne soient peints aux couleurs
de tel candidat à la présidence et de son affidé local postulant
au Congrès.
Quatre noms reviennent souvent: Keiko (Fujimori), la libérale,
Toledo, pour le centre-droit, et deux nouveautés Ollanta, pour la gauche
nationaliste (Partido Nacionalista Peruano -PNP- et Unión por el Perú
-UPP- fondé par l'ancien secrétaire général de l'Organisation
des Nations unies, Javier Pérez de Cuéllar) et Castañeda,
maire de Lima pour un autre parti de centre-droit (Partido Solidaridad Nacional).
Au
premier tour de scrutin, le 10 avril, Ollanta Humala a distancé Keiko Fujimori.
Ollanta qui a le soutien de Alejandro Toledo et, du bout des lèvres, de
l'écrivain Mario Vargas Llosa. La victoire d'Ollanta est acquise le 5 juin
2011, avec une courte avance, par 51,4% des suffrages (70% chez les Indiens des
Andes). Mais il ne dispose que d'une minorité au Congrès (36% des
sièges).
____________________
Heureusement que nous
avions pu profiter d'une nuit complète à l'hôtel Allpa car
il faut quitter Lima dès 6h du matin.
Un long trajet de 450km nous
attend jusqu'à Nazca, sur la route panaméricaine qui va longer la
côte en direction du sud. Sachant que l'autoroute va se transformer assez
vite en simple route. Précisons que si les chaînes de montagnes qui
vont de l'Alaska à la Terre de Feu sont comme la colonne vertébrale
des Amériques, la panaméricaine en est la moelle épinière.
Du
chic quartier de Miraflores que nous quittons en franchissant un pont moderne
(surnommé "pont ketchup" en raison des suicides qui s'y produisent),
nous passons dans le néanmoins faubourg le plus coté de Lima, Barranco,
quartier des artistes et écrivains (Marias Vargas Llosa y a résidé).
On aperçoit la petite péninsule qui s'avance dans le Pacifique.
Les
abords de la route panaméricaine offrent d'étranges et contrastés
spectacles. Tout d'abord, il va falloir s'habituer pendant les deux jours qui
viennent à voir de vastes étendues sableuses qui partant des plages
se transforment en désert de sable prenant parfois l'allure de collines
et de dunes...
Après une demi-heure de route, sur
la gauche, on voit des bidonvilles qui partent à l'assaut des collines
mais fatalisme, routine ou optimisme font que Carlos y voit un phénomène
d'urbanisation spontanée que les Pouvoirs Publics régularisent et
organisent a posteriori. Il partage le concept de pueblo joven, autrement dit
de "jeune cité" ou de "cité en devenir"...
Les
gens venus des campagnes s'installent sur des terrains publics en périphérie
des grandes villes. Ils y construisent un habitat précaire de cabanes,
sans aucune infrastructure, l'eau est livrée par camions-citernes. Puis,
progressivement, on passe à un habitat en dur (brique) dont les caractéristiques
vont s'améliorer avec le temps (ajout d'étages) installation de
réseaux et de voirie tandis que de nouveaux bidonvilles apparaissent un
peu plus loin.
C'est dans ce secteur, à 30km au sud de Lima, que c'était
installé le bidonville autogéré de Villa El Salvador dans
les années 1970 qui est devenu aujourd'hui une véritable ville de
plus de 300000 habitants. Ce projet a été reconnu pour différentes
instances internationales pour son exemplarité.
Plus tard, les zones de bidonvilles que nous verrons apparaître ponctuellement, au milieu de nulle part, sont lié à l'existence de chantiers de mise en autoroute de la Panaméricaine...
En contrepoint
à ces bidonvilles, on peut voir des plages et des centres de loisirs pour
riches Liméniens, des publicités commerciales assez aguicheuses
et surtout une omniprésente propagande électorale pour les divers
candidats aux prochaines élections présidentielles (Keiko, Ollanta,
Toledo...) et parlementaires. Décidément, après notre récent
voyage en Jordanie, nous ne sortons pas des campagnes électorales!
Plus
rustiques et pratiquement construits sur les plages sont les grands hangars abritant
des élevages de poulets et de poules pondeuses en batterie mais qui, du
fait du climat tropical, bénéficient de bâtiments dont les
murs extérieurs ne montent qu'à mi-hauteur et qui sont bien ventilés
par la brise du large. Toujours sur le chapitre agricole, nous apercevons des
zones de cultures, notamment les fameuses asperges du Pérou qui viennent
garnir les bocaux que l'on trouve dans nos supermarchés. Quant au coton,
en fleur actuellement, il faut préciser que cette plante est apparue à
la fois en Amérique et en Asie. Au Pérou, depuis plus de 5000 ans,
on connaissait des variétés de coton naturellement colorées:
du noir au blanc, en passant par le marron, l'orange et le jaune! Ces anciennes
variétés sont réintroduites depuis les années 1950.
Autres cultures industrielles: mangues, avocats, artichauts et tara. Le tara
est un arbuste de la famille des légumineuses adapté à la
sécheresse dont on tire un épaississant naturel végétal,
issu des graines, et utilisé dans les préparations alimentaires
et la cosmétique.
On cultive également le maïs (les épis
peuvent atteindre 35cm de longueur). D'origine mésoaméricaine (Mexique,
Caraïbes), la culture du maïs s'est répandue dans les temps pré-colombiens
dans toute l'Amérique, jusqu'au Saint Laurent et jusqu'au sud du Chili.
Evidemment
le terrain sableux du désert est propice dès lors que l'irrigation
permet leur culture. Des nappes phréatiques existant parfois sous les zones
dunaires sont mises à profit pour les cultures.
Enfin
encore un mot à propos de l'exotisme en matière de moyen de transport
que représentent les tricycles à moteur, les fameux tuk-tuk, assez
semblables à ceux d'Asie (Inde, Sri Lanka, Thaïlande) dans leur allure
générale mais en différent par quelques détails (parfois
"porte-bagages" extérieur à l'arrière...). Nous
passons près d'un spectaculaire accident avec un grand nombre de véhicules
impliqués.
Heureusement que la vitesse-limite é été
ramenée de 110km/h à 90km/h ! Toujours, à propos de la conduite
automobile, le Pérou est en train de mettre en place un système
de permis à point, de contrôle d'alcoolémie et de contrôle
technique. Une révolution en théorie car elle sera bien difficile
à appliquer avec la mentalité indisciplinée des Péruviens.
Le
coût des carburants est élevé au Pérou. L'essence ordinaire
(qualité G90) de 10 à 13 soles le gallon US (3,80l) soit 0,65 à
0,85€/l, l'essence sans plomb (qualité 95, 97 ou 98) autour de 16
soles le gallon US soit 1€/l et le diesel autour de 12 soles le gallon US
soit 0,80€/l.
Enfin, à l'occasion d'une "pause technique",
nous avons l'occasion d'admirer "nos" premiers gâteaux à
la crème, gâteaux aussi monstrueux que colorés qui nous rappellent
un peu ceux de Cuba...
Nous passons Pisco, en apercevant déjà
des vignes mais sans nous arrêter pour déguster le cocktail péruvien,
le célèbre pisco sour dont l'alcool de raisin est la base. En 2003,
la ville eut à souffrir d'un tremblement de terre de force 8 sur l'échelle
de Richter, d'ailleurs des bâtiments en ruine en témoignent encore.
De même, nous n'avons pas le loisir de nous arrêter à Paracas,
célèbre pour la culture indienne éponyme qui s'y développa
pendant un millénaire et demi, entre 1300 av. J-C et 200 de notre ère.
Les Paracas étaient passé maîtres dans la pratique de
certaines techniques: le tissage de long bande de tissu de laine de lama et de
coton, avec des motifs colorés géométriques, des représentations
animales (félins) ou anthropologiques. Nous aurons l'occasion d'en voir
dans des collections privées et des musées dans la suite du voyage.
Elles
ont été retrouvées enveloppant des momies enterrées
en position foetales (signe d'une re-naissance attendue dans l'autre monde) qui
ont aussi révélé que les Paracas pratiquaient la trépanation
(suite à des chocs sur le crâne ou dans des cas de folie) ainsi que
la déformation des crânes des enfants de dignitaires.
Enfin, après
4h de trajet et 200km de route, nous voici arrivés à Puerto San
Martin, pour l'excursion aux Iles Ballestas, distantes d'une quinzaine de kilomètres.
"Le candélabre" et les ILES BALLESTAS ** ("les Gallapagos
du pauvre" selon le Routard!)
Cette très intéressante
excursion, surtout sous un soleil radieux, se déroule en deux heures dont
une consacrée à l'observation assez rapprochée de la faune
peuplant divers îlots de l'archipel.
Nous montons à bord
d'une vedette rapide et puissamment motorisée (2 moteurs Yamaha de 200cv)
en raison des très forts courants et sans doute aussi pour abréger
le temps de l'excursion qui pourrait s'avérer dissuasif pour certains touristes...
Nous
longeons la côte nord de la Punta Pejerrey sur le flanc de laquelle a été
dessiné un mystérieux géoglyphe gravé dans le sable
par des sillons de 50cm de profondeur. Haut de 180m et large de 70m. Le plus souvent
il est désigné sous le nom de Candélabre... à moins
que ce soit la représentation d'un cactus andin aux pouvoirs hallucinogène
qu'utilisaient les Indiens à l'occasion de cultes. Dans cette hypothèse,
on ferait remonter cette étrange figure à un passé lointain,
contemporain des lignes de Nazca. Mais on en fait aussi un vulgaire "amer"
destiné à servir de point de repère aux pirates ou aux navigateurs
et l'on daterait de 1820 (quelle précision!). Et si pour couronner le tout,
ce n'était rien d'autre qu'un symbole des francs-maçons ? N'oublions
pas que parmi les libérateurs de l'Amérique du Sud on comptait des
francs-maçons tels que José de San Martin et Antonio José
Sucre... Bref, à défaut d'avoir trouvé à proximité
des déchets organiques ou objets datables par les archéologues,
le plus grand mystère subsiste sur cette étrange figure.
Accessoirement,
en s'approchant du rivage, on peut observer nos premiers oiseaux de mer: cormorans
(de Bougainville), pétrels et pélicans (thages)...
Nous reprenons la mer
pour une nouvelle course ébouriffante d'une vingtaine de minutes qui nous
fait quitter la péninsule et arriver sur le petit archipel des îles
(îlots serait plus juste) Ballestas formé de deux îles principales
et de quelques ''cailloux"". La première île, toute blanche,
on verra pourquoi après, est percée de grottes qui la traversent
de part en part à ses deux extrémités. De plus près,
on se rend compte que le sommet aplati est de couleur sombre et mouvante car il
est occupé par une colonie de milliers de cormorans (ici ils ont le cou
et le poitrail blanc) et de pétrels... quelques espèces parmi la
soixantaine recensées dans ces îlots. Une telle richesse 'de même
que la présence des otaries) s'explique par l'abondance du poisson qui
profite du plancton qui lui-même prolifère grâce au courant
froid de Humbolt qui remonte de l'Antarctique, en longeant la côte est de
l'Amérique du Sud. Bref, un bel écosystème...
Puis nous
apercevons nos premiers manchots de Humbolt (jusqu'à 70cm de haut et 4kg
pour un adulte). A la différence des pingouins de l'hémisphère
boréal (avec lesquels on les confond parfois) qui sont plus petits, les
manchots ne volent pas et leurs ailes se sont transformées en nageoires
ce qui en fait de redoutables nageurs et plongeurs. Ces manchots ont un lointain
ancêtre (36 millions d'années), le Inkayacu Paracasensis dont le
squelette a été découvert au Pérou tout récemment.
Il mesurait 1,50m et son plumage était plus varié et plus voyant
que celui de nos manchots actuels avec des rouges, bruns et gris.
Nous voyons
aussi nos premiers lions de mer (voire loups de mer), plus rigoureusement appelés
otaries à crinière (otaria byronia ou flavescens). Les vieux mâles
peuvent peser jusqu'à 800kg. La gestation dure 11 mois et la femelle ne
donne naissance à un petit que tous les deux ans, la mise bas ayant lieu
à la fin de l'été austral, donc tout récemment. On
peut aussi voir de très près pélicans et pétrels tandis
que quelques fous volants... heu... des "fous variés" passent
au-dessus de nous. Puis nous arrivons en dessous des maisons des gardiens du trésor
de ces îles car l'odeur particulière que l'on perçoit ici
provient de la fiente blanchâtre qui recouvre les îles. Sous le nom
de guano, c'est un engrais organique connu dès la période des Incas
et très largement surexploité (et exporté jusqu'en Europe)
des années 1870 (la couche avait une épaisseur d'une trentaine de
mètres) aux années 1920. Maintenant, quelques 6000 tonnes sont prélevées
tous les 5 à 7 ans.
Justement, sur l'îlot d'en face, nous arrivons
sur le ponton destiné au chargement des bateaux en guano. En attendant,
cette structure sert de perchoir à des vautours aura ou urubus à
tête rouge qui en cette période se repaissent des placentas des otaries.
Il arriverait même que des condors de la cordillère s'aventure jusqu'ici
à la recherche de cadavres d'otaries.
Dans les anfractuosités
d'un falaise à l'ombre, nous pouvons observer un groupe de plus petits
oiseaux, des sternes incas: plumage, fris, bec rouge, une sorte de larme blanche
partant de l'oeil. Ils partagent leur habitat avec un couple de cormorans à
bec et pattes rouges.
Une plage de galets sert de nurserie aux bébés
otaries, au pelage plus sombre que celui des adultes. Quelques animaux se baignent
(ou chassent) tandis que la majorité se prélassent au soleil. Du
bateau nous percevons la cacophonie qui résulte des grognements des centaines
d'individus (il y en aurait plus de 4000 sur ces îles).
Il est déjà
11h40, on n'a pas vu le temps passer et il est temps de rentrer. Après
avoir été largement secoués, éventés et humidifiés
par les embruns, nous rejoignons le port en une demi-heure.
Du bus, nous pouvons
apercevoir le monument dressé à la mémoire du "libertador"
argentin, le général José de San Martin, venu prêter
main forte aux Péruviens lors des guerres d'indépendance en 1820.
Le monument moderne ressemble à des voiles blanches.
NAZCA et ses mystérieuses lignes
Il nous faut encore une
bonne heure de route sur la panaméricaine avant d'arriver à l'oasis
ou Laguna de Huacachina après avoir traversé la région viticole
d'Ica, en plein désert. La ville fut fondée en 1563 sous le nom
de Villa Valverde puis sous le nom actuel en 1640. La région d'Ica avait
été frappée par un violent tremblement de terre (magnitude
7,3) en 1664.
Sur certaines plages on aperçoit des sortes de plates-bandes
rouge foncée... Ques aquò ?, comme le diraient des Occitans.
Pas des algues mais tout simplement des piments mis là à sécher
au soleil.
Ancien monastère devenu une hacienda (une grande ferme) puis
une station thermale pour soigner les rhumatismes au XIXe s., aujourd'hui l'hôtel-restaurant
de la Laguna de Huacachina a du mal à se mirer dans les eaux verdâtres
du plan d'eau (100mx60m) dont le niveau s'abaisse peu à peu. L'attention
est distraite par les pétarades de quelques buggys évoluant sur
les hautes dunes qui dominent l'oasis tandis que de rares touristes se lancent
à l'assaut pieds nus. Plus tranquillement, en ce début d'après-midi
de dimanche, quelques personnes se baignent ou font du pédalo, ou encore
profite du petit parc ombragé par les palmiers car il fait entre 25 et
30°.
L'excursion optionnelle proposée par Carlos
(45 minutes de buggy pour 80 soles) tombe à l'eau car le frère du
propriétaire de la principale exploitation de buggy est décédé
et va justement être enterré cet après-midi. Donc pas de sensations
fortes ni de descente de dune en sandboard.
Au déjeuner à l'oasis
de Huacachina, asperges vertes, boeuf (coriace) cuit à la cocotte, riz,
fruits frais et boule de glace (au melon?).
Nous quittons l'oasis au moment
où un petite foule se rassemble pour assister aux obsèques dont
on vient de parler.
Entre Ica et Nazca le paysage change, la côte toujours
sèche s'élève en devenant plus rocheuse tandis que la panaméricaine
se tord en dangereux virages pour franchir les vallées. Peu avant, un camion
transportant des parpaings s'est renversé en contrebas et la cabine est
complètement disloquée par l'impact de la cargaison. Les nombreux
petits oratoires qui jalonnent les bas-côtés témoignent de
la dangerosité de cet axe routier (endormissement des conducteurs).
LES SITES ET MONUMENTS PERUVIENS INSCRITS
AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO
Sites culturels
Zone archéologique Chan Chan (1986)
Site archéologique Chavin (1985)
Ville de Cuzco (1983)
Centre historique de Lima (1988)
Centre historique d'Arequipa (2000)
Lignes et géoglyphes de Nasca et de la Pampa de Jumana (1994)
Ville sacrée de Caral-Supe (2009)
Sites naturels
Parc National de Huascarán (1985)
Parc National de Manú
(1987)
Sites mixtes
Sanctuaire historique du Machu Picchu (1983)
Parc National de Río Abiseo(1990)
Nous approchons de Nazca
et de ses fameuses lignes ou géoglyphes.
Carlos nous propose en option
leur survol en avionnette (Cessna) pour le lendemain matin, sachant qu'en cette
saison il n'y a pas risque d'annulation en raison du brouillard comme c'est parfois
le cas en juillet-août. Environ une demi-heure pour 100$ (ce qui semble
bien cher pour la basse saison et par rapport aux renseignements que l'on trouve
sur Internet). A nos questions, les réponses de Carlos sont quelque peu
ambiguës: "Ca vaut vraiment le coup... mais je ne peux pas vous le recommander".
Et pour cause! Il faut savoir que de nombreux accidents ont eu lieu ici encore
l'an dernier : 7 touristes tués le 25 février, 5 Français
le 10 avril et encore 6 tués le 3 octobre... Selon le Routard, pourtant
"la dépense en vaut la chandelle" (ou les 36 chandelles?), ce
qui ne l'empêche pas d'ajouter peu après que "souvent les vols
ressemblent plus à des tours de manège [...]". L'appareil volant
à plus de 200kmh et à 300m au-dessus du sol, il faut un appareil
photo rapide avec téléobjectif et de bons réflexe (et un
bon estomac!) car le pilote fait basculer alternativement l'appareil d'un bord
sur l'autre afin que tous ses passagers puissent voir le sol.
Bref, l'enthousiasme
de quelques uns s'est refroidi et cette option ne sera pas plus couronnée
de succès dans notre groupe que la précédente (buggy sur
les dunes de la Laguna de Huacachina).
Le site des lignes et géoglyphes
de Nazca (ainsi que de la Pampa de Juman) est classé au Patrimoine de l'Humanité
de l'UNESCO depuis1994.
Sur une portion rectiligne de la panaméricaine,
à une trentaine de kilomètres avant d'arriver à Nazca, se
dresse un mirador d'observation sur le bas-côté droit de la route.
Pour accéder à la plate-forme qui se situe à 15m du sol,
il faut s'acquitter de 2 soles et éventuellement surmonter sa peur pour
grimper un escalier métallique muni de garde-corps pas très rassurants.
Il est plus de 17h et la lumière baisse déjà, ce qui n'est
guère propice pour l'observation. Nous distinguerons simplement deux figures,
"les mains" sur la gauche et "l'arbre" sur la droite mais
nous ne réussirons pas à voir la queue du lézard coupée
par la route.
On se fait des représentations de ce dont a entendu parlé
et la réalité soit dépasse de loin ce que l'on a imaginé
soit elle est très en deçà. Pour moi, cela a été
le second cas, la déception. Ces deux tracés ne sont pas grandioses,
les lignes sont étroites et peu profondes. Certes la vue des autres dessins
depuis un avion aurait peut être modifié mon opinion...
Pour une
bonne compréhension, il aurait fallu disposer d'un peu de temps pour visiter
la maison de Maria Reiche transformée en musée ou de visiter le
musée Antonini à Nazca.
Il y plus de 1000 ans,
entre l'an 300 et l'an 900 de notre ère (d'autres sources, situent leur
création entre 800 ou 900 avant J-C et 300 ou 600 de notre ère),
ces dessins ont été creusés dans le sable, les roches étant
rejetées sur les bord, sur une profondeur de 10 à 30cm et de 30cm
à 3m de large. Les tracés ne se coupent jamais.
On compte 18
dessins d'animaux dont singe, poisson, chien araignée, albatros... ou même
perroquet ou colibri ce qui signifie que leurs auteurs étaient en relation
avec les populations de la forêt, pourtant lointaine. Sans oublier, l'étrange
homme à tête de chouette...Les plus grands dessins animaliers atteignent
60, 80 voire plus de 130m de long. A ces figures s'ajoutent des tracés
géométriques (rectangles, trapèzes, triangles) dont certains
s'étendent sur un kilomètre.
Ces étranges dessins dont
le relevé a commencé en 1926 ou en 1927 (?) et étudiée
à partir de 1939 ou de 1941 (jusqu'à sa mort en 1959) par l'historien
américain Paul Kosok qui les observa fortuitement à l'occasion d'un
survol de la côte. Selon lui, les dessins de ce que l'on appelait jusqu'alors
"chemins incas" n'ont pas qu'un sens artistique ou même symbolique
mais correspondent à une forme d'observatoire astronomique ou de calendrier
pour le repérage des saisons agricoles. Dans son sillage la mathématicienne
allemande Maria Reiche a consacré 60 ans de sa vie à cette étude
(de l'âge de 35 ans jusqu'à sa mort à 95 ans). Pour elle,
les figures représentent des constellations et sont des offrandes ou des
signes adressés aux dieux qui les voient d'en haut. Pour d'autres, ce sont
des sentiers rituels et c'est l'avis de Carlos. N'épiloguons pas sur les
hypothèses farfelues de pistes d'atterrissage pour extraterrestres...
Mais
la culture Nazca ne se réduit par aux seuls géoglyphes. Ils surent
construire des pyramides en briques de terre crue et des aqueducs qui permirent
de rendre fertile le désert (une période de grande sécheresse
serait malgré tout à l'origine de leur décadence). Redoutables
guerriers, ils décapitaient leurs ennemis et transportait à leur
ceinture leur tête momifiée. Plus pacifiquement et artistiquement,
on peut s'intéresser à leurs tissus brodés double face avec
des thèmes mythiques puis géométriques de plus en plus abstraits
jusqu'à l'utilisation de la technique du batik (nom commun d'origine indonésienne),
l'impression de tissus qu'ils empruntent aux Huaris (ou Waris). Dans cette période,
ils ont maîtrisé également l'art des vêtements décorés
de plumes d'oiseaux de la zone équatoriale (aras ou perroquets tropicaux
d'Amérique du sud), vêtements destinés aux élites.
Enfin, leurs poteries, notamment les vases à double bec sont particulièrement
esthétiques et pratiques (l'air remplace le liquide et évite le
glouglou).
Nous quittons le site aux environs de 17h45 et avant d'arriver
à Nazca nous allons visiter la boutique de poterie traditionnelle "Jenny".
On y crée des reproductions d'objets des cultures indiennes locales. Contrairement
à la culture mochica qui produisaient des vases-sculptures ou vases-portraits
souvent en utilisant des moules (nous en verrons des exemple dans un musée
à Lima), les Nazca modelaient des vases de forme plus banale mais décorés
de formes géométriques et de superbes couleurs.
Les
récipients sont formés sans utilisation du tour, à l'aide
de boudins d'argile superposés et modelés à la main puis
lissés avec un galet avant cuisson. Les décors sont fait à
base de pigments naturels (végétaux ou minéraux) et légèrement
vernissés avec la graisse qui suinte sur la peau des ailes du nez... tout
simplement. L'existence des deux becs des pots s'explique par le fait que l'un
sert à boire tandis que l'autre sert à empêcher le récipient
de se mettre en dépression (le fameux glouglou de nos bouteilles qui n'ont
qu'un goulot). On y voit aussi des figurines rituelles tel que l'accouchement
en position accroupie. Des créations contemporaines sont également
exposées...
Nous ne verrons pas la ville de Nazca (53000 habitants)
car l'hôtel hacienda Majoro se trouve en dehors. Il est 18h45, il fait complètement
nuit depuis un bon quart d'heure déjà.
Nous
sommes accueilli avec un chicha marada, une boisson fraîche non alcoolisée
préparée à partir de maïs violet bouilli avec du jus
d'ananas et quelques épices (cannelle et clous de girofles), bon pour la
tension paraît-il.
Au menu du dîner, pisco sour en apéritif,
soupe de vermicelles au lait et avec des oeufs battus, sauté de boeuf (bien
coriace une fois de plus) accompagné de petits légumes et pour finir
un délicieux gâteau aux pommes.
L'établissement est aussi
un peu un musée: aux murs sont suspendus de longs pans d'étoffes
Nazca qui enveloppaient des momies ainsi que des quipus. Certains motifs tissés
ressemblent beaucoup aux géoglyphes (l'araignée par exemple).
Avant
d'aller dormir, nous en profitons pour admirer la superbe décoration de
salons faite pour partie d'objets pré-incas trouvés dans les tombes,
notamment des statuettes de guerriers, de personnages démoniques et des
statuettes érotiques. Des statues catholiques de style assez baroque, des
armoires en bois précieux et des retables naïfs mi-chrétiens
mi-païens complètent le décor.
Le plafond de notre bungalow
est formé d'un tressage de lamelles de bambous et de poutrelles faites
avec des tiges de ce même bambou.
Sur ce, bonne nuit!
A 6 heures,
le réveil est assuré par un couple de paons qui un peu plus tard
nous accompagnent jusqu'à la porte du restaurant.
Nous quittons l'hôtel
dès 7 heures car près de 600km nous séparent encore d'Arequipa.
L'emploi du temps de la journée aurait été acrobatique si
l'on avait retenu l'option survol des lignes de Nazca car nous ne serions probablement
pas arrivés à Arequipa avant 22h au mieux (puisque nous arrivons
pratiquement à 20h)!
Quant à visiter en plus à Nazca le
cimetière pré-inca de Chauchilla, cimetière à ciel
ouvert suite à de nombreux pillages mais désormais remis en état
avec un musée des momies, la hacienda de Cantallo avec les ruines du palais
préinca de Paredones près des imposants canaux et aqueducs souterrains
de Cantalloc (toujours fonctionnels) amenant l'eau des Andes, il ne faut même
pas y penser. Une demi-journée serait nécessaire.
Dans certaines
parcelles au bord de la route nous apercevons des champs plantés de figuiers
de Barbarie (non endémiques puisque originaires du Mexique). En fait on
le cultive pour qu'il serve de nourriture à un parasite, la cochenille,
sorte de pou, dont on tire un colorant, le rouge carmin. Les colonies de cet insecte
forment des sortes de voiles blancs enveloppant les raquettes du cactus.
Encore
un camion accidenté, sans gravité cette fois, le véhicule
a simplement quitté la route. Carlos nous fait remarquer que les jalons
kilométriques jaunes que l'on voit sur le bas-côté marquent
l'emplacement du câble en fibre optique enterré qui a été
mis en place en 2010. Nous passons dans la région des dunes de Cerro Moreno
et de Cerro Marcho qui culminent à plus de 2000m.
Certaines plages sont
utilisées pour le séchage des algues (laminaires) qui sont notamment
destinées à la fabrication de cosmétiques.
NAZCA et sa
faille
Nous faisons un arrêt à la faille de Nazca, large d'un
vingtaine de mètres et qui s'étend sur 40km.
Nous
la voyons dans sa partie la plus spectaculaire. A ce propos, il faut signaler
que ce n'est pas directement la plaque tectonique Pacifique qui voisine avec la
plaque sud-américaine mais bien la plaque dite de Nazca, pratiquement aussi
vaste que l'Amérique du Sud qu'elle longe de la Colombie jusqu'au sud deux
tiers du Chili. Cette plaque océanique se déplace de 7,5cm par an
vers le nord-est en s'enfonçant (subduction) sous le continent, ce qui
est à l'origine de la surrection des Andes et de nombreux tremblements
de terre. La faille que nous voyons n'est évidemment qu'un épiphénomène
de ces chocs et frictions. Les panonceaux que l'on voit dans les hôtels
et restaurants "S, zona segura en caso de sismo" (zone de sécurité
en cas de séisme) sont là pour nous rappeler que cette région
bouge souvent. Les tremblements de magnitude 7 ou plus sur l'échelle de
Richter surviennent au rythme de un tous les deux ans, voire plus souvent (2 en
2007). L'un des plus violents tremblements se produisit au sud de la plaque de
Nazca, au Chili, en mai 1960 avec une magnitude exceptionnelle de l'ordre de 9.
Nous
voyons aussi de plus en plus de petites dunes en demi-lunes ou barkhanes. On revoit
encore près du rivage des groupes de vautours à tête rouge,
perchés ou planant au-dessus de nous.
TANACA,
CHALA, CAMANA
Aux environs de 9h nous arrivons dans la région de Tanaca
après avoir franchi l'embouchure du maigre Rio Acari. Environ 25 minutes
d'arrêt sur une immense plage déserte pour se dégourdir les
jambes et pour un petit bain de pieds pour les plus hardis. Peu engageant pour
la baignade: grosses vagues et fraîcheur de l'eau en raison du courant froid
de Humboldt déjà évoqué à propos des Iles Ballestas.
Les seuls autochtones rencontrés sont des goémoniers venus avec
leur mobylette récolter quelques laminaires échouées. L'industrie
liée aux algues (production d'épaississant) est contrôlée
par des entreprises chinoises. Les plages sont occupées de façon
saisonnière en fonction des possibilités de pêche.
Nous
retrouvons aussi un groupe de touristes de Nouvelles Frontières enchantés
du survol des lignes de Nazca qu'ils ont pu faire la veille. Dommage! Dommage
(pour nous)!
Dans un paysage toujours désertique et
toujours en longeant l'océan et mais de plus haut après une heure
de route nous arrivons dans la localité de Chala, un petit port de pêche,
où nous effectuons une courte pause. En cette matinée de lundi,
c'est le jour du marché. C'est l'occasion de se restaurer d'un petite encas
auprès d'un vendeur de fruits ambulant: ses bananes à la chair orangée
sont délicieuses.
Le rivage est superbe, l'océan
vient éclater sur des rochers pourpres déchiquetés sur lesquels
une famille péruvienne jouit du spectacle. Chala c'est Puerto Inca, une
localité qui disposait de "greniers" où l'on entreposait
de la viande séchée de lama, les plumes de perroquets d'Amazonie
destinées aux costumes des nobles, des cordages végétaux
venant des régions en altitude...
Après avoir repris la route,
nous pouvons voir de vastes surfaces de plages occupées par des constructions
sommaires servant d'abris pour la pêche saisonnière. Nous observons
aussi que des cactus cierges (du genre echinopsis, typiques des régions
arides d'Amérique du Sud) colonisent les pentes rocheuses descendant vers
la mer.
Plus loin, sur le rivage nous apercevons des usines, tout d'abord un
unité de conditionnement du gaz acheminé à travers les Andes
depuis l'Amazonie puis, au port de pêche de la Planchada, l'usine de farine
de poisson (une sorte d'anchois) de CFG Investment.
La route
panaméricaine n'était encore qu'une piste par endroit dans les années
1960 et il fallait jusqu'à 22h pour rallier Lima à Arequipa en transports
en commun (mais pour le faire en avion, il en coûte 120$).
Dans la partie
où nous sommes, son tracé toujours aussi tourmentée surplombe
l'océan et soudain nous livre un vaste point de vue sur l'embouchure du
Rio Colca qui descend de sommets andins de près de 6000m. C'est la plaine
alluviale de Camana où l'on produit du riz dont la récolte a été
effectuée sur certaines parcelles. Le climat et la présence exceptionnelle
de l'eau permettent deux récoltes par an.
Le littoral fut ravagé sur un peu plus d'un kilomètre de profondeur
par le tsunami du 23 juin 2001 (magnitude 8,4) associé au fameux tremblement
de terre d'Arequipa avec des vagues de 8m. Il provoqua la mort de 139 personnes,
la destruction de plus de 17000 habitations et des dommages sur plus de 35 000
autres dans la région comprise entre Camana et Arequipa. Par le passé,
la ville de Camana avait eu à souffrir d'un violent tremblement de terre
en 1821 (magnitude 8,2).
Il est 14h40 (!) lorsque nous faisons halte pour
déjeuner au restaurant Rinconcito Trujillano. Au menu: soupe de poisson
avec des grains de maïs, des morceaux de pomme de terre (ici on dit "patate")
et d'une sorte potiron puis c'est un plat de poisson accompagné de riz
et en dessert pomme, petite banane ou pepino ou q'achan en langue quechua (on
l'appelle ailleurs poire-melon ou morelle de Wallis que porte une plante apparentée
aux tomates et aux pommes de terre).
Nous reprenons la route un peu avant
16h et il nous faudra passer de l'altitude 0m à 2300m pour atteindre Arequipa.
Au programme 3 bonnes heures de route encore!
La
route surplombe les vestiges de constructions détruites par le tsunami
de 2001 tandis qu'un peu plus loin on voit un lotissement de petites constructions
jaunes destinées au relogement des sinistrés ainsi qu'une école.
Maintenant
la panaméricaine sur laquelle nous roulons toujours tourne le dos à
l'océan et au soleil. La montée est progressive et plutôt
imperceptible mais le paysage est toujours aussi aride avec des reliefs aux pentes
recouvertes de sable et de cailloux!
Aux environs de 17h nous traversons une
sorte d'oasis artificielle, une région de culture (maïs, cactus à
cochenilles, céréales...) qui a été irriguée
dans le cadre d'un programme de coopération israélien. Puis l'on
retrouve un paysage quasi lunaire, aride avec ses petites dunes en demi-lunes.
Nouveau contraste lorsque nous arrivons au-dessus de la verte vallée du
Rio Vitor où la route doit descendre pour regrimper sur l'autre versant
où l'on retrouve un paysage quasi lunaire. Au bas des pentes des collines
(le relief reste modeste dans son allure mais le terme convient-il encore aux
environ de 2000m?), la roche jaune ou ocrée est recouverte d'un sable fin
animé de vaguelettes dues au vent et curieusement de couleur blanche ressemblant
à de la cendre. La nuit tombe, nous sommes dans la région de Vitor:
cultures de vigne et de figuiers de Barbarie, bidonvilles montant à l'assaut
de collines, laiteries pour l'omniprésente société Gloria
(une société normande créée en 1925 et qui a fait
du chemin depuis avec son lait concentré non sucré! depuis tombée
dans le giron du groupe Nestlé puis, depuis 2005, dans celui de Mont Blanc
SAS).
Il est 19h45 lorsque nous arrivons enfin à Arequipa.
L'hôtel Santa Rosa installé dans une ancienne demeure coloniale
à patio est parfaitement situé sur la rue Santa Catalina, à
150m de l'entrée du monastère et à 250m de la place d'Armes
et donc de la cathédrale. Ce fut la demeure de l'écrivain (peu connu)
Juan Manuel Florencio Polar Vargas (1868-1936)...
On nous sert une épaisse
soupe à base de farine de maïs, un sauté de boeuf (tendre cette
fois-ci) accompagné de petits légumes et de riz une fois encore.
Un bon gâteau au chocolat achève de nous restaurer.
Après cela et avant de dormir, il convient de profiter de l'emplacement
central de l'hôtel pour faire un petit tour du côté de la Plaza
de Armas. La cathédrale et les bâtiments à arcades qui entourent
la place sont admirablement mis en valeur par les illuminations même si
les flèches des tours de la cathédrale ne sont pas identiques à
celles qui s'effondrèrent lors du grand tremblement de terre qui frappa
la région en 2001 (magnitude de 8,4).
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LA
CUISINE PERUVIENNE...
La cuisine péruvienne offre une grande variété
de plats typiques de la Côte, de la Sierra et la Forêt.
Elle compte
parmi les plus diversifiées au monde et rivaliserait avec les cuisines
française, créole, chinoise. A mon point de vue, parlons effectivement
davantage de bonne cuisine que de gastronomie.
Sa diversité résulte
des productions très différentes de ses grandes régions aux
reliefs et climats si contrastés et des brassages démographiques
et culturels. C'est une cuisine métissée où se mêlent
influences indiennes, créoles (espagnole)... et pour les plus récentes,
même asiatiques, ce qui explique le succès des sautés de viande
et de légumes.
Le caractère relevé et épicé
de la gastronomie péruvienne est imputable à l'ají (sauce
piquante à base d'oignons, tomates, ail, coriandre, piment...) et à
l'ajo (poivron rouge et ail).
Un plat typique de la cuisine péruvienne
à découvrir, le cuy, autrement dit le cochon d'Inde.
Dans la
région d'Arequipa, le cuy est frit dans l'huile et présenté
entier sur l'assiette accompagné de pomme de terre et éventuellement
d'autres légumes (maïs). Il peut aussi être rôti au four
ou à la broche, grillé, fumé, bouilli puis ajouté
à des légumes dans une sorte de daube ou de ragoût...
Les
Péruviens mangent aussi du lama, plus précisément de l'alpaga.
On
peut se voir proposer l'ají de gallina, de la poule servie dans une sauce
et accompagnée de pommes de terre. Autre spécialité, les
anticuchos, brochettes de viande ou de poisson marinées mais les plus typiques
sont les anticuchos de corazón de res, faites de morceaux de cur
de buf.
Empruntés à l'étranger, on trouve aussi
l'arroz con pato et l'arroz con pollo, riz au canard ou au poulet accompagné
de légumes
Sans oublier le pollo a la brasa, du poulet mariné
et grillé (cuisson sous la cendre), un des mets les plus consommés
dans ce pays.
Le ceviche de corvina est une spécialité de poisson
(marinade de poisson cru au citron et aux piments rouges épicés,
servie avec du maïs, des patates douces, des oignons et aromatisée
au coriandre). L'escabèche est un poisson cuit à manger froid comme
amuse-bouche, servi avec des poivrons et des oignons. Le corvina est un bar préparé
de différentes manières, mais toujours à recommander. Les
plats typiques à base de coquilles Saint-Jacques (conchitas), de moules
(choros), de poulpes (pulpo) et d'écrevisses (camarones) sont copieux et
délicieux. La chupe de camarones est une sorte de soupe aux poissons faite
avec des écrevisses, du lait, des oeufs, des pommes de terre et des poivrons.
Dans les Andes, on consomme de a truite qui y est abondante.
Les Péruviens
possèdent une grande variété de légumes: pommes de
terre, riz, manioc, tomates, poivrons, piments... Rien qu'en pommes de terre (papa),
ils ont le choix entre 2000 espèces indigènes ou cultivées.
Les fruits tropicaux comme les avocats poussent en abondance.
Sans oublier
les autres tubercules autochtones tels que l'oca ou l'olluco.
Parmi les autres
spécialités culinaires à base de légumes, on trouve
le papa a la huancaïna (pommes vapeur recouvertes d'une sauce jaune à
base de fromage blanc et de piment), l'ocopa (pommes de terre avec une sauce aux
cacahuètes), l'arroz con choclo (riz au maïs), l'arroz chaufa, riz
à la chinoise, le cau cau (tripes cuites aux pommes de terre, poivrons
et persil), la causa relleña (galette de pommes de terre garnie au poulet,
mais également cuisinée aux avocats ou à la viande de crabe)
et les tamales (boulettes de maïs écrasé avec du piment orange,
des olives et farcies à la viande, le tout enveloppé dans une feuille
de bananier).
Ce n'est pas un grand pays de desserts. Fruits,
gâteaux aux pommes, gâteaux au chocolat. Plus traditionnels et plus
simples: les picarones, beignets à base de courge et de patate douce, recouvert
de mélasse (chancaca) qui peuvent aussi accompagner les anticuchos, les
alfajores (d'inspiration arabo-hispanique), deux biscuits fourrés avec
un remplissage sucré (confiture de fruits ou de lait, ou de mousse au chocolat),
et le plus souvent nappés de chocolat, de glaçage ou recouverts
de sucre en poudre ou de sucre glace.
Il faut goûter le Pisco Péruvien,
le cocktail à base d'alcool de raisin dans ses différentes préparations.
En voici une mais sans dosage précis:pisco, sucre liquide, glace pillée,
jus de citron vert, blanc d'oeuf et le tout étant passé au mixer.
Quant
à la chicha, c'est une boisson légèrement alcoolisée
(genre cidre ou bière) à base de maïs fermenté (la plus
connue est la chicha de jora). Elle était connue des Incas. Rien de commun
avec la chicha morada, inoffensive boisson non alcoolisée fabriquée
à base de maïs violet bouilli avec de la cannelle et des clous de
girofle et à laquelle on ajoute du sucre de canne. En Amazonie, on peut
boire l'aguaje, boisson fermentée obtenue à partir du fruit de ce
type de palmier.
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AREQUIPA,
avec près d'un million d'habitants, est la seconde ville du Pérou.
Son superbe centre colonial lui a valu d'être inscrite au Patrimoine
Mondial de l'UNESCO en l'an 2000.
Dans cette région occupée par
des peuplades agraires, les Espagnols fondèrent cette ville en 1540. Son
étymologie varie selon la langue indienne à laquelle on se réfère.
Ce serait, "oui, restez" en quechua ou "derrière le sommet"
en aymara...
Mais c'est une ville encadrée par trois grands volcans
: le plus haut (6075m) , Chachani au nord, le plus fameux par sa forme, le Misti
(5822m) à nord-est et enfin, le Picchu Picchu (5575m) "montagne montagne"
en quechua, situé au sud-est. Ce contexte explique la fréquence
et l'intensité des manifestations sismiques. Dans la période entre
1438 et 1471, le Misti connu plusieurs grandes éruptions.
Après
la création de la ville, les séismes se sont manifestés tout
au long de son histoire, de 1582 à 2001 (faisant suite à ceux de
1958 et de1960), lui permettant de témoigner de divers courants architecturaux.
Juste
retour des choses, la ville est faite du matériau qui parfois l'a dévorée,
le tuf volcanique appelé ici sillar, une pierre de lave blanche qui a valu
à la ville son surnom de "ville blanche". Le gabarit des blocs
couramment utilisés est de 40cmx30cmx20cm.
La ville a un particularisme,
un esprit d'autonomie qui conduit parfois ses habitants à manifester plus
ou moins pacifiquement leur hostilité aux décisions prises à
Lima, ainsi il n'y a pas si longtemps lorsqu'il fut question de confier l'exploitation
de certains services publics à une entreprise belge...
Monasterio Santa
Catalina **
A 9h, sous la conduite d'une guide locale, nous commençons
la visite en nous rendant à pied au célèbre "monastère"
de Santa Catalina (Ste Catherine), tout proche de notre hôtel d'où
on voit son clocher se découpant sur le Chachani.
Il faut savoir
qu'ici il y a inversion du sens entre les mots monastério (monastère)
et convento (couvent) par rapport à celui qu'on leur donne en France, ici
les monastères sont donc destinés aux moniales.
Ce lieu a été évoqué par la femme de lettres Flora Tristan, Flore Tristán Moscoso (par son père péruvien), Laisné (par sa mère française). Elle séjourna quelques mois à Arequipa en 1833-34 lorsqu'elle essaya de récupérer son héritage paternel mais elle est déclarée fille naturelle du fait du mariage non régularisé de ses parents. La situation de bâtarde et de paria qu'on lui donne la pousse à devenir militante socialiste, féministe et internationaliste. Elle écrira notamment "Pérégrinations d'une paria", livre qui ici fut brûlé en place publique. L'écrivain contemporain (et ancien candidat à la présidence péruvienne) Mari Vargas Llosa lui a rendu hommage dans "Le paradis un peu plus loin". Flora Tristan fut la grand-mère maternelle de Paul Gauguin.
Cette ville dans la ville, avec ses rues, ses patios et ses places aux couleurs bleues et oranges qui en atténuent la sévérité couvre un peu plus de deux hectares et est visitable depuis 1970. Rattaché à l'ordre de Sainte Catherine de Sienne, le monastère fut fondé en 1580 par un riche veuve, Maria de Guzman, et il a abrité près de 500 religieuses. Les grandes familles espagnoles y faisaient entrer les cadettes à partir de l'âge de 12 ans, tout en les dotant richement (2400 pièces d'argents, sans compter le mobilier, les vêtements, les ustensiles divers...) et en leur octroyant jusqu'à quatre servantes ou esclaves. Le monastère organisé en trois cloîtres, six rues et un passage compte une centaines de "cellules" ou plus exactement de petites maisons construite par les familles des nonnes dans lesquelles elles vivaient tandis que leurs domestiques pouvaient se rendre en ville pour le ravitaillement. En 1871, les autorités religieuses mirent fin à cette vie presque comme dans le grand monde.
Au début de la visite nous passons au parloir avec ses grilles en bois. Nous passons dans un cloître aux murs orange (ocre rouge) puis dans le cloître des novices en pierre blanche mais dont les arcades sont décorées de fresques destinées à l'édification des religieuses, montrant le chemin pour passer du péché à la grâce. Les cellules voisines comportent chapelle privée, chambre et cuisine et chambre de la servante. On peut aussi voir un exemple de machine à laver mécanique, en bois. La salle funéraire est entourée des portraits des religieuses les plus célèbres.
Les rues du monastère
portent les noms de villes espagnoles d'où les familles des religieuses
étaient originaires.
Nous empruntons la Calle Málaga pour jeter
un coup d'oeil dans la cellule de la Madre Dolores Llamosas, la salle Zurburan
où l'on voit un Saint Michel attribué à ce peintre.
Nous
continuons par la Calle Cordoba aux murs blancs évoquant l'Andalousie.
Elle remonte au XVIIIe s. et sur la gauche une construction récente (1969)
héberge une trentaine de religieuses cloîtrées. On peut y
voir une vasque filtrante pour l'eau. Puis c'est la Calle Toledo, la plus longue,
la plus étroite et la plus ancienne rue du monastère avec ses maisons
basses aux murs rouge orangé. La Calle Sevilla nous conduit au lavoir en
plein air constitué de demi-jarres tout près du cimetière.
En empruntant la Calle Burgos, nous nous rendons dans l'immense cuisine sombre
et noircie par la fumée. Bâtie au XVIIe s., ce fut d'abord une chapelle
avant d'être reconvertie en cuisine collective à la suite de la réforme
de 1870. On y voit même un puits intérieur. La Plaza Zocober due
à l'initiative de la prieure Maria Manuela Hurtado est dotée d'une
jolie fontaine datant de 1865 et alimentée par une canalisation en fer.
Les bains douches des religieuses se trouvaient aussi sur cette place. D'une terrasse
de l'église conventuelle, nous avons une vue d'ensemble du couvent et sur
une partie de la ville. Nous poursuivons par la visite de la cellule de la madre
Ana de los Angeles Monteagudo (1606-1686), béatifiée en 1985 par
le pape Jean-Paul II lorsqu'il visita la ville. Notre visite se termine par le
dortoir collectif institué à partir de 1870 et aujourd'hui transformé
en pinacothèque, une galerie de peintures des XVIe et XVIIe s. de l'école
de Cusco.
La visite a duré pratiquement 1h30.
Cathédrale,
Casa de Richetts, Plaza de Armas, Compañia
Toujours à pied, nous
poursuivons la visite de la ville.
En empruntant le
romantique Pasaje de la Catedral avec ses réverbères, nous nous
rendons à la cathédrale, édifice construit en 1544 et plusieurs
fois endommagé par des tremblements de terre une quinzaine de fois par
la suite et ce malgré ses 70 piliers.
Reconstruite après l'incendie
de 1844, elle fut très sérieusement endommagée par le tremblement
de 1868 et elle dut être restaurée (notamment les tours) lesquelles
furent à nouveau endommagées par celui de 2001. L'entrée
ne se fait pas par la Place d'Armes sur laquelle se dressent les tours car il
s'agit d'un décor.
De style néo-classique d'inspiration française,
on peut y voir un autel en marbre de Carrare, une chaire très ouvragée
et des statues. La sainte patronne de la ville est Nuestra Señora de la
Asunta (N-D de l'Assomption). Quant à Nuestra Señora de las Penas
(N-D des Douleurs) son visage donne l'illusion de larmes tandis que si l'on se
déplace au pied de la statue, on voit évoluer l'expression de plus
ou moindre grande tristesse grâce à une légère dissymétrie
du visage.
Ici, comme en Espagne, les statues sont habillées et on
les a déjà revêtues des habits du Carême. Leur manteau
ample devait évoquer pour les indiens la forme des montagnes qu'ils vénéraient
avant l'arrivée des missionnaires. Lors des célébrations
de la Passion ou croix des outrages, on peut voir des hommes en habit de Pénitents
et des femmes en mantille. C'est l'une des 70 églises dans le monde autorisées
à arborer le drapeau du Vatican (en regard de celui du Pérou, évidemment).
Sur le chemin de la place d'Armes, nous passons par la Casa de Ricketts (également
appelé Palacio Tristán del Pozo), ancien séminaire jésuite
du XVIIIe s. actuellement occupé par la Banque Continentale. Son portail
est remarquable par la richesse du décor sculpté dans la pierre.
Une galerie présentent des peintures de l'école cuzquéenne:
portraits, scènes de la vie du peuple, caricatures...
Nous gagnons
sur la place d'Armes dont un côté est constitué par un mur
latéral de la cathédrale qui porte curieusement les deux tours.
Les trois autres côtés sont occupés par des bâtiments
à double rangée d'arcades encadrant un vaste jardin central. C'est
l'une des plus belles places coloniales d'Amérique latine.
D'une
terrasse de café situé sous les arcades supérieures, nous
jouissons d'une vue superbe sur la place avec ses écrivains publics et
ses cireurs de chaussures. Dans les rues qui l'encadrent où l'on voit défiler
les fameux petits taxis jaunes d'une ville qui ne dispose pas de transports en
commun. Ces petites voitures à 4 portes, ressemblant au Fiat 500 mais de
marque Deawoo et modèle Tico. C'est sous ce dernier vocable qu'elles sont
désignées couramment. Souvent en mauvais état, sans équipements
de sécurité, conduites par des chauffeurs souvent sans permis et
téméraires, il peut être prudent d'y regarder à deux
fois avant d'y monter. On les retrouve à Cuzco, à Lima...
Une
manifestation féministe se déroule sur la place avec des slogans
bien appuyés dont voici quelques traductions approximatives: "pour
moi tous les jours sont tristes", "les femmes résistent et luttent",
sur les cinq doigts d'une main on peut lire "gifles, ecchymoses, mutilations,
abus, coups"...
A l'angle de la place, nous arrivons à la
Compañia. Léglise des Jésuites remonte au XVIIes. car elle
a remplacé une construction de 1573 détruite par le tremblement
de terre de 1584.
On remarque sa façade baroque très chargée,
métissée, ornées d'entrelacs et motifs floraux au milieu
desquels se cachent de petits personnages (anges au visage indien) et les blasons
de la ville. Nous poursuivons par les deux cloîtres voisins où l'on
trouve aujourd'hui boutiques et restaurants. Les piliers et les arcs sont abondamment
sculptés et témoignent du syncrétisme, notamment la tête
pourvue des plumes de l'Inca.
En soirée, nous y reviendrons en visite
libre pour voir l'intérieur. Il en coûte 4 soles (1€) mais interdiction
de photographier, même sans flash, ce que je trouve inacceptable et me conduit
à "voler" quelques photos jusqu'à ce qu'une gardienne
me réprimande. On peut voir dans l'église de beaux retables en bois
dorés à l'or fin et pour finir l'étonnante coupole peinte
de la Chapelle de St Ignace (fondateur de l'ordre des Jésuites) où
au milieu d'un exubérant décor tropical sont représentés
des saints.
Avant de rejoindre notre bus, nous passons près de l'église
San Augustin avec sa façade sculptée tel un retable de pierre.
Carmen Alto, quartier Yanahuara
Le bus nous conduit à
quelques kilomètres de là, en passant près du Couvent de
la Recoleta, sur les hauteurs du quartier de Yanahuara, au mirador de Carmen Alto,
à 2km du centre ville. Le ciel brumeux ne permet pas d'avoir une vue bien
nette sur la ville et sur les volcans environnants.
Nous y découvrons
par contre des plants de quinoa (aux graines très recherchées pour
leurs qualités nutritionnelles et diététiques). C'est une
plante de la famille des chénopodes comme les betteraves, épinards,
blettes ou comme la fleur amarante ("queue de renard")... La plante
a de multiples noms dans chacune des langues andines. En quechua, on l'appelle
chisiya mama ("mère de toutes les graines)", kiuna, kiwicha...
On la surnomme également "le riz andin" (arroz andino).
C'est
un substitut aux céréales, riche en protéines (16%), pousse
jusqu'à 4000m. mais elle craint les gelées. On en fait de la farine,
on l'utilise dans la soupe, pour faire de la pâte, ou fermentée,
pour faire de la chicha (sorte de bière ou plutôt de cidre des Incas
qui peut aussi être fabriquée à partir de maïs).
On peut y déguster de délicieux morceaux de racines de maca (lepidium) séchée, un tubercule qui pousse sur les hauts plateaux à plus de 4000m. Cette plante à racine pivotante est cultivée depuis des milliers d'années comme aliment et pour ses vertus médicinales. Elle peut également être consommée crue ou cuite. On peut en faire des gâteaux, des chips, et des boissons. Certaines de ses vertus font qu'on le qualifie de ginseng ou de viagra péruvien. Cela reste à démontrer, en revanche, elle aurait bien un effet sur la fertilité.
En
complément, on découvre la préparation de la coca traditionnelle.
Les feuilles de cet arbuste qui pousse dans la selva amazonienne (en dessous de
Cuzco) sont riches en alcaloïdes. Desséchées, elles sont mâchées
et leur acidité est réduite par l'ajout d'un peu de cendre de tiges
de quinoa voire de chaux.
Nous pouvons aussi voir un petit élevage
de l'un des animaux emblématiques des Andes, le fameux cuy (prononcer pratiquement
[couill']) ou sous on nom savant en latin: cavia porcellus. Il est plus connu
chez nous sous le nom de cochon d'Inde (puisque lors de la découverte de
l'Amérique les navigateurs croyaient avoir abordé l'Inde) en tant
qu'animal domestique et de cobaye en tant qu'animal de laboratoire. Ici, rien
de tout cela, le cuy est élevé pour sa chair très appréciée.
Leur poids peut atteindre 4kg! A l'état sauvage, ces animaux ont un poil
marron, long et bouclé.
Dans ce quartier campagnard, en limite de la
ville, sur des terrasses de culture d'origine andine, on peut voir des paysannes
en train de mettre de l'engrais à une culture (peut-être du quinoa).
Il est l'heure de manger et pour cela nous nous rendons dans une picanteria, le
restaurant Sol de Mayo ("soleil de mai", enfin pas tout à fait
encore). On y mangera d'abord du fromage pané (genre feta) ou du poivron
farci accompagné de gratin de pommes de terre. Puis on passera au plat
de résistance, le cuy chactao, plat typique de la cuisine péruvienne,
plus précisément de la région d'Arequipa. Le cuy est frit
dans l'huile et présenté entier sur l'assiette accompagné
de pomme de terre et éventuellement d'autres légumes (maïs).
Quant à ceux qui refusent l'aventure, on leur sert du cochon de lait ou
du calamar frit. Pour finir, corbeille de fruits (pommes, poires et bananes).
Bref, pas tant de picante, de piment, que cela....
Un court trajet nous conduit
au coeur du quartier de Yanahuara, agréable quartier résidentiel.
Sur une place bordée d'arcades qui ouvrent une perspective sur la ville
et sur le Misti, malheureusement très embrumé, se dresse l'église
San Juan Bautista.
A droite du portail se dresse une Croix de la Passion
ou croix des outrages avec échelle, clous, marteau, tenailles, voile avec
la tête du Christ couronné dépines, lance, pique avec
une éponge, cruche, etc pratiquement identique à celles que l'on
peut voir dans certaines régions de France, par exemple à St Véran.
On en verra plusieurs autres exemples pendant notre circuit.
C'est un quartier
habité par les classe moyennes et qui accueille banques et bureaux. Les
festivités du Carnaval se terminant, on y croise un groupe de musiciens
qui nous offre une petite aubade tandis qu'une jeune péruvienne nous invite
à la danse. Tout à côté, deux femmes déguisées
accaparent la rue (tranquille au demeurant).
Notre guide
locale nous quitte après le retour en centre ville.
Marché
San Camilo
Avec Carlos nous allons visiter l'église San Francisco,
toujours non loin de l'hôtel. Cette église du XVIe s. se distingue
par la sobriété de son portail en brique. En revanche, son autel
en argent est impressionnant. On y vénère la Vierge dans différentes
déclinaisons plus ou moins larmoyantes y compris Nuestra Señora
de Guadalupe, patronne du Mexique.
Toujours à pied et avec Carlos nous
nous rendons au pittoresque marché de San Camilo distant d'un bon kilomètre,
en passant au pied de l'égise Santo Domingo. De l'édifice du XVIIes.s
ne subsistent que la tour et un portail.
Au marché, nous trouvons des étals proposant des gâteaux à la crème multicolores, des cierges, des plantes médicinales, de la charcuterie avec toutes sortes de saucisses et d'abats de porc (couenne, pieds, museaux), des boucheries également avec leurs abats (tripes, testicules de taureaux), des volaillers, marchandes de fromages, mais surtout une grande quantité d'étals de fruits et de légumes la plupart originaire d'Amérique. On y voit des sortes de potirons verts à grosse peau, les fameuses et grosses olives de Yauca jaunes, vertes, rouges et les huiles, du riz, des haricots et des fèves (légumineuse originaire d'Asie introduite par les colons espagnols), du maïs très varié en taille et couleur de grain, des pommes de terre de toutes sorte et d'autres tubercules que nous ne connaissons pas en Occident, notamment du type oca et ulluco.
La culture du maïs est
apparue dans les Andes aux environs de 4000 ans avant J-C, diffusé par
les divers peuples amérindiens depuis le Mexique. On peut rencontrer sa
culture jusqu'à 40000m. sachant que l'on recense un peu plus de 250 variétés
dans le pays.
Les pommes de terre, ici les fameuses papas ou patatas qui sont
la grande contribution andine à la nourriture de l'humanité et certaines
variétés poussent jusqu'à 600m d'altitude. Ici la culture
de cette plante endémique a commencé il y a 8000 ans. Ce n'est donc
pas sans raison que le Centre International de la Patate ait été
installé à Lima en 1971. Sa banque de semence conserve 5000 variétés
de pommes de terre (dont près de 1500 (ou 2500?) variétés
sont cultivées dans le pays), 6500 variétés de patates douces
et 1300 variétés de divers tubercules alimentaires andins (notamment
oca et ullucos).
Certaines pommes de terre ressemblent à celles que
nous connaissons, d'autres pas. L'amarilla, la pomme de terre jaune du Pérou
est la plus appréciée. On voit aussi la Compis de couleur rose,
la Wairo violette aux yeux profonds, la noire (!)...
Et il ya aussi les pommes
de terre déshydratées... C'est le seul moyen de rendre comestibles
les pommes de terre amères (papas amargas), les seules qu'il est possible
de cultiver en haute altitude car elles résistent au gel. Mais sans la
déshydratation, elles seraient toxiques.
La noire déshydratée
ou chuño que l'on obtient en présentant au gel nocturne intense
de l'hiver austral pendant une demi semaine à une semaine des tubercules
à chair jaune puis à presser la chair décongelée pour
extraire le jus et enfin les tubercules se déshydratent complètement
par exposition au soleil. Quant aux pommes de terre blanches, déshydratées
également, on les appelle moraya ou chuño blanco. Le processus est
un peu différent, la période d'exposition aux gelées dure
3 ou 4 semaine et dans la journée, les tubercules sont abrités de
l'ardeur du soleil avec de la paille avant de subir l'exposition directe au soleil
pendant une semaine. Enfin, elles sont épluchées en les lavant plusieurs
fois et en les frottant avec les mains... Ces techniques de déshydratation
sont pratiquées depuis 3500 ans.
Les pommes de terre sont très
riches en eau, si bien que déshydratées elles perdent 99% de leur
poids! Le chuño sert d'ingrédient pour les entrées, les plats
de résistance et les desserts.
Les ocas (de la même famille que
les oxalis) poussent entre 2000 et 4000m. Très présente dans les
Andes péruviennes, cette plante à tubercules résiste assez
bien au froid. Leur culture a commencé il y a environ 8000 ans avant J-C.
Les tubercules exposés au soleil s'enrichissent en sucre. Ils peuvent être
déshydratés, réduite en farine ou utilisés en fermentation.
Les ullucos ou ollucos (appartenant à une famille botanique cousine
des ocas). Les tubercules de cette plante sont également connus depuis
la même époque que les précédents. La plante exige
des sols riches. La chair et la saveur ressemblent à ceux de la pomme de
terre mais avec une pointe d'acidité rappelant l'oseille. On l'utilise
dans les plats en sauce, des soupes, frais ou déshydraté. On lui
prête aussi un pouvoir médicinal contre les rhumatismes.
Des
boulangers présentent aussi de grosses brioches et aussi des guaguas de
pan en forme d'enfant, décoré avec du sucre coloré, viennoiserie
particulièrement à l'honneur à la Toussaint mais aussi à
Noël, lors de Carnaval et lors de fêtes traditionnelles.
On y trouve
encore des vêtements, des tissus, des stands vendant des herbes, des bijoux,
des flacons de parfums, dencens ou encore dhuiles essentielles et
plantes médicinales et magiques (soignant circulation du sang, manque dargent,
chagrin damour, problèmes de mariage...).
Nous envisagions de
faire une visite du musée mais heureusement, renseignement pris avant d'y
entrés, nous avons appris que sa pièce vedette, Juanita, était
absente. Cette momie d'une jeune fille de douze ou treize ans fut découverte
en 1995 par Johan Reinhard dans la glace au sommet du volcan Ampato. D'ascendance
noble cuzquéenne, elle fut sacrifiée il y a quelques 500 ans afin
d'apaiser le volcan.
Chez les INCAS, les sacrifices humains ne se faisaient
que lors de périodes de grands troubles, par exemple lorsque l'Inca était
malade ou mort ou lors de catastrophes naturelles. L'objectif était alors
d'apaiser les dieux.
Les personnes, hommes, femmes ou enfants offerts en sacrifice
devaient être en bonne condition physique et de parfaite constitution. Avant
le sacrifice, le sacrifié buvait de la chicha (alcool) pour atténuer
la perception de ses sens. Dans de nombreux cas, il était ensuite enterré
vivant. Pour l'honorer, les prêtres conduisaient des cérémonies
qui l'accompagnaient tandis que son esprit quittait la terre. Parmi les jeunes
filles choisies dans chaque province pour être femmes choisies, une partie
était destinée à être sacrifiée.
Ce genre
de rites ne peut être comparé aux sacrifices de masse pratiqués
par les Aztèques au Mexique.
La journée se termine dans un restaurant
du centre ville, le Zingaro: velouté de maïs, steak frites et glace
à la praline accompagnée de pomme flambée. Restaurant reconnu
mais pour un menu qui n'a rien de typique...
Une journée supplémentaire
dans la région d'Arequipa serait nécessaire pour visiter le Canyon
de Colca. Distant de 180km, il faut 4h pour s'y rendre et cela nécessite
de passer un très haut col à 4700m d'altitude.
Le canyon s'étend
sur une centaine de kilomètres et sa profondeur dépasse 3000m. Mais
il a plus l'allure d'une profonde vallée habitée que d'une gorge
aux falaises hostiles.
C'est le refuge des majestueux condors tout noirs sauf
une collerette de plumes blanches à la base du cou. Le condor est l'un
des animaux emblématique du Pérou comme la chanson universellement
connue "El condor pasa" en témoigne (elle fut composée
en 1913)... Ces charognards sont les plus grands oiseaux du nouveau monde avec
une envergure dépassant les 3m. et un poids pouvant dépasser les
10kg. Utilisant les courants ascendants, il peut monter jusqu'à 5000m et
planer pendant des centaines de kilomètres. Il ne faut pas les confondre
avec l'urubu à tête rouge que nous avons vu sur la côte même
s'ils appartiennent à la même famille car l'urubu est beaucoup plus
petit (moins de 2m d'envergure et un poids d'environ 1,5kg).
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EQUECO
ou EKEKO
(IQIQU en langue aymara, EKJAKJO en quechua)
et autres fétiches...
C'est le dieu de l'abondance, de la fertilité et de
la joie d'origine aymara ou Colla.
L'origine de ces figurines remonte à
la Culture Tiahuanaco ou Tiwanaku (centrée en Bolivie), passée aux
Aymaras et enfin adoptée par les Incas. Son culte était associé
aux fêtes du solstice d'été austral. En or, en terre cuite
ou en pierre, il se présentait alors sous les traits d'un Indien nu et
bossu et avec un phallus bien apparent, indispensable symbole de la fertilité.
L'Eglise dans sa lutte pour éradiquer le paganisme a réaménager
le personnage, du moins au niveau de l'apparence: il a des traits de métis
...habillé.
Il se présente donc désormais sous forme d'un
personnage moustachu et souriant, avec un peu d'embonpoint, habillé de
vêtements typiques des hautes terres (bonnet, poncho) et il est souvent
en vulgaire plâtre peint. Il en existe des versions en modèles réduits
sous forme de pendentifs ou de porte-clés. Il porte accroché à
ses vêtements un symbole de tous les biens matériels qu'on peut imaginer:
maison, sachets de graines, nourriture, maison, voiture et faux billets (dollars!).
Si l'on souhaite de l'amour, il faut lui accrocher une figurine de coq ou poule
(!).
Une fois l'an, on glisse une cigarette allumée dans sa bouche
ouverte et elle doit se consumer complètement pour être un heureux
présage.
Aux anciennes croyances se superpose une légende romantique qui remonte au siège de La Paz par des Indiens révoltés conduits par Túpac Katari contre les colons espagnols en 1781. Paulita Tintaya était amoureuse depuis toujours d'un garçon de son village, Isidoro Choquewanca. Elle avait dû partir travailler à la ville mais avant son départ Isidoro lui avait remis un Ekeko que Paulita plaça à l'extérieur de la maison de ses maîtres. Enrôlé dans l'armée indigène assiégeante, Isidoro, retrouva cette maison et déposa secrètement chaque semaine de la nourriture près de la statue, ce qui permis à sa bien-aimée de ne pas mourir de famine...
Ekeko est célébré en Bolivie, non plus au solstice, mais le 24 janvier lors du Festival Alasitas. Dans d'autres régions des Andes, il est fêté en octobre, à l'occasion des festivals de printemps.
...et autres fétiches péruviens...
On trouve sur les marchés des foetus de lama desséchés. En offrande à la Pachamama, la déesse-terre, n les enterre pour éloigner le mauvais sort des maisons ou dans un champ pour favoriser les bonnes récoltes.
Quant
aux paires de taureaux en céramique encadrant une la Croix de la Passion
ou croix des outrages, apport colonial intégré par les Indiens,
ils ont aussi le pouvoir d'attirer la réussite. Ils sont signes de force
et de fertilité.
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En quittant AREQUIPA,
aux lueurs de l'aube (6h30), derniers regards sur la ville et sur les montagnes
qui l'entourent de la terrasse de l'hôtel puis du bus qui prend la direction
du nord-est, vers Puno, à travers la Réserve Naturelle de Salinas
et Aguada Blanca.
A la sortie de la ville, les ouvriers cherchant l'embauche à la journée se rassemblent à certains carrefours tandis qu'un peu plus loin encore on voit les bidonvilles partir à l'assaut des pentes puis bientôt remplacés par des cactus cierges et par endroit par des lupins à fleurs bleues, une graminée endémique (les graines de certaines variétés ne sont pas comestibles).
Cette
fois, c'est parti pour la haute altitude et il convient de compléter la
préparation que nous avons commencées en absorbant quelques mate
de coca à l'hôtel. C'est une infusion soit de feuilles soit de poudre
de feuille, et qui a un pouvoir énergisant comme le thé et le café
et qui est sensée atténuer le mal aigu des montagnes (également
pour faciliter la digestion, atténuer la fatigue physique...). Rien à
voir avec la cocaïne!
Il faut savoir que pour obtenir un gramme de cocaïne
pure (les trafiquants de drogue fournissent souvent un produit qui en contient
moins de 35%), il faut utiliser un kilo de feuilles et une drôle de chimie
peu ragoûtante utilisant du kérosène, de l'acide chlorhydrique...
Carlos nous explique par le menu la façon de mitonner une bonne prise de coca. Il faut prendre une dizaine de feuilles, y déposer un peu de cendre, enrouler le tout et le glisser dans la bouche, en le laissant s'humidifier avant de commencer la mastication. Ca ne vaut pas un chewing-gum et ça nous donne plutôt l'air de ruminants.
Justement à propos de ruminants, nous avons la chance de voir un groupe non pas de lamas mais plus précisément des vigognes qui vivent à l'état sauvage alors même que nous ne sommes pas encore entrés dans la réserve. Précautionneusement et aux aguets, le groupe d'une bonne douzaine d'animaux traverse la route devant notre autobus puis s'en va paître au bord de la voie ferrée toute proche. Le mâle, chef du harem, se distingue par vigilance et sa queue redressée. Leur laine servait à fabriquer les vêtements impériaux des Incas... c'est peu dire. La laine du dos est la plus appréciée et son prix au kilo peut atteindre 700$.
Il faut faire une distinction
entre les différents camélidés sud américains (pendant
un temps, on cru qu ces animaux appartenaient à la même famille que
les moutons!).
Il y a un million d'années, avant la séparation
des continents, à l'origine les camélidés vivaient en Amérique
du nord d'où ils ont disparu mais ils se sont diffusés ici, dans
le sud de l'Amérique et, surtout sous forme d'animaux plus corpulents,
dans l'Ancien Monde, avec les chameaux d'Asie centrale et les dromadaires que
l'on trouve de l'Asie méridionale à l'Afrique de l'Ouest.
Ici
on a affaire au genre Vicugna alors que dans le genre Lama, on distingue les lamas
proprement dits, les guanacos et les alpagas (ou alpacas).
Dans le genre Lama,
le lama (Lama Glama) proprement dit, la taille des animaux atteint 1,20m à
l'encolure et l'animal peut peser 150kg.Les lamas vivent en harem composés
de 6 femelles. La gestation dure 12 mois et la mise bas est annuelle. C'est un
animal de bât qui refuse tout service au-delà d'une charge de 30kg.
Le lama est surtout présent en Bolivie. Sa chair est consommée.
L'alpaga
est plus petit que le lama mais est également domestiqué pour l'intérêt
que représente sa laine. Il vit sur les hauts plateaux andins dans les
zones humides. Leurs harems sont composés de 5 à 10 femelles. La
gestation dure entre 8 et 12 mois (!). Nous allons en rencontrer peu après.
Utilisé avant tout pour sa laine, on consomme aussi sa viande, une viande
blanche maigre (0% de cholestérol).
Le genre guanaco est devenu rare
au sud du Pérou mais on le rencontre jusqu'à la Terre de Feu (Argentine
et Chili). C'est un animal sauvage, de taille assez comparable au lama mais avec
des pattes et un cou plus fin. La gestation dure 11 mois et la mise bas à
lieu en février.
Maintenant, parlons plus en détail
de nos vedettes du genre Vicugna.
La vigogne est plus élégante
(en général moins de 1m au garrot pour 50kg) que les lamas, avec
un long cou, un museau fin, des oreilles et pattes fines et pointues, le dos de
couleur fauve et le ventre blanc... Elle vit sur les hauts plateaux andins dans
les zones humides. La gestation durant de 11 à 13 mois (!), ce n'est donc
que tout les deux ans que les femelles mettent bas pendant la saison des pluies,
de décembre à mars. La chair a un goût très fort ce
qui n'empêchait pas la chasse car le but était de prendre sa laine,
plus douce que celle de l'alpaga. De 1,5 million de têtes à l'époque
inca, la population est aujourd'hui 10 fois moindre. Désormais seules certaines
communautés conservent un droit de battue avec un piège clôturé
pour effectuer la tonte, les animaux étant ensuite relâchés.
Tous
genres de camélidés confondus, on compte 2 millions de têtes
au Pérou et ils se nourrissent d'une graminée sauvage, l'ichu.
C'est après cette superbe rencontre que des panneaux nous indiquent la possible présence de ces animaux puis nous arrivons au début de la réserve, à l'altitude de déjà 4268m. Tout va bien encore!
Une
demi heure plus tard, c'est un troupeau d'alpagas que nous avons l'occasion d'observer.
Cette fois, il s'agit d'animaux domestiques puisque l'on voit un berger et son
chien. Cette variété de lamas est douce et calme, s'accommodant
très bien de la compagnie de l'homme, pouvant presque être un animal
de compagnie ou d'ornement. La fibre de sa laine est beaucoup plus appréciée
que celle de mouton et se présente naturellement dans une cinquantaine
de coloris naturels. Comme, les animaux ne sont pas systématiquement tondus
tous les ans, leur épaisse fourrure fait que certains ressemblent à
des moutons.
Cet animal peut cracher sur ses congénères, voire
sur des humains, une mixture acide de broyat d'herbes provenant de son estomac.
Trois quarts d'heure plus tard, nous arrivons au col de Crucero Alto à 4528m.
A l'horizon apparaissent des sommets enneigés, la végétation plus maigre et cependant toujours des troupeaux d'alpagas, des collines sur les flancs desquels se dessinent des enclos de pierre sèche, et des lacs où l'on peut voir quelques flamands roses.
Le froid se fait plus
vif, si l'on en juge aux plaques de neige qui apparaissent çà et
là, de15° on est descendu à 5°. Il fait franchement froid
à 4174m. lors de l'arrêt au Mirador Edouardo Sanchez qui domine un
lac artificiel de 66km² destiné à irriguer 30 000 ha.
Le
mal des montagnes ne semble pas encore trop nous affecter, à part certains
qui ressentent une sorte de vertige ou qui ont le souffle un peu court.
Poursuivant
notre descente, aux troupeaux d'alpagas nous voyons s'ajouter quelques petits
troupeaux de vaches. Quelques fermes isolées précèdent la
station de pesage de Santa Lucia, un petit village aux maisons basses, construites
en adobe (brique de terre crue) avec une couverture de roseaux de plus en plus
souvent remplacée par des tôles... qui se voient de loin. Dans ce
village se croisent la route de Puno et une voie ferrée.
C'est une
région où s'effectuent les échanges entre les éleveurs
et les cultivateurs des hauts plateaux en vue de l'hiver austral: viande séché,
pommes de terre déshydratées.
Toujours sous
un ciel plombé, avec quelques petits interstices d'azur, nous arrivons
dans une région où l'on voit de parcelles couvertes de fleurs jaunes
(plants de moutarde servant de fourrage ?), des cultures de quinoa, de pommes
de terre aux fleurs bleutées, de fèves. Autres cultures vivrières:
petits pois, blé, oignon, ail et carottes dès lors que des microclimats
y sont favorables.
Les fermes et les villages sont plus nombreux. Cela ne doit
pas faire illusion car nous sommes là dans l'une des régions les
plus pauvres du Pérou.
Vers 11h30, nous passons près de briqueteries artisanales et un quart d'heure plus tard nous entrons dans une ville à l'allure de far-west, Juliaca. Une ville de 220 000 habitants qui a poussé sans aucun contrôle de l'urbanisme, sans infrastructures (il faut les mettre en place après coup) comme en témoigne la vue des rues. Cette capitale d'une petite province de la région de Puno profite de l'existence de la voie ferrée et de l'aéroport à partir duquel on peut se rendre au Lac Titicaca.
Nous déjeunons à l'étage de l'un des hôtel Suites Don Carlos à Juliaca où l'on nous sert un potage de légumes et une truite saumonée (ce poisson abonde dans les Andes) panée et accompagnée de légumes cuits à la vapeur.
Visites de la nécropole de Sillustani * et d'une maison de paysans
Nous reprenons la route à 13 heures, accompagnés par une jeune guide d'origine aymara, Anna. L'ethnie aymara réside dans la région du Lac Titicaca: 10% au Pérou tandis que 90% vit en Bolivie.
Quand ce n'est
pas une propagande électorale qui est envahissante, c'est la publicité
commerciale qui s'insinue partout. L'Inca Kola offre un kiosque à l'agent
de police de la circulation. Heureusement, il s'agit d'une boisson sans alcool
et même sans coca!
L'Inca Kola est une boisson gazeuse apparue au Pérou
dans les années 1930, en reprenant en partie la recette d'une ancienne
boisson indienne à base d'une plante du genre de la verveine, l'"Hierba
Luisa". Bien que rachetée par Coca-Cola en 1999, cela reste la boisson
gazeuse nationale au Pérou.
Toujours le même
ciel mêlant azur et des nuages qui semblent tout proches de nous, disons
plutôt que c'est nous qui sommes proches d'eux... Nous empruntons pour un
petit moment une route qui relie le Pérou (et même la Bolivie) au
Brésil, via l'Amazonie.
Toujours le même paysage avec les cultures
vues précédemment jusqu'à ce que nous arrivions dans un secteur
de petites fermes coquettes, avec leurs murs de pierre ou d'adobe, leur toitures
de roseaux et un mur avec un protail surmonté d'un arc donnant accès
à une cour intérieure. Quelques habitant(e)s se tiennent devant
ce portail, souvent en compagnie de lamas ou d'alpagas... Rien de bien naturel
à tout cela! Ca sent la dérive touristique à plein nez.
Effectivement,
quelques minutes plus tard nous arrivons au village qui s'étend au pied
d'une sorte de colline (comment dire lorsque l'on est à près de
4000m. ?) formant une presqu'île du Lac Umayo. Il est manifeste que la vie
de ce secteur va de plus en plus reposer sur le tourisme comme en témoignent
les travaux de pavage d'une rue qui conduira au site. En attendant notre cheminement
est plus chaotique mais non dénié d'attrait car nous passons par
des petits champs, jardins et arrières de maisons...
Au pied de la nécropole pré-inca, plus précisément au pied de la Tumba del Lagardo ("la tombe au lézard"), on peut voir les vestiges d'une construction basse circulaire qui ferait penser à un chemin de meule ou à un cromlech de chez nous. C'était probablement un dispositif astronomique.
Cette nécropole se distingue
par ses tours funéraires, les chullpas ou ayahuasis où l'on plaçait
les momies des nobles des Collas (ou Coyas), tribus de guerriers descendant de
la grande civilisation de Tiahuacano qui s'était épanouie dans toute
la région du Lac Titicaca avant qu'elle soit supplantée par les
Incas. Elles ont été construites entre 1200 et 1535.
On faisait
entrer la momie par une ouverture située à la base de la tour et
orientée à l'est, direction du soleil levant qui dans toutes les
civilisations anciennes symbolise la renaissance ou la réincarnation. Chaque
tour pouvait recevoir jusqu'à une dizaine de momies d'une famille.
On
dénombre une quarantaine de chullpas plus ou moins en bon état et
certains s'élèvent jusqu'à 12m de haut. De forme curieusement
évasée, ces tours sont constituées de blocs d'une pierre
à grains, polis et parfaitement assemblés.
Il est un peu plus de 15h lorsque nous quittons le site sous un ciel qui se fait franchement menaçant et d'où ne tardent pas à tomber bientôt quelques grosses gouttes...
Environ 5 minutes de bus et nous nous arrêtons pour visiter l'une de ces fermes-écomusées devant laquelle nous attendent un père de famille, une fillette ainsi qu'une ménagerie avec trois lamas adultes (dont un alpaga?) et deux jeunes dont l'un qui tête sa mère.
Le portail donnant accès à la cour est surmonté par le porte bonheur traditionnel, également souvent présent sur le faîtage des maisons, un couple de taureaux, signes de fertilité. Très souvent, chez les catholiques, entre les deux animaux, on ajoute une croix de passion ou croix des outrages (avec l'échelle, la lance,etc) en miniature (on en a vu une grande sur le parvis d'une église à Arequipa et on en verra d'autres à Puno ou à Cuzco notamment). Ce genre de fétiche est donc de tradition postcoloniale puisque les boeufs tout comme la croix ont été introduits par les Espagnols.
La visite en une vingtaine de minutes n'en est cependant pas inintéressante. Deux petites constructions en pierre et couvertes de roseaux servent l'une de chambre et l'autre de cuisine bien qu'une partie de celle-ci se fasse en plein air, ce qui est plus commode pour évacuer la fumée.
Le père semble pratiquer le tissage tandis que sa femme file la laine. Des petites pièces tissées en laines de couleur naturelle allant du blanc au marron foncé sont exposées. Les sujets sont représentés de façon naïve: maisons, lamas, chullpas et encadrés de motifs géométriques. Une femme plus âgée s'affère auprès du feu. Quatre enfants jouent autour de nous. Il ne faudrait pas oublier la maison miniature qu'habitent les cuys, les fameux cochons d'Inde. Sur les murs extérieurs sont accrochées différentes herbes sèches ainsi qu'un bocal d'alcool dans lequel on peut voir un serpent blanc. Nous n'aurons pas d'offre de dégustation... Ouf! Tandis que le ciel est noir d'encre et que le tonnerre se fait de plus en plus proche, sur un muret au centre de la cour, on nous présente les légumes traditionnels: différentes graines (quinoa, haricots...), différentes couleurs et formes de pommes de terre fraîches (on en compte 2500 variétés au Pérou!) ou déshydratées noires (chuño) ou blanches (moraya) ou autres tubercules (ulluco).
A peine a-t-on repris le bus, que la pluie se met à tomber très sérieusement et nous accompagne jusqu'à Puno où nous arrivons après 16h.
PUNO (120 000 habitant, 3827m. d'altitude), visite aux Uros du LAC TITICACA
La
ville fondée en 1666 s'est développée grâce aux mines
d'argent. La région est entourée au loin (20 à 30km) de chaînes
de montagnes de tous côtés.
C'est à partir de cette ville
que Tupac Amaru II lança sa révolte contre les Espagnols en 1780.
Deux anciennes civilisations indiennes s'étaient établies dans cette
région, celle de Pukara de 250 ans av. J-C à 380 de notre ère
puis, de 500 à 900 de notre ère, la grande civilisation de Tiahuacano
qui rayonna sur tout les sud du Pérou et sur la Bolivie. Ils furent remplacés
par les Collas (ou Coyas), parlant le aymara, bientôt supplantés
par les Incas...Les rives du lac étaient habitées par les Uros parlant
l'iru-utu, une population méprisée des autres cultures et qui a
pratiquement disparu au milieu du XXe s. par l'exode et sa fusion dans le creuset
démographique péruvien. Les quechuas qui résident sur les
iles Taquile et Amantani, à une trentaine de kilomètres plus loin,
au coeur du lac, se différenciaient des modestes Uros en ce qu' ils s'enorgueillissent
de la tradition qui veut que les fondateurs de l'Empire Inca surgirent du lac.
Je ne me suis guère attardé sur le mal des montagnes, appelé ici le soroche, pourtant il serait bon d'en dire quelques mots. D'ailleurs la bouteille d'oxygène que je vois dans un coin du hall de l'hôtel La Hacienda m'y incite.
Le MAM (non, pas "la MAM" de chez nous!) ou mal aigu des montagnes touche déjà 15% des personnes non acclimatées à l'altitude dès 200m et la proportion s'élève à près des deux tiers lorsqu'on est à 4000m ce qui se confirme dans notre groupe car certains compagnons de voyage sont déjà touchés depuis le milieu de la journée...
Les symptômes du MAM sont variables dans leur forme, leur intensité ou leur cumul: maux de tête, vertiges et étourdissements, crampes dans les mollets, insomnie, fatigue, perte d'appétit, nausées et vomissements... Ils disparaissent également dans un délai variable, 24h à quelques jours. Dans les cas les plus graves, au-delà de 5000m, la personne peut faire un dème pulmonaire voire un dème cérébral. Ces maux sont dus à la raréfaction de l'oxygène apporté aux cellules du cerveau. Pour compenser, les rythmes respiratoire et cardiaque deviennent plus rapides mais cela ne suffit pas toujours, d'où ces maux et malaises divers qui se manifestent au bout de quelques heures (dans les 24 à 36h).
Pour
ma part, je me pensais à l'écart de ce problème dans la mesure
où j'ai souvent pratiqué des randonnées et des courses en
haute montagne qui m'ont conduit à plus de 300 voire 4000m (et même
au sommet du Mont Blanc), sans souci de ce côté là. Il est
vrai, que de telles incursions en altitude ne durent que quelques heures. De plus,
je prenais régulièrement mes granules homéopathiques de coca
depuis plusieurs jours, je buvais tous les jours des mates de coca et j'avais
mâché ce jour des feuilles de coca selonle rituel prescrit.. He bien,
malgré tout cela, je dois avouer humblement que si tout allait bien depuis
le milieu de la matinée (l'arrivée des 4000m.), depuis la visite
de la petite ferme de Sillustani, ce n'est plus le cas. Je ressens de plus en
plus fortement un mal de tête qui m'enserre le crâne, de la nuque
au front. Pendant trois jours, je devrais le supporter malgré quatre prises
quotidiennes de 1g de paracétamol dont l'effet n'a été que
d'atténuer le mal et de façon très provisoire (2h environ),
ce qui signifie aussi un piètre sommeil. Quant à l'appétit,
pour moi pas de problème, ce qui n'était pas le cas de tous. Nos
collègues Yvette et Josiane ont pour leur part fait l'expérience
de la médecine péruvienne. Le médecin appelé en cours
de nuit a délivré des médicaments parfaitement efficaces.
Certrains
préconisent la prise d'un médicament préventif (Diamox) 24
à 48h avant l'arrivée en haute altitude amsi on rencontre des avis
contraires (effets secondaires, inefficacité).
Une
pluie fine tombe sur Puno, malgré cela et malgré le mal de tête,
je fais un petit tour en ville puisque notre hôtel est en plein centre ville.
Sur
la place d'Armes, la cathédrale dresse sa façade de pierre rouge
mêlant styles Baroque, Renaissance et indigènes. Il est difficile
d'en apprécier les détails en raison de la météo et
de l'heure (il faudrait la voir le matin, en pleine lumière). Au pied de
la tour gauche, on peut voir une Croix de Passion ou croix des outrages. Sur la
croix ont été ajoutées des étoles pendant la période
du Carême qui précisément a commencé ce jour, 9 mars,
Mercredi des Cendres... L'intérieur est beaucoup plus austère, avec
des retables en marbre clair et cependant un maître-autel plaqué
d'argent.
La nuit est déjà tombée et toujours sous un
crachin persistant, je quitte la place où donnent aussi la préfecture
et le palais de justice et je poursuis ma promenade en empruntant une rue piétonne
Jiron-Lima avec ses boutiques pour touristes jusqu'à la place Parque Pino.
Près de là, San Juan, une église moderne, de style néo-gothique
dresse là ses trois porches tandis qu'un podium a été installé
pour défendre les candidatures des représentants du parti Solidaridad
Nacional: Óscar Luis Castañeda (maire de Lima de 2003 à 2010)
pour la présidence et, localement, Lucio Morales comme représentant
régional au Congrès. Musique tonitruante, discours et soudain l'étrange
présence d'une femme en robe en matière satinée de couleur
claire et décorée de motifs à fleurs...
Il
pleuviote toujours, je ne saisis pas tout, je commence à avoir faim et
pourtant j'ai toujours mal au crâne, donc je décide de rentre à
l'hôtel à 18h. On nous y servira de la viande d'alpaga.
Après
une mauvaise nuit en raison de ma céphalée, nous gagnons l'embarcadère
pour une petite "croisières" sur le Lac Titicaca, plus précisément
vers les îles de roseaux des Uros. Il est tôt (6h30) et il fait frais
(9°).
Pour les francophones, on s'amuse souvent à parler d'un lac enfantin en sous-entendant sa déformation en "lac pipi-caca". Carlos renchérit là-dessus en disant : "Le Pérou a la partie pipi. Nous laissons le caca à nos amis boliviens".
Mais revenons à des choses sérieuses. Le Lac
Titicaca, profond de 270m, couvre 8500km² et un peu plus de la moitié
de ses eaux appartiennent au Pérou et le reste à la Bolivie. Les
Péruviens y pêchent tout particulièrement des truites et les
Boliviens des perches. C'est le lac le plus long (200km) d'Amérique du
Sud et le plus haut lac navigable du monde. De mini marées de quelques
dizaines de centimètres s'y produisent. La température de l'eau
bien que fraîche,13°, a un effet d'atténuation du froid nocturne
et ce microclimat bénéficie aux zones de cultures du rivage pendant
l'hiver austral. Sous un ciel toujours chargé, notre promenade de deux
heures se déroule dans la baie de Puno qui représente à peine
le dixième de la surface du lac lorsque celui-ci est a son niveau le plus
haut, comme actuellement où après des pluies abondantes son niveau
s'est accru de 80cm.
Selon la légende, une partie du trésor
destiné a payer la rançon de l'Inca Atahualpa aurait été
jetée dans le lac après que Pizarro eut renier sa promesse de libération.
Le commandant Cousteau commença quelques vaines recherches dans les années
1970. On dit aussi que le lac recouvre une cité engloutie...
Le Lac Titicaca est candidat au classement du site au Patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO.
Au bout d'une vingtaine de minutes de navigation sur un chenal où des Indiens récoltent des roseaux ou pêchent tandis que des porcs divaguent en liberté, nous arrivons sur un plan d'eau bordé par les étranges villages des Uros constitués d'une quarantaines dîlots occupés par quelque 2000 habitants. Mais après ce que j'ai écrit en introduction de ce point, peut-on encore parler des Uros? Ce serait abusif. Les habitants des îles de roseaux sont maintenant des Aymaras, parfois métissés d'Uros, qui exploitent le business touristique et mettent en scène le mode de vie des Uros. Cette période n'est peut être pas idéale pour avoir du soleil mais elle présente au moins l'avantage d'éviter l'afflux touristique des mois de juillet-août.
La particularité de ces îles, c'est qu'elles sont artificielles. Elles sont faites d'un assemblage de mottes de roseaux ou plus exactement de quenouilles ou massettes appelées ici totoras. Le tout est amarrés par des cordages végétaux sur le fond vaseux, puis recouvert de tiges. Au fur et à mesure de leur pourrissement, il faut recharger avec des couches de tiges fraîches.
Nous
débarquons sur l'île pompeusement baptisée Corazon del Lago
("coeur du lac"!). Les premiers pas sur la terre pas ferme donnent une
curieuse mais pas désagréable sensation.
Ici, presque tout tourne
autour du fameux "roseau". On en mange la partie inférieure blanche,
on en fait les huttes et même des barques. Celles-ci, dans la pure tradition
pourrissaient en quelques mois aussi désormais ces embarcations sont factices,
les roseaux masquant des bidons qui assurent la flotabilité. Sur les îles,
on peut voir de minuscules jardinets et des petits élevages de cuys. En
complément, les îliens pratiquent la pèche et la chasse aux
canards qu'ils font sécher au soleil. Mais le tourisme est sans doute aussi
une ressource essentielle: pourboire des agences pour les visites, ventes d'objets
artisanaux (tissus aux couleurs vives) et promenades en barques de roseaux. Pour
notre part, le groupe a effectué une bien agréable promenade autour
de quelques îles pendant une vingtaine de minute sur un catamaran de roseaux,
une double barque, entraînée par deux rameurs (coût: 5 soles
par personne).
La modernité a du mal à se dissimuler. On peut
apercevoir dans des huttes des bouteilles de gaz bien plus pratiques que le foyer
traditionnel en plein air. Des petits panneaux photovoltaïques donnent de
l'énergie électrique au lieu des bougies et permettent de voir la
télévision. Quant au costume, s'il est préservé extérieurement,
il ne cache pas les pulls et sous-pulls en acrylique...
Pour visiter les îles éloignées, Taquile et Amantani, il faudrait disposer d'au moins une journée entière (voire plus si l'on y dort)...
Retour à Puno pour retrouver notre bus car près de 400km nous séparent de Cuzco, le but de cette journée, alors qu'il est déjà 9h30.
Pendant quelques dizaines de kilomètres, les zones
de cultures alternent avec des ruisseaux et de branches du lac. Nous repassons
à Juliaca et c'est l'occasion de voir de nombreuses boutiques vendant des
produits vétérinaires pour les éleveurs d'alpagas, de vaches,
porcs, volailles...
L'état du revêtement de la route devient franchement
mauvais. Pause technique vers 11h. Dans la boutique de l'établissement,
un étalage de petites figurines colorées portant sacs de bonbons
et billets de cent dollars. Il s'agit du porte-bonheur andin, du fétiche
Ekeko.
Peu à peu l'étau des cordillères
semble se resserrer dans le paysage environnant. La route s'élève
imperceptiblement et les montagnes élancées aux sommets enneigés
semblent proches.
A 13h nous arrivons au Col de la Raya, à 4335m, d'où
le rio Urubamba prend sa source. Arrêt au milieu des vendeurs d'articles
d'artisanat installés sur un terre-plein dominant une petite stationde
chemin de fer où un train de la compagnie PeruRail allant de Puno vers
Cuzco se trouve justement à l'arrêt tandis qu'un bus est là
pour assurer la correspondance. S'agit-il du train Andean Explorer qui fournit
un voyage luxueux de 10 heures, avec déjeuner, entre Cusco et Puno, dont
les voitures sont décorées dans un style de L'Orient Express?
Ce n'est qu'à 14h que nous ferons étapes dans le restaurant Feliphon, à la sortie de la ville de Sicuani. Nous avons l'occasion de déguster un plat typique traditionnel, le ceviche, un plat de poisson cru "cuit" dans le jus de citron.
Après quelques mimiques à destination des lamas, c'est de nouveau la route qui descend progressivement vers Cuzco. Les reliefs sont plus proches, le ciel plus lumineux, les villages plus importants. La végétation aussi a changé depuis La Raya. Elle est plus luxuriante et plus arborée: agaves et eucalyptus exogènes qui ont évincé les espèces endémiques (on trouve 4 variétés d'eucalyptus au Pérou parmi plus de 700 existant dans le monde!)..
Nous n'avons pas le temps de nous arrêter pour visiter les villages de Raqchi (vestiges du temple de Viracocha, greniers...) ou de Andahuaylillas ("la Sixtine des Andes" pour les fresques indiennes décorant l'église).
Il est un peu plus de 16h30 lorsque, au risque de s'enliser, notre chauffeur nous permet un bref arrêt au site huari (ou wari) de Piquillacta, à 30km de Cuzco. Une muraille de 3m de haut protégeait cette ville pré-inca. Nous ne visitons pas le village mais nous nous contentons d'admirer l'immense double porte de Rumicola, bien préservée. Les Incas la construisirent pour se protéger des Huaris (ou Waris).
Le ciel est très sombre en direction de Cuzco. Nous passons près du monument dédié à Pachacutec (Pachacuti Yupanqui Inca qui régna au milieu du XVe s., fils de Viracocha).
Vers 17h30, la nuit est tombée sur CUZCO, Carlos nous propose de visiter un magasin d'orfèvrerie. Celui-ci se situe sur les hauteurs de la ville, non loin de la statue du Christ Rédempteur, immaculée sous le feu des projecteurs, dans un secteur où se trouve le site de la forteresse de Sacsahuaman. Une visite qui se solde par de bien maigres achats. Il faut dire que les clients potentiels étaient épuisés par leur longue journée.
C'est
avec un bien plus grand plaisir que nous avons enfin gagné notre hôtel
Agustos, en périphérie est de la ville.
L'altitude affecte aussi
d'autres touristes comme en témoigne la présence d'une femme installée
dans le salon avec le masque à oxygène...
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IMPACT
DU SEISME SURVENU AU JAPON
Il était presque une heure du matin ici (0H46),
au Pérou, lorsque s'est produit le très violent tremblement de terre,
de magnitude 8,9, à 14h46 au Japon.
Avec une magnitude de 8,9, il dépasse
les 8,8 du séisme meurtrier survenu au Chili il y a un an, le 28 février
2010. Toute la côte est du Pacifique, souvent éprouvée par
les séismes puisque faisant partie de "la ceinture de feu du Pacifique",
va vivre cette journée dans l'angoisse l'arrivée de l'onde sur ses
côtes.
Toujours accompagné du mal de crâne en ce qui me
concerne, à 9h nous partons à la découverte de la ville en
compagnie d'Anna Lucia, notre guide locale.
Cuzco ** (350 000 habitants, 3226m.
d'altitude)
Cette ville fut la capitale du plus puissant empire du sud du continent
américain à l'apogée de l'Empire Inca. D'ailleurs en langue
quechua, le nom de la ville signifie "nombril du monde" et l'empire
s'appelait Thahuantinsuyu, "les quatre parties du monde"!
La ville
avec son plan quadrillé et ses places comportait alors de robustes palais
de pierre, temples, maison des femmes élues, pyramide de sacrifices qui
resta inachevée. Avant même l'arrivée des Espagnols, la ville
eut à souffrir de la guerre civile entre les fils de Huayna Capac. Huascar,
le fils légitime, fut vaincu par son demi-frère Atahualpa.
La
ville coloniale fit en large part table rase de ce glorieux passé et fut
reconstruite à partir de 1534 selon les désirs de Pizarro. Evidemment,
une cathédrale devait remplacer le palais de l'Inca Viracocha. Elle fut
terminée plus d'un siècle plus tard, en 1654. Non loin de la cathédrale,
l'église des Jésuites (la Compagnie de Jésus), bâtie
sur le palais de Huayna Capac, fut achevée en 1671.
La ville de Cuzco
est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983.
Marché
de San Pedro, Couvent de la Merced
Le bus nous a déposés au
sud de la ville, près de la gare.
Vue extérieure
de l'église San Pedro et très rapide coup d'oeil à l'intérieur
(beau retable) car le but de notre visite dans ce quartier, c'est le marché
traditionnel de San Pedro. C'est un marché couvert, tout aussi typique
que celui de San Camilo que nous avons visité à Arequipa.
Après
un secteur textile où l'on voit des couturières à l'oeuvre
avec des machines à coudre à pédale, on passe au quartier
des charcutiers avec moults couenne, groins, pattes... un peu difficile en une
heure aussi matinale. Ca va mieux avec les fromages qui ne dégagent pas
trop d'odeurs. Le secteur des coupes de desserts aux fruits passe très
bien ainsi que celui des fruits. Petit intermède par un stand d'herboriste
aux plantes au pouvoir parfois magique à ce qu'il paraît. Petit tour
chez les boulangers avec leurs pains à l'aspect de brioches aplaties puis
nous passons dans le secteur des légumes où l'on retrouve une grande
diversité de graines (entières ou en farines de quinoa, maïs,
haricots) et de tubercules mais aussi un peu de légumes verts, carottes,
ail, oignons, petits pois, potirons... On trouve aussi des produits de la mer
tels que les poulpes.
Au milieu de tout cela, on est surpris de trouver un
pantin représentant une femme embarrassée de trois poupons et ornée
de guirlandes et ballons de baudruche. C'est une petite attention des administrateurs
du marché qui souhaitent une bonne fête aux marchandes! Plus loin,
nous passons devant des étals de fleurs coupées, des marchands de
masques de Carnaval (certains avec les longs nez par dérision pour les
Occidentaux, souvenirs de l'époque colonial et du joug que faisaient peser
sur les Indiens les propriétaires terriens et leurs contremaîtres)
dont les festivités se terminent cette semaine.
Puis c'est un secteur
de boucherie où nous attendent museaux de vaches, cervelles... A cette
heure matinale, des Cuzquéens se restaurent autour de grandes tablées.
Enfin à la sortie, nous passons devant un bric à brac où
l'on trouve même un objet chamanique porte-bonheur, un foetus de lama séché
destiné à servir d'offrande à la déesse terre, la
Pachamama. Enterré sur leur terrain avant de commencer la construction
d'une maison, il en éloigne le mauvais sort et dans un champ, il favorise
les bonnes récoltes.
Bref, trois quarts d'heure sont passés sans
que l'on s'en rende compte.
Descendant la rue San Pedro, nous
arrivons à la porte Santa Clara qui ouvre sur la ville coloniale. Nous
apercevons l'église Santa Clara au bout d'une petite place et poursuivons
en direction du centre ville par la Calle Mantas.
Nous voici arrivés
à l'église de la Merced (N-D de la Miséricorde) qui date
du milieu du XVIIe s. Nous n'avons pas le temps d'en visiter l'intérieur
mais nous consacrons un moment à apprécier le magnifique cloître
du couvent, le plus beau du Pérou. S'y mêlent les styles Baroque,
Renaissance et des plafonds Mudéjar (style arabo-andalou qui s'épanouit
au XIVe s. en Espagne). Les deux étages de galeries sont ornés de
tableaux de l'Ecole de Cuzco.
Place d'Armes, cathédrale,
musée inca
A l'arrivée sur la Plaza de Armas, nous passons sans
nous y arrêter devant l'entrée du Museo Historia Naturel (musée
de la faune). Accolée à l'église des Jésuites, la
Compañia (reconstruite en 1650) est un bel édifice baroque construit
à l'emplacement du palais de l'Inca Huayna Capac.
A ce moment là
arrive sur la place le tram vintage de Cuzco, une attraction comme les petits
trains qui sillonnent nos villes touristiques. C'est un petit tram, (7 sols par
personne) qui part de la plaza de Armas permettant de sillonner la ville et de
visiter les environs. Une halte de 10minutes est prévue en haut de la colline
près de la statue du Christ Rédempteur, (comme celui de Rio de Janeiro
mais en plus petit) offert par les Palestiniens.
Plus inattendu, lui emboîte
le pas une manifestation ouvrière du syndicat régional de la construction
avec, en tête de cortège, une version en damier du drapeau inca.
Le Wiphala ou Huipala, drapeau arc-en-ciel à sept bandes horizontales,
est considéré comme le symbole de l'empire Inca et utilisé
comme symbole d'identification nationale et culturelle par les peuples andins
d'origine indigène. Il symbolise la diversité de Tahuantinsuyo (les
quatre parties de lempire inca). A ne pas confondre avec le drapeau des
homosexuels (à 6 bandes, le bleu turquoise en moins), ou avec celui des
pacifistes à sept bandes mais disposées en ordre inverse du drapeau
inca). Rien à voir non plus avec un autre drapeau multicolore, celui des
bouddhistes à cinq couleurs, comportant des barres verticales et horizontales.
Le passage du défilé sur le côté principal de la place,
attire tout naturellement notre attention sur la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
(Catedral de la Asunción de la Santísima Virgen) . Pour remplacer
les deux précédentes cathédrales (de 1537 et 1541, trop petites),
cette imposante cathédrale baroque à trois nefs et quatorze piliers
couvrant 4000m² fut construite en un siècle (1560-1654) sur l'emplacement
du palais de l'Inca Viracocha et avec les pierres de granit rougeâtre du
site de Sacsahuaman (au-dessus de la ville, site que nos ne visiterons pas).
En soirée, en visite personnelle, nous sommes revenus
pour visiter l'intérieur de la cathédrale. Ca vaut vraiment le coup
et devrait être de base inclus dans le programme des tours operators.
Mais
visite payante (25 soles), avec audio-guide mais photos interdites, même
sans flash. Scandaleux d'où quelques photos "volées"...
Quel dommage de ne pas pouvoir emporter d'une façon plus normale quelques
souvenirs des richesses que renferme ce monument.
La visite commence par l'édifice
de la Sainte Famille (la Sagrada) accolé à la cathédrale,
en retrait sur le côté gauche de la façade. Une fois à
l'intérieur, c'est une débauche de retables des chapelles recouverts
d'or, un autel principal et son retable plaqué en argent, un christ noir,
le Seigneur des Tremblements de Terre (Taytacha Temblores) cadeau
de l'empereur Charles Quint apporté par Pizarro. Il échappa au tremblement
de terre de 1850 et y mit fin (!), c'est pourquoi on le promène depuis
en procession à Pâques. Le chur du XVIIe s. dont les sièges
en cèdre sont magnifiquement ouvragés. Des centaines de toiles de
l'Ecole cusqueña (de Cuzco) sont visibles ou de toiles de maître
du Christ en Croix de Van Dyck dans la sacristie. La couleur locale n'est pas
absente de certaines oeuvres comme celle du dernier repas de Jésus et des
apôtres, la Cène, où l'on voit un plat de cuy (cobaye ou cochon
d'Inde)!
Avec l'orfèvrerie (ostensoirs, calices...), on compte plus
de 1200 oeuvres d'art. Un véritable musée d'art sacré!
La
visite se termine par l'église du Triomphe (el Triunfo), accolée
à l'est de la cathédrale. C'est la plus ancienne église de
la ville, elle date de 1536-39 et commémore la victoire des Espagnols.
Dans la foulée, en fin de soirée, attirés par son
beau portail de pierre sculptée du XVIIe s., et sa curieuse fenêtre
d'angle dont le meneau ressemble à un corps de femme nue vue de l'extérieur
(mais à contre-jour), nous nous sommes rendus au Museo Inka.
Droit
d'entrée de 10 soles et toujours interdiction de filmer ou de photographier
même sans flash. Faut pas exagérer!
Le musée
occupe une ancienne demeure coloniale, le Palais de l'Amiral Maldonado (Palacio
del Almirante).
En fait, ce musée qui s'étend sur deux niveaux
aborde non seulement la culture inca mais aussi les cultures préincas (chavin,
mochica...), au travers de pièces de céramique et poteries (vases-statuettes),
textiles, bijoux et aussi, plus originaux, la plus grande collection existante
de gobelets creusés dans du bois. On peut aussi y voir des reconstitutions
de tombeaux avec des momies.
Monasterio de Santo Domingo, Templo del Sol
(Coricancha)
Mais revenons à la chronologie de nos visites de groupe,
en fin de matinée.
Nous empruntons la rue Loreto, l'ancienne
Rue du Soleil, Intiqhicllu des Incas. A droite nous avons un mur de la Compañia,
à gauche un mur inca qui a servi de base au couvent ("monasterio"
ici) Santa Catalina édifié en 1601 (ou 1650) et devenu musée
d'Art Religieux en 1975. Mais avant d'être un couvent, c'était le
temple des Vierges Sacrées. En ce lieu résidaient quelques 3000
vestales, les Vierges du Soleil ou Femmes Choisies (acllas) parmi les plus belles
de l'empire et d'ascendance noble. Leur destin était, après un noviciat
de trois ans, soit de se consacrer au culte du soleil, soit elles devenaient des
courtisanes de l'Inca qui parfois en faisait cadeau aux dignitaires de l'empire.
Midi approche et nous sommes également mis en appétit par les
petits stands forains de cuisine qui proposent des légumes sautés
ou bouillis (maïs) et des picarones, des beignets à base de courge
et de patate douce et recouverts de chancaca ( mélasse).
Plus
loin, sur notre droite, nous longeons une zone archélogique avant d'arriver
au fameux Temple du Soleil, Coricancha ou QoriKancha en quechua ("Jardin
dOr" ou "Enclos de l'Or") des Incas. Il fut en partie détruit,
totalement pillé et les momies qu'il contenait profanées par les
Espagnols lors de la conquête.
Ce palais, le plus vaste (400m de côté)
et le plus richement orné de l'empire inca, était le lieu des grandes
cérémonies impériales: mariage, intronisation, funérailles.
D'ailleurs les momies des Incas y étaient installées sur des trônes
en or. Les prêtres qui desservaient différents temples dédiés
au soleil, à la lune, aux étoiles, à la foudre et aux arcs
en ciel, s'y livraient à l'astronomie. La corniche des murs d'enceinte
était constituée de 700 blocs en or de 2kg. On dit qu'il comportait
un jardin orné d'autels et de sculptures en or et en argent, grandeur nature,
de plants de maïs, de lamas, de fleurs et d'arbres, de nouveau-nés,
ainsi quune reproduction du soleil. Certains de objets étaient incrustés
de pierres précieuses.
La porte principale, s'ouvrait sur un grand sanctuaire
dont l'autel, était surmonté d'un grand disque d'or représentant
le Soleil et placé de telle manière que les rayons du soleil levant
venaient le faire étinceler. Le Temple du Soleil avait la forme d'une pyramide
tronquée et c'est ici que se trouvaient les momies des Incas défunts.
Aucun
de ces trésors na été récupéré,
on dit que les conquistadors les fondirent pour envoyer lor au roi dEspagne
et il y en avait tant que les Espagnols auraient mis plus de trois mois à
le faire fondre...
Après cela, les Espagnols construisirent sur les
vestiges incas le Monastère Santo Domingo, avec son église et son
cloître.
C'est grâce au tremblement de terre de 1650 que ce trésor
archéologique a été de nouveau révélé,
les constructions hispaniques s'étant écroulées tandis que
les parties périphériques de maçonnerie inca qui y étaient
intégrées sont restées debout. On peut admirer l'assemblage
parfait de pierres volcaniques d'andésite. Certaines pierres d'angles et
d'encadrement sont énormes et d'une découpe d'une complexité
incroyable. Les murs possèdent une inclinaison qui assure leur stabilité
et qui a un effet esthétique remarquable avec les montants également
inclinés des portes trapézoïdales, ce qui en accentue la perception.
Le
chevet de l'église est érigé sur une terrasse soutenue par
un ancien mur arrondi, dominant un petit parc.
Vers 13h30, en revenant vers
le centre, nous bifurquons vers la rue Santa Catalina où se trouve notre
restaurant, "Sara, organic café bistro" au n° 370. Cet établissement
est réputé pour sa cuisine utilisant des ingrédients issus
de l'agriculture biologique pratiquée par des communautés indiennes
de la région.
San Blas, Carmen Alto
En milieu d'après-midi,
après être revenus sur la Place d'Armes, nous remontons la Calle
Triunfo qui se poursuit par la calle Hatun Rumiyoc ("la pierre majeure")
au nom imprononçable où l'on peut voire dans les plus beaux murs
incas de Cuzco la fameuse pierre aux 12 angles parfaitement ajustés. Cette
pierre provient dun mur du palais du sixième Inca, l'Inca Roca.
Notre
parcours se poursuit par la bien nommée Cuesta San Blas.
A San Blas (St Blaise), nous arrivons sur une superbe placette à l'allure villageoise, au coeur d'un quartier tranquille. L'église renferme une chaire sculptée dans une seule pièce de bois, ce qui nécessita 25 années de labeur. A droite de sa porte, se dresse une Croix de la Passion ou croix des outrages.
Chacun profite alors du temps libre.
Pour notre part nous nous dirigeons vers Camen Alto avant de redescendre tranquillement
vers le centre par la rue Coanchi, la Plaza de las Nazarenas puis la Calle Almirante.
Enchantement de façades blanches et de porches baroques en pierre.
C'est
à partir de là que nous avons fait nos visites (payantes) de la
cathédrale et du musée inca dont il a été question
un peu plus haut.
Après ces deux visites, il est près de
17h30 et la nuit tombe. Pour regagner notre hôtel tout à l'est de
la ville, nous nous risquons à faire appel à un taxi Tico, une petite
Deawoo, non pas jaune comme à Arequipa mais blanche ici. Le véhicule
semble assez déglingué mais le chauffeur paraît sérieux.
Pour 3 personnes, nous proposons la course à 3 soles! Après une
petite hésitation, le chauffeur accepte alors que le tarif est normalement
de 4 soles. Conduite très sportive mais le chauffeur semble sûr de
lui et nous nous en remettons comme lui à la grâce des images pieuses
qui servent d'amulettes porte chance. Il n'y a que cela à faire car en
cas d'accident ce genre de voiturette ne pèserait pas lourd contre un véhicule
plus important.
Notre programme ne nous permet pas d'aller visiter la forteresse
de Sacsahuaman (ou Sacsayhuamán), installée à 3km sur les
hauteurs qui dominent le nord de la ville. Il suffirait même d'une petite
heure pour s'y rendre à pied...
Le site est inscrit au Patrimoine de
l'UNESCO depuis 1983.
Cette forteresse qui fut aussi lieu de culte fut construite
au temps de Pachacutec. Elle comporte trois murailles festonnées, faites
de blocs cyclopéens atteignant des dizaines de tonnes (jusqu'à 350
selon certaines sources!). Comment ont pu être déplacées et
façonnées de telles masses par une civilisation qui n'utilisait
pas la roue? Cette forteresse pouvait accueillir 5000 soldats et était
couronnée de tours et disposait d'un système d'adduction d'eau.
Un siècle plus tard, en 1534, les Espagnols s'en emparèrent jusqu'à
ce qu'elle soit reprise l'année suivante par les rebelles de Manco Inca
qui durent s'enfuir en 1536, sous la pression des Espagnols.
La Fête
du Soleil, Inti Raymi, s'y déroule tous les ans, peu après le solstice,
le 24 juin, non pas le solstice d'été car nous sommes dans l'hémisphère
sud, mais le solstice d'hiver austral. A la stricte date du solstice que célébraient
les Incas, le clergé espagnol qui la jugeait trop païenne a substitué
la date de la Saint Jean.
Dans les environs de Cuzco, les voyageurs peuvent
également visiter les sites de Qenko (ou Kenko), un sanctuaire rupestre,
de Puca-Pucara (site de terrasses et de fortins) et de Tambomachay (pavillon de
chasse et bains de l'Inca et de ses épouses).
________________________________________________
Suites
du tremblement de terre japonais et du tsunami dans l'océan Pacifique.
Après
le Mexique, la vague est arrivée sur le Pérou hier en fin d'après-midi.
L'accès aux plages avait été interdit mais heureusement la
vague ne dépassait guère le niveau d'une forte marée sauf
localement où elle a atteint 1,40m, dans le nord du pays, au sud à
Camana et au centre, à Paracas. Dans ce dernier port, un bateau a même
été propulsé dans un restaurant!
Bien plus réjouissant,
nous voici arrivés au clou de notre voyage, la journée qui va nous
permettre de découvrir le MACHU PICCHU. En fait, cette excursion est avancée
d'une journée, nous devions l'effectuer un jour plus tard, le dimanche.
Départ
très matinal de Cuzco, à 6h30. Troisième jour avec le mal
de crâne toujours présent pour moi...
Ciel toujours couvert mais
pas trop menaçant.
Nous allons reprendre un peu de hauteur pour
traverser un hinterland entre la vallée que parcourent la route et la voie
ferrée et de l'autre côté, la vallée de l'Urubamba.
La route sinue entre collines et vallons couverts de cultures (pommes de terre,
luzerne, céréales, fèves, lupins bleus) et traverse de pittoresque
villages et hameaux.
A 30km de Cuzco et 400m de plus en altitude, nous arrivons
au village de Chinchero. On peut apercevoir des vestiges des terrasses de culture
inca ainsi que de murs de la même origine. Devant l'hôtel de ville,
on a érigé une statue de l'Inca Tupac Yupanqui qui avait bâti
ici un palais de campagne.
C'est presque perdues dans le coton
des nuages que nous distinguons à peine les tiges d'agave en fleur et les
raquettes des figuiers de Barbarie!
Nous redescendons, en direction de la vallée
de l'Urubamba, très précisément vers la ville éponyme
que nous nous bornons à longer pour poursuivre en direction de Ollantaytambo
où l'on doit prendre le train. Monotone paysage de plaine fluviale avec
ses cultures de maïs.
La voie ferrée venant de Cuzco se glisse
dans la vallée et dans une gare située au milieu de nulle part on
peut apercevoir les trois catégories de trains qui mènent à
Aguas Callientes, au pied du Machu Picchu: Local Backpaker Cerrojo, le train du
peuple, le plus économique, le Vistadome, en catégorie intermédiaire
avec d'anciennes voitures allemandes aux vitres panoramiques en service depuis
1965 ou le luxueux Hiram Bigham (nom donné en l'honneur du découvreur
du site), train Pullman de type Orient-Express des années 1920 avec des
voitures décorées.
Le réseau ferré péruvien
est assez restreint: 1800 km seulement. Le relief et le niveau de développement
du pays en sont la cause...
Un miracle, le mal de tête qui ne me lâchait
pas depuis deux jours et demi a disparu comme par enchantement, sans que je m'en
rende vraiment compte. Il est vrai que nous sommes passés sous la barre
des 3000m puisque ici, à Ollantaytambo, on est à 2792m d'altitude.
En train panoramique à destination d'Aguas Callientes
**
Nous arrivons à Ollantaytambo où le bus a quelque souci pour
stationner ce va nous obliger à faire une bonne marche soutenue pour atteindre
la gare avant le départ de notre train. Lorsque nous arrivons, la foule
se presse sur les quais et il est temps d'embarquer dans le train de 9 heures
(il y en a un tôt le matin et un autre en début d'après-midi).
Nous allons utiliser un train PeruRail de la gamme Vistadome avec service
à bord d'encas, boissons chaudes et rafraîchissements gratuits servis
par deux employés affectés à chaque voiture. La traction
est assurée par une motrice diesel.
Le trajet vers Aguas Callientes
va durer environ 2 heures pour un trajet qui ne doit guère dépasser
les 50km. A cette allure, le transport est parfaitement confortable, silencieux
et sans cahot, en donnant tout loisir pour admirer un paysage qui le mérite.
La rivière Urubamba roule des flots boueux, gonflée par les
pluies de l'été austral qui se termine. Le spectacle est particulièrement
saisissant dans des zones de rapides où l'eau rejailli à plusieurs
mètres de haut. Dans d'autres sections plus paisibles, les rives sont occupées
par quelques cultures, des maisons isolées ou de petits hameaux. La violence
de la rivière en crue est telle que l'an dernier (en janvier 2010) une
portion de la voie a été emportée par les crues les plus
violentes depuis 15 ans, isolant Aguas Callientes, y bloquant 1900 touristes et
rendant donc impossible les excursions au Machu Picchu pendant trois mois.
Au
bout d'une demi-heure de trajet, nous apercevons un camp pour adeptes du trekking
sur "le Chemin de l'Inca" ou "Camino del Inca" (ou en quechua
Qhapaq Ñan, "chemin royal"), camp situé à une quarantaine
de kilomètres de la cité perdue. Il faut préciser que certains
tronçons du chemin n'ont été découverts qu'en 1984.
Un peu plus loin, des randonneurs empruntent une passerelle franchissant la rivière
et s'en vont par un chemin en lacet vers un objectif qu'ils vont mettre trois
ou quatre jours à atteindre, après avoir franchi un col à
4200m.
Moins sportivement, nous poursuivons notre périple ferroviaire.
Sur notre gauche les vestiges d'un important site construit sur des terrasses
et cinq minutes plus tard, d'autres vestiges, cette fois sur notre gauche. Petite
gare où un randonneur attend un train parmi quelques Indiennes assoupies.
Pont himalayen et terrasses de cultures à gauche, sur une rivière
qui redouble de furie. Petit arrêt de 7 ou 8 minutes dans une zone de croisement
de train car la voie est unique. Des Indiennes essaient de vendre des bouquets
de fleurs (glaïeuls, arômes et hortensias). Encore un pont himalayen
tandis que le train passe dans des zones de végétation luxuriante
avec des lichens et des plantes épiphytes. Toujours des terrasses, apparemment
toujours exploitées. Nous traversons un tunnel et en ressortons dans une
courbe, perspective toujours saisissante à voir alors que cela laisse indifférents
quatre cheminots qui cassent déjà la croûte (il est 11h).
Dix minutes plus tard, nous débarquons à Aguas Callientes, à
2060m d'altitude, sous la pluie. Agua certes, chaude pas vraiment mais bien humide.
Trêve de plaisanterie, le village doit son nom à une source d'eau
chaude sulfureuse.
Avant d'aller au Machu Picchu, nous devons déjeuner
ici. Nous ne sommes pas foule au restaurant Inka Wasi où l'on nous sert
un copieux repas. Après un grand bol de velouté, une assiette avec
morceaux de viande et de poisson (saumon), fèves, quinoa, aubergines...
et pour finir gâteau à la crème auquel Suzanne se doit de
faire honneur car c'est son anniversaire.
Visite du MACHU
PICCHU ***
La pluie a pratiquement cessé lorsque nous prenons le minibus
qui assure la navette vers le Machu Picchu (le tarif pour l'utilisation de la
navette et l'entrée au site est de l'ordre de 100$). Le véhicule
emprunte une route en lacet tracée en 1948 pour remplacer celle utilisée
par les premiers explorateurs. Elle permet tout juste de croiser les minibus descendants.
En s'élevant, on aperçoit un train bleu arrêté en gare
tandis que des groupes de trekkeurs redescendant du Machu Picchu utilisent un
sentier qui coupe les lacets de notre route. Face à nous se découpe
l'énorme pain de sucre du Cerro Putukusi (2592m) tandis qu'une flore luxuriante
(orchidées) colonise le versant de la montagne.
Après une demi-heure
de montée, nous voici arrivés au terminus des bus à 13 heures.
LES 7 NOUVELLES MERVEILLES DU MONDE...
Le 7 juillet 2007, The New7Wonders
Foundation a officiellement dévoilé la liste des 7 nouvelles Merveilles
du Monde, désignées à la suite d'un vote massif sur Internet
parmi une liste de 21 propositions.
La grande Muraille de Chine
La cité de Petra en Jordanie
La statue du Christ Rédempteur
au Brésil
Les ruines du Machu Picchu
La cité
maya de Chichén Itzá au Mexique
Le Colisée de
Rome
La Taj Mahal en Inde
En ROUGE: sites non encore visités...
Située
dans la forêt amazonienne d'altitude, à 112km de Cusco, la citadelle
de pierre de Machu Picchu (ce qui signifie "vieille montagne" en quechua)
constitue le monument emblématique du Pérou, et, au-delà,
de toute l'Amérique du Sud.
Etrange monument au sujet duquel on est
réduit à bon nombre de conjectures. On ignore même le nom
que lui donnaient les Incas. On fait des hypothèses sur son rôle:
centre astronomique et agronomique, cité de Vierges Sacrées, poste
avancé dans l'expansion de l'empire en direction de l'Amazonie, résidence
secondaire de l'Inca? Sa population permanente est estimée dans une fourchette
comprise entre 300 et 1500 personnes. On pense que sa construction fut décidée
vers 1440, au début du règne de l'Inca Pachacuti Yupanqui dit Pachacutec.
Sa construction se serait étalée sur un siècle, jusqu'à
la conquête du pays par les Espagnols. On estime que sa construction nécessitait
le recours à une main d'oeuvre de 1000 à 2000 personnes.
Nous
sommes dans l'année du centenaire de la découverte du Machu Picchu.
Découvert
en 1911 par l'explorateur Hiram Bingham (1875-1956), il s'agit effectivement de
l'un des ensembles monumentaux les plus imposants et impressionnants de la planète.
Construite au plus haut des montagnes, dominant et contrôlant les profondes
gorges du Rio Urubamba qui contournent l'éperon rocheux, elle constitua
un centre productif, administratif, religieux et militaire et l'expression la
plus achevée de la perfection de l'architecture inca.
Quand et pourquoi
le site fut-il abandonné? Population décimée par une épidémie
de variole arrivée avec les conquistadors? Plus probablement, le site fut-il
abandonné en 1536 lorsque les troupes de Manco Inca durent s'enfuir de
la forteresse de Sacsahuaman (au-dessus de Cuzco) et se réfugier plus bas,
en direction de la forêt amazonienne, dans l'ultime capitale inca, Vilcabamba
(en 1572, les Espagnols finirent par y capturer le dernier Inca, Tupac Amaru)?
Il semble qu'en abandonnant le site, les Incas avaient coupé les ponts
y donnant accès à partir du Chemin de l'Inca.
Il paraît
incroyable que ce site échapa aux conquistadors tant au moment de la conquête
qu'au long des trois siècles de la période coloniales. Le site qui
avait subit des pillages n'était pas inconnu des populations indiennes
de la région ni de quelques visiteurs savants et érudits. D'ailleurs
en 1911, lors de sa découverte, trois familles indiennes y vivaient.
Le
découvreur du site est un universitaire américain, formé
initialement à l'université de Yale, devenu par la suite professeur
d'histoire dans les célèbres universités américaines
de Harvard et de Princeton. Justement, à partir de 1909, Hiram Bingham
accompagné de professeurs de Yale se lança à la recherche
de cette capitale et c'est fortuitement qu'un renseignement le conduisit au Machu
Picchu en 1911 alors qu'il était à la recherche de Vilcabamba, la
dernière capitale perdue. Jusqu'en 1915, il mit à jour des centaines
de tombes, jarres, bijoux... qui subsistaient malgré certains pillages
antérieurs. Ce furent alors quelque 4 000 (ou 45 000?) objets qui prirent
le chemin du musée Peabody de l'Université de Yale. Suite à
la demande du Congrès péruvien formulée en 2006 et à
l'acceptation de l'Université de Yale en 2007, ils vont être restitués
au Pérou, à l'occasion du centenaire, en trois phases au cours de
cette année 2011 et en 2012.
Le site s'inscrit dans un ensellement,
à 2438m d'altitude, entre la montagne du Machu Picchu (qui signifie "la
jeune montagne" en langue quechua) proprement dite qui culmine à 2795m
au sud et le Huyana Picchu ("la jeune montagne") à 2667m au nord.
Cet éperon montagneux a été découpé par une
boucle du Rio Urubamba.
Cet ultime refuge des Incas fut aménagé
en nivelant le sommet de l'éperon pour dégager une esplanade centrale,
autour de laquelle s'étageaient les divers quartiers et en raison de sa
situation exceptionnelle, il ne fut pas nécessaire de doter la cité
d'un vrai mur d'enceinte.
Le site a été inscrit au Patrimoine
de l'Humanité de l'UNESCO en 1983.
De la billetterie, nous grimpons
avec notre guide locale Anna Lucia au niveau d'une cabane du gardien qui domine
très nettement la zone des cultures qui s'étagent sur le flanc est
et tout l'ensemble de la cité. C'est à ce niveau que débouche
le Chemin de l'Inca. Cette zone était une sorte de nécropole où
Hiram Bingham découvrit de nombreuses sépultures de momies, déjà
pillées (?). On peut y voir une imposante et étrange roche sculptée,
avec trois marches symbolisant les trois mondes (ciel des dieux, terre des hommes
et monde des mort) et les trois éléments (air, terre et eau) et
conduisant à une sorte d'autel. Etait-ce un rocher funéraire où
l'on exposait les dépouilles pour qu'elles se dessèchent? Carlos
nous indique que le statut des personnes momifiées se déduit de
certaines caractéristiques: crâne déformé et boucles
d'oreille en or pour les nobles, chevaux rasés pour les militaires et,
au contraire, cheveux longs pour les prêtres...
Une pluie très
fine tombe tandis que le Huayna Picchu joue à cache-cache parmi les nuages.
Les
terrasses de culture (aujourd'hui engazonnées!), les "andennes, qui
fournissaient les récoltes et approvisionnaient la cité, sont remarquables
à plus d'un titre. Dans ce "quartier" dit des Agriculteurs, sur
une pente abrupte orientée au sud, ces longues et étroites terrasses
curvilignes épousent les courbes du relief et en brisent la pente. Larges
de 2 à 3 mètres, elles forment un étagement de champs en
lanières, dont certains étaient irrigués grâce à
des rigoles. Les expositions des champs, et leurs altitudes, sur les flancs de
la montagne étaient variées, ce qui permettait des cultures diversifiées
qui pouvaient fournir la nourriture à 1 000 (ou 10 000?) personnes. Un
gardien doit intervenir pour réprimander quelques jeunes asiatiques partis
batifoler sur ces terrasses. En revanche les terrasses accueillent quelques lamas
chargés de la tonte du gazon. De ce point élevé on a une
vue plongeante sur les différentes parties du site.
En descendant vers
la cité séparée de la zone agricole par un mur de 400m de
long, on domine également quelques terrasses courbes orientées à
l'ouest. De là, on a un point de vue intéressant sur un ancien escalier
qui grimpait à flanc de falaise, venant de la vallée, à l'ouest
de la cité. On peut voir aussi les eaux boueuses du Rio Urumbamba qui s'en
va rejoindre l'Amazone tandis qu'on entend l'avertisseur du train longeant la
rivière s'en va desservir une gare à une dizaine de kilomètres
plus loin (il y a quelques dizaines d'années, la ligne se poursuivait encore
sur plus de 50km en direction du village d'où Anna Lucia est originaire).
La
petite pluie a cessé lorsque nous arrivons à la porte d'entrée
de la cité alors qu'il y a déjà près d'une heure et
quart que nous sommes sur le site, en train d'en admirer la vue d'ensemble! Si
la cité semblait dépourvue d'un véritable système
de défense, sa porte était dotée d'un système sophistiqué
de fermeture depuis l'intérieur: anneau de pierre au-dessus du linteau
et deux poignées situées au niveau des jambages que l'on devait
utiliser pour y passer des cordages afin de condamner l'ouverture avec une lourde
pierre.
Nous allons parcourir le site dans le sens des aiguilles d'une montre
en partant sur la gauche, sur le côté sud-ouest du site pour revenir
par la droite, sur les pentes orientées au nord-est.
Nous poursuivons
en longeant le quartier résidentiel aux constructions en granit que nous
laissons sur notre droite puis nous traversons la zone de carrière pour
nous diriger vers la Place Sacrée avec le Grand Temple dont il subsiste
trois murs percés de niches et le Temple aux Trois Fenêtres dont
la base est taillée directement dans le roc, ses ouvertures de forme trapézoïdale
(cette forme particulière distinguait les constructions destinées
à l'élite: nobles et prêtres) sont orientées vers l'est
et seul un pilier de sa façade subsiste.
Le ciel est devenu clément
et c'est le moment propice pour la photo de groupe (oustiti, cheese ou cli.....?).
Plus au nord, nous grimpons sur le tertre en forme de pyramide. On arrive
à l'observatoire astronomique avec la fameuse pierre Intiwatana ou Intihuantana,
ce qui signifie littéralement "le lieu où l'on attache le soleil".
Du fait qu'il est resté inconnu des Espagnols, c'est le seul objet "idolâtre"
qui ait échappé à leurs destructions. Ce monolithe curieusement
sculpté, comporte trois marches menant à une plate-forme au-dessus
de laquelle se dresse un parallélépipède, légèrement
incliné et incurvé. C'était sans doute une sorte de cadran
solaire sophistiqué. Observé sous un certain angle (en direction
du nord), le profil rappelle celui de la montagne située en arrière-plan,
le Huayna Picchu.
Après être descendus du tertre
et en poursuivant jusqu'au point le plus éloigné du site, nous arrivons
à une place où se situent deux masmas, des maisons en forme de préaux
(ouvertes sur une façade). La charpente et la toiture reconstituées
permettent d'apprécier les techniques n'utilisant que des matériaux
d'origine végétale. Les pannes de la charpente étaient ligaturées
aux pierres saillantes extérieures des pignons (exactement le dispositif
inverse de nos systèmes de construction) et recouverte de paille d'ichu
(la graminée andine que paissent les lamas). A cet endroit abouti encore
un ancien escalier de pierre grimpant la falaise, sur le versant ouest de l'éperon
rocheux.
Le fond de la place est fermé par le Rocher Sacré dont
le profil rappelle celui des montagnes situées en arrière, le Cerro
San Miguel.. Encore un peu plus en arrière, on peut voir un autre rocher
dont la forme semble plus naturelle et qui lui aussi a un profil rappelant cette
montagne située en arrière.
Du pied de la montagne Huayna Picchu, nous avons une vue sur cette partie secondaire du site d'accès difficile: chemin et marches escaladant la falaise, terrasses et ruines de bâtiments vers le sommet. L'accès vient d'en être fermé pour une raison d'horaire car il faut compter deux heures pour faire l'aller et retour. Vue vertigineuse sur les gorges du Rio Urubamba...
Après cela, nous passons sur le versant nord-est du site, dans le quartier des artisans aux constructions plus grossières. C'est l'occasion d'y voir des chinchillas, petits mammifères rongeurs originaires des Andes, ressemblant vaguement à un lapin mais avec des oreilles plus courtes et une plus longue queue. C'est une espèce en voie de disparition car elle a été décimée pour sa fourrure (ces animaux ont la fourrure la plus dense des espèces terrestres avec 20 000 poils par cm²). Parler de ces petites bêtes, ça nous rappelle qu'en 1968 la chanteuse Régine évoquait parfum et fourrure dans "Patchouli Chinchilla".
Nous voici
maintenant dans le quartier dit des Prisons (en fait il n'est pas du tout certain
qu'il s'agissait de geôles mais plutôt de lieux de culte ou de logement
de Vierges Sacrées), avec les vestiges de construction à étage
au-dessus de grottes et dont les murs sont percés de niches trapézoïdales.
Tout près de là, on peut voir le Temple du Condor avec une grande
pierre plate qui dépasse un peu du sol et est taillée en forme de
condor, la tête dirigée vers l'est (le soleil levant). Lieu de culte?
Lieu de sacrifice où l'on exposait le cadavre d'ennemis vaincus?
Nous
jetons un coup d'oeil au système de fontaines et de rigoles de distribution
toujours fonctionnel avant de remonter vers le centre du site, vers le quartier
de l'Inca. Nous arrivons à une étrange grotte située en dessous
du Torreon. On l'appelle Tombeau Royal mais ce pouvait aussi être un lieu
de culte la pierre à degrés et les niches qui ont été
taillés dans le rocher.
Le Torreon ou Temple du Soleil, une demi-tour
en forme de fer à cheval qui se distingue de toutes les autres constructions
du site par sa maçonnerie de pierre polie et parfaitement ajustée.
Cette forme nous rappelle celle du Temple de Coricancha, à Cuzco. Pour
accéder au niveau supérieur, il faut passer une porte toujours dotée
de systèmes pour la condamner avec une lourde pierre. La tour possédait
deux fenêtres opposées nord-sud permettant l'éclairage direct
par les rayons du soleil aux solstices d'hiver et d'été. Il se prolonge
par une partie percée de la Fenêtre aux Serpents (son seuil est percé
de trous). Près de là, on peut aussi voir les vestiges de la Maison
de l'Inca dont la maçonnerie est aussi soignée que celle du Torreon.
Il
est déjà plus de 16 heures. Nous regagnons la sortie en suivant
les chemins aménagés au niveau des terrasses de culture où
paissent quelques alpagas qui font joli dans le décor bien qu'ici ils ne
vivent pas dans leur écosystème à cette altitude. Au moment
de gagner l'abri pour voyageurs devant lequel se garent les minibus, se produit
une bonne averse. Rien d'étonnant dans un site qui reçoit annuellement
2 mètres d'eau (en particulier de novembre à avril) mais par chance
nous avons été épargnés tout au long de notre visite
(par Carlos, nous avons su que si, comme prévu, nous avions visité
le site le lendemain, dimanche, nous aurions eu beaucoup moins de chance...).
Il
n'y a pas de courageux (ou de téméraires) pour effectuer la descente
à pied au village. Il ne faut pourtant qu'une heure et nous avons encore
trois avant le départ du train!
Nous sommes de retour
à Aguas callientes à 17h. Le train pour Ollantaytambo ne part qu'à
19h25! On a donc plus de deux heures à tuer à Aguas Callientes où
il fait presque nuit surtout sous un ciel pluvieux. Bien sûr, on peut boire
un coup dans un bar ou faire un tour et même plusieurs dans l'espèce
de marché artisanal qui a l'allure d'un souk, avec les bâches et
les tôles destinées à protéger les allées de
la pluie.
On finit par essayer de trouver un siège dans le hall de la
gare qui sert aussi de salle d'attente.
Un peu avant 21h, nous arrivons à
Ollantaytambo et il reste à remonter la longue route qui descend à
la gare, dans l'obscurité et avec tous les pièges des travaux de
voirie qui sont en cours. Nous retrouvons notre bus qui va nous conduire à
Urubamba, ville distante d'une trentaine de kilomètres.
Une demi-heure
plus tard, à 22h15, le bus nous débarque à notre hôtel
Agustos à Urubamba, après quelques difficultés pour en trouver
l'accès, en pleine zone rurale, à la périphérie de
la ville.
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FESTIVALS ET CARNAVALS...
Comme le mois de février est le plus
chaud au Pérou, beaucoup des festivals qui ont lieu en cette période
ont adopté des batailles aquatiques comme amusement populaire.
Sur la
côte et dans la forêt péruvienne, les gens sortent pour se
rafraîchir et pour se mettre à l'aise dans les rues tandis que dans
les zones andines les gens sortent pour remercier la terre et ses récoltes.
Les
carnavals ont lieu avant le temps du Carême (40 jours d'abstinence et de
jeûne avant Pâques).
Durant les quatre dimanches de février
et jusqu' à la première semaine de mars, les gens dansent, portent
des toasts, mangent et s'amusent comme des enfants dans les rues avec des globes,
des gicleurs ou des seaux d'eau pour asperger les autres, des peintures, des poudres
colorées, du talc pour peindre les visages, des serpentins. Les Caras pintadas
( figures peintes)sont surtout l'affaire des jeunes qui parcourent les rues en
bandes avec tambours, flûtes et guitares, et armés de seaux et de
pistolets à eau colorée dont ils aspergent les autos et les passants.
Lors
des fêtes populaires dans les villages, des défilés sont organisés
avec les pandillas, des groupes folkloriques portant leurs costumes colorés
et dansant au rythme de la musique. "Momo", la figure symbolique du
roi du carnaval a été crée en 1932 à Rio de Janeiro.
Cétait un bonhomme en carton nommée "Roi Momo".
Traditionnellement, le Roi Momo est toujours un homme gros (le standard demandé
est de 120kg!) et sympathique
Son origine vient de la mythologie gréco-romaine,
dans laquelle Momos était le dieu de l'ironie mais il fut expulsé
de lOlympe pour s'être trop moqué des autres dieux et, descendu
sur la Terre, il y créa le carnaval. .
Le Carnaval se termine par des
festivités avec des danses, des troupes de gens masqués et costumés,
des concours de chars allégoriques, lélection des reines du
carnaval, des cortèges, des bals populaires... car le carnaval est tout
de suite suivi par la Semaine Sainte.
A cette occasion, on plante des "Humishas" ou ''Cortamontes'', des arbres que lon décore avec des ballons, des serpentins, des vêtements et dautres objets. Pour terminer le Carnaval, on organise une cérémonie en lhonneur de la Pachamama (le Terre Mère), le "Corte de la Yunsa", en coupant en musique l'arbre chargé de cadeaux...
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Ce matin nous quittons notre hôtel Agustos à Urubamba à 8h30.
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Une demi-heure plus tard, nous trouvons sur une zone de plateau qui domine la
vallée et la ville d'Urubamba. C'est une pampa, un plateau aux cultures
maigres où l'on aperçoit quelques agaves en bordure des champ. Carlos
nous explique qu'à l'aridité du sol s'ajoute la salinité.
En effet nous dominons bientôt le site des Salines de Maras, près
du village de Tarabamba.
Salines de Maras *
Pendant
environ une heure nous faisons la découverte étonnante des salines
de Maras qui s'étalent à flanc de montagne sur une "quebrada"
(petite vallée très encaissée) s'ouvrant sur la Vallée
Sacrée des Incas. Des milliers (3000? 4000) de petits bassins (5m²)
superposés sur une hauteur de plusieurs centaines de mètres épousent
les courbes de niveau.
En cette saison, ces bassins semblent remplis d'une
boue rougeâtre et bodés de liserés blanchâtres. Ils
ne sont pas actifs pendant la période des pluies alors qu'au soleil de
l'hiver austral, en juillet-août, ils sont brillants comme neige au soleil
et des dizaines de femmes (les jambes dans l'eau salée) et d'hommes (transportant
les sacs de sel de 100kg) s'y activent inlassablement.
A Maras
le sel est extrait selon des techniques antérieures au temps des Incas.
L'inconvénient de ce sel par rapport au sel marin, c'est qu'il ne contient
pas d'iode et que sont utilisation peut conduire à l'apparition de goitres.
Selon sa pureté, trois qualités de sel sortent des salines.
Environ
380 (ou 120?) familles tirent leur subsistance de ce travail ingrat tout en s'ouvrant
au tourisme par la visite du site et la vente de sel. L'eau chaude et salée
qui jaillit naturellement de deux sources, une source principale dite "mâle"
situé sur le haut des salines et une source "femelle", plus basse,
est canalisée vers les bassins-réservoirs d'une quinzaine de centimètres
de profondeur. Pendant une quinzaine de jours, à raison d'un jour sur deux,
de l'eau salée est admis dans les bassins où on laisse la laisse
s'évaporer naturellement pendant 10 à 15 jours afin de récupérer
le sel solidifié.
Il nous aurait fallu disposer d'une
bonne heure de plus pour visiter, à quelques kilomètres seulement
de Maras, les terrasses circulaires de Moray, visite non prévue au programme.
A ce sujet, je dois évoquer les allées et venues liées aux
lieux d'hébergement fixés dans notre programme qui nous font perdre
pas mal de temps depuis hier.
C'est un étrange complexe d'expérimentation
agronomique dû aux Incas et situé à 3500m d'altitude. Justement,
propos d'altitude, les terrasses disposées en cercles concentriques permettaient
sans doute de sélectionner des espèces végétales en
fonction d'altitudes (par exemple le fond d'une cuvette accentue les températures
extrêmes), d'orientations et de sols différents.
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Ollantaytambo
Nous redescendons à Urubamba pour retourner visiter Ollantaytambo, "le lieu pour regarder en bas" selon la langue aymara ou "la ville qui offre le repos" selon la langue quechua!
Le village fut conquis
par l'Inca Pacachutec au milieu du XVe s., détruit puis reconstruit et
on en voit les vestiges aujourd'hui. La ville devint un lieu de résidence
ou de passage pour la noblesse de l'empire inca.
Lors de la conquête
espagnole, la ville servit de capitale temporaire à Manco Inca Yupanqui.
En 1536, le dernier Inca, après s'être enfui de la forteresse de
Sacsahuaman, au-dessus de Cuzco, s'installa ici et il réussit à
repousser les Espagnols (bataille de la plaine de Mascabamba) qui se replièrent
à Cuzco avant de lancer une contre-attaque mais Manco conscient qu'il ne
pourrait faire face à la supériorité de l'armement espagnol
quitta le site en 1537 et se réfugia à Vitcos puis dans la nouvelle
capitale inca, Vilcabamba, bien plus en aval vers le nord, dans la forêt.
Après
l'histoire, passons à la légende romantique.
Une histoire écrite
au 16ème siècle et représentée au théâtre
en 1780 raconte les amours contrariées entre le général Ollanta
et Cusi Coyllor, la fille de Pachacutec. Ollanta se distinguait des autres généraux
pour son courage et sa grande habileté mais comme il n'appartenait pas
à la classe supérieure, l'Inca lui refusa la main de la jeune femme
qui était enceinte. Cusi fut emprisonnée et Ollanta poussa le peuple
à la rébellion contre l'armée impériale, se proclama
Inca dans sa région, provoquant une guerre qui dura une décennie.
Après la mort de Pachacutec, trahi par son capitaine Rumiñahui issu
du peuple Colla, le général rebelle fut capturé par Tupac
Yupanqui, fils et successeur de Pachacutec. Celui-ci voulut bien écouter
son histoire d'amour entre Ollanta et Cusi, la soeur de Tupac Yupanqui, et finalement,
décidant de lui pardonner, il libéra Ollanta et Cusi qui purent
vivre avec leur fille Sumac.
Le village inca d'Ollantaytambo se dresse
fier au pied des montagnes où subsistent des vestiges incas.
L'organisation
des rues et des canaux qui fournissent l'eau venant des glaciers est restée
inchangée.
Ce n'est que depuis le village que nous aurons un aperçu de la forteresse inca bâtie sur un escarpement permettant de contrôler l'accès à la Vallée Sacrée par rapport aux régions amazoniennes situées en aval (au nord-ouest). Au sommet des terrasses se dresse le Temple aux Dix Niches inachevé et, à mi-pente, sur la gauche, le Temple du Soleil également inachevé du fait de la conquête. Ce dernier comporte un imposant mur fait de 6 imposants blocs de porphyre poli. Ces pierres colossales étaient acheminées depuis des carrières situées à six kilomètres sur l'autre rive du Rio Urubamba. On trouve un système de canalisations, un bain de forme trapézoïdale, le Bain de la Princesse...
De
l'autre côté du village, faisant face à la forteresse on aperçoit
également les vestiges d'un bâtiment à quatre niveaux, les
colcas, greniers ou entrepôts. Encore un plus haut, on peut voir d'autres
ruines tandis que c'est plus à gauche, derrière un éperon,
que l'on aperçoit l'ancienne prison.
Notre présence ici se justifiera
seulement par la visite du village. C'est l'unique agglomération péruvienne
qui a conservé son plan initial inca. Les constructions coloniales reposent
sur les soubassements incas très visibles avec une maçonnerie faite
d'énormes pierres. Les rues ont conservé leur pavage et leur rigole
d'origine. Au-dessus des portails, on peut voir les paires de taureaux porte-bonheur
encadrant une petite croix de la passion.
Nous visitons une maison traditionnelle après avoir franchi une porte percée dans un mur séparant la cour de la rue. Les constructions hébergeant plusieurs générations sont disposées sur les trois autres côtés de la cour pavée et traversée par une rigole.
Un bâtiment est transformé en musée (du moins le jour). Dans la pénombre, on peut distinguer tout un petit élevage de cuys en liberté, un foyer, des bouquets d'herbe séchée placés au-dessus de la porte, plus loin une aile de condor, des grosses sacoches en tissu (sans doute pour remplacer commodes et armoires), des épis de maïs, un foetus de lama porte-bonheur dont nous avons déjà parlé en décrivant les marchés, des crânes d'ancêtres, des coupes contenant divers légumes secs (quinoa, haricot, pommes de terre déshydratées). Suit un étalage de différents objets à fonction plus ou moins utilitaires mais le plus souvent simples fétiches: figurine de taureau en poterie, et la fameuse figurine fétiche dont nous avons déjà parlé Ekeko, portant ici panier et vieux billets et accompagné d'un petit Ekeko, encore d'autres figurines de condor et de grenouille et autres animaux porte-bonheurs, statuettes incas, pilons sous forme de phallus et donc mortiers...
Après une petite heure dans le village nous reprenons le bus.
.
A nouveau, direction Urubamba. La vallée du Rio Urubamba est riche pour l'agriculture, ici on peut récolter 80 quintaux de maïs à l'hectare. Les Incas avaient creusés des tombeaux dans les falaises qui bordent la vallée.
Visite de l'atelier et du magasin des
céramistes Pablo Seminario et Marilú Behar. Ces artisans ou artistes
redécouvrent les techniques précolombiennes ce qui ne les empêchent
pas d'aborder des créations contemporaines... sur des thèmes traditionnels
(soleil, croix andine).
Visite des ateliers où l'on façonne de grands vases entièrement à la main, sans tour tandis que des femmes peignent des petites pièces. Le jardin est également très agréable avec son enclos aux alpagas, la fontaine en forme de croix andine, ses aras multicolores vert, rouge et bleu (ce dernier n'est sans doute pas un Ara de Lear, espèce rare et recherchée, en voie de disparition). Ces grands perroquets de l'Amérique tropicale étaient appréciés pour leur plumage dont se revêtaient les souverains incas mais aussi pour leur aptitude à ''parler''. Et dans un parc, un timide douroucoule ou douroucouli, un petit singe qui évite le regard humain, la seule espèce de singe nocturne au monde.
Le centre de la cour est occupé par un bassin en forme de croix andine.
La croix andine ou croix carrée, la chacana (en quechua, tawa chakana, "quatre escaliers" ou selon d'autres "le chemin" ou "le guide de lumière"), est un symbole millénaire (4000 à 5000 ans). Sa forme est celle d'une croix carrée et échelonnée, avec 12 pointes. Elle représente la Croix du Sud mais symbolise les liens très étroits qui unissent le ciel et la terre. Avec 4 directions: l'espace, l'air que l'on respire, le sol qui nous porte et nous nourrit et l'intérieur de la terre (eau, feu) et 3 niveaux: le monde inférieur, celui du serpent et de la naissance, le monde du milieu, celui du puma et de l'âge adulte, le monde supérieur, celui du condor et de la sagesse du vieillard. Le cercle central représente le "nombril du monde" cosquo, le centre de Tawantinsuyu, l'empire inca.
.
Trajet de quelques minutes qui nous conduit à Yukay, un village distant
d'à peine 10km, au restaurant Allpa Manka où nous sommes accueillis
avec un verre de chicha traditionnelle. C'est une sorte de bière ou de
cidre, de couleur jaune, au goût sec et aigrelet, titrant 5 ou 6°, fabriquée
à partir de maïs blanc fermenté et parfois on utilise l'arachide
ou le yucca (manioc). Rien à voir avec la chicha morada que l'on nous sert
dans certains hôtels qui est un sirop coloré par une décoction
de maïs noir ou violet foncé. Les Péruviens forcent souvent
le degré d'alcool de la chicha traditionnelle jusqu'à 40° en
ajoutant de l'alcool de canne à sucre.
Les débits de boisson
vendant la chicha alcoolisée sont nommés chicharas, chicharias ou
chicherias. Sur nos trajets en Vallée Sacrée nous avons eu l'occasion
d'en apercevoir souvent, signalés par un sac rouge placé au bout
d'une perche inclinée plantée devant des maisons souvent d'allure
misérable.
.
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PISAC ou PISAQ * (2000 habitants): son marché
Peu de temps
avant d'avoir repris la route, nous sommes confrontés aux derniers fêtards
du Carnaval. Ce dimanche qui clos la semaine du Mercredi des Cendres, début
du Carême catholique est aussi le dernier où s'expriment encore quelques
réjouissances et divers amusements bon enfant.
Des jeunes installés
dans un pick-up avec force seaux d'eau prennent plaisir à asperger notre
bus lorsque nous les dépassons.
Nous arrivons à PISAC (ce qui signifie "perdrix" en quechua) après une heure de trajet, après avoir traversé le village de Calca où nous avons peu voir un "Humisha" ou ''Cortamonte'', un arbre décoré avec des ballons, des serpentins, des vêtements et d'autres objets pour célébrer la fin des festivités du Carnaval.
A
Pisac, où subsistent des terrasses agricoles inca, nous ne visiterons pas
le site archéologique qui les dominent.
Notre but, c'est la visite
du marché traditionnel qui a lieu ici les dimanches, mardis et jeudis (des
guides anciens mentionnent le samedi et le lundi). Ceci explique que l'une des
journée ait été permutée, le Machu Picchu était
prévu le dimanche.
Le marché est nettement moins authentique
que celui de San Camilo d'Arequipa ou de San Pedro de Cuzco car il comporte une
large partie de marché artisanal destiné aux touristes.
Il reste
néanmoins intéressant avec son marché aux légumes:
pommes de terre, haricots et maïs de toutes sortes, légumes verts,
carottes, courges, racines et rhizomes divers. On trouve aussi les fruits: avocats,
bananes, pommes, mandarines vertes, pastèques... Etal de viande de boeuf
également Dans le secteur des fruits secs, on trouve des cacahuètes
(fruits sec de l'arachide, plante originaire du Mexique), des noix de cajou ou
anacardes (fruit sec originaire du Brésil). On peut aussi y acheter des
poudres colorantes ou des sandales faites à partir de pneus usagés...
Parlons
un peu des Indiennes et de leur tenue.
Les Indiennes sont qualifiées
de cholitas. A l'origine le terme avait un sens péjoratif ("chienne"
dans les Caraïbes) donné par les conquérants aux métis
. Il a perdu complétement cette connotation raciste et est assumé
par les Péruvien(ne)s.
Le traditionnel anacu des indiennes a été
transformé en jupe, la pollera (littéralement "cage à
poulets"!) de couleur très vive, voire brillante ou moirée.
La couleur parle de leur histoire évoquant la joie, la peine, la naissance
et la mort. Dans certaines régions la jupe noire est accompagnée
d'une faja (type de ceinture large) de diverses couleurs. Sous cette jupe, la
cholita porte pas moins de 7 amples jupons (enaguas) superposés. En mettant
en valeur le postérieur, on ne peut pas dire que cela a autant d'allure
qu'un jupon à crinoline (le travail courbé sur la terre est sans
doute aussi pour quelque chose dans cette allure). Le costume traditionnel est
complété par l'ahuayo, le châle de laine en tricot au crochet
ou en dentelle soyeuse, de couleur vive et assorti à la jupe.
Dans
ce marché largement touristique, on voit toute sortes de couvre-chefs.
Un type de chapeau assez plat en tricot de couleur vive mais aussi celui qui correspond
à l'image d'Epinal que l'on a en Occident, le fameux (et ridicule) chapeau
melon qu'elles portent haut perché sur la tête. Ils ont été
introduits vers 1920. Les hommes les ont-ils offerts à leur femme ? Mais
pourquoi si petits? Ou bien un importateur qui se serait trompé de taille
dans sa commande aurait-il fait réussi à faire croire aux femmes
que cet atribut était la dernière mode?
La
visite de la rue centrale voisine du marché est également intéressante
outre le fait que l'on y trouve beaucoup de restaurants, cafés et boutiques
d'artisanat.
Il est plus intéressant de jeter un coup d'oeil dans les
patios des boulangeries où l'on cuit du pain péruvien (pain aplati)
et des empanadas (sorte de chaussons de pâte feuilletées fourrés
de viande, oeuf, légumes...) et où l'on élève aussi
des cuys (nom savant en latin: cavia porcellus) avant de les passer à la
casserole. Pour cela, après leur avoir tordu le cou (assommés comme
les lapins) pour les tuer, ils sont ébouillantés pour pouvoir enlever
les poils et enfin ils sont vidés. Donc la similitude avec notre cochon
ne s'arrête pas qu'au seul nom...
Ici on pratique la cuisson rôtie
au four et non pas grillée à la broche. Le cuy peut aussi être
fumé, frit (région d'Arequipa) ou bouilli puis ajouté à
des légumes dans une sorte de ragoût ou de daube.
Nous ne visitons pas les ruines incas situées à 8km, au-dessus du village actuel. Il s'agit de terrasse et des vestiges d'une forteresse avec temples, bains...
.
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AWANACANCHA ou AWANA KANCHA
Après une heure et quart de route, nous arrivons au village de tisserands d'Awanacancha ("le palais du tissu"), avec un parc de camélidés sud-américains et un centre de production artisanale de laine et de tissu.
.
Cette organisation résulte du regroupement de 420 familles appartenant
à 14 communautés. On peut y voir une présentation des laines
et des différents colorants naturels (d'origine minérale, végétale
ou animale), du tissage utilisant du fil à double torsion (ce qui accroît
sa résistance). Les tisserandes sont vêtues de leurs habits traditionnels
qui malheureusement dissimulent mal leurs pulls et gilets en acrylique!
Coup
d'oeil au parc des camélidés qui présente différentes
sortes de lamas (llamas en espagnol), alpagas (alpacas en espagnol) et guanacos
et, dans un pré un peu à l'écart, une malheureuse vigogne
qui n'a de cesse d'aller et venir le long de sa clôture. Les pelages sont
de diverses couleurs, allant du blanc au noir en passant par des couleurs fauves.
Certains animaux tachetés se paient même la fantaisie d'une robe
de style girafe ou léopard (plus justement de jaguar puisque l'on est en
Amérique tropicale et non en Afrique ou en Asie).
Du fait de la saison,
on assiste fortuitement à un long accouplement d'alpagas car il survient
peu de temps (deux semaines) après la mise bas.
A l'occasion du Carnaval, a été dressé dans le parc animalier un exemple du fameux "Humisha" ou ''Cortamonte'', l'arbre que l'on décore avec des ballons, des serpentins et divers objets. Et dans cette ambiance de fin de Carnaval, on voit avant notre départ des jeunes gens attraper les jeunes filles pour leur barbouiller les joues de couleurs...
Une demi heure plus tard, nous sommes de retour à Cuzco. Il est 17h45 environ et il fait nuit.
.
Compte tenu de l'heure,
nous allons directement dîner dans un restaurant réputé, El
Truco, sur la place d'Armes. Des touristes japonais y sont déjà
installés. Pendant le repas, on assiste à un spectacle de musique
(5 interprètes) et de danses traditionnelles (deux couples) et à
la fin, ceux que cela intéresse peuvent les rejoindre.
Dernier petit
tour sur la place d'Armes dont les monuments apparaissent dans une lumière
dorée tandis que dans sa blancheur le Christ Rédempteur veille sur
la ville depuis sa colline.Enfin, nous retrouvons notre hôtel Agustos, quitté
deux jours plus tôt.
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Sexe,
mort et sacrifice
dans la religion Mochica.
Extraits de la présentation
de l'exposition "Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica" par
Steve Bourget qui s'est tenue au musée du quai Branly (09/03/10 - 23/05/10).
"Lexposition
« Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica » rassemble, pour
la première fois en Europe, 134 céramiques mochica montrant avec
un réalisme surprenant des actes sexuels ou sacrificiels. Ces poteries
nous racontent le lien que le peuple mochica établissait entre la religion,
le pouvoir, la sexualité et la mort.
[...]
Les artisans mochica ont
pétri dans leurs poteries ces rites non reproducteurs, faisant des attributs
sexuels stylisés les thèmes centraux dune iconographie à
fonction rituelle dont laudace est à la hauteur de la force de leurs
croyances.
Steve Bourget propose des clés dinterprétation
de cette imagerie sexuelle qui nest pas liée à la vie quotidienne
des Moche, mais renvoie à une idéologie politique et religieuse
caractéristique de leur société. Cette idéologie est
habitée par le souci dassurer, par la reproduction de lautorité
gouvernante, la propre continuité de la société, et dune
manière générale celle de lunivers.
Cette
iconographie religieuse, surprenante
rencontre de lacte sexuel et du
sacré, est unique dans lart précolombien et propre à
la mythologie mochica. Elle figure des actes sacrificiels, mais surtout sexuels
entre animaux et/ou personnages anthropomorphes.
Les artisans mochica ont pétri
dans leurs poteries ces rites non reproducteurs, faisant des attributs sexuels
stylisés les thèmes centraux dune iconographie à fonction
rituelle dont laudace est à la hauteur de la force de leurs croyances.
Steve
Bourget propose des clés dinterprétation
de cette imagerie
sexuelle qui nest pas liée à la
vie quotidienne des Moche,
mais renvoie à une
idéologie politique et religieuse caractéristique
de
leur société. Cette idéologie est habitée par le souci
dassurer, par la reproduction de lautorité gouvernante, la
propre continuité de la société, et dune manière
générale celle de lunivers.
[...]
Lexposition
invite à découvrir cette civilisation précolombienne par
le prisme de sa mythologie unique qui, en labsence décriture,
nous est transmise par une imagerie propre qui témoigne de la surprenante
rencontre du sacré, de lacte sexuel et de la mort.
Il est important de comprendre que les images sexuelles figurant sur les céramiques mochica ne sont pas des illustrations de la vie quotidienne de la société Moche. Aussi, leur interprétation ne peut se baser sur les idées et valeurs de notre propre société : leur message doit être déchiffré à partir dune reconstruction du contexte particulier du monde des Moche, que propose cette exposition.
En
mettant particulièrement laccent sur la production céramique,
facette de lartisanat Mochica particulièrement riche et connue pour
son abondance et son réalisme, larchéologue Steve Bourget
révèle le résultat des recherches quil a effectuées
en étudiant de manière systématique lensemble de liconographie
Moche.
[...]
Toutefois, les interprétations présentées
dans lexposition sont nécessairement spéculatives, compte
tenu du caractère lacunaire des sources archéologiques relatives
à cette civilisation.
La société mochica,
telle quelle est représentée dans
liconographie,
regroupe quatre grandes classes
dêtres :
- les vivants (humains
et animaux domestiques),
- les morts,
- les esprits animaux,
- les divinités
principales ou esprits ancestraux.
Tous ces êtres sont
pris dans des cycles de reproduction impliquant le basculement dune
moitié
à lautre, dans le cadre de grands rituels collectifs où les
sacrifices, notamment de
guerriers prisonniers, occupaient une place importante.
[...]
Les
vases sont ornés de scènes sexuelles et sacrificielles peintes ou
sculptées; la représentation dactes explicites, impliquant
des humains, des animaux voire des squelettes, accompagnait le Seigneur et lélite
mochica dans leur voyage vers le Monde des morts, garante de leur retour à
la vie et à la fertilité.
[...] le commissaire
Steve
Bourget a pu mettre en évidence une focalisation de la céramique
funéraire sur deux grandes formes de sexualité :
- lune
impliquant des actes sexuels non-procréatifs (sodomie, masturbation, fellation
)
entre
un humain vivant (généralement une femme) et une éventuelle
victime
sacrificielle, un mort ou un être squelettique.
- lautre
une copulation procréative soit entre des animaux symbolisant des éléments
importants
de la fertilité (batraciens, rongeurs
), soit entre une divinité
majeure
principalement celle connue sous le nom de « Wrinkle Face
» ou « Face Ridée » et une
femme humaine.
La
première catégorie dimages renverrait à une sexualité
inversée et ne pouvant pas mener à
la procréation propre
aux habitants de linframonde, tandis que la seconde, figurant une
copulation
entre une divinité et une victime sacrificielle, évoquerait une
sexualité génératrice
sur le plan cosmologique, gage de
la fertilité du monde habité par les Mochicas.
Ces
représentations étonnantes nont donc rien dérotique,
et leur naturalisme nest que de
surface, puisquelles figurent pour
lessentiel des entités ou des processus surnaturels
combinant
des choses normalement disjointes : des morts-vivants, des animaux avec des
attributs
humains, des dieux à la fois destructeurs et régénérateurs.
Il
sagit en réalité dune imagerie religieuse, à
fonction rituelle, qui utilise la sexualité pour
symboliser des opérations
cosmologiques abstraites : le passage du monde dici à
linframonde,
les échanges continus de substances nourricières sang, liquide
séminal,
eau
entre les vivants et les divinités
ou esprits ancestraux, échanges réglés qui
garantissent
la bonne marche de lunivers et dont la gestion incombe aux souverains et
aux
dignitaires religieux."
------------------------------
Lever
très matinal à Cuzco, 5 heures (!) car il faut prendre l'avion pour
LIMA.
Du petit aéroport, notre avion s'envole peu après 8h15.
Vol tranquille d'une heure et demie qui nous fait survoler la vallée de l'Urubamba, puis entrer dans les nuages ce qui empêche d'apercevoir le Machu Picchu. Par des trouées, on peut en revanche apercevoir les sommets des sierras enneigées. L'avion vole cap à l'ouest, au sud de Lima, ce qui l'amène sur la côte du Pacifique qu'il longe avant d'effectuer un virage l'amenant à survoler le port de Callao et le paysage désertique proche de l'aéroport.
.
LIMA (10 millions d'habitants, un tiers de la population du Pérou!)
Cette fois, à la différence de notre arrivée il y a 10 jours,
nous nous dirigeons vers le quartier de Miraflores non pas en empruntant les grands
axes tels que les avenues Marina, Sanchez Carrion, Javez Prado et Arequipa mais
en utilisant un itinéraire qui longe la côte: Avenida La Paz et Avenida
Perez Aranibar. La route s'élève peu à peu au-dessus de l'océan,
le long de la Costa Verde qui mérite son nom, et que la ville aménage
en promenade plantée. Les villas et commerces se protègent derrière
barbelés et clôtures acérées...
On arrive au niveau
de la corniche à Miraflores qui domine les plages de gravier gris. Nous
allons y retrouver l'hôtel où nous avions passé la première
nuit.
Nous retrouvons notre hôtel Allpa peu avant midi, heure à laquelle nous avons normalement rendez-vous pour un tour de ville avec notre guide locale Aurora, très patriote ("MA ville", "MON pays" reviennent sans arrêt dans son discours) mais au demeurant très sympathique et au français parfait.
En principe, nous ne pouvons pas prendre possession de nos chambres avant 13 heures et pourtant il serait judicieux d'alléger nos tenues "montagnardes" car il fait 28°. Après des palabres un peu houleux, les chambres sont accessibles. Pour moi et mon épouse, c'est une suite avec deux très grandes pièces dont une chambre en rotonde donnant sur le carrefour et équipée d'une grande baignoire à jacuzzi.
Le déjeuner était indiqué comme libre dans le programme et pour un départ reporté à 12h45, nous avons moins d'une demi heure pour nous mettre quelque chose sous la dent. On se contentera d'un sandwich acheté au supermarché Vivanda, sur l'avenue José Pardo.
.
Quartiers huppés : San Isidro, Pueblo Libre et visite du Musée Rafael Larco Herrera
Nous gagnons les quartiers situés au nord-ouest de Miraflores ou, autrement désignés, au sud-ouest du centre ville, quartiers que nous avions vu de nuit le soir de notre arrivée à Lima. Ces secteurs qui ont été absorbés par la ville se sont développés depuis l'indépendance et leur architecture est qualifiée pour cela de "républicaine". Républicaine mais pas très sécurisante si l'on en juge par les clôtures peu sympathiques qui protègent les villas cossues et même des commerces.
.
C'est San Isidro, quartier huppé avec les ambassades. Remontant la
rue Coronel Portillo, nous passons devant la résidence de notre ambassadeur
Madame Cécile Pozzo du Borgo (l'ambassade quant à elle se trouve
Avenida Arequipa) puis devant l'ambassade de Cuba, des Pays-Bas, le Country Club
Lima Hotel.
Nous poursuivons une boucle qui nous ramène vers Miraflores en passant devant un bâtiment diplomatique des Pays-Bas ou du Luxembourg puis nous longeons le site de Huaca Pucllana où a été mise à jour une pyramide haute de 25m, faite de briques d'adobe posées verticalement. Nous nous contentons d'apercevoir ce monument dont il existe d'autres exemples dans la ville, monument qui remonte à une période ancienne, entre 200 et 700 de notre ère. Des restes de femmes sacrifiées y ont été retrouvés. On y sacrifiait aussi des animaux marins. Ce centre cérémoniel fut repris par la culture huari ou wari. Bien plus tard, les Incas continuèrent à considérer le site comme un village sacré. Notre guide nous indique que au début du siècle dernier, cette pyramide disparaissait sous une petite colline de sable.
Nous poursuivons en direction du quartier de Pueblo Libre en passant près de l'ambassade du Japon, Avenida San Felipe. Certains se souviennent de la prise en otages de 500 personnes à l'ambassade du Japon à Lima (décembre 1996-mars 1997) par le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru dirigé par le métis Nestor Cerpa Cartolini. C'est ensuite le Centre des Langues de l'Université du Pacifique, le siège de la Municipalité de Pueblo Libre, un hyper Metro.
Après ces tour et
détour de trois quarts d'heure, nous arrivons au Musée Archéologique
Rafael Larco Herrera (sur l'avenue Bolivar). Aurora a préféré
ce musée au Musée National d'Anthropologie, d'Archéologie
et d'Histoire.
Ce musée (comme de plusieurs autre) est privé.
Il fut fondé par l'archéologue péruvien Rafael Larco Hoyle
en 1926. Autre spécificité, il présente de très nombreuses
pièces d'art précolombien: 45 000 (ou 50 000 dont 45 000 restés
dans les réserves) dont le dépôt est visible du public.
.
Cette collection couvre 4000 années d'histoire et tout particulièrement la culture moche ou mochica (100 à 700 ou 300 à 900 de notre ère? sur la côte nord). On y voit des sculptures, textiles, céramiques, bijoux...
Notre circuit ne nous a pas conduit dans la région où s'épanouit la culture mochica ou moche sur la côte nord du Pérou entre 100 et 700 (ou entre 200 et 900?) de notre ère. Mais les musées péruviens présentent évidemment des objets des différentes cultures préhispaniques.
Comme
la plupart des cultures andines antérieures, depuis Chavin, en passant
par Paracas, Nazca et Tiahuanaco, les Mochicas pratiquaient la momification de
leurs défunts. Pratique qui se poursuivra dans les cultures Colla, Huari...
et Inca. Curieusement les Mochicas exposaient les cadavres pendant un mois aux
mouches? Etrange rituel! Etait-ce un moyen de libérer l'âme des défunts.
Dans
ce musée, nous allons découvrir un aspect plus réjouissant
(et finalement comportant aussi un côté macabre) de cette culture
mochica.
A une partie chronologique, succèdent des collections thématiques. Notamment la salle des céramiques avec les vases-statuettes mochicas. On passe par la salle du syncrétisme montrant l'influence des anciens cultes dans les représentations chrétiennes. Viennent ensuite les textiles huaris (ans 300 à 800 de notre ère sur la côte nord) et ceux de la très ancienne civilisation paracas (800 av. J-C à 200 de notre ère sur la côte centrale). Une petite pièce de tissu du XIVe s. (culture chincha ou chancay) détient le record du monde pour la densité de points au cm² (398 fils par pouce). On poursuit par la salle des sacrifices, la salle de l'orfèvrerie: collier, ornements de nez, boucles d'oreille, pectoraux, tiares (couronnes)... tout cela en or. Devant la vitrine présentant les boucles d'oreille, je surprend une question d'un touriste francophone qu'il adresse le plus sérieusement du monde à son collègue : "Pourquoi écrivent-ils que c'est moche?" et son camarade de lui préciser "Il faut prononcer moché comme moshé dans Moshé Dayan"...
Puis nous passons dans les impressionnantes réserves. Toutes ces étagères bourrées de superbes pièces, ce n'est guère rassurant dans un pays où la terre tremble souvent.
Enfin, le clou
de la visite, c'est la galerie de la céramique érotique "moche"
située dans un autre corps de bâtiment, près de la boutique,
où l'on accède en passant par le jardin. Cela a l'air de beaucoup
amuser également un groupe de touristes allemands.
On y voit une collection
unique au monde de huacos (vases-statuettes) mochicas pour les offrandes rituelles
décorés de motifs sexuels.
Notre civilisation postmoderne n'a
rien inventé en ce domaine. Dans ce kamasutra de céramique, outre
une variété de positions de copulation, on y voit des pratiques
de fellation, masturbation, sodomie, des trios étranges (un couple de vivants
accompagné d'un mort) mais pas de rapports homosexuels, des accouplement
d'animaux mais pas de zoophilie, des sexes hypertrophiés...
Comment
interpréter cette forme d'art en l'absence de traces écrites ?
Notre
guide Aurora, indique qu'il faut y voir un sens religieux et aussi que l'utilisation
de certain vases pour boire correspondrait à une pratique magique ou à
un rituel de fertilité. D'autres regroupent les pièces selon quatre
thématiques: représentation réaliste de scènes érotiques
(fellation, coït, accouchement, masturbation, triolisme), érotisme
religieux (avec intervention d'une divinité), érotisme humoristique
(représentations disproportionnées des organes génitaux)
et érotisme moraliste (présence d'hommes morts, sous la forme de
cadavres ou de squelettes). Une planche explicative du musée renvoie à
la fameuse trilogie avec la vision d'un univers partagé en trois mondes
mais qui interagissent entre eux: monde des dieux, monde des vivants et monde
des morts.
Si l'on se reporte au livret de l'exposition "Sexe, mort et
sacrifice dans la religion Mochica" basée sur les recherches de Steve
Bourget présentée l'an dernier au musée du quai Branly (09/03/10
- 23/05/10), on a une interprétation ritualiste encore bien plus complexe
(voir l'encadré ci-contre).
Pour regagner la sortie,
nous empruntons une allée bordée de bougainvilliers de toutes les
couleurs possibles (sauf bleu, vert et noir, évidemment), du rouge au blanc.
Précisons que ces plantes sont originaires des forêts tropicales
humides d'Amérique du Sud, notamment du Brésil.
Une curiosité
végétale, à côté de cactus divers, on peut voir
des cactus monstrueux que l'on dit "fasciés".
Passons maintenant
à une curiosité animale, le "chien nu du Pérou",
sans poil, à la peau noire (pigmentation pour compenser l'absence de protection
face aux rayons solaires) et très chaude. Aurora nous précise que
dans les portées de cette race de chiens, un seul chiot naît avec
des poils.
.
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Centre
de Lima: Plaza Mayor, Convento de San Francisco
En route pour le centre de
Lima dont le centre historique est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis
1988 .
La ville fut fondée par les Espagnols en 1535 (mais le site
était antérieurement occupé par des Amérindiens),
en opposition à Cuzco. Ainsi, l'ancienne capitale de l'empire inca se trouvait
dévalorisée et en même temps cet emplacement sur le littoral
facilitait les communications avec la lointaine métropole espagnole.
Après
les quartiers périphériques que nous connaissons et qui ont été
peu à peu absorbés par la ville, nous allons maintenant découvrir
l'architecture coloniale de Lima. Les colons ont apporté avec eux le style
des maisons hispano-mauresques avec les balcons à moucharabieh, permettant
de tamiser la lumière tout en aérant et aussi d'observer l'extérieur
sans être vu...
Nous passons Plaza Bolognesi, puis devant le Museo de Arte avant d'arrivée Plaza Grau où l'on voit un bâtiment qui fait penser à l'Hôtel de Ville de Paris et qui est l'ancienne ambassade de France et aujourd'hui appartient à l'Etat péruvien. Nous passons devant le Museo de Arte, un grand bâtiment blanc, oeuvre de Gustave Eiffel. Puis c'est la Plaza San Martin bordée d'arcades, rénovée en 1997, avec la statue dédiée à l'un des deux libérateurs du pays et érigée en 1921 lors du centenaire de l'indépendance. C'est ici qu'on lieu les rassemblements politiques. Le Gran Hotel Bolivar construit dans les années 1920 mais boudé par les touristes (précisément les tours operators) en raison de l'insécurité qui régnait sur cette place. Aussitôt après avoir quitté la place, nous avons à notre gauche le Museo de Arte Italiano avec sa façade renaissance décorée de céramiques, musée consacré à la peinture moderne.
Coup d'oeil au-delà du
Rio Rimac, des quartiers modestes et déjà la montagne en arrière-plan.
Nous
traversons le Bar Cordano, à l'angle des rues Augusto Wiese et Jiron Ancash.
Ce bar qui date de 1905 conserve un charme suranné et un côté
bohème qui rappelle les bars célèbres d'une autre capitale
sud-américaine, la Havane...
Nous poursuivons notre promenade en direction de l'église et du "Couvent" de St François. C'est l'un des plus anciens bâtiments coloniaux du Pérou. Du parvis, en arrière du monastère, on a une vue sur le bidonville qui monte à l'assaut de la montagne. La croix que l'on voit tout en haut se trouve au Mirador del Cerro San Cristobal (superbe point de vue paraît-il mais risques pour traverser les quartiers coupe-gorges pour s'y rendre).
Les
tours de la façade de l'église sont faite d'une curieuse maçonnerie
alternant des rangs de pierres bosselées servant de perchoirs aux pigeons
et elles encadrent un portail-retable de style baroque. L'édifice actuel
date de 1672 (1674 ou 1625?).
La coupole de style mudéjar (hispano-mauresque)
est en cèdre de Panama tandis que la voûte surbaissée est
faite de bambou recouvert de stuc. Les chapelles latérales abritent des
statues de bois commémorant divers saints personnages tel que San Martin
de Pores, premier saint péruvien, métis maniant le balai (inhumé
dans l'église du Couvent de St Dominique), San Judas Tadeo, patron des
causes désespérées (comme Sainte Rita), une sainte locale:
Sainte Rose de Lima (inhumée dans l'église du Couvent de St Dominique)
ou aussi une sainte mexicaine: Notre-Dame de la Guadalupe...
L'édifice
aurait dû sa stabilité au fait qu'il est construit sur des catacombes
où 70 000 (ou 80 000) cadavres furent déposés du XVe au XVIIe
s.
Petit coup d'oeil dans le cloître du couvent dont
les murs sont recouverts d'azulejos, des carreaux de faïence, importés
de Séville en 1606.
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Dernière soirée: Miraflores, Barranco
Nous reprenons la direction du district de Miraflores.
Aurora nous signale des personnes
qui ont l'air de pointer la circulation. Il s'agit "d'espions d'autobus"
qui travaillent pour les compagnies de transport et les renseignent sur les passages
de bus concurrents et sur leur remplissage. A noter que le plus souvent les feux
tricolores sont décalés, implantés au-delà du carrefour,
et munis d'un décompte lumineux des secondes comme dans certains autres
pays.
Panneaux électoraux témoignant du métissage démographique
tel celui vantant les mérites d'un Pedro Pablo Kuczynski (origine polonaise?)
pour la présidence (faible notoriété dans les sondages) et
d'un Alex Von Erhen pour le Congrès! Nous passons devant l'ambassade d'Argentine,
un bâtiment néo-hispano-mauresque...
Nous arrivons
à Miraflores, au Parc de l'Amour (El Parque del Amor) où l'on s'en
va faire un court arrêt car il déjà plus de 17 heures alors
qu'à titre personnel nous devrions déjà être à
l'hôtel pour y retrouver une jeune amie péruvienne...
L'oeuvre
centrale de ce parc, c'est "Le Baiser", une sculpture monumentale de
Victor Delfin, inaugurée lors de la Saint Valentin 1993. Rendez-vous des
amoureux et c'est un lieu de passage obligé pour les jeunes mariés
comme on a pu s'en rendre compte en cette soirée. Les bancs de mosaïque
qui serpentent sont très fortement inspirés de ceux de Antoni Gaudi
à Barcelone (Parque Güell). Des phrases romantiques y sont insérées.
Nous y reviendrons demain, avant notre départ du Pérou.
.
Il est plus de 17h30 lorsque nous retrouvons dans le hall de l'hôtel notre
amie Carol, jeune avocate de 28 ans que nous n'avions pas revue depuis 11 ans
lorsque nous l'avions reçue lors d'un séjour linguistique. Miracle,
elle n'a pas perdu son français qu'elle n'a pourtant pas l'occasion de
pratiquer.
Nous allons passer la soirée avec Carol en laissant nos compagnons
de voyage aller au restaurant pour le classique "Dîner d'adieu".
.
Avant de nous emmener dîner, Carol nous propose une petite promenade dans le quartier de Barranco, au sud de Miraflores, quartier où nous sommes passés le premier jour, en longeant la côte pacifique. Nous voyons comment une Limérienne (d'adoption car elle est originaire d'Arequipa) sélectionne les taxis. Elle refuse les petites Ticos Deawoo jugées trop dangereuses.
Barranco est un ancien village de
pêcheurs devenu une station balnéaire chic, avec de grandes villas
du XIXe s. Il y a quelques décennies de grands carnavals s'y déroulaient.
C'est aussi un quartier des artistes et écrivains et des jeunes branchés
qui fréquentent les bars et boîtes de nuit. L'écrivain Mario
Vargas Llosa, (le Prix Nobel de Littérature lui a été décerné
le 7 octobre 2010), y a vécu dans les années 1980.
Nous
empruntons le Pont des Soupirs (Puente de Suspiros), un petit pont de bois créé
à l'occasion de la Saint Valentin 1876, qui franchi la Descente des Bains
(Bajada de los Baños) plantée de ficus. Un panneau nous indique
un lieu de repli en cas de séisme car on se souvient ici que la terre avait
fortement bougé en 1940. Sur la place du Parc Municipal s'élève
l'ancienne chapelle des pêcheurs, "La Ermita". L'église
San Francisco bâtie en 1850 est plus imposante bien que dotée d'une
seule tour.
De Barranco, nous avons une vue proche sur la pointe Salto del
Fraile ("le saut du moine") surmontée de la Cruz del Papa illuminée.
C'est aussi dans ce quartier que nos collègues sont venus faire un tour avant de déjeuner dans un restaurant en bord de mer, au restaurant Costa Verde, non loin du chic Restaurant La Rosa Nautica construit sur pilotis, dans le secteur des plages La Estrella et Las Piedritas.
Pour dîner, Carol nous reconduit dans un restaurant gastronomique, Panchita de Miraflores, à quelques centaines de mètres de son appartement et de l'hôtel Allpa.
C'est un restaurant pratiquement invisible de la rue
mais bien connu des Limériens qui fait penser aux brasseries parisiennes.
L'établissement est vaste et on y mange de la cuisine typique que Carol
souhaite nous faire découvrir. Ce restaurant a été créé
l'été 2009 par Gaston Acurio. Parcours curieux pour ce chef qui
après des études de droit en Espagne, s'est retrouvé derrière
les fourneaux au Cordon Bleu, à Paris. Son projet, c'est de créer
une nouvelle cuisine andine sur la base de ''500 años de fusion".
Donc une cuisine de fusion, une cuisine métissée, à l'image
de la culture et des habitants de ce pays.
Son succès est tel qu'il
n'a pas seulement vendu ses livres mais qu'il possède plusieurs restaurants
à Lima et qu'il a créé des restaurants en franchise dans
le monde hispanique américain et en Espagne. Il s'intéresse aussi
aux cuisines italienne et japonaise.
Après tout, il s'inscrit dans la
continuité d'une cuisine péruvienne métissée, à
l'image du pays. Ainsi, sous l'influence de l'émigration chinoise, beaucoup
de plats se présentent sous la forme de sautés (les restaurants
chinois à proprement parler s'appellent chifas). L'immigration japonaise
semble jouer à son tour dans ce domaine.
Carol nous
propose de commencer par des anticuchos de corazón de res, des morceaux
de cur de buf marinés et grillés en brochette avec un
accompagnement de maïs et de pommes de terre au four et diverses sauces plus
ou moins relevées. S'y ajoute un plat genre parmentier (tamal servi dans
un plat plutôt que dans une traditionnelle feuille de bananier), avec une
semoule de maïs gratinée recouvrant des morceaux de boeuf finement
haché et des raisins secs. Copieux et délicieux. Le tout était
arrosé d'un excellent vin que pas chauvine pour un sou, Carol avait choisi
argentin un Santa Julia de la région de Mendoza. Un Malbec (c'est le cépage
de notre Cahors) rouge Bio titrant 13°!
Nous n'avions plus faim mais les
Péruviens mangent beaucoup, alors Carol avait encore commandé un
autre plat! Nous passons à un sauté de boeuf avec des tomates, oignons
et "patates à la française" (des frites!) et pour faire
passer cal une toujours copieuse et délicieuse salade avec des noix de
pécan, morceaux de pomme, grains de maïs blanc, carotte râpée...
Evidemment, impossible d'envisager un dessert et pourtant Carol s'en verra offrir
un à emporter... suite à un incident car une desserte s'est renversée
éclaboussant un peu ses vêtements.
Après
de telles bombances, il va être difficile de trouver le sommeil. Notre amie
nous quitte... Il est 22 heures et son travail commence dès 8 heures le
lendemain. Nous, nous pourrons faire la grâce matinée...
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Dernière
journée: repos à Miraflores
Rien n'était prévu au programme de notre voyagiste pour cette journée. Le hasard des plannings de vol des compagnies aériennes aurait sans doute pu nous faire partir très tôt alors que notre avion ne décollera qu'à 20h35... Une journée pour récupérer la fatigue du voyage. C'est le point de vue adopté par la majorité du groupe. Toutefois quelques courageux sont retourné au centre en taxi afin de visiter la cathédrale, l'église Sainte Rose de Lima, le Musée de l'Inquisition...
A 10 heures du matin, après une bonne digestion et une bonne nuit, à 10 minutes de marche de l'hôtel, nous nous rendons au marché artisanal, le Marché Indien ou le Marché Inca de l'avenue Petit-Thouars. Curieux nom de rue à consonance française. Il lui a é té donné en l'honneur de Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars, contre-amiral français qui de passage à Lima en 1880, empêcha la destruction de la ville alors attaquée par les Chiliens.Nous quittons le marché vers 11h30 et gagnons l'Ovalo, le Parque Central de Miraflores qui jouxte aussi le Parque Kennedy . Petit coup d'oeil sur la place avec l'hôtel de ville du quartier, l'église de la Vierge Miraculeuse (Virgen Milagrosa). C'est aussi l'occasion de voir les changeurs de rue pratiquer leur petit commerce.
Pour manger, il y a l'embarras du choix. La place et les rues adjacentes sont remplies de restaurants, pizzerias et cafés-restaurants aux noms plus ou moins exotiques: Café Haïti, Café de Paris, Café Colombia, Cafe Habana... Nous échappons aux employés des restaurants touristiques qui nous hèlent et nous nous conterons du modeste Café La Paz.
Pour le demi après-midi qui nous reste, nous décidons pour notre part d'aller faire un tour dans les jardins de la corniche. Profitons du soleil limérien que la brume doit venir masquer à partir d'avril pour huit longs mois. A tel point que l'absence de soleil conjugué avec un taux d'humidité de presque 100% donne alors aux Limériens un teint livide qui permet aux habitants des hauts plateaux de les repérer immédiatement.
Après une petite marche sur l'anvenue Benavides, au milieu des buildings modernes, nous arrivons rapidement sur la côte; il n'y a que 500m depuis le Parque Central de Miraflores. Nous allons d'abord au Parc Sunset avec un monument moderne en béton. De là on a une vue rapprochée du restaurant sur pilotis La Rosa Nautica. Les plages en contrebas sont un lieu apprécié des surfeurs. Après un petit moment de repos, nous empruntons le pont E. Villena Rey, construit à la fin des années 1960 afin de franchir un ravin côtier. Il est surnommé "le pont ketchup" en raison des suicides qui y sont survenus. Pour éviter ces drames, il a depuis été entouré de garde-corps en plexiglas.
Nous nous installons
un petit moment au Parc de l'Amour. On peut s'amuser à essayer de déchiffrer
ou plutôt de défricher les textes qui courent sur les bancs courbes
habillés de mosaïque. Par exemple "tu de este lado y yo de otro
como dos remos" que l'on peut traduire par "toi d'un côté
et moi de l'autre, comme deux pagaies" ou encore "la presencia de tus
ojos limpios que llegada la luna hasta nosotros"
" qui pourrait dire
ici "la présence de tes yeux clairs fait venir la lune jusqu'à
nous".
Il faut penser au retour.
.
Dans le cadre d'un plus long séjour à Lima, il serait intéressant de visiter la Casa Aliaga au centre ville et par la même occasion l'église et le Couvent (monastère) Santo Domingo, ce qui fait pendant à la visite de San Francisco. De même le Musée National d'Anthropologie peut compléter la visite du Musée Rafael Larco. Plusieurs autres musées mériteraient une visite: Musée de la Nation, Musée Enrico Poli (musée privé), Musée Pedro de Osma (encore un musée privé), Musée de l'Or ... et des armes à feu! (encore un privé, fondé par Miguel Mujica Gallo mais ses détracteurs disent que la majorité des objets présentés sont des copies)...
.
Rendez-vous à 16h à l'hôtel.
Une heure de trajet en bus,
sur un itinéraire connu, vers l'aéroport de Callao en repassant
par le même itinéraire qu'à notre arrivée: San Miguel,
la Marina avec ses casinos et son Alliance Française, ses marchands de
glace à vélo.
Adieux à Carlos.
Le port de PUNO a hébergé une véritable petite flotte à l'époque coloniale. Ce fut d'abord une goélette américaine en 1855 puis deux navires à vapeur commandés en Angleterre qui arrivèrent en pièces détachées en 1862, le Yavari et le Yapura. Ce dernier est toujours en service et sert aujourd'hui de navire-hôpital (sous le nom de BAP Puno) en se rendant dans les villages qui bordent le lac. La flotte fut renfocée par le Coya commandé en Ecosse en 1892. Il a faillit aller à la ferraille en 2001 et a été sauvé de justesse par un mécène. Chance que n'a pas eue l'Inca pourtant plus jeune (1903). Le lac accueille aussi l'Ollanta, la drague Zuñiga II et le ferry Manco Capac...
LES CHIENS NUS OU CHIENS SANS POIL...
Dans
le monde, 4 races de chiens sans poil sont répertoriées:
-
le chien nu chinois (à crête ) ou plus exactement de Mandchourie
ou Tai-Tai, aujourd'hui appelé Chinese Crested Dog
-
le chien nu du Mexique, Xoloitzcuintle ('chien du dieu Xolotl',
le dieu qui conduit l'âme des morts vers le pays des esprits)
- le chien nu du Pérou poétiquement baptisé "Orchid
Moon Flower Dog" ('Chien Orchidée des Incas - Fleur de lune')
-
et enfin une race créée fortuitement au Etats-Unis dans les années
1970 à partir d'une mutation chez une femelle de chien ratier. La nouvelle
race est nommée American Hairless Terrier .
D'où
viennent les chiens sans poil du Mexique et du Pérou ?
La thèse
de l'introduction des chiens en Amérique par les colons européens
est à rejeter. Autres hypothèses à rejeter, leur introduction
avec des esclaves africains ou avec les émigrés chinois arrivés
après la suppression de l'esclavage.
Les chiens préexistaient
à la colonisation, avec des races à poil (Chichi, Itzcuintli et
Tetlamin) ou sans poil... Des ossements et objets pré-hispaniques en témoignent
(au Mexique: crâne de xolo daté entre 1000 et 1300 av. J.C., statuettes
de Colima; au Pérou: céramiques des civilisations pré-incas
Vicus, Mochica, Chancay, Tiahuanacoïde et Chimù entre les années
300 av. J.-C. et les années 1400 après J-C).
Les chiens pouvaient-ils
être présents avant les humains en Amérique (comme les lamas,
pumas et autres animaux) ? L'hypothèse la plus couramment admise considère
que les chiens seraient arrivés en Amérique avec les premières
populations qui ont traversé le détroit de Behring et les races
sans poils seraient soit le résultat de mutations intervenues par la suite
sur des races initialement à poil soit des descendants du chien de Mandchourie.
Au
Pérou, les chiens sans poil accompagnaient les chasquis, ces messagers
coursiers à pied et les nobles avaient le privilègent d'en posséder
et de les mettre en liberté la nuit afin d'éviter que leur peau
fragile subisse l'ardeur du soleil.
L'origine
de ce caractère physqiue de nudité est à rechercher dans
la génétique. Il résulte de la combinaison d'un certain
gène apporté par chacun des parents. Chez les chiens nus, l'un des
gène, récessif, induit classiquement la pilosité tandis que
l'autre, dominant, est celui de la nudité et est aussi létal (qui
provoque la mort). De l'union de tels parents il en découle obligatoirement
et statistiquement dans 25 % de cas des homozygotes (gène identique) qui
ont du poil, dans 25 % des cas des homozygotes qui ne sont pas viables (double
létalité qui se manifeste au stade embryonnaire ou à la naissance
) et enfin 50 % d'hétérozygotes mêlant les caractère
de pilosité et de nudité (dominante) donc des chiens nus et viables.
A
noter que la dentition de ces animaux est incomplète (prémolaires).
Ces
sont des chiens calmes et attachants, animaux plus de compagnie que de garde.Ce
sont des "chiens chauds", pas au sens de nos amis québéquois
mais du fait qu'au toucher, ils semblent plus chauds que les autres chiens car
leur chaleur n'est pas diffusée au travers du filtre que constitue la fourrure.
C'est pour cette raison qu'ils ont été utilisés comme 'chiens-bouillottes'
par des personnes souffrant de rhumatismes et douleurs.