18 septembre au 5 octobre 2012



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COMMENCER LES VISITES:  Les Hautes Terres (le centre)
AUTRES VOYAGES...


Aperçu
historique...

Un peuplement récent

La Grande Île a été peuplée tardivement car il semble peu probable qu'elle ait été habitée par des aborigènes avant l'arrivée de populations asiatiques
(si des aborigènes ont existé, ils auraient été peu nombreux et rapidement assimilés ou décimés). On serait tenté de plagier le président Nicolas Sarkozy disant que
"l'homme malgache n'est pas assez entré dans l'histoire".


Bien sûr,
selon la définition académique (basée sur l’étude des civilisations du bassin méditerranéen), n'appartiennent à l’Histoire que les seules civilisations qui ont laissé des documents écrits.
Certes l'île de Madagascar est entrée tardivement dans l'Histoire selon cette définition mais avec une bonne excuse, c'est qu'il s'agit d'un pays jeune, l'un des pays les plus tardivement occupés par l'Homme.

Le fond ethnique du peuple malgache est originaire de l'Est de l'Océan Indien, plus précisément de l'archipel indonésien, tout comme les peuples partis, eux, des Philippines vers l'est et le sud pour coloniser les archipels polynésiens
et jusqu'à la Nouvelle-Zélande et à l'île de Pâques.
La population austronésienne à peau claire et cheveux noirs et lisses qui a migré vers l'Ouest, sans doute en profitant des alizés et des courants, est arrivée à Madagascar sur la côte Ouest (et non sur la côte Est) en pirogues à balancier
(waka) creusées dans des troncs d'arbre comme celles que l'on peut encore voir de nos jours. Ces mêmes peuples ont abordé aussi sur la côte orientale de l'Afrique et sans doute dans les archipels voisins des Mascareignes (avec La Réunion et Maurice), des Comores et des Seychelles.
On peut dire qu'il s'agissait des premiers grands navigateurs de l’humanité, pratiquant la navigation hauturière. Il avaient la connaissance de la métallurgie du fer et ils avaient une organisation sociale et politique complexe.
Sur la date de ce peuplement, les spécialistes discutent, certains le faisant remonter à plusieurs siècles avant l'ère chrétienne et d'autres seulement au tout début de celle-ci. Dans la tradition orale malgache, on les désigne sous le nom des Ntaolo, "les Anciens". D'ailleurs le nom utilisé pour désigner le peuple malgache est Vahoaka, littéralement "peuple venu de la mer". Des traits physiques attestent de cette origine, de même que la langue (apparentée au maanjan du sud de Bornéo avec des racines malayo-polynésiennes), des pratiques agricoles (taro, banane, noix de coco, canne à sucre, riz, poulets...) et culturelles (maisons sur pilotis, pratiques funéraires, musique: tambours, conques, xylophones et flûtes...
).



En fonction du milieu naturel où se sont installés les arrivants, une différenciation s'est opérée
entre les chasseurs-cueilleurs Vazimba, "ceux de la forêt", et les pêcheurs Vezo, "ceux de la côte".

Sur ce fond de population, entre le milieu du premier millénaire et le milieu du second millénaire, différentes populations sont arrivées et se sont mélangées: Malais et Indonésiens... mais aussi Perses, Arabes, Juifs, Indiens, Bantous et même Portugais (Diégo Diaz en 1500 puis Fernando Suarez en 1506).

A partir du VIIIe s., la nouvelle vague néo-austronésienne des Hova venus de l'est de l'Océan Indien a beaucoup contribué à l'évolution de la société malgache dans la mesure où les chefs (diana ou andriana) de ces clans s'allièrent avec ceux des Vazimba et des Vezo, s'intégrant et s'acculturant souvent par alliance matrimoniale. Cela conduira à l'émergence de la société féodale malgache à partir du XVIe s.

Au IXe s., le commerce des esclaves africains par les Malayo-javanais, les Perses et les Arabes sera à l'origine de l'apport d'une population de pasteurs-agriculteurs bantous (swahili) caractérisés par leur grande taille. Les Arabes établissent des comptoirs au XIIe s. jusqu'à leur abandon au milieu du XVIIe.
Quant aux Portugais, ils abordent à Madagascar en 15000 avec Diego DIaz suivi peu après par Fernando Suarez (d'où le nom du port de Dizgo SUarez), apportant sur l'île évangélisation et esclavage! Ils se maintiendront un siècle face à l'hostilité des Arabes et des Malgaches avant de céder la place temporairement aux Hollandais qui à leur tour doivent quitter Madagascar pour l'Ile Maurice au début du XVIIe. Ils sont remplacé par les Anglais et les Français (Jacques Pronis en 1642 puis Etienne Flacourt en 1648). Au tournant des XVIIe-XVIIIe s., pendant une cinquantaine d'années, les nouveaux colons sont assaillit par des pirates et les Français se replient à la Réunion.

On distingue 18 ethnies dont les six principales englobent près des trois quarts de la population malgache:
- Merina (26%) des Hautes Terres
"ceux des hauteurs"
- Betsimisaraka (15%) à l'est (Tamatave)
"ceux qui ne se séparent pas"
- Betsileo (12%) des Hautes Terres
"ceux qui sont invincibles"
- Tsimihety (7%) ouest Hautes terres
"ceux qui se coupent les cheveux"
- Sakalava (6%) dans l'ouest
"ceux des longues vallées"
- Antandroy (5%) dans le sud
"ceux des épines".


Le métissage et l'acculturation des populations venues sur l'île est tel que quelles que soient les nuances de couleur de peau, la corpulence ou l'aspect des cheveux, existe un fond ethnoculturel commun au travers de la langue, des traditions et croyances (qui ont introduit un certains syncrétisme dans les pratiques des diverses religions "modernes"). Au sein de chaque ethnie ou tribu a pu se superposer une notion de castes très peu lisible à nos yeux. Par exemple, au fil du temps, ont été instituées sept castes parmi les Merina. Mais de la même manière qu'en Inde un brahmane, un prêtre, peut n'être qu'un petit paysan, ici, c'est un andriana, un noble, qui peut connaître le même sort.
Les premiers écrits sur la mythologie en langue malgache (les Sorabes) utilisaient l'alphabet arabe. L'alphabet latin que les colonisateurs tentèrent d'introduire dèsqs le XVIe s., notamment par le biais de l'évangélisation, ne s'est imposé qu'au XIXe. Quant à l'usage de la langue malgache, elle devra attendre près de 15 ans après l'indépendance (1960) pour retrouver son  statut de langue officielle et langue d'enseignement.


Le Royaume de Madagascar
(1817-1895)

En 1643, les Français installent une colonie à Fort-Dauphin (Tôlagnaro actuellement), à l'extrémité sud de l'île. Madagascar devient une base de la Compagnie française des Indes orientales.
La présence européenne précoloniale par le commerce, la traite des esclaves, les trafics d'armes et la piraterie interfère dans les luttes entre les royaumes malgaches émergents.

À l'intérieur des terres, les luttes entre les différents clans néo-Vazimba des hauts plateaux centraux aboutirent à la naissance des royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety et Bara.
Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés donnèrent naissance aux royaumes néo-vezos Sakalava (Antakarana, Boina, Menabe et Vezo) sur les côtes Ouest et Nord, Mahafaly et Antandroy sur la côte Sud, Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala et Betsimisaraka sur la côte Est.

Parmi les royaumes centraux, les deux plus importants étaient, au sud, le royaume Betsileo (au début du XVIIIe siècle les Betsileo avaient formé la première armée permanente de l'île pour se défendre contre les Sakalava) et, au nord, le royaume Merina (vers 1675-1710 le Roi Andriamasinavalona créée le Royaume de l'Imerina regroupant quatre régions).
Au début du XIXe siècle ces royaumes sont définitivement unifiés sous l'égides des Merina par le Roi Andrianampoinimerina qui règne à partir de 1787 sur le petit royaume d'Ambohimanga, situé au nord de Tananarive, il devient le premier souverain du royaume d'Émyrne au centre de Madagascar, puis est reconnu comme suzerain par la plupart des royaumes malgaches.

A sa mort en 1810, son fils Ilaidama, couronné sous le nom de Radama Ier lui succède et achève son œuvre en 1817 en unifiant les royaumes centraux merina, betsileo, bezanozano et sihanaka. Ce premier roi de Madagascar règne jusqu'à sa mort (âgé d'une trentaine d'années) en 1828. Sous son court règne, dans le cadre du traité anglo-malgache de 1820, la transcription du malgache en caractères arabes est abandonnée au profit de l'alphabet latin sous l'influence de missionnaires britanniques (London Missionary Society).

Après le décès de Radama Ier, mort sans laisser de descendance, son épouse lui succède sous le nom de Reine Ranavalona Ière. Souveraine autoritaire, elle s'oppose à l'influence étrangère notamment au prosélytisme des missionnaires chrétiens. Elle perçoit que son pays peut faire les frais de la rivalité entre Anglais et Français lorsqu'elle voit ces derniers attaquer en 1829 des postes établis sur la côte orientale. Du coup, le royaume merina annexe des régions côtières afin d'empêcher les Français de s'y établir tandis que Ranavalona dénonce le traité anglo-malgache de 1820 et qu'elle fait expulser de l'île les missionnaires britanniques en 1835. En 1845, ses troupes doivent repousser des attaques conjointes des marines française et britannique. Cette volonté farouche de préserver l'indépendance à pour effet de freiner la modernisation du pays à laquelle la souveraine aspirait cependant. Elle y pallie en recourant à des experts indépendants, aventuriers ou mercenaires. Ce fut notamment le cas du Français Jean Laborde qui accomplit une œuvre considérable, en dotant Madagascar d’une industrie métallurgique et chimique et en introduisant un grand nombre de nouveautés techniques (utilisation de la brique, savon, porcelaine, fabrication de canons, hôpital, école de médecine, journaux ...). Il compta même au nombre des nombreux amants (des ministres et hauts dignitaires) qu'eut la souveraine.

Ranavalona Ière meurt en 1861, laissant le trône à son fils Radama II (considéré comme le fils de Radama Ier bien que ce dernier soit mort plus d'un an avant la naissance) dont la rumeur attribue la paternité au Premier ministre Andriamihaja. Règne éphémère, de 1861 à 1863, car sa volonté de se rapprocher des puissances européennes (liberté de culte, retour de Jean Laborde en position de Consul et Agent de la France, charte donnant à l'aventurier Joseph Lambert un droit d'exploitation exclusif de toute la partie nord de Madagascar...) est réprouvée par les notables malgaches a tel point qu'il meurt étranglé sur ordre de son propre Premier ministre.

Pour un équilibre de pouvoir entre les andriana (nobles) et les hova (roturiers), celui-ci épouse la veuve qui devient la nouvelle souveraine sous le nom de Reine Rasoherina. Par la suite elle change de Premier ministre Rainilaiarivony et donc aussi d'époux. Sous son règne, des ambassadeurs sont envoyés à Londres et à Paris tandis que des traités sont conclus avec le Royaume-Uni, la France (de Napoléon) et les Etats-Unis.
A sa mort en 1868, lui succède une autre femme de Radama II, sous le nom de Reine Ranavalona II. Elle épouse le Premier ministre, veuf de la précédente souveraine, et poursuit la politique d'européanisation et de modernisation et elle se convertit au protestantisme. Elle se rapproche des Britanniques pour contrecarrer les visées coloniales françaises.

Après la mort de la reine Ranavalona II en 1883, faute de descendance, c'est une cousine d'une autre lignée qui accède au trône sous le nom de Reine Ranavalona III. Veuve (le Premier ministre avait sans doute contribué à ce qu'elle le devint), évidemment elle épouse le Premier ministre qui avait été aussi le mari des deux précédentes souveraines et qui, en fait, détient la réalité du pouvoir.
En 1884, après l'éviction des Anglais à l'issue du conflit franco-anglais, un traité d'alliance franco-malgache est signé le 17 décembre 1885 établissant une sorte de protectorat économique et diplomatique. L'hostilité du Premier Ministre Rainilaiarivony à appliquer cet accord provoque l'invasion française en 1895. Aux rivalités coloniales de la France et du Royaume-Uni viendra s'ajouter la guéguerre des missionnaires, catholiques français contre protestants britanniques...
Un véritable protectorat avec maintien de la monarchie malgache est établi mais la résistance qui se manifeste dans le pays en 1896 conduit à une répression (général Gallieni). Le Premier ministre doit s'exiler, la France déclare Madagascar "colonie".
La reine destituée est arrêtée en 1897 et exilée, d'abord sur l'île de la Réunion puis en Algérie.

La période coloniale (1895-1960)

La répression par les troupes de Gallieni entraîne des dizaines voire des centaines (!) de milliers de disparitions (sur le 3 millions d'habitants que comptait alors le pays).
Selon le principe "diviser pour régner", il joue l'opposition des castes (comme les Britanniques en Inde) et ravale les Malgaches au rang d'indigènes, sans droits politiques. La francisation forcée se traduit par une désaffection pour la scolarisation. En revanche, il accueille les colons chargés de "la mise en valeur" de la colonie.
Tout n'est pas négatif cependant avec la création d'infrastructures et une action sanitaire d'envergure (soins gratuits, lutte contre la peste et la variole).
Lors de la Première Guerre mondiale, l'île fournit un contingent de 41 000 hommes tandis que les premiers mouvements nationalistes émergeaient.

Le développement économique reprend avec vigueur pendant l'entre-deux guerres.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques envahissent l'île, contribuant à la perte de prestige de la France, avant d'en remettre l'administration aux autorités de la France Libre.
Dans la suite de l'insurrection apparue dans le sud contre les réquisitions imposées pendant la guerre, en 1946 émerge un mouvement indépendantiste, le MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache). L'insurrection atteint le centre de l'île à la fin de mars 1947. Elle est violemment réprimée durant l'année suivante tandis que les Français s'appuient également sur des milices anti-indépendantistes du PADESM (PArti des DEShérités de Madagascar).
En matière de dénombrement des victimes, c'est le grand écart, question de points de vue et question de définition. Certains avancent le nombre de 80 000 à 100 000 morts, d'autres s'en tiennent à 40 000 dont les trois quarts seraient morts de malnutrition lors de la fuite des populations devant les combats, ce qui ramènerait le nombre de victimes directes à une dizaine de milliers.

Après 1946, le développement économique est relancé grâce au Fonds d'investissement pour le développement économique et social (FIDES). Mais avec la défaite française en Indochine en 1954, la France ne peut plus éluder l'accès à l'indépendance de ses colonies. Du statut de Territoire d'outre-mer de 1946, Madagascar passe à l'autonomie (la loi-cadre Defferre de 1956) en 1958, en tant que République autonome Malagasy au sein de la Communauté. Le 14 octobre, Philibert Tsiranana, ancien leader du PADESM, élu député en 1956, devient président du Conseil de gouvernement avant d'être élu premier président de la République le 1er mai 1959... ..

 

Madagascar indépendante et les
trois premières républiques (1960-2009)

L’indépendance de la République est proclamée le 26 juin 1960.
Tsiranana reste partisan de la coopération avec la France ce qui est mal vu par la jeunesse étudiante. En 1972, il quitte ses fonctions et confie le pouvoir à un général auquel succédera un colonel de gendarmerie qui sera assassiné au bout d'une semaine.

La Seconde République voit le jour en 1975 avec Didier Ratsiraka, ancien militaire (formé à l'École Navale de Brest, après de brillantes classe préparatoires au Lycée Henri-IV) et Ministre des Affaires étrangères du précédent gouvernement. Il institue un régime socialiste et s'aligne sur le bloc soviétique. Il abandonne le Franc CFA, ferme les ambassades et expulse l'armée française de ses dernières bases. Toutefois au milieu des années 1980, il est contraint de revenir à un certain libéralisme face au marasme économique qui touche le pays et il se trouve de plus en plus contesté. En 1993, il abandonne le pouvoir qui revient à son opposant Albert Zafy.

Avec
Albert Zafy la Troisième République marque un retour à un régime parlementaire (le Premier ministre est l'émanation du Parlement) et à une économie libérale.
Mais ni sur le plan politique ni sur le plan économique les choses ne se sont passées comme espéré. En 1995 la tentative d'instaurer un régime présidentiel est contrée par l'opposition qui vote en juin 1996 une motion d'empêchement définitif qui met fin au mandat de Zafy.
1997 voit le retour de l'amiral Didier Ratsiraka à la tête du pays. Artisan d'un développement harmonieux, il permet à Madagascar d'avoir une croissance économique qui oscille entre 4,3 et 5,1% par an entre 1997 et 2001.

Aux élections de 2001, son adversaire Marc Ravalomanana, protestant, industriel et maire de la capitale, conteste le score du premier tour arguant de fraudes, considérant qu'il est non seulement en tête (score officiel de 46% contre 41% pour Ratsiraka) mais qu'il a largement dépassé la majorité absolue (il revendique 53%). Aucun accord n'est possible entre les deux rivaux et pendant quelques mois le pays a deux présidents.
En février 2002 Ravalomanana
s'autoproclame président et à le soutien des Hautes Terres tandis que Ratsiraka transfère le gouvernement à Tamatave en gardant le contrôle de cinq régions sur six. En mai 2002 la Haute Cour constitutionnelle déclare Ravalomanana élu au premier tour avec 51% des suffrages. Vaincu au terme d'affrontements militaires, Ratsiraka quitte Madagascar pour la France en juillet 2002.
La reconnaissance internationale de
Ravalomanana ne sera vraiment acquise qu'en 2003 lorsque son parti remportera les élections législatives.
Réélu en 2006, il introduit des changements qui ne seront pas sans conséquences politiques pour l'avenir: possibilité de gouverner par ordonnances, suppression des six provinces remplacées par 22 régions, adoption de l'anglais comme troisième langue officielle, suppression du caractère laïc de la république, faveur donnée aux activités religieuses protestantes et surtout son affairisme (entraves à la concurrences, mainmise sur des entreprises).
C'est en 2008 que les choses vont mal tourner pour
Ravalomanana. Il s'en prend à la gestion municipale de la capitale dirigée par Andry Rajoelina (entrepreneur dans le domaine des medias et TIC) et fait fermer la chaîne de télévision de Rajoelinar. Pendant ce temps, il octroie une concession de 99 ans sur la moitié des terres arables du pays (un million trois cent milles hectares) au profit du conglomérat sud-coréen Daewoo Logistic pour produire du maïs et de l’huile de palme.

La crise et une "transition" qui durent
(2009-????)

Début 2009 les partisans du maire de Tananarive provoquent des émeutes et sont violemment réprimées lorsqu'ils tentent d'envahir le palais présidentiel. Des militaires mutins de la CAPSAT (Corps d'Armée des Personnels et des Services Administratifs et Techniques), sans doute soutenus par des civils (politiciens) prennent alors le palais et Ravalomanana se trouve contraint à la démission. Les insurgés qualifient leur mouvement de Révolution Orange en s'inspirant de celle qui avait eu lieu en Ukraine en 2004.

En mars 2009 Andry Nirina Rajoelina est investi par les militaires en qualité de président de la Haute Autorité de la Transition (HAT). Les tentatives de conciliations (entre Rajoelina, Ravalomanana, Zafy et Ratsiraka) menées au cours des mois suivants, avec l'appui de diverses organisations internationales, échouent dans la recherche d'une solution. En octobre 2010, la HAT de 41 membres est remplacée par le Conseil Supérieur de la Transition (CST) de 90 membres.
L'autorité "provisoire" de
Rajoelina rencontre un certain début de reconnaissance internationale en 2011, y compris par la France. En juin 2011, il avait déclaré ne pas avoir l'intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles.


Le 10 avril 2009 le nouveau ministre de la Transition en charge du secteur foncier confirme l’arrêt définitif du projet Daewoo Logistic de location de terres agricoles.

Du fait des dissensions politiques qui perdurent, les échéances électorales envisagées pour 2010, puis 2011, puis 2012 n'ont pu être tenues. La Transition n'en finit donc pas !
Selon les dernières perspectives esquissées en ce domaine au cours de l'été 2012, selon "la feuille de route", le premier tour des élections présidentielles devait avoir lieu le 8 mai 2013 (et celui des législative le 3 juin 2013) et le recensement des électeurs est en cours en octobre 2012... mais les plus grands doutes subsistent sur leur tenue. En effet, il ne manque pas moins de 40 millions de dollars à leur financement. D'où un premier report au 24 juillet puis un second au 23 août puis encore au 25 octobre 2013 (le second tour et les législatives devant avoir lieu le 20 décembre) !
Le scrutin sera-t-il démocratique et sans fraude alors que l'ont fait des ennuis à certains journalistes malgaches sont de entraves à la liberté d'expression

Par ailleurs le fait que "trois vieux crocodiles de retour ou restent dans le marigot malgache" ne vont pas favoriser l'apaisement des esprits puisque leurs candidatures sont considérées comme illégales à divers titres... Marc Ravalomanana avait exprimé l'intention de se présenter pour finalement s'effacer au profit de son épouse, Lalao, du fait de son exil forcé en Afrique du sud. N'oublions pas le vétéran Roland Ratsiraka qui sera en lice. Quant à Andry Rajoelina,
le 15 janvier 2013, il semblait revenir sur ses propos de 2011 exprimant son intention de se présenter également... pour finalement décider de maintenir sa candidature. Ils ont été écartés par la "nouvelle" Commission Electorale Spéciale (CES)...
Du bien triste spectacle en perspective...
Tout cela sur le vieux fond de rivalité entre les Merinas et ceux de la côte (Sakalava, Betsimisaraka...).

A mon humble avis, les mauvaises habitudes prises du fait d'une désorganisation de l'Etat et de l'administration qui n'en finit pas, la corruption généralisée, le poids démographique pris par la capitale, tout cela ajouté aux rivalités claniques n'augure rien de bon pour l'avenir du pays.


AUTRES VOYAGES...

Route aérienne vers Madagascar

 

Cliquer sur les zones claires Le Menabe, de Morondava aux  GrandsTsingy Les Hautes Terres de Tana à Sahambavy Détour vers l'Océan indien (Manakara, Pangalanes), Ranomafana, Fianarantsoa Détour vers l'Océan indien (Manakara, Pangalanes), Ranomafana, FianarantsoaRN7 de Fianarantsoa à Toliara (Ifaty) Les Hautes Terres de Tana à Sahambavy  RN7 entre Ihosy et  Toliara (Ifaty), Parc de l'Isalo Andasibe, Ambohiminga et Antananarivo Sélectionnez une zone claire avec la souris

Drapeau malgache
Trois symboliques du drapeau malgache

La  bande verticale  blanche située à  gauche symbolise le riz et  le lamba  dont se drapent  les femmes.
La bande horizontale supérieure est rouge comme l'argile latéritique des terres et des murs des maisons.
Elle  évoque aussi le sang des  zébus que l'on sacrifie à l'occasion des  fêtes de retournement des morts.
La bande inférieure  horizontale verte évoque à la fois les rizières et aussi l'arbre du voyageur, le ravenala.

Le blanc et le rouge étaient les couleurs de la monarchie Hova, au XIXe s.
Le  vert  fut  ajouté par  la suite pour  les Vezo,  les  habitants de  la côte.

Le  blanc symbolise  la pureté,  le rouge la souveraineté et le vert  l'espoir.





Aperçu
géographique...

Est-on en Afrique ou ailleurs ?

Géographiquement, Madagascar se situe au sud de l'Equateur et est chevauché par le Tropique du Capricorne dans sa partie méridionale.
Posée dans la partie occidentale de l'Océan Indien, l'île est séparée de l'Afrique par les 400 km de large du Canal de Mozambique.

Lors de l'éclatement du supercontinent Gondwana qui réunissait toute les parties émergées du globe depuis 600 millions d'années, Madagascar s’est séparée du continent africain il y a environ 120 millions d'années, en raison de la dérive des continents commencée il y a 160 millions d'années au Jurassique. D'abord partie à la dérive avec le bloc indien, elle s'en est détachée il y a environ 80 millions d'années et a basculé vers l'ouest. Puisque l'on parle de sous-continent indien, pourquoi Madagascar ne mériterait-elle pas d'être qualifiée "L'Île-Continent" ?
L'isolement de Madagascar au cours des temps géologiques a provoqué une évolution spécifique de la faune et de la flore amenant l'apparition d'espèces qui n'existent nulle part ailleurs comme on le verra souvent pendant ce voyage: la totalité des primates de Madagascar sont des espèces endémiques, de même que 90% de ses plantes et 80% de ses amphibiens et reptiles.

Avec 587 000 km2, soit en gros la superficie de la France métropolitaine (car  au sens étendu la République française couvre 675 000km²) et de la Belgique), Madagascar est la cinquième plus grande île du monde (exclusion faite de l'Antarctique considéré comme un sixième continent) après l'Australie, le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo. C'est le 47e pays par sa superficie.
En latitude, du nord au sud, le pays s'étend sur plus de 1500 km, pour une largeur maximale de 575 km.

C'est un pays à moyenne sismicité qui subit régulièrement des séismes de moyennes magnitude.

 

RELIEF
Une chaîne montagneuse ou plutôt un ensemble de hauts plateaux étagés parcourt la Grande Île dans le sens nord-sud avec une altitude moyenne de 800 à 1 500 mètres (les Hautes Terres représentent 60 % de la superficie du pays).
Le côté ouest est occupée par de larges plaines alluvionnaires en faible déclivité jusqu’au Canal du Mozambique. Ce rivage est bordé de lagons abrités par une barrière de corail.
A l’est, des falaises en escalier de failles s’aplanissent brusquement en une étroite plaine côtière sur l’Océan Indien.
La région nord, volcanique, est isolée par le massif le plus élevé de l’île (le Tsaratanana culmine à 2876 m).
Le sud semi-aride est partagé entre plateaux calcaires (sud-ouest), plaine sèche (pointe sud) et "chaînes anosyennes" (sud-est).

Madagascar dispose de plus de 3000 km de fleuves et rivières. En raison du relief basculé vers l'ouest, c'est dans cette direction que s'écoulent les principaux fleuves.
Citons les trois plus importants, Betsiboka: 605 km, Tsiribihina: 525 km et Onilahy: 400 km
.
On peut trouver un autre classement et des chiffres beaucoup plus élevés sur certains sites...

La Grande Île occupe une position stratégique au débouché de l'Océan Indien et de l'Atlantique sud par le Cap de Bonne Espérance.


CLIMAT ET PAYSAGE

Situé dans la zone intertropicale, Madagascar connaît un climat tropical qui devrait normalement être chaud toute l'année, cependant l'altitude des hauts plateaux y atténue la température.
Ce climat présente deux saisons caractérisées par la plus ou moins grande abondance des pluies.

La saison des pluies, en début de l'année (de décembre à mars ou de novembre à avril), est caractérisée par des précipitations abondantes (1700 à 1800 mm), orageuses et violentes.
Le climat de la côte orientale est beaucoup plus humide (3000 mm à Tamatave), avec des cyclones dévastateurs en début d'année (par exemple cinq entre janvier et avril 2007), en raison de la conjonction de deux facteurs: l'exposition à l'alizé permanent soufflant du sud-est et l'effet de relief avec la présence de la barrière montagneuse qui se dresse face à lui provoquant la condensation de la vapeur d'eau.
Au même moment, le nord, plus chaud, est exposé à la mousson.

La saison suivante, la saison sèche et plus fraîche va de mai à octobre.

Quant au sud, peu concerné par la pluie, il connaît de fortes amplitudes thermiques et présente les caractéristiques d'un climat subdésertique.

La majorité des sols malgaches sont lessivés par les pluies abondantes sont de type latéritique rouge et portent une végétation de type savane. L'effet négatif des défrichements, en facilitant l'érosion, conduit à une végétation du type steppe.
Le bois et le charbon de bois tirés des forêts fournissent 83 % des besoins en énergie pourtant bien réduits. A ce sujet, nous pouvons évoquer l'impact des rejets de CO² sur le réchauffement climatique puisque les coupes ne sont pas compensées par des plantations qui pourraient refixer ce gaz à effet de serre.
A cela s'ajoutent la culture sur brûlis et le pillage des bois précieux (palissandre, bois de rose, acajou accaparés par les Chinois) qui font reculer la forêt.
La couverture forestière de l’île a diminué
de près de 40 %
entre 1950 et 2000. La culture sur brûlis a fait reculer la forêt à 26 % de la surface de l’île alors qu'à l'origine l’île était couverte de forêts.

Madagascar souffre de l’érosion due à la déforestation et aux pâturages intensifs, ce qui entraîne désertification et pollution des eaux de surface.

En 1990, la Banque mondiale a lancé un programme environnemental visant à intensifier la culture du pin et de l’eucalyptus pour satisfaire la demande en charbon de bois.


POPULATION

En 2009, Madagascar comptait environ 20,6 millions d'habitants pour une densité voisine de 36 hab./km². En 2012, elle serait de l'ordre de 22 millions et devrait s'élever à 25 millions en 2015 !
Cette population est donc en très forte augmentation (en 1965 il y avait environ 6 millions d'habitants et 14 millions en 1994).

L'augmentation de la population, de l'ordre de 3% par an, est due à un taux de natalité très élevé (environ 40°/°° contre de 12,7°/°° en France) qui se traduit par un indice de fécondité de l'ordre de 5 enfants par femme (il était de 7 en 1997).
                 
Cela signifie un doublement en 25 ans ! Des bouches qu'il faut nourrir et du combustible supplémentaire à trouver pour cuire les aliments...
L'accroissement serait encore plus fort si le taux de la mortalité n'était pas également élevé (environ 7,5°/°°) comme en témoigne aussi la faible espérance de vie qui s'établit à 64 ans (62 pour les hommes et 66 pour les femmes).
Plus de 41% de la population a moins de 15 ans.

Officiellement, les deux tiers de la population de plus de 15 ans seraient alphabétisés alors que les Malgaches cultivés et les organisations internationales considèrent qu'il faudrait inverser la proportion.
Dans les campagnes, souvent les trois quarts des gens sont analphabètes et le phénomène s'accentue depuis quelques décennies...
Depuis le début de la crise, 900 000 enfants sont déscolarisés (selon l'UNICEF).

La notion de chômage (2%) n'a pas de sens dans un pays où tout le monde doit travailler pour (sur)vivre dans la mesure où selon les estimations de la CIA (World Factbook) en 2004 environ 55% (70% voire 80% pour d'autres sources plus récentes) de la population vit au dessous du seuil de pauvreté.
Si le Malgache moyen gagne environ 1 dollar par jour (par exemple un employé de maison), 85% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.
C'est une société très inégalitaire puisque 10% des ménages les plus aisés possèdent 35% des revenus. Pour en être convaincu, il suffit d'observer les différents segments du parc résidentiel...
Les ménages dépensent en moyenne 70 €/mois dont une bonne moitié pour s'alimenter, 16% pour l'énergie (combustibles, piles...).

La population malgache est avant tout une population rurale avec environ 70% des habitants contre 78% en 1994.
L'urbanisation se développe au rythme d'environ 4% par an (projections 2010-2015).

Concernant les religions, on se trouve face à des chiffres tellement disparates que cela en devient cocasse.
Selon des sources sérieuses (Wikipédia par exemple):
-
Christianisme 75%
(à parts égales entre catholique et protestants)
- croyances indigènes 20%
- Islam 1%
- autres ?

"The World Factbook" de la sérieuse CIA donne:
- croyances indigènes 52%
- chrétiens 41%
(à parts égales entre catholique et protestants)
- musulmans 7%.

Concernant les écarts sur la répartition entre christianisme et religion traditionnelle, sans doute s'agit-il de différences d'interprétation. Il y aurait environ 40% de strictement chrétiens et 30% de chrétiens également adeptes des croyances traditionnelles tandis que les stricts adeptes de celles-ci seraient 20%.
Quant à l'écart sur l'Islam, j'avoue ne pas savoir comment l'expliquer...

 

ECONOMIE

Indicateurs économiques
Madagascar est l'un des dix
pays (ou 12, selon les classements FMI, BM ou CIA)  les plus pauvres du monde.
Le PIB est un indicateur difficile à évaluer
en raison de l'économie informelle et de l'autosubsistance qui occupent une grande place dans les économies sous-développées dont Madagascar est une parfaite illustration.

Le PIB malgache aurait diminué de plus de 40 % depuis 25 ans.
Le PIB-PPA (à Parité de Pouvoir d'Achat) par habitant atteindrait à peine 1000$ (et même la moitié selon le site de notre Ministère des Affaires Étrangères)
.

Sa progression réelle serait de 0,5% par an (1% selon la Banque Mondiale). Les optimistes hasardent 4% pour 2012 alors que la production s'accroîtrait de 2%.
Nous ne revenons pas ici sur l'aspect très inégalitaire de la société malgache...

Les contributions des grands secteurs économiques au PIB sont les suivantes:
- agriculture: 28 % (pour 70% de la population active, la moitié élevant des zébus) voire 23% (?)
- industrie: 15% (pour 5% de la population active: BTP, infrastructures, télécommunications, tourisme)
- services: 57%.

Quant au PNB, il est de l'ordre de 250$ par habitant.

L'inflation est de l'ordre de 8-9% (12% selon d'autres sources).

Ressources naturelles et énergétiques
Les ressources le plus connues du sous-sol de Madagascar sont le graphite, la chromite, le charbon, la bauxite, le sel, le quartz, le sable bitumineux, le mica ainsi que les pierres précieuses (saphir) et semi-précieuses.
On a récemment découvert des gisements de terres rares et d’importantes ressources minières nouvelles (rutile, ilménite, sillimanite, zircon) venant s'ajouter à celles non prospectées ou peu exploitées de pétrole, fer ou uranium.
Depuis 2011, les Chinois investissent dans le secteur minier (nickel, cobalt).

Madagascar est caractérisé par une sous-consommation énergétique phénoménale avec en moyenne 0,2 tonne d'équivalent pétrole (TEP) par habitant alors que la moyenne mondiale est 8 fois supérieure.

Les sources d'énergie utilisées à Madagascar sont:
- la biomasse (bois et charbon végétal): 83%
- pétrole: 14%
- charbon minéral: 2%
- électricité: 1%

En 2006, le taux de couverture en électricité à Madagascar était de globalement de 28 % mais de seulement 5 % en zone rurale (où vit 70 % de la population du pays !).

Dans la production d'électricité, les énergies renouvelables représentaient il y a dix ans 75 % mais elles sont tombées à 35 %.
Faute de pouvoir faire les investissements nécessaires, on a eu recours à une production d'électricité à partir d'une énergie primaire thermique (pétrole, charbon).
Pourtant l’île possède un potentiel pour l’énergie hydraulique qui est insuffisamment et mal exploité.

Agriculture
La majorité de la population vit de l’agriculture de subsistance, principalement de la culture du riz et de l’élevage de zébus.

En 2001, les terres cultivées, soit 2,6 millions d'hectares recouvrent de 4 à 5% (la moitié en rizières) de la surface du pays, dont 1% portaient des cultures permanentes.
Des donnés plus récentes font état de 3,5 millions d'hectares en cultures et prairies permanentes.
Les terres théoriquement cultivables représenteraient 14% de la superficie totale.
La surface moyenne cultivée par exploitation est de 1,2 hectare.
Les productions agricoles sont très diverses en raison du relief élevé du centre de l'île qui vient tempérer le climat tropical: riz, manioc (tapioca), haricots, bananes, arachides, légumes verts, café, vanille, canne à sucre, clous de girofle, cacao, produits de l'élevage
et productions non alimentaires (coton)...

En 2008, le président Marc Ravalomanana avait octroyé une concession de 99 ans sur la moitié des terres arables du pays (un million trois cent milles hectares) au profit du conglomérat sud-coréen Daewoo Logistic pour produire du maïs et de l’huile de palme. Fort heureusement, "la Transition" y a été mis fin en avril 2009, à la suite du coup d'État.

La riziculture irriguée est l’activité agricole principale, pratiquée par environ 2 millions de ménages sur quelque 1,2 million d’hectares (60% de la surface cultivée).
Madagascar produit annuellement environ 4,5 millions de tonnes (6 selon d'autres sources) de riz paddy (non décortiqué) ce qui ne permet pas d'assurer son autosuffisance puisque le pays doit importer plus de 150 000 tonnes de riz blanc. L'objectif d'atteinte de l'autosuffisance est fixé à 2018...
Le riz fournit plus de 50 pour cent de l'apport calorique pour les Malgaches. La consommation annuelle moyenne de riz par individu est de 130-140 kg par personne, l'une des plus importante au monde.

A Madagascar le zébu est omniprésent (on en compte environ 10 millions, soit près de un zébu pour deux habitants, pour une valeur totale estimée à 4,5 milliards d'euros) et représente souvent la seule richesse d'une famille. La valeur d'un seul animal équivaut à près de deux ans de salaires d'un petit employé !
C'est un signe extérieur de richesse, un patrimoine, une réserve, voire qu'une source de venu car l'animal n'est peu adapté aux gros travaux agricoles et ne produit guère de lait.
Ce cheptel augmente de 0,8% par an (soit 800 000 têtes).

Industries
Des industries agro-alimentaires sont liées à la transformation d'une fraction des produits de l'agriculture.

La crise politique malgache est à l'origine de la crise qui touche les usines textiles installées dans les zones franches, avec la fermeture des usines en raison des dysfonctionnements des autorités douanières et portuaires (pour les importations et les exportations) et de l'arrêt des importations par certains pays dont les Etats-Unis.
Un tiers de ces entreprises ont stoppé leurs activités depuis 2008 et près de 40 000 emplois directs ont été supprimés.

Sombres perspectives ?
Le pessimisme dont je suis coutumier me pousse à voir en Madagascar un pays pris dans des cercles vicieux ou plutôt des spirales infernales... J'espère que mes amis malgaches ne m'en voudront pas de brosser un tableau bien sombre.

La crise politique se répercute de différentes façons sur l'économie comme on vient de le voir et elle entraîne aussi une réduction des recettes publiques consécutives à la décrue de l’aide étrangère.

Madagascar dépense en importations près de trois fois ce qu'il perçoit pour ses exportations. Son premier partenaire à l'exportation: la France. Pour les importations, c'est la Chine, avant la France, ce qui ne saurait surprendre.

Le Fonds Monétaire International (FMI) considère qu'en trois ans, Madagascar, "l'île bénie des dieux", est devenu l'un des dix pays les plus pauvres du monde. Madagascar est un géant pauvre au milieu des îlots de relative prospérité voisins que sont Maurice, la Réunion, Mayotte ou les Seychelles.
En terme d'indice de développement humain, il se classerait au 135e rang sur 139 pays analysés.

L'analphabétisme est très important et la déscolarisation est manifeste. La population n'adopte pas de planification des naissances d'où trop de bouches à nourrir. Les besoins alimentaires croissants provoquent une déforestation (défrichements, cultures sur brûlis, charbon de bois, pillage des bois précieux) a un impact irréversible sur les sols et sur le climat.

La corruption est partout, alors qu'elle s'était raréfiée avant le coup d'Etat: à la douane, lors des contrôles routiers, lors des demandes de documents administratifs et même à l'hôpital... C'est (re)devenu la norme.
L'insécurité (délinquance et criminalité) n'est pas seulement présent dans la capitale, elle s'étend et prend de l'ampleur avec des vols et cambriolage par des groupes lourdement armés. Dans les zones à risque, la nuit, les habitants se barricadent dans leur maison.
En savoir plus...

J'ai commencé l'aperçu historique en détournant une phrase de l'un de nos hommes politiques.
Je terminerai de la même façon
ce large éventail géographique en détournant cette fois le titre d'un ouvrage du célèbre agronome René Dumont en espérant que l'avenir (proche) me démentira comme cet auteur a été démenti par l'Afrique qui s'est enfin engagée dans le développement mais après une quarantaine d'années de difficultés:

"Madagascar est mal partie".

Etapes du rapide circuit malgache:

  • Les Hautes Terres* entre Antananarivo et Sahambavy

    Les lémuriens

    Les lézards


  • Vers l'Océan indien: Canal des Pangalanes**, Manakara (côte est), Parc de Ranomafana *

    Les réseaux ferroviaires


  • La route du sud-ouest, de Fianarantsoa à Toliara-Ifaty, en passant par le Parc de l'Isalo **

    Les zébus

    Les baobabs


  • L'ouest, de Morandava au Parc des Tsingy de Bemaraha ***

    Quelques traditions


  • Le Parc d'Andasibe, retour vers Ambohimanga (Colline Bleue) * et Antananarivo

    Famille et société

    Madagascar mal partie ?

    Sites, paysages, villes ou monuments classés au Patrimoine Mondial de l'humanité de l'UNESCO repérés par le logo .



    VOYAGE PRIVATIF "A LA CARTE"
    avec chauffeurs-guides...
    QUELLES APPRECIATIONS PORTER ?

    Ce voyage est une première par le choix de cette formule inédite pour notre petit groupe familial de trois personnes.
    Cette solution est souvent retenue par les voyageurs sur cette destination du fait de la facilité de communiquer en français et par son avantage économique.

    A propos des chauffeurs-guides

    Les habitués de la formule "à la carte" et encore plus les routards vont s'amuser de me voir naïvement découvrir un aspect que j'ai considéré comme négatif, la faiblesse du "volet guidage" avec le peu d'informations générales sur le pays délivrées par les chauffeurs et par leur côté approximatif, voire contadictoire.
    Conditionné par l'expérience de voyages organisés pour groupe et étant personnellement "un cerveau gauche" au fonctionnement analytique et rationaliste (vous en verrez plus loin un aspect au travers des tableaux d'appréciations), je n'ai pas tout à fait trouvé mon compte dans cette formule. J'en conclus qu'il faut contracter jeune le virus du voyage "en liberté" avec les galères qui vont avec (taxis-brousse, logement...) et savoir se documenter à fond, plutôt avant qu'après le voyage... à moins d'être un intuitif capable d'appréhender par ses seuls sens un pays et son peuple, en se contentant d'impressions diffuses...
    Mais lorsque l'on ne se paie pas une formule avec "chauffeur + guide" (fort onéreuse pour un groupe de seulement trois voyageurs), que faut-il attendre de notre chauffeur-guide sinon qu'il soit avant toute chose un "bon chauffeur", ce qui est souhaitable dans les conditions de circulation à Madagascar. RICHARD de l'agence "A LA CARTE A MADA", l'organisateur de notre voyage, admet que le volet "guide" n'est pas le mieux assuré par les chauffeurs, sauf exception (par exemple avec Rija, il y a quelques années)...A contrario, il faut noter que les guides en voyages organisés pour groupes ne sont pas toujours à la hauteur (cf. nos expériences en Irlande, au Rajasthan, au Maroc ou à Xi'an en Chine). En revanche, des chauffeurs-guides peuvent être exceptionnels comme guides (cf. notre voyage en Corse).
    Les explications générales que vous pourrez lire au cours de ce récit sont donc pour l'essentiel d'origine documentaire.

    Agences et Tours Operateurs malgaches

    De multiples agences et TO "vendant Madagascar" ont pignon sur rue et le plus souvent des sites sur l'Internet. En voici une liste non exhaustive:
    Vahiny Travel Services, Madagascar Trotter, Mad Caméléon, Acobao, Alpha Tours Madagascar, Madabrousse, Geckomad, Tanyah Tours, Jacaranda, Malagasy Tours, Tsiky Tour, Mada Tours, Espace Mada, Madagascar Discovery Agency, Evaneos...

    D'autres agences n'ont pas de site. Ainsi mon frère avait fait l'expérience de l'une d'elles en 2005. Son patron, Richard Philippe RAKOTOARISON HERIVOLA, que pour simplifier nous appelons ici RICHARD, a une expérience d'environ 20 années dans le tourisme dont 10 à la tête de son agence "A LA CARTE A MADA". Joignable par email, pas de site Internet (pour l'instant) mais le bouche à oreille semble suffisant pour assurer la prospérité de son affaire. Richard (et même son épouse Monny) est désormais mentionné dans le guide du Routard 2012 version papier (page 133) ainsi que dans les forums du Routard et dans celui de VoyageForum.
    Pour la mise au point de notre projet, on a pu apprécier sa gentillesse, ses conseils avisés, sa disponibilité et sa grande réactivité au travers de près de 50 messages que nous lui avons envoyés et du même nombre de réponses que nous avons reçues entre mars et septembre, soit les 6 mois précédant notre voyage.
    Parmi les problèmes de mise au point du programme qu'il a fallu régler, il y a celui des nombreuses contraintes logistiques: longueur (ou plutôt durée) des étapes, jours couverts par des vols internationaux, jours couverts par des vols intérieurs, jours de circulation du train Fianarantsoa-Manakara... Plus il y a de vols intérieurs à intégrer au programme, plus c'est compliqué notamment lorsque l'un de ces vols est celui reliant Toliara à Morondava car l'avion ne compte qu'une quinzaine de places. C'est effectivement un point qui nous a posé problème pour un circuit envisagé du 21 septembre au 7 octobre (dates de Paris à Paris) avec ce vol prévu le 28 septembre: avion déjà complet dès le 27 mars ! Il a donc fallu tout replanifier....

    Un voyage sportif ?

    Pas du tout !
    Même si ce circuit comporte un peu plus de balades pédestres (Manandona, Ialatsara, Ranomafana, Isalo et Andasibe) que dans la plupart des voyages organisés, cela ne requiert pas plus que d'être apte à affectuer occasionnellement des randonnées tranquilles de 2 ou 3 heures (8 à 12km). Il suffit de se protéger du soleil et de s'hydrater suffisamment.
    Pour la découverte des grandioses Grands Tsingy de Bemaraha, il faut y ajouter quelques conditions supplémentaires:
    - ne pas être obèse pour passer dans quelques boyaux des grottes ou pour se glisser entre des blocs
    - avoir le pied sûr (un bon sens de l'équilibre) même si l'on est assuré sur une "ligne de vie"
    - enfin, ne pas être trop sensible au vertige (pont himalyen où bien sûr l'on est assuré).

    Appréciations sur les prestations.

    Bien sûr, d'emblée j'ai informé le responsable de l'agence "A la carte A Mada" ainsi que les chauffeurs-guides que je rédige un récit de nos voyages.

    L'agence

    Grande satisfaction par rapport à RICHARD pour l'établissement du programme comme on vient de le voir, avec un programme bien dosé et varié, tant dans les paysages et visites que dans les conditions d'hébergement.
    Satisfaction également sur la gestion de la logistique puisque tous les relais ont bien fonctionné, y compris avec ses prestataires (notamment Tanankoay à Bekopaka), et lorsqu'il a dû trouver une solution en urgence pour remplacer le véhicule tombé en panne le Jour 3 (le second à Madagascar). Idem avec le remboursement (30 000 MGA par personne) du voyage en train vers Manakara qui n'a pu avoir lieu suite à une panne (en réalité un déraillement comme on a pu en juger de visu deux jours plus tard, le 21 septembre)... Richard semble presque soulagé que cette étape pourtant considérée sur les guides comme un temps fort du circuit ne soit pas assurée car il craint les grosses et pas si rares pannes qui peuvent bloquer ses clients loin de tout accès possible à un 4x4 pour les récupérer (des touristes ont pu être amenés à marcher le long des voies pendant une dizaines de kilomètres et de nuit!)...
    Satisfaction de le voir garder le contact pendant le circuit (appels à trois ou quatre reprises lors d'étapes) et aussi pour le debriefing du premier jour à Tananarive, le 19 septembre (celui du dernier jour a été plus expéditif).

    Quelques bémols et réserves.
    Pourquoi faire mention dans le programme de notre visite du Canyon des makis et nous dire lors du briefing qu'il a brûlé il y a quelques mois (précisément l'incendie s'est déclenché il y a juste deux ans, le 17 septembre 2010) et va être remplacé par la Cascade des Nymphes (et alors que certaines agences retournent au canyon) ? Pour cela comme pour "la panne" du train qui a été évoqué ci-dessus, nous aurions aimé avoir connaissance de ces changements avant notre arrivée...
    Par contre, concernant la grande réticence de Richard à faire visiter Tananarive en raison de l'insécurité qui y règne, nous avions déjà eu l'occasion d'en être informés lors de nos échanges écrits lorsque nous mettions au point le programme. Au briefing, il nous a assuré qu'après notre circuit nous n'aurions plus guère envie de visiter la capitale ni ses marchés puisque nous en aurions eu tout notre soûl pendant notre périple. Eh bien non ! puisque nous n'avons fait qu'un passage-éclair au marché de Ranomafana (quant au marché aux coquillages de Tuléar, il n'a rien à voir avec un typique marché local).
    Richard reporte au dernier jour d'éventuelles visites dans la capitale où il précise qu'il n'y a rien de bien intéressant à y voir ou à y faire.
    Pourtant, arrivés à Tananarive le dernier jour, nous n'arrêterons même pas au Lac Anosy et nous ne verrons ni le Palais présidentiel d'Ambohitsorohitra (qui fut l'ambassade de France jusqu'à l'annexion du pays en 1896), ni l'un des marchés bien connus (le grand Marché d’Andravoahangy, le marché alimentaire populaire de la Petite Vitesse, le marché couvert d’Analakely ou le marché artisanal de la Digue), ni le Rova de Manjakamiadana -le Palais de la Reine- qui avait été incendié en 1995 mais justement rouvert au public quelques jours avant que nous revenions à Tananarive en fin de circuit (!)...

    Ainsi, parmi les voyages que nous avons effectués, Madagascar se distingue comme étant le seul pays dont on n'a pas visité la capitale (si l'on excepte le Myanmar dont la capitale politique n'est pas visitable du fait de la dictature militaire) pourtant considérée par certains comme "l'une des plus pittoresques au monde", ni pratiquement vu de marchés locaux ! Alors que dans d'autres voyages on a pu visiter des capitales de pays du Tiers-monde pourtant réputées dangereuses comme Mexico, Lima, La Havane ou Delhi...

    Après ce réquisitoire, vous allez penser comme les latinistes distingués "in cauda venenum".
    Non !

    Malgré les quelques critiques précédentes, nul n'est parfait, nous maintenons une excellente appréciation sur les prestations de Richard.

    Global


    et les chauffeurs-guides, alors ?
    Nous devions en avoir 2: le premier assurant les 6 premiers jours (N7 jusqu'à Toliara avec détour par N45 et N12 vers Manakara) et les 3 derniers jours (N2 vers Andasibe) et le second faisant l'aller-retour sur la piste de Morandava à Bekopaka dans le Menabe.
    Pour cause de grosse panne
    (culasse) au soir du deuxième jour, finalement nous en aurons 4 !
    Notre premier chauffeur doit donc nous quitter prématurément et, pour la partie N7 (Ambohimahasoa-Sambavy puis Fianarantsoa-Toliara) et Manakara-Ronamafana, le relais est pris par un ancien guide-accompagnateur, chauffeur de l'agence Mad Trekking de Fianarantsoa. Un troisième chauffeur assure comme prévu la partie Menabe (logistique de l'hôtel Tanankoay de Bekopaka). Enfin, pour la dernière étape sur Andasibe, Richard a fait appel à
    Mamy, un collègue freelance.
    Satisfaction inégale selon les chauffeurs et surtout selon les rôles et fonctions qu'ils ont à remplir. Ils sont chauffeurs avant toute chose et accessoirement guides. C'est donc avec la conduite qu'ils obtiennent globalement leur meilleur score (et c'est heureux !) tandis que le guidage est celui qui est le moins bien assuré (disponibilité, écoute et étendue des connaissances sont traduits au travers des critères "pauses" et "explications"). Jean-Jacques, le chauffeur de Tanakoay, s'en sort très bien par rapport aux différentes attentes.
    A noter qu'ils prêchent tous pour leur entreprise et pour leur gagne-pain: ils font l'apologie des circuits en voiture jusque dans le nord, jusqu'au sud ou au long de la côte ouest...
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    Amabilité

    Conduite

    Pauses

    Informations

    Global


    Les hôtels et autres hébergements
    Satisfaction inégale. Cadre généralement apprécié, surtout au Gaspard et à l'Isalo Ranch avec 5*. Accueil variant de 1 (Feon'ny Ala) à 4*. Confort allant du zéro* pointé (gîte Bakobako) à 5* (Chez Gaspard). Appréciation globale de 2* ½ à 4*.
    Il y aurait un petit point noir à souligner bien qu'il ne fasse pas l'objet d'une notation, ce sont les véhicules prévus pour les transferts aéroports: bien vétustes et sous dimensionnés (sauf avec Olivier Pelaez du Ranch Solaris à Mangily-Ifaty, avec un véhicule certes vétuste mais il s'agissait d'un 4x4) pour transporter 3 voyageurs et leurs bagages, pourtant restreints.
    En savoir plus...

    Cadre

    Accueil

    Confort

    Petit-déj

    Global


    La restauration

    Sur les 31 repas principaux (hors petits-déjeuners inclus avec l'hébergement), 21 étaient à notre charge (libres).
    Satisfaction assez homogène avec cependant une excellente cotation 5* du cadre à l'Hôtel du Lac et à l'Isalo Ranch et un zéro* pointé au
    Tsimialona (à Irondro). L'accueil/service varie entre ½* au Tsimialona et 5* à l'Hôtel du Lac. Sur les quantités servies et sur la qualité, les appréciations sont assez proches et peu dispersées (sauf pour la qualité au Tsimialona) autour de 3 ou 4*, y compris pour les pique-niques.
    On peut bien manger, en quantité et en qualité, pour moins de 10 Euros, soit environ 25 000 à 30 000 Ariarys (boisson comprise) d'où un bon rapport qualité/prix.
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    Cadre

    Accueil

    Quantité

    Qualité

    Rapport Q/P

    Global


    Les ateliers et boutiques d'artisanat

    L'intérêt que présente la visite des huit ateliers où nous nous sommes rendus est très variable
    . J'ai essayé d'être objectif et de tenir compte du fait que dans d'autres voyages nous avions déjà vu des ateliers de tissage de la soie ou de lapidaires mais manifestement ceux que nous avons vus à Madagascar n'étaient pas les plus intéressants. Dans l'atelier de travail de bois précieux d'Ambositra, nous avons été très déçus de ne voir aucune activité de marqueterie d'où la mauvaise note. Donc sortent du lot en bonne satisfaction: le papier antaimoro, les bonbons, le travail sur corne de zébu et surtout la fonderie de cocottes en aluminium...
    En savoir plus...

    Global


    Les sites¹, réserves, parcs naturels et leurs guides
    Satisfaction très bonne avec 4*, tant sur l'intérêt que présentent les sites en eux-mêmes (notamment les Parcs de l'Isalo, les Tsingy de Bemaraha et la Forêt des Baobabs d'Ifaty qui méritent 4,5* ou 5*) que par les diverses prestations attendues des guides.
    Une relative faiblesse sur l'implication. C'est notamment le cas avec 2* aux Grands Tsingy (la guide essayant de nous faire prendre les raccourcis), à la Réserve privée des lémuriens de l'hôtel Vakona ou à la Colline Bleue (il est vrai que pour cette dernière on a la faculté de faire la visite en libre)... En revanche, notre guide dans l'Isalo mérite 5* sur tous les aspects de son job...
    Donc satisfaction sur l'essentiel lorsque le voyage est motivé par la découverte d'un pays.
    (¹) Evidemment, parmi les sites visités, on ne peut pas oublier la fameuse et incontournable "Allée des baobabs" de Morondava.
    Elle mérite ses sans qu'il soit besoin de guide pour l'apprécier...

    En savoir plus...

    Relationnel

    Implication

    Langue

    Connaissances

    GUIDES

    Intérêt des SITES

    GLOBAL





    VOYAGE PRIVATIF "A LA CARTE"
    avec chauffeurs-guides...
    CE QU'IL EN COUTE ?

    Malgré 2 vols intérieurs et seulement 3 voyageurs pour amortir les transports terrestres, économiquement la formule "A LA CARTE A MADA" est intéressante puisque revenant à 2600€ par personne (+ 105€ pour la single), y compris la vingtaine de repas libres (200€ en tout) et, bien sûr, les vols internationaux (1000€ A/R) pour 16-17 jours dans le pays.
    Hors dépenses personnelles, pourboires...

    C'est souvent le prix que demandent les voyagistes en France pour un programme sur 10-12 jours, sans vol intérieur ou avec un seul vol (Tuléar-Tananarive) mais avec un guide (!). En revanche, pour une durée similaire et un seul vol intérieur, ils facturent environ 3500€ (également au départ de Paris).
    C'est également à ce dernier montant que l'on arrive si l'on ajoute le prix des vols internationaux (environ 1000€ A/R) aux devis obtenus auprès de plusieurs agences malgaches (le plus souvent sans vol intérieur).


    Une formule encore plus économique, en épargnant un vol intérieur, consiste à se rendre dans l'ouest (le Menabe) en faisant la descente en bateau de la rivière Tsiribihina mais cela nécessite 1 jour (en chaland) à 2 jours (en pirogue) de plus. Mais la formule de bivouacs qui y est associée ne convenait pas à tout le monde dans notre petit groupe malgré l'insistance de RICHARD qui a essayé de faire valoir cette formule (tout comme il avait fini par nous convaincre de prendre l'option "Grands Tsingy" plutôt que "Petits Tsingy")...

    En deux semaines et demie, nous n'avons eu qu'un aperçu sur environ un petit quart du pays mais il s'agit d'une partie riche en sites touristiques.
    Pour une découverte plus approfondie et plus cool, il aurait fallu y consacrer au moins trois voire quatre semaines...


      Une fois encore, nous avons choisi une destination pas tout à fait tranquille pour cette escapade. Pas d'épidémie, pas de séisme ou de tsunami, pas de guerre civile à proprement parler...
    MADAGASCAR est depuis quelques années un pays instable politiquement, gangrené par la corruption, dont la capitale est empoisonnée par la délinquance de la jeunesse désoeuvrée et désargentée et qui connaît actuellement de violents épisodes de banditisme dans la partie sud de l'île...
    Si l'on fait exception de la Birmanie et pour de tout autres raisons, Madagascar est l'un des seuls pays au monde où les agences ne prennent pas le risque d'en faire visiter la capitale à leurs clients !

    En raison d'un décollage prévu tôt le matin, à 7H05, nous avons dû arriver sur la zone aéroportuaire dès la veille et loger au plus près (Ibis) car le service des navettes des hôtels ne démarre qu'après 5 heures.
    A 4H15 nous sommes devant les comptoirs d'enregistrement d'Air Madagascar. Passage des contrôles et arrivées en salle d'embarquement après avoir pris un petit-déjeuner rapide. Nous avons sous les yeux notre avion et en jetant un coup d'oeil à l'écran des vols, stupeur ! vol retardé de 2 heures. Un peu plus tard, un nouveau report de 3/4 d'heure. Serait-ce une première manifestation du légendaire art de vivre "mora mora" des Malgaches ?

    Pas vraiment.
    Notre avion est un Airbus A340-300 pouvant emporter 275 passagers (30 en Classe Affaires, 21 en classe Premium et donc 224 en Economique). Cet avion âgé d'une douzaine d'années acquis auprès d'Air France assure des vols depuis avril 2012 avec pas mal de soucis. Un second avion similaire destiné à desservir l'Asie (dont les hommes d'affaires s'intéressent beaucoup à Madagascar) a été livré fin juin avec les mêmes déboires (pannes dont une avec 30 heures de retard)... Les Malgaches que nous rencontrerons ne se priveront pas de critiquer vivement ces acquisitions, semble-t-il voulues par leur gouvernement... La compagnie voulait rajeunir et fiabiliser sa flotte car ses anciens appareils allaient se retrouver interdits de vol en Europe. L'objectif ne semble pas vraiment atteint! Le crédit-bail de six ans consenti par Air France à la compagnie malgache lui rapporte quand même plus de 650 000€ par mois...

    Sur le tarmac on voit une équipe technique qui s'affère autour de l'un des réacteurs gauches dont la tuyère est bientôt démontée. Un "chef" filme pendant tout le temps de la manutention et des réparations. En revanche plus rien de nouveau à l'écran alors que le retard dépasse déjà trois heures.
    On nous remet un bon pour prendre un petit-déjeuner dans une des cafettes situées en zone d'embarquement.
    Enfin, nous embarquons et nous décollons à 11H35 soit avec 4 heures et demie de retard ! Nous qui espérions avoir une bonne nuit à Tananarive compte tenu de l'heure d'arrivée prévue initialement, 19H à l'heure malgache (en avance d'une heure sur la France), il n'en est donc plus question puisque le vol va durer 10 heures et demie.

    La réparation était sans doute utile... Toujours est-il que le vol s'est déroulé sans encombre dans un avion rempli seulement au quart ou au tiers de sa capacité.
    Notre route va nous faire survoler Nice, la Corse et le Détroit de Messine (Sicile) avant d'aborder l'Afrique au niveau de Bengazhi. Puis ce sera le Désert Libyque en laissant sur notre droite l'oasis de Koufra. On aperçoit des pistes rectilignes, des champs de dunes (erg) et des étendues et plateaux caillouteux (reg). Puis c'est le sud Soudan (Darfour), le Nil Blanc, le Mont Kenya. A 19 heures (heure française), ce sera pour nous le second franchissement de l'Équateur en direction du sud, suivi du passage non loin de la capitale du Kenya, Nairobi. Le reste du vol sera nocturne: Dar-es-Salam puis les Comores à l'entrée du Canal du Mozambique.
    Notre nuit bien entamée, nous atterrissons à 23H12, heure locale, à l'aéroport d'Ivato. Compte tenu de l'altitude, 1250 m. qui tempère le climat tropical, il ne fait que 15° au milieu de la nuit, bien que nous abordions le printemps austral...

    Nous ne sommes pas tout à fait au bout de nos peines car le passage des contrôles de l'immigration est une véritable épreuve d'endurance. Heureusement qu'en ce moment, il n'est plus nécessaire pour nous de passer au bureau des visas. Il faut dire qu'un autre vol est arrivé en même temps que nous mais heureusement que notre avion n'était pas complet.
    Le magma de passagers non malgaches doit s'écouler en deux files de part et d'autre d'un "bocal" de verre où 4 employés effectuent les contrôles et tamponnent les passeports. Pour notre part, l'attente aura duré une bonne heure. Cela m'a donné l'occasion de voir comment fonctionne la petite corruption. Hors "bocal", un "employé" collecte des passeports et les fait passer à l'intérieur mais sur le haut de la pile, après avoir prélevé les billets discrètement glissés entre les pages des passeports ! Et le comble, c'est que de l'endroit où nous faisons la queue, on peut apercevoir une affiche appelant à lutter contre la corruption !
    En revanche pas de souci avec la douane alors qu'il y a des périodes où pour éviter ses excès de zèle (jusqu'à une heure de retenue), il fallait s'acquitter de 10€ !

    C'est une Renault 9TI vétuste, peut-être a-t-elle dépassé le million de kilomètres, et dont le coffre a bien du mal à contenir nos (modestes) bagages qui va nous conduire en trois quarts d'heure à notre hôtel situé au centre de Tananarive, distant d'environ 18 km de l'aéroport. Par le savant slalom exécuté par le chauffeur pour éviter des "nids d'autruches", nous découvrons les joies du réseau routier malgache, défoncé et sans éclairage public en zone urbaine. Nous traversons le centre (avenue de l'Indépendance), en l'apercevant à peine.

    Il est 1H30 du matin lorsque nos lits nous accueillent dans le très confortable hôtel Chalet des Roses (13, rue Antsahavola. P.O. Box BP 4364. Antananarivo. Madagascar. +261 20 24 803 49). C'est un hôtel de 38 chambres dont 14 équipées de climatisation (pas vraiment nécessaire en cette saison). L'hôtel se situe sur les pentes d'une colline au nord-est du centre ville.
    Cette nuit nous ne testerons pas la super cabine de douche hydromassante. Il fera jour demain... Non ! déjà aujourd'hui, dans quelques heures.


    Passer directement à la suite du récit COMMENCER LES VISITES:  Les Hautes Terres (le centre)


    Documentation et crédits

  • mes notes de voyage
  • "MADAGASCAR" par Olivier CIRENDINI aux Editions Lonely Planet - Paris 2005
  • "Le Petit Futé de MADAGASCAR 2004-2005" par divers auteurs aux Nouvelles Editions de l'Université - Paris 2004
  • "Madagascar 2004-2005" par Geoffroy MORHAIN Collection Guides Bleus Evasion des Editions HACHETTE LIVRE - Paris 1997
  • "Madagascar 2012 " par divers auteurs dans la Coll. Le guide du Routard aux Editions HACHETTE LIVRE - Paris 2012
  • "MADAGASCAR, voyage dans un monde à part 2004-2005" par Pascal MAITRE et Michaël STUHRENBERG aux Editions Vent de Sable - Paris 2001
  • "Père Pedro, le prêtre des habitants de la décharge" article publié dans Ouest France des 9-10 juin 2012
  • "Passeport pour Madagascar" brochure du Ministère de la Sécurité Intérieure et l'Aviation Civile de Madagascar - Edition de septembre-octobre 2012
  • "Madagascar: pistes, saphirs et bois précieux " Documentaire de David Geoffrion et Daniel Lainé diffusé dans le cadre du programme Les routes de l'impossible par France 5 le 23 décembre 2012
  • "Madagascar, l'île rouge" Magazine télévisé de Sacha Bollet diffusé dans le cadre du programme Echappées Belles par France 5 le 5 janvier 2013
  • quelques articles consacrés à Madagascar par Courrier International
  • des articles consacrés à Madagascar par RFI Radio France Internationale
  • des articles de quelques journaux malgaches du 4 octobre 2012: le n°5341 du L'Express de Madagascar et le n°8860 de MIDI Madagasakari du 4 octobre 2012
  • des articles de No comment, mensuel malgache gratuit N°32 d'octobre 2012
  • ainsi que, en ligne, les fiches et cartes libres du "World Factbook" de la CIA (!)
  • la base de données cartographiques libre OpenStreetMap
  • et surtout la fabuleuse encyclopédie libre en ligne Wikipédia (open GNU)
  • et de nombreux autres sites sur la toile...



  • BON A SAVOIR

    QUAND PARTIR ?
    Pendant notre été, donc l'hiver austral pour Madagascar, les températures sont fraîches sur les Hautes Terres (6-7° de moins qu'au niveau de la mer) avec pas plus de 10° le matin (et parfois aux limites du gel). De plus, c'est la période des congés dans l'hémisphère boréal, notamment pour les Français, donc les prix sont plus élevés...
    Octobre et novembre offrent des périodes de transition, bon compromis avec des températures douces et des pluies éparses dans une atmosphère moins chargée en humidité qu'à partir de la fin de l'année.

    Météo à 5 jours à Antananarivo

    TENUE, HABILLEMENT
    C'est un voyage un peu particulier sur le plan vestimentaire. Il faut prévoir pour le chaud et pour la fraîcheur...
    Certes le pays est sous une latitude tropicale qui ferait penser aux tenues légères mais c'est un pays dont le centre est occupé par des hauts plateaux ("les Hautes Terres"), collines et montagnes où les nuits, aubes et crépuscules sont frais...
    De plus vêtements à manches longues et pantalons protègent non seulement des piqûres des moustiques mais aussi des roches agressives lorsque l'on va aux Grands Tsingy de Bemaraha (près de Bekopaka). D'ailleurs pour les Tsingy mon frère qui a fait cette excursion en 2005 nous a conseillé de nous munir de gants légers en kevlar afin de ne pas revenir avec les bouts de doigts à vif. A l'air stupéfait de notre guide, je pense que nous sommes peut être les premiers touristes à avoir utilisé cet équipement parfaitement adapté à cet usage...

    TRANSPORTS ET CIRCULATION

    En dehors des déplacements en avions, les temps de transports sont particulièrement longs en raison d'une infrastructure routière absente ou archaïque (3700km plus ou moins goudronnés): routes qui se réduisent parfois à une voie unique, plus ou moins mal bitumée, creusée de véritables "nids d'autruche" (voire "nids d'éléphants" !), en partie emportées par les rivières, encombrées par d'improbables petits chariots et par de gigantesques troupeaux de zébus.. La vitesse moyenne sur route ne dépasse guère 40 ou 50 km/h.
    Les stations services sont peu nombreuse et le carburant hors de prix pour les Malgaches (près d'un Euro le litre, le salaire moyen d'une journée de labeur !).

    Le taxi-be
    C’est le transport en commun urbain de Madagascar, disponible de 05h à 20h tous les jours. Les véhicules ne sont pas confortables et les lignes sont confuses ce qui oblige à se renseigner sur le trajet suivi auprès du receveur. Le tarif est de 300 Ariary pour les taxis-be qui desservent et passent par le centre ville de Tana où l'on compte plus d’une cinquantaine de lignes. Le taxi-be existe également dans quelques grandes villes : Antsirabe, Majunga, Tamatave, Fianarantsoa, et Tuléar.

    Le taxi ville
    Dans la capitale c'est un moyen de transport plus sécurisé mais plus coûteux puisque la course est tarifée en moyenne 4 000 Ariary (moins de 1,50€). Ces taxis sont de couleur beige avec lanterne.

    Le taxi-brousse
    Il y a deux grandes catégories de taxis-brousse: ceux qui se limitent à une desserte intra-régionale et ne roulent que de jour et ceux qui assurent des liaisons interrégionales et roulent de nuit. Le problème c'est qu'ils n'ont pas vraiment d'horaires car le chauffeur fait en sorte de partir lorsque son véhicule est plein. Il faut donc se prévoir de bonnes marges.
    Le taxi-brousse est le moyen le plus utilisé par la population malgache car il va partout pour pas cher: On peut parcourir 100 km en taxi-brousse pour moins de 3€. La solution est encore plus économique sur de longues distances comme le cas de Tana-Tuléar (1000 km pour 15€).

    Les taxis brousse sont en fait en majorité des minibus relativement confortables mais ils arrivent souvent pleins et peu de gens descendent aux étapes touristiques ce qui peut amener à de longues heures d'attente à la gare routière.
    Le parc de taxis-brousse est composé de véhicule break, minibus, 4x4. Pour ceux qui aiment plus de confort ou sont pressés, la location privée de taxi brousse est possible.
    Quelques trajets:
    ->
    Tana – Antsirabe : 169 km, route goudronnée, 3h30 en taxi-brousse (TB)
    -> Antsirabe – Fianarantsoa : 241 km, route goudronnée, 5h30 en TB
    -> Tana – Tuléar : 1 050 km, route goudronnée, 24h en TB
    -> Tuléar - Morondava : 540 km, très mauvaise piste sableuse, 2 jours en camion-bâché (CB)
    .

    Bâchés et camions brousse
    Les véhicules offrent peu de confort et sont surchargés en passagers et en bagages mais c'est la seule solution sur certains longs trajets sur piste (sauf à louer un 4x4).

    Et le train ?
    Une seule ligne est ouverte au transport de voyageurs, entre Fianarantsoa et Manakara, à raison de seulement trois allers-retours hebdomadaires et encore à condition que l'unique locomotive ne tombe pas en panne ou ne déraille pas. Là également, il ne faut pas se focaliser sur les horaires
    , les retards sont fréquents. 165km à parcourir avec 16 arrêts dans les gares intermédiaires et des vitesses de pointe entre 20 et 30km/h. Au final, une durée de trajet de l'ordre de 8 ou 10 heures (voire 12)...

    Quant aux pirogues, c'est un autre "roman-fleuve" (!)...
    et que dire en dernier recours des charrettes à zébus ?

    SANTE :

    - Boire de l'eau en bouteille encapsulée. On trouve l'Eau Vive partout.
    - Prudence avec les salades, mayonnaises, légumes crus et les fruits. Ne manger que de la viande et du poisson bien cuits, de préférence servis chauds.
    - Eviter de manger dans des kiosques proposant de la nourriture dans la rue même si cela peut être tentant.
    - Les vaccinations contre le choléra et la typhoïde sont recommandées.
    - Se prémunir contre le paludisme (ou malaria) en prenant un traitement préventif (Malarone notamment que nous avons utilisée) permettant d'atténuer les effets de la maladie dans le cas où malgré tout elle se déclencherait. Consulter votre médecin pour adapter le traitement en fonction des régions visitées, de l'évolution des résistances du parasite et de votre tolérance aux molécules (ou cocktails de molécules).
    Autres précautions à prendre en période nocturne, à l'extérieur: port de vêtements longs et couvrants, pulvérisation de produits anti-moustiques sur la peau et sur les vêtements et à l'intérieur: moustiquaires, diffuseurs électriques, air conditionné...
    A noter que tous les hébergements, sauf à Bakobako de Manandona étaient équipés de moustiquaires en sus des serpentins ou spirales à brûler, diffusant un insecticide (pyréthrinoïde de synthèse) efficace environ 7 heures, donc à allumer le soir..
    Ceci dit, si malgré des précautions le palu survenait chez un touriste en bonne santé (ce que l'on imagine lorsque l'on entreprend ce genre de voyage), il faudrait en faire le diagnostic rapidement et avec les moyens de la médecine occidentale cette maladie en tout à fait guérissable. Le patron de l'agence et certains de nos chauffeurs-guides ont été victimes de cette parasitose et s'en sont très bien sortis avec les traitements curatifs...

    Quelques chiffres sur le paludisme

    Les informations sur cette maladie infectieuse parasitaire sont disparates et font parfois référence à des données anciennes (bien que pas toujours datées).
    Il faut retenir que près de la moitié de la population mondiale est potentiellement exposée à la contamination par le vecteur que constituent les quatre espèces de moustiques (Plasmodium malariae, Plasmodium ovale, Plasmodium vivax et Plasmodium falciparum).
    Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), de 225 millions de contaminations en 2009, on est descendu à 216 millions en 2010; 81% des cas sont recensés en Afrique subsaharienne avec 174 millions. (CREAPHARMA évoque 500 millions de cas mais ne donne pas d'année de référence).
    Concernant les décès, selon l'OMS, de 781 000 en 2009, on est descendu à 655 000 en 2010 mais l'Afrique subsaharienne se distingue par une surmortalité avec 91% des décès (CREAPHARMA avance le chiffre de plus d'un million de décès par an sans indiquer d'année de référence quant à Notrefamille.com, ce site indique qu'en 1996 il y aurait eu 2,1 millions de décès).
    À l’échelle mondiale, 86 % des décès imputables au paludisme ont frappé des enfants de moins de 5 ans.

    Une mesure de prophylaxie pour les habitants mieux adaptée que celle de la prévention par des médicaments repose sur l'utilisation de Moustiquaires Imprégnées à efficacité Durable (MID) d'un répulsif. En 2009, plus de 10 millions de ces moustiquaires ont été distribuées à Madagascar par différentes organisations. Environ 80% des foyers disposent au moins d'une moustiquaire (c'est peu pour les familles) et seulement 85% les utilisent...



    Mise en garde par les services du Ministère des Affaires Etrangères:
    "Une intensification importante de la prévalence du paludisme est observée depuis début 2012, particulièrement dans les régions côtières situées à l’est du pays. En conséquence, le traitement et les précautions contre cette maladie doivent être observées avec une attention particulière [...]".

    A la saison des pluies, la dengue et le chikungunya peuvent être transmis par des moustiques qui piquent le jour: port de vêtements longs et couvrants, pulvérisation de produits anti-moustiques sur la peau et sur les vêtements...

    En cas de sérieux problème de santé survenant pendant le séjour à Madagascar, il est fortement conseillé de se faire rapatrier vers St Denis-de-la-Réunion afin de bénéficier du système hospitalier français. En effet, il faut savoir que le système hospitalier malgache est lamentable: on n'y trouve que de vieux lits et les malades doivent apporter leur matelas, fournir les seringues et médicaments nécessaires et remettre un bakchich au médecin s'ils veulent bénéficier d'un diagnostic digne de ce nom...

    Décalage horaire de + 1H par rapport à la France en été boréal (chez nous) et de +2H en hiver car Madagascar n'applique pas le changement d'heure saisonnier.

    Voltage 220V et 60Hz, donc pas de soucis en principe surtout que le format des prises correspond à nos standards.
    En revanche le vrai souci, c'est que l'électricité n'est souvent disponible que de façon précaire soit en raison de coupures (on le verra à Manakara) ou le plus souvent parce que les bons hôtels ne disposent d'électricité que grâce à des groupes électrogènes qui ne fonctionnent pas en permanence. Donc il faut gérer rigoureusement le rechargement des batteries des appareils électroniques.
    LAMPE DE POCHE ou encore mieux LAMPE FRONTALE INDISPENSABLE pour pallier l'absence d'électricité à certains moments, les coupures de courant et pour certaines visites nocturnes ou dans des grottes.

    ACHATS DE CADEAUX ET SOUVENIRS :
    Produits d'artisanat:
    - objets en bois précieux, plateaux et tableaux en marq
    ueterie
    - miniatures de voitures en bois ou en acier de canettes de récupération
    - objets décoratifs ou utilitaires en corne de zébu
    - objets décoratifs ou utilitaires (chapeau, cabas) en raphia
    -
    joaillerie en saphir et pierres semi-précieuses

    - papier de mûrier antaimoro (ou antemoro)
    - tissus brodés, étoffes de soie sauvage...

    MONNAIE ET CHANGE : vous allez être riche à Millions !
    Pas trop compliqué à mémoriser.
    1 €uro vaut environ 2850 Ariarys (prononcer [ariar']). Abréviation officielle MGA pour cette unité précoloniale rétablie depuis 2003 pour remplacer le Franc Magache (MGF) qui avait eu cours depuis l'indépendance, en 1960. La valeur de conversion du Franc Malgache à l'Ariary est de 5 pour 1. Parfois cette unité monétaire est
    également abrégée en Ar.
    En pratique, on n'utilise que 5 valeurs de billets: 200, 500, 1000, 2000 et 5000 MGA,
    dans une gamme qui en compte 7 (de 100 MGA à 10000 MGA). Quand aux 9 pièces existantes (la plus grosse vaut 50 MGA), vous n'en verrez pas la couleur...
    Dans l'autre sens, retenir que
    1000 MGA correspondent environ à 0,35€.

    Eviter de faire du change sur la rue, en particulier au noir.
    L'utilisation des cartes de crédit est assez limitée en dehors des villes principales.
    La monnaie malgache ne peut être obtenue en France ni échangée en France s'il vous en reste en fin de voyage.

    POURBOIRES

    Les porteurs, guides et chauffeurs comptent bien sur vos pourboires. La "contribution globale" pour un groupe de 4 personnes peut être de l'ordre de 15000 MGA (soit un peu plus de 5€) par journée de chauffeur ou pour un guide qui a assuré 5-6 heures de prestation.

    (IN)SECURITE: un inhabituel et long chapitre...
    Ne revenons pas sur la petite corruption en vigueur pour passer plus rapidement les contrôles... Malheureusement, il y a plus grave !

    1 - Pour éviter les vols, quelques consignes valables surtout à Antananarivo:
    - Ne pas avoir
    de grosses sommes d'argent ni d'objets de valeur ou les porter discrètement.
    - Surveiller sacs et valises.
    - Eviter les sacs à dos ou les porter devant soi.
    - Prudence si l'on change de l'argent dans la rue.
    - Ne pas sortir la nuit surtout dans des secteurs non éclairés.
    - Se méfier des groupes de jeunes qui attirent les badauds et en profitent pour les voler sans qu'on s'en aperçoive.

    Tout cela fait que notre agence a tout fait pour nous dissuader de visiter la capitale que nous n'avons qu'entraperçue...

    Anecdote pour illustrer l'ambiance: en fin de circuit, au retour à Antananrivo, notre chauffeur a remonté les vitres et verrouillé les portes de la voiture pour éviter de se faire agresser dans les embouteillages. Il nous a précisé que lui-même évitait de sortir dans la ville à la nuit tombée.

    2 - L'omniprésence des forces de l'ordre (Police et Gendarmerie) sur les routes nationales inspire plus la crainte qu'un sentiment de sécurité.
    On se trouve au milieu d'un grand jeu où l'on joue au "gendarme et au voleur" dans lequel les rôles sont semble-t-il souvent interchangeables. Les tenues parfois dépenaillées et les coupes de cheveux non réglementaires y font penser...
    En gros, il faut compter un barrage (avec herses) tous les 15-20 kilomètres: par exemple une dizaine entre Ranohira (Isalo) et Toliara. Sur les quelques 1400 km que nous avons parcouru sur les nationales, je pense ne pas exagérer en avançant le passage de près d'une centaine de barrages (mais nous n'avons été contrôlés qu'une fois).
    En réalité, il semble que ces barrages n'ont pas toujours grand chose à voir avec la sécurité ou le sûreté mais sont alors des moyens de "collecte" (comme on a déjà pu le voir dans d'autres pays en développement) auprès des conducteurs coupables de quelque infraction ou n'ayant pas leurs papiers en règle. L'amende, le retrait de points du permis, la suspension de la licence de transport se négocient... Préventivement, les représentants de l'ordre apprécient tout particulièrement qu'un billet soit joint aux papiers qu'on leur présente. La corruption à Madagascar ne concerne pas que les politiciens, elle se pratique à tous les étages !

    3 - Pourtant ces contrôles pourraient se justifier s'il s'agissait de lutter efficacement contre les bandits présents dans le sud de l'île et que l'on enveloppe sous le terme de "voleurs de zébus" ou dahalos.
    Depuis le début de la crise politique (2009), le phénomène prend de l'ampleur et se manifeste sous deux formes.
    => Il s'agit tout d'abord "des vols de zébus" à grande échelle par les dahalos...
    A Madagascar le zébu est omniprésent (on en compte environ 10 millions, soit près de un zébu pour deux habitants, pour une valeur totale estimée à 4,5 milliards d'euros) et représente souvent la seule richesse d'une famille. La valeur d'un seul animal équivaut à près de deux ans de salaires d'un petit employé !
    En pays bara, le vol de l'animal vénéré, le zébu, était une tradition villageoise consistant pour les jeunes gens à prouver leur virilité, un rite non violent de passage à l'âge adulte, preuve de courage et de force. L'adolescent gagnait ainsi le respect de sa communauté...
    Mais les vols de zébus qui défraient désormais (le phénomène est apparu dans le années 1970) la chronique malgache ont pris la dimension d'un vaste trafic sanglant. En quelques mois, plus de 14 000 têtes de bétail ont été volées.
    Chaque année quelques 200 000 zébus seraient ainsi dérobés dont le tiers est retrouvé et restitué à leur propriétaire !
    Aujourd'hui, le dahalo ne vole plus pour la gloire mais pour l'argent. Il ne s'empare plus d'un animal avec son courage pour seule arme, mais de troupeaux entiers avec d'innombrables comparses munis de kalachnikovs et fusils d'assaut. Il a les traits d'un jeune paysan du sud ayant fini son service militaire, sans perspectives. Il arrive qu'un notable, un militaire ou un homme d'affaires lui propose d'utiliser son savoir acquis dans le maniement des armes à ces fins criminelles. Ils bénéficient aussi de complicités parmi les populations, et plus haut encore, dans l'administration (dulzulo anzbony lutubatra ou bandits de bureau) et dans l'armée.
    Depuis juin 2012, une difficile traque de ces bandits a été entreprise dans les régions d'Atsimo-Atsinanana et d'Anosy et en juillet près d'une centaine de bandits ont été arrêtés. Mais leur chef, l'insaisissable Remenabila, continue de se terrer avec ses hommes dans les zones inacce ssibles du sud de l'île. Sa tête a été mise à prix par les autorités qui offrent une prime colossale de 100 millions d'Ariarys (36 000 euros) à qui le livrera "mort ou vif" et seulement 20 millions d'Ariarys (7 000 euros) à qui indiquera où il se cache. Il a même été fait appel à l'armée pour lutter contre ce fléau mais on peu rester sceptique sur l'efficacité de cette action quand on sait à quel point existe une porosité entre les représentants de loi et ceux qui l'enfreignent.
    Ces voleurs de zébus en bandes organisées ont l'habitude de prévenir les villageois qu'ils vont les attaquer afin de les intimider et ainsi avec l'espoir de ne rencontrer aucune résistance de leur part.
    Ce premier week-end de septembre, dans l'arrière-pays de Fort Dauphin, les choses ne se sont pas déroulées selon ce plan car les éleveurs ont tendu une embuscade aux voleurs. Elle a fait près de 100 morts dont 90 bandits appartenant à une bande d'environ 130 voleurs lors de deux opérations punitives menées par des villageois. Ce massacre a eu lieu dans une zone d'accès malaisé de l'arrière-pays de Fort Dauphin. Sur les quelques 100 zébus, les villageois en auraient récupéré 98.
    =>
    A cette forme de pillage, il faut ajouter les embuscades que des bandits tendent aux véhicules empruntant le RN7, particulièrement entre Ambalavao et Toliara, parfois de jour mais surtout la nuit, ce qui justifie les déplacement en convois des taxis-brousse.
    En effet, des taxis-brousse sont régulièrement arrêtés et pillés par des bandits qui n'hésitent pas à prendre en otages les passagers (vol de l'argent, des bijoux, téléphones, appareils photos, caméscopes, cartes-mémoires... et même parfois passeport).
    C'est le far-west. Les policiers sont au courant de ces pillages mais laissent faire contre rémunération sinon ils risquent leur peau face à des bandits mieux armés et plus nombreux. Si les choses tournent mal, les policiers sont tués et leurs armes s'ajoutent à celles qui ont quitté les armureries militaires.
    On peut confirmer que nos chauffeurs lorsqu'ils empruntent ce trajet sont sur leurs gardes et envisagent avec terreur la survenance d'une panne ou un parcours à la nuit tombée.
    Même si ces vols à grande échelle et autres embuscades tendues aux convois empruntant la RN 7 se produisent en pays Bara, les auteurs des faits n'appartiennent pas à une ethnie particulière.

    Mises en garde par les services du Ministère des Affaires Etrangères:
    - "Région d’ANOSY (sud-est du pays) : des vols de bétail organisés à grande échelle génèrent des affrontements entre forces de l’ordre et bandes armées. Les représailles d’éleveurs ainsi que des rivalités entre bandes concurrentes engendrent une situation d’insécurité dans cette région, qu’il convient d’éviter temporairement. La ville de Fort-Dauphin (Taolagnaro), en revanche, n’est pas directement touchée."
    - "TULEAR - les déplacements sur la plage de la Batterie, située au Nord de la ville de Tuléar sont formellement déconseillés. La fréquentation de cette plage doit impérativement être évitée en raison d’agressions récentes d’une exceptionnelle violence."

     

    Voilà un tableau bien peu réjouissant.

    Faut-il boycotter Madagascar ? Est-on téméraire lorsque l'on s'y rend ?
    Pour notre part nous avons pris le risque et fort heureusement, tout s'est bien passé...


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    ____________________________________________________________ APERCUS SUR LA SOCIETE </font></font> <LI><FONT SIZE="2"><FONT COLOR="#000000" FACE="Times New Roman, Times, serif">Religions - coutumes - croyances et rituels - jeux et danses traditionnelles &agrave; Madagascar</font></font> <p align=justify>Des le XIXe si&egrave;cle les premiers missionnaires qui vinrent s' implanter furent les protestants de la London Missionary society , puis sous l'influence Fran&ccedil;aise, le catholicisme gagna du terrain, aujourd'hui 50 % des malgaches se disent chr&eacute;tiens, le reste pratiquant mojoritairement la religion traditionnelle, l'amalgame entre le christianisme et la religion traditionnelle est tr&egrave;s r&eacute;pandu, nombre de chr&eacute;tiens pratiquent le culte rituel des anc&ecirc;tres, pour les malgaches, les d&eacute;funts sont porteurs de pouvoir et sont d&eacute;fenseur de la vie sur terre, tant mat&eacute;rielle que spirituelle.</p><p align=justify>Les c&eacute;r&eacute;monies traditionnelles sont l'occasion de rassemblements impressionnants et hauts en couleurs qui peuvent durer plusieurs jours.</p><p align=justify>La religion traditionnelle malgache a de grandes similitudes avec les religions orientales: l'hindouisme du fait de la croyance en un ma&icirc;tre de l'univers et aux anc&ecirc;tres qui par la mort, acc&egrave;dent &agrave; une vie sup&eacute;rieure et accordent une protection au vivants, ces anc&ecirc;tres &eacute;tant consid&eacute;r&eacute;s comme des interm&eacute;diaires entre les vivants et dieu pour entrer en communication avec le mort.<br> l'islam pour sa croyance dans le &quot; Vintana &quot; destin, qui pourrait d&eacute;couler de la cosmologie islamique.<br> l'h&eacute;ritage africain par le symbolisme religieux et le statut qui est conf&eacute;r&eacute;s aux b&eacute;tail, comme le z&eacute;bu qui est omnipr&eacute;sent et qui outre symboliser la richesse et l'opulence, accompagne l'homme dans tous les moments importants de sa vie, et son sacrifice est essentiel &agrave; chaque c&eacute;r&eacute;monie.</p><p align=justify>Culte des anc&ecirc;tres :<br> Sur les hautes terres, depuis la nuit des temps, la pratique du culte des anc&ecirc;tres donne lieu &agrave; des f&ecirc;tes grandioses ( famadihana ), retournement des morts qui est une tradition culturelle malgache, pour les malgaches qui honorent les anc&ecirc;tres, si un d&eacute;funt est dans la tombe son esprit est toujours vivant et pr&eacute;sent, il garde son individualit&eacute; et ses attaches familiales. son pouvoir est r&eacute;v&eacute;l&eacute; a travers des ordres sacr&eacute;s qui dictent l'organisation politique, familiale, culturelle de la famille ou de la communaut&eacute;. ( proverbe malgache : Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubli&eacute;s. ). Ces f&ecirc;tes se d&eacute;roulent entre d&eacute;but juin et fin septembre, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser les morts , cette c&eacute;r&eacute;monie se r&eacute;p&egrave;te pour le d&eacute;funt environ tous les 5 ans et co&ucirc;te tr&egrave;s cher &agrave; la famille, seront pr&eacute;sents plusieurs centaines de personnes ( parents, invit&eacute;s, habitants du village ) qu' il faudra nourrir durant trois jours au cours duquel le rhum coulera &agrave; flot, nul ne doit pleurer et montrer sa tristesse, l'organisateur du famidihana tue rituellement z&eacute;bus et porcs pour organiser les banquets , le signal de d&eacute;clenchement du retournement est li&eacute; au surnaturel, souvent lors d'un r&ecirc;ve, un parent d&eacute;funt peut signaler &agrave; un de ces descendants qu'il a froid, la famille consulte alors un devin ( le mpanandro ) qui avec les astrologues au cours de l'ex&eacute;cution d'un fomba d&eacute;finiront le jour et l'heure le plus propice &agrave; l'ouverture du tombeau Apr&egrave;s le kabary (discours de c&eacute;r&eacute;monie), on d&eacute;cide d'extraire le corps d'un d&eacute;funt pour l'envelopper dans un nouveau linceul, ce qui donnera lieu &agrave; de joyeuses processions fun&eacute;raires o&ugrave; les restes du &quot;regrett&eacute;&quot; seront port&eacute;s par sa famille et ses descendants.</p><p align=justify>Le jour convenu les tombeaux sont ouverts, les hommes enroulent les anc&ecirc;tres dans des nattes neuves et les sortent du tombeau, aussit&ocirc;t la foule s' empare des corps et les emporte dans une danse, lorsque la danse cesse , la famille offre &agrave; chaque anc&ecirc;tre un lambamena neuf, dans ces linceuls on glisse, soit une bouteille de rhum, des billets , une photo, ce sont les cadeaux des vivants aux morts, moments de recueillements o&ugrave; toutes les &eacute;motions se m&ecirc;lent , joie, tristesse, les morceaux de nattes et lambas qui emballaient les anc&ecirc;tres sont d&eacute;coup&eacute;s et partag&eacute;s entre les femmes ( ils ont un pouvoir de f&eacute;condit&eacute; ).</p><p align=justify>Chaque membre de la famille touche les anc&ecirc;tres, leur demande aide et conseil en une pri&egrave;re, les corps sont alors brandit &agrave; bout de bras par des dizaines de personnes, puis sont jet&eacute;s en l'air et emport&eacute;s dans une farandole effr&eacute;n&eacute;e, la coutume veut que l'on tourne 7 fois autour du tombeau au son des fl&ucirc;tes et des violons des troupes de mpihira gasy et vako-drazana ( compagnies de musiciens ), l'anc&ecirc;tre est replac&eacute; dans son tombeau pour cinq ann&eacute;es , la journ&eacute;e s' ach&egrave;vera par un festin durant lequel l'ensemble des convives assisteront &agrave; des spectacles de hira gasy et danseront au son de la musique des groupes vako-drazana.</p><p align=justify>-Dans la r&eacute;gion d'Ambalavao on peut voir dans les montagnes des trous naturels bouch&eacute;s par des pierres qui servent de tombeaux , les malgaches acc&egrave;dent &agrave; ces tombeaux situ&eacute;s au dessus du vide pour pratiquer le retournement en escaladant et en redescendent en rappel faisant de ce rituel un moment unique et grandiose.</p><p align=justify>- Chez les Im&eacute;rinas, le d&eacute;funt apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; lav&eacute; et emball&eacute; dans un Lamba m&eacute;na, restera expos&eacute; quelques jours aux proches, puis apr&egrave;s l'avoir promen&eacute; sur ses terres sera plac&eacute; dans le tombeau familiale.</p><p align=justify>Chez les Malahafy et Antandroy dans le sud de l'&icirc;le les d&eacute;funts mis dans un cercueil sont souvent plac&eacute;s dans des tombeaux provisoire fait de pierres soigneusement arrang&eacute;es, il sera replac&eacute; par la suite (lorsque la famille aura r&eacute;colt&eacute; suffisamment de fonds ) au cours d'une c&eacute;r&eacute;monie dans un tombeau d&eacute;finitif qui seront d&eacute;cor&eacute;s par tous les bucranes de z&eacute;bus qui lui ont appartenus et sacrifi&eacute;s le jour de sa mort , des objets lui ayant appartenus, des aloalos et peintures repr&eacute;sentants les &eacute;tapes de sa vie terrestre. La c&eacute;r&eacute;monie peut durer plusieurs jours, elle est fonction de la richesse du d&eacute;funt, au cours de celle ci l'enti&egrave;ret&eacute; du troupeau de z&eacute;bus ( qui peu atteindre parfois une centaine de t&ecirc;te ) lui ayant appartenu sera sacrifi&eacute; et consomm&eacute; par les invit&eacute;s, les festivit&eacute;s se termineront le dernier jour par un partage des restes de viande entre les convives.<br> </p><be> <ul> <li> <p align=justify><b>La notion de vazaha</b></p><p align=justify>C'est un moyen de cat&eacute;goriser l'&eacute;tranger par l'apparence physique, celui venu d'ailleurs. Le terme peut aussi &ecirc;tre appliqu&eacute; &agrave; un Malgache qui a v&eacute;cu longtemps hors du pays. Enfin, il peut en &ecirc;tre fait usage pour d&eacute;signer une personne au statut social &eacute;lev&eacute;, comme on dirait &quot;patron&quot;. Mais a contrario, d'un expatri&eacute; bien accultur&eacute;, on dira qu'il n'est plus vazaha ou alors &quot;vazaha gasy&quot; (&eacute;tranger malgache). La notion de vazaha se d&eacute;cline comme celle de <i>vahiny</i>, invit&eacute;. Quand on est parfaitement int&eacute;gr&eacute;, on n'est plus invit&eacute; mais on est comme chez soi.<br> D'autres d&eacute;signations ethniques s'appliquent aux &eacute;trangers notamment ceux venant d'Asie: <i>Karana</i> pour les Indo-pakistanais et <i>Sinoa</i> pour les Chinois.</p><p align=justify><b></b></p><li><b>Madagascar Taxi brousse, taxi b&eacute;...</b></li><li> <p align=justify> Les taxis brousse malgaches sont en fait en majorit&eacute; des minibus relativement confortables (contrairement aux b&acirc;ch&eacute;s ou encore camions brousse o&ugrave; le confort est moins &eacute;vident). Le probl&egrave;me c'est d'avoir de la place. Ainsi, si vous vous arr&ecirc;tez &agrave; Ranohira (obligatoire !), vous pourrez avoir du mal &agrave; trouver de la place pour repartir. Les taxis arrivent plein et peu de gens descendent sur ces &eacute;tapes touristiques. Il faut alors patienter &agrave; la gare routi&egrave;re plusieurs heures. </p><p align=justify>Taxi ville Pour la Capitale plus indiqu&eacute; et plus s&eacute;curis&eacute;. La course vaut 4 000 ariary (2009) mais une course est relative. Les taxis sont de couleur beige avec lanterne </p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify>Taxibe</p><p align=justify>C&#146;est le transport en commun de Madagascar et disponible de 05h &agrave; 20h tous les jours. V&eacute;hicules non confortables, les lignes sont confuses et il faut demander au receveur si le taxibe passe par l&#146;endroit o&ugrave; on veut aller. En principe, le tarif est de 300 ariary pour les taxibe qui desservent et passent par le centre ville. A Tana, il y a plus d&#146;une cinquantaine de lignes qui desservent tous les quartiers de la ville, et le taxi-be n&#146;existe que seulement dans quelques grandes villes : Antsirabe, Majunga, Tamatave, Fianarantsoa, et Tul&eacute;ar.</p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify>Taxi-brousse</p><p align=justify>Le taxi-brousse est le moyen le plus utilis&eacute; par une majorit&eacute; de la population qui va partout pour pas cher et on peut voyager par taxi-brousse &agrave; moins de 3 euros les 100km, encore moins pour de longues distances comme le cas de Tana &#150; Tul&eacute;ar (1 000 km : 15 euros). Le parc des taxi-brousse est compos&eacute; de v&eacute;hicule break, minibus, 4x4 et quelques Super Go&eacute;lette ne partant que lorsqu'il est plein. Mais il faut pr&eacute;voir cependant large, y compris au niveau du trajet (30 &agrave; 50 km/h maxi), et par cons&eacute;quent, les trajets peuvent &ecirc;tre longs, fatigants et sans confort compte tenu notamment du nombre de passagers et de l'&eacute;tat des routes.Pour ceux qui aiment plus de confort, la location en sp&eacute;cial de taxi brousse est conseill&eacute; o&ugrave; on loue alors l'ensemble des places du v&eacute;hicule.</p><p align=justify> </p><p align=justify>Les destinations &agrave; titre indicatif et peuvent varier :</p><p align=justify> </p><p align=justify>Du centre vers le sud</p><p align=justify>Tana &#150; Antsirabe : 169 km, route goudronn&eacute;e, 3h30 en taxi-brousse (TB)<br> Antsirabe &#150; Fianarantsoa : 241 km, routegoudronn&eacute;e, 5h30 en TB<br> Tana &#150; Tul&eacute;ar : 1 050 km, route goudronn&eacute;e, 24h en TB (Vols fr&eacute;quents Air Mad)</p><p align=justify>vers l&#146;Ouest<br> ...<br> Morondava &#150; Tul&eacute;ar : 540 km, tr&egrave;s mauvaise piste sableuse, 2 jours en CB (Vols Air Mad)</p></ul><p align=justify><br> </p><ul> <li><font size="4" color="#FF0000">Incendi&eacute; le 6 novembre 1995, le Palais de la Reine &agrave; la Madagascar a ouvert ses portes au public le 22 septembre dernier, apr&egrave;s six ann&eacute;es de travaux</font> <li><font size="4" color="#FF0000">Le Palais de la Reine, Rova Manjakamiadana en malgache &eacute;tait la demeure officielle des souverains de Madagascar. Perch&eacute; sur l'une des plus hautes collines de la ville, il est visible &agrave; des kilom&egrave;tres.</font> <li><font size="4" color="#FF0000">Ravag&eacute; par un incendie il y a dix-sept ans, le &quot;Palais de la Reine&quot;, principal monument d'Antananarivo et symbole fort de l'identit&eacute; malgache, attend toujours l'argent qui lui permettra d'&ecirc;tre enti&egrave;rement r&eacute;nov&eacute; et transform&eacute; en mus&eacute;e</font> <p align=justify><font color="#FF0000">Rouvert au public depuis quelques semaines apr&egrave;s la consolidation de ses fondations par une filiale de Bouygues</font></p><li><font color="#FF0000">&quot;Palais de la Reine&quot; en hommage aux reines qui y ont r&eacute;gn&eacute; au XIXe si&egrave;cle. </font> <p align=justify><font color="#FF0000">Si on peut l'approcher, le palais reste une coquille vide. L'int&eacute;rieur en bois pr&eacute;cieux con&ccedil;u par l'architecte fran&ccedil;ais Jean Laborde en 1835 a &eacute;t&eacute; ravag&eacute; par l'incendie du 6 novembre 1995, dont les circonstances sont encore inexpliqu&eacute;es &agrave; ce jour.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">&quot;Le Rova a &eacute;t&eacute; incendi&eacute; au k&eacute;ros&egrave;ne et il y a des hommes politiques derri&egrave;re cet acte criminel&quot;, affirme le prince Ndriana Rabarioelina, descendant de la famille royale.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">&quot;J'ai pleur&eacute; quand j'ai appris la nouvelle&quot;, raconte Elian, doyen des guides du palais, qui arpente les lieux depuis trente ans.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">&quot;On &eacute;tait huit guides soup&ccedil;onn&eacute;s d'avoir d&eacute;clench&eacute; l'incendie, j'ai fait de la prison pendant deux semaines. Certains ont fait plusieurs ann&eacute;es de prison, sans jugement, sans preuves, sans rien&quot;, raconte Zo Rasoldier, un autre guide.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">L'enqu&ecirc;te est toujours en cours.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Des travaux de r&eacute;habilitation effectu&eacute;s par le groupe fran&ccedil;ais Colas (filiale de Bouygues) pour 6,5 millions d'euros depuis 2006 ont permis de consolider les fondations du palais, transform&eacute; en mus&eacute;e par les colonisateurs fran&ccedil;ais qui ont aboli la monarchie en 1896.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Le grand pilier de bois de palissandre de 40 m&egrave;tres, structure centrale du palais, est d&eacute;sormais en b&eacute;ton. Et des ardoises ont remplac&eacute; des tuiles de bois sur la toiture.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">&quot;Le palais en soi n'est pas impressionnant, mais c'est toute l'histoire qu'il y a derri&egrave;re ce palais qui est fascinante et touchante&quot;, confie Jeannine, une touriste fran&ccedil;aise.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">&quot;Au niveau de l'architecture, c'est corinthien, romain, et m&ecirc;me ionien&quot;, pr&eacute;cise Elian.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Au pied du palais aux murs de pierre qui domine Antananarivo, il ne reste rien des &eacute;l&eacute;gants &eacute;difices annexes de Tranovola (&quot;maison d'argent&quot;) et Manampisoa (&quot;surcro&icirc;t de beaut&eacute;&quot;), &agrave; part une plaque en pierre signalant leur emplacement. Il n'est pas pr&eacute;vu pour l'instant de les reconstruire.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Mais Mahitsielafanjaka (&quot;le juste r&egrave;gne longtemps&quot;) a &eacute;t&eacute; reconstitu&eacute;. </font></p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify><font color="#FF0000">MADARAIL</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Les premiers rails furent pos&eacute;s &agrave; Anivorano le 1er Avril 1901. Les Chemins de fers Malgaches viennent d&#146;&eacute;crire la premi&egrave;re page de son histoire. La ligne reliant Antananarivo-Brickaville a &eacute;t&eacute; ouverte officiellement le 1er Avril 1909, on assiste alors &agrave; l&#146;entr&eacute;e du premier train dans la capitale, alors que la Gare de Soarano &eacute;tait encore en construction. Celle-ci fut inaugur&eacute;e un an apr&egrave;s. Le d&eacute;marrage des travaux reliant Tananarive et Antsirabe a d&eacute;but&eacute; le 04 Mars 1912. L&#146;inauguration du prolongement du chemin de fer de Brickaville &agrave; Tamatave, fut c&eacute;l&eacute;br&eacute;e le 06 Mars 1913. De ce fait, on assiste &agrave; la naissance de la ligne TCE (Tananarive-C&ocirc;te Est). Le 31 Mai 1915, la ville de Moramanga fut reli&eacute;e &agrave; la r&eacute;gion du Lac Alaotra. C&#146;est la naissance de la MLA (Moramanga-Lac Alaotra). La r&eacute;gion du Lac Alaotra fut reli&eacute;e &agrave; la ville d&#146;Ambatondrazaka le 25 Juin 1922. Le premier train siffla &agrave; la Gare d&#146;Antsirabe le 15 Octobre 1923. On assiste alors &agrave; la naissance de la ligne T.A (Tananarive-Antsirabe).</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Le 28 F&eacute;vrier 1944, une Soci&eacute;t&eacute; ferroviaire fut mise en place afin de desservir les R&eacute;seaux Nord et Sud. Cette Soci&eacute;t&eacute; fut d&eacute;nomm&eacute;e REGIE GENERALE DES CHEMINS DE FER D&#146;OUTRE MER. La Soci&eacute;t&eacute; ferroviaire fut d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e le 26 D&eacute;cembre 1950 &agrave; un organisme &agrave; caract&egrave;re Individuel et commercial. L&#146;ann&eacute;e suivante le 1er Janvier 1951, la Soci&eacute;t&eacute; change de nom. Elle devient alors la REGIE DES CHEMINS DE FER DE MADAGASCAR (RCFM). Au courant de l&#146;ann&eacute;e 1974, l&#146;Etat Malgache nationalise la Soci&eacute;t&eacute; ferroviaire, et la dote d&#146;un Statut d&#146;Entreprise Public &agrave; Caract&egrave;re Commercial (EPIC). Le 06 Mai 1982, l&#146;entreprise devient une Soci&eacute;t&eacute; d&#146;Etat &agrave; part enti&egrave;re. La Soci&eacute;t&eacute; ferroviaire Malgache devient le RESEAU NATIONAL DES CHEMINS DE FER MALAGASY (RNCFM).</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Dans les ann&eacute;es 90, le chemin de fer n&#146;est plus entretenu, les mat&eacute;riels moteurs et remorqu&eacute;s ne sont plus fonctionnels et ne sont pas renouvel&eacute;s. L&#146;Etat Malgache d&eacute;cide de privatiser le RNCFM. Le 10 Octobre 2002 un op&eacute;rateur priv&eacute; appartenant au groupe &laquo; BOLLORE &raquo; du nom de &laquo; COMAZAR &raquo; prend en gestion l&#146;exploitation, les infrastructures et le patrimoine du chemin de fer Malgache selon la Convention de Concession de Gestion d&#146;Exploitation du r&eacute;seau Nord. Le RNCFM devient &laquo; MADARAIL ou MADAGASCAR RAILWAYS &raquo;, une Soci&eacute;t&eacute; anonyme &agrave; capital social de 5 000 000 000 d&#146;Ariary. Au courant de l&#146;ann&eacute;e 2008, l&#146;op&eacute;rateur Belge &laquo; VECTURIS &raquo; devient l&#146;actionnaire majoritaire de MADARAIL. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">En 2011, Vecturis reste l'op&eacute;rateur ferroviaire, mais l'actionnaire majoritaire devient Madarail Holding.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Trains touristiques</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Le concept est unique en son genre&nbsp;! Vous &ecirc;tes libres de concevoir votre parcours. Nos trains touristiques partent &agrave; l&#146;heure, au jour et &agrave; la gare de d&eacute;part de votre choix, pour une destination choisie par vous-m&ecirc;me. D&eacute;couvrez la richesse et la vari&eacute;t&eacute; des paysages malgaches, dont certains, impressionnants ne peuvent &ecirc;tre visibles que par la voie ferr&eacute;e</font>.</p><p align=justify><font color="#FF0000">Parcours<br> La Micheline &quot;Viko Viko&quot; </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Ligne Antananarivo-C&ocirc;te Est (TCE) :<br> Aller simple : Antananarivo-Manjankandriana (01h30).<br> Aller simple : Antananarivo-Andasibe (04h00).<br> Aller simple : Antananarivo-Toamasina (10h00).</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Ligne Antananarivo-Antsirabe (TA) :<br> Aller simple : Antananarivo-Behenjy (01h00).<br> Aller simple : Antananarivo-Ambatolampy (02h00).<br> Aller simple : Antananarivo-Antsirabe (04h30).</font></p><p align=justify><br> <font color="#FF0000">Le Trans L&eacute;murie Express</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Ligne Tananarive-C&ocirc;te Est (TCE) :<br> Aller simple : Antananarivo &#150; Manjakandriana (2h30).<br> Aller simple : Antananarivo &#150; Andasibe (5h00).<br> Aller simple : Antananarivo &#150; Toamasina (12h00).</font></p><p align=justify><font color="#FF0000"><br> Ligne Tananarive &#150; Antsirabe (TA) :<br> Aller simple : Antananarivo &#150; Behenjy (2h00).<br> Aller simple : Antananarivo &#150; Ambatolampy (3h00).<br> Aller simple : Antananarivo-Antsirabe (5h00).</font></p><p align=justify><font color="#FF0000"><br> Il est possible d&#146;effectuer un autre trajet, autre que ceux nous proposons ci-dessus. Veuillez nous contacter pour toutes informations. Merci et bon voyage !</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Trans Lemurie Express</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Wagon &laquo; Classe Palaissandre &raquo;<br> Nous mettons &agrave; votre disposition, un ou deux wagons &laquo; Classe Palissandre &raquo; de 52 places chacun, accompagn&eacute;(s) d&#146;un wagon fourgon pour groupe &eacute;lectrog&egrave;ne et bagages.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Enti&egrave;rement r&eacute;habilit&eacute;s avec des mat&eacute;riaux pr&eacute;cieux (Parquet en bois de Palissandre, Quartz) et originaux (Sisal, Labradorites ou cipolin, etc.), con&ccedil;us et habill&eacute;s par le savoir faire Malagasy, la pr&eacute;sence de prises &eacute;lectriques vous permet : d&#146;utiliser votre ordinateur, de recharger votre t&eacute;l&eacute;phone, de brancher votre Ipod, etc.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Un bar en Palissandre massif et en raphia tress&eacute; avec des rebords anti-chutes et pose pied en rail a &eacute;t&eacute; install&eacute; dans la Classe Palissandre. Ce bar est &eacute;quip&eacute; d&#146;un mini r&eacute;frig&eacute;rateur, d&#146;un &eacute;vier et de quelques prises &eacute;lectriques, pour brancher vos &eacute;quipements. Durant le voyage tout en admirant les paysages, au rythme de musiques vari&eacute;es (Option cha&icirc;ne hi-fi ou musiciens), un bar-snack est &agrave; votre disposition. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Sur demande : Service traiteur, H&ocirc;tesses, Musiciens, Guides, etc.</font></p><font color="#FF0000">La Micheline &quot;Viko-Viko&quot;<br> Le petit train pas comme les autres&#133; </font> <p align=justify><font color="#FF0000">Invention r&eacute;volutionnaire des ann&eacute;es 30, cette gueule d&#146;autobus roulant sur rail qui doit son nom &agrave; son constructeur, relie sur demande Tananarive &agrave; Tamatave ou Tana &agrave; Antsirabe, &agrave; une vitesse de pointe moyenne de 50 Km/h. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Vous voulez admirer la splendeur des paysages de l&#146;&icirc;le rouge en voyageant dans le pass&eacute; ? Cette pi&egrave;ce de mus&eacute;e ambulante, patrimoine de Madagascar est &agrave; votre enti&egrave;re disposition : </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">- En d&eacute;part garanti (voir programme): profitez des occasions de voyages en d&eacute;part garanti avec la Micheline le weekend pour arriver &agrave; Mantasoa (Manjakandriana), Andasibe ou Antsirabe, vivez une exp&eacute;rience inoubliable et de d&eacute;couvertes authentiques .</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">- En location privative (sur devis), rien de tel pour marquer vos &eacute;v&eacute;nements d&#146;une exp&eacute;rience unique: Voyages en famille ou entre amis, sortie en groupe ou en Association, r&eacute;compense de vos meilleurs Employ&eacute;s ou Clients, Anniversaires surprises, noces de mariage, excursions, ...</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">La Micheline &quot;Viko Viko&quot; est un bijou authentique. R&eacute;am&eacute;nag&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; ses accessoires d&#146;origines pr&eacute;cieusement conserv&eacute;s, et qui ont pu y &ecirc;tre replac&eacute;s. Vous y trouverez : 19 fauteuils en osier et 01 strapontin, un coin bar &agrave; l&#146;arri&egrave;re autrefois r&eacute;serv&eacute; aux bagages, un cabinet de toilette, un parquet en bambou. Du personnel commercial veillera &agrave; votre confort: accueil, service &agrave; bord (boissons, collations), guidage.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Cr&eacute;ez votre l&eacute;gende avec notre l&eacute;gende ! Contactez nous ... &agrave; l'adresse tourisme@madarail.mg</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">PROCHAIN DEPART DE LA MICHELINE :<br> T&eacute;l&eacute;charger le programme de d&eacute;parts garantis de la Micheline - SAISON 2013 (format PDF)</font></p><p align=justify><font color="#FF0000"><br> Liens d'informations &agrave; propos des villes de destinations :<br> (source Office National du Tourisme de Madagascar)<br> Antananarivo (Tan&agrave;)<br> Andasibe<br> Antsirabe</font></p><li><font color="#FF0000">Au programme, un p&eacute;riple inoubliable d&#146;une dizaine d&#146;heures afin de rallier Fianarantsoa, la deuxi&egrave;me ville du pays, sur les fertiles hauts plateaux du centre de l&#146;&icirc;le. /&laquo;Pour vous les visiteurs, ce sera certainement l&#146;exp&eacute;rience ferroviaire la plus extraordinaire de votre vie, confie le chef de gare avant le d&eacute;part. /M/ais songez que pour les gens qui vivent le long du parcours, ce train signifie tout, c&#146;est la ligne de vie qui les relie au reste du monde</font> <li><font color="#FF0000">le Fianarantsoa-C&ocirc;te Est (FCE), que les Malgaches ont ironiquement rebaptis&eacute; TGV pour &laquo;train &agrave; grande vibration&raquo; ravit d&#146;embl&eacute;e l&#146;&#156;il. Il y a de quoi, avec ses quatre wagons verts &agrave; liser&eacute; jaune estampill&eacute;s 1956 et sa sublime locomotive diesel rouge vif sortie des usines d&#146;Alstom &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970 achet&eacute;e d&#146;occasion. A l&#146;int&eacute;rieur, la premi&egrave;re classe est surtout fr&eacute;quent&eacute;e par les touristes, les Wazahs, &laquo;les Blancs&raquo;, un peu &agrave; l&#146;&eacute;cart, tandis que les locaux s&#146;entassent dans les deux wagons de seconde classe. Le convoi comprend une voiture de marchandises, qui se remplit parfois au-del&agrave; du raisonnable de chargements de bananes, de caf&eacute; ou de litchis en fonction des r&eacute;coltes et des saisons.</font> <p align=justify><font color="#FF0000">48 tunnels et 67 ponts</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">De Fianarantsoa &agrave; Manakara par le train</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">A votre arriv&eacute;e &agrave; Fianarantsoa par l'itin&eacute;raire &quot;Vers le Sud Tul&eacute;ar&quot;, un petit crochet par le train &agrave; destination de Manakara, sur la ligne FCE de 163,2 Km en pleine r&eacute;habilitation. Pr&eacute;voir au moins deux bonnes journ&eacute;es, &ccedil;a vaux vraiment le d&eacute;tour.</font></p><p align=justify><br> <b>Fianarantsoa est la capitale du vin et le grenier &agrave; riz du Betsileo</b>,</p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify><font color="#FF0000">elle est blottie dans des bois d'eucalyptus &agrave; 1.100 m&egrave;tres d'altitude. Apr&egrave;s la sortie des banlieux de Fianarantsoa, on parcourt 10 km, &agrave; travers rizi&egrave;res et fonds de vall&eacute;e verdoyants avant d'arriver &agrave; la plantation de Th&eacute; Sahambavy. Plus loin Ranomena (altitude 1061m) est le d&eacute;but d'une descente de 20 kilom&egrave;tres, accroch&eacute;e au flanc de la falaise. <br> Entre les travers&eacute;es de 48 tunnels et galeries dont le plus important &agrave; 1072 m&egrave;tres de long, nous avons le temps d'admirer un des plus beaux paysages, la mer des collines bois&eacute;es &eacute;clair&eacute;es de quelques t&agrave;&cent;ches claires qui s'&eacute;tendent &agrave; 200 m&egrave;tres en contrebas. Au-dessous de nous, les flancs escarp&eacute;s d'Andrambovato qui dressent sa masse imposante vers le ciel.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000"><br> Nous venons de quitter le pays Betsileo pour celui des Antanala. Des tunnels et une douzaine de ponts en b&eacute;ton arm&eacute; se suivent, dont celui qui enjambe d'une seule port&eacute;e les chutes grandioses de la Mandriampotsy. Nous sommes toujours dans le domaine de la for&ecirc;t, mais qui devient plus clairsem&eacute;e au fur et &agrave; mesure que nous descendons. A Tolongoina (au km 62, altitude 385m) nous avons achev&eacute; la descente la plus importante de la ligne avec une diff&eacute;rence d'altitude de 600 m&egrave;tres sur 20 kilom&egrave;tres.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Apr&egrave;s 20 kilom&egrave;tres de circulation sur un trac&eacute; tourment&eacute;, nous arrivons &agrave; Manampatrana, un centre commercial important (caf&eacute;, banane, litchi) et &agrave; mi-chemin du voyage (altitude 206m). La for&ecirc;t a disparu pour laisser la place au ravinala (arbre de voyageur) qui recouvre les collines que longent la voie et rivi&egrave;re Ionilahy, que nous c&ocirc;toyons depuis le Km 82.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Le viaduc au Km 90, ouvrage tr&egrave;s &eacute;l&eacute;gant avec ses 137 m&egrave;tres de longueur, nous fait traverser la rivi&egrave;re. Collines herbeuses, bas fonds de rivi&egrave;re que nous longeons pendant quelques kilom&egrave;tres ...et puis une nouvelle descente, la derni&egrave;re vers Sahasinaka (altitude 23m). A 4 Km de la gare, possibilit&eacute; de faire escale pour ceux qui veulent voire la chute de Faraony, qui compte parmi les plus belles de l'&icirc;le. V&eacute;ritables cataractes qui s'&eacute;crasent d'une hauteur de 40 m&egrave;tres pour former plus bas un torrent fantastique aux remous vertigineux et assourdissants.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Les collines se d&eacute;nudent de plus en plus et le paysage se d&eacute;gage et devient plus monotone. Nous sommes en pays Antaimoro et la mer va bient&ocirc;t appara&icirc;tre &agrave; l'horizon.<br> </font></p><li><font color="#FF0000">Les&nbsp;?probl&egrave;mes&nbsp;?sur?la?ligne&nbsp;?Fianarantsoa-C&ocirc;te&nbsp;?Est?(FCE)?ne&nbsp;?se&nbsp;?limitent?pas&nbsp;?uniquement?&agrave;?la?vieillesse&nbsp;?du?train.?<b>Le&nbsp;?vol?de&nbsp;?rails&nbsp;?constitue&nbsp;?&eacute;galement?un?danger?non?n&eacute;gligeable.?</b>Le&nbsp;?ministre&nbsp;?soutient?que&nbsp;?des&nbsp;?sensibilisations?sont?faites&nbsp;?aupr&egrave;s&nbsp;?des&nbsp;?communes&nbsp;?pour?veiller?sur?ces&nbsp;?infrastructures.?La?ligne&nbsp;?FCe&nbsp;?joue&nbsp;?un?r&ocirc;le&nbsp;?primordial?dans&nbsp;?l&#146;&eacute;conomie&nbsp;?de&nbsp;?cette&nbsp;?r&eacute;gion.?&Agrave;?cause&nbsp;?de&nbsp;?l&#146;enclavement,?le&nbsp;?train?constitue&nbsp;?le&nbsp;?seul?moyen?de&nbsp;?transport?pour?&eacute;vacuer?les&nbsp;?produits&nbsp;?de&nbsp;?nombreuses&nbsp;?zones&nbsp;?&eacute;loign&eacute;es.?Il?est?per&ccedil;u?comme&nbsp;?&eacute;tant?un?poumon?&eacute;conomique&nbsp;?du?Sud-Est.?En?activit&eacute;?depuis&nbsp;?1936,?cette&nbsp;?ligne&nbsp;?transporte&nbsp;?pr&egrave;s&nbsp;?150?000?voyageurs&nbsp;?et?15?000?tonnes&nbsp;?de&nbsp;?marchandise,?chaque&nbsp;?ann&eacute;e.?<br> Le&nbsp;?trajet?attire&nbsp;?aussi?les&nbsp;?touristes,?en?occurrence&nbsp;?les&nbsp;?amateurs&nbsp;?d&#146;aventure.?Ils&nbsp;?sont?tout?aussi?fascin&eacute;s&nbsp;?par?le&nbsp;?paysage&nbsp;?que&nbsp;?les&nbsp;?gares,?elles-m&ecirc;mes.?Les&nbsp;?voyageurs&nbsp;?ont?droit?aux?for&ecirc;ts&nbsp;?denses,?aux?cascades&nbsp;?tout?au?long?des&nbsp;?170?km?de&nbsp;?trajet.?Les&nbsp;?arr&ecirc;ts&nbsp;?leur?permettent?d&#146;avoir?un?aper&ccedil;u?des&nbsp;?sp&eacute;cialit&eacute;s&nbsp;?locales&nbsp;?et?de&nbsp;?la?culture&nbsp;?des&nbsp;?riverains.</font> <li> &nbsp;<li><font color="#FF0000">Le train Fianarantsoa Manakara.</font><br> <p align=justify><font color="#FF0000">C'est le seul train voyageur qui existe &agrave; Madagascar, cette ligne est en activit&eacute; depuis 1936. Elle transporte chaque ann&eacute;e 150 000 voyageurs et 15 000 tonnes de marchandise.<br> Dans cette r&eacute;gion tr&egrave;s enclav&eacute;e et qui n'a pas d'autre voies de communications pour commercer, c'est un poumon &eacute;conomique essentiel.</font></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify><br> <font color="#FF0000">H&eacute; oui !! ce sont les tuyaux d'air pour le syst&egrave;me de freinage...</font></p><p align=justify></p><p align=justify><font color="#FF0000">C'est un p&eacute;riple de 163 km qui se fait entre 8 et 12 heures, voir plus, selon la fr&eacute;quence des chargements et des d&eacute;raillements toujours possibles...<br> Le plus long des 48 tunnels de la ligne atteint 1072 m&egrave;tre. Dans les ouvrages d'art les plus longs, les passagers se retrouvent alors plong&eacute;s dans le noir le plus complet, les voitures n'&eacute;tant pas &eacute;quip&eacute;es de syst&egrave;me d'&eacute;clairage.</font></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify></p><p align=justify> 18 gares longent le parcours ce qui cr&eacute;e des dizaine de millier d'emplois.<br> <font color="#FF0000">200 000 paysans sont directement concern&eacute; pour le transport de leurs r&eacute;coltes.</font></p><li> &nbsp;<li><font color="#FF0000">Entam&eacute;e en 1926, pour les besoins de la colonisation, la construction de la ligne s'est achev&eacute;e dix ans plus tard, reliant ainsi la capitale du Betsileo &agrave; la ville c&ocirc;ti&egrave;re de Manakara, et ce qui permis d'acheminer les richesses du pays vers la mer, pour les enmmener en Europe.<br> Les travaux de ses 67 ponts mais surtout le creusement de ses 48 tunnels on mobilis&eacute; les efforts de plusieurs dizaine de milliers d'hommes, les effondrement et de nombreux autres accidents de chantier ont co&ugrave;t&eacute; la vie &agrave; au moins 5000 ouvriers, certains avancent m&ecirc;me le chiffre de 10.000 morts, ce qui explique en partie, l'attachement f&eacute;roce des riverains &agrave; leur train.</font> <li><font color="#FF0000">Pendant la saison des cyclones, quand la temp&ecirc;te souffle, le train s'arr&ecirc;te et tout s'arr&ecirc;te.<br> Ceux de l'ann&eacute;e 2000, particuli&egrave;rement ont failli signer l'arr&ecirc;t de mort de la ligne, avec pas moins de 280 &eacute;boulements le long de la voie, 150 000 m3 de caillasse qu'il a fallu d&eacute;blayer. Pendant des mois le train n'a pas pass&eacute; et des centaines de tonnes de bananes ont pourri sur place.</font> <li><font color="#FF0000"> C'est au rythme de six convois par semaine que les villageois vendent leurs produits, tout le monde &agrave; le m&ecirc;me probl&egrave;me de survie et tous comptent bien sur le train pour s'en sortir.</font> <li><font color="#FF0000">La vitesse commerciale du train de la FCE est de 20km par heure. Sur certaines portions de voie, elle peut atteindre les 30kmh ( dans les ann&eacute;es 80 on l'a pouss&eacute; jusqu'&agrave; 70 km/h ) mais c'est du pass&eacute; .<br> La pente la plus forte est de 3.66%, ce qui en fait la plus importante au monde.</font> <li> <p align=justify> <br> 2 septembre 2012 &agrave; 13:28 </p><p align=justify>Train sur la ligne Fianarantsoa-Manakara - retour d'exp&eacute;rience (Madagascar) </p><p align=justify>&nbsp;</p><p align=justify><font color="#FF0000">Nous avons pris la ligne Fianarantsoa - Manakara en ao&ucirc;t 2012. Il faut savoir que cette ligne a subit beaucoup de probl&egrave;mes en ao&ucirc;t. Nous devions partir le mardi vers 7h30. Nous sommes bien partis...mais vers 15h30. Ainsi tous les voyageurs ont attendu pendant des heures, sans aucune certitude, de d&eacute;part de ce train. En seconde classe, le wagon &eacute;tait aussi bond&eacute; que dans un taxi-brousse. Au d&eacute;part, ma compagne et moi-m&ecirc;me, souhaitions prendre ce wagon. Mais nous avons renonc&eacute;. D'ailleurs, si vous souhaitez r&eacute;server votre billet la veille, la compagnie vous impose de prendre un billet en 1&egrave;re. Le seul et &eacute;norme avantage que vous aurez une place assise. Toutefois, il y aura quand m&ecirc;me beaucoup de monde. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Selon moi, ce train est vraiment &agrave; voir et &agrave; faire. Le machiniste a mis plusieurs heures en gare pour assembler les 4 wagons du convoi, les rails se tordent &agrave; son passage et vous n'&ecirc;tes absolument pas certain d'arriver &agrave; destination. Le dimanche pr&eacute;c&eacute;dent, lors de la remont&eacute; depuis Manakara, la caisse m&eacute;tallique du wagon de seconde classe s'est d&eacute;solidaris&eacute;e des boogies (roues) et est tomb&eacute;e sur la voie car les fixations ont cass&eacute;. D&egrave;s lors, en pleine nuit, la quarantaine de vazahas ont march&eacute; sur la voie avec leurs bagages sur une dizaine de km afin de rejoindre la gare suivante et &ecirc;tre r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, pour certains, par leur chauffeur qui les attendaient &agrave; Fianarantsao. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Ce train est une vrai aventure et les arr&ecirc;ts en gare sont agr&eacute;able &agrave; observer. Toutefois pas pendant 12 heures. </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Nous venons d'apprendre que le train Fianarantsoa-Manakara est en panne depuis le 10 septembre 2012. </font></p><li> <p align=justify>&nbsp;</p><font color="#0000FF"></font> <li><font color="#FF0000">Incendie au parc de l'Isalo (Madagascar) (21 septembre 2010) </font> <p align=justify><font color="#FF0000">Incendie au Parc national de l&#146;Isalo<br> Le &laquo; circuit Malaso &raquo; fortement endommag&eacute;<br> mardi 21 septembre 2010 </font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Les d&eacute;g&acirc;ts sont importants suite &agrave; un incendie qui s&#146;est d&eacute;clar&eacute; <b>vendredi 17 septembre </b>dernier, dans le Parc national de l&#146;Isalo mais le sinistre est actuellement sous contr&ocirc;le ; c&#146;est l&#145;appr&eacute;ciation de la situation de la part du minist&egrave;re de l&#146;environnement : 8% de la superficie du Parc national de l&#146;Isalo ont &eacute;t&eacute; d&eacute;vor&eacute;s par le feu, c&#146;est-&agrave;-dire 6 500 ha sur les 81 500 ha du parc.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">T&ocirc;t dans la matin&eacute;e de dimanche 19 Septembre 2010, le ministre de l&#146;environnement et des for&ecirc;ts, le G&eacute;n&eacute;ral Herilanto Raveloharison, accompagn&eacute; du directeur g&eacute;n&eacute;ral du Madagascar National Park (MNP) Guy Suzon Ramangason, ont &eacute;t&eacute; sur le site pour coordonner la lutte. Sur place, plus de 600 personnes, compos&eacute;s d&#146;une centaine de gendarmes, des &eacute;l&eacute;ments du MNP, de guides et d&#146;employ&eacute;s des h&ocirc;tels et restaurants sont d&eacute;j&agrave; &agrave; pied d&#146;&#156;uvre tandis que 6 voitures 4x4 appartenant &agrave; la Direction r&eacute;gionale de l&#146;environnement et des for&ecirc;ts (DREF), &agrave; la R&eacute;gion d&#146;Ihorombe, du MNP et de la Gendarmerie, font la navette pour transporter les volontaires vers la ligne de feu.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Plusieurs circuits sont touch&eacute;s par le drame dont le circuit &laquo; Malaso &raquo; traversant un site g&eacute;ologique dont les Tsingy de l&#146;Isalo dans la savane, la falaise d&#146;Ampasimaiky et le &laquo; Loup de l&#146;Isalo &raquo; et enfin le point de vue &laquo; Top &raquo; &agrave; 975m d&#146;altitude. Ce circuit tire son nom des voleurs de z&eacute;bus, qui utilisaient le labyrinthe naturel de l&#146;Isalo.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Rappelons que le parc national Isalo compte plus de 400 esp&egrave;ces floristiques dont beaucoup d&#146;entre elles sont end&eacute;miques de Madagascar tel le Catharantus ovalis qui est une plante m&eacute;dicinale que l&#146;on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde que dans l&#146;Ihorombe et sur la plaine du Zomandao. La savane de l&#146;Isalo est colonis&eacute;e par des palmiers typiques de cette r&eacute;gion : le &laquo; Satrana &raquo; qui r&eacute;siste au feu. Pour ce qui est de la faune, on compte 14 esp&egrave;ces de l&eacute;muriens diurnes, 77 esp&egrave;ces d&#146;oiseaux et nocturnes dont 8 introduites et 7 end&eacute;miques de Madagascar. Reptiles, amphibiens, carnivores, insectivores et rongeurs compl&egrave;tent la liste.</font></p><p align=justify><font color="#FF0000">Cr&eacute;&eacute; en 1962 et g&eacute;r&eacute; par Madagascar National Parks depuis 1997, le parc est connu pour son ensemble &eacute;cologique et est sillonn&eacute; de rivi&egrave;res.</font></p></ul><P><font size="4" color="#FF0000">Les bucranes de z&eacute;bu</font></P><BLOCKQUOTE> <P>LES LEMURIENS...</P><P>ORIGINES</P><P>Le terme LEMURIEN provient du latin lemures signifiant &quot;spectre&quot; ou &quot;fant&ocirc;me&quot; (que les Romains exorcisaient pendant le f&ecirc;te de Lemuria). <BR> En 1758, Carl von Linn&eacute; d&eacute;signe ainsi ces animaux en se fondant sur leurs habitudes nocturnes et leur aspect fantomatique lors de leurs d&eacute;placement nocturnes silencieux (avec leurs grands yeux r&eacute;fl&eacute;chissant et les cris de fant&ocirc;mes que poussent certaines esp&egrave;ces). Il avait peut &ecirc;tre &eacute;galement eu connaissance de l&eacute;gendes malgaches selon lesquelles les l&eacute;muriens &eacute;taient les &acirc;mes de leurs anc&ecirc;tres.</P><P>Les l&eacute;muriens sont des primates prosimiens qui ont bifurqu&eacute; des autres primates il y a environ 63 millions d'ann&eacute;es. De ce fait, ils se rattachent &agrave; des sous-ordres diff&eacute;rents: Haplorrhini pour les singes et Strepsirrhini pour les l&eacute;muriens ainsi que leurs &quot;cousins&quot; les loris d'Afrique et d'Asie voire les tarsiers. Des fossiles de prosimiens ont &eacute;t&eacute; d&eacute;couverts dans diff&eacute;rentes parties du monde, y compris en Europe, en Asie, en Egypte, et m&ecirc;me dans le nord-ouest des Etats-Unis tels les galagos trouv&eacute;s en Afrique, les loris en Asie et les tarsiers &agrave; Born&eacute;o et aux Philippines.</P><P>Les l&eacute;muriens partagent donc de nombreux traits communs de base avec les autres primates, tels que doigts opposables aux mains et aux pieds et ongles au lieu de griffes pour la plupart des esp&egrave;ces. Ils sont majoritairement arboricoles, gr&acirc;ce &agrave; leurs mains et pieds pr&eacute;hensiles, caract&eacute;ristiques des primates. Ainsi ils peuvent sauter d'une hauteur de 10 m&egrave;tres, ce qui leur permet de passer d'un arbre &agrave; l'autre sans descendre au sol. En une seconde, ils franchissent les deux m&egrave;tres de vide s&eacute;parant deux arbres. Les primates sont en g&eacute;n&eacute;ral tr&egrave;s vocalisateurs et les l&eacute;muriens ne font pas exception, certaines esp&egrave;ces ont de vastes r&eacute;pertoires vocaux. Cependant, la taille du cerveau par rapport &agrave; leur corps est inf&eacute;rieure &agrave; celle des primates anthropo&iuml;des. <BR> Le plus souvent ils vivent selon une organisation matriarcale (notamment les makis cattas, varis, indris), ph&eacute;nom&egrave;ne peu courant chez les animaux. Les esp&egrave;ces diurnes et cath&eacute;m&eacute;rales (c'est-&agrave;-dire qui restent actives &agrave; la fois le jour et la nuit) sont principalement organis&eacute;es en groupes sociaux de taille variable alors les l&eacute;muriens nocturnes sont plut&ocirc;t solitaires ou vivent en petits groupes. Les l&eacute;muriens sont folivores (feuilles), nectarivores, frugivores, granivores ou encore insectivores m&ecirc;me parfois m&ecirc;me certains mangent des petits oiseaux et mammif&egrave;res. Il arrive qu'ils pratiquent l'autom&eacute;dication notamment en mangeant de la terre (g&eacute;ophagie) afin d'&eacute;liminer les toxines et d'aider &agrave; la digestion en fournissant des min&eacute;raux et des sels.</P><P>Pr&eacute;sents en Afrique, les premiers l&eacute;muriens ont colonis&eacute; Madagascar il y a de cela environ 50 ou 60 millions d'ann&eacute;es alors que Madagascar s'&eacute;tait d&eacute;tach&eacute;e de l'Afrique il y a plus de 120 millions d'ann&eacute;es. L'explication la plus commun&eacute;ment admise face &agrave; ce paradoxe est qu'il devait s'agir de petits animaux nocturnes arriv&eacute;s sur des radeaux d'herbes d&eacute;rivantes depuis le continent africain.</P><P>Les esp&egrave;ces ont diverg&eacute; peu apr&egrave;s cette colonisation. Sans concurrence, &eacute;voluant seuls sur Madagascar, les l&eacute;muriens se sont diversifi&eacute;s jusqu'&agrave; occuper de nombreuses niches &eacute;cologiques normalement remplies par d'autres types de mammif&egrave;res (singes, &eacute;cureuils et grands ongul&eacute;s) tandis que sur les autres continents ils ont d&ucirc; c&eacute;der la place devant d'autres concurrents, en particulier les singes plus &quot;intelligents&quot;.</P><P>Les familles de l&eacute;muriens se sont diversifi&eacute;es au cours d'une premi&egrave;re p&eacute;riode d'une douzaine de millions d'ann&eacute;es situ&eacute;e entre l'&Eacute;oc&egrave;ne sup&eacute;rieur (il y a 42 Ma) et l'Oligoc&egrave;ne (il y a 30 Ma) au cours de laquelle il y a eu un refroidissement du climat.<BR> Un second &eacute;pisode de diversification s'est produit au cours du Mioc&egrave;ne sup&eacute;rieur, il y a environ 8 &agrave; 12 Ma, notamment pour Eulemur, diurne, et pour Microcebus, nocturne. Cet &eacute;pisode a co&iuml;ncid&eacute; avec le d&eacute;but de la mousson sur Madagascar.</P><P>Sur la presque centaine d'esp&egrave;ces de l&eacute;muriens r&eacute;parties entre les cinq familles (Cheirogaleidae, Lemuridae, Lepilemuridae, Indriidae et Daubentoniidae) vivant &agrave; Madagascar pr&egrave;s de vingt sont menac&eacute;es. Depuis l'arriv&eacute;e des hommes sur l'&icirc;le, une quinzaine d'esp&egrave;ces de l&eacute;muriens se sont &eacute;teintes (dont l'Archaeoindris fontoynonti qui pesait de 160 &agrave; 200 kg). </P><P><BR> Autrefois les l&eacute;muriens occupaient donc toute l'&icirc;le avec une grande vari&eacute;t&eacute; d'habitats: for&ecirc;ts s&egrave;ches &agrave; feuilles caduques, for&ecirc;ts de plaine, for&ecirc;ts &eacute;pineuses, for&ecirc;ts sub-humides, for&ecirc;ts humides et mangroves.</P><P>L'arriv&eacute;e de l'homme sur l'&icirc;le il y a 1500 &agrave; 2000 ans a eu des r&eacute;percussions importantes, non seulement par la r&eacute;duction des populations de l&eacute;muriens, mais aussi de leur diversit&eacute;. En raison de la destruction de leurs habitats et de la chasse, au moins 17 esp&egrave;ces et 8 genres ont disparu et les populations de toutes les esp&egrave;ces ont diminu&eacute;. <BR> Et la tendance ne s'arr&ecirc;te pas malgr&eacute; la protection r&eacute;sultant de leur inscription en 1973 dans la Convention sur le commerce international des esp&egrave;ces de faune et de flore sauvages menac&eacute;es d'extinction (CITES). En 2008, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a class&eacute; 90% des l&eacute;muriens dans la cat&eacute;gorie des &quot;esp&egrave;ces vuln&eacute;rables&quot; et pr&egrave;s de 20 esp&egrave;ces sont particuli&egrave;rement menac&eacute;es.<BR> Il semble que le poids de la tradition des fady se perde. Aujourd'hui, dans l'est du pays, des braconniers chassent les l&eacute;muriens. Certaines populations (10 &agrave; 20%) de cette r&eacute;gion sont attir&eacute;es par le prix avantageux de cette viande (2000 Ar le kilo), moiti&eacute; prix par rapport &agrave; celle du poulet. <BR> Et aucun chasseur n'a encore &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; !</P><P>Aujourd'hui, l'aire de r&eacute;partition des l&eacute;muriens est limit&eacute;e &agrave; 10 % de l'&icirc;le, soit environ 60 000 km2. La plupart des for&ecirc;ts et donc des l&eacute;muriens se trouvent &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de l'&icirc;le. </P><P></P><P>CLASSIFICATION</P><P>La classification complexe et mouvante des l&eacute;muriens repose sur des crit&egrave;res anatomiques, les modes de vie et maintenant sur des analyses g&eacute;n&eacute;tiques.</P><P>La plupart des 98 (ou 99?) esp&egrave;ces de l&eacute;muriens vivants dont le poids va de 30 grammes &agrave; 9 kilogrammes sont r&eacute;parties en quinze genres et cinq familles. <BR> - Famille des Cheirogaleidae: 5 genres, 31 esp&egrave;ces<BR> - Famille des Daubentoniidae : 1 genre, 1 esp&egrave;ce (+1 esp&egrave;ce &eacute;teinte) Aye-aye<BR> - Famille des Indriidae: 3 genres, 19 esp&egrave;ces<BR> - Famille des Lemuridae: 5 genres, 21 esp&egrave;ces (+1 genre et 2 esp&egrave;ces &eacute;teints)<BR> - Famille des Lepilemuridae: 1 genre, 26 esp&egrave;ces.</P><P>Trois autres familles ont disparu entre 2000 et 500 ans par rapport &agrave; aujourd'hui, du fait de l'homme, soit 8 genres et 17 esp&egrave;ces... <BR> - Famille des Archaeolemuridae: 2 genres, 3 esp&egrave;ces (toutes &eacute;teintes) dont l'Archaeoindris fontoynonti qui pesait de 160 &agrave; 200 kg!<BR> - Famille des Megaladapidae: 1 genre, 3 esp&egrave;ces (toutes &eacute;teintes)<BR> - Famille des Palaeopropithecidae: 4 genres, 8 esp&egrave;ces (toutes &eacute;teintes).</P><P><BR> ESPECES RENCONTREES</P><P>Au cours de notre p&eacute;riple, nous avons seulement vu une douzaine d'esp&egrave;ces de l&eacute;muriens soit 8,50% de celles qui sont recens&eacute;es (et toujours vivantes).</P><P>Dans la famille des Cheirogaleidae, nous avons rencontr&eacute;:<BR> - Microc&egrave;be roux (Microcebus rufus).</P><P>Dans la famille des Indriidae, nous avons rencontr&eacute;:<BR> - Propith&egrave;que de Verreaux (Propithecus verreauxi)<BR> - Propith&egrave;que &agrave; diad&egrave;me (Propithecus diadema)<BR> - Propith&egrave;que de von der Decken (Propithecus deckenii)<BR> - Propith&egrave;que de Milne-Edwards (Propithecus edwardsi)<BR> - Indri ou babakoto (Indri indri).</P><P>Dans la famille des Lemuridae, nous avons rencontr&eacute;:<BR> - Hapal&eacute;mur gris (Hapalemur griseus) <BR> - Hapal&eacute;mur dor&eacute; (Hapalemur aureus) <BR> - Maki catta (Lemur catta)<BR> - L&eacute;mur fauve ou brun (Eulemur fulvus)<BR> - L&eacute;mur &agrave; ventre rouge (Eulemur rubrimenter)<BR> - Vari noir et blanc (Varecia variegata).</P><P>Un regret, nous n'aurons pas eu la chance de voir &quot;la danse des sifakas&quot; lorsqu'ils se d&eacute;placent sur le sol dans un mouvement &agrave; la fois vertical et horizontal par sauts successifs sur un mode qu'on ne retrouve chez aucun autre mammif&egrave;re. Quadrup&egrave;de dans l'environnement arboricole, au sol ils se sont adapt&eacute;s &agrave; une forme de bip&eacute;die et leur marche ressemble plut&ocirc;t &agrave; un galop. Cette bip&eacute;die est &eacute;galement pratiqu&eacute;es par les indris et plus rarement par les makis cattas (au sol, ces dernier marchent habituellement sur leur quatre pattes).</P><P>Apr&egrave;s avoir rencontr&eacute; ces adorables peluches que sont les l&eacute;muriens, on en viendrait &agrave; regretter qu'ils ne soient pas les anc&ecirc;tres de l'Homme plut&ocirc;t que leurs laids cousins les singes.</P><P> </P><P>M&ecirc;me les vitrines de No&euml;l 2012 des Galeries Lafayette du quartier de l'Op&eacute;ra &agrave; Paris leur font un clin d'oeil avec les sacs Louis Vuitton !</P><P>...et quelques mots sur les &quot;l&eacute;zards&quot;</P><P>DIVERSITE...</P><P>Les l&eacute;zards au sens tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;ral du terme forment un sous-groupe des sauriens, les L&eacute;pidosauriens, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de celui des Archosaures (crocodiles et oiseaux). Par certaines caract&eacute;ristiques, certains de ces animaux empruntent des caract&egrave;res aux crocodiles, aux serpents ou aux tortues&nbsp;! Ils ont ordinairement quatre membres, rarement deux et quelquefois aucun. Leurs doigts sont garnis d'ongles crochus; ils ont des dents; ils ne subissent pas de m&eacute;tamorphose.</P><P>Les l&eacute;zards se r&eacute;partissent en 9 grandes familles (une bonne trentaine de &quot;familles&quot; en tout) comportant plus de 440 genres et plus de 4500 esp&egrave;ces !<BR> Madagascar abrite plus de 210 esp&egrave;ces de &quot;l&eacute;zards&quot;.</P><P><BR> ..QUELQUES RENCONTRES</P><P>Au cours de notre p&eacute;riple, nous avons rencontr&eacute; quelques esp&egrave;ces appartenant &agrave; quatre des &quot;super-familles&quot;.</P><P>- Les Cham&eacute;l&eacute;onto&iuml;d&eacute;s: la queue des cam&eacute;l&eacute;ons a la facult&eacute; de s'enrouler pour soutenir l'animal qui par ailleurs poss&egrave;de des yeux ind&eacute;pendants. <BR> - Les Iguanid&eacute;s: le dos et la queue des iguanes sont assez ordinairement pourvus d'une cr&ecirc;te parfois, haute et dentel&eacute;e et la queue peut &ecirc;tre arm&eacute;e d'&eacute;cailles &eacute;pineuses dispos&eacute;es par anneaux. <BR> - Les Geckono&iuml;d&eacute;s: les geckos ont la particularit&eacute; d'avoir des doigts qui leur permettent d'adh&eacute;rer aux surfaces les plus lisses et m&ecirc;me de se tenir accroch&eacute;s sous une feuille ou un plafond, ce sont aussi les seuls sauriens capables d'&eacute;mettre des cris. <BR> - Quant aux divers l&eacute;zards &agrave; proprement parler, ils forment la famille des Lacerto&iuml;d&eacute;s.</P><P>Manao ahoana ! Bonjour !</P><P> Debout &agrave; 7h30, apr&egrave;s moins de 6 heures de sommeil. Nous avons &agrave; peine eu le temps d'appr&eacute;cier le confort de notre chambre au Chalet des Roses. <BR> Petit-d&eacute;jeuner continental qui nouspermet de faire connaissance avec les sachets de l'incontournable th&eacute; malgache TAF...</P><P>A 9 heures nous avons rendez-vous avec Richard, le responsable de notre agence pour un briefing d'avant circuit. Afin de ne pas nous retarder, il commence &agrave; nous expliquer notre circuit sans attendre une jeune stagiaire qui est en retard&nbsp;!</P><P>Pour d&eacute;marrer, ce n'est pas vraiment un rythme mora mora (&quot;doucement, lentement&quot;) que l'on pr&ecirc;te traditionnellement aux Malgaches.<BR> Peut-&ecirc;tre que les traditions se perdent car ce que l'on a pu percevoir de la vie des Malgaches au cours de notre circuit, c'est qu'ils &eacute;taient loin d'&ecirc;tre oisifs et qu'ils s'affairaient souvent &agrave; des travaux p&eacute;nibles. La notion peut en revanche tout &agrave; fait s'appliquer aux transports collectifs...</P><P> </P><P> A10h, c'est parti avec Patrick au volant d'un 4x4 Mitsubishi Pajero. C'est un v&eacute;hicule de seconde main, import&eacute; du Japon comme en t&eacute;moigne le volant plac&eacute; &agrave; droite. Confortable, avec climatisation dont nous ne ferons pas usage car la temp&eacute;rature est agr&eacute;able et lorsque n&eacute;cessaire on peut baisser facilement les vitres &eacute;lectriques, ce qui ma foi est bien commode pour saisir quelques photos sur le vif.<BR> Nous avons environ 200 km &agrave; parcourir pour cette premi&egrave;re &eacute;tape sur la fameuse Route Nationale 7, sur la route de nos vacances fran&ccedil;aises, non pas vers la C&ocirc;te d'Azur mais vers la c&ocirc;te sud-ouest de Madagascar!<BR> Il faut commencer par remplir le r&eacute;servoir. Dans la station Jovenna o&ugrave; nous faisons le plein, je suis effar&eacute; par le prix des carburants: le litre de gasoil &agrave; 2710 MGA (ou Ariarys) soit pratiquement 1 &euro;uro, le revenu journalier moyen d'un salari&eacute; malgache... La grande bouteille d'eau achet&eacute;e en boutique revient &agrave; un demi Euro (et un peu plus du double dans les restaurants). Pas cher pour nous mais inabordable pour le Malgache de base.</P><P>Nous d&eacute;couvrons les embarras de circulation dans une ville qui a grandi trop vite, sans plan directeur et sans infrastructures pens&eacute;es pour l'automobile. Facteur aggravant le relief vallonn&eacute;. Facteur favorable: la pauvret&eacute; limite le nombre de v&eacute;hicule et leur taille. On dit que Madagascar est un &quot;mus&eacute;e vivant de l'automobile fran&ccedil;aise&quot; et c'est vrai. On y voit en quantit&eacute; tout ce qui a circul&eacute; chez nous depuis les ann&eacute;es 1960-70 et notamment des quantit&eacute;s de Renault 4 mieux connues sous le nom de 4L. Ceci n'emp&ecirc;che pas de voir &eacute;galement leurs a&icirc;n&eacute;es 2CV Citro&euml;n. Ce qui est remarquable, c'est le relatif bon aspect ext&eacute;rieur des v&eacute;hicules. Ici, on a l'air d'accorder de l'importance &agrave; l'apparence. Ce qui n'emp&ecirc;che de voir souvent des capots lev&eacute;s et des mains dans le cambouis. Souvent ces v&eacute;hicules ont un petit quelque chose d'&eacute;trange dans leur allure... Apr&egrave;s observation plus attentive, on les trouve un peu &quot;haut sur pattes&quot; (suspensions adapt&eacute;es pour avoir un plus grand d&eacute;battement sur les pistes), avec en quelque sorte un petit air de famille avec les races de poulets haut sur pattes que l'on voit sous les tropiques...</P><P>L'agglom&eacute;ration d'Antananarivo est tr&egrave;s &eacute;tendue, une bonne douzaine de kilom&egrave;tres &agrave; partir du centre, pour la quitter en direction du sud. Plus on s'&eacute;loigne et plus les espaces de rizi&egrave;res viennent se m&eacute;langer aux zones d'habitation.<BR> A 13 km au sud de la ville, nous passons pr&egrave;s du Palais pr&eacute;sidentiel d'Iavoloha sans le savoir car Patrick ne nous l'a pas indiqu&eacute;. C'&eacute;tait le palais m&eacute;galomaniaque que se fit construire lors de son premier mandat Didier Ratsiraka, le quatri&egrave;me pr&eacute;sident du pays (1976-1993).</P><P>Sur la route, nous pouvons voir les premiers petits chariots astucieusement bricol&eacute;s que de jeunes Malgaches poussent et tirent pour transporter toutes sortes de marchandises, du bois, du fourrage, des sacs de charbon de bois et des sacs de riz qu'ils laissent d&eacute;valer dangereusement les c&ocirc;tes d&egrave;s que c'est possible. Ces engins improbables expriment la d&eacute;brouillardise de ces gens d&eacute;munis: roues faites de rondelle de bois, de roulements &agrave; billes, direction actionn&eacute;e parfois par un volant r&eacute;cup&eacute;r&eacute; sur des voitures ou des camions, freins fait de patins de bois frottant sur les roues... Une sp&eacute;cialit&eacute; malgache parmi d'autres...</P><P>La route est particuli&egrave;rement d&eacute;grad&eacute;e car c'est un axe tr&egrave;s emprunt&eacute;. Aux nids de poule et aux accotements ravin&eacute;s, il faut ajouter les r&eacute;tr&eacute;cissements &agrave; une seule voie pour le passage de nombreux ponts, les pi&eacute;tons aux abords des localit&eacute;s, les petits chariots, les v&eacute;hicules en pannes, les taxis-brousse &agrave; l'arr&ecirc;t &agrave; une halte....</P><P> </P><P> Premier arr&ecirc;t, &agrave; 11H, aux environs d'Ampangabe, pour voir un &eacute;tal d'artisanat de vannerie en raphia color&eacute; et tress&eacute;, objets plus ou moins utilitaires du genre chapeau (satroka), accessoire appr&eacute;ci&eacute; des Malgaches, ou jouets et objets d&eacute;coratifs. A l'arri&egrave;re de l'&eacute;tal, s'affaire tout un clan de plusieurs familles, avec leurs enfants car la rentr&eacute;e n'a pas encore eu lieu, s'aff&egrave;re au travail sur le raphia ou aux feux qui chauffent les cocottes o&ugrave; mijote le d&eacute;jeuner. Cette cuisine au bois &agrave; l'inconv&eacute;nient de d&eacute;gager beaucoup de fum&eacute;e et les objets achet&eacute;s en garde encore l'odeur des mois apr&egrave;s notre retour...</P><P>Les lani&egrave;res de raphia qui sont ainsi tiss&eacute;es ou tress&eacute;es proviennent d'un palmier de zone humide dont les feuilles peuvent atteindre 25 m de long, un record&nbsp;! Ce n'est pas pour rien que le nom d&eacute;signant la fibre se trouve &ecirc;tre d'origine malgache puisque Madagascar a pratiquement le monopole du raphia employ&eacute; dans le monde.</P><P>Aux abords de la route, outre les rizi&egrave;res et les premiers fours &agrave; briques en cours de cuisson si l'on en juge &agrave; la fum&eacute;e qui s'en d&eacute;gage (du bois est intercal&eacute; dans la meule entre les briques de terre crue) et d'autres sont en train de refroidir (il faut attendre trois semaines), on peut observer d&eacute;j&agrave; les m&eacute;faits de la d&eacute;forestation qui favorise le ravinement des collines &agrave; la saison des pluies. Ces c&ocirc;nes de ravinement sont d&eacute;sign&eacute;s avec un mot malgache, lavaka (qui signifie &quot;trou&quot;), mot pass&eacute; dans le langage international des g&eacute;omorphologues. <BR> Contrastant avec le vert des rizi&egrave;res, la couleur rouge de la lat&eacute;rite s'impose dans le paysage et dans les maisons faites en pis&eacute; ou en briques. Les maisons de ce style, en brique et &agrave; &eacute;tage, sont apparues sous l'influence du fameux Jean Laborde, conseiller de la Reine Ranavalona I&egrave;re (premi&egrave;re moiti&eacute; du XIXe s). Les plus anciennes sont couvertes de chaume tandis que le toit de certaines constructions r&eacute;centes est en t&ocirc;le. Ces maisons r&eacute;centes sont parfois recouvertes par des enduits modernes faits avec un mortier &agrave; base de ciment et peint de diverses couleurs. Seuls points communs, elles comportent un &eacute;tage (parfois deux pour les maisons r&eacute;centes les plus cossues) et n'ont pas de chemin&eacute;e d'o&ugrave; des traces de fum&eacute;e sur les fa&ccedil;ades, au-dessus des fen&ecirc;tres. Heureusement que Madagascar est une &icirc;le peu affect&eacute;e par la sismicit&eacute; car la plupart de ces maisons s'effondreraient comme de simples ch&acirc;teaux de cartes.<BR> Des &eacute;glises multiples dans le moindre village (protestante et catholique) et parfois au milieu de nulle part. Plus loin, un long &eacute;tal de grandes statues de la Vierge Marie occupe l'accotement.<BR> Un petit air landais ou p&eacute;rigourdin avec des publicit&eacute;s pour le foie gras de canard. La technique de gavage a &eacute;t&eacute; exp&eacute;riment&eacute;e au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960 et la fili&egrave;re s'est d&eacute;velopp&eacute;e vraiment &agrave; partir des ann&eacute;es 1980 avec la soci&eacute;t&eacute; Bongou.</P><P>Il est bient&ocirc;t midi lorsque nous arrivons &agrave; Ambatolampy apr&egrave;s avoir travers&eacute; des paysages &agrave; l'incroyable palette de couleurs.</P><P></P><P><BR> AMBATOLAMPY [ambatoulamp'] </P><P> Avant de d&eacute;jeuner Patrick en aluminium avec la technique de coulage &quot;&agrave; moule perdu&quot;. Dans une impasse &agrave; la chauss&eacute;e en terre d&eacute;fonc&eacute;e, premi&egrave;re fabrique ferm&eacute;e nous dit-on pour finalement se raviser et nous dire que se tient dans la cour un &quot;banquet-pique-nique&quot; de f&ecirc;te de retournement de mort (Famadihana) mais que des ouvriers travaillent quand m&ecirc;me...<BR> A cette heure de la journ&eacute;e et avec tous les foyers dispos&eacute;s dans la cour pour fondre de vieux morceaux d'alu (y compris des morceaux de blocs moteurs) &agrave; l'aide de charbon de bois, il fait particuli&egrave;rement chaud et enfum&eacute;. Mon &eacute;pouse fr&ocirc;le le malaise vagal et ne voit donc pas grand chose du processus de fabrication.</P><P><BR> Pourquoi travailler l'alu et non pas la fonte&nbsp;? L'alu est l'un des m&eacute;taux qui fond &agrave; assez basse temp&eacute;rature, 660&deg;, donc sa m&eacute;tallurgie est abordable de fa&ccedil;on artisanale (en recyclage du m&eacute;tal car sa fabrication initiale &agrave; partir de la bauxite, un minerai pauvre, est complexe -utilisation de produits chimiques- et co&ucirc;teuse, particuli&egrave;rement en &eacute;nergie &eacute;lectrique).<BR> En recyclage, la fusion du m&eacute;tal n'est donc pas trop difficile &agrave; obtenir. La partie la plus &eacute;tonnante de la fabrication concerne la r&eacute;alisation du moule ou plut&ocirc;t des moules et le coulage proprement dit. <BR> Quatre ouvriers s'aff&egrave;rent dans l'atelier o&ugrave; l'on assiste &agrave; quelque chose de spectaculaire.<BR> Les moules sont fait d'un sable tr&egrave;s fin, de couleur sombre, humidifi&eacute; pour se tenir. Le moule int&eacute;rieur correspond au p&acirc;t&eacute; de sable fait avec le contenu d'une cocotte-mod&egrave;le retourn&eacute;e sur un plateau. Ce moule est r&eacute;utilis&eacute; et retouch&eacute; e si n&eacute;cessaire. Ce moule est recoiff&eacute; par la cocottee-mod&egrave;le afin de confectionne le moule ext&eacute;rieur qui est fait de deux cadres de bois qui sont remplis de sable fortement tass&eacute; afin de pouvoir &ecirc;tre retir&eacute;s m&eacute;ticuleusement afin de d&eacute;gager la cocotte-mod&egrave;le. Maintenant, ces moules ext&eacute;rieurs viennent embo&icirc;ter le premier moule. Pour que l'ensemble se maintienne bien en place, outre des guides faits de tiges d'acier traversant les moules ext&eacute;rieurs, deux ouvriers grimpent sur l'assemblage pendant la phase de coulage&nbsp;! Dans l'espace m&eacute;nag&eacute; ainsi entre moule int&eacute;rieur et moule ext&eacute;rieur on coule l'aluminium fondu que l'on verse le contenu en fusion d'un creuset (une petite poche de transport) dans un orifice de moule sup&eacute;rieur jusqu'&agrave; ce que qu'un &eacute;vent faisant office de trop-plein rejette le m&eacute;tal exc&eacute;dentaire. Rapidement les ouvriers qui travaillent pieds nus proc&egrave;dent au d&eacute;montage du moule, lib&egrave;rent la nouvelle cocotte et le cycle de fabrication recommence. Apr&egrave;s refroidissement les cocottes brutes passent dans un atelier de finition o&ugrave; on &eacute;barbe les bavures.</P><P> </P><P> Tout cela nous aura mis en app&eacute;tit lorsque nous nous attablons pour d&eacute;jeuner une petite demi-heure plus tard &quot;Au Rendez-Vous des P&ecirc;cheurs - depuis 1951 Restaurant Gastronomique&quot;. Il n'y a pas foule et le service tra&icirc;ne un peu. Mes accompagnatrices se laissent tenter par des plats &agrave; base de porc ou de volaille. Pour ma part, j'attaque mon premier repas typiquement malgache, un copieux &quot;romazava de z&eacute;bu aux br&egrave;des mafana&quot; servi en cocotte alu comme il se doit. <BR> D&eacute;codage: le romazava mafana, c'est une sorte de pot au feu dont les l&eacute;gumes sont uniquement les feuilles de ces br&egrave;des mafana (Acmella oleracea parfois appel&eacute;e &quot;cresson de Par&aacute;&quot; et originaire d'Am&eacute;rique du sud), les fleurs jaunes et les feuilles de br&egrave;des mafanas ont un go&ucirc;t piquant (mafana veut dire &quot;chaud&quot;) et poivr&eacute; tr&egrave;s persistant en bouche avec une sensation l&eacute;g&egrave;rement astringente, apr&egrave;s coup. <BR> Co&ucirc;t du plat servi accompagn&eacute; au choix de riz, pois chiches ou rougail (sorte de ratatouille &agrave; base de tomates, oignons, gingembre, citron, piment): 10 000 MGA soit 3,50&euro;. La grande bouteille d'eau (1,5 l) tout comme la grande bi&egrave;re THB de 65 cl co&ucirc;tent 3000 MGA.</P><P> Trois quarts d'heure plus tard, il faut songer &agrave; reprendre la route. Le soleil est ardent et sa position septentrionale nous rappelle que nous sommes dans l'h&eacute;misph&egrave;re austral, ce qui nous surprend moins depuis notre circuit p&eacute;ruvien.<BR> En traversant la ville, c'est l'occasion de voir les premiers pousse-pousse. Cette invention japonaise et non pas chinoise qui s'est r&eacute;pandue &agrave; travers le monde depuis la fin du XIXe s. a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement adopt&eacute;e par les Malgaches, toujours dans sa version d'origine, la traction humaine. La version modernis&eacute;e de type tricycle (ou cyclo-pousse) est peu repr&eacute;sent&eacute;e. On verra ces &quot;hommes chevaux&quot; courant dans les rues de toutes les bourgades et villes travers&eacute;es le long de la Nationale 7. Et n'allez pas croire que ce moyen de transport est destin&eacute; aux touristes. Les Malgaches en font usage pour se faire transporter, parfois &agrave; deux ou trois (une m&egrave;re et des enfants par exemple), ou pour le transport d'objets (madriers...), sacs et colis.</P><P><BR> <BR> Dans la campagne, des maisons se font plus coquettes avec leur pis&eacute; peint dans des pastels ros&eacute;s. Nous commen&ccedil;ons &eacute;galement &agrave; remarquer les premiers tombeaux monumentaux &eacute;rig&eacute;s dans les champs. Pr&egrave;s d'une rivi&egrave;re, les lavandi&egrave;res &eacute;talent le linge &agrave; s&eacute;cher sur des rochers. Et plus loin,les troupeaux de z&eacute;bus se dirigeant vers les abattoirs de la capitale font &eacute;tape dans des p&acirc;turages.<BR> Les fonds de vall&eacute;es sont occup&eacute;s par des rizi&egrave;res ainsi que les premi&egrave;res pentes cultiv&eacute;es en esth&eacute;tiques terrasses, h&eacute;ritages des lointaines migrations indon&eacute;siennes. Moins gracieusement, on aper&ccedil;oit de temps &agrave; autre les fum&eacute;es de feux, br&ucirc;lis (tavy) ou feux de for&ecirc;t... Puis ce sont des femmes occup&eacute;es &agrave; casser des cailloux au bord de la route (&ccedil;a nous rappelle l'Inde ou la Birmanie). Des vendeurs de charbon de bois ont install&eacute; de vraies barricades de sacs blancs au bord de la route. Un moment nous longeons la voie ferr&eacute;e allant d'Antsirabe &agrave; Tamatave (Toamasina), en passant par la capitale.</P><P>En approchant d'Antsirabe, surprise de voir un tuk-tuk Bajaj, la grande marque indienne pour ces engins. Ne parlait-on pas de l'Inde &agrave; l'instant ? Un auto-rickshaw &eacute;gar&eacute;? En fait, il faut savoir que Madagascar accueille une importante communaut&eacute; indo-pakistanaise qui &quot;prosp&egrave;re&quot; dans le commerce... Mais c'est plut&ocirc;t un flot de pousse-pousse que l'on va rencontrer ici car Antsirabe a la r&eacute;putation d'&ecirc;tre &quot;la capitale des pousse-pousse&quot;.</P><P></P><P><BR> ANTSIRABE (&quot;l&agrave; o&ugrave; abonde le sel &quot;) [antsirab&eacute;] </P><P><BR> Antsirabe est la troisi&egrave;me plus grande ville de Madagascar apr&egrave;s Antananarivo et Toamasina (ex-Tamatave), avec une population qui pourrait &ecirc;tre estim&eacute;e &agrave; pr&egrave;s de 200 000 habitants.<BR> La ville a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&egrave;bre &agrave; l'&eacute;poque coloniale: &quot;ville d'eaux de l'h&eacute;misph&egrave;re sud&quot;, &agrave; l'atmosph&egrave;re rafra&icirc;chie par l'altitude (c'est l'endroit le plus froid du pays) ce qui est appr&eacute;ci&eacute; &agrave; la saison chaude. La ressource thermale est &agrave; mettre en rapport avec l'environnement d'anciennes montagnes volcaniques. Cette activit&eacute; a p&eacute;riclit&eacute; tandis que quelques activit&eacute;s industrielles ont pris la rel&egrave;ve: embouteillage de l'eau min&eacute;rale gazeuse, brasserie de la fameuse bi&egrave;re THB (Three Horses Beer) et textile.</P><P> </P><P> Premi&egrave;re visite d'artisanat au programme, un petit atelier de travail de gemmes. Rien d'&eacute;tonnant avec la grande vari&eacute;t&eacute; de pierres semi-pr&eacute;cieuses que la Grande Ile rec&egrave;le. Nous sommes gentiment re&ccedil;u par les lapidaires de la &quot;Taillerie de la Ville d'Eau Chez Joseph&quot;.</P><P> <BR> </P><P> Un peu plus tard, cette fois il s'agit d'un artisanat plus banal puisqu'il s'agit d'un atelier de confiseur &quot;Chez Marcel&quot; o&ugrave; nous passerons une petite demi-heure. L'atelier ne paie pas de mine mais l'accueil est charmant. On bous fait une d&eacute;monstration compl&egrave;te de fabrication de bonbons en nous proposant de choisir deux parfums naturels parmi une quinzaine. Nous optons pour citron et gingembre. Ca va piquer un peu...<BR> Le sucre est fondu dans une cocotte en alu pour en faire un sirop &eacute;pais. Pour le type de bonbons croquants que l'on va nous fabriquer, il faut porter le sirop &agrave; environ 140&deg;, au stade &quot;cass&eacute;&quot;. A la temp&eacute;rature requise le sirop est vers&eacute; sur une sorte de paillasse, une pierre de granit huil&eacute;e. La poudre des ingr&eacute;dients apportant le parfum est ajout&eacute;e et travaill&eacute;e d'abord &agrave; la spatule puis lorsque le sirop aura unpeu refrodit et commenc&eacute; &agrave; se figer, la p&acirc;te est travaill&eacute;e &agrave; la main et &eacute;tir&eacute;e pour y incorporer de l'air. Le malaxage continue en &eacute;tirant le cordon de p&acirc;te sur une tige m&eacute;tallique. Apr&egrave;s quoi, trois formes sont donn&eacute;es aux bonbons: d&eacute;coupage en biais avec des ciseaux en forme de berlingots dits &quot;bonbons &agrave; la fran&ccedil;aise&quot;, bonbons coup&eacute;s au fil puis roul&eacute;s en boule dits &quot;bonbons malagasy&quot; et enfin technique plus sophistiqu&eacute;e, passage du cordon de p&acirc;te entre les rouleaux d'une presse &agrave; bonbons qui y imprime des motifs apr&egrave;s quoi il est facile de s&eacute;parer les bonbons d'autant qu'apr&egrave;s refroidissement leur mati&egrave;re est devenue cassante.</P><P><BR> </P><P> La journ&eacute;e sera riche en visites puisque quelques minutes plus tard nous nous retrouvons &quot;Chez les Six Fr&egrave;res&quot;, un atelier travaillant la corne de z&eacute;bu. <BR> Cette d&eacute;monstration nous permet d'assister au travail d'&eacute;bauche d'un objet d&eacute;coratif en forme d'oiseau stylis&eacute;. L&agrave; aussi nous passerons une petite demi-heure.</P><P>Les cornes r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es dans les abattoirs sont chauff&eacute;es et &agrave; un moment donn&eacute;, un coup sec frapp&eacute; sur la corne permet d'en d&eacute;tacher le cornet osseux (le chauffage liqu&eacute;fie les tissus entre os et k&eacute;ratine). A noter que la couleur de la corne d&eacute;pend de la couleur de la robe du z&eacute;bu duquel elle provient. Ensuite, c'est un travail plus artistique d'entaillage &agrave; la scie, de chauffage pour assouplir la k&eacute;ratine afin de d&eacute;former et tordre certaines parties, puis de polissage au touret, &agrave; la lime, &agrave; la toile &eacute;meri, &agrave; la lame de verre en guise de grattoir et pour finir, lustrage avec de la cendre. La fabrication compl&egrave;te de ce mod&egrave;le d'oiseau demande trois heure de travail, un ouvrier en produit donc trois par jour...Les d&eacute;chets transform&eacute;s en farine servent d'engrais et d'aliment pour le b&eacute;tail. <BR> C&ocirc;t&eacute; boutique on peut voir la grande vari&eacute;t&eacute; d'objets que l'on peut faire avec la corne. Objets utilitaires comme peignes ou chausse-pieds, verres, couverts, coupe-papier... Objets de parures: pinces &agrave; cheveux, bracelets, colliers, bagues, pendentifs, boucles d'oreilles... en couleurs naturelles ou teint&eacute;s. Objets d&eacute;coratifs plus ou moins fantaisistes: coffrets &agrave; incrustations de corne, oiseaux, poissons, bateaux, insectes monstrueux...</P><P> </P><P><BR> Il est d&eacute;j&agrave; 16h30 et le tour de ville pour voir les b&acirc;timents coloniaux sera donc vite exp&eacute;di&eacute;. Apr&egrave;s coup, j'ai constat&eacute; que nous avons d&eacute;bouch&eacute; sur l'avenue de l'Ind&eacute;pendance, avec derri&egrave;re nous l&#146;H&ocirc;tel des Thermes. Remontant l'avenue, nous sommes pass&eacute;s entre la Poste et la St&egrave;le de l'Ind&eacute;pendance &agrave; la gloire des 18 ethnies du pays ...sans que Patrick nous les signale le moindrement du monde.</P><P>Photo rapide depuis la voiture en passant devant le b&acirc;timent &agrave; tour centrale de la gare construite en 1923 mais nous n'aurons pas le loisir d'observer les maisons merina &agrave; colonnes, ni de jeter un coup d'oeil &agrave; la cath&eacute;drale de la Salette ou de voir l'&eacute;tablissement thermal construit en 1917 (qui d'apr&egrave;s la doc a une architecture qui rappelle celle de la gare).<BR> Nous quittons la ville toujours au milieu d'une dense circulation de pousse-pousse.<BR> La r&eacute;gion situ&eacute;e aux alentours de la ville d&#146;Antsirabe s'appelle le Vakinakaratra. Il est un peu plus de 17 heures quand nous arrivons dans la bourgade de Manandona, un village entour&eacute; de rizi&egrave;res. Le jour baisse, lorsque nous quittons la route pour prendre sur notre droite une piste qui traverse les rizi&egrave;res et qui bient&ocirc;t, de plus en plus d&eacute;fonc&eacute;e, grimpe sur un coteau.</P><P> </P><P>MANANDONA [manandoun'] </P><P>A 17h15, sur notre gauche, un grand tombeau familial derri&egrave;re une b&acirc;tisse. <BR> Nous voici arriv&eacute;s au terme de l'&eacute;tape, notre g&icirc;te Bakobako, chez Jean-Auguste et Honorine Rabary, &agrave; Ambohitrimanjato. Il se situe vers les 1400 m. d'altitude, au pied de la montagne Ibity (2254 m.). Le village compte 370 habitants dont la moiti&eacute; d'enfants (environ 6 par famille).</P><P>Bakobako, c'est une onomatop&eacute;e &eacute;voquant le roucoulement du pigeon malgache ( &quot;coo-coo-ooooooooo&quot;) et c'est aussi un mot malgache signifiant &quot;gentils&quot; lorsque l'on qualifie des jeunes enfants car on ne doit jamais dire qu'ils sont beaux ou jolis. Tiens donc, voila un point commun avec l'Inde !</P><P>Quelques mots sur nos h&ocirc;tes. <BR> Ce g&icirc;te et ses h&ocirc;tes sont &eacute;voqu&eacute;s sur le site des voyageurs Claudie et Jacques. Si nous sommes d'accord avec eux sur le surnom de &quot;vieux coq&quot; dont s'affuble lui-m&ecirc;me le ma&icirc;tre des lieux, en revanche il y a un petit probl&egrave;me sur son pr&eacute;nom car il s'agit de Jean-Jacques et non pas d'Eug&egrave;ne. Le personnage haut en couleur est d&eacute;bordant de dynamisme malgr&eacute; ses 78 ans. Il se fait aussi appeler Dada Bary (dada signifie grand p&egrave;re et bary est un raccourci du nom de famille). C'est un ancien technicien hydraulicien en charge de la gestion de l'irrigation des rizi&egrave;res. Apr&egrave;s l'ind&eacute;pendance en 1960, il a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'un s&eacute;jour de 18 mois en Camargue pour se former.</P><P> <BR> On est bien accueilli ici. Ce sera l'une des deux seules &eacute;tapes du circuit o&ugrave; l'on nous offrira un pot d'accueil: bi&egrave;re (une THB de 65 cl !) et cacahu&egrave;tes. Jean-Auguste est aussi un conteur et un animateur qui manie l'humour avec art.<BR> En excellent fran&ccedil;ais, il raconte sa vie et celle des membres de sa famille en &eacute;maillant le tout d'anecdotes tandis que la nuit tombe vers 18 heures. Notre conteur remonte m&ecirc;me jusqu'&agrave; un grand-p&egrave;re qui eut rang de gouverneur de la Reine&nbsp;! Il parle de son &eacute;pouse Honorine, ma&icirc;tresse cuisini&egrave;re, sp&eacute;cialiste du z&eacute;bu. Il &eacute;voque aussi ses enfants, certains partis &agrave; la ville, et en particulier son fils Jean Lamour dont il semble tr&egrave;s fier et auquel il nous confiera demain pour la ballade dans les villages et les rizi&egrave;res. <BR> Personnage int&eacute;ressant et ...int&eacute;ress&eacute; lorsqu'il nous montre sa &quot;collection&quot;, en fait un sac en plastique rempli de pi&egrave;ces de monnaies &eacute;trang&egrave;res auquel des euros font d&eacute;faut puis il embraye sur sa &quot;collection&quot; de billets de banque en nous proposant un curieux (&eacute;)change: un billet de 10 000 MGA contre un billet de 5&euro;, ce qui lui procurerait ainsi un gain de 4 000 MGA puisque le cours est de 2 800 MGA pour un Euro!</P><P><BR> <BR> Maintenant quelques mots du g&icirc;te. <BR> Nos habituels voyages organis&eacute;s en groupe ont pu nous amener &agrave; loger dans des h&ocirc;tels peu confortable mais nous ne sommes ni des routards ni des trekkeurs et nous ne nous attendions pas &agrave; la grande rusticit&eacute; du g&icirc;te (je serais tent&eacute; d'&eacute;crire son inconfort), surtout que notre premi&egrave;re nuit malgache avait &eacute;t&eacute; fort &eacute;court&eacute;e. <BR> Le g&icirc;te se pr&eacute;sente sous forme d'une grande maison &agrave; &eacute;tage dont le rez-de-chauss&eacute;e est pr&eacute;c&eacute;d&eacute; par une galerie-terrasse. A chaque niveau, on trouve deux chambres lesquelles comportent deux lits superpos&eacute;s soit 4 personnes. La maison comporte donc 16 couchages. Dans une maison voisine, il y a &eacute;galement deux chambr&eacute;es &agrave; 4 couchages. Jean-Auguste peut donc accueillir jusqu'&agrave; 24 personnes... Ailleurs sur le site du g&icirc;te on trouve mention de 52 lits (!). Ce soir nous ne sommes que trois pensionnaires tandis que le g&icirc;te doit &ecirc;tre au complet le soir suivant. En fait dans le cadre des actions de d&eacute;veloppement s'appuyant sur le tourisme, il existerait &eacute;galement quatre autres g&icirc;tes aux environs. </P><P>L'installation &eacute;lectrique est des plus sommaire (fils souples, dominos apparents) et l'&eacute;clairage n'est assur&eacute; que pendant environ deux heures gr&acirc;ce &agrave; un groupe &eacute;lectrog&egrave;ne faiblard. Avec un bat-flanc et un matelas plut&ocirc;t mince, le couchage est dur. La protection antimoustique se limite &agrave; des spirales &agrave; br&ucirc;ler qui, en raison de l'humidit&eacute;, refusent de br&ucirc;ler.<BR> Un mot sur les sanitaires. Il n'y en a &eacute;videmment pas dans le g&icirc;te. Des petits cabanons non loin de l&agrave; dans le jardin en font office. L'eau ne coule pas de robinets ni de chasse d'eau. Des seaux d'eau froide et m&ecirc;me chaude, &agrave; la demande, sont mis &agrave; disposition. Vase de nuit &eacute;galement disponible...</P><P>La salle de restaurant se trouve dans un petit b&acirc;timent face au g&icirc;te.</P><P> Avant le d&icirc;ner, entre 19h et 19h30, Jean-Auguste nous a concoct&eacute; un petit spectacle sans pr&eacute;tention pour lequel il mobilise une demi-douzaine de jeunes gens pour faire l'orchestre et une quinzaine d'enfants, dont certains de ses petits-enfants. Les instruments rel&egrave;ve de l'inventivit&eacute; malgache: guitares &agrave; cordes faites avec des c&acirc;bles de freins de v&eacute;lo, banjo &agrave; cordes en fil de p&ecirc;che... et plus traditionnels tambours en peau de z&eacute;bu. Dans la traditions malgache, danses et chants empruntent parfois &agrave; l'actualit&eacute;: &quot;danse de la reine&quot;, &quot;danse des kalaks&quot; (les Kalachnikovs utilis&eacute;es par les dahalos, les voleurs de z&eacute;bus&quot;), &quot;danse exotique&quot;... Qu&ecirc;te pour les musiciens tandis que les enfants esp&egrave;rent de sacs de bonbons. Comme nous avons le souci de pr&eacute;server leur dentition, nous n'avons rien de tel &agrave; leur proposer. Nous remettons un peu d'argent &agrave; Jean-Auguste contre la promesse qu'une partie sera transform&eacute;e en cahiers et crayons.</P><P> A table&nbsp;! <BR> Honorine n'a pas failli &agrave; sa r&eacute;putation de cuisini&egrave;re pour le d&icirc;ner. <BR> Une surprise la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; de la vaisselle que nous aurions pu prendre pour de la fa&iuml;ence. En r&eacute;alit&eacute; il s'agit de fine t&ocirc;le &eacute;maill&eacute;e et d&eacute;cor&eacute;e, que Jean-Auguste qualifie de &quot;vaisselle de le Reine&quot; puisqu'il s'agit d'une technique h&eacute;rit&eacute;e de Jean Laborde, le conseiller de la Reine Ranavalona I&egrave;re (premi&egrave;re moiti&eacute; du XIXe s).<BR> D&icirc;ner tr&egrave;s (trop) copieux: d&eacute;licieuse soupe de l&eacute;gumes (on en reprend), hachis de z&eacute;bu accompagn&eacute; de choux-fleurs, tomate et radis, c&ocirc;telettes de porc grill&eacute;es accompagn&eacute;es de mange-tout et pour finir salade de banane compot&eacute;e.</P><P> Mal dormi: trop mang&eacute; et couchage trop dur! De plus, on per&ccedil;oit l'aurore au travers des volets d&egrave;s 5 heures.</P><P> A 7heures, petit-d&eacute;jeuner tout aussi copieux que le d&icirc;ner de la veille. Confiture maison, fromages et miel aux go&ucirc;ts particuliers, th&eacute;, caf&eacute;, chocolat au lait (&agrave; base de lait concentr&eacute; Socolait). Egalement des galettes &agrave; p&acirc;te blanche faites &agrave; base d'une farine grossi&egrave;re de riz, des sortes de pancakes sans oeuf. Et aussi du &quot;pain fran&ccedil;ais&quot;, en fait il s'agit d'un pain blanc trop p&eacute;tri, &agrave; mie tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;re, comme on en trouvait chez nous il y a une trentaine d'ann&eacute;es. Au cours de notre voyage, nous retrouverons pratiquement partout cette m&ecirc;me texture de pain.</P><P>Ainsi r&eacute;confort&eacute;s, notre petit groupe de vazahas (prononcer [vaza]) peut aborder la matin&eacute;e de d&eacute;couverte des villages et rizi&egrave;res de la plaine en compagnie de Jean Lamour, le fils de Jean-Auguste. Outre son activit&eacute; de guide et son implication dans une association de d&eacute;veloppement local, il exerce le m&eacute;tier d'architecte-ing&eacute;nieur et il dirige des projets de construction y compris &agrave; Tananarive.</P><P></P><P>Vazaha</P><P>La notion de vazaha est un moyen de cat&eacute;goriser l'&eacute;tranger par l'apparence physique, celui venu d'ailleurs, sans notion p&eacute;jorative ou raciste. Le terme peut aussi &ecirc;tre appliqu&eacute; &agrave; un Malgache qui a v&eacute;cu longtemps hors du pays. Enfin, il peut en &ecirc;tre fait usage pour d&eacute;signer une personne au statut social &eacute;lev&eacute;, comme on dirait &quot;patron&quot;. Mais a contrario, d'un expatri&eacute; bien accultur&eacute;, on dira qu'il n'est plus vazaha ou alors que c'est un &quot;vazaha gasy&quot; (&eacute;tranger malgache). <BR> La notion de vazaha se d&eacute;cline comme celle de vahiny, invit&eacute;. Quand on est parfaitement int&eacute;gr&eacute;, on n'est plus invit&eacute; mais on est comme chez soi.<BR> Quant aux Blancs n&eacute;s dans le pays, ce sont des zanatany, des &quot;fils du sol&quot;.</P><P>D'autres d&eacute;signations ethniques s'appliquent aux &eacute;trangers notamment ceux venant d'Asie: Karana pour les Indo-pakistanais et Sinoa pour les Chinois.</P><P></P><P> A 7h45, avec nos chaussures de marche aux pieds, nous quittons le g&icirc;te avec un sac l&eacute;ger (il faut quand m&ecirc;me compter 1,5 litre d'eau par personne) et sans m&ecirc;me porter notre pique-nique. Nous allons parcourir environ 8 km en 4 heures de marche tr&egrave;s tranquille.<BR> Un coup d'oeil dans le hameau voisin avec ses maisons plus ou moins anciennes et plus ou moins vastes, en pis&eacute;, en brique, &agrave; toit de chaume, &agrave; toit de t&ocirc;le, &eacute;l&eacute;mentaires, &agrave; terrasse couverte... Les enfants sont adorables, souriants et polis et apparemment en excellente sant&eacute;. Pr&egrave;s du hameau, on peut voir une sorte de fumi&egrave;re o&ugrave; les d&eacute;chets m&eacute;nagers et animaux sont mis en compost, un lieu qui ne d&eacute;pla&icirc;t pas &agrave; une poule venue picorer accompagn&eacute;e de sa couv&eacute;e et &agrave; un porcelet tachet&eacute; qui vient y fouiner.<BR> Un peu plus loin, nous voyons quelques jeunes gens et des gar&ccedil;ons affair&eacute;s &agrave; la fabrication de briques crues: p&eacute;trissage et moulage, briques mises &agrave; s&eacute;cher au soleil avant de rejoindre les murs de la maison voisine en construction. Puis nous passons devant l'&eacute;cole primaire &agrave; 4 cours: CE1-CE2 et CM1-CM2 avec des dessins et maximes peints sur les murs (&quot;Nettoyer, c'est bien&quot;, &quot;Ne pas salir, c'est mieux&quot;...). Le monument voisin &eacute;rig&eacute; en 1998 comm&eacute;more le quatre-vingt-cinqui&egrave;me anniversaire de sa cr&eacute;ation (&quot;R. M. 1913-1998 85 taona...&quot;).</P><P> </P><P><BR> Puis nous continuons &agrave; descendre vers la plaine en accompagnant un bout de chemin deux enfants conduisant trois z&eacute;bus au p&acirc;turage. Maintenant nous allons marcher sur les chemins de terre des hameaux, le long des canaux d'irrigation et parfois sur les diguettes s&eacute;parant les parcelles. Nous rencontrons Honorine qui s'en va faire des courses &agrave; v&eacute;lo. <BR> On d&eacute;couvre les rizi&egrave;res. Aucune m&eacute;canisation et pratiquement aucun recours &agrave; la traction animale (nous ne verrons qu'un attelage qui, semble-t-il, ne proc&eacute;dait qu'&agrave; l'ameublissement d'une terre d&eacute;j&agrave; retourn&eacute;e) pour le travail de la terre. Les seuls z&eacute;bus que l'on voit sont gard&eacute;s en p&acirc;turage sur des parcelles en chaume ou sur les digues. En effet, certaines parcelles ne sont pas encore retourn&eacute;es, d'autre sont en cours de labour &agrave; l'aide de b&ecirc;ches &agrave; long fer l&eacute;g&egrave;rement arrondi. Ces outils sont utilis&eacute;s de fa&ccedil;on curieuse, on enfonce le fer non pas en s'aidant du pied mais en pr&eacute;cipitant le fer de toute sa force appliqu&eacute;e sur le manche. Pour les jeunes filles &agrave; marier, plus le fer de la b&ecirc;che est long, plus celui qui la porte est un parti enviable.<BR> Autre curiosit&eacute;, l'ouvrier se place sur la partie retourn&eacute;e et attire la motte vers lui. Dans certaines parcelles, on peut voir le vert tr&egrave;s tendre des semis de riz dont les plans commencent &agrave; &ecirc;tre repiqu&eacute;s ailleurs dans la boue par les femmes. Notre guide nous explique que l'on fait deux r&eacute;coltes par an dans cette r&eacute;gion. Voyant que certaines parcelles sont transform&eacute;es en &quot;carri&egrave;re&quot; pour en extraire la terre non loin de four &agrave; briques, Jean-Lamour indique que c'est un moyen de pallier la baisse de production qui se manifeste au bout de quelques ann&eacute;es, il est bon d'extraire la terre us&eacute;e pour en faire des briques et retrouver un sol neuf.</P><P> <BR> On ne cultive pas seulement le riz comme on peut le constater: manioc (qui se bouture simplement avec des bout de tiges), taro ou &quot;oreille d'&eacute;l&eacute;phant&quot; (Colocasia esculenta), patate douce, papaye, pomme de terre, petits pois, tomates, orge, armoise (Artemisia)... De cette plante (&agrave; ne pas confondre avec l'ambroisie, sa cousine allergisante) &agrave; fleurs jaunes d'origine chinoise on extrait une substance m&eacute;dicamenteuse, l'artemisinine, pour soigner les malades atteints de paludisme. Depuis 2006, la soci&eacute;t&eacute; Bionexx a d&eacute;velopp&eacute; la culture sur quelques centaines d'hectares &agrave; Madagascar mais il semble que cette culture soit de moins en moins rentable pour les producteurs.<BR> Autres cultures, cette fois dans les potagers, celles de diff&eacute;rentes vari&eacute;t&eacute;s de br&egrave;des (divvers l&eacute;gumes &agrave; feuilles comestibles).<BR> Les paysans les plus pauvres exploitent moins d'un hectare et doivent trouver un compl&eacute;ment de revenu en travaillant comme journaliers dans des fermes plus importantes, dont la surface peut atteindre la trentaine d'hectares. Ce qui se traduit dans la taille et l'apparence des fermes mais &eacute;tant pr&eacute;cis&eacute; que le summum de richesse se manifeste dans les maisons color&eacute;es de fonctionnaires&nbsp;! On voit m&ecirc;me une vieille Renault pos&eacute;e l&agrave; au bord d'un sentier, aussi d&eacute;plac&eacute;e que s'il s'agissait d'un Ovni!<BR> Nous visitons d'ailleurs une modeste maison dont l'unique pi&egrave;ce du rez-de-chauss&eacute;e sert de cuisine et salle &agrave; manger. Le noircissement du plafond et du haut de murs r&eacute;sulte de l'absence de chemin&eacute;e. Heureusement, comme on le constate, &agrave; la saison s&egrave;che, on fait souvent la cuisine &agrave; l'ext&eacute;rieur. Une &eacute;chelle permet d'acc&eacute;der &agrave; la chambre collective des membres de la famille.<BR> Dans une ferme plus riche, nous arrivons lorsque la ma&icirc;tresse de maison est en train de vanner le riz. Dans une cour voisine, des tubercules de manioc s&egrave;chent au soleil.<BR> Nous croisons des troupeaux et aussi des villageois et de nombreux enfants, toujours courtois et ne sommes jamais importun&eacute;s. Cette r&egrave;gle du jeu que l'association pour le d&eacute;veloppement a d&eacute;finie est bien int&eacute;gr&eacute;e par les habitants en contrepartie des avantages collectifs que leur apportent les retomb&eacute;es du tourisme. </P><P> <BR> Pr&egrave;s d'un hameau, un panneau en bois est disponible pour affichage libre, une sorte de dazibao &agrave; la malgache. On peut y lire des messages en fran&ccedil;ais ou en malgache, &eacute;crits &agrave; la craie ou au charbon : &quot;La fille de M... est tr&egrave;s jolie&quot;, &quot;Je t'aime. Au revoir&quot;, &quot;Mauvaise habitude de vazaha ...paresseux&quot;. Plus loin nous arrivons devant une cabane en planche dont la fa&ccedil;ade ouverte sert de comptoir &agrave; une &eacute;picerie de campagne devant laquelle la foule se presse. Les lavandi&egrave;re sont &agrave; l'oeuvre dans le canal principal o&ugrave; barbotent les canards et o&ugrave; les z&eacute;bus viennent aussi s'abreuver (et s'ils ne faisaient que cela!).<BR> Des maisons en construction: l'une que l'on commence &agrave; couvrir de chaume et l'autre dont les derni&egrave;res briques des pignons sont en cours de pose tandis que le drapeau malgache qui la surmonte t&eacute;moigne de son ach&egrave;vement imminent. Un bon moment plus tard, nous passons pr&egrave;s d'une carri&egrave;re o&ugrave; des hommes tirent des moellons de granit avec l'outillage le plus rudimentaire. Nous arrivons au pied de la cascade de la source sacr&eacute;e, surmont&eacute;e d'un petit barrage permettant de d&eacute;river une partie de l'eau vers le canal d'irrigation. C'est l'une des seules occasions o&ugrave; l'on nous parlera de fady, de tabou. Ici il est interdit de se baigner dans la rivi&egrave;re. Par contre rien n'interdit au jeune couple d'amoureux que nous apercevons de franchir le barrage en qu&ecirc;te de quelque coin tranquille&nbsp;!</P><P> </P><P>Un peu plus loin on voit des femmes venant des rizi&egrave;res o&ugrave; un four &agrave; brique est install&eacute; en transportant sur leur t&ecirc;te des paniers contenant au moins une douzaine de briques (15 kg probablement), sous un soleil d&eacute;j&agrave; ardent, il est 10h30. Arriv&eacute;es sur le sentier aux abords d'un hameau, le relais est pris par des fillettes qui emportent de la m&ecirc;me fa&ccedil;on la moiti&eacute; de la charge.<BR> Maintenant nous rentrons carr&eacute;ment dans les rizi&egrave;res, nous dirigeant vers le centre de la plaine. Sur les diguettes on aper&ccedil;oit des aigrettes (ou pique-boeufs ou encore garde-boeufs) venues compl&eacute;ter leur repas d'insectes par quelques grenouilles ou crustac&eacute;s (&eacute;crevisses)... <BR> Bien entendu, Jean Lamour est connu de tous et semble respect&eacute; comme un notable, qu'il n'est pas&nbsp;! car il se refuse &agrave; se pr&eacute;senter aux &eacute;lections locales. En revanche, il a un r&ocirc;le d'&eacute;ducateur, discutant ici avec une femme atteinte d'une tumeur au cerveau qui a besoin de m&eacute;dicaments, l&agrave; avec un adolescent qui travaillent dans une rizi&egrave;re et qu'il soutient dans ses &eacute;tudes de fin de lyc&eacute;e pour l'orienter par la suite vers l'Universit&eacute;...</P><P><BR> LES VATOLAHY, pierres dress&eacute;es malgaches</P><P>A l'&eacute;poque des royaut&eacute;s, seuls les nobles &eacute;rigeaient des Vatolahy ou &quot;pierres m&acirc;les&quot;. <BR> C'est une tradition tr&egrave;s ancienne qui remonte aux premiers habitants de Madagascar. <BR> Ce type de monument dont la taille et l'ornementation d&eacute;pendent de la puissance du groupe social de ceux qui l'ont &eacute;rig&eacute; &eacute;tait destin&eacute; &agrave; comm&eacute;morer un &eacute;v&eacute;nement important: fun&eacute;railles, circoncision, r&eacute;conciliation, passage du roi... et plus rarement &agrave; borner une fronti&egrave;re. </P><P>Un autre hameau, d'autres maisons, des villageois... Une pierre lev&eacute;e au bord d'un chemin. Ce m&eacute;galithe qui d&eacute;passe du sol sur environ 1,50m. n'est pas une borne mais un vatolahy, une st&egrave;le ou &quot;pierre royale&quot; comm&eacute;morant le passage ici d'un roi m&eacute;rina il y a trois si&egrave;cles. </P><P>Plus loin, un avis (filazana) en langue malgache invite &agrave; inscrire les &eacute;l&egrave;ves en vue d ela rentr&eacute;e du 5 octobre (comme nous&nbsp;! qui rentrerons en France ce jour l&agrave;).</P><P> Nous terminons notre visite par un petit atelier de tissage et d'&eacute;levage de vers &agrave; soie de Clarisse et Haingo. Outre la soie d'&eacute;levage issue des larves de Bombyx &eacute;lev&eacute;es dans des paniers remplis de feuilles de m&ucirc;rier, on y travaille aussi la soie sauvage dont on fait des &eacute;charpes...</P><P> Il est bient&ocirc;t midi et tout cela nous a ouvert l'app&eacute;tit. Nous allons pique-niquer sous un petit pr&eacute;au de l'&eacute;cole primaire d'Ambohiponana. L'&eacute;tablissement qui b&eacute;n&eacute;ficie de financements d'ONG a l'air important mais reste rustique... nous en utilisons les &quot;cabinets&quot; en toilette s&egrave;che avant de manger. Environ 350 &eacute;l&egrave;ves y sont accueillis dans 8 classes.<BR> Jean Lamour a apport&eacute; le pique-nique dans son sac: copieuse salade v&eacute;g&eacute;tarienne &agrave; base de plusieurs l&eacute;gumes et d'oeuf dur &eacute;miett&eacute; et orange en dessert. </P><P>Apr&egrave;s ce repas, nous retrouvons Patrick et son 4x4 &agrave; la sortie du hameau tandis qu'un attroupement d'enfants se forme autour des vazahas en train de changer de chaussures.</P><P>Au revoir Jean Lamour et bon vent pour tes projets. <BR> Nous avons pass&eacute; une agr&eacute;able et instructive matin&eacute;e en ta compagnie. <BR> Nous avons vu tellement de choses mais pas le Palais Royal indiqu&eacute; au programme&nbsp;!</P><P><BR> Sur la piste conduisant &agrave; la Route Nationale 7 nous croisons Jean-Auguste, alerte comme une jeune homme, qui rentre &agrave; pied du village principal. <BR> Nous retrouvons le paysage de collines chauves par l'effet des feux de brousse que l'on aper&ccedil;oit souvent et avec pour corollaire des marchands de sacs de charbon au bord de la route.</P><P> </P><P>AMBOSITRA [amboustch']</P><P>Apr&egrave;s une soixantaine de kilom&egrave;tres avec le cadre des montagnes de l'Ankaratra, nous avons quitt&eacute; le pays m&eacute;rina pour celui des Betsileo, plus pr&eacute;cis&eacute;ment des Zafimaniry, un sous-groupe des Betsileos, et nous arrivons &agrave; Ambositra.</P><P> Un peu avant l'agglom&eacute;ration, sur le bord droit de la route, Patrick fait un arr&ecirc;t &agrave; l'atelier de marqueterie et sculpture zafimaniry sur bois pr&eacute;cieux (bois de rose, acajou, palissandre...) &quot;Arts Malagasy - Jean et Fr&egrave;re&quot;. Ce n'est pas notre jour de chance car une bonne partie du personnel (le tiers ou la moiti&eacute;!) se trouve absent ce jeudi, pour des causes qu'on ne sait pas trop bien nous pr&eacute;ciser: f&ecirc;te de retournement de mort (famadihana)... Toujours est-il que nous ne verrons que des sculpteurs au travail, ce qui est commun, mais ne verrons aucun travail de marqueterie, beaucoup plus passionnant selon les t&eacute;moignages que j'en ai recueilli (technique de d&eacute;coupage notamment). Le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry a fait l'objet du classement de la culture zafimaniry, proclam&eacute;e par l'UNESCO chef-d'&#156;uvre du patrimoine oral et immat&eacute;riel de l'humanit&eacute; en 2003 puis inscrite en 2008 sur la liste patrimoine culturel immat&eacute;riel de l&#146;humanit&eacute;.</P><P> </P><P><BR> Nous passons Ambositra sans visiter le quartier de Tompon'I Vinany, ni l'&eacute;glise des J&eacute;suites ni le Palais Royal (encore un de rat&eacute;!) mais il vrai que l'heure tourne. Il est pr&egrave;s de 15 heures et nous avons encore 85 kilom&egrave;tres &agrave; parcourir soit environ deux heures de trajet si l'on adopte cette mesure des distances plus appropri&eacute;e ici. Et toujours des fum&eacute;es de feux, br&ucirc;lis (tavy) ou feux de for&ecirc;t. Les maisons en pis&eacute; se font plus nombreuses.<BR> Les d&eacute;faillances m&eacute;caniques et la fatigue aidant sont causes d'accidents. C'est sans doute ce qui est arriv&eacute; au camion que nous voyons renvers&eacute; sur le c&ocirc;t&eacute; de la route. Nous passons tr&egrave;s pr&egrave;s de feux de brousses qui sont comme toujours hors de contr&ocirc;le.<BR> Notre chauffeur &agrave; demi rassur&eacute; nous indique qu'&agrave; partir de maintenant nous entrons dans une des &quot;zones rouges&quot; pour les attaques par les bandits, les dahalos, voleurs de z&eacute;bus et d&eacute;trousseurs de voyageurs. Il ajoute qu'il vaut mieux ne plus &ecirc;tre sur la route &agrave; la nuit venue... Pour limiter les risques, et de panne, et d'embuscade, les taxis-brousse qui roulent la nuit se d&eacute;placent en convois de 5 ou 6 v&eacute;hicules.</P><P> </P><P> 16h20, c'est la panne&nbsp;! Ca n'arrive pas qu'aux taxis-brousse. <BR> M&ecirc;me si nous ne sommes qu'&agrave; environ trois kilom&egrave;tres de notre destination, c'est ennuyeux. Il y a l&agrave; nos affaires et puis pour la suite du circuit. Patrick est catastroph&eacute;. Il a la responsabilit&eacute; de nous acheminer. Le v&eacute;hicule appartient &agrave; son patron, Richard. Et il a clairement en vue qu'il va perdre les 6 jours suivants o&ugrave; il devait nous accompagner jusqu'&agrave; Ifaty. Apparemment aucun t&eacute;moin n'a alert&eacute; sur un probl&egrave;me et c'est a vapeur s'&eacute;chappant du capot qui r&eacute;v&egrave;le un gros probl&egrave;me de kjoint de culasse ou m&ecirc;me, selon les dires de Patrick, de fissure de culasse. Apr&egrave;s dix minutes, le moteur ayant un peu refroidi, il y met ce qui nous reste d'eau et, pour compl&eacute;ter, demande &agrave; des villageois passant par l&agrave; d'aller nous chercher de l'eau au ruisseau qui coule en contrebas avec nos bouteilles vides. Ceux-ci s'acquittent bien de la commande et re&ccedil;oive de petits billets en &eacute;change de l'eau trouble rapport&eacute;e. Avec ce d&eacute;pannage de fortune, nous arrivons &agrave; destination un peu avant la nuit, vers 16h45.</P><P></P><P><BR> AMBOHIMAHASOA [ambouhimasou] </P><P>L'Ecolodge de l'Ialatsara ou &quot;Lemur Forest Camp&quot; se trouve en bordure de route, sur la gauche, quatre kilom&egrave;tres avant d'arriver &agrave; la ville d'Ambohimahasoa. <BR> Ouvert en 2002, il est tenu par Daniel Rajaona, un grand malgache m&eacute;tiss&eacute; (mais ne le sont-ils pas tous, plus ou moins&nbsp;?) d'apparence bourrue mais fort sympathique qui vit ici pendant la belle saison avec B&eacute;r&eacute;nice fran&ccedil;aise dans la grosse maison voisine du restaurant. C'est d'ici que demain la matin&eacute;e nous devons partir &agrave; la d&eacute;couverte de la R&eacute;serve priv&eacute;e de l'IADE (Ialatsara D&eacute;veloppement Ecoutourisme).</P><P> Nous aurons encore une nuit rustique car nous logeons dans des bungalows l&eacute;gers sur pilotis,non totalement clos (pointes de pignons non ferm&eacute;e). Eau dans des seaux, y compris l'eau chaude livr&eacute;e sur demande. Moustiquaire bien pratique au-dessus du lit mais pas du tout d'&eacute;lectricit&eacute;. Il faut mettre les batteries &agrave; charger dans la salle de restaurant. On peut s'&eacute;clairer &agrave; la bougie pos&eacute;e sur le chevet mais &ccedil;a ne me semble pas judicieux avec les voilages des moustiquaires et un b&acirc;timent tout en bois. Il vaut mieux utiliser une lampe &eacute;lectrique si on n'a pas oubli&eacute; de s'en munir.<BR> Le camp se trouvant au milieu des bois, nous allons entendre des bruits divers de branchages, d'animaux. D'ailleurs Daniel nous a dit de prendre la pr&eacute;caution d'accrocher &agrave; un clos de la salle de restaurant ce que nous pourrions avoir de comestible avec nous, bananes, bonbons... car cela pourrait amener des animaux &agrave; s'introduire dans les bungalows, notamment les l&eacute;murs &agrave; ventre roux (Eulemur Rubriventer) .<BR> Les 14 bungalows dont trois dot&eacute;s de toilettes int&eacute;rieures (nous en b&eacute;n&eacute;ficions) peuvent accueillir 20 pensionnaires mais nous ne serons que cinq ce soir, nous trois et un jeune couple d'Alsaciens en voyage de noces.<BR> Nous voyons Patrick aller et venir, suspendu &agrave; son portable et faisant grise mine. Richard ne tient pas &agrave; faire r&eacute;parer par ici et il faut trouver une solution pour ramener le 4x4 &agrave; Tana. Quant &agrave; Patrick, il devra rentrer en empruntant les traditionnels moyens de transport du pays... </P><P> En attendant le d&icirc;ner, entre 18 heures et 18 heures 45, on nous propose de faire une br&egrave;ve visite nocturne dans les parages du camp sous la conduite de Jean-Baptiste. C'est une option un peu ch&egrave;re: 70 000 MGA. Cela nous permet de faire connaissance avec Jean-Baptiste qui nous guidera la matin&eacute;e suivante (et qui a guid&eacute; cette apr&egrave;s-midi les Alsaciens). <BR> Munis de lampes de poche (les frontales c'est mieux), nous aurons l'occasion d'y voir nos premiers l&eacute;muriens, les plus petits de tous les primates, une esp&egrave;ce de grosse souris aux grands yeux en raison de son mode de vie nocturne, le microc&egrave;be roux (Microcebus Rufus). Moins de 15cm pour le corps et moins de 30 cm avec la queue et un poids moyen d'environ 50 grammes. Il y a un peu de tricherie pour les observer facilement. En &eacute;crasant un peu de banane, on r&eacute;pond &agrave; leur r&eacute;gime alimentaire omnivore. Il existe une autre esp&egrave;ce de l&eacute;murien nocturne dans cette r&eacute;serve, mais nous ne la verrons pas, les l&eacute;pil&eacute;murs (Lepilemur) qui p&egrave;sent un peu moins d'un kilo.<BR> Nous apercevrons &eacute;galement des cam&eacute;l&eacute;ons de couleur verte (la R&eacute;serve abrite 7 esp&egrave;ces de cam&eacute;l&eacute;ons) dont on peut observer l'extraordinaire capacit&eacute; &agrave; mouvoir leurs yeux de fa&ccedil;on ind&eacute;pendante (d'o&ugrave; un champ de vision horizontale de180&deg; et verticale de 90&deg;), leurs mouvements de d&eacute;placement imperceptibles d'une seule patte &agrave; la fois, comme au ralenti, et ils sont agit&eacute;s par un lent balancement qui simule l'effet du vent sur les branchages. Les cam&eacute;l&eacute;ons sont embl&eacute;matiques de Madagascar car la moiti&eacute; des esp&egrave;ces existantes dans le monde y sont end&eacute;miques. Selon les esp&egrave;ces, leur taille s'&eacute;chelonne entre 2 et 50cm.<BR> Puis ce sont des mantes religieuses (de bien dr&ocirc;les d'amantes et pas si religieuses que &ccedil;a, qui n'attendent parfois m&ecirc;me pas la fin de l'accouplement pour d&eacute;vorer leur amant!) &eacute;galement vertes, tout cela se confondant parfaitement avec les feuillages, brindilles et branchages qui les portent.</P><P> <BR> </P><P> Dans une &quot;ambiance refuge&quot; la demi-pension incluse dans le forfait nous offre un (trop) copieux d&icirc;ner: soupe de l&eacute;gumes, curry de poulet accompagn&eacute; de riz et de feuilles bouillies de t&eacute;tragone (sorte d'&eacute;pinard) et pour finir, un crumble &agrave; l'ananas.</P><P><BR> La nuit ne va pas &ecirc;tre tr&egrave;s reposante. Il fait vraiment frais &agrave; pr&egrave;s de 1500 m. De plus il y a du vent et les bungalows ne sont pas du tout &eacute;tanches aux courants d'air. Et tous ces bruits&nbsp;!<BR> Pendant la nuit les chiens de garde du camp auront quelques &eacute;pisodes d'aboiements. A l'aurore, d&egrave;s 5 heures, ce seront d'autres bruits: concert de braiments d'&acirc;nes, de chevrotements de ch&egrave;vres et de chants de coqs, chocs proches de cogn&eacute;es et haches des b&ucirc;cherons suivis apr&egrave;s un court silence des craquements du bois lorsque des arbres s'abattent dans la for&ecirc;t. <BR> Mais ce voyage n'est-il pas un peu plac&eacute; sous le signe de l'aventure&nbsp;?</P><P>Au fait pourquoi toute cette m&eacute;nagerie&nbsp;? Daniel nous explique que cela permet l'autosuffisance par rapport aux besoins en viandes et l&eacute;gumes-feuilles pour son restaurant.</P><P> Apr&egrave;s un petit-d&eacute;jeuner continental, nous faisons nos adieux &agrave; Patrick avant de partir &agrave; la d&eacute;couverte de la r&eacute;serve pendant la matin&eacute;e. Cela tombe bien car ce temps est mis &agrave; profit par Richard pour organiser le relais avec un autre v&eacute;hicule et un autre chauffeur. </P><P> A 9 heures, bien chauss&eacute;s, nous partons tous les trois en visite sous la conduite de Jean-Baptiste. Il est tr&egrave;s aimable et parle tr&egrave;s bien fran&ccedil;ais et conna&icirc;t bien son sujet mais gagne-t-il correctement sa vie&nbsp;? Sa mise permet d'en douter. C'est sans doute pour cela qu'il r&ecirc;ve de venir en France qu'il voit comme un Eldorado. Nous essayant de lui faire comprendre que pour lui la vie pourrait ne pas &ecirc;tre si rose que cela chez nous...</P><P>Quelques mots sur la r&eacute;serve: en 2012 elle couvre 2500 hectares dont 500 ha de for&ecirc;t d'eucalyptus, 1000 ha de pin&egrave;de et 1000 ha constitu&eacute;s par un lambeau de for&ecirc;t primaire. Les sp&eacute;cialistes des l&eacute;muriens y ont observ&eacute; jusqu'&agrave; six esp&egrave;ces de l&eacute;muriens.<BR> Parmi les esp&egrave;ces diurnes, signalons: l'hapal&eacute;mur gris (Hapalemur Griseus) ou l&eacute;mur des bambous, 80cm queue comprise (la queue mesure pr&egrave;s de la moiti&eacute; de la longueur totale de l'animal) pour 1kg, l&eacute;mur &agrave; ventre roux (Eulemur rubriventer), 80-90cm queue comprise pour environ 2kg et le rare et menac&eacute; sifaka ou propith&egrave;que de Milne-Edwards (Propithecus Diadema Edwardsi), la troisi&egrave;me plus grande esp&egrave;ce de l&eacute;muriens par sa taille d'environ un m&egrave;tre (queue comprise) pour 6 kilos. Pendant une partie de l'hiver austral, ils hibernent dans des terriers ou des arbres creux. A la diff&eacute;rence des autres esp&egrave;ces de sifaka, ils ont une robe sombre. Cette esp&egrave;ce appartient &agrave; la famille des Indris et nous aurons la chance d'en observer tout &agrave; l'heure.</P><P><BR> <BR> Nous allons pendant un bon moment grimper &agrave; travers une for&ecirc;t d'eucalyptus. Ce n'est pas un arbre end&eacute;mique puisque originaire d'Australie mais il a &eacute;t&eacute; introduit par les colons il y a un si&egrave;cle. Ce type de plantation couvre plus de 150 000 hectares &agrave; Madagascar. Son avantage, sa croissance rapide, gr&acirc;ce &agrave; ses feuilles qui produisent de la photosynth&egrave;se par leur deux faces, a pour contrepartie plusieurs inconv&eacute;nients: il s'oppose &agrave; la biodiversit&eacute; car il est invasif et quasi exclusif. De plus il appauvrit les sols. Il produit toutefois un excellent charbon de bois et apr&egrave;s abattage, cet arbre a la facult&eacute; d'&eacute;mettre des rejets. Avec le taillis qui en r&eacute;sulte, pas besoin de renouveler la plantation. L'exploitation de cette for&ecirc;t est conduite de fa&ccedil;on raisonn&eacute;e: on n'abat la totalit&eacute; d'un secteur ce qui &eacute;vite l'&eacute;rosion. Ne sont coup&eacute;s que les arbres de taille moyenne (avec des haches il serait difficile de s'attaquer &agrave; des arbres de 60m de haut et de 6 ou 7m de circonf&eacute;rence) qui correspondent &agrave; des repousses de 3 ou 4 ans. Il n'est fait place nette qu'&agrave; l'emplacement des charbonni&egrave;res ou &quot;meules&quot; qui ne sont pas h&eacute;misph&eacute;riques comme en Europe mais sous forme de parall&eacute;l&eacute;pip&egrave;des.<BR> Nous rencontrerons les b&ucirc;cherons et passerons pr&egrave;s de nombreuses meules &agrave; divers stades de la fabrication, de la mise en place des b&ucirc;ches et des branchages servant de combustible &agrave; la mise en sac du charbon, en passant par la couverture en terre (afin d'&eacute;viter l'apport d'air qui produirait la combustion alors qu'on recherche seulement la carbonisation produite par une chauffe lente mais prolong&eacute;e). Le cycle de fabrication s'&eacute;chelonne sur une semaine. Une charbonni&egrave;re fournit 30 sacs de 25kg. Autres infos: un sac est venu 3000 MGA (soit 6 fois moins qu'en Somalie, un autre pays pauvre en train de se &quot;d&eacute;forester&quot; en exportant du charbon de bois) et il faut compter qu'en moyenne un malgache consomme deux sacs par mois pour la cuisson soit une d&eacute;pense de pr&egrave;s de 2 Euros et demi (pour un revenu moyen mensuel de 30 Euros). <BR> Notre guide nous fait d&eacute;couvrir l'&eacute;trange araign&eacute;e-crabe qui ne mord pas bien que tenue au creux de la main, ainsi que des cam&eacute;l&eacute;ons, fourmili&egrave;res et termiti&egrave;res.<BR> Arriv&eacute;s dans la pin&egrave;de qui coiffe la colline, la v&eacute;g&eacute;tation de sous-bois se diversifie et l'on voit de nombreuses esp&egrave;ces d'orchid&eacute;es qui malheureusement ne sont pas en fleurs &agrave; cette saison. Si nous avons souvent entendu le chant du courol vouroudriou ou coucou-rollier (Leptosomus discolor), nous pourrons en observer un perch&eacute; dans un arbre, de taille interm&eacute;diaire entre pigeon ramier et tourterelle.<BR> Au sommet de la colline un poste de d&eacute;fense avait &eacute;t&eacute; m&eacute;nag&eacute; dans une tranch&eacute;e taill&eacute;e dans le granit. Nous avons une vue sur la vall&eacute;e en contrebas et sur la colline voisine qui sont recouvertes par la for&ecirc;t primaire vers laquelle nous allons nous diriger. De ce point de vue on aper&ccedil;oit &eacute;galement la petite ville d'Ambohimahasoa &agrave; quelques kilom&egrave;tres de l&agrave;.<BR> Jean-Baptiste communique par des cris avec deux pisteurs que nous rejoignons en descendant vers la vall&eacute;e. Ils ont rep&eacute;r&eacute; un groupe de propith&egrave;ques de Milne-Edwards (Propithecus edwardsi) au pelage fonc&eacute; et nous frayent un chemin dans la jungle &agrave; grands coups de machette. Il faut suivre leurs d&eacute;placements dans la cime des arbres. On peut admirer leurs d&eacute;placements acrobatiques avec des sauts de branche en branche. Nous aurons le loisir de voir cinq adultes avec leur t&acirc;che caract&eacute;ristique blanche au bas du dos et un b&eacute;b&eacute; qui s'agrippe &agrave; sa m&egrave;re. L'heure n'est pas tr&egrave;s propice pour les observer car &agrave; 11 heures le soleil est presque au z&eacute;nith et du coup nous voyons les l&eacute;muriens &agrave; contre-jour. Ces animaux se d&eacute;placent et en deux jours ils peuvent rejoindre la R&eacute;serve de Ranomafana distante de 40km &agrave; &quot;sauts de l&eacute;murien&quot;.<BR> Mais d&eacute;j&agrave; il faut songer &agrave; rentrer. Nous remontons vers la pin&egrave;de puis redescendons vers le camp au travers des eucalyptus.</P><P> Midi. Nous retrouvons le restaurant de Daniel qui nous sert une &quot;salade de vermicelle&quot; en entr&eacute;e puis un curry de porc accompagn&eacute; de pommes de terre et de haricot. Un flanc d'oeuf vient terminer le repas.</P><P>Nous commen&ccedil;ons &agrave; nous inqui&eacute;ter pour la suite car &agrave; 13 heures nous ne voyons toujours pas de v&eacute;hicule...</P><P><BR> Un peu de patience et nous voyons arriver un 4x4, toujours un Japonais de seconde main (volant &agrave; droite) mais cette fois il s'agit d'un Nisan Patrol. Dominique, notre nouveau chauffeur-guide travaille pour Mad Trekking, une agence de Fianarantsoa &agrave; laquelle Richard a demand&eacute; de le d&eacute;panner.<BR> Dominique a une formation de guide et il a un moment exerc&eacute; cette activit&eacute; mais, &agrave; celle-ci, il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; la conduite. On n'en doute pas et on pourra constater qu'il conduit parfaitement: vigilance, manoeuvres toujours sures et respect des autres usagers de la route, de quelque type que ce soit (petit chariots, pi&eacute;tons, z&eacute;bus, v&eacute;hicules &agrave; l'arr&ecirc;t).</P><P>Nous avons environ 80 km &agrave; parcourir pour atteindre Sahambavy, le terme de notre &eacute;tape journali&egrave;re. Nous poursuivons notre travers&eacute;e du pays Betsileo. Nationale 7 toujours en mauvais &eacute;tat, troupeaux de z&eacute;bus (un mois de sursis avant l'arriv&eacute;e aux abattoirs de Tana), chariots petits mais pourtant encombrants, cultures en terrasses, feux de brousse, collines d&eacute;nud&eacute;es, fours &agrave; briques et un nouveau camion dans le foss&eacute;.</P><P> </P><P>Nous d&eacute;passons un &eacute;trange cort&egrave;ge, une troupe joyeuse et endimanch&eacute;e avec quelques personnes pourtant sur les &eacute;paules en civi&egrave;re recouverte d'un linceul. Il s'agit de festivit&eacute;s de retournement des morts (famadihana).</P><P>Nous quittons la Nationale 7 en direction de l'est, par une petite route qui a un moment nous fait passer au-dessus de la ligne de chemin de fer reliant Fianarantsao &agrave; Manakara. Trajet que nous aurions d&ucirc; effectuer le lendemain avec le train pittoresque s'il n'&eacute;tait pas tomb&eacute; en panne... Justement, un sifflet de train&nbsp;! Etrange&nbsp;! A ce moment nous longeons la voie sur notre droite et l'on voit venir soudain le fameux train qui n'est pas en panne mais quelque peu cass&eacute; avec sa locomotive toute de guingois probablement &agrave; la suite d'un d&eacute;raillement survenu il y a 11 jours, le 10 septembre. Avec seulement deux wagons au lieu des quatre habituels, &agrave; petite vitesse, le train regagne Fianarantsao et ne sera sans doute pas remis en service avant longtemps... La seconde motrice, hors d'usage depuis d&eacute;j&agrave; longtemps, aura-t-elle encore assez de pi&egrave;ces de rechange &agrave; fournir &agrave; sa coll&egrave;gue&nbsp;?</P><P>SAHAMBAVY [sahambav]<BR> A l'approche du village de Sahambavy (avec sa petite gare et un h&ocirc;tel au bord d'un joli lac ), la route devient carr&eacute;ment mauvaise. De son ancien rev&ecirc;tement ne subsistent que quelques plaques.</P><P>Il est 15 heures lorsque nous arrivons &agrave; Sahambavy (&quot;le champ des femmes&quot;), village de 17000 habitants.</P><P> <BR> Ici la production du th&eacute; ne remonte pas tr&egrave;s loin, une quarantaine d'ann&eacute;es. Les premi&egrave;res boutures venant du Kenya furent plant&eacute;es en 1969-70 &agrave; l'initiative de l'Institut Fran&ccedil;ais du Caf&eacute; et du Cacao pour &ecirc;tre test&eacute;e dans un environnement a priori favorable (altitude de 1250 m et climat humide). Cela abouti en 1978 &agrave; la construction d'une premi&egrave;re usine g&eacute;r&eacute;e alors par l&#146;Etat. En 1996 les plantations furent privatis&eacute;es au profit d&#146;une soci&eacute;t&eacute; anonyme, la SIDEXAM (Soci&eacute;t&eacute; d'Investissement et D'EXploitation Agricoles &agrave; Madagascar), actuellement sous contr&ocirc;le mauricien. Le domaine compte pr&egrave;s de 335 hectares (ou 385?) de plantations dont 94 hectares sont g&eacute;r&eacute;s par les paysans eux-m&ecirc;mes. Comme la transformation du th&eacute; n&eacute;cessite beaucoup d'&eacute;nergie pour son s&eacute;chage qui doit &ecirc;tre rapide, la Sidexam a plant&eacute; une for&ecirc;t d&#146;eucalyptus de 522 hectares pour la production de bois de chauffe.<BR> La saison de la r&eacute;colte se situe entre les mois de septembre et mars. La production journali&egrave;re est en moyenne de 20 tonnes de feuilles humides, toutes ramass&eacute;es &agrave; la main, par environ 250 personnes, soit 80kg par cueilleuse car il s'agit &eacute;videmment de femmes&nbsp;! A partir de 5kg de feuilles vertes on obtient 1kg de th&eacute; s&eacute;ch&eacute;. La production annuelle de th&eacute; est d'environ 500 tonnes, principalement du th&eacute; noir. En dehors de la vente directe, une part de la production est exp&eacute;di&eacute;e vers Tana o&ugrave; elle est conditionn&eacute;e en dosettes sous la marque TAF mais l'essentiel, 80% de la production, est export&eacute; (notamment vers la Bourse de Mombasa au Kenya).</P><P> Plus agr&eacute;ablement, puisque nous sommes tout pr&egrave;s de notre h&ocirc;tel qui est au bord du lac, nous profitons d'un peu de temps libre pour grimper sur la colline voisine au milieu des plantations de th&eacute;iers et nous y balader tr&egrave;s tranquillement pendant une heure sur les chemins d'exploitation de la plantation. Magnifique spectacle que toutes ces collines couvertes de th&eacute;iers qui descendent vers la vall&eacute;e et le lac. Mais le paysage est &eacute;trange car des parcelles enti&egrave;res sont toutes grises, comme mortes. En y regardant de plus pr&egrave;s, on se tend compte qu'en r&eacute;alit&eacute; les th&eacute;iers de ces parcelles ont &eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement rabattus afin de rejeter avec des jeunes branches d&egrave;s la prochaine saison des pluies.<BR> Bient&ocirc;t nous apercevons un groupe de cinq jeunes (on le devine &agrave; leur tenue vestimentaire) qui gravissent la colline en courant. O&ugrave; diable s'en vont-ils donc ? Nous aurons bient&ocirc;t la r&eacute;ponse. Ils nous rejoignent. Ce sont des lyc&eacute;ens, encore en vacances, et nous commen&ccedil;ons &agrave; parler de tout et de rien. De nous et surtout d'eux, de leurs &eacute;tudes et de leurs projets d'avenir. D'apr&egrave;s leurs dires, ils sont bons &eacute;l&egrave;ves et ne manquent pas d'ambition visant des m&eacute;tiers de m&eacute;decin, avocat... Justement, pour les aider &agrave; financer leurs &eacute;tudes, voila qu'ils sortent de leur sacoche, des cartes orn&eacute;es de d&eacute;coupages qu'ils nous proposent afin de les aider &agrave; financer leurs &eacute;tudes car leurs professeurs les dissuadent de mendier! OK! mais un petit conseil, r&eacute;partissez de mani&egrave;re &eacute;galitaire vos achats sinon vous verrez la bonne humeur g&eacute;n&eacute;rale se dissiper (&quot;Et moi? Et moi?&quot;)...<BR> Apr&egrave;s notre bonne action aupr&egrave;s de Radoniaina Angelo Rakotoarisoa et de sa joyeuse bande de copains repartis aussi vite qu'ils &eacute;taient venus, nous nous asseyons pendant que le soleil baisse &agrave; l'horizon, face &agrave; nous.</P><P> La visite de la manufacture n'est pas passionnante. Apr&egrave;s 15 heures, il n'y a plus grande activit&eacute; &agrave; voir. La plupart des machines (notamment les rouleuses) sont arr&ecirc;t&eacute;es. Un coup d'oeil sur le banc de fl&eacute;trissage qui sert &agrave; ramener &agrave; 30% le taux d&#146;humidit&eacute; des feuilles avant de les r&eacute;duire en poudre. Un autre sur le local d'ensachage et l'employ&eacute;e peu motiv&eacute;e qui nous guide n 'a qu'une h&acirc;te, celle de nous conduire dans le magasin de vente et sans m&ecirc;me faire d'efforts pour nous faire d&eacute;guster.</P><P> </P><P></P><P> Il est pratiquement 17 heures lorsque nous arrivons &agrave; l'H&ocirc;tel du Lac. Un petit saut en voiture pour aller &agrave; l'annexe &agrave; 5 minutes de l&agrave;. L'h&ocirc;tel est superbe et son annexe n'est pas mal non plus avec ses bungalows dans un petit parc, tout &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la ligne de chemin de fer que nous aurions d&ucirc; emprunter le lendemain pour &quot;descendre&quot; vers Manakara.<BR> A 19 heures, retour &agrave; l'h&ocirc;tel pour d&icirc;ner. Cadre agr&eacute;able et personnel styl&eacute;. Nos choix se portent sur trois plats diff&eacute;rents mais au m&ecirc;me tarif (26000 MGA): salade vari&eacute;e (tomate, chou-fleur, grains de ma&iuml;s, oignon, carotte r&acirc;p&eacute;e, haricots verts...) avec une friture de petit poissons, cuisse de canard confite (gana ritra) accompagn&eacute;e de pommes de terre saut&eacute;es, feuilles cuites, petites tomates, croquette de pur&eacute;e... et enfin un gros steak de z&eacute;bu avec le m&ecirc;me accompagnement que le plat pr&eacute;c&eacute;dent. Ajoutons y une bouteille de vin (rouge &agrave; 11&deg;) &quot;Grand cru d'Antsirabe&quot; pour 9000 MGA (un peu plus de 3 Euros). Il vient du Domaine de Saofierenana et est &eacute;lev&eacute; par le n&eacute;gociant d'origine chinoise Chan Fao Tong.</P><P> Nuit calme. Aucun passage de train sur la voie ferr&eacute;e toute proche... Et pour cause&nbsp;!</P><P>________________________________________________________</P><P>Au nord, l'autre r&eacute;seau des chemins de fer malgaches</P><P>Madarail...</P><P>C'est tout au nord de l'&icirc;le, &agrave; Anivorano, dans la r&eacute;gion de Diego-Suarez, que les premiers rails furent pos&eacute;s en 1901, pour une ligne que devait atteindre Tananarive (Antananarivo) par la c&ocirc;te est (TCE) mais cette partie ne s'est pas concr&eacute;tis&eacute;e. En revanche, &agrave; son autre extr&eacute;mit&eacute;, la ligne reliant Tananarive &agrave; Brickaville (Vohibinany) dans les environs de Tamatave a &eacute;t&eacute; ouverte officiellement le 1er Avril 1909 alors que la construction de la gare de la capitale n'&eacute;tait pas termin&eacute;e (inaugur&eacute;e un an apr&egrave;s). C'est en 1913 que la ligne a rejoint Tamatave. Un embranchement fut d&eacute;velopp&eacute; vers le nord, la r&eacute;gion du Lac Alaotra, avec la ligne MLA (Moramanga-Lac Alaotra). La ville d&#146;Ambatondrazaka fut reli&eacute;e &agrave; Moramanga en 1922.<BR> Les travaux pour la ligne sud reliant Tananarive et Antsirabe ont d&eacute;but&eacute; en 1912 et la ligne TA (Tananarive-Antsirabe) fut mise en service le 15 Octobre 1923.</P><P>En 1944, une soci&eacute;t&eacute; fut mise en place pour exploiter les R&eacute;seaux Nord et Sud. Ce sera la R&eacute;gie G&eacute;n&eacute;rale des Chemins de Fer d'Outre-Mer dont le nom &eacute;voluera par la suite en R&eacute;gie des Chemins de Fer de Madagascar (RCFM). En 1974, bien apr&egrave;s l'ind&eacute;pendance (1960), la soci&eacute;t&eacute; fut nationalis&eacute;e puis rebaptis&eacute;e R&eacute;seau National des Chemins de Fer Malagasy (RNCFM) en 1982.<BR> Les ann&eacute;es 1990 voient le r&eacute;seau se d&eacute;grader aussi l'&#146;Etat d&eacute;cide-t-il en 2002 de privatiser le RNCFM qui devient MADARAIL ou Madagascar Railways, en le confiant &agrave; l'op&eacute;rateur priv&eacute; Comazar, filiale du goupe Bollor&eacute;. En 2008, l'entreprise passe sous le contr&ocirc;le de l&#146;op&eacute;rateur belge Vecturis.</P><P>...et ses deux trains touristique.</P><P>&quot;Le concept est unique en son genre&nbsp;! Vous &ecirc;tes libres de concevoir votre parcours. Nos trains touristiques partent &agrave; l&#146;heure, au jour et &agrave; la gare de d&eacute;part de votre choix, pour une destination choisie par vous-m&ecirc;me. D&eacute;couvrez la richesse et la vari&eacute;t&eacute; des paysages malgaches, dont certains, impressionnants ne peuvent &ecirc;tre visibles que par la voie ferr&eacute;e.&quot;</P><P>Avec la Micheline &quot;Viko Viko&quot;,<BR> Une sorte d&#146;autobus roulant sur rail invent&eacute; dans les ann&eacute;es 1930 et qui peut atteindre les 50km/heures. Elle est am&eacute;nag&eacute;e avec 19 fauteuils en osier, un coin bar &agrave; l&#146;arri&egrave;re et son parquet en bambou</P><P>Avec le &quot;Trans Lemurie Express&quot;<BR> Il comprend un ou deux wagons &quot;Classe Palissandre&quot; de 52 places chacun, accompagn&eacute;(s) d&#146;un wagon fourgon pour groupe &eacute;lectrog&egrave;ne et bagages. Ils sont enti&egrave;rement r&eacute;habilit&eacute;s avec des mat&eacute;riaux pr&eacute;cieux (parquet en bois de Palissandre) et originaux (sisal, labradorite, quartz, marbre cipolin.). <BR> Pour l'agr&eacute;ment des voyageurs, musique d'ambiance, bar en palissandre massif et raphia tress&eacute;, de prises &eacute;lectriques pour utiliser ordinateurs portables ou pour recharger les batteries des appareils &eacute;lectroniques.</P><P>Service assur&eacute; le week-end vers Andasibe et Antsirabe et location priv&eacute;e possible.<BR> - Ligne Antananarivo-C&ocirc;te Est (TCE) reliant Antananarivo &agrave; Taomasina (Tamatave) en passant par Andasibe en 10 heures avec &quot;Viko Viko&quot; et 12 heures avec &quot;Trans Lemurie Express&quot;<BR> - Ligne Antananarivo-Antsirabe (TA) en 4 heures 30 avec &quot;Viko Viko&quot; et 5 heures avec &quot;Trans Lemurie Express&quot;.</P><P>LES RESEAUX FERROVIAIRES</P><P></P><P>Le r&eacute;seau sud des chemins de fer malgaches</P><P>L'attraction touristique</P><P>Cela aurait d&ucirc; &ecirc;tre l'un des temps fort du voyage, inoubliable, pittoresque et interminable avec au plus rapide une dizaine d'heures dans un tortillard, le &quot;TGV malgache&quot; (Train &agrave; Grandes Vibrations&nbsp;! tient donc! &ccedil;a nous rappelle le Vietnam).</P><P>Cette ligne d'environ 165 km est exploit&eacute;e par la FCE (Fianarantsoa C&ocirc;te Est). Le voyage s'effectue au mieux &agrave; la vitesse moyenne de 15 &agrave; 17km/heure, compris les temps d'arr&ecirc;t dans les 16 arr&ecirc;ts dans les gares interm&eacute;diaires. Lorsqu'il roule, le train fait son petit 20km/heure et pousse m&ecirc;me des pointes &agrave; 30 ! Bref, un trajet qui dure de 8 &agrave; 10 heures (voire 12 heures !).</P><P>Apr&egrave;s des &eacute;tudes lanc&eacute;es en octobre 1920, le chantier a d&eacute;but&eacute; en 1927 (ou 193-26?) et la ligne a &eacute;t&eacute; ouverte en 1937 (ou 1936?), au prix de la vie de 5 000 &agrave; 10 000 ouvriers. Elle assure actuellement le transport de 150 000 voyageurs et 15 000 tonnes de marchandise par an dont les r&eacute;coltes de quelque 200 000 petits paysans. Chaque semaine six voyages sont normalement assur&eacute;s, trois dans chaque sens. Pour le trajet complet, il en co&ucirc;te 20000 MGA (7&euro;) en premi&egrave;re classe et 14000 en seconde (5&euro;).</P><P>Le train est tir&eacute; par une motrice diesel Alsthom qui date de 1956 achet&eacute;e d'occasion par la compagnie. Normalement elle tracte un wagon de marchandises et trois wagons de voyageurs de couleur verte avec liser&eacute;s jaunes: un wagon de premi&egrave;re o&ugrave; se retrouvent les touristes vazahas (la compagnie ne leur vend que cette classe), deux wagons de seconde pour les autochtones.</P><P>En franchissant 48 (56 d'apr&egrave;s le programme de Richard?) tunnels, qui se traversent sans &eacute;clairage dans les voitures (le plus long d&eacute;passe le kilom&egrave;tre), et 67 (76 d'apr&egrave;s le programme de Richard?) ponts et viaducs, elle traverse le pays de l'ethnie Tanala ou Antanala puis le pays Antaimoro (&quot;peuple de la c&ocirc;te&quot;) en descendant les 1100 m d'altitude qui s&eacute;parent Fianarantsoa de l'Oc&eacute;an Indien dont une vingtaine de kilom&egrave;tres en falaise avant Tolongoina, avec une pente &agrave; plus de 3,5%! qui serait la plus forte au monde. Compte tenu du relief, du climat (les cyclones de l'an 2000 avaient provoqu&eacute; 280 &eacute;boulements repr&eacute;sentant 150 000 m3 de d&eacute;blais) et des moyens techniques et financiers pour l'exploiter cette ligne est fragile, sans compter avec les vols de rails&nbsp;! Malgr&eacute; des travaux de remise en &eacute;tat du mat&eacute;riel et des voies r&eacute;alis&eacute;s en 2002 et 2007, certaines parties de la voie sont en si mauvais &eacute;tat que les passagers peuvent voir les rails se tordre dangereusement au passage du convoi, ce qui peut expliquer certains d&eacute;raillements. Evidemment lors des cyclones, le service n'est plus assur&eacute; et c'est plut&ocirc;t rassurant.</P><P>Au long du parcours, quantit&eacute;s de choses &agrave; voir:. Superbes chutes de la Mandriampotsy et de Faraony... Passage de la v&eacute;g&eacute;tation un peu aride des hauts plateaux &agrave; celle des for&ecirc;ts de hautes futaies puis &agrave; la for&ecirc;t tropicale avec les ravinalas ou &quot;arbres du voyageur&quot;, bananier, foug&egrave;res arborescentes et jacquiers..</P><P> Nuit calme. Aucun passage de train sur la voie ferr&eacute;e toute proche... Et pour cause&nbsp;!<BR> D&egrave;s 7 heures nous retournons &agrave; l'h&ocirc;tel pour prendre un excellent petit-d&eacute;jeuner continental am&eacute;lior&eacute; avec yaourt maison, salade de fruit, jus de fruit frais. Apr&egrave;s cela, nous profitons d'un petit quart d'heure pour nous promener dans le parc entourant l'h&ocirc;tel. Superbe par la vari&eacute;t&eacute; des fleurs, par le cadre sur le bord du lac noy&eacute; dans le brume &agrave; cette heure matinale, lac o&ugrave; sont install&eacute;s certains bungalows sur pilotis. Il y a peut-&ecirc;tre un revers &agrave; y loger... les moustiques&nbsp;!</P><P> 7h45, c'est parti pour une journ&eacute;e en 4x4 en lieu et place du pittoresque trajet en train vers Manakara.</P><P>Dix kilom&egrave;tres de petite route le long de la voie ferr&eacute; pour regagner la Nationale 7. Fours &agrave; briques dont la combustion est r&eacute;gl&eacute;e &agrave; partir des prises d'air m&eacute;nag&eacute;e &agrave; la base des meules comme on peut le voir. Et donc, maisons de briques&nbsp;!</P><P>Nous reprenons la direction du nord pour quelques dizaines de kilom&egrave;tres avant de bifurquer vers l'est, via la Nationale 45, un embranchement qui nous permet de rejoindre la route Nationale 25. Enfin des bonnes routes dont le rev&ecirc;tement a &eacute;t&eacute; refait il y a cinq ans gr&acirc;ce &agrave; des aides d'ONG, des pays &eacute;trangers (USAID) ou des organismes multilat&eacute;raux relevant des Nations Unies, de la Banque Mondiale..</P><P></P><P>Champs d'armoise (Artemisia), culture intercalaire mal pay&eacute;e mais qui n'occupe le terrain que pendant trois mois. Pi&eacute;tinement de rizi&egrave;re par un groupe d'une dizaine de z&eacute;bus en vue du repiquage prochain du riz dans certaines parcelles. Cela ne semble pas beaucoup les amuser et certains parviennent &agrave; &eacute;chapper &agrave; leurs bouviers.</P><P>Int&eacute;ressant arr&ecirc;t au village d'Anjamba pour y voir un atelier o&ugrave; quatre forgerons sont &agrave; l'oeuvre. A partir de plaquettes d'acier d'environ 30x10x2 cm, ils forgent des b&ecirc;ches, douille comprise. Une grosse pi&egrave;ces d'acier r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e leur sert d'enclume et le feu est activ&eacute; par un soufflet &agrave; deux tuyaux (comme on l'a &eacute;galement vu en Birmanie). <BR> Ici la population n'a pas l'air tr&egrave;s prosp&egrave;re si l'on en juge aux v&ecirc;tements usag&eacute;s et sales, notamment ceux des enfants crasseux qui qu&eacute;mandent &agrave; coup de &quot;Vazaha sitlos&quot; (stylos&nbsp;!) et de &quot;Bonbons Vazaha&quot;.</P><P> Un quart d'heure apr&egrave;s avoir quitt&eacute; ce village, nous arrivons aux jolies chutes d'Andriamamovoka.</P><P> </P><P>Peu apr&egrave;s, c'est le centre de Ranomafana (la localit&eacute; compte 10000 habitants, campagnes comprises), avec des maisons &quot;&agrave; pans de bois&quot; et torchis, un petit march&eacute;. C'est une petite station thermale comme son nom malgache l'indique &quot;eau chaude&quot;. <BR> Court arr&ecirc;t. Tour rapide au petit march&eacute;. Nous rep&eacute;rons d&eacute;j&agrave; l'endroit o&ugrave; nous dormirons dans deux jours, au retour de Manakara. Les traditionnels chariots &agrave; quatre petites roues sont parfois remplac&eacute;s dans cette r&eacute;gion par des brouettes enti&egrave;rement faites en bambou (roue comprise).</P><P><BR> 10h15, on reprend la route pour la r&eacute;gion de l'ethnie Tanala. Les for&ecirc;ts de hautes futaies c&egrave;dent la place &agrave; la for&ecirc;t tropicale avec les ravinalas ou &quot;arbres dy voyageur&quot;, des quantit&eacute;s de bananiers, foug&egrave;res arborescentes, jacquiers et badamiers...</P><P> Le ravenala ou ravinala, &quot;l'arbre du voyageur&quot;, <BR> embl&egrave;me de Madagascar et de la compagnie Air Madagascar</P><P>Ce n'est pas v&eacute;ritablement un arbre. Cette plante est end&eacute;mique &agrave; Madagascar. On laissant de c&ocirc;t&eacute; les termes des classification botaniques pour utiliser des termes anthropologiques, on pourrait dire que c'est un lointain cousin des palmiers et un cousin germain du bananier. Avec ses feuilles &eacute;rig&eacute;es en &eacute;ventail et orient&eacute;es pour pr&eacute;senter le moins de prise possible aux grands vents (cyclones), il atteint 20 m&egrave;tres de haut. Il pousse dans les sols frais.</P><P>En per&ccedil;ant un trou &agrave; la base de chaque feuille (la gaine foliaire du p&eacute;tiole) on peut &quot;tirer de l'eau&quot;, jusqu'&agrave; un litre, en r&eacute;alit&eacute; de la s&egrave;ve sans go&ucirc;t particulier. C'est cela qui lui vaut son surnom &quot;arbre du voyageur&quot; puisqu'il est possible de se d&eacute;salt&eacute;rer de cette fa&ccedil;on.</P><P>Mais les Malgaches lui ont trouv&eacute; bien d'autres usages, notamment des mat&eacute;riaux pour la construction des cases traditionnelles. Les panneaux des murs, sont fait avec des p&eacute;tioles fendus, falafa. Le toit est fait tout simplement avec les feuilles, raty. Du tronc on tire des planches, rapaka. Le Ravintsara est utilis&eacute; en phytoth&eacute;rapie par ses feuilles s&eacute;ch&eacute;es mises en infusion ou en d&eacute;coction et son huile essentielle tr&egrave;s pris&eacute;e pour ses vertus antivirales et immunostimulantes...Enfin, il procure aussi une mati&egrave;re grasse comestible et &eacute;galement utilis&eacute;e pour les cosm&eacute;tiques...</P><P>Donc &quot;arbre&quot; providentiel &agrave; plus d'un titre&nbsp;!</P><P><BR> Nous faisons une pause peu apr&egrave;s, &agrave; quelques kilom&egrave;tres avant Irondro o&ugrave; nous devons d&eacute;jeuner. Nous surplombons une rivi&egrave;re dans laquelle des dizaines d'orpailleurs s'activent, des femmes et des enfants pour l'essentiel. En fait c'est un orpaillage un peu particulier car ce ne sont pas des sables ou graviers de la rivi&egrave;re qu'ils &quot;lavent&quot; dans leur bat&eacute;e mais de la terre que d'autres ouvriers apportent de la colline voisine. A un peu plus loin, un modeste site d'orpaillage occupe une dizaine de personnes. <BR> C'est &eacute;galement l'occasion d'observer pr&egrave;s d el&agrave; diff&eacute;rentes plantes tropicales directement au bord de la route: caf&eacute;iers, avocatiers en fleur, litchis, girofliers, canneliers, palmiers &agrave; raphia...</P><P> </P><P></P><P><BR> A Irondro est une petite localit&eacute; situ&eacute;e au niveau d'une fourche, l&agrave; o&ugrave; la RN25 s'oriente vers le nord-est en direction de Mananjary (l'am&eacute;lioration de ce tron&ccedil;on a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'aides de l'Union Europ&eacute;enne en 2009), au bord de l'Oc&eacute;an Indien, tandis que la RN12 qui part d'ici, plein sud, rejoint Manakara, &eacute;galement sur la c&ocirc;te.</P><P>Il est midi et quart et Dominique avise un endroit o&ugrave; l'on pourrait se restaurer. Le conna&icirc;t-il ou se laisse-t-il s&eacute;duire par l'enseigne &quot;H&ocirc;tel Tsimialona Le Go&ucirc;t du Voyage Mandrosoa Tompoko&quot;? En fait d'h&ocirc;tel, c'est un hotely dont la salle de restaurant enfum&eacute; et sombre est vraiement une gargote. Au long des routes on peut voir d'ailleurs de nombreux &eacute;tablissements qui assument pleinement leur fonction en se baptisant &quot;Gargotte&quot;.</P><P>Allons-nous bien manger? En tout cas nous n'allons pas nous ruiner. Il y a trois plats au choix, tous &agrave; 3000 MGA soit 1,07&euro;.<BR> &quot;Akoho, sauce Rony&quot;: des morceaux de poulet cuit dans un bouillon relev&eacute; au gingembre<BR> &quot;Hen'Omby, sauce Tsaramaso&quot;: &eacute;minc&eacute; de z&eacute;bu saut&eacute; avec une sauce &agrave; base d'oignon, relev&eacute;e &agrave; l'ail et au gingembre<BR> &quot;Hena Kisoa, sauce Tsaramaso&quot;: saut&eacute; de porc<BR> Riz en accompagnement. Si on le souhaite, on peut aussi relever les plats avec du piment.<BR> Au lieu d'eau en bouteille, Dominique se fait servir une boisson traditionnelle, du bouillon de cuisson de riz. Encore mieux que de l'eau simplement bouillie...</P><P>Nos choix porteront sur les deux premiers plats. Poulet peu copieux avec des morceaux surtout constitu&eacute;s d'os (l'akoho malagasy est souvent efflanqu&eacute;s). Quant au z&eacute;bu est s'est av&eacute;r&eacute; tr&egrave;s coriace. Il faut chasser les mouches qui se posent sur le riz.<BR> Venons-en au riz. Copieusement servi &agrave; la mesure des habitudes malgaches mais avec un fort go&ucirc;t de fum&eacute;e (cuisine au bois) et des grains cass&eacute;s et m&ecirc;me quelques grains de sable. Rien d'&eacute;tonnant quand on en voit s&eacute;chernon loin de l&agrave; sur le bord de la rue, voire sur la chauss&eacute;e.</P><P>Evidemment nous sommes les seuls vazaha dans l'&eacute;tablissement qui se rempli peu &agrave; peu, notamment avec l'arriv&eacute;e d'un groupe d'enfants encadr&eacute;s par quelques adultes. Dans la p&eacute;nommbre, on aper&ccedil;oit des publicit&eacute; pour la &quot;S&ucirc;r'Eau&quot; ou le rhum Ankarana...<BR> Une exp&eacute;rience int&eacute;ressante que nous avons faite l&agrave;... mais que nous n'aurons pas forc&eacute;ment envie de renouveler! Faut-il remercier Dominique&nbsp;?</P><P> Comme nous ne nous sommes pas attard&eacute;s longtemps, il est 12h45 et cela nous laisse un peu de temps pour se balader dans le village qui s'av&egrave;re &ecirc;tre une &eacute;tape de mi journ&eacute;e pour de nombreux Malgaches et vazahas, surtout en raison de la &quot;panne&quot; de train. Notre d&eacute;ambulation permettra de prendre un dessert sur le pouce en achetant de d&eacute;licieuses petites bananes pour quelques centimes d'euro.</P><P> Une demi heure plus tard, nous reprenons la route. Le paysage change encore devenant aust&egrave;re, de plus en plus d&eacute;couvert. Les collines sont soit d&eacute;nud&eacute;es et parfois ravin&eacute;es, soit couvertes d'une sorte de savane herbeuse verte. On ne voit ni b&eacute;tail, ni cultures, tout juste quelques bananiers et ravenalas dans les vallons.</P><P>On sent que la route descend vers la c&ocirc;te, vers le pays de l'ethnie Antaimoro. Vall&eacute;es et rivi&egrave;res permettent &agrave; nouveau de cr&eacute;er des rizi&egrave;res. 15h15, nous sommes pr&egrave;s de Manakara et Dominique nous propose de voir une attraction unique au monde. Nous descendons sur une zone enherb&eacute;e et observons. La ligne de chemin de fer coupe en biais ce qui ressemble &agrave; une large route goudronn&eacute;e... Ce n'est pas une route mais la piste de l'a&eacute;roport local. Apr&egrave;s tout, la route donnant acc&egrave;s au Rocher de Gibraltar coupe bien son a&eacute;roport...</P><P></P><P>MANAKARA 38 000 habitants [manakar'] </P><P>Puisque l'on vient de parler de train, en abordant Manakara, nous allons jeter un coup d'oeil &agrave; la gare d&eacute;serte &agrave; l'enseigne &quot;Fianarantsao &agrave; la C&ocirc;te Est&quot;. A l'int&eacute;rieur on peut toujours voir une affiche manuscrite annon&ccedil;ant les d&eacute;parts &agrave; 6h45 les mercredi, vendredi et dimanche et le message vraiment &eacute;tonnant &quot;Train &agrave; l'heure, Merci et Bon Voyage&quot;.</P><P>Quelques centaines de m&egrave;tres et nous d&eacute;barquons &agrave; l'h&ocirc;tel La Vanille. Charmant accueil par la propri&eacute;taire des lieux. Chambres spacieuses mais d&eacute;fra&icirc;chies, &agrave; l'image de cette ville tropicale un peu abandonn&eacute;e et qui s'abandonne avec un charme subtil et surann&eacute;. Climatisation en panne dans l'une de nos chambres mais un joli petit jardin autour et l'on voit que les produits de la mer qui seront servis le soir sont livr&eacute;s tout frais p&ecirc;ch&eacute;s. </P><P> Nous partons faire un petit tour &agrave; pied, vers Manakara Be, une pointe et non pas une &icirc;le, coinc&eacute;e entre l'embouchure de la rivi&egrave;re de Manakara et l'oc&eacute;an, un quartier r&eacute;sidentiel chic avec des demeures coloniales et o&ugrave; se trouve &quot;Le Trou du Commissaire&quot; ( !), o&ugrave; La Vanille poss&egrave;de une annexe de bungalows en bord de plage.</P><P> </P><P></P><P>Mais nous nous arr&ecirc;terons au pont franchissant la rivi&egrave;re. La moiti&eacute; du tablier de ce pont m&eacute;tallique genre &quot;Eiffel&quot; s'est effondr&eacute;e il y a douze jours, dans la matin&eacute;e du 10 septembre lorsqu'un camion transportant 30 tonnes de sel (on peut lire dans la presse que le Ministre des Transports parle de 60 tonnes, l&agrave; se serait vraiment une surcharge consid&eacute;rable m&ecirc;me pour un 38T) a voulu le franchir alors que, compte tenu de sa v&eacute;tust&eacute; (anciennet&eacute; et surtout absence d'entretien), le poids maximum autoris&eacute; avait &eacute;t&eacute; limit&eacute; &agrave; 25 tonnes (dans la presse on mentionne 20 tonnes mais on nous a m&ecirc;me parl&eacute; de 8 et m&ecirc;me 5 tonnes seulement, qui croire&nbsp;?). De toute fa&ccedil;on, m&ecirc;me &agrave; l'origine (1910) ce pont ne pouvait faire passer des v&eacute;hicules de plus de 35T.<BR> Spectacle ahurissant de voir des personnes escalader les monceaux de pont pour gagner l'autre rive en s'agrippant &agrave; un filin parfois d'une seule main l'autre portant quelque charge. Dans cette &quot;cord&eacute;e&quot; nous apercevons la propri&eacute;taire de notre h&ocirc;tel qui rentre chez elle ou qui se rend &agrave; son annexe.<BR> L'autre solution, moyennant modique r&eacute;tribution (200 ou 300 MGA), est de faire appel aux pirogues d&eacute;di&eacute;es &agrave; la p&ecirc;che ou aux promenade des touristes qui se trouvent ainsi utilis&eacute;es comme bacs. C'est aussi la solution utilis&eacute;e pour transporter des bidons de carburants vers la centrale &eacute;lectrique de la JIRAMA qui se trouve de l'autre c&ocirc;t&eacute;!</P><P>Nous rebroussons chemin et allons faire un tour en centre ville: &eacute;glises (les paroissiens de l'&eacute;glise Sainte Th&eacute;r&egrave;se se rendent &agrave; la messe c&eacute;l&eacute;br&eacute;e le samedi soir), h&ocirc;tel de ville, villas cossues &agrave; l'apparence d'h&ocirc;tels mais demeures de Chinois ais&eacute;s.</P><P> De retour &agrave; l'h&ocirc;tel La Vanille, il fait compl&egrave;tement nuit et survient une coupure de secteur qui va durer deux heures et demie. Un groupe &eacute;lectrog&egrave;ne poussif tardera longtemps avant d'accepter de prendre partiellement le relais. Au d&icirc;ner aux chandelles, nous nous partageons entre une demi douzaine de camarons (tr&egrave;s grosses gambas) grill&eacute;s ou en brochettes, accompagn&eacute;s de l&eacute;gumes saut&eacute;s (carottes, mange-tout, oignon, courgette, oignon). et frites. Prix de plat: 15 000MGA. Pour terminer deux bananes copieusement flamb&eacute;es au rhum. Tarif: 3 000MAG. Soit par personnes (hors boisson) l'&eacute;quivalent de 6,50&euro;.</P><P> <BR> Nuit calme.</P><P> </P><P> T&ocirc;t, &agrave; 8 heures le lendemain Dominique nous a conduits &agrave; l'entr&eacute;e du pont effondr&eacute; o&ugrave; il nous pr&eacute;sente au guide qui va nous accompagner pendant la matin&eacute;e dans la lagune, sur le canal, la rivi&egrave;re et ses rives. Ce tout jeune guide qui vient de terminer sa formation en juin et dont Dominique a &eacute;t&eacute; le tuteur s'appelle Arthur Bien-Aim&eacute; LE ZOMA que nous nous contenterons d'appeler Arthur. Il m&eacute;rite son titre de guide car il parle parfaitement notre langue et conna&icirc;t son sujet sur le bout du doigt. Il est vrai qu'il semble tout particuli&egrave;rement attach&eacute; &agrave; sa contr&eacute;e.</P><P> A l'entr&eacute;e du pont, nous descendons par un court sentier dans le village de case des piroguiers. Nous voici embarqu&eacute;s dans une pirogue couverte avec quatre piroguiers dont un plac&eacute; &agrave; l'avant de l'embarcation. Ils pagaient &agrave; un rythme incroyable.<BR> Le temps est agr&eacute;able, ciel d&eacute;gag&eacute; et temp&eacute;rature d'environ 25&deg;.<BR> Nous allons partir sur la gauche, autrement dit vers le nord. Nous sommes sur la rivi&egrave;re Manakara. Nous longeons le pont effondr&eacute; ce qui nous permet de constater &agrave; quel point il &eacute;tait rong&eacute; par la rouille puis nous nous dirigeons vers l'embouchure. Sur la droite, nous longeons la pointe qui s&eacute;pare la lagune de l'oc&eacute;an. Des petits maisons de p&ecirc;cheurs y sont install&eacute;es et l'on peut en voir certains qui r&eacute;parent leur pirogue ou revoient son &eacute;tanch&eacute;it&eacute; en appliquant un genre de goudron sur les parties ab&icirc;m&eacute;es. <BR> Nous croisons des pirogues de p&ecirc;cheurs qui rentrent. Bien qu'ils naviguent &agrave; contre courant, certains n'ont pas besoin de pagayer car ils ont hiss&eacute; une voile rudimentaire et le petit vent soufflant du large suffit pour les faire avancer. </P><P> Bient&ocirc;t, nous arrivons au port abandonn&eacute;. Sur la gauche, les quais et les b&acirc;timents des entrep&ocirc;ts sont d&eacute;serts tandis qu'en face, sur notre droite, on voit un cimeti&egrave;re de bateaux o&ugrave; gisent des chalands et des barges rouill&eacute;es et &eacute;chou&eacute;es. Il est loin le temps o&ugrave; le port donnait du travail &agrave; 1500 dockers.<BR> La d&eacute;cision d'installer ce port de la partie sud du littoral orientale de l'&icirc;le &agrave; Manakara plut&ocirc;t qu'&agrave; Mananjary a &eacute;t&eacute; prise en 1921, la liaison ferroviaire avec Fianarantsoa &eacute;tant plus courte de 41km.<BR> Le port a ferm&eacute; en 2008. ll s'av&eacute;rait inadapt&eacute; pour accueillir les navires actuels qui devaient jeter l&#146;ancre au large tandis que les marchandises devaient &ecirc;tre transbord&eacute;es d'o&ugrave; perte de temps, co&ucirc;ts suppl&eacute;mentaires, pertes et vols de marchandises li&eacute;s aux manutentions suppl&eacute;mentaires. Pourtant en juillet 2009, le ministre des Tranports, Rolland Rajantoelina, d&eacute;clarait &quot;la remise en marche du port de Manakara devra se concr&eacute;tiser cette ann&eacute;e&quot;...<BR> Aujourd'hui on s'oriente vers une autre direction en choisissant de d&eacute;velopper le site de Marohita, &agrave; 20 km au sud de Mananjary et situ&eacute; sur le canal des Pangalanes. Il pourrait abriter un port en eau profonde et disposer d&#146;environ 80 000 ha de terrains plats tout autour. <BR> L'enjeu, c'est l'exportation de sables noirs riches en zircon et surtout en ilm&eacute;nite (oxyde min&eacute;ral de fer et de titane) vers la Chine.</P><P>De l'ilm&eacute;nite on extrait le titane, un m&eacute;tal l&eacute;ger entrant dans la composition d'alliages pour ses propri&eacute;t&eacute;s tr&egrave;s int&eacute;ressantes telles que sa r&eacute;sistance &agrave; la corrosion, sa r&eacute;sistance &agrave; l&#146;&eacute;rosion et au feu, sa biocompatibilit&eacute;, mais aussi ses propri&eacute;t&eacute;s m&eacute;caniques permettant de cr&eacute;er des pi&egrave;ces fines et l&eacute;g&egrave;res, tout en &eacute;tant tr&egrave;s solides (secteur a&eacute;ronautique et spatial notamment). Il a &eacute;galement des applications dans le secteur de la chimie.<BR> L'exploitation de cette ressources rel&egrave;ve du consortium anglo-autralo-malgache QMM (QIT Madagascar Minerals) r&eacute;unissant une filiale du groupe anglo-autralien Rio Tinto (fond&eacute;e en 1893), la QIT (Quebec Iron and Titanium) qui d&eacute;tient 80% du capital de QMM et l'Etat malgache repr&eacute;sent&eacute; par l'OMNIS (Office des Mines National des Industries Strat&eacute;giques) qui d&eacute;tient le reste. De vives controverses ont cours actuellement &agrave; propos de la concession pour la recherche et l'exploitation au profit d'une soci&eacute;t&eacute; chinoise Mainland Ltd (&eacute;manation de la China Geo Engineering Corporation) arriv&eacute;e &agrave; Madagascar en 2008 pour exploiter 26000 carreaux miniers sur le littoral Est du pays. Il semble que la soci&eacute;t&eacute; serait pass&eacute;e au stade de l'exploitation sans l'aval des autorit&eacute;s et en portant des atteintes &agrave; l'environnement.</P><P> Nous sommes maintenant tout pr&egrave;s de l'oc&eacute;an, le vent est plus vif et l'eau un peu plus agit&eacute;e. Nous obliquons vers la gauche, vers un rive sableuse o&ugrave; des pirogues ont accost&eacute;. Arthur nous explique que les piroguiers viennent faire leur march&eacute; en vue de notre pique-nique qu'ils vont nous organiser en guise de d&eacute;jeuner.<BR> A c&ocirc;t&eacute; des p&ecirc;cheurs qui ravaudent ou ramendent (pour faire plus simple, disons qu'ils raccommodent) leurs filets, les femmes nous pr&eacute;sentent dans des bassines le maigre produit de la p&ecirc;che. Maigre par la quantit&eacute; mais de beaux poissons et crustac&eacute;s: poisson trident, &quot;poisson &eacute;pine&quot; (l'arr&ecirc;te dorsale), grosses crevettes camarons, langoustes...</P><P></P><P><BR> Nous repartons dans l'autre direction et juste avant d'arriver au port nous prenons un petit canal sur la droite, en fait il s'agit du Canal des Pangalanes. Ce canal a &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute; il y a un si&egrave;cle. Long de 700 km (dont 500 navigables), il relie Toamasina (Tamatave) &agrave; Farafangana, parall&egrave;lement &agrave; l'Oc&eacute;an Indien. Il se poursuit donc encore sur une centaine de kilom&egrave;tres plus au sud pour atteindre Farafangana. <BR> Nous nous contenterons d'y faire une br&egrave;ve incursion d'un quart d'heure sans en saisir l'int&eacute;r&ecirc;t, en dehors de dire que l'on est all&eacute; sur ce canal...<BR> Nous repassons devant le port et on a la surprise de voir sur le quai un camion et quelques ouvriers qui d&eacute;chargent du mat&eacute;riel. Tient donc, le port revivrait-il bient&ocirc;t? Non&nbsp;! <BR> .En fait il s'agit d'&eacute;l&eacute;ments m&eacute;talliques destin&eacute;s &agrave; la construction d'un pont provisoire (?) dit pont Bailey (pont &agrave; &eacute;l&eacute;ments pr&eacute;fabriqu&eacute; d'une port&eacute;e maximale de 60 m con&ccedil;u primitivement pour un usage militaire en permettant le passage de chars dont l'invention au cours de la Seconde Guerre Mondiale est due &agrave; Donald Bailey, ing&eacute;nieur civil de l'Arm&eacute;e britannique). La soci&eacute;t&eacute; chinoise Mainland a propos&eacute; son aide esp&eacute;rant ainsi se refaire une virginit&eacute; en se conciliant la population de Manakara jusqu'&agrave; l&agrave; hostile &agrave; ses projets d'exploitation d'ilm&eacute;nite dans la r&eacute;gion. La mise en service &eacute;tait pr&eacute;vue le 10 octobre 2012 (l'inauguration a eu lieu le dimanche 28 octobre).</P><P><BR> <BR> Maintenant nous remontons la rivi&egrave;re en direction du sud et nous passons sous la partie non effondr&eacute;e du tablier du pont. Sur notre droite nous laissons un village o&ugrave; se d&eacute;roule une messe dominicale dans une case destin&eacute;e au culte. La rivi&egrave;re est peu profonde &agrave; certains endroits et l'on voit des p&ecirc;cheurs avec de l'eau jusqu'&agrave; la taille tirant leurs filets tandis que d'autres rel&egrave;vent les nasses install&eacute;es pr&egrave;s des rives herbeuses. Bient&ocirc;t sur la gauche, appara&icirc;t un &eacute;trange monuments fait d'arcades blanches. <BR> Apr&egrave;s avoir d&eacute;barqu&eacute;, nous d&eacute;couvrons qu'il s'agit du m&eacute;morial Mausol&eacute;e d'Ambarakararay (&quot;Fasan'Ireo Mahery Fo&quot;) &eacute;difi&eacute; en m&eacute;moire des insurg&eacute;s nationalistes abattus le 29 mars 1947 par les tirailleurs s&eacute;n&eacute;galais de l'Arm&eacute;e fran&ccedil;aise. Les constructions et les totems en fer &agrave; repr&eacute;sentation de z&eacute;bu ont &eacute;t&eacute; fra&icirc;chement repeints pour la comm&eacute;moration du 65&egrave;me anniversaire des &eacute;v&egrave;nements qui s'est d&eacute;roul&eacute;e en pr&eacute;sence d'Andry Nirina Rajoelina, Pr&eacute;sident de la Transition&nbsp;!<BR> Pr&egrave;s de l&agrave; se trouve un cimeti&egrave;re chr&eacute;tien, avec de nombreux tombeaux de familles malgaches mais aussi chinoises. Tout pr&egrave;s, un groupe de femmes et d'enfants, pauvres d'apparence, retourne le terrain. Ils d&eacute;terrent des petits cailloux qu'une communaut&eacute; de religieuses leur a command&eacute;s...</P><P> Nous rembarquons pour aborder un peu plus loin, toujours sur la gauche, dans un village de p&ecirc;cheurs de requins, crevettes et crabes. Nous allons le visiter pendant une petite demi-heure, ce qui permet aux piroguiers de souffler. C'est un village de 500 ou 600 habitants dont une large moiti&eacute; d'enfants.</P><P></P><P>Nous sommes accueilli par un groupe d'une dizaine d'enfants qui se baignent tout nus. Nous allons voir un peu comment vivent les habitants dans leur case perch&eacute;e sur de courts pilotis. On peut m&ecirc;me voir une case en cours de construction, l'armature et la charpente sont termin&eacute;es, la couverture v&eacute;g&eacute;tale est en place, il reste &agrave; poser les panneaux des murs et le plancher. Passage devant le petit &eacute;tal de l'&eacute;picier local (riz, haricots, &eacute;chalottes, tomates, lentilles...). Des poulets haut sur pattes comme on en voit dans les pays tropicaux cherchent leur pitance.</P><P> Ces volailles sont le r&eacute;sultat de croisements entre des races issues de la poule Bankiva (poule brune de la jungle ou Gallus gallus), avec des apports de &quot;type malais&quot; et de &quot;type cochin&quot;, animaux peu productifs (50 oeufs par an) et &agrave; la chair dure &agrave; cuire.</P><P> D&eacute;j&agrave; des aliments mijotent dans les cocottes install&eacute;es &agrave; l'ext&eacute;rieur. Du linge est &eacute;tendu &agrave; s&eacute;ch&eacute; sur le sol. Des p&ecirc;cheurs r&eacute;parent leurs filets. Plus loin, un groupe de jeunes joue aux cartes. Des grapheurs ont orn&eacute; certaines cases de dessins na&iuml;fs voire exotiques comme le portrait de Michkael Jackson. Attention aux toiles d'araign&eacute;es o&ugrave; une &eacute;norme femelle de n&eacute;phile dor&eacute; (vue &agrave; contre-jour, on ne voit pas le dor&eacute;). Ces insectes se rencontrent en Afrique australe et dans les zones voisines de l'Oc&eacute;an indien. Madagascar conna&icirc;t la sous-esp&egrave;ce Nephila inaurata madagascariensis. Heureusement, elle est beaucoup plus inoffensive que sa cousine d'Am&eacute;rique du Nord, la c&eacute;l&egrave;bre veuve noire.<BR> On voit bien qu'il s'agit d'un village de p&ecirc;cheurs car &agrave; certaines cases sont accroch&eacute;es de spectaculaires m&acirc;choires de requins. D'ailleurs on peut voir des ailerons en train de s&eacute;cher avant de s'en aller vers l'Asie. Passage &agrave; la boutique d'artisanat de raphia avec de jolis petits chapeaux typiques &agrave; bords &eacute;troits appel&eacute;s satrokas (prononcer [satrok]), paniers et cabas appel&eacute;s sobikas (prononcer [soubik]).</P><P>A propos du chapeau malgache satroka</P><P>C'est une tradition vestimentaire qui r&eacute;siste, au moins dans les campagnes, avec ses variantes Merina, Betsileo, Bara, Atandroy, de Manakara, de Mananjary ou de Diego...<BR> C'est un rep&egrave;re identitaire par sa forme et sa mati&egrave;re. Chez les Atandroy (Sud), il est conique et se porte lors des &eacute;v&eacute;nements de la vie sociale, des mariages aux enterrements. Chez les Bara, il est &agrave; bord roul&eacute;. Sur les Hauts Plateaux, chez les Betsileo, il est en forme de bonnet quadrangulaire port&eacute; avec le lambaoany (ample et long v&ecirc;tement fait d'une pi&egrave;ce de tissu) pendant des c&eacute;r&eacute;monies...</P><P><BR> Laissant ici le piroguier-cuistot avec les provisions, nous reprenons la pirogue pour aborder un peu plus loin sur l'autre rive.</P><P><BR> Arthur nous guide &agrave; travers une plantation. Nous y d&eacute;couvrons diverses esp&egrave;ces v&eacute;g&eacute;tales, arbres comme les jacquiers, litchis, badamiers, canneliers, ou citronniers, herbes aromatiques comme la citronnelle de Madagascar. On peut aussi y voir des n&eacute;penth&egrave;s (plantes carnivores poussant sur un sol pauvre). Plantes plus communes et comestibles comme les ananas (pas encore murs) ou le manioc.</P><P><BR> Une partie de ces plantes sont destin&eacute;es &agrave; produire des &quot;simples&quot;, c'est-&agrave;-dire des extraits de plantes utilis&eacute;s en phytoth&eacute;rapie. Ici, on produit donc des essences et huiles essentielles obtenues par distillation des &eacute;l&eacute;ments v&eacute;g&eacute;taux &agrave; la vapeur d'eau.<BR> Justement, nous arrivons pr&egrave;s d'une distillerie artisanale, il n'y a aucun doute sur le caract&egrave;re artisanal quand on voit l'alambic fait de bric et de broc. L'entreprise familiale occupe neuf personnes, &agrave; la fois dans la plantation de 10 ha et ici, &agrave; la distillerie que l'on ne verra pas fonctionner... C'est dimanche&nbsp;!</P><P>Le proc&eacute;d&eacute; de distillation consiste &agrave; faire traverser, de bas en haut, la cuve remplie de plantes aromatiques par de la vapeur d'eau chauff&eacute;e (ici, au bois) dans une chaudi&egrave;re voisine. L'essence de la plante qui se d&eacute;gage sous forme de gaz est m&ecirc;l&eacute;e &agrave; la vapeur d'eau. A la sortie de la cuve de distillation, le m&eacute;lange gazeux traverse un serpentin baignant dans l'eau froide ce qui provoque la condensation du gaz. A la sortie du serpentin, le liquide aboutit est recueilli dans une cuve de d&eacute;cantation o&ugrave; on pr&eacute;l&egrave;ve dans la partie sup&eacute;rieure l'huile essentielle de densit&eacute; inf&eacute;rieure &agrave; celle de l'eau. Par mesure d'&eacute;conomie, l'eau r&eacute;chauff&eacute;e qui sort du serpentin est r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e pour la chaudi&egrave;re. Apr&egrave;s distillation, les feuilles servent dengrais organique dans les plantations</P><P>On nous explique qu'il faut distiller 500kg de feuilles de niaouli (un arbre dont le nom scientifique est Melaleuca quinquenervia) pour obtenir 3,5 kg d'huile essentielle. Avec le camphrier (Cinnamomum Camphora), appel&eacute; ici ravintsara, le rendement est bien moindre puisqu'une tonne de feuilles ne produit qu'un kilo d'huile essentielle tr&egrave;s pris&eacute;e pour ses vertus antivirales et immunostimulantes. Autre huile essentielle, celle d'eucalyptus citronn&eacute; (Eucalyptus Citriodora). Ces trois arbres ont en commun d'appartenir &agrave; la famille des Myrtac&eacute;es. Dans un autre registre, on nous pr&eacute;sente l'huile de Calophyllum, b&eacute;n&eacute;fique pour la peau mais &agrave; l'odeur peu engageante.</P><P>Ces fabricants ach&egrave;tent les feuilles de niaouli aux paysans qui vont les r&eacute;colter dans les for&ecirc;ts o&ugrave; il pousse &agrave; l&#146;&eacute;tat sauvage dont ils exploitent &eacute;galement le bois pour le chauffage. <BR> Seuls 10% de la production de cette distillerie est &eacute;coul&eacute;e en vente directe, le reste &eacute;tant achet&eacute; par des grossistes qui fournissent des entreprises comme la soci&eacute;t&eacute; malgache Homeopharma ou, chez nous, Yves Rocher. Une partie est vendue &agrave; un concurrent chinois qui exporte vers son pays d'origine.</P><P> Apr&egrave;s ces explications, c'est le moment des achats: huiles essentielles aux pouvoirs pratiquement miraculeux et capable de soigner quantit&eacute; de maux et de maladies. Mais il n'y a pas que les huiles car on nous propose aussi du miel de litchis conditionn&eacute; dans des bouteilles en plastiques serties plus aptes &agrave; supporter le voyage que des r&eacute;cipients en verre (effectivement on n'a pas eu de souci).</P><P> Nous regagnons le rivage et retournons vers le village dans le secteur du &quot;Trou du Commissaire&quot;. Apr&egrave;s avoir d&eacute;barqu&eacute;, nous traversons le cordon littoral sableux plant&eacute; de cocotiers en direction de la plage prot&eacute;g&eacute;e de la grande houle et de requins par une barri&egrave;re corallienne pour la s&eacute;curit&eacute; des baigneurs. Mais tel n'est pas notre but car nous devons repartir l'apr&egrave;s-midi et pour l'instant, il est justement midi et quart et on songe &agrave; manger ce que le chef aura pr&eacute;par&eacute; pendant notre visite &agrave; la plantation: les poissons achet&eacute;s ce matin et des l&eacute;gumes achet&eacute;s aux villageois.</P><P> A l'ombre des palmiers, le cuisinier a install&eacute; son foyer et son mat&eacute;riel: foyer, gril, cocottes... La table est rapidement dress&eacute;e sur une grande nappe imprim&eacute;e &agrave; motifs bleus. C'est un pique-nique tr&egrave;s &eacute;labor&eacute;, pas de sandwichs. Nous disposons d'assiettes &eacute;maill&eacute;es type &quot;vaisselle de la reine&quot; que la brise ferait bien voler et de tous les couverts n&eacute;cessaires:cuiller &agrave; soupe, fourchette, couteau et petite cuiller. <BR> Le menu est copieux car nous avons environ des camarons de taille moyenne (mais une demi-douzaine par personne), deux gros &quot;poissons &eacute;pines&quot;, des carottes r&acirc;p&eacute;es saut&eacute;es, des feuilles de br&egrave;des avec des fruits blancs en forme d'oeuf et &agrave; saveur am&egrave;re (aubergine&nbsp;?) et bien s&ucirc;r du riz tr&egrave;s bien cuisin&eacute;. En dessert, nous avons une tranche et demie d'ananas chacun. Et pour finir, on nous a m&ecirc;me chauff&eacute; un caf&eacute;! Super!</P><P>On remballe tout le mat&eacute;riel que les piroguiers remportent au bateau.</P><P> </P><P>Quelques minutes pour jouer aux boules sur la plage avec des noix de coco... enfantillages&nbsp;! <BR> Nous retraversons le village pour retourner &agrave; la pirogue. Derniers sourires des enfants qui ne nous ont jamais importun&eacute;s.</P><P> <BR> Les piroguiers mettront moins d'une heure pour rentrer car ils b&eacute;n&eacute;ficient du courant. En tout, ils aurons pagayer sur une distance d'une douzaine de kilom&egrave;tre&nbsp;!</P><P>Nous avons pass&eacute; plus de huit heures en compagnie d'Arthur et de ses camarades sans voir le temps s'&eacute;couler.</P><P> Il est 14h30 lorsque nous retrouvons la terre ferme, Dominique et son 4x4. Nous avons environ 190km &agrave; parcourir jusqu'&agrave; Ranomafana soit environ 3h30 de trajet. Nous arriverons donc largement apr&egrave;s la nuit tomb&eacute;e.</P><P>On red&eacute;file donc &agrave; l'envers le paysage vu deux jours plus t&ocirc;t et c'est l&agrave; qu'on regrette bien que l'aller ou le retour n'ait pu &ecirc;tre effectu&eacute; en train.</P><P></P><P><BR> RANOMAFANA [ranmafan'] </P><P><BR> Nous sommes log&eacute;s &quot;Chez Gaspard&quot;, des bungalows tr&egrave;s propres, confortables et install&eacute;s dans un parc petit mais superbe, en bordure d'un torrent. L'&eacute;tablissement appartient &agrave; la Mission de l'ECAR (Eglise CAtholique Romaine) et se trouve pr&egrave;s de l'&eacute;glise Notre-Dame de Fatima que les paroissiens ont le projet d'agrandir et de doter d'un clocher. Mais Chez Gaspard n'assure pas la restauration (sauf le petit-d&eacute;jeuner &eacute;videmment). Nous irons donc chercher notre pitance ailleurs dans la petite ville compl&egrave;tement plong&eacute;e dans l'obscurit&eacute;.</P><P> Nous allons d&icirc;ner au plus pr&egrave;s &agrave; l'h&ocirc;tel Le Grenat. Il fait frais et il n'y a plus de place en salle (priorit&eacute; aux pensionnaires&nbsp;!). Nous irons donc dans le jardin, &agrave; l'arri&egrave;re du b&acirc;timent. Le service est long et on pourrait aussi avoir des doute sur les pr&eacute;parations. </P><P>Certains vont appr&eacute;cier un velout&eacute; de l&eacute;gumes genre potiron (5000 MGA), d'aucun pr&eacute;f&egrave;re une courgette farcie avec des miettes de poisson (7000 MGA). Vient ensuite une cuisse de poulet r&ocirc;ti accompagn&eacute;e de l&eacute;gumes saut&eacute;s: carottes, haricots et pommes de terre (15000 MGA). Hors boisson, nos trois repas nous reviendront &agrave; 62000 MGA soit 22&euro; pour 3 personnes.</P><P> <BR> De retour Chez Gaspard, nous passerons une excellente nuit.</P><P> D&egrave;s 6 heures, l'envie de me balader dans le petit parc et s'est environ me d&eacute;mange. Brume sur les montagnes que le soleil vient caresser. D&eacute;bauche de bougainvilliers, foug&egrave;res arborescentes et autres palmiers auxquels de perfides araign&eacute;es n&eacute;phile ont accroch&eacute; leur toile, ce qui permet d'observer le dimorphisme sexuel, la disparit&eacute; de taille entre la grande femelle d'environ 10cm (pattes comprise quand m&ecirc;me) et son minuscule m&acirc;le.</P><P> Excellent petit-d&eacute;jeuner dans la grande salle o&ugrave; se trouve l'accueil.</P><P> Nous quittons l'h&ocirc;tel en 4x4 et nous arrivons tr&egrave;s vite &agrave; l'entr&eacute;e du parc situ&eacute; non loin de la localit&eacute;. Nous sommes matinaux car une longue journ&eacute;e nous attend car pour arriver &agrave; Ranohira ce soir, il faudra parcourir plus de 350 km.</P><P><BR> Parc National de Ranomafana class&eacute; au Patrimoine Mondial de l&#146;UNESCO en 2007,<BR> (avec 5 autres Parcs du littoral oriental)<BR> A 7h15, nous sommes pris en mains par Jimmy qui sera notre guide dans notre courte visite du Parc National puisque normalement on ne doit lui consacrer que 2 heures&nbsp;! Le parc se situe &agrave; une altitude de 1300-1400 m&egrave;tres et s'&eacute;tend sur 41000 ha.<BR> Le parc n'organise plus de visites nocturnes qui perturbent trop les animaux. A propos du microc&egrave;be, le petit l&eacute;murien nocturne que nous avons vu &agrave; l'Ialatsara, Jimmy pr&eacute;cise que lorsque cet animal ne dort pas dans un arbre creux ou un ancien nid d'oiseau, il se confectionne un nid de feuilles fra&icirc;ches qu'il renouvelle tous les trois jours avant qu'elles se dess&egrave;chent et ne puissent plus le camoufler &agrave; ses pr&eacute;dateurs, notamment les fossas (Cryptoprocta ferox), f&eacute;lins end&eacute;miques de Madagascar.</P><P><BR> Concernant les esp&egrave;ces diurnes de l&eacute;muriens, trois sont particuli&egrave;rement repr&eacute;sent&eacute;es. C'est d'abord l'hapal&eacute;mur dor&eacute; (Hapalemur aureus) ou l&eacute;mur bambou dor&eacute; qui neutralise l'acide cyanhydrique contenu dans les feuilles de bambous en consommant p&eacute;riodiquement un peu d'argile. Il p&egrave;se environ 2 kg. Ce l&eacute;murien vit en groupe de 4 ou 5 individus dirig&eacute; par une femelle dont le pelage du ventre est blanch&acirc;tre mais ils se s&eacute;parent pour dormir afin de moins attirer le pr&eacute;dateurs. <BR> Nous aurons la chance d'&ecirc;tre conduits vers un petit groupe d'hapal&eacute;murs dor&eacute;s (Hapalemur aureus) par nos pisteurs. Plus loin, les pisteurs trouvent deux l&eacute;murs &agrave; ventre roux (Eulemur rubriventer) qui p&egrave;sent environ 2 kg et qui vivent &eacute;galement dans le R&eacute;serve de l'Ialatsara mais l&agrave;-bas, nous le les avions pu vus<BR> Le parc h&eacute;berge &eacute;galement le l&eacute;mur fauve (Eulemur fulvus) ou l&eacute;mur &agrave; front roux (ou encore maki brun) qui p&egrave;se environ 3 kg.</P><P>Comme nous sommes en dehors de la saison des pluies, nous n'aurons pas eu l'occasion de voir de serpents.</P><P>A 9h30, nous sommes de retour au parking tandis que l'on peut voir trois rapaces planant au-dessus du parc. Apr&egrave;s une vingtaine de kilom&egrave;tres nous retrouvons la Nationale 7 dont nous allons parcourir un court tron&ccedil;on pour la troisi&egrave;me fois&nbsp;! Toujours aussi peu sympathique cette route&nbsp;! <BR> Apr&egrave;s une heure de route nous passons pr&egrave;s d'un grand march&eacute; champ&ecirc;tre qui se tient pr&egrave;s d'une petite localit&eacute; (peut-&ecirc;tre Ambalakely). Malheureusement le temps manque pour s'y arrr&ecirc;ter Lorsque les Malgaches que nous croisons ne portent pas le chapeau tradionnel sur la t&ecirc;te, c'est qu'il est remplac&eacute; par le tout aussi traditionnel panier rempli des achats qu'ils ont effectu&eacute;s.</P><P>Nous sommes tout pr&egrave;s de Fianarantsao...</P><P></P><P><BR> FIANARANTSOA [fianarant'sou] ou [fianar] </P><P>Fianarantsoa est la capitale du pays Betsol&eacute;o, peupl&eacute;e de 150 000 habitants. C'est la quatri&egrave;me ville du pays apr&egrave;s Antananarivo, Toamasina et Antsirabe. Elle fut fond&eacute;e de toute pi&egrave;ce suite &agrave; la volont&eacute; de la Reine Ravalalona I&egrave;re en 1830 avec la volont&eacute; de civiliser la population d'o&ugrave; l'&eacute;tymologie du nom de la ville &quot;le bon apprentissage&quot; ou &quot;la ville o&ugrave; l'on enseigne le bien&quot;. </P><P>Passage &agrave; la pompe carburant. Toujours hors de prix<BR> Il nous faut des timbres pour poster nos cartes postales Le bureau de Poste se trouve juste en face de la gare, point de d&eacute;part du train Fianarantsoa &agrave; C&ocirc;te Est (FCE). </P><P></P><P> Profitant sans doute de l'inactivit&eacute; de la gare, des marchands de canap&eacute;s ont envahi une partie de la place Nous avons envie de faire les curieux et nous entrons dans la gare comme dans un moulin L'horloge sur le fronton de la gare indique pile heures A l'int&eacute;rieur du hall, un avis (filazan) informe que le train pour Manakara est supprim&eacute;, sans indication de date de reprise du service&nbsp;! <BR> Des mat&eacute;riaux (fer &agrave; b&eacute;ton) et des sacs au contenu ind&eacute;termin&eacute; mais malodorant tra&icirc;nent l&agrave;.</P><P> <BR> Nous passons &agrave; la Poste, de l'autre c&ocirc;t&eacute; de la rue. Nous tombons mal car un groupe d'une dizaine de vazahas a d&eacute;j&agrave; envahi les lieux et un apporte une animation sans doute inhabituelle. La pr&eacute;pos&eacute;e est litt&eacute;ralement d&eacute;bord&eacute;e. Elle n'a pas les timbres sous la main et ceux-ci doivent &ecirc;tre contingent&eacute;s car dans le bureau voisin o&ugrave; elle va les chercher en ne lui en remet qu'une centaine. Mais &ccedil;a ira.</P><P><BR> Dans un box m&eacute;nag&eacute; dans un coin du hall, des employ&eacute;es se livrent &agrave; des travaux de remplissage de tableaux comptables au crayon &agrave; papier et &agrave; la gomme...</P><P>Dominique nous fait passer &agrave; une boutique o&ugrave; l'on vend des huiles essentielles &quot;Alambic sous les Tropiques Ar&ocirc;mes arrang&eacute;s du Betsileo et des C&ocirc;tes Produits paysans&quot;, ce qui fait double emploi avec notre visite d'hier &agrave; la distillerie artisanale de Manakara.</P><P> </P><P> Nous reprenons la voiture et nous grimpons au point de vue du Mont Kianjasoa &agrave; 1370 m. d'altitude d'o&ugrave; l'on domine la ville qui est &agrave; presque 200 m&egrave;tres plus bas. Nous n'y sommes pas tranquilles tr&egrave;s longtemps car sommes bient&ocirc;t assaillis par une troupe d'ados cherchant &agrave; nous vendre des d&eacute;coupages &quot;pour financer les &eacute;tudes car les professeurs disent que ce n'est pas bien de mendier&quot;.</P><P> </P><P></P><P> </P><P> Redescendus, Dominique nous laisse au pied de la vieille ville, pr&egrave;s de la cath&eacute;drale d'Ambozontany, de style toscan. Construite en 1871, ce lieu de culte est venu s'ajouter aux temples protestants construits auparavant dans la ville. <BR> La mont&eacute;e vers la ville haute par une rue toute en larges marches serait agr&eacute;able dans ce qui ferait penser &agrave; un de nos villages perch&eacute;s du Midi si l'on n'&eacute;tait pas sollicit&eacute; par les restaurateurs mais &ccedil;a n'a rien d'anormal puisqu'il est midi. Tout en montant tranquillement, on passe devant un dispensaire puis on peut voir des tas de bidons jaunes et des seaux d&eacute;pos&eacute;s pour la livraison d'eau. On peut aussi observer le lavoir o&ugrave; une demi-douzaine de femmes s'affairent, plus loin des maisons coloniales bien restaur&eacute;es puis l'on passe devant un premier temple de l'&eacute;glise r&eacute;form&eacute;e de Madagascar (FJKM), puis un second portant la date de 1859. Le sommet de cette colline portait jadis un rova, un palais merina, qui a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par une &eacute;cole. En redescendant nous tombons dans le pi&egrave;ges d'enfants qui cherchent &agrave; se faire payer des fournitures scolaires. Ca tombe bien, il y a une boutique qui vend ce genre de chose un peu plus bas. Va pour un cahier. On devrait sentir l'arnaque et un moment plus tard Dominique nous confirme que ces enfants ne vont pas &agrave; l'&eacute;cole mais qu'ils font un petit commerce des fournitures qu'on leur a offertes et qu'ils revendent.</P><P>Petit arr&ecirc;t devant les bureaux de l'agence Mad Trekking pour laquelle travaille notre chauffeur Dominique. <BR> En voiture, nous traversons &quot;le quartier des affaires&quot; o&ugrave; l'on voit les agences bancaires: Bank of Africa, BFV Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale, BNI Cr&eacute;dit Agricole, la Direction R&eacute;gionale des T&eacute;l&eacute;communications et l'H&ocirc;tel de Ville (Lapan'ny Tanana). Nous poursuivons en passant pr&egrave;s du march&eacute; du Zoma, sans nous y arr&ecirc;ter et rejoignons la &quot;route du sud&quot;.</P><P> </P><P><BR> Sortis de la ville un peu apr&egrave;s midi et demi, Dominique ne nous signale pas le vigoble de Lazan'i Betsileo, pas plus qu'un peu plus tard le village d'Amjamany domin&eacute; par sa colline sur laquelle deux aviateurs fran&ccedil;ais s'&eacute;taient crash&eacute;s pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce paysage figurait sur les anciens billets de 500 Francs malgaches. <BR> Nous avons le spectacle d'un paysage qui devient d&eacute;j&agrave; un peu moins vert, o&ugrave; la roche des collines est mise &agrave; nu par l'&eacute;rosion. Les maisons semblent plus modestes. Des d&eacute;p&ocirc;ts de bidons en plastique sont l&agrave; sans doute pour la livraison d'eau &quot;potable&quot;. Et toujours les troupeaux de z&eacute;bus qui montent vers Tana. Quelques rizi&egrave;res, parfois de petites maisons &agrave; pan de bois et remplissage de torchis. Des champs d'armoise (Artemisia)... Peu &agrave; peu nous perdons de l'altitude. La vall&eacute;e d'Ambalavao appara&icirc;t bient&ocirc;t tandis que dans un arri&egrave;re-plan lointain et brumeux se d&eacute;coupent les reliefs du Massif de l'Andringitra, un Parc National, magnifique terrain d'aventure pour les trekkeurs.</P><P> <BR> Il est 13h45, lorsque nous arrivons dans la bourgade d'Ambalavao.</P><P></P><P><BR> AMBALAVAO [ambalava]</P><P>Ambalavao, &quot;o&ugrave; il y a un nouvel enclos&quot;, est une petite ville de 35 000 habitants voisine du pays Bara. D'ailleurs au XVIII&egrave;me si&egrave;cle le clan de pasteurs et guerriers Bara &#147;Zafimanely&#148; tenta d'&eacute;tendre son territoire vers le nord, afin de s&#146;emparer de la vall&eacute;e fertile de la rivi&egrave;re Manantanana. Ce n'est qu'avec l'intervention des M&eacute;rina que la fronti&egrave;re du pays Betsileo fut r&eacute;tablie.</P><P> Pour d&eacute;jeuner nous faisons escale &agrave; l'h&ocirc;tel-restaurant &quot;Aux Bougainvill&eacute;es&quot;. Les choix se dispersent entre confit de canard (12000 MGA) et plats de z&eacute;bu en filet ou z&eacute;bu genre bourguignon (15000 MGA). M&ecirc;me dispersion pour les desserts, entre banane flamb&eacute;e (7000MGA) et bananes sauce chocolat (6000 MGA).</P><P> <BR> Nous sortons de table pour faire deux pas car, sans faire d'avantage d'efforts, dans la cour de l'h&ocirc;tel on peut voir un atelier de papier Antaimoro ou Antemoro. <BR> La technique avait &eacute;t&eacute; apport&eacute;e d&egrave;s le VIIe si&egrave;cle par les Arabes sur la c&ocirc;te sud-est, dans la r&eacute;gion Antaimoro (autour de Manakara) pour y transcrire le Coran. Elle &eacute;tait en voie de se perdre lorsque l'homme d'affaires fran&ccedil;ais, Pierre Mathieu, la remit &agrave; l'honneur en 1936 en y ajoutant une id&eacute;e d&eacute;corative avec l'inclusion de fleurs. Ce papier &eacute;pais et filandreux, de couleur beige, &agrave; fibres apparentes, est fabriqu&eacute; &agrave; partir des fibres de l'&eacute;corce de l'avoha, un arbuste de la m&ecirc;me famille que le figuier et le m&ucirc;rier, qui pousse dans l'extr&ecirc;me sud de Madagascar. C'est pour cela que l'on trouve une telle similitude avec le &quot;papier shan&quot; de Birmanie fabriqu&eacute; lui aussi la fibre d'un m&ucirc;rier (Broussonetia papyfera). Rappelons au passage que le papier a &eacute;t&eacute; invent&eacute; en Chine d&egrave;s le premier si&egrave;cle de l'&egrave;re chr&eacute;tienne. <BR> Apr&egrave;s une cuisson pendant quatre heures, cette pulpe est battue &agrave; l'aide de maillets en bois afin de bien disperser les fibres. On obtient une p&acirc;te qui est dilu&eacute;e dans l'eau et vers&eacute;e dans un bac au font duquel est dispos&eacute;e une toile sur un cadre. Il faut enviorn 400g de p&acirc;te pour garnir un cadre de 1,50x0,75 m. Puis le cadre est sorti du bac et sur la p&acirc;te fra&icirc;che, selon l'humeur de la d&eacute;coratrice et selon les fleurs de saison, on ajoute des fleurs, p&eacute;tales, feuilles ou tiges s&eacute;ch&eacute;es. Pour les fixer dans le papier, elle les recouvre tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;re couche de p&acirc;te. Il ne reste plus qu'&agrave; faire s&eacute;cher la feuille au soleil pendant quelques heures apr&egrave;s quoi elle se d&eacute;tache facilement de son support.</P><P>A part cela, l'autre c&eacute;l&eacute;brit&eacute; de la ville est son grand march&eacute; aux z&eacute;bus, le deuxi&egrave;me du pays (apr&egrave;s celui de Tsiroanomandidy, dans le centre ouest du pays), mais nous sommes un jour sans. C'est aujourd'hui lundi alors que le march&eacute; a lieu le mercredi.<BR> Les touristes dont le timing n'est pas trop serr&eacute; auraient la possibilit&eacute; des visiter la vall&eacute;e de Tsaranoro oule parc &eacute;cotouristique d'Anja permettant d'observer facilement divers l&eacute;muriens.</P><P> En quittant Ambalavao, premi&egrave;re rencontre avec la plaine et la savane du pays Bara. Seule constante les troupeaux de z&eacute;bus se dirigeant vers le nord mais le paysage devient quasi d&eacute;sertique avec seulement du sisal, plante de la famille des agaves (originaires du Mexique).</P><P>______________________________________________________________________</P><P>LES ZEBUS</P><P>Ce bovid&eacute; (Bos taurus indicus) est originaire de la p&eacute;ninsule indienne o&ugrave; il fut domestiqu&eacute; il a de 6000 &agrave; 8500 ans. Il se serait diffus&eacute; vers l'Afrique en passant par le l'Arabie et le Proche-Orient il y a 3000 ou 4000 ans. Son introduction &agrave; Madagascar est beaucoup plus tardive (et pour cause puisque le premier peuplement de l'&icirc;le de remonte qu'&agrave; 2000 ans) avec les migrations de populations bantoues et arabes au premier mill&eacute;naire de l'&egrave;re chr&eacute;tienne. C'est aussi un h&eacute;ritage africain par le symbolisme religieux et le statut qui est conf&eacute;r&eacute;s au b&eacute;tail.</P><P>UNE RICHESSE...</P><P>Il n'y a pas deux fois plus de z&eacute;bus que d'habitants comme l'un de nos guides a pu le dire, ni m&ecirc;me autant que d'habitants comme on peut le lire parfois. En fait on en compte environ 10 millions soit &agrave; peine un pour deux habitants. Il est vrai que tr&egrave;s longtemps, il y avait d&#146;avantage de z&eacute;bus que d&#146;habitants ! mais les proportions se sont invers&eacute;es aujourd&#146;hui.</P><P>N&eacute;anmoins le z&eacute;bu est omnipr&eacute;sent dans le d&eacute;cor. En t&eacute;moignent les immenses troupeaux qui, du Sud remontent jusqu&#146;aux portes de la capitale. Les gardiens qui parcourent en plusieurs semaines des centaines de kilom&egrave;tres le long de la RN7 auraient un int&eacute;r&ecirc;t commercial &agrave; transporter leurs b&ecirc;tes en camion mais ils se plient au poids de la tradition&#133; <BR> Au-del&agrave; de la viande qu&#146;il procure, le z&eacute;bu est l'objet de v&eacute;n&eacute;ration et tr&egrave;s souvent associ&eacute; &agrave; des rites cultuels (sacrifices). A l'occasion d'&eacute;v&egrave;nements rituels comme la premi&egrave;re coupe des cheveux d'un enfant (&agrave; deux mois), la circoncision, le d&eacute;c&egrave;s et surtout le &quot;retournement de mort&quot; (famadihana), selon le nombre d'invit&eacute;s et donc selon la richesse de l'invitant, on tue des veaux ou des z&eacute;bus. La f&ecirc;te peut r&eacute;unir 1000 invit&eacute;s et conduire au sacrifice de 5 z&eacute;bus...<BR> Bien plus qu&#146;un simple capital, le z&eacute;bu est le symbole de toutes les valeurs. La couleur de sa robe exprime les circonstances joyeuses ou douloureuses de la vie. Les bucranes (cr&acirc;ne et cornes) ornent les tombeaux et leur nombre est alors en rapport avec la puissance du d&eacute;funt. C'est pourquoi chez les Mahafaly, des&quot;aloalo&quot; ornent &eacute;galement les tombes. Il s'agit de sculpture tot&eacute;miques racontant la vie du d&eacute;funt et pr&eacute;sentant le dessin de z&eacute;bus. </P><P>Les z&eacute;bus repr&eacute;sentent souvent la seule richesse d'une famille et constituent la principale source de viande. La valeur d'un seul animal &eacute;quivaut &agrave; pr&egrave;s de deux ans de salaires d'un petit employ&eacute; ! Le prix moyen d'un animal est de l'ordre de 800 000 &agrave; un million d'Ariary. Dans l'actuel contexte d'ins&eacute;curit&eacute;, les &eacute;leveurs du sud en sont r&eacute;duit &agrave; brader leur cheptel &agrave; la moiti&eacute; de ce prix.<BR> C'est un signe ext&eacute;rieur de richesse, un patrimoine, une r&eacute;serve plut&ocirc;t qu'une v&eacute;ritable source de revenu car l'animal n'est peu adapt&eacute; aux gros travaux agricoles et ne produit gu&egrave;re de lait.<BR> Ce cheptel augmente de 0,8% par an (soit 800 000 t&ecirc;tes). Au niveau du pays, la valeur totale de ce cheptel est estim&eacute;e &agrave; 4,5 milliards d'euros.</P><P>En raison de l'accroissement d&eacute;mographique, les basses terres ont &eacute;t&eacute; transform&eacute;es en rizi&egrave;res et en cultures vivri&egrave;res ce qui a conduit &agrave; la r&eacute;duction des p&acirc;turages productifs. Ne disposant plus que de p&acirc;turages pauvres sur les terres hautes, maigres et soumises &agrave; la s&eacute;cheresse, il n'est pas possible d'entretenir de gros animaux (il faut disposer de 8 ha par b&ecirc;te au lieu de 3 ha dans le contexte ancien). <BR> Si malgr&eacute; tout les effectifs se maintiennent, la qualit&eacute; se d&eacute;grade et le poids moyen des z&eacute;bus adultes baisse, passant de 250 &agrave; 180 kg. Dans ces conditions il ne faut pas s'&eacute;tonner de voir usage limit&eacute; qu'on en fait comme outil de travail: traction de petites charrettes ou au pi&eacute;tinement des rizi&egrave;res inond&eacute;es avant repiquage. Ces b&ecirc;tes n'ont pas un poids suffisant pour tirer une charrue.<BR> Les femelles ne donnent naissance qu'&agrave; un veau toutes les ann&eacute;es et demie et un bon tiers des veaux meurent peu apr&egrave;s leur naissance. De plus, il semble que l'on conserve dans les troupeaux un nombre excessif de m&acirc;les par rapport aux n&eacute;cessit&eacute;s de la reproduction, donc au d&eacute;triment de la production laiti&egrave;re (tr&egrave;s faible avec 3 &agrave; 4 litres de lait par jour en p&eacute;riode de lactation).<BR> Dans les r&eacute;gions &agrave; sols riches alluvionnaires, le cheptel pourrait &ecirc;tre am&eacute;lior&eacute; par croisement et ainsi permettre de disposer d'animaux de trait (comme on le verra du c&ocirc;t&eacute; d'Andasibe). A l'oppos&eacute;, dans les r&eacute;gions de savane &agrave; faible pluviom&eacute;trie, il faudrait importer des &quot;veaux d&eacute;marr&eacute;s&quot; venant de r&eacute;gions naisseuses afin qu'ils puissent profiter du reverdissement des p&acirc;turages &agrave; la saison des pluies (&agrave; partir de janvier) et atteindre un poids critique leur permettant de se d&eacute;velopper au cours des trois ann&eacute;es suivantes.</P><P>...CONVOITEE !</P><P>En pays bara, le vol de l'animal v&eacute;n&eacute;r&eacute;, le z&eacute;bu, &eacute;tait une tradition villageoise consistant pour les jeunes gens &agrave; prouver leur virilit&eacute;, un rite non violent de passage &agrave; l'&acirc;ge adulte, preuve de courage et de force. L'adolescent gagnait ainsi le respect de sa communaut&eacute;... surtout si son exploit finissait en prison !</P><P>Mais les vols de z&eacute;bus qui d&eacute;fraient d&eacute;sormais la chronique malgache ont pris la dimension d'un vaste trafic sanglant. En quelques mois, plus de 14 000 t&ecirc;tes de b&eacute;tail ont &eacute;t&eacute; vol&eacute;es.</P><P>Aujourd'hui, le dahalo ne vole plus pour la gloire mais pour l'argent. Il ne s'empare plus d'un animal avec son courage pour seule arme mais de troupeaux entiers avec d'innombrables comparses en bandes organis&eacute;es munis de kalachnikovs et fusils d'assaut. Il a les traits d'un jeune paysan du sud ayant fini son service militaire, sans perspectives. Il arrive qu'un notable, un militaire ou un homme d'affaires lui propose d'utiliser son savoir acquis dans le maniement des armes &agrave; ces fins criminelles. Ils b&eacute;n&eacute;ficient aussi de complicit&eacute;s parmi les populations, et plus haut encore, dans l'administration et dans l'arm&eacute;e.</P><P>Depuis juin 2012, une difficile traque de ces bandits qui attaquent les villages a &eacute;t&eacute; entreprise dans les r&eacute;gions d'Atsimo-Atsinanana et d'Anosy et en juillet pr&egrave;s d'une centaine de bandits ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s. Mais leur chef, l'insaisissable Remenabila, continue de se terrer avec ses hommes dans les zones inaccessibles du sud de l'&icirc;le. Sa t&ecirc;te a &eacute;t&eacute; mise &agrave; prix par les autorit&eacute;s qui offrent une prime colossale de 100 millions d'Ariarys (36 000 euros) &agrave; qui le livrera &quot;mort ou vif&quot; et seulement 20 millions d'Ariarys (7 000 euros) &agrave; qui indiquera o&ugrave; il se cache. Il a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; fait appel &agrave; l'arm&eacute;e pour lutter contre ce fl&eacute;au mais ont peu rester sceptique sur l'efficacit&eacute; de cette action quand on sait &agrave; quel point existe une porosit&eacute; entre les repr&eacute;sentants de loi et ceux qui l'enfreignent.</P><P>Ces voleurs de z&eacute;bus en bandes organis&eacute;es ont l'habitude de pr&eacute;venir les villageois qu'ils vont les attaquer afin de les intimider et ainsi avec l'espoir de ne rencontrer aucune r&eacute;sistance de leur part.<BR> Ce premier week-end de septembre 2012, dans l'arri&egrave;re-pays de Fort Dauphin, les choses ne se sont pas d&eacute;roul&eacute;es selon ce plan car les &eacute;leveurs ont tendu une embuscade aux voleurs. Elle a fait pr&egrave;s de 100 morts dont 90 bandits appartenant &agrave; une bande d'environ 130 voleurs lors de deux op&eacute;rations punitives men&eacute;es par des villageois. Ce massacre a eu lieu dans une zone d'acc&egrave;s malais&eacute; de l'arri&egrave;re-pays de Fort Dauphin. Sur les quelques 100 z&eacute;bus, les villageois en auraient r&eacute;cup&eacute;r&eacute; 98.</P><P>Une bonne surprise et un sujet d'&eacute;tonnement, l'&eacute;tat de la Nationale 7 est meilleur maintenant. Sans doute faut-il consid&eacute;rer que ce n'est parce qu'on en prend meilleur soin mais simplement parce que plus on s'&eacute;loigne de la capitale et moins le trafic y est intense et donc l'usure qui va avec...</P><P>Et le paysage&nbsp;? Un monde min&eacute;ral, ocre rouge, avec des reliefs vigoureux. Il fait chaud en milieu d'apr&egrave;s-midi, 30&deg;. Sans doute un peu de monotonie et de fatigue si la pr&eacute;c&eacute;dente &eacute;tape &eacute;tait d&eacute;j&agrave; lointaine. C'est sans doute ce qui est arriv&eacute; au taxi-brousse qui a rat&eacute; un pont (rappelons qu'ils ont &agrave; gabarit r&eacute;duit) et s'est retrouv&eacute; &agrave; moiti&eacute; retourn&eacute;, dans la petite rivi&egrave;re en contrebas, peu apr&egrave;s avoir pass&eacute; les rochers des Portes du Sud.</P><P>Vers 16h30, se dresse devant nous une curieuse montagne form&eacute;e par la superposition de deux blocs arrondis et aplatis. Il s'agit du &quot;bonnet de l'&eacute;v&ecirc;que&quot;, une sorte de calotte pos&eacute;e sur un cr&acirc;ne.</P><P> <BR> <BR> Le jour d&eacute;cline vite, il est 17h15. Barrage de police que nous franchissons sans contr&ocirc;les puis Dominique fait un appoint de carburant &agrave; Ihosy ([ioutch]), toujours aussi cher, 1&euro; le litre (2760 MGA).<BR> Notre route va longer le Plateau d'Horombe, sur notre gauche mais notre chauffeur a d'autres pr&eacute;occupations car il nous pr&eacute;cise que nous trouvons maintenant au coeur de la &quot;zone rouge&quot; ou s&eacute;vissent les bandes de voleurs de z&eacute;bus et autres d&eacute;trousseurs de grand chemin.</P><P> Comme la nuit devient bient&ocirc;t compl&egrave;te c'est avec soulagement que l'on arrivera &agrave; destination &agrave; l'Isalo Ranch &agrave; 18h30, sans avoir aper&ccedil;u toutes les beaut&eacute;s du &quot;Colorado malgache&quot;, avec juste un bref arr&ecirc;t &agrave; Ranohira o&ugrave; Dominique nous pr&eacute;sente &agrave; notre guide M&eacute;thode (si si, c'est son nom) pour la journ&eacute;e suivante dans le Parc National.</P><P> Apr&egrave;s la toilette bien n&eacute;cessaire apr&egrave;s cette tr&egrave;s longue journ&eacute;e (qui, rappelons-le avait commenc&eacute; par la visite du Parc National de Ranomafana) nous avons bon app&eacute;tit lorsque nous nous installons pour d&icirc;ner au restaurant de l'h&ocirc;tel o&ugrave; nous sommes en demi-pension pendant deux journ&eacute;es. D'aucunes jouent la prudence avec un potage aux cro&ucirc;tons. Plus t&eacute;m&eacute;raire, j'opte pour une jolie pr&eacute;sentation avec brochette de cro&ucirc;tons et de petites tomates farcie d'une mac&eacute;doine ainsi que de concombres recouverts d'une sauce froide.<BR> En plat principal, on optera soit pour la c&ocirc;te de porc grill&eacute;e napp&eacute;e d'une sauce, soit d'une darne de tilapia. Accompagnements identiques: petites carottes, petits oignons et riz d&eacute;licieusement cuisin&eacute;. En dessert, on a opt&eacute; soit pour une tarte accompagn&eacute;e d'une sauce genre cr&egrave;me anglaise (avec signature &quot;Isalo Ranch&quot; &agrave; la sauce chocolat!) soit pour une &icirc;le flottante.</P><P> <BR> </P><P> A 5km de la bourgade et &agrave; 200m de la nationale et apr&egrave;s un court &eacute;pisode de &quot;temp&ecirc;te de vent&quot; vers 21h30, la nuit sera calme dans notre confortable bungalow familial &agrave; deux chambres avec sanitaires partag&eacute;s. Electricit&eacute; d'origine solaire contingent&eacute;e ce qui signifie de mettre les batteries &agrave; recharger dans la salle du restaurant qui reste aliment&eacute;e. L'h&ocirc;tel compte une vingtaine de bungalows.</P><P>6 heures du mat! <BR> Premiers regards sur l'environnement. Nous avons une terrasse orient&eacute;e vers l'ouest ce qui nous offre une vue splendide sur des reliefs tabulaires du plateau de Keliambahatsy &eacute;clair&eacute;s par le soleil matinal. Le d&eacute;but d'une merveilleuse journ&eacute;e.</P><P> <BR> <BR> </P><P> Le jardin permet de faire connaissance avec quelques plantes grasses ou &eacute;pineuse (&quot;Epine du Christ&quot;) de cette r&eacute;gion semi d&eacute;sertique. Plantes &eacute;tranges avec un tronc renfl&eacute;, non pas des baobabs nains mais des pachypodiums, ce qui ne signifie pas &quot;pied d'&eacute;l&eacute;phant&quot; mais &quot;pied &eacute;pais&quot;. Statues &eacute;rotiques provenant de tombeaux, la statue masculine n'&eacute;tait pas &eacute;mascul&eacute;e &agrave; l'origine comme en t&eacute;moigne l'absence localis&eacute;e de patine...</P><P></P><P></P><P><BR> Parc National de l'ISALO</P><P> Petit-d&eacute;jeuner rapidement aval&eacute; car nous avons rendez-vous au village de Ranohira ([ranouhir]) &agrave; 7 heures avec notre guide M&eacute;thode. Sur le court trajet, &eacute;trange spectacle d'un camion remorquant un bateau stationn&eacute; au milieu de nulle part, en tout cas bien loin d'un rivage.</P><P> <BR> Arriv&eacute;s &agrave; Ranohira, en attendant notre guide, nous faisons quelques pas sur la place du village et on voit un grand calicot annon&ccedil;ant que dans deux jours se tient &agrave; Ranohira une Journ&eacute;e Internationale du Tourisme avec orientation &agrave; la mode du jour, &quot;le durable&quot;. Une jolie demoiselle, &quot;Petit Nalit dit Felana&quot;, en profite pour distribuer sa carte de professionnelle en &quot;massage g&eacute;n&eacute;ral et sp&eacute;cial&quot;.</P><P>A 7h15, nous embarquons M&eacute;thode et, apr&egrave;s 25 minutes de piste, on nous d&eacute;pose pour l'aventure p&eacute;destre, munis des chaussures ad&eacute;quates et de deux litres d'eau.</P><P>Notre guide M&eacute;thode en quelques mots. <BR> D'origine Betsileo, catholique, bien int&eacute;gr&eacute; en pays Bara, il a 53 ans et exerce le m&eacute;tier de guide depuis 1992. Il s'exprime parfaitement et est toujours attentif &agrave; la forme et aux attentes de ses clients. Quand il ne fait pas ce travail, il redevient paysan.</P><P>Et quelques autres mots sur l'Isalo.</P><P>C'est un massif gr&eacute;seux taraud&eacute; par l'&eacute;rosion qui lui donne un aspect ruiniforme, orient&eacute; en gros nord-sud qui s'&eacute;tend sur 180 km de long par 20 km dans sa partie la plus large. Il couvre 116 000 ha dont 70% sont int&eacute;gr&eacute;s au Parc National. Cr&eacute;&eacute; en 1962, le parc a &eacute;t&eacute; ouvert au public en 1992.La v&eacute;g&eacute;tation de base est celle d'une savane &agrave; palmiers satranas d'o&ugrave; &eacute;mergent des arbres appel&eacute;s tapias qui r&eacute;sistent au feu. La flore du parc compte quelque 400 esp&egrave;ces. Quant &agrave; la faune, on d&eacute;nombre 14 esp&egrave;ces de l&eacute;muriens diurnes et 77 esp&egrave;ces d'oiseaux<BR> Environ 10 000 personnes vivent autour du Parc et pr&egrave;s de 20 000 visiteurs y viennent chaque ann&eacute;e. L'acc&egrave;s au Parc n'est possible qu'accompagn&eacute; d'un guide agr&eacute;&eacute;. M&eacute;thode nous confirme que malgr&eacute; son exp&eacute;rience, il pourrait d'y perdre dans les secteurs qui lui sont moins familiers.<BR> L'incendie survenu le 17 septembre 2010 a ravag&eacute; 8% du parc malgr&eacute; l'intervention de plus de 600 personnes pour lutter contre le sinistre.</P><P>. Pendant que nous attaquons la mont&eacute;e vers le plateau, M&eacute;thode nous fait observer un Coucal Toulou en plumage nuptial, tout noir sauf les ailes roux vif. Plus loin, dans les branches sup&eacute;rieures des arbres, on apercevra de fa&ccedil;on fugace nos premiers makis cattas partis en qu&ecirc;te de leur pitance (des fruits). On a juste le temps de bien remarquer leur magnifique queue annel&eacute;e o&ugrave; se succ&egrave;dent stries noires et blanches.</P><P><BR> La falaise que nous abordons est parfaitement mise en valeur par la lumi&egrave;re matinale qui r&eacute;veillent ses ocres et r&eacute;v&egrave;lent les formes &eacute;tranges r&eacute;sultant d'une &eacute;rosion ruiniforme de ce massif gr&eacute;seux: becs et cavit&eacute;s mais dans un dessin beaucoup plus brutal que ce que l'on peut observer sous d'autres latitudes (par exemple &agrave; P&eacute;tra, en Jordanie). Ce qui pouvait passer pour une t&ecirc;te d'aigle vue de loin, peut de plus pr&egrave;s faire penser plut&ocirc;t &agrave; une tortue. Ce sont aussi les premi&egrave;res grottes utilis&eacute;es pour des inhumations provisoires, ferm&eacute;es par de simples murets de pierre s&egrave;che.</P><P>L'&eacute;trange pratique malgache des double fun&eacute;railles, ne serait apparue et en tout cas g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e qu'au XVIIe s. (comme d'ailleurs la pratique de la circoncision) d'apr&egrave;s Wikip&eacute;dia qui pourtant ne manque pas de la relier &agrave; des traditions du sud-est asiatique (pour notre part, nous avions &eacute;t&eacute; &eacute;tonn&eacute;s par la survivance d'une pratique un peu similaire dans les campagnes du Tonkin, dans le nord du Vietnam). Ne serait-elle donc pas bien plus ancienne puisque le fond du peuplement malgache est venu d'Asie&nbsp;?<BR> Les premi&egrave;res fun&eacute;railles (fandevenana) font passer du monde des vivants &agrave; celui des morts. C&eacute;r&eacute;monie triste et strictement familiale.<BR> Par contre, apr&egrave;s disparition plus ou moins compl&egrave;te des parties corruptibles, la seconde inhumation dite &quot;retournement des morts&quot; (famadihana) fera passer le d&eacute;funt dans le monde des anc&ecirc;tres (drazana). Tient donc, encore un point commun avec l'Asie.<BR> Selon les tribus, ces c&eacute;r&eacute;monies ont lieu entre trois et sept ans apr&egrave;s les premi&egrave;res fun&eacute;railles puis sont g&eacute;n&eacute;ralement suivies d'autres retournements &agrave; un rythme plus espac&eacute;, entre cinq et dix ans (par exemple trois ans puis sept ans sur les Hautes Terres). M&eacute;thode nous expliquera que ce n'est pas le cas ici. Ces c&eacute;r&eacute;monies se d&eacute;roulent en hiver, de juillet &agrave; septembre. </P><P>Si l'on n'en reste qu'au niveau de l'expression &quot;retournement&quot;, on peut se demander de quoi il peut bien retourner. S'agirait-il simplement de retourner ce qui reste du d&eacute;funt (par exemple de passer de face tourn&eacute;e vers le haut &agrave; face retourn&eacute;e vers le bas)?<BR> En ce qui concerne la pratique des Baras de cette r&eacute;gion, M&eacute;thode explique qu'un groupe d'hommes valides grimpent jusqu'&agrave; la grotte qui a servi de lieu d'inhumation provisoire afin r&eacute;cup&eacute;rer les restes du corps, en veillant &agrave; ce que ne manque aucun des taolam-balo, &quot;les huit os fondamentaux&quot; (hum&eacute;rus et cubitus des deux bras ainsi que f&eacute;mur et tibia des deux jambes), et les rapportent au village. Les femmes ont la charge macabre de gratter les os pour en d&eacute;tacher les lambeaux de tendons, puis les os sont lav&eacute;s avant d'&ecirc;tre enduits avec de la graisse de bosse de z&eacute;bu afin que le z&eacute;bu tienne compagnie &agrave; l'anc&ecirc;tre. Selon la richesse de la famille, c'est alors l'occasion des festivit&eacute;s villageoises qui peuvent durert jusqu'&agrave; trois jours et amener au sacrifice de quatre ou cinq z&eacute;bus. Apr&egrave;s quoi, les ossement recouverts d'un lamba (linceul) neuf sont plac&eacute;s dans un cercueil &eacute;galement neuf qu'un groupe d'hommes conduit au lieu de s&eacute;pulture d&eacute;finitif, dans une grotte situ&eacute;e plus haut dans la falaise et r&eacute;serv&eacute;e &agrave; une famille.<BR> Voil&agrave;, l'anc&ecirc;tre s'en est ainsi RETOURNE &agrave; sa nouvelle demeure.</P><P> Accompagn&eacute; de ces visions morbides, bient&ocirc;t nous mettons pied sur le plateau, encadr&eacute; de quelques cr&ecirc;tes et d&eacute;fonc&eacute;s par des canyons, un paysage lunaire ou plut&ocirc;t martien en raison des couleurs chaudes. Certains pachypodiums nains ont m&ecirc;me r&eacute;ussi &agrave; s'installer carr&eacute;ment &agrave; flanc de falaise. Le renflement de la base de leur tige renferme une mati&egrave;re spongieuse qui stocke l'eau absorb&eacute;e &agrave; la saison des pluies (eau non consommable pour les humains&nbsp;!). En cette saison, ces arbrisseaux sont d&eacute;pouill&eacute;s de leurs feuilles et leur floraison jaune va dispara&icirc;tre dans quelques semaines.<BR> Plus loin, une vieille souche a &eacute;t&eacute; dispos&eacute;e comme un bucr&acirc;ne, un cr&acirc;ne sacr&eacute; de z&eacute;bu surmont&eacute; de ses cornes. M&eacute;thode nous arr&ecirc;te pr&egrave;s d'un buisson qui ne poss&egrave;de plus que quelques grandes feuilles. A nous d'y d&eacute;nicher un grand et &eacute;trange insecte. Pire que de chercher une aiguille dans une meule de foin, pourtant ici les brindilles ne sont pas en nombre. Un indice: quel angle les branchettes forment-elles avec la branche qui les porte&nbsp;? Un angle aigu orient&eacute; vers le haut direz-vous et vous aurez vite la solution car certaines branchettes semblent tourn&eacute;es vers le bas. En fait il s'agit des pattes ant&eacute;rieures d'un phasme, t&ecirc;te dirig&eacute;e vers le bas. Parfait camouflage.</P><P> Un rocher d&eacute;chiquet&eacute; de la falaise &eacute;voque une gueule de crocodile ou plut&ocirc;t de quelque monstre pr&eacute;historique aux dents ac&eacute;r&eacute;es. Toujours des tombeaux, une maigre v&eacute;g&eacute;tation o&ugrave; l'on peut voir une parente des kalenchoes de nos fleuristes. Nous atteignons une nouvelle cr&ecirc;te avec vue imprenable &agrave; 360&deg; (mais avec la technologie qu'est-ce qui n'est plus imprenable&nbsp;?). Paysage similaire &agrave; perte de vue, cr&ecirc;tes et plateaux entrecoup&eacute;s de canyons.</P><P></P><P>Au sol, r&eacute;sultant de l'&eacute;rosion, une roche &eacute;voque &eacute;trangement la forme de la Grande Ile tandis que nous sentons comme surveill&eacute;s par les orbites mena&ccedil;antes d'un barbare gothique genre &quot;skull warrior&quot;. Encore un tombeau provisoire, dont le cercueil en fer blanc (signe manifeste de la richesse de la famille du mort) dont on voit encore les peintures d&eacute;coratives a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; sur place apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; vid&eacute;.</P><P><BR> <BR> </P><P><BR> Pour changer, &agrave; l'approche d'un canyon, de la fra&icirc;cheur. <BR> Un ruisseau aux eaux &eacute;meraudes dont savent tirer parti quelques foug&egrave;res et de beaux sp&eacute;cimens de pandanus. Un peu plus loin il tombe en cascade dans la Piscine Naturelle o&ugrave; un jeune couple d&eacute;j&agrave; arriv&eacute; va bient&ocirc;t nous c&eacute;der la place. Il est 9 heures, nous avons march&eacute; tranquillement pendant une bonne heure et quart soit le modeste parcours d'environ 3 kilom&egrave;tres. Quelques pr&eacute;cautions pour ne pas glisser en descendant vers le petit plan d'eau. <BR> Une petite demi heure de baignade et il faut repartir car un peu long et monotone va suivre avant la pause d&eacute;jeuner.</P><P> Nous longeons un moment le canyon avec ses pandanus et autres palmiers-bambous, avant de nous engager au coeur du plateau aride tandis que nous voyons d&eacute;bouler une horde de touristes descendant de la cr&ecirc;te que nous avions pass&eacute;e il ya mainteant plus d'une heure. Ouf! Ils se contenteront s&ucirc;rement d'un aller-retour &agrave; la Piscine Naturelle.<BR> V&eacute;g&eacute;tation rabougrie d'herbes, plantes grasses (kalenchoes et haworthia) et pachypodiums. Quant au r&egrave;gne animal, on retrouve une nouvelle fois l'araign&eacute;e g&eacute;ante n&eacute;phile. Courte pause &agrave; l'ombre pour se rafra&icirc;chir et observer des nids de foumis Crematogaster ranavalonis curieusement accroch&eacute;s dans les arbres et pr&eacute;sentant l'aspect de carton. Puis un cam&eacute;l&eacute;on dont on peut observer l'extraordinaire capacit&eacute; &agrave; mouvoir ses yeux de fa&ccedil;on ind&eacute;pendante, &quot;l'un tourn&eacute; vers le pass&eacute; et l'autre vers l'avenir&quot;. En revanche nous ne verrons pas de scorpion.<BR> Nous arrivons dans la zone du Canyon des makis s&eacute;rieusement endommag&eacute;e par l'incendie de 2010 dont les traces sont bien visibles. On peut admirer la capacit&eacute; de r&eacute;sistance au feu de certains petits arbres, tapias (Uapaca bojeri), dont les feuilles servent de nourriture aux larves de landibe, les vers &agrave; soie sauvage. Cela tient &agrave; l'&eacute;paisseur de son &eacute;corce, tout comme pour les ch&ecirc;nes-li&egrave;ges de nos for&ecirc;ts m&eacute;diterran&eacute;ennes.<BR> Dans un coin encore vert d'un canyon, il faut avoir l'oeil expert de M&eacute;thode pour apercevoir au loin deux superbes et grands l&eacute;muriens sifakas blancs &agrave; taches noires (ou prophit&eacute;que de verreaux). D&eacute;ception mais c'est partie remise pour un autre jour. Jolis arbustes &eacute;pineux aux fleurs rouge corail retombant en cascades, ressemblant &agrave; un flamboyant, l&#146;&eacute;rythrine &agrave; cr&ecirc;te de coq (Erythrina crista-galli), originaire d'Am&eacute;rique du sud. Son nom vient de ses fleurs en forme de cr&ecirc;tes de coq (en latin crista galli).</P><P> Apr&egrave;s deux heures de marche et &ecirc;tre descendus dans un canyon, nous arrivons &agrave; l'aire de bivouac de Namaza o&ugrave; l'on est en train de nous concocter un pique-nique am&eacute;lior&eacute; (mais non compris dans le forfait cette fois). Sous une paillote voisine, les foyers sont allum&eacute;s et des porteurs ont assur&eacute; le ravitaillement en charbon et en denr&eacute;es. Avec sa nappe en tissu imprim&eacute;, la table est solidement dress&eacute;e puisqu'il s'agit d'une grossi&egrave;re ma&ccedil;onnerie de blocs de pierre formant table et bancs.</P><P>Midi! Le d&eacute;jeuner est servi. Au menu: une salade de carottes et haricots &eacute;minc&eacute;s avec un demi-oeuf dur, 2 ou 3 boulettes (par convive) de viande de z&eacute;bu &agrave; la sauce tomate, accompagn&eacute;es d'un riz genre cantonaise, avec morceaux de carottes et haricots verts et des petits pois et en dessert 2 ou 3 tranches d'ananas. Tarif: 18000 MGA soit 6,50&euro; par personne, hors boisson).<BR> Un interm&egrave;de en cours de repas r&eacute;sulte de l'irruption dans le voisinage d'un inoffensif serpent des arbres (snake tree) qu'un pisteur r&eacute;cup&egrave;re sans crainte afin de le porter dans un lieu plus &eacute;cart&eacute;, pour la tranquillit&eacute; de l'animal et pour la n&ocirc;tre.</P><P><BR> Avant 13 heures, nous attaquons la seconde phase de notre programme, la Cascade des Nymphes qui remplace le parcours dans le Canyon des makis.</P><P> Bon plan pour l'apr&egrave;s-midi: marche au frais le long d'un ruisseau et en une demi-heure nous sommes arriv&eacute;s &agrave; la Cascade des Nymphes. Ambiance fra&icirc;che o&ugrave; ne nous attarderons gu&egrave;re plus d'un quart d'heure car nous d&eacute;cidons d'opter pour l'option &agrave; 20 000 MGA/personne pour nous conduire &agrave; la Piscine Bleue et &agrave; la Piscine Noire soit environ 3 kilom&egrave;tres de plus, en empruntant toujours le lit presque &agrave; sec des rivi&egrave;res. <BR> Trois quarts d'heure pour atteindre la superbe Piscine Bleue qui en r&eacute;alit&eacute; semble plut&ocirc;t verte. Un petit effort suppl&eacute;mentaire de quelques minutes nous am&egrave;ne &agrave; la myst&eacute;rieuse Piscine Noire.</P><P> </P><P><BR> Vers 14h45, nous redescendons le lit de la rivi&egrave;re en direction de la zone de bivouac pique-nique de Namaza o&ugrave; nous sommes de retour un peu avant 15 heures. Et l&agrave;, quel plaisir de pouvoir admirer trois groupes de makis cattas comptant chacun une douzaine d'individus en pleines agapes florales au-dessus de nos t&ecirc;tes. Chaque groupe a un territoire de 6 &agrave; 9 hectares et il se d&eacute;place quotidiennement sur pr&egrave;s d'un kilom&egrave;tre au sein de ce territoire. Tout en mangeant ils &eacute;mettent des cris divers, sortes de ronronnements, grognements, grincements, ronflements, crachements et miaulements.<BR> Il y en a partout, &ccedil;a vole litt&eacute;ralement d'arbre en arbre. Ils jouent aux &eacute;quilibristes en mangeant les fleurs et en emportant leur petit. Nous nous r&eacute;galons de ce spectacle pendant une demi-heure, en esquivant les catas que pourraient provoquer sur nos frusques par les cacas l&acirc;ch&eacute;s par les cattas. <BR> Ces l&eacute;muriens sont polygames et leur r&eacute;gime alimentaire est de type omnivore opportuniste, avec une large base de produit v&eacute;g&eacute;taux (fruits surtout) et accessoirement d'insectes (tels les phasmes) et larves. Ce sont les l&eacute;muriens qui ont l'organisation sociale la plus pouss&eacute;e. Les groupes sont dirig&eacute;s par une ou deux femelles. Ils communiquent beaucoup par signaux &agrave; l'aide de leur queue.</P><P></P><P>En descendant vers le parking nous pouvons observer de pr&egrave;s un iguane &agrave; queue &eacute;pineuse (Oplurus quadrimaculatus).</P><P> Nous reprenons la piste vers 15h45 et ravis pour ses prestations, nous d&eacute;posons M&eacute;thode au bourg de Ranohira, sur notre chemin et nous revoici &agrave; l'Isalo Ranch. </P><P>Pour clore cette belle journ&eacute;e, dommage que Dominique n'ait pas jug&eacute; utile de nous faire profiter du coucher de soleil sur les rochers de la Reine de l'Isalo ou au travers de la Fen&ecirc;tre de l'Isalo pourtant &agrave; moins de 10km de l&agrave; par la RN 7. Nous nous contenterons du coucher de soleil sur le plateau face &agrave; notre bungalow et de l'animation qu'engendre les feux de brousses que l'on peut voir non loin de notre terrasse, &agrave; quelques kilom&egrave;tres de l&agrave;, vers l'ouest, au bord de la RN 7. Heureusement, les larges coupe-feux am&eacute;nag&eacute;s autour de l'h&ocirc;tel nous rassurent un peu.</P><P><BR> Ce soir, avant le d&icirc;ner, &agrave; partir de 19 heures, le personnel de l'h&ocirc;tel donne pendant un peu plus d'une demi heure un spectacle gazi sans pr&eacute;tention de musique, chants et danses traditionnelles de diff&eacute;rentes ethnies: Baras &eacute;videmment puisque nous sommes au coeur de leur r&eacute;gion, M&eacute;rinas et Betsileo du centre, Vezos et Sakalavas de l'ouest dont le visage des femmes porte un maquillage d&eacute;coratif... tout comme leurs enfants, filles et gar&ccedil;ons, venus regarder le spectacle&nbsp;!<BR> Une danse retient l'attention, celle des Baras, avec des fusils en bois, elle &eacute;voque la pratique traditionnel du vol de z&eacute;bu par les jeunes hommes en espoir de beau mariage.</P><P>En pays bara, le vol de l'animal v&eacute;n&eacute;r&eacute;, le z&eacute;bu, &eacute;tait une tradition villageoise consistant pour les jeunes gens &agrave; prouver leur virilit&eacute;, un rite non violent de passage &agrave; l'&acirc;ge adulte, preuve de courage et de force. L'adolescent gagnait ainsi le respect de sa communaut&eacute;...<BR> Mais les vols de z&eacute;bus qui d&eacute;fraient d&eacute;sormais la chronique malgache ont pris la dimension d'un vaste trafic sanglant. <BR> Aujourd'hui, le dahalo ne vole plus pour la gloire mais pour l'argent. Il ne s'empare plus d'un animal avec son courage pour seule arme, mais avec d'innombrables comparses munis de kalachnikovs et fusils d'assaut. M&ecirc;me si ces vols &agrave; grande &eacute;chelle et autres embuscade tendues aux convois empruntant la RN 7 se produisent en pays Bara, les auteurs des faits n'appartiennent pas &agrave; une ethnie particuli&egrave;re.</P><P> Au d&icirc;ner ce soir, nos choix gastronomiques vont &ecirc;tre tr&egrave;s disparates. <BR> Pour commencer, soupe au chou et au lard ou jolie tulipe de fruits de mer et salade d'aubergine ou tourte au topinambour et fromage.<BR> Pour suivre, steak de z&eacute;bu grill&eacute; avec assortiment de l&eacute;gumes et ananas saut&eacute;s et d'un peu de riz quand m&ecirc;me. Pas de candidat parmi nous pour le poulet grill&eacute; ou la brochette de porc.<BR> Pour finir, flan p&acirc;tissier ou duo de fruits flamb&eacute;s (banane et ananas).</P><P> De retour au bungalow, nous sommes rassur&eacute;s, l'incendie s'est &eacute;teint et par chance ce soir il ne se l&egrave;ve pas un grand coup de vent comme la veille. Apr&egrave;s avoir si bien mang&eacute;, allons pouvoir dormir? La fatigue d'une marche d'une bonne douzaine de kilom&egrave;tres sous une trentaine de degr&eacute; viendra compenser...</P><P><BR> Apr&egrave;s le petit-d&eacute;jeuner et un regard aux jolies couleurs de l'Isalo illumin&eacute; par l'aube, d&eacute;part &agrave; 8 heures en direction du Canal du Mozambique. <BR> Au bout de 4 ou 5km, Dominique nous d&eacute;pose sur la gauche &agrave; la Maison de l'Isalo, un petit mus&eacute;e centre d'interpr&eacute;tation en visite libre. Nous y passons une vingtaine de minutes.<BR> Par contre, quelques kilom&egrave;tres plus loin, il aurait pu nous signaler le rocher dit &quot;la Reine de l'Isalo&quot; et faire un tout petit d&eacute;tour vers la &quot;Fen&ecirc;tre de l'Isalo&quot;. <BR> Etrange attitude pourtant rien dans notre comportement &agrave; son &eacute;gard ne peut l'expliquer... Peut-&ecirc;tre que de son point de vue juge-t-il ces rochers comme sans int&eacute;r&ecirc;t. Il nous a bien dit lors de nos premiers contacts que &quot;le c&ocirc;t&eacute; guide&quot; n'&eacute;tait pas ce qu'il aime le plus.</P><P> Les d&eacute;convenues vont se poursuivre avec lui alors que ce jour l&agrave; rien ne nous presse.</P><P>Route plut&ocirc;t bonne. Seulement 240 km &agrave; parcourir m&ecirc;me si l'on passera sans aucun contr&ocirc;le la dizaine de barrages de police ou de gendarmerie qui les jalonneront.</P><P></P><P><BR> ILAKAKA</P><P>Notre programme pr&eacute;voit le passage au gisement de saphirs d'Ilakaka. Nous ne le ferons pas. </P><P>Dominique nous averti que cette ville farwest en a tous les d&eacute;fauts et que les touristes y sont des proies. <BR> La d&eacute;couverte ici en 1998 du plus grand gisement en corindons &agrave; ciel ouvert au monde a &eacute;t&eacute; &agrave; l'origine de cette ville-champignon qui a pouss&eacute; de part et d'autre de son art&egrave;re unique, la RN 7. Aucune coh&eacute;rence dans l'architecture, &agrave; l'image de la diversit&eacute; ethnique et religieuse que l'on peut percevoir (calots et robes blanches de Musulmans Sri Lankais, d'ailleurs on voit une mosqu&eacute;e &agrave; la sortie de la ville...). Des sources bibiliographiques indiquent que la production mondiale de saphirs est assur&eacute;e &agrave; 40% par Madagascar (10 tonnes par an) alors que d'autres situent sa contribution &agrave; 15%.<BR> En fait c'est aux abords d'Ilakaka, l&agrave; o&ugrave; les prospecteurs creusent comme des rats, que vivrait la plus grande partie des quelques dizaines de milliers de personnes attir&eacute;s par le miracle ou le mirage de l'or bleu.</P><P> Dominqiue consent cependant &agrave; nous arr&ecirc;ter chez un lapidaire d'origine suisse install&eacute; &agrave; la sortie de la ville, sur la gauche. Notre visite expresse en dix minutes du show-room Color Line ne nous permet pas vraiment de d&eacute;couvrir les 102 couleurs de saphirs et l'exposition de fossiles. Marc Noverraz travaille les pierres depuis plus de 20 ans et est arriv&eacute; &agrave; Ilakaka en 2000. Avec un coll&egrave;gue guin&eacute;en, il organise des visites de mines de saphir. Cette gemme est une pierre pr&eacute;cieuse que l'on trouve principalement &agrave; Madagascar et au Sri Lanka (des terres qui &eacute;taient proches avant la fracturation du Gondwana et la d&eacute;rive des continents). Une affiche propose la visite guid&eacute;e des mines en 2 heures au tarif de 20000 Ar par personne. Dominique n'y tient pas car le danger ne vient pas cette fois de &quot;la faune locale&quot; mais des installations...</P><P><BR> Nous reprenons la route. <BR> Quelques tombeaux... sans commentaires.<BR> Quant aux arr&ecirc;ts mentionn&eacute;s dans le progamme pour les photos de baobabs de la For&ecirc;t de Zombitse-Vahibasia, ils n'auront pas lieu. <BR> Peut-&ecirc;tre Dominique a-t-il de bonnes raisons quand m&ecirc;me&nbsp;? Il fait d&eacute;j&agrave; 30&deg;. Dans les minuscules hameaux, les gamins ne nous gratifient pas de leur sourire et des habituels &quot;Bonjour vazaha&quot; mais au lieu de cela certains crachent m&ecirc;me en direction de la voiture.<BR> Barrage de police avec des herses signal&eacute;es par des bouteilles d'eau vide embroch&eacute;e sur les piques...<BR> Un peu apr&egrave;s 9h30, apparaissent les premiers baobabs qui jaillissent &ccedil;&agrave; et l&agrave; d'une sorte de savane o&ugrave; les rares cultures sont surtout le manioc en raison de la faible pluviom&eacute;trie puisque l'&eacute;pisode pluvieux ne d&eacute;passe pas ici une semaine. Des parcelles sont prot&eacute;g&eacute;es par diff&eacute;rentes cact&eacute;es. Finies les maisons en dur et &agrave; &eacute;tage. Les villages sont constitu&eacute;s de cases en mat&eacute;riaux purement v&eacute;g&eacute;taux ou en torchis (remplissage par un mortier d'argile et de paille d'une armature faite de perches). </P><P>Apr&egrave;s Sakaraha, nous allons voir quelques zones plus prosp&egrave;res o&ugrave; l'on pratique la culture sur br&ucirc;lis (tavy). Nous avons quitt&eacute; le pays des Bara pour celui des Sakalava-Vezo.<BR> La nature semble redevenir plus ingrate apr&egrave;s Mahaboboka tandis que l'on croise de nombreuses charrettes tir&eacute;es par des paires de z&eacute;bus. Les couleurs vives des v&ecirc;tements des femmes se font plus africaines. Tient! pour changer une &eacute;glise &quot;ortodksa&quot;. Et des d&eacute;p&ocirc;ts de sacs de charbons qui se font plus rares mais il y a si peu d'arbres qui pourraient encore en faire.<BR> Quant aux tombeaux, ils deviennent tr&egrave;s nombreux et tr&egrave;s divers lorsque nous effleurons le pays Mahafaly mais ne suscitent ni commentaires ni arr&ecirc;ts photos et on doit se borner &agrave; des prises depuis la voiture. Certains ressemblent &agrave; de grands parall&eacute;l&eacute;pip&egrave;des de 10 m&egrave;tres de c&ocirc;t&eacute;s faits de pierres pos&eacute;es sans mortier et plus ou moins d&eacute;grad&eacute;s. D'autres, plus r&eacute;cents (ou plus r&eacute;cemment r&eacute;utilis&eacute;s) ont une ma&ccedil;onnerie enduite et recouverte de peinture plus ou moins d&eacute;fra&icirc;chie. Ils sont orient&eacute;es vers les points cardinaux et des piliers marquent les angles sur lesquels on peut y voir des totems de z&eacute;bus en peinture &agrave; d&eacute;faut d'alaolo en bois sculpt&eacute;. Quelques tombeaux portent une maisonnette sacr&eacute;e, une sorte de petite chapelle &eacute;difi&eacute;e au milieu de leur terrasse. D&eacute;corant cette maisonnette, on peut aussi bien voir la peinture d'une sorte de centaure (torse d'homme sur un corps de z&eacute;bu?) qu'une croix en carreaux de fa&iuml;ence (type salle de bains). D'autres tombeaux sont surmont&eacute;s d'une simple croix de bois ou de rien&nbsp;!</P><P>Si, nous aurons un arr&ecirc;t. Il s'agit d'une pause technique que nous demandons un peu avant 11 heures. Il est bien temps. Arr&ecirc;t en rase campagne, avec l'abri symbolique d'une tr&egrave;s maigre for&ecirc;t s&egrave;che. Nous avions &agrave; peine eu le temps de r&eacute;pondre aux n&eacute;cessit&eacute;s, qu'une troupe d'enfants sortis d'on ne sait o&ugrave; nous rejoignait, se faisant tr&egrave;s qu&eacute;mandeurs. Il est temps de d&eacute;guerpir. Dominique doit en sourire...</P><P>A Andranavory, une large piste rouge s'ouvre sur notre gauche en direction du Grand Sud. C'est la Nationale 10 qui s'en va vers Fort-Dauphin (rebaptis&eacute;e Tollagnaro). Passons.<BR> Les maigres ressources que peut d&eacute;gager l'agriculture de cette r&eacute;gion aride limitent le nombre de bovins et le b&eacute;tail le plus adapt&eacute; est alors repr&eacute;sent&eacute; par les ch&egrave;vres dont on voit pa&icirc;tre des troupeaux au milieu des tombeaux ou que l'on croise sur la route.</P><P>Le paysage change peu &agrave; peu. Des buissons &eacute;pineux d&eacute;pouill&eacute;s de leurs feuilles en cette saison. Une v&eacute;g&eacute;tation plus haute qui a un peu l'allure des &eacute;pineux et des cactus mais de couleur vert de bris appara&icirc;t &eacute;galement. Soudain, &agrave; 11h30, dans le lointain l'horizon est barr&eacute; par la mer ou plus exactement le Canal du Mozambique, une annexe de l'Oc&eacute;an indien pour ne pas faire court. Les pousse-pousse et surtout les tricycles (v&eacute;lo rickshaws) nous signalent la proximit&eacute; de la ville.</P><P></P><P><BR> TULEAR [touliar]</P><P>C'est Tul&eacute;ar la coloniale cr&eacute;&eacute;e en 1895, renomm&eacute;e Toliara ou Toliary ([touli'ar]). La ville compte pr&egrave;s de 120 000 habitants pour une agglom&eacute;ration de l'ordre de 200 000 (curieusement mon Routard donne une agglom&eacute;ration de 2 800 000 habitants donc pas une simple erreur de z&eacute;ro en trop).</P><P>Pour les touristes qui s&eacute;journent &agrave; Tul&eacute;ar, souvent &agrave; partir du port de Mahavatse, il leur est propos&eacute; de rejoindre Anakao, &agrave; une bonne vingtaine de kilom&egrave;tre plus au sud, par le canal du Mozambique. Voyage folklorique qui commence par un transfert en charrette &agrave; z&eacute;bus &agrave; travers la gr&egrave;ve et dans l'eau afin de pouvoir embarquer sur les vedettes amarr&eacute;es &agrave; quelques centaines de m&egrave;tres du rivage. Anakao est un village (12000 habitants) de p&ecirc;cheurs Vezo et d'agriculteurs Mahafaly.</P><P> Comme il est tout juste midi, Dominique nous conduit au march&eacute; des coquillages. Un march&eacute; aux souvenirs pour les touristes: de jolis coquillages de toutes sortes certes (notamment des porcelaines de diff&eacute;rentes tailles) mais aussi des papillons sous vitrine, bouteilles de sables de couleur &eacute;voquant des symboles du pays (l&eacute;muriens, baobabs, arbre du voyageur), fossiles transform&eacute;s en objets d&eacute;coratifs polis (ammonites d&eacute;bit&eacute;e en rondelles), des miniatures de voitures en bois et surtout en fer blanc tir&eacute; des canettes, des nappes brod&eacute;es et des pareos imprim&eacute;s qui font penser &agrave; la Polyn&eacute;sie, des sculptures en bois mais pas d'alaolo, de copies de totems mahafaly. </P><P>C'est aussi l'occasion de voir le maquillage du visage de certaines vendeuses. Il serait plus exact de parler de masques de beaut&eacute; dont le but pour les paysannes &eacute;tait &agrave; l'origine de se prot&eacute;ger de l'ardeur du soleil. On peut lire qu'il serait fait &agrave; base d'argile rouge mais il semble que le plus souvent il s'agisse de tabaky, une poudre faite soit &agrave; partir d'&eacute;corce soit de racines de bois de santal. Dans un but purement esth&eacute;tique, on peut se contenter de dessiner au pinceau des motifs pointillistes. Tient, voil&agrave; quelque chose qui nous rappelle le thanaka des femmes birmanes.<BR> Une demi-heure pour de menus achats.</P><P>Passons maintenant &agrave; table. <BR> Sur le court trajet, nous passons pr&egrave;s d'une sorte de gare routi&egrave;re. Ici c'est le terminus pour beaucoup de taxis-brousse et le relais est pris par des camions b&acirc;ch&eacute;s et des vieux bus indiens &quot;Tata&quot; surcharg&eacute;s qui vont circuler sur les pistes vers le grand sud. On se demande comment les galeries supportent le poids de tout ce qu'on y accumule.</P><P><BR> Dominique nous propose l'h&ocirc;tel-restaurant &quot;Chez Alain&quot; dans un quartier sans charme, le quartier &quot;Sans fil&quot;. <BR> Apr&egrave;s la prise de nos commandes, nous avons tout loisir d'observer les alaolo, les totems fun&eacute;raires, qui d&eacute;corent le petit jardin o&ugrave; des tables sont dress&eacute;es pour les convives. Par exemple, on peut y voir une &eacute;trange sculpture, une t&ecirc;te de brebis surmontant un corps femmes (y -a-t-il une forme f&eacute;minine du centaure&nbsp;?). Si l'on sort du classique z&eacute;bu, d'autres alaolo sont surmont&eacute;s d'une charette tir&eacute;e par des z&eacute;bus, d'un taxi-brousse, d'un gendarme motocycliste en train de verbaliser un contrevenant...</P><P>Question nourriture, on fera simple apr&egrave;s une matin&eacute;e si peu remplie. Poisson pour les dames, en filet ou en brochette avec accompagnement de l&eacute;gumes saut&eacute;s et frites et pour moi je vais tester un plat traditionnel, le ravitoto. Pas tout &agrave; fait traditionnel car il ne s'agit pas ici d'un rago&ucirc;t de porc et de feuilles de manioc mais de lard auquel on a ajout&eacute; des morceaux de dinde. Bien s&ucirc;r, un bol de riz en accompgnement.<BR> Co&ucirc;t des diff&eacute;rents plats: de 11000 &agrave; 12000 MGA.</P><P> A 13h45, nous sommes pr&ecirc;ts pour aborder la vingtaine de kilom&egrave;tres de piste de sable qui nous s&eacute;parent de notre fin d'&eacute;tape &agrave; Ifaty. <BR> A la sortie de la ville de Tul&eacute;ar , en direction du nord, on traverse une sorte de d&eacute;charge publique &agrave; ciel ouvert si l'on en juge aux milliers de sacs plastiques qui jonchent le sol et que l'air de l'oc&eacute;an &eacute;parpille. Cette zone sert aussi de gare ou de d&eacute;p&ocirc;t &agrave; pousse-pousse. Par des plaques de bitumes qui subsistent parfois et provoquent de brusques cahots, on devine qu'il y eut ici une route. Chacun sait ce qu'il reste de ce qui est &eacute;difi&eacute; sur le sable... En tout cas, la piste est encombr&eacute;e de camions-b&acirc;ch&eacute;s (en guise de bus) se dirigeant vers le nord et surtout de charrettes. On slalome et par moment on circule &agrave; gauche.<BR> Bient&ocirc;t en suivant la c&ocirc;te, on aper&ccedil;oit une mangrove et dans le lointain l'ourlet blanc de la barri&egrave;re de corail qui d&eacute;limite le lagon.</P><P></P><P>IFATY [ifat]</P><P> Il est un plus de 14h30, lorsque Dominique nous confie &agrave; la patronne de l'h&ocirc;tel Nautilus. Mission accomplie. Il va se reposer cet apr&egrave;s-midi avant de remonter vers son agence de Fianarantsoa demain.</P><P>L'h&ocirc;tel qui semble assez bien rempli, appartient &agrave; un couple d'expatri&eacute;s qui ont manifestement adopt&eacute; un rythme de vie mora-mora. <BR> Attention, l'&eacute;tablissement comporte trois cat&eacute;gories de bungalows et nous aurons la moins bonne. Les bungalows encastr&eacute;s dans la dune, puis ceux construits un peu au-dessus et dominant le rivage. Enfin au fond du parc et d'all&eacute;es de sable, on trouve une batterie de bungalows sans caract&egrave;re et sans vue depuis la terrasse. Les n&ocirc;tres&nbsp;! Et z&eacute;ro pour la d&eacute;co. La literie repose sur un bloc de ma&ccedil;onnerie et ce sont aussi des &quot;parpaings&quot; qui servent de table de chevet. Spartiate&nbsp;!</P><P> ll y a ne piscine qui pourrait &ecirc;tre sympa si l'on n'y retrouvait pas les poils du chien de la maison qui vient s'y baigner avec sa ma&icirc;tresse. Quant &agrave; la plage, elle est d&eacute;cevante car tr&egrave;s &eacute;troite et n'est pas faite d'un parfait et fin sable blanc dont on pourrait r&ecirc;ver par ici. Tr&egrave;s vite, elle c&egrave;de la place &agrave; de rugueux rochers de coraux morts. Un peu plus au nord, du c&ocirc;t&eacute; de Mangily, il y a mieux. <BR> M&ecirc;me l'eau n'est pas sympathique comme on pourrait s'y attendre dans un lagon. Elle est tr&egrave;s agit&eacute;e et salie par les algues qu'elle remue. La cause de tout cela, c'est l'aliz&eacute; qui souffle dans le Canal du Mozambique et fracasse ses vagues sur la barri&egrave;re de corail &agrave; quelques kilom&egrave;tres d'ici et dont l'ent&ecirc;tant rugissement nous est apport&eacute; par le vent.<BR> Profitons de cet apr&egrave;s-midi pour nous reposer, nous d&eacute;tendre et nous cultiver en cherchant dans nos guides les explications qui nous ont fait d&eacute;faut. <BR> On se trouvera d'autres occupations pour la journ&eacute;e libre de demain. La patronne ne se mouille pas trop au sujet des pr&eacute;visions m&eacute;t&eacute;o. Une chose certaine, il ne peut que faire beau. Quand au vent et &agrave; son effet sur l'&eacute;tat de la mer, c'est autre chose. Pourrait-on passer la barri&egrave;re de corail pour aller observer des baleineaux et leur m&egrave;re (40&euro; pour 3 heures) comme c'&eacute;tait encore possible la semaine derni&egrave;re (mais nous sommes tout &agrave; fait en fin de saison)? Les piroguiers feront-il des balades dans le lagon? Les sorties &agrave; la p&ecirc;che au gros (70&euro; l'heure)? Les bapt&ecirc;mes de plong&eacute;e (50 &agrave; 100&euro;)? Le snorkeling (location PMT, palmes, masque et tuba au tarif de 5&euro; la demi-journ&eacute;e).</P><P>En soir&eacute;e, le ciel ne se pr&ecirc;te m&ecirc;me pas &agrave; faire de jolis couchers de soleil alors m&ecirc;me que le rivage est tourn&eacute; vers l'ouest.</P><P><BR> Le d&icirc;ner va &ecirc;tre l'occasion de mettre fin &agrave; ma pouss&eacute;e d'acrimonie et &agrave; mes j&eacute;r&eacute;miades et me r&eacute;concilier avec les bonnes choses. <BR> Pendant une journ&eacute;e et demie, nous sommes en libre pour nous occuper comme pour manger. Nous allons donc craquer pour des langoustes (trois demies par personne) accompagn&eacute;es de l&eacute;gumes saut&eacute;s, frites (soit 32000 MGA ou 11,50&euro; par personne) et d'un petit vin blanc. En dessert deux tranches d'ananas flamb&eacute;es (7500 MGA) ou un quart d'ananas taill&eacute; en pirogue (7000 MGA).<BR> La table est bonne et le service tr&egrave;s styl&eacute;, un peu affable m&ecirc;me qui ferait presque penser &agrave; l'ambiance que les romans rendent lorsqu'ils &eacute;voquent les serviteurs noirs dans les plantations du sud des Etats-Unis avant la Guerre de S&eacute;cession.</P><P>Apr&egrave;s ces agapes, le grondement qui vient toujours de la barri&egrave;re de corail va-t-il nous bercer?<BR> Finalement nous avons bien dormi et c'est avec &eacute;tonnement que nous sommes saisis par le silence ambiant. Plus de rugissement au loin. L'&eacute;cume de la barri&egrave;re de corail &agrave; peine visible. Et l'eau du lagon devenue d'huile.<BR> Nous ne prenons donc pas notre petit-d&eacute;jeuner tr&egrave;s t&ocirc;t et les activit&eacute;s pour la matin&eacute;e se trouvent compromises. Piscine pour les dames tandis que pour mon compte je me d&eacute;cide vers 9 heures de faire une petite balade le long de la c&ocirc;te, en direction du village principal, Mangily, &agrave; 4 kilom&egrave;tres plus haut nord.<BR> Je peux d'ailleurs apercevoir des pensionnaires qui se sont mieux lev&eacute;s que nous et qui ont embarqu&eacute; sur des pirogues se dirigeant vers la barri&egrave;re de corail. Il s'agit de pirogues &agrave; simple balancier et dot&eacute;es d'une voilure rudimentaire, un carr&eacute; de toile. Quant &agrave; moi, la marche alterne les zones sableuses fatigantes et celles de rochers de coraux morts d&eacute;licates (attention aux entorses). En traversant les villages, c'est l'occasion de voir de plus pr&egrave;s la vie des familles. Les enfants qui n'ont toujours pas repris les cours jouent, &eacute;videmment. Les femmes qui ne vaquent pas apr&egrave;s la cuisine papotent. C'est aussi l'occasion d'appr&eacute;cier la d&eacute;coration peinte sur certaines pirogues tir&eacute;es sur le sable. Plus loin, un couple tire un filet vers la plage...</P><P>Je suis de retour au bord de la piscine &agrave; 11 heures. Petit repos avant le d&eacute;jeuner. Quelques mots &eacute;chang&eacute;s avec les autres touristes nous apprennent que ceux qui ont fait les sorties en pirogue d'environ deux heures au cours de la matin&eacute;e en sont satisfaits. L'eau &eacute;tant redevenue parfaitement limpide, il &eacute;tait m&ecirc;me possible de voir les coraux sans se mettre &agrave; l'eau. Ils leur en avait co&ucirc;t&eacute; 10000 MGA par personne (+ redevance de 5000 MGA au profit de la R&eacute;serve Marine pour ceux qui se sont mis &agrave; l'eau).</P><P><BR> LA FORET DES BAOBABS</P><P>Cet apr&egrave;s-midi, Robinson, l'un des serveurs du restaurant, organise une sortie en chars &agrave; boeufs ou plus exactement en charrette &agrave; z&eacute;bus dans une for&ecirc;t s&egrave;che o&ugrave; poussent entre autres esp&egrave;ces, diff&eacute;rents baobabs. Pour une sortie de deux bonnes heures, il nous est demand&eacute; 15000 MGA soit un peu plus de 5&euro;. Chaque charrette tir&eacute;es par une paire de z&eacute;bus emporte trois passagers en sus du cocher. <BR> La proposition semble rencontrer un grand succ&egrave;s puisqu'on va former une caravane d'un dizaine de charrettes sous l'autorit&eacute; de Robinson qui &agrave; 14h30 non seulement chang&eacute; de r&ocirc;le mais aussi d'allure.<BR> Les z&eacute;bus sont rapidement attel&eacute;s &agrave; un joug rudimentaire attach&eacute; &agrave; un timon. En guise de guides, chaque extr&eacute;mit&eacute; d'une sangle est reli&eacute;e &agrave; une corde faisant le tour de la t&ecirc;te de chacun des animaux en traversant ...leur cloison nasale&nbsp;!</P><P><BR> Par moment la balade prend l'allure d'une course de chars. <BR> Ce n'est pas le grand confort mais on a connu pire. Les charrettes sint dot&eacute;es de ressorts &agrave; lames pour amortir les cahots et ceux-ci sont rares puisque l'on se trouve sur un terrain sablonneux. C'est qu'ils galopent bien ces z&eacute;bus l&agrave; (ne pas confondre avec z&eacute;bulons, nom que l'on donne ici &agrave; leurs petits&nbsp;!) et leurs pointes doivent &ecirc;tre de l'ordre 15 ou 20km/h. Notre &eacute;quipage parti le premier va longtemps rester en t&ecirc;te ce qui n'emp&ecirc;che pas Robinson juch&eacute; dans une charrette au milieu de la file de diriger sa troupe d'une voie ferme qu'on ne lui conna&icirc;t pas lorsqu'il assure le service de restauration.<BR> Bient&ocirc;t nous traversons des villages, en passant en bordure d'enclos &agrave; petit b&eacute;tail (ch&egrave;vres) ferm&eacute;s par de hautes palissades de branchages.<BR> Les enfants qui jouent nous saluent sur notre passage. <BR> Nous quittons le cordon dunaire c&ocirc;tier pour nous diriger &agrave; l'est, vers l'int&eacute;rieur. Nous nous trouvons alors en bordure de la zone des marais salants d'Ifaty, l'eau de mer &eacute;tant apport&eacute;e par la grosse conduite de b&eacute;ton passant sous le cordon littoral que j'avais vue lors de ma balade p&eacute;destre matinale. Actuellement, les bassins de d&eacute;cantation sont &agrave; sec. La production serait-elle en crise&nbsp;? Pourtant la Fleur de sel d'Ifaty est r&eacute;put&eacute;e dans le pays. Maintenant c'est une zone de prairies tr&egrave;s rases, surp&acirc;tur&eacute;es avec quelques maigres arbres et, de ci de l&agrave;, quelques cochons noir et ch&egrave;vres blanches en libert&eacute;. Nous arrivons dans de nouveaux villages de l'int&eacute;rieur. Petit bout de chemin sur la &quot;Nationale 9&quot; puis nous obliquons par une piste plus &eacute;troite, toujours en direction de l'est. Le paysage change. Les parcelles se font plus rares et la v&eacute;g&eacute;tation arbustive ou arbor&eacute;e plus pr&eacute;sente, bien que la verdure ne soit gu&egrave;re pr&eacute;sente en cette saison.</P><P> A l'occasion d'arr&ecirc;ts, Robinson nous fait d&eacute;couvrir ces esp&egrave;ces de cactus-cierges qui peuvent atteindre la bonne dizaine de m&egrave;tres de hauteur. Il ne s'agit pas du tout de cactus mais de didi&eacute;reac&eacute;es (Didiereaceae, du nom du botaniste qui a identifi&eacute; la plante) que certains nomment aussi &quot;arbres poulpe&quot; en raison de ses branches &agrave; l'allure de tentacules. Curieusement l'inclinaison des branches s'oppose &agrave; la direction des vents dominants, elle penchent donc ici vers l'ouest. Cet arbre &eacute;trange dont 6 des 7 familles sont end&eacute;miques &agrave; Madagascar) est dit x&eacute;rophile, c'est-&agrave;-dire adapt&eacute; &agrave; des milieux tr&egrave;s pauvres en eau, par l'absence de feuilles et le transfert de l'assimilation chlorophyllienne aux tiges qui restent vertes et sont prot&eacute;g&eacute;es par des &eacute;pines. Le bouturage est ais&eacute; et les villageois en profitent pour faire ainsi des cl&ocirc;tures.</P><P> Nous passons &agrave; d'autres genres d'arbustes. Il s'agit des euphorbes dont nous connaissons, pour la plupart, l'esp&egrave;ce d&eacute;corative dite Epine du Christ. Sur les 2000 esp&egrave;ces de cette famille botanique existant dans le monde, 150 sont end&eacute;miques de Madagascar. Elles ont en commun de secr&eacute;ter un latex irritant qui peut m&ecirc;me s'av&eacute;rer toxique. C'est d'ailleurs munis de gants que Robinson manipule des tiges d'une euphorbe &eacute;pineuse et les casse pour faire couler le latex. Il ne faut &eacute;videment pas se frotter les yeux apr&egrave;s ce genre de manipulation. Le latex bouilli pendant une demi-heure sert &agrave; faire une sorte de goudron pour prot&eacute;ger les pirogues. Avec le latex d'une autre vari&eacute;t&eacute;, non &eacute;pineuse, on soigne les maux de dents. Les laboratoires pharmaceutiques s'int&eacute;ressent de pr&egrave;s aux substances m&eacute;dicinales qui peuvent &ecirc;tre tir&eacute;es des diverses vari&eacute;t&eacute;s. C'est aussi avec le latex tr&egrave;s toxique de certaines vari&eacute;t&eacute;s d'euphorbe que l'on pratiquait le tanguin, une sorte de &quot;jugement de Dieu&quot;. Si l'accus&eacute; se remettait de l'absorption du poison, c'est qu'il &eacute;tait innocent !<BR> Parmi les plantes basses, il ne faut pas confondre les alo&egrave;s (plantes originaires d'Afrique et de Madagascar et cousines des petites haworthia que l'on a vue &agrave; l'Isalo) dont on tire des m&eacute;dicaments, du sisal, une vari&eacute;t&eacute; d'agave originaire du Mexique, dont les fibres servent &agrave; fabriquer des cordages et des tapis grossiers. </P><P>Quant &agrave; la faune, essentiellement aviaire, sa d&eacute;couverte est plus difficile car les sujets sont mobiles. j'ai le temps de fixer une cr&eacute;cerelle malgache (Falco newtoni), un petit rapace diurne de la famille des faucons pos&eacute; &agrave; l'extr&eacute;mit&eacute; de didiereac&eacute;es. Peu apr&egrave;s, sur le m&ecirc;me genre de support, on peut voir un petit oiseau blanc &agrave; t&ecirc;te et gorge noires.</P><P> Nous repartons et allons d&eacute;couvrir de plus grands arbres.</P><P>Nous pensons avoir affaire &agrave; des baobabs mais il y a parmi eux de &quot;faux-amis&quot;. Robinson nous pr&eacute;sente trois vari&eacute;t&eacute;s de Delonix Regia, en p&eacute;riode de repos v&eacute;g&eacute;tatif et donc d&eacute;poull&eacute;s de leurs feuilles. Le tronc est resserr&eacute;e au sommet ainsi qu'&agrave; la base. Il s'agit d'arbres d'Afrique orientale et de Madagascar dont une esp&egrave;ce, le Flamboyant, s'est r&eacute;pandue sous les tropiques. Un peu trop t&ocirc;t pour profiter de sa floraisons Tout aussi connu est appartenant &agrave; la m&ecirc;me famille botanique, on trouve notre &quot;petit pois&quot;. D'ailleurs Robinson attire notre attention sur les gousses accroch&eacute;es aux branches qui permettent au premier coup d'oeil de savoir qu'il ne s'agit pas de baobab. Autre d&eacute;tail qui les en distinguent, la base du tronc se resserre. <BR> Nouveau pi&egrave;ge un peu plu loin sur notre gauche. Il ne s'agit pas d'un baobab &agrave; quatre troncs mais d'une esp&egrave;ce de Pachypodium (&quot;pied &eacute;pais&quot;) g&eacute;ant dont le tronc a une forme de bouteille. Ces pachypodium geayi (du nom de leur d&eacute;couvreur, il y a un si&egrave;cle de cela) atteignent 10 m&egrave;tres de haut. Pour des non sp&eacute;cialistes, c'est surprenant de voir qu'ils appartiennent &agrave; la m&ecirc;me esp&egrave;ce que les pachypodiums nains que nous avons vus dans l'Isalo. A noter que les divers pachypodiums tout comme les delonix sont originaires d'Afrique orientale et de Madagascar.<BR> Arbre exog&egrave;ne, le balsa (originaire d'Am&eacute;rique) dont le tronc s'&eacute;vide facilement pour en faire des pirogues. Son bois a aussi l'avantage de la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; mais l'inconv&eacute;nient d'&ecirc;tre tr&egrave;s cassant. </P><P>Maintenant nous p&eacute;n&eacute;trons dans la for&ecirc;t de Tsivanoe comme nous le pr&eacute;cise un portique. Les villageois avaient eu le projet dans faire un parc de promenade en disposant des coquillages au bord des all&eacute;es mais Robinson a d&ucirc; les convaincre qu'il fallait laisser les choses dans leur aspect plus naturel. </P><P> </P><P><BR> Apr&egrave;s une zone de didierac&eacute;es, voici enfin nos baobabs, et l'on va &ecirc;tre g&acirc;t&eacute;s. Nous en verrons qui ont 900 ans, 1100 ans et m&ecirc;me 1500 ans. La base de leur tronc porte la marque d'anciennes invasions marines (lors de tsunamis). </P><P></P><P>Les BAOBABS</P><P>Le baobab est un arbre sacr&eacute;, le Reniala, &quot;la m&egrave;re de la for&ecirc;t&quot;.</P><P>Il faut savoir qu'il existe huit esp&egrave;ces de baobabs dans le monde dont six end&eacute;miques &agrave; Madagascar. Nous en verrons trois: Adansonia za, Adansonia rubrostipa et surtout le fameux et &eacute;l&eacute;gant Adansonia grandidieri de l'All&eacute;e des Baobabs de Morondava. Les trois autres vari&eacute;t&eacute;s dee baobabs malgaches sont Adansonia madagascariensis (introduite aussi &agrave; Mayotte), Adansonia perrieri et Adansonia suarezensis, ces deux derni&egrave;res &eacute;tant en voie de disparition.<BR> Une autre esp&egrave;ce se rencontre en Afrique (Adansonia digitata) et la derni&egrave;re en Australie (Adansonia gregorii). </P><P>Leur tronc ventru au bois mou gorg&eacute; d'eau (comme celui des Pachypodiums) constitue une importante r&eacute;serve de plusieurs milliers de litres (concernant le baobab africain on peut lire le volume colossal de 120 000 litres !?)qui leur permet de supporter les conditions climatiques s&eacute;v&egrave;res. </P><P>Ici, la circonf&eacute;rence du plus imposant de ces colosses de la vari&eacute;t&eacute; Adansonia rubrostipa ou fony atteint les 15 m&egrave;tres (ailleurs il en existe de 30), reposent sur une racine pivotante dont la longueur est la moiti&eacute; de la hauteur du tronc. <BR> Des l&eacute;gendes africaines et malgaches pr&ecirc;tes, les unes &agrave; Dieu, les autres au Diable, d'avoir voulu punir cet arbre en le replantant les racines en l'air. En effet, son tronc porte un maigre bouquet de branches, on croirait des moignons morts, qui n'ont des feuilles que durant une tr&egrave;s courte p&eacute;riode de l'ann&eacute;e afin de limiter la perte de la r&eacute;serve d'eau. La floraison commence juste avant la saison des pluies et dans leur pollinisation interviennent des animaux nectarivores: les papillons, les chauves-souris et les l&eacute;muriens (&eacute;galement amateurs de nectar). Quant aux fruits marron (akoussas), ils se pr&eacute;sentent ici sous forme de boules (d'autres vari&eacute;t&eacute;s ont des fruits allong&eacute;s). L'enveloppe duveteuse tr&egrave;s r&eacute;sistante renferme une pulpe dans laquelle sont dispers&eacute;es des centaines de graines.</P><P><BR> Nous sommes ici en pr&eacute;sence de la vari&eacute;t&eacute; Adansonia rubrostipa ou fony, au tronc en forme de bouteille et aux fruits sph&eacute;riques (akoussas).</P><P>Il est 16h30 pass&eacute;es et nous finissons notre d&eacute;couverte par un &eacute;norme baobab &agrave; troncs jumeaux. </P><P><BR> Grand merci &agrave; Robinson pour son savoir encyclop&eacute;dique et pour la clart&eacute; de ses explications</P><P> La cavalcade, mot inappropri&eacute; puisqu'il n'y a pas de chevaux dans la course, va recommencer en traversant les villages dans de grands nuages de poussi&egrave;re mais dans des conditions qui ne m'am&egrave;ne pas cette fois &agrave; complimenter Robinson. A l'approche des villages, certains touristes commencent &agrave; jeter des bonbons en direction des enfants. C'est bient&ocirc;t une v&eacute;ritable meute qui se m&ecirc;le aux charrettes. Plut&ocirc;t que de demander que cesse cette distribution, Robinson se borne &agrave; demander que les bonbons soient jet&eacute;s assez loin afin qu'en cas de chute les enfants ne risquent pas d'&ecirc;tre pi&eacute;tin&eacute;s ou bless&eacute;s par les charrettes. Evidemment, les grands l'emportent sur les petits et les gar&ccedil;ons sur les filles...<BR> De la part de Robinson, j'aurais plut&ocirc;t attendu d'autres recommandations, d&egrave;s avant le d&eacute;part. Pourquoi ne pas lui remettre ce que dont nous souhaiterions faire b&eacute;n&eacute;ficier les enfants des villages&nbsp;? Pourquoi ne pas orienter les gestes philanthropiques vers d'autres objets que des bonbons&nbsp;? ...le d&eacute;veloppement et l'alphab&eacute;tisation par exemple&nbsp;!</P><P>17h15, nous sommes de retour apr&egrave;s deux heures et demie d'une balade instructive et pas trop fatigante (pour nous).</P><P> Ca va &ecirc;tre le bon moment pour capter des images de coucher de soleil car la lumi&egrave;re semble bien meilleure que la veille.</P><P> <BR> Avant de d&icirc;ner, cocktail offert sur la terrasse du restaurant et spectacle de trois quart d'heures donn&eacute; par les villageois (musiciens et chanteurs) et les villageoises qui dansent avec un art consomm&eacute; des tr&eacute;moussements de hanches tr&egrave;s suggestifs, mimant l&#146;acte sexuel en faisant osciller leurs hanches alternativement de gauche &agrave; droite vato balansy (&quot;pierre de balance&quot;).<BR> En principe, si les femmes ne peuvent que s&eacute;duire et ne peuvent pas faire directement des avances, elles n'en sont donc pas moins provocantes, tout en respectant le code qui permet aux seuls hommes de courtiser.</P><P> 19h30, il est temps de passer &agrave; table. Tout cela nous a bien mis en app&eacute;tit. On ne se prend pas la t&ecirc;te et on r&eacute;cidive pour un d&icirc;ner identique &agrave; celui de la veille.</P><P>La nuit sera courte car nous devons quitter l'h&ocirc;tel d&egrave;s 6h45.</P><P> Le transfert est assur&eacute; par Olivier Pelaez du Ranch Solaris. Olivier est une expatri&eacute; fran&ccedil;ais mari&eacute; &agrave; une Malgache et install&eacute; ici, &agrave; Mangily. Pour nous conduire &agrave; l'a&eacute;roport, il a sorti son vieux 4x4 Nissan Patrol au pare-brise rafistol&eacute;. La conduite sera tr&egrave;s sportive. Sur les pistes sableuses on roule en 4 roues motrices et dans des parties presque dunaires et pentues, Olivier bloque le diff&eacute;rentiel pour limiter le patinage. C'est qu'il y a un petit bout de chemin pour se rendre &agrave; l'a&eacute;roport de Toliara, situ&eacute; &agrave; une dizaine de kilom&egrave;tres au sud de la ville. Pour meubler le trajet, Olivier nous taquine en &eacute;voquant les retards et les annulations de vols sur Air Madagasca et il ajoute m&ecirc;me que parfois les avions sont r&eacute;par&eacute;s avec du Scotch...</P><P>A 8 heures, nous sommes &agrave; l'a&eacute;roport. Mission accomplie pour Olivier. Merci et bon retour &agrave; son ranch.</P><P>Deux comptoirs pour l'enregistrement. Aucun affichage lumineux. Pas de tapis convoyeurs pour les valises. Des passagers en attente d'un vol vers Tana se font du souci en raison de l'annulation d'un vol. Nous ne sommes pas concern&eacute;s puisque nous allons vers Morondava. <BR> En attendant le d&eacute;but de l'enregistrement, j'ai tout loisir de jeter un coup d'oeil sur les grands panneaux p&eacute;dagogiques dispos&eacute;s dans le hall. Ils pr&eacute;sentent le projet Ranobe d'exploitation de gisements de sables &agrave; min&eacute;raux lourds par la soci&eacute;t&eacute; australienne Toliara Sands SARL dans l'ouest de Madagascar. Les premi&egrave;res reconnaissances remontent aux ann&eacute;es 1996-97. Des tests ont &eacute;t&eacute; effectu&eacute;s ainsi que des &eacute;tudes de faisabilit&eacute;s et une r&eacute;flexion sur la r&eacute;habilitation des sites. Le gisement est estim&eacute; &agrave; plus de 700 millions de tonnes avec une teneur sup&eacute;rieure &agrave; 6% de min&eacute;raux lourds, de l'ilm&eacute;nite pour l'essentiel dont on tire le titane (on a d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; le sujet sur la c&ocirc;te orientale). Un dernier panneau nous ram&egrave;ne au n&eacute;o-colonialisme paternaliste et infantilisant. En voici quelques extraits : &quot;Ch&egrave;res cases en falafa, belles maisons et belle usine vous remplaceront. Eau viendra &agrave; nous. Avion o&ugrave; te posera-t-on? [...] Petit bateau, un jour deviendra grand. Toliara Sands veut construire pour TOUS. Madagascar, &ecirc;tes-vous &eacute;galement pr&ecirc;ts avec nous ?&quot;. Edifiant, non ?</P><P><BR> Un petit bimoteur se pose. C'est s&ucirc;rement le n&ocirc;tre. Nous partirons donc probablement &agrave; l'heure. Petite passerelle &agrave; 5 marches et hop! Attention &agrave; la t&ecirc;te car le plafond est bas bien qu'il n'y ait pas de coffres &agrave; bagages en cabine. Th&eacute;oriquement il y a 19-20 places assises mais seulement 16 sont occup&eacute;es car des bagages sont plac&eacute;s sur les autres si&egrave;ges. Il n'y a aucun personnel de cabine et l'on est s&eacute;par&eacute;s du poste de pilotage par une simple cloison genre Formica, grossi&egrave;rement ajust&eacute;e au gabarit de l'appareil. La porte d'embarquement est ferm&eacute;e de l'ext&eacute;rieur et personne ne vient s'assurer que l'on a bien attach&eacute; notre ceinture. A l'exception d'un seul, les hublots sont sales et jaun&acirc;tres. Foutu pour les photos.</P><P>La notice de s&eacute;curit&eacute; indique que l'appareil est un DHC-6. Encore jamais rencontr&eacute; ce type d'oiseau. <BR> Je me suis document&eacute; depuis et j'ai appris qu'on surnomme cet appareil Twin-Otter (&quot;loutres jumelles&quot;) car il s'agit d'un robuste avion canadien (firme De Havilland Canada) qui peut &ecirc;tre &eacute;quip&eacute; &eacute;galement de skis ou de flotteurs, dont la fabrication fut entreprise il y a une quarantaine d'ann&eacute;es.</P><P>10h15, &ccedil;a y est! On roule et on d&eacute;colle rapidement. Je repense &agrave; la boutade d'Olivier, pendant notre transfert, au sujet de l'entretien des avions lorsqu'il disait qu'&agrave; d'Air Madagascar on fait des r&eacute;parations avec des bouts de Scotch. Cela me laisse dubitatif et me sort de ma lecture. Stupeur ! <BR> Regardant par le hublot &agrave; ma droite, j'ai vue sur le moteur accroch&eacute; sous l'aile et je vois que le capot comporte un trou que l'on a tent&eacute; de masquer avec des bouts de Scotch qui ont tendance &agrave; se d&eacute;tacher et &agrave; flotter au vent. Evidemment, je n'en pipe mot &agrave; personne sur le moment.</P><P>A part cela tout se passe bien et m&ecirc;me tr&egrave;s bien puisque jusqu'&agrave; maintenant, qu'il s'agisse de vol en monomoteur genre Cessna ou du gros A-380, on n'a jamais connu plus doux atterrissage: ni sensation de d&eacute;c&eacute;l&eacute;ration, ni choc de contact.</P><P><BR> Nous nous posons &agrave; Morandava peu apr&egrave;s 11 heures et demie... Un nouveau chapitre de nos aventures va s'ouvrir!</P><P>________________________________________</P><P>QUELQUES TRADITIONS</P><P>La religion traditionnelle malgache a de grandes similitudes avec les religions orientales. Avec l'hindouisme du fait de la croyance en un ma&icirc;tre de l'univers et aux anc&ecirc;tres qui par la mort, interm&eacute;diaires entre les vivants et dieu, acc&egrave;dent &agrave; une vie sup&eacute;rieure et accordent une protection au vivants.<BR> Par ailleurs, le sexe (et donc vie) et la mort qui fascinent les soci&eacute;t&eacute;s humaines depuis la nuit des temps, occupent une place centrale dans les traditions malgaches.</P><P>LE CULTE DES ANCETRES</P><P>Malgr&eacute; la diversit&eacute; des origines de ses habitants, &agrave; travers une m&ecirc;me langue&nbsp;? le pays v&eacute;hicule une m&ecirc;me croyance en la puissance des d&eacute;funts, les anc&ecirc;tres divinis&eacute;s ou razana, plut&ocirc;t qu'en celle du Dieu, omnipr&eacute;sent et omnipotent Andriamanitra (&quot;Le Seigneur Parfum&eacute;&quot;) ou Andriananahary &quot;(Le Seigneur Cr&eacute;ateur&quot;). Les anc&ecirc;tres sont parvenus &agrave; la quatri&egrave;me et derni&egrave;re &eacute;tape de la vie. Le d&eacute;funt &acirc;g&eacute; est arriv&eacute; au terme de ce qu'on appelle hasina, la sagesse ou la saintet&eacute; que toute personne acquiert avec l'&acirc;ge. C'est l'occasion de se r&eacute;jouir et non de pleurer. Ce culte s'int&egrave;gre souvent dans des pratiques syncr&eacute;tiques m&ecirc;lant le christianisme et la religion traditionnelle.</P><P>Les d&eacute;funts sont porteurs de pouvoir et sont d&eacute;fenseurs de la vie sur terre. Chaque anc&ecirc;tre garde son individualit&eacute; et ses attaches familiales. On consid&egrave;re que tout malheur provient d'un manquement au culte des anc&ecirc;tres ou de la violation d'un fady (tabou). Aux grandes occasions (construction d'une maison ou d'une pirogue, &eacute;v&egrave;nement familial) le razana sera consult&eacute; et invoqu&eacute;. Des animaux ou des aliments seront alors offerts en sacrifice ou en libations.<BR> Dans le contexte moderne et mondialis&eacute;, le culte des anc&ecirc;tres r&eacute;gresse, surtout dans les villes mais le respect d&ucirc; aux anc&ecirc;tres demeure tandis que survivent diverses coutumes ancestrales (circoncision, fun&eacute;railles, etc.), de m&ecirc;me que le soin qu'on apporte &agrave; l'art fun&eacute;raire.</P><P><BR> TOMBEAUX ET ART FUNERAIRE</P><P>Dans l'Ouest et le Sud-Ouest, les tombeaux portent des figurines humaines symbolisant la continuit&eacute; de la vie par la procr&eacute;ation.<BR> Chez les Sakalavas, on trouve aussi repr&eacute;sent&eacute; un couple de mijoa (ibis), seuls oiseaux qui s'accouplent comme des humains (face &agrave; face), symbolise la continuit&eacute; de la vie. Dans l&#146;art fun&eacute;raire Sakalava du XVIIe au XIXe s. les statues &eacute;rotiques repr&eacute;sentent des hommes ou des femmes, des couples ou m&ecirc;me plusieurs personnes figur&eacute;s dans des positions amoureuses les plus diverses. Incitant &agrave; une r&eacute;flexion sur la proximit&eacute; du sexe, de l&#146;amour et de la mort.<BR> Comme l'&eacute;crivent Sophie Goedefroit et Jacques Lombard dans &quot;Andolo l'art fun&eacute;raire sakalava &agrave; Madagascar&quot; (Editions Adam Biro-IRD, Paris 2007):<BR> &laquo;C&#146;est seulement le temps du d&eacute;sir, du sexe, de l&#146;amour, le temps sans<BR> attente, sans fin et sans espace. L&#146;&eacute;ternit&eacute; du d&eacute;sir comme r&eacute;v&eacute;lation de Dieu. L&#146;exaltation de la vie, le d&eacute;sordre du sexe sur les l&egrave;vres de la mort&raquo;.</P><P><BR> RITES AUTOUR DE LA MORT</P><P>La mort marque le passage du rang d'&ecirc;tre humain au haut rang d'anc&ecirc;tre. Ce dernier dominera d'un autre monde les g&eacute;n&eacute;rations nouvelles qui le craindront et l'honoreront.<BR> En Imerina, apr&egrave;s que le d&eacute;funt ait &eacute;t&eacute; lav&eacute;, habill&eacute; puis envelopp&eacute; d'un lamba mena (linceul de soie) celui ci peut-&ecirc;tre expos&eacute; quelque temps aux proches avant d'&ecirc;tre mis en bi&egrave;re et transport&eacute; jusqu'au tombeau. Les premi&egrave;res fun&eacute;railles (fandevenana) avec inhumation provisoire font passer du monde des vivants &agrave; celui des morts. C&eacute;r&eacute;monie triste et strictement familiale.</P><P>En pays Mahafaly et Antandroy, le cercueil est violemment secou&eacute; dans tous les sens par l'&eacute;quipe de porteurs qui ex&eacute;cutent une danse saccad&eacute;e pendant que les femmes battent des mains et que d'autres hommes brandissent leur sagaie. Une fois le d&eacute;funt port&eacute; &agrave; son tombeau et enterr&eacute;, un monument &agrave; sa m&eacute;moire y est &eacute;lev&eacute;. Le sacrifice d'un ou plusieurs z&eacute;bus accompagne la c&eacute;r&eacute;monie qui peut se d&eacute;rouler sur plusieurs jours avec des veill&eacute;es nocturnes accompagn&eacute;es de chants et de danses. La f&ecirc;te s'ach&egrave;vera par un festin pendant lequel la viande sera partag&eacute;e entre tous les convives qui se partagent les restes de viande s'il y a lieu. A l'occasion du rel&egrave;vement, le tombeau est remis en &eacute;tat &agrave; grands frais, en priorit&eacute; sur l'habitation des vivants&nbsp;!<BR> Chez les Antandroy, on extermine tout le troupeau du d&eacute;funt pendant la veill&eacute;e mortuaire qui peut durer des semaines, voire m&ecirc;me des mois. Les cr&acirc;nes de ces b&ecirc;tes ornent le tombeau. De m&ecirc;me, chez les Mahafaly, t&ecirc;tes de z&eacute;bus et aloalo (totems) ornent les tombes. Les tombeaux provisoire sont faits de pierres soigneusement arrang&eacute;es en attendant que la famille ait mis suffisamment d'argent de c&ocirc;t&eacute; pour construire un tombeau d&eacute;finitif d&eacute;cor&eacute; par tous les bucranes de z&eacute;bus qui ont appartenus au d&eacute;funt et sacrifi&eacute;s le jour de sa mort, des objets lui ayant appartenu, des aloalos et peintures repr&eacute;sentants les &eacute;tapes de sa vie terrestre.</P><P>L'&eacute;trange pratique malgache des double fun&eacute;railles, ne serait apparue et en tout cas g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e qu'au XVIIe s. (comme d'ailleurs la pratique de la circoncision) d'apr&egrave;s Wikip&eacute;dia qui pourtant ne manque pas de la relier &agrave; des traditions du sud-est asiatique (pour notre part, nous avions &eacute;t&eacute; &eacute;tonn&eacute;s par la survivance d'une pratique un peu similaire dans les campagnes du Tonkin, dans le nord du Vietnam). Ne serait-elle donc pas bien plus ancienne puisque le fond du peuplement malgache est venu d'Asie&nbsp;?</P><P><BR> AUTRES TRADITIONS</P><P>Famadihana : c&eacute;r&eacute;monie d&#146;exhumation ou retournement des mort.</P><P>Si l'on n'en reste qu'au niveau de l'expression &quot;retournement&quot;, on peut se demander de quoi il peut bien retourner. S'agirait-il simplement de retourner comme une cr&ecirc;pe ce qui reste du d&eacute;funt, c&ocirc;t&eacute; pile, c&ocirc;t&eacute; face ?</P><P>Les proches doivent quelques ann&eacute;es apr&egrave;s l'inhumation provisoire, ramener le d&eacute;funt au caveau familial. Cette c&eacute;r&eacute;monie peut avoir lieu &agrave; un rythme g&eacute;n&eacute;ralement compris entre trois et sept ans, selon les ethnies. Apr&egrave;s disparition plus ou moins compl&egrave;te des parties corruptibles, cette seconde inhumation fera passer le d&eacute;funt dans le monde des anc&ecirc;tres (drazana).<BR> Lors des f&ecirc;tes de retournement, les tombeaux sont remis en &eacute;tat (ainsi que la maison de la famille si elle en a les moyens). <BR> Voil&agrave;, l'anc&ecirc;tre s'en est ainsi RETOURN&Eacute; &agrave; sa nouvelle demeure.</P><P>G&eacute;n&eacute;ralement d'autres retournements ont lieu par la suite &agrave; un rythme plus espac&eacute;, entre cinq et dix ans (par exemple trois ans puis sept ans sur les Hautes Terres mais les Bara de l'Isalo en restent au seul premier retournement). </P><P>Plusieurs z&eacute;bus sont sacrifi&eacute;s (un animal pour 200 invit&eacute;s) et le rhum coule &agrave; flot.</P><P>Cette manifestation qui se d&eacute;roule pendant trois jours &agrave; la saison s&egrave;che, entre d&eacute;but juin et fin septembre, est toujours l'occasion de manifester sa joie. En outre, dans la conception religieuse traditionnelle malgache, si plusieurs ann&eacute;es apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s l'on pense que l'anc&ecirc;tre a froid et a donc besoin d'un nouveau linceul, par respect pour lui une c&eacute;r&eacute;monie du famadihana est organis&eacute;e apr&egrave;s consultation du mpanandro (astrologue) sur le moment propice.</P><P>Le corps est alors exhum&eacute; en veillant &agrave; ce que ne manque aucun des taolam-balo, &quot;les huit os fondamentaux&quot; (hum&eacute;rus et cubitus des deux bras ainsi que f&eacute;mur et tibia des deux jambes) puis envelopp&eacute; dans une natte tsihy qui sera port&eacute; en procession par deux hommes alors qu'un groupe de proches, hommes, femmes et enfants, l'accompagne en chantant et en jouant de la musique. Les femmes se partagent les morceaux de nattes et lambas qui emmaillotaient le d&eacute;funt car ils ont un pouvoir de f&eacute;condit&eacute;.<BR> A la fin des festivit&eacute;s, arriv&eacute; au caveau familial, le d&eacute;funt est &agrave; nouveau envelopp&eacute; d'un lamba mena (pi&egrave;ce d'&eacute;toffe) neuf apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; l'objet d'attentions particuli&egrave;res (onction de miel, offrandes de tabac, de riz, de rhum, de billets, de photos). Avant qu'il ne r&eacute;int&egrave;gre sa demeure, la coutume veut que le corps soit brandit &agrave; bout de bras par des dizaines de personnes, puis jet&eacute; en l'air et emport&eacute; dans une farandole effr&eacute;n&eacute;e en faisant sept fois le tour du tombeau.</P><P><BR> Fady (tabous ou interdits).<BR> L'autorit&eacute; de razana (l'anc&ecirc;tre divinis&eacute;) est dict&eacute;e &agrave; travers des ordres qui s'accompagnent de fady . Enfreindre un fady &eacute;quivaut &agrave; se rendre coupable envers les anc&ecirc;tres. De ce fait, une complexit&eacute; et une diversit&eacute; importantes d'interdits se cr&eacute;ent en fonction de chaque personne selon son sexe, son appartenance familiale ou communautaire, sa date de naissance, son lieu de r&eacute;sidence ou selon un moment particulier. Les fady sont tr&egrave;s nombreux dans le milieu rural et les vazahas qui les ignoreraient se font rappeler &agrave; l'ordre. Certains ont eu un effet b&eacute;n&eacute;fique sur la pr&eacute;servation d'esp&egrave;ces comme les tortues et les indris.<BR> Une notion de tabou ou d'interdit qui semble perdre de l'importance puisque seuls quelques guides des Parcs Nationaux que nous avons visit&eacute;s ont effleur&eacute; le sujet.</P><P>Le Fomba (la coutume). <BR> S'opposer &agrave; la coutume entra&icirc;nerait un ch&acirc;timent de la part des anc&ecirc;tres. Par exemple, il faut faire une offrande d'alcool &agrave; la terre avant des libations.</P><P>Les Vintana (les destin&eacute;es).<BR> Elles rythment la vie quotidienne (sociale, culturelle et spirituelle) des Malgaches, particuli&egrave;rement chez les Antemoro qui ont h&eacute;rit&eacute; de traditions arabes, en se basant sur phases des astres et essentiellement de la lune.</P><P>Le Tromba (la possession). <BR> Dans certains territoires, notamment dans l'ouest chez les Sakalavas, le poss&eacute;d&eacute; est un personnage important car &agrave; travers sa transe il communique avec un roi d&eacute;funt et ce qu'il exprime est sans appel.</P><P>La Famora ou le Savatse (la circoncision, litt&eacute;ralement &quot;la coupure&quot;), le terme varie selon les r&eacute;gions. <BR> On ne sait pas &agrave; quand remonte cette coutume. Influence des apports migratoires africains ou arbes&nbsp;? Pratiqu&eacute;e dans les milieux nobles avant le XVIe s., elle fut institutionnalis&eacute;e et g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e par les souverains imerinas &agrave; cette &eacute;poque.<BR> La circoncision int&egrave;gre le gar&ccedil;on dans la famille de son p&egrave;re, lui donne droit &agrave; la tombe familiale. D&eacute;sormais, les gar&ccedil;ons sont circoncis d&egrave;s leur jeune &acirc;ge. <BR> Dans la pratique traditionnelle, l'&acirc;ge o&ugrave; elle est effectu&eacute;e varie selon les ethnies: de 6 mois chez les Betsileos et Baras, &agrave; 4 ou 5 ans chez les Antankaranas et Sihanakas, entre 5 et 10 ans chez les Sakalavas, entre 3 et 10 ans chez les Antambahoakas... A Manandona, notre guide Jean Lamour nous a pr&eacute;cis&eacute; qu'en pays Vakinakaratra, elle est pratiqu&eacute;e vers 3 ans et demi.<BR> L'op&eacute;ration a lieu en g&eacute;n&eacute;ral pendant la saison fra&icirc;che, pour que la blessure se cicatrise au plus vite. Elle donne lieu &agrave; une f&ecirc;te qui dure plusieurs jours. Les membres de deux familles, paternelle et maternelle, et les voisins en arrivant &agrave; la f&ecirc;te dansent et chantent en apportant de cadeaux (folaky). L&#146;op&eacute;rateur, maintenant un m&eacute;decin ou un infirmier dipl&ocirc;m&eacute; coupe le pr&eacute;puce. Traditionnellement le p&egrave;re se l&egrave;ve, prend le pr&eacute;puce, le met sur la pointe d&#146;une sagaie et lance l&#146;arme vers l&#146;est, par-dessus le toit. Maintenant souvent, le p&egrave;re met le pr&eacute;puce dans une cartouche de fusille &agrave; chasse et le tire vers la m&ecirc;me direction.<BR> Sur la c&ocirc;te est, les Antambahoakas organisent une circoncision collective du Sambatra (qui signifie &quot;joie, bonheur&quot;) tous les 7 ans, un vendredi (jour faste) d&eacute;termin&eacute; par l'ombiasy en fonction du calendrier astrologique traditionnel. La c&eacute;r&eacute;monie concerne les gar&ccedil;ons de 3 &agrave; 10 ans. Des milliers de familles viennent alors de leurs campagnes pour 8 jours de r&eacute;jouissances qui mettent Mananjary en effervescence. Ici le p&egrave;re et les grands-p&egrave;res avalent le pr&eacute;puce dans une banane ou un blanc d'oeuf !<BR> Tout au sud de l'&icirc;le, chez les Antandroys, apr&egrave;s la circoncision (appel&eacute;e ici Savatse), le pr&eacute;puce coup&eacute; est fix&eacute; traditionnellement sur un morceau de bois dur et enfonc&eacute; dans un tronc d&#146;arbre en le faisant tourner.<BR> Aujourd'hui cette pratique se m&eacute;dicalise etprend une tournure hygi&eacute;niste &quot;&agrave; l'am&eacute;ricaine&quot;.</P><P><BR> GUERISSEURS, SORCIERS ET DEVINS</P><P>L&#146;Ombiasy (gu&eacute;risseur) a une connaissance de l'action de certaines plantes pour un usage m&eacute;dicinal et on lui pr&ecirc;te un pouvoir particulier de gu&eacute;rison avec l'aide des anc&ecirc;tres qu'il invoque. C'est aussi le conseiller des nobles.</P><P>Le Mpamosavy (sorcier) qui pratique une forme de magie noire et d&eacute;livre des amulettes ou charmes appell&eacute;s ody.</P><P>Le Mpanandro (astrologue, devin) est un personnage important qui fait office d'astrologue et par sa connaissance des vintana (destin&eacute;es). Il est une des figures les plus respect&eacute;es du village puisqu'il d&eacute;termine les jours de meilleurs auspices pour les c&eacute;l&eacute;brations familiales.</P><P>L'Ampanjaka est le chef traditionnel d'ascendance noble &agrave; statut de &quot;roi&quot; auquel la population voue un grand respect et ob&eacute;issance et avec lequel les &quot;politiques&quot; doivent parfois composer pour arriver &agrave; leurs fins s'ils ont des projets concernant le territoire local. </P><P><BR> QUELQUES FETES RITUELLES</P><P>Le Fanompoambe est la C&eacute;r&eacute;monie de Bain des Reliques Royales des Sakalava du Boina, dont celles du roi Andriamisara. Elles ne regagneront leur place qu&#146;apr&egrave;s avoir fait 7 fois le tour du lieu sacr&eacute;. Le Fanompoambe a lieu au sanctuaire de Miarinarivo &agrave; Majunga.</P><P>Le Fitampoha est la f&ecirc;te des Sakalava du Menabe. Les Reliques Royales sont sorties de leur zomba (sanctuaire) &agrave; Belo sur Tsiribihina et achemin&eacute;es jusqu&#146;&agrave; Ampasy par des porteurs attitr&eacute;s en pagne et bandeaux rouges. Les festivit&eacute;s durent une semaine pendant laquelle il est interdit de se chausser et de traverser la rivi&egrave;re Tsiribihina.</P><P>De l'a&eacute;roport de Morondava, nous sommes transf&eacute;r&eacute;s &agrave; notre h&ocirc;tel avec une vieille berline aussi minable que celle que nous avions eue &agrave; notre arriv&eacute;e &agrave; Antananarivo. On n'arrive m&ecirc;me pas &agrave; identifier le mod&egrave;le (sans doute une vieille Renault 9 ou 11). M&ecirc;me sport pour caser les bagages car ils ne peuvent pas tous tenir dans le coffre et pourtant nous les avons r&eacute;duits au minimum.</P><P> </P><P><BR> MORONDAVA ([mouroundav]) </P><P>Morondava est la capitale &eacute;conomique et administrative du M&eacute;nab&eacute;. Ce petit port de p&ecirc;che est install&eacute; sur le delta de la rivi&egrave;re du m&ecirc;me nom. Il existe un petit gisement de p&eacute;trole dans les environs mais malheureusement, son exploitation ne serait pas rentable. <BR> L'agglom&eacute;ration compte environ 70 000 habitants dont 40 000 dans la ville m&ecirc;me.</P><P>Il est un peu plus de midi lorsque nous arrivons &agrave; l'h&ocirc;tel Baobab Caf&eacute; o&ugrave; nous allons s&eacute;journer en &quot;libre&quot; jusqu'au lendemain matin.</P><P>Le Baobab Caf&eacute; se trouve dans le quartier touristique Nosy Kely, au sud-ouest de la ville, entre le rivage tout proche et le Canal Hellot qui occupe l'ancien lit de la rivi&egrave;re Morondava. Pr&eacute;cis&eacute;ment, les fa&ccedil;ades de l'h&ocirc;tel donnent sur la Rue de l'Ind&eacute;pendance et sur le Canal. De l'autre c&ocirc;t&eacute; de la rue, une s&eacute;rie d'h&ocirc;tels (Royal Palissandre, Morondava Beach, Sun Beach, Les Philaos, Chez Maggie, La Campanina) ont un acc&egrave;s direct &agrave; la plage.</P><P><BR> Il est temps de d&eacute;jeuner et la carte nous offre un vaste choix. Nous optons pour trois plats diff&eacute;rents: assiette de crevettes au curry, cigales de la mer (sortes d'&eacute;crevisses) et enfin de gros camarons. Un assortiment de l&eacute;gumes saut&eacute;s est pris en accompagnement par tout le monde. Tarif 15000 MGA sauf les camarons un peu plus chers (16000). D&eacute;licieux et tr&egrave;s copieusement servi.</P><P> Nous profitons un moment du spectacle des bateaux qui passent sur le canal avant de nous installer du c&ocirc;t&eacute; de la piscine.</P><P><BR> Vers 16 heures nous d&eacute;cidons de nous d&eacute;gourdir les jambes et d'aller voir la plage. Discr&egrave;tement, nous prenons un raccourci &agrave; travers le parc de Chez Maggie. <BR> Nous sommes attir&eacute;s vers l'autre bout de la plage o&ugrave; semble s'&ecirc;tre concentr&eacute; le public. Effectivement, il y a beaucoup d'animation, tant dans l'eau que sur la plage. Une ambiance de grandes vacances, il est vrai que les &eacute;coliers y sont toujours. On peut voir que les Malgaches sont ici en famille bien qu'on ne soit pas en week-end. Ils ont apport&eacute; tout ce qu'il faut pour pique-niquer ou faire du barbecue. Le lendemain, notre guide nous indiquera que Morondava est un peu la plage des gens de Tana sauf qu'il ya quand m&ecirc;me pr&egrave;s de 650 km &agrave; faire en empruntant la Nationale 7 puis la 35.</P><P>Retour tranquille vers l'h&ocirc;tel par la rue.</P><P> </P><P></P><P> Avec toujours quelques bizarreries qui viennent s'inscruster dans vos pupilles. On a d&eacute;j&agrave; remarquer que par mim&eacute;tisme europhile, beaucoup de plaques min&eacute;ralogiques malgaches arborent le drapeau europ&eacute;en aux 12 &eacute;toiles d'or au-dessus de la lettre indicative F ou B. L&agrave;, on encore fait plus fort. Il s'agit de l'une de nos plaques modernes avec la partie droite destin&eacute;e &agrave; porter l'indication de la r&eacute;gion et le num&eacute;ro de d&eacute;partement: Bretagne/Breizh avec le drapeau breton et, en dessous, le num&eacute;ro d&eacute;partemental 35 !<BR> Plus loin ce sont les enseignes toujours amusantes &quot;Gargotte &amp; Bar&quot;, &quot;EPIBAR Boisson alcoolique et hygi&eacute;nique&quot;.<BR> Quant aux antennes TV, comme on a pu le voir un peu partout, il y a des antennes parboliques pour capter les satellites mais point de r&acirc;teaux. A la place, on voit de simples cercles quand il ne s'agit pas de jantes de v&eacute;lo. Et il para&icirc;t que &ccedil;a marche bien. Les jantes de roues de v&eacute;lo servent aussi &agrave; bricoler de petites &eacute;oliennes coupl&eacute;es &agrave; des alternateurs de voiture. La d&eacute;brouillardise est sans limite.</P><P>Avant de d&icirc;ner, on pourra se replonger un peu dans les actualit&eacute;s fran&ccedil;aises que l'on a compl&egrave;tement perdues de vue depuis deux semaines. On peut recevoir TF1 et BFMTV.</P><P> Le Baobab Caf&eacute; nous offre ce soir un cocktail d'accueil &agrave; base de rhum arrang&eacute; (rhum dans laquelle ont mac&eacute;r&eacute; divers ingr&eacute;dients: feuilles, fruits, &eacute;pices) tandis qu'&agrave; l'entr&eacute;e de la cuisine on p&egrave;se quelques poissons qui vont &ecirc;tre servis tout &agrave; l'heure au d&icirc;ner: deux gros rougets, un tr&egrave;s long capitaine et un carangue. Verdict de la pes&eacute;e pour les quatre: 13,500 kg.<BR> Ce soir nous donnons dans une brochette de la mer (13000 MGA), un pav&eacute; de poisson sauce coco (15000 MGA) et notre inconditonnelle des crevettes au curry r&eacute;cidive. Une bouteille de C&ocirc;te de Fianarantsao (25000 MGA) vient arroser le tout.<BR> C'est copieux. Pas de dessert. Il faudra dormir car un long et difficile trajet nous attend le jour suivant.</P><P> <BR> </P><P> Nos chambres sont tranquilles car elles donnent c&ocirc;t&eacute; canal et c&ocirc;t&eacute; piscine. </P><P><BR> A 6h45, nous sommes attendus par notre nouveau chauffeur Jean-Jacques et son Nissan Patrol, volant &agrave; gauche cette fois et vitres manuelles, qui a l'air bien &eacute;quip&eacute; pour la piste: treuil, deux jerricans sur la galerie. &Ccedil;a promet. </P><P>Pendant les trois jours qui viennent notre prise en charge a &eacute;t&eacute; sous-trait&eacute;e &agrave; l'h&ocirc;tel Tanankoay que nous allons rejoindre ce soir. Jean-Jacques est l'un de leurs deux chauffeurs.</P><P>Nous allons particuli&egrave;rement appr&eacute;cier la gentillesse de Jean-Jacques , l'&eacute;coute et l'attention qu'il nous porte, ce qui a permis des arr&ecirc;ts impromptus pour des photos ou pour observer la faune. Dans son r&ocirc;le de chauffeur, il nous a parfois inqui&eacute;t&eacute;s. C'est une armoire &agrave; glace qui semble souffrir de la chaleur et accuser des coups de fatigue. Mais alors que le voyons gagn&eacute; par la somnolence, c'est l&agrave; qu'il &eacute;tait capable d'apercevoir un cam&eacute;l&eacute;on dans les broussailles ou qu'il savait n&eacute;gocier avec la plus grande souplesse un trou dans la piste. En effet, malgr&eacute; le terrain chahut&eacute;, nous n'avons jamais &eacute;t&eacute; cahot&eacute;s. Bravo l'artiste&nbsp;!</P><P>Justement, &agrave; propos de l'itin&eacute;raire du jour: quelques kilom&egrave;tres bitum&eacute;s au d&eacute;part de Morondava puis 100 kilom&egrave;tres de piste sableuse assez facile, ce qui am&egrave;ne &agrave; la Tsiribihina vers 10 heures, puis une heure de bac pour aller &agrave; Belo, pause d&eacute;jeuner, 70 kilom&egrave;tres de mauvaise piste suivis des 30 derniers kilom&egrave;tres les plus difficiles... Et la perspective de refaire tout cela dans l'autre sens apr&egrave;s-demain&nbsp;! On comprend qu Richard aurait aim&eacute; nous inciter &agrave; raccourcir l'un de ces trajets en le rempla&ccedil;ant par la descente de la Tsiribihina, bien que cela n'aurait pas dispens&eacute; du tron&ccedil;on le plus difficile.</P><P> Nous sommes sur la piste. Il y a un peu plus d'une demi-heure que nous sommes partis et d&eacute;j&agrave; les premiers baobabs apparaissent. Jean-Jacques nous apprend &agrave; reconna&icirc;tre trois de six vari&eacute;t&eacute;s de baobabs malgaches pr&eacute;sentes dans cette r&eacute;gion. Non, ceux dont l'extr&eacute;mit&eacute; est blanche ne sont pas en fleur. C'est simplement un groupe de pique-boeufs qui en ont fait un perchoir!</P><P></P><P>Rappel en quelques mots au sujet des BAOBABS</P><P>Le baobab est un arbre sacr&eacute;, le Reniala, &quot;la m&egrave;re de la for&ecirc;t&quot;. Il faut savoir qu'il existe huit esp&egrave;ces de baobabs dans le monde dont six end&eacute;miques &agrave; Madagascar. Une autre esp&egrave;ce se rencontre en Afrique et une autre en Australie. <BR> Ces colosses dont la circonf&eacute;rence peut atteindre les 30 m&egrave;tres reposent sur une racine pivotante dont la longueur est la moiti&eacute; de la hauteur du tronc. <BR> Des l&eacute;gendes africaines et malgaches pr&ecirc;tes, les unes &agrave; Dieu, les autres au Diable, d'avoir voulu punir cet arbre en le replantant les racines en l'air. En effet, son tronc porte un maigre bouquet de branches, on croirait des moignons morts, qui n'ont des feuilles que durant une tr&egrave;s courte p&eacute;riode de l'ann&eacute;e. La floraison commence juste avant la saison des pluies et dans leur pollinisation interviennent les papillons, les chauves-souris et les l&eacute;muriens (&eacute;galement amateurs de nectar). Quant aux fruits marron, ils se pr&eacute;sentent ici sous forme de boules ou de fruits allong&eacute;s (selon les vari&eacute;t&eacute;s). L'enveloppe duveteuse tr&egrave;s r&eacute;sistante renferme une pulpe dans laquelle sont dispers&eacute;es des centaines de graines.</P><P></P><P> L'Adansonia za (le nom Adansonia est un hommage &agrave; Michel Adanson, naturaliste et explorateur fran&ccedil;ais, le premier &agrave; avoir d&eacute;crit ces esp&egrave;ces de baobabs) au tronc cylindrique ou l&eacute;g&egrave;rement conique qui peut atteindre 30m de haut. Les branches sont dispos&eacute;es de fa&ccedil;on anarchique ce qui lui donne un air hirsute.<BR> L'Adansonia rubrostipa ou fony est plus petit (20m maximum), au tronc en forme de bouteille, avec une constriction visible au dessous des branches. La couronne est irr&eacute;guli&egrave;re.<BR> Enfin non pas le roi mais &quot;la reine&quot;, l'Adansonia grandidieri, le plus beau des baobabs. Ces arbres de 25-30 m&egrave;tres de haut ont un tronc cylindrique surmont&eacute; par une couronne aplatie.</P><P> <BR> </P><P>Jean-Jacques avait pronostiqu&eacute; qu'&agrave; cette heure, nous aurions quelque chance d'&ecirc;tre seuls pour profiter de la majestueuse All&eacute;e des Baobabs, &quot;les Champs-Elys&eacute;es malgaches&quot;. Bingo! <BR> Sur l'All&eacute;e et autour du petit lac voisin, on peut observer les trois esp&egrave;ces de baobabs qui ont un &acirc;ge v&eacute;n&eacute;rable de l'ordre de 500 ou 600 ans.</P><P><BR> Ayant repris la route, Jean-Jacques nous fait &eacute;galement d&eacute;couvrir d'autres esp&egrave;ces de la flore: jujubiers, kapokiers, manguiers, tamarins (ou tamariniers)... Quant &agrave; la faune, elle est surtout aviaire: coucal, coua, perroquets, perruches, pintades.</P><P>Une heure plus tard, nous pouvons voir un baobab sacr&eacute; un peu enfoui dans les broussailles pr&egrave;s d'un village. Suit une petite zone humide propice &agrave; la culture du riz. Un peu apr&egrave;s, on peut voir toute une s&eacute;rie de tombeaux plus ou moins d&eacute;fra&icirc;chis et plus ou moins christianis&eacute;s. Puis c'est la for&ecirc;t de Kirindy, un r&eacute;serve o&ugrave; vit le seul serpent venimeux de Madagascar.</P><P>Belo-sur-Tsiribihina</P><P><BR> Il est un tout petit peu plus de 10 heures lorsque nous arrivons sur les berges de la Tsribihina et aussit&ocirc;t nous embarquons sur un bac rustique. Les groupes qui voyage en minibus dans les autres r&eacute;gions de l'&icirc;le se sont r&eacute;partis ici entre quatre ou cinq 4x4 pour ce parcours sur piste.<BR> On s'attendrait &agrave; d&eacute;barquer en face, sur l'autre rive. Il n'en est rien car curieusement la ville de B&eacute;lo-sur-Tsiribihina se trouve d&eacute;cal&eacute;e de quelques kilom&egrave;tres plus &agrave; l'ouest. Entre embarquement des v&eacute;hicules, navigation et d&eacute;barquement, trois quarts d'heure sont vite pass&eacute;s.</P><P>Il faut admirer l'adresse des conducteurs pour bien viser les rampes m&eacute;talliques permettant de monter ou descendre du bac. Quant au pilote du bac, je n'&eacute;tais pas bien plac&eacute; pour observer comment il peut diriger son embarcation avec les v&eacute;hicules qui lui masquent la vue. Mon fr&egrave;re qui a fait ce voyage m'a indiqu&eacute; que le pilote se dirige en regardant par dessous les v&eacute;hicules&nbsp;! On comprend qu'il puisse y avoir des incidents. Les autres employ&eacute;s qui aident aux manoeuvres veillent aussi &agrave; ce que le bac ne s'ensable pas car en cette p&eacute;riode la rivi&egrave;re n'est pas tr&egrave;s profonde. Accost&eacute;s, on peut voir des bateaux servant aux descentes de la rivi&egrave;re depuis Miandrivazo. Nous croisons des pirogues surcharg&eacute;es et bient&ocirc;t le d&eacute;barcad&egrave;re est en vue.</P><P> Bien qu'il ne soit que 11 heures, Jean-Jacques nous conduit &agrave; l'H&ocirc;tel du Menabe pour d&eacute;jeuner, car le chemin sera encore long. Cet &eacute;tablissement a &eacute;t&eacute; acquis par un grec en 1950 et son fils Spiros Finas en est toujours propri&eacute;taire.<BR> En attendant que l'on nous pr&eacute;pare nos commandes, petit coup d'oeil &agrave; la d&eacute;co dans les salles et sur la terrasse: carapaces de tortues et rostre de poisson-scie peints, statues malgaches, ancien appareil de projection de cin&eacute;ma, affiches d'une mission d'un capucin italien &quot;Pour sauver la nature, scolarisons les enfants&quot;. Dans un coin de la terrasse, un abri grillag&eacute; h&eacute;berge un crocodile de plus de 1,50m &agrave; l'air d&eacute;j&agrave; redoutable.</P><P><BR> Nous ne voulons pas trop charger et avons directement command&eacute; des gambas grill&eacute;es ou des brochettes de gambas avec des frites et avons fini avec des bananes po&ecirc;l&eacute;es.</P><P> </P><P><BR> 12h30, c'est reparti pour 100 kilom&egrave;tres et cinq heures de piste. Par moment, ce sont les montagnes russes, il faut slalomer pour &eacute;viter les orni&egrave;res et les trous d'eau. Jean-Jacques fait &ccedil;a tr&egrave;s bien, tout en souplesse. Pendant une heure, les baobabs continuent de nous tenir compagnie. On peut m&ecirc;me voir un baobab &agrave; troncs jumeaux qui commence &agrave; s'enrouler amoureusement.</P><P> <BR> Jean-Jacques s'arr&ecirc;te pour que l'on puisse voir deux sortes d'oiseaux, une huppe fasci&eacute;e (Upupa epops) et tout pr&egrave;s de l&agrave; un long-tailed ground-roller (Uratelornis chim&egrave;re).<BR> Le terrain de couleur claire devient plus d&eacute;nud&eacute;. Il a subi des br&ucirc;lis (tavy) et subsistent quelque maigres arbres et les termiti&egrave;res. Nous traversons une rivi&egrave;re puis des villages et peu apr&egrave;s nous apercevons des tombeaux &agrave; l'air abandonn&eacute;.</P><P>Il nous montre un petit iguane &agrave; queue &eacute;pineuse (Oplurus quadrimaculatus) sur un arbre. Le sol redevient rouge. De nouveaux villages.</P><P> Il est un peu plus de 17 heures lorsque nous arrivons sur la rive gauche du fleuve Manambolo. Un vingtaine de minutes d'attente pour passer le fleuve avec un bac r&eacute;cent g&eacute;r&eacute; par le Minist&egrave;re des Transports.</P><P> Une dizaine de minutes d'un trajet qui nous fait passer non loin du luxueux Relais des Tsingy puis traverser le modeste village.</P><P><BR> Maintenant, nous voici &agrave; l'h&ocirc;tel Tanankoay, tenu par Pascale, une expatri&eacute;e d'origine perpignanaise qui a &eacute;pous&eacute; Tony, un Malgache, guide-naturaliste. Un groupe de bungalows est r&eacute;parti dans un petit jardin botanique.<BR> Nous comprenons mieux pourquoi le 4x4 emportant des colis et des jerricans. C'est une partie du ravitaillement de l'h&ocirc;tel (dont du carburant pour le groupe &eacute;lectrog&egrave;ne.</P><P> <BR> <BR> Ma foi, tout cela nous a ouvert l'app&eacute;tit. Poulet r&ocirc;ti avec croquettes en beignets et riz. Fruits frais en dessert.</P><P> Pour regagner nos bungalows, on nous remet &agrave; disposition des lanternes &eacute;lectriques. Super!<BR> Une bonne nuit l&agrave;-dessus car le d&eacute;part sera tr&egrave;s matinal car Pascale nous a concoct&eacute; un combin&eacute; de pr&egrave;s de deux heures dans les gorge du Manambolo avec arr&ecirc;ts dans des grottes puis le circuit d'Andamazavaky dans les Tsingy.</P><P></P><P>Les Gorges du Manambolo</P><P>Nous quittons l'h&ocirc;tel &agrave; 6 heures, avec nos chaussures de marche aux pieds, pour aller r&eacute;cup&eacute;rer notre guide au bureau du Madagascar National Parks (MNP). Notre guide pour cette journ&eacute;e sera Charline, un petit bout de femme, m&egrave;re d'un petit gar&ccedil;on n&eacute; en 2009.</P><P> Nous embarquons sur une pirogue d&eacute;doubl&eacute;e avec des planches pour les relier (l'embarcation est ainsi plus stable pour la s&eacute;curit&eacute; des touristes) afin de visiter les Gorges du Manambolo. L'eau &eacute;tant peu profonde, c'est &agrave; la perche que le piroguier propulse l'embarcation en remontant le cours du Manambolo sur quelques kilom&egrave;tres. De la sorte, la navigation est silencieuse, d'autant que nous sommes seuls sur le fleuve. Nous remontons en longeant la rive gauche, face aux Petits Tsingy sur l'autre rive.</P><P><BR> C'est l'occasion de voir que les falaises abritent toute une faune: oiseaux dans les anfractuosit&eacute;s, cam&eacute;l&eacute;ons dans les roseaux tandis que des arbres (baobabs et pachypodiums) s'accrochent aux rochers par leurs racines.<BR> Munis de nos lampes, visite d'une premi&egrave;re grotte avec des concr&eacute;tions (draperies) encore actives. On peut &eacute;galement voir des racines de ficus qui traversent la grotte de part en part &agrave; la recherche de l'eau pour un arbre situ&eacute; plusieurs dizaines de m&ecirc;tres au-dessus de nous. Nous reprenons la pirogue pour aborder dix minutes plus tard dans une seconde grotte.<BR> Charline nous fait observer une grotte situ&eacute;e &agrave; mi-hauteur. C'est un tombeau Vazimba. On aper&ccedil;oit les calottes de trois cr&acirc;nes pos&eacute;s au bord de la grotte. Les Vazimbas (nom qui signifie &quot;ceux qui ont toujours &eacute;t&eacute; l&agrave;&quot; dans certains guides et &quot;ceux de la for&ecirc;t&quot; dans d'autres&nbsp;!) viennent en r&eacute;alit&eacute; des Hauts Plateaux dont ils avaient &eacute;t&eacute; chass&eacute;s par les seigneurs hova.</P><P>Il est temps de rentrer. Nous croisons deux autres embarcations de touristes. Nous sommes de retour &agrave; 8 heures et l&agrave; les choses s&eacute;rieuses vont commencer apr&egrave;s avoir r&eacute;cup&eacute;r&eacute; baudriers et sangles au bureau des guides. Nous retraversons le village o&ugrave; se tient un petit march&eacute; o&ugrave; nous sommes intrigu&eacute;s par des esp&egrave;ces de saucisses s&eacute;ch&eacute;es enroul&eacute;es. En fait il s'agit de tabac &agrave; chiquer. </P><P></P><P>Les Grands Tsingy de Bemaraha - Circuit Andamazavaky </P><P><BR> A l'h&ocirc;tel Tanakoya, nous allons retirer nos sandwichs pour le d&eacute;jeuner et emportons 2 litres d'eau par personne. Cette balade sur le circuit d'Andamazavaky dans les Grands Tsingy n'est pas pour autant quelque d&eacute;fi sportif, ni un trail ni un treck. Les seules contraintes sont d'avoir un minimum de souplesse et le pied s&ucirc;r, de ne pas &ecirc;tre ob&egrave;se, de ne pas &ecirc;tre sujet &agrave; la claustrophobie et surtout au vertige.</P><P> Pour faire la quinzaine de kilom&egrave;tres qui nous s&eacute;parent du point de d&eacute;part du circuit p&eacute;destre, le 4x4 doit emprunter une tr&egrave;s mauvaise piste qu'une tentative d'empierrement a rendue on ne peut plus cahoteuse. Elle ne sert pas qu'aux touristes des Tsingy car nous avons vus &agrave; Belkopaka des camions-taxis qui l'utilisent pour se rendre plus au nord. La piste est tr&egrave;s &eacute;troite ce qui oblige les villageois que nous croisons &agrave; se ranger dans les broussailles tandis que le croisement avec une charrette est tout un art de l'&eacute;vitement. Ca n'emp&ecirc;che pas Jean-Jacques de s'arr&ecirc;ter pour nous faire voire ici un cam&eacute;l&eacute;on beige et le gecko vert (Phelsuma madagascariensis) . Nous arrivons au parking, sans doute les derniers et Jean-Jacques parvient &agrave; trouver un emplacement un peu ombrag&eacute; au milieu de la douzaine de v&eacute;hicules d&eacute;j&agrave; stationn&eacute;s.</P><P>Les Tsingy de Bemaraha sont un massif d'origine s&eacute;dimentaire. Il y a 200 millions d'ann&eacute;es et pendant quelques millions d'ann&eacute;es des d&eacute;bris calcaires se sont accumul&eacute;s jusqu'&agrave; ce qu'un soul&egrave;vement les fasse &eacute;merger r&eacute;v&eacute;la fissures et diaclases. Une &eacute;rosion chimique intense s'est produite il y a 5 millions d'ann&eacute;es &agrave; la faveur de pluies acides et produisit ces reliefs ac&eacute;r&eacute;s. Sous une forme moins spectaculaire, cela rappelle les reliefs karstiques de nos r&eacute;gions temp&eacute;r&eacute;es (D&eacute;sert de Plat&eacute; ou Plateau des Gli&egrave;res dans les Alpes fran&ccedil;aises) que les g&eacute;omorphologues nomment lapiaz (ou lapi&eacute; ou lapiez) lorsque la roche calcaire attaqu&eacute;e par l'&eacute;rosion est d&eacute;chiquet&eacute;e et sillonn&eacute;e de rigoles, fissures et crevasses aux asp&eacute;rit&eacute;s coupantes, de taille variable, dont certaines peuvent atteindre plusieurs m&egrave;tres.</P><P>Le massif couvre 157000 ha, moiti&eacute; en Parc et moiti&eacute; en R&eacute;serve. Il abrite 13 esp&egrave;ces de l&eacute;muriens dont huit nocturnes. Un site aussi extraordianire ne pouvait qu'&ecirc;tre class&eacute; au Patrimoine mondial de l'UNESCO d&egrave;s 1990. Une quarantaine de guides sont employ&eacute;s par le parc et la moiti&eacute; des droits per&ccedil;us devraient normalement b&eacute;n&eacute;ficier aux villageois mais Charline consid&egrave;re que cet engagement n'est pas respect&eacute;.<BR> Le calcaire des Tsingy est une pierre tr&egrave;s rugueuse, au contact tr&egrave;s aggressif, c'est pourquoi nous n'avons pas regrett&eacute;s nos manches longues et nos pantalons. Mon fr&egrave;re qui a d&eacute;j&agrave; pratiqu&eacute; les Tsingy nous a munis de gants en kevlar. Sage pr&eacute;caution si l'on veut limiter l'&eacute;rosion de la peau des doigts. Devant l'&eacute;tonnement de Charline, on peut supposer que nous sommes les premiers touristes &agrave; venir avec ce genre d'&eacute;quipement bien utile.</P><P> 9h45, c'est le d&eacute;but de la marche. </P><P> <BR> Dans une partie bois&eacute;e avant la mont&eacute;e au Tsingy, nous apercevons trois sifakas tout blancs, &agrave; l'exception du museau et des oreilles, de l'esp&egrave;ce rare Sifaka de von der Decken (Propithecus deckenii), un cousin du plus commun propith&egrave;que de verreaux (Propithecus verreauxi) qui, lui, &agrave; le sommet du cr&acirc;ne surmont&eacute; d'une couronne de poils bruns. Un peu plus loin, dans un arbre creux, au niveau d'un noeud, Charline nous fait observer un hapal&eacute;mur des bambous qui sort discr&egrave;tement la t&ecirc;te de son trou. Un peu plus loin, nous passons pr&egrave;s d'un ancien tombeau.</P><P>Charline sera l'une des rares personnes &agrave; &eacute;voquer au cours de notre s&eacute;jour malgache les fady, les tabous ou interdits traditionnels. Dans les Grands Tsingy il y en a trois: on ne doit pas d&eacute;signer les choses en tendant le doigt (mais on peut le faire les doigts repli&eacute;s), il ne faut y laisser d'ordures ou d'immondices et enfin les tamariniers y sont des arbres sacr&eacute;s.</P><P>Charline tente de nous dissuader de passer par la grotte pour prendre un acc&egrave;s plus direct vers les belv&eacute;d&egrave;res. Pas d'accord&nbsp;! Nous avons fini par nous d&eacute;cider pour les Grands Tsingy et on ne veut pas les faire qu'&agrave; moiti&eacute;. Incroyable paysage que ces lames de couteau de pierre grise de plus de 30m de haut, vues en contre-plong&eacute;e.</P><P></P><P> <BR> Au fond des fissures, la v&eacute;g&eacute;tation s'est install&eacute;e y compris de vrais arbres: palissandre, balsa (&agrave; pirogues), acajou ou encore santolina servant &agrave; faire les masques de beaut&eacute; des femmes. Plus loin, on voit la liane &eacute;trangleuse partie &agrave; l'assaut de grands arbres. En fait il ne s'agit pas d'une liane mais d'une vari&eacute;t&eacute; &eacute;piphyte de ficus dont les racines a&eacute;riennes ont des propri&eacute;t&eacute;s &eacute;trangleuses le favorisant dans sa comp&eacute;tition avec d'autres arbres supports.</P><P>A la saison des pluies, le fond de tout ces trous, boyaux et grottes est noy&eacute; sous plusieurs m&egrave;tres d'eau.</P><P> </P><P> Premi&egrave;re grimp&eacute;e sans utiliser encore le cable, afin d'acc&eacute;der &agrave; la grotte. Un puits de jour puis la sortie. Cette fois pour monter, on utilisant les blocs viss&eacute;s dans la roche, il faut aussi se s&eacute;curiser sur le c&acirc;ble, la fameuse &quot;ligne de vie&quot;, en ayant toujours une sangle pass&eacute;e sur la ligne de vie. Il n'est jamais trop tard pour s'initier &agrave; la via ferrata.<BR> On arrive bient&ocirc;t &agrave; un premier belv&eacute;d&egrave;re. Au milieu de ce monde min&eacute;ral, on est surpris de voir surgir ici une &eacute;pine du Christ en fleur et l&agrave; un &quot;arbre vazaha&quot; ainsi surnomm&eacute; parce que son &eacute;corce rougit avant de peler Bien vu!</P><P><BR> <BR> Mais la partie la plus spectaculaire du parcours est &agrave; venir. Une passerelle himalayenne d'une vingtaine de m&egrave;tres de long a &eacute;t&eacute; jet&eacute;e au-dessus d'un faille profonde d'environ 70 m&egrave;tres (et non pas de 150 comme il arrive qu'on le lise). A partir de l&agrave;, on gagne un second belv&eacute;d&egrave;re et c'est l'unique occasion o&ugrave; nous rencontrons un autre groupe de touristes.</P><P><BR> Apr&egrave;s les sommets, retour dans les entrailles. Charline nous fait emprunter des boyaux &eacute;troits, on ne peut pas garder le sac sur le dos. Ailleurs, il faut progresser pli&eacute; car le plafond est tr&egrave;s bas. Pour la s&eacute;curit&eacute;, il manque un &eacute;quipement, le casque.</P><P> </P><P> Il est presque 13 heures et tout cela nous a bien mis en app&eacute;tit. Un puits de lumi&egrave;re au fond d'une diaclase nous sert de patio bien frais. <BR> C'est un coin pique-nique connu car m&ecirc;me les animaux y viennent. C'est d'abord un rat des Tsingy &agrave; queue touffue, genre &eacute;cureuil (Eliurus Antsingy) puis une mangouste &agrave; queue annel&eacute;e (Galidia elegans) end&eacute;mique &agrave; Madagascar qui va nous tenir compagnie tout le long du repas, allant et venant, se faufilant dans un trou pour ressortir par un autre. Ce petit carnassier &agrave; la robe rousse d'une cinquantaine de centim&egrave;tres (queue comprise) peut s'attaquer aux serpents. Un petit oiseau vient se joindre dans l'espoir de trouver quelques reliefs de notre banquet. Il faut penser &agrave; repartir et &agrave; sortir de notre trou.</P><P></P><P></P><P> <BR> Pour terminer le parcours, Charline tente de nous faire opter pour un raccourci qui permettrait de gagner une heure en &eacute;vitant d'emprunter un r&eacute;seau de diaclases. <BR> Que nenni! On veut la totale. <BR> Ce sera donc encore des grottes, des &eacute;chelles et des diaclases mais c'est bien agr&eacute;able et les couleurs sont &eacute;tonnantes avec le soleil au z&eacute;nith.</P><P>Il fait tr&egrave;s chaud (37&deg;) lorsque l'on regagne le parking vers 15 heures, apr&egrave;s un peu plus de cinq heures de balade. Derniers arriv&eacute;s ce matin et derniers repartis cet apr&egrave;s-midi.<BR> Il ne reste plus que notre 4x4 et Jean-Jacques qui en a profit&eacute; pour se reposer. Une bonne heure de piste pour rentrer et reconduire Charline au village.</P><P>Il est plus de 16h30 lorsque nous arrivons l'h&ocirc;tel Tanankoay. Apr&egrave;s une bonne douche, une bi&egrave;re THB bien fra&icirc;che sur notre terrasse, un petit repos dans un hamac... Quoi de mieux en attendant de d&icirc;ner vers 20 heures&nbsp;? </P><P> </P><P> Il n'est pas facile de renouveler le menu lorsque l'on est si loin de tout . Poulet r&ocirc;ti avec des torti fusilli, des p&acirc;tes torsad&eacute;es, et des racines de manioc. En dessert des cr&ecirc;pes napp&eacute;es d'une sauce chocolat.</P><P> <BR> <BR> La nuit sera encore courte car le d&eacute;part est fix&eacute; &agrave; 6h30, non pas que la piste soit plus longue qu'&agrave; l'aller mais Jean-Jacques nous explique que c'est la condition pour pouvoir bien profiter du coucher de soleil sur l'All&eacute;e des Baobabs, avant l'arriv&eacute;e &agrave; Morondava.</P><P>En route pour l'embarcad&egrave;re du bac du Manambolo, &ccedil;a ne nous emp&ecirc;che pas de faire un arr&ecirc;t-photo cam&eacute;l&eacute;on. Sur le rivage, quelques ouvriers sont occup&eacute;s &agrave; am&eacute;nager un quai en ma&ccedil;onnerie financ&eacute; par la Banque Mondiale. R&eacute;sistera-t-il aux crues de la prochaine saison des pluies&nbsp;?</P><P><BR> De retour sur la piste, nous croisons une femme et un jeune emportant des morceaux de viande de sanglier. Plus loin Jean-Jacques nous signale une cr&eacute;cerelle malgache puis plus loin un perroquet aux abords d'un village, dans un arbre aux fleurs rouges ressemblant &agrave; un flamboyant, l&#146;&eacute;rythrine &agrave; cr&ecirc;te de coq (Erythrina crista-galli). Encore plus loin, c'est un imposant aigle serpentaire de Madagascar (Eutriorchis astur) pos&eacute; sur le sol. Ce rapace diurne se nourrit en partie de cam&eacute;l&eacute;ons.<BR> Une rivi&egrave;re o&ugrave; des villageoises font la vaisselle, un village. Dans un arbre, un couple de corbeaux-pies (Corvus albus) &agrave; plastron blanc.</P><P>Dix heures, il y a plus de trois heures que nous roulons sur la piste difficile. Nous retrouvons les premiers baobabs et les premiers tombeaux sakalavas.</P><P> Onze heures. Nous sommes &agrave; Belo-sur-Tsiribihina. M&ecirc;me horaire qu'&agrave; l'aller mais cette fois, Jean-Jacques nous conduit au tr&egrave;s s&eacute;lect restaurant Mad Z&eacute;bu. Une bonne adresse si l'on peut dire car je n'en ai trouv&eacute; ni site internet ni email. Une demi-douzaine de 4x4 sont d&eacute;j&agrave; stationn&eacute;s.<BR> On voit que le chef a s&eacute;journ&eacute; en France par la pr&eacute;sentation raffin&eacute;e des plats. Apr&egrave;s une verrine de mise en bouche, terrine de tilapia aux olives noires et vinaigrette au tamarin en entr&eacute;e. En plat principal, dispersion entre: bouquet de gambas au gingembre, poitrines de sarcelle po&ecirc;l&eacute;es et ses cuisses au poivre vert et ananas poch&eacute; au vin rouge et, derni&egrave;re option, filet de capitaine grill&eacute; au thym. Accompagnement de l&eacute;gumes vari&eacute;s: carottes, haricots, chou-fleur et pommes de terre. Desserts: salade de fruits frais au coriandre et sorbet goyave ou alors cr&ecirc;me l&eacute;g&egrave;re au yaourt, tomates cerises poch&eacute;es au miel et sorbet papaye au thym.</P><P><BR> Nous sortons de table une heure plus tard, &agrave; midi, apr&egrave;s avoir fait bombance, on peut imaginer quelque somnolence cet apr&egrave;s-midi.</P><P>Pendant la travers&eacute;e en bac, je n'ai pas le temps de m'ennuyer car je suis assis &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'un Louis qui me raconte sa vie. Il est professeur de langue et civilisation malgaches (incluant les 18 ethnies), titulaire d'une ma&icirc;trise dans cette sp&eacute;cialit&eacute; et partage son activit&eacute; entre deux &eacute;tablissements. Il gagne 170 000 MGA par mois (soit 2&euro; par jour) et vit avec sa m&egrave;re &acirc;g&eacute;e de 80 ans. Il &eacute;voque le trafic de bois pr&eacute;cieux (palissandre) que les Chinois tentent d'organiser &agrave; partir de Belo.</P><P> </P><P> Retour sur la piste plus facile. Nous retrouvons le secteur o&ugrave; sont &eacute;difi&eacute;s de nombreux tombeaux. Comme chez les Mahafaly du sud-ouest, des sc&egrave;nes na&iuml;ves peintes aux couleurs vives ont remplac&eacute; sculptures et alao (totems) &eacute;rotiques en bois de faux-camphrier r&eacute;put&eacute; imputrescible. Plusieurs de ces tombeaux ont &eacute;t&eacute; r&eacute;nov&eacute;s r&eacute;cemment, sans doute &agrave; l'occasion de retournements de morts.</P><P> <BR> Jean-jacques explique que la repr&eacute;sentation de plusieurs femmes sur les tombeaux tient au fait que les Salakavas sont souvent polygames. Dans les sc&egrave;nes, on retrouve quand m&ecirc;me des z&eacute;bus (troupeaux) mais aussi des bicyclettes ou des motos et des sc&egrave;nes de danses.<BR> Et toujours des baobabs za &agrave; tronc conique, rubrostipa ou fony en forme de bouteille et les fameux grandidieri au tronc cylindrique surmont&eacute; d'une ramure applatie.<BR> En traversant la For&ecirc;t de Kirindy, Jean-Jacques a le temps d'apercevoir un groupe de sifakas, des propith&egrave;ques de verreaux (Propithecus verreauxi), enti&egrave;rement blanc, &agrave; l'exception de leur face noire et d'une couronne de poils bruns sur le sommet du cr&acirc;ne. Nous aurons tout loisir de les observer, plus facilement que leurs cousins Propithecus deckenii, hier aux Grands Tsingy. Il faut souligner que traditionnellement un fady interdit aux Sakalavas de tuer et de manger les sifakas consid&eacute;r&eacute;s comme sacr&eacute;s tout comme chez les Betsimisarakas de l'est &agrave; l'&eacute;gard des indris.</P><P></P><P>Le baobab Amoureux et l'All&eacute;e des Baobabs de Morondava </P><P> Nous quittons la piste principale pour nous diriger vers l'ouest (sur notre droite donc). Apr&egrave;s avoir vu un baobab aux troncs jumeaux, c'est au baobab amoureux que nous conduit Jean-Jacques. Endroit tr&egrave;s couru des touristes mais &agrave; cette heure-ci (15h45), nous avons la chance d'&ecirc;tre seuls. Il y a d&eacute;bat pour savoir s'il s'agit d'un seul arbre &agrave; deux troncs ou de deux arbres. Je penche pour le premier cas. De m&ecirc;me, s'agit-il de la vari&eacute;t&eacute; za ou fony. L&agrave;, je pencherais plut&ocirc;t pour la seconde option.<BR> En tout cas, le ph&eacute;nom&egrave;ne a suscit&eacute; un petit commerce de souvenirs, de petits baobabs amoureux en palissandre.</P><P> <BR> Retour sur la piste principale d'o&ugrave; l'on peut apercevoir des tombeaux. Travers&eacute;es de villages. <BR> Nous arrivons &agrave; l'All&eacute;e des Baobabs &agrave; 16h45, largement avant le coucher de soleil. Certains jours, c'est le rendez-vous immanquable de touristes japonais venus &agrave; Madagascar uniquement pour cela.</P><P> </P><P></P><P><BR> <BR> Nous ne sommes pas les premiers. Il faut s'armer de patience pour qu'enfin un minibus gar&eacute; au milieu de l'all&eacute;e, ce qui est interdit, consente &agrave; d&eacute;gager. Un parking a &eacute;t&eacute; am&egrave;nag&eacute; pour d&eacute;gager les v&eacute;hicules de la perspective. Une quinzaine de 4x4x et 3 ou 4 minibus y sont gar&eacute;s. A noter qu'un bon quart voire un tiers des touristes sont des &quot;locaux&quot;, des Malgaches. Et pourquoi pas&nbsp;? Chez nous, les provinciaux ne vont-ils pas tous un jour ou l'autre voir la Tour Eiffel?<BR> Le petit &eacute;tang voisin appr&eacute;ci&eacute; des canards s'av&egrave;re &ecirc;tre un parfait miroir pour capter le reflet des baoboabs. Nous avons tout le temps pour rechercher les meilleurs angles et la meilleure lumi&egrave;re laquelle va beaucoup changer pendant les deux heures qui nous s&eacute;parent du complet cr&eacute;puscule.<BR> Un petit commerce de souvenirs s'est install&eacute; sur le site: sculpture et vente de baobabs amoureux ou non, vente de fruits et de jeunes plants de baobabs. Pour les petites faims, on vend m&ecirc;me des brochettes de z&eacute;bu. Pendant ce temps l&agrave;, sur ces &quot;Champs Elys&eacute;es malgaches&quot;, c'est le d&eacute;fil&eacute; des charrettes qui rentrent apr&egrave;s une journ&eacute;e de labeur. Quittant la baignade dans l'&eacute;tang, une cane dinde se risque &agrave; faire traverser la piste &agrave; sa couv&eacute;e d'une bonne quinzaine de canetons encore bien jeunes. Puis c'est l'heure o&ugrave; un troupeau de z&eacute;bus vient s'abreuver et faire trempette dans l'&eacute;tang. S'en suivent quelques joutes &agrave; coup de leurs immenses cornes. <BR> Le soleil continue de baisser et tous les photographes sont aux aguets, &agrave; la recherche du meilleur angle et de la meilleure lumi&egrave;re. pendant ce temps, trois jeunes malgaches parcourent la foule en exhibant des cam&eacute;l&eacute;ons qu'ils transportent sur des b&acirc;tons tandis que le plus grand, un gar&ccedil;onnet de 8 ou 10 ans, laisse voir sa nudit&eacute; et un petit pansement sur le sexe laisse &agrave; supposer qu'il a &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment circoncis. <BR> Le soleil est maintenant descendu entre les baobabs. Ca mitraille de tous les c&ocirc;t&eacute;s et il faut &eacute;viter d'avoir quelque photographe envahissant dans son objectif pour immortaliser ce f&eacute;erique coucher de soleil. 18 heures, le soleil a comp&egrave;tement disparu de l'horizon. Quel merveilleux moment nous avons pass&eacute; et ces deux heures n'ont finalement pas paru si longues. Merci Jean-Jacques.</P><P> <BR> C'est &agrave; nouveau Morondava et l'h&ocirc;tel Baobab Caf&eacute;. Nous reprenons nos bagages et avec la fin de prise en charge par Tanakoay, nous disons adieu &agrave; Jean-Jacques. <BR> Qu'il continue de prendre soin de ses clients comme il a si bien su le faire avec nous&nbsp;!</P><P> Pour l'une des chambre, il y a changement. Nous h&eacute;ritons d'une grande chambre qui cette fois donne sur la rue. Nous avons la compagnie discr&egrave;te d'un petit gecko des maisons (Hemidactylus frenatus) pratiquement transparent, avec quelques petites taches marron sur le dos. Un insecticide sans danger donc respectons-le.</P><P> Au menu du d&icirc;ner, nos choix se portent respectivement vers une sole enti&egrave;re, des calamars et un magret de canard (tous au tarif de 15000MGA). Les desserts son &eacute;galement &eacute;clectiques: salade de fruits (6000 MGA), nougat glac&eacute; et flan (8500 MGA).</P><P>La nuit sera tranquille car le bruit dans la rue cessera pratiquement apr&egrave;s 23 heures.</P><P> Le lendemain &agrave; 7 heures, nous attendons notre transfert vers l'a&eacute;roport afin de gagner Antananarivo. 7h15 et toujours rien. Le premier couac dans la logistique&nbsp;! La r&eacute;ception du Baobab Caf&eacute; prend alors la d&eacute;cision de nous faire conduire avec un 4x4 de la maison. Plus de confort et de la place pour les bagages. Peu apr&egrave;s le d&eacute;part, nous croisons un taxi qui &eacute;tait sans doute celui qui nous &eacute;tait destin&eacute;. Une course perdue et une r&eacute;putation &eacute;corn&eacute;e pour son chauffeur.</P><P> A 8h15 nous embarquons et le d&eacute;collage va avoir lieu avec un quart d'heure d'avance sur l'horaire pr&eacute;vu. Sans doute que tous les passagers &eacute;taient enregistr&eacute;s. L'avion d'Air Madagascar est un ATR 42-72, bi-turbopropulseur &agrave; h&eacute;lices am&eacute;nag&eacute; pour le transport de 60 passagers (15 rang&eacute;es) et nous appr&eacute;cions l'espace entre les rang&eacute;es de si&egrave;ges.<BR> C'est parti pour une bonne heure de vol.</P><P>Nous nous posons &agrave; Ivato, l'a&eacute;roport d'Antananarivo vers 9 heures et demie... Le dernier chapitre de nos aventures va s'ouvrir!</P><P>___________________________________________________</P><P>FAMILLE ET SOCIETE</P><P>FAMILLE, FEMME ET MARIAGE</P><P>La famille malgache est un cercle tr&egrave;s large par rapport &agrave; la notion de famille europ&eacute;enne moderne et la lign&eacute;e g&eacute;n&eacute;tique prise en compte remonte aux trisa&iuml;euls (arri&egrave;re-arri&egrave;re-grands-parents). Le mariage entre membres de ce grand cercle familial est consid&eacute;r&eacute; comme un inceste. </P><P>Les jeunes filles n'ont pas d'&acirc;ge minimum pour avoir des relations sexuelles et les jeunes filles ayant d&eacute;j&agrave; accouch&eacute;, m&ecirc;me mineures, sont consid&eacute;r&eacute;es comme adultes.<BR> L'&acirc;ge de la procr&eacute;ation est &eacute;valu&eacute; encore &agrave; 15 ans chez les filles comme chez les gar&ccedil;ons. La procr&eacute;ation est le point de d&eacute;part pour un &eacute;ventuel mariage, que les procr&eacute;ateurs vivent ensemble ou chacun de leur c&ocirc;t&eacute; (chez leurs parents).</P><P>Comme dans d'autres pays o&ugrave; existait la tradition des mariages arrang&eacute;s, les Malgaches &eacute;voluent vers les mariages avec accord des parents sur le choix du (ou de la) fianc&eacute;(e). Ainsi Jean Lamour (un nom pr&eacute;destin&eacute; !), notre guide &agrave; Manandona, nous a confi&eacute; avoir d&ucirc; pr&eacute;senter plusieurs fianc&eacute;es &agrave; ses parents jusqu'&agrave; obtenir leur agr&eacute;ment.</P><P>Il y a quelques d&eacute;cennies, la polygamie (fampiraferana) n'&eacute;tait pas rare car elle a longtemps &eacute;t&eacute; traditionnelle. Le plus souvent, les hommes polygames avaient deux ou trois femmes. En revanche les nobles et surtout les princes pouvaient en avoir beaucoup plus (12 pour les souverains Merina, 60 pourle roi Lamboina des Antankarana).</P><P>Depuis 2007, l'&acirc;ge l&eacute;gal du mariage pour les filles a &eacute;t&eacute; repouss&eacute; de 16 &agrave; 18 ans et donc align&eacute; sur celui fix&eacute; pour les gar&ccedil;ons. Les filles ne peuvent sortir du pays en compagnie d'un &eacute;tranger, m&ecirc;me s'ils sont mari&eacute;s, si elle n'a pas 21 ans.</P><P>Contrairement &agrave; d'autres &eacute;v&egrave;nements ritualis&eacute;s, le mariage ne donne pas lieu &agrave; une grande f&ecirc;te.</P><P>Les filles ne participent pas &agrave; l'h&eacute;ritage qui se trouve d&eacute;volu &agrave; parts &eacute;gales entre les gar&ccedil;ons.</P><P><BR> FAMILLE, CONTRACEPTION ET ENFANTS</P><P>La contraception est peu d&eacute;velopp&eacute;e pour au moins deux raisons. <BR> Elle est d'abord contraire &agrave; une culture o&ugrave; l'on r&eacute;v&egrave;re la virilit&eacute; et la f&eacute;condit&eacute;. <BR> N&eacute;cessitant un suivi, elle est &eacute;galement difficilement appplicable dans la plus grande partie de ce pays &agrave; l'infrastructure m&eacute;dicale absente ou d&eacute;ficiente. Charline, notre guide dans les Tsingy, nous confiait y avoir personnellement renonc&eacute; en raison de l'impossible suivi m&eacute;dical li&eacute; &agrave; l'isolement &agrave; la saison des pluies.</P><P>Le nombre moyen d'enfants par famille est de l'ordre de 4 ou 5 mais dans les zones rurales il est plut&ocirc;t de 6. L'accroissement d&eacute;mographique est de 3% par an soit une perspective de doublement de la population en 25 ans.</P><P>Depuis 1976, en principe l'&eacute;cole publique est gratuite et obligatoire &agrave; partir de l'&acirc;ge de 6 ans jusqu'&agrave; 14 ans (cycle &eacute;l&eacute;mentaire de 6 &agrave; 11 ans) mais les ma&icirc;tres sont mal form&eacute;s et mal pay&eacute;s. La gr&egrave;ve de trois mois qu'ils ont men&eacute;e d'avril &agrave; juin 2012 n'a rien donn&eacute;. Puis sont venus les trois mois de grandes vacances (juillet &agrave; d&eacute;but octobre)... Selon l'UNICEF, depuis le d&eacute;but de la crise politique de 2009, 900 000 enfants sont d&eacute;scolaris&eacute;s, 12% des enfants &eacute;chappent compl&egrave;tement &agrave; la scolarisation. </P><P>REVENUS ET CONDITIONS DE VIE</P><P>Selon la Banque Mondiale, en 2008 le revenu National Brut par habitat s'&eacute;tablissait a &agrave; peine 26&euro; par mois.</P><P>Le salaire moyen mensuel d'un cadre sup&eacute;rieur avoisine les 50 Euros, celui d'un ouvrier qualifi&eacute; les 30 Euros, le double de celui d'un ouvrier non qualifi&eacute;. <BR> les salaires des enseignants sont bas : en moyenne, en primaire/coll&egrave;ge, le salaire est de 25 &agrave; 50&euro; par mois.<BR> Un chauffeur de taxi-brousse peut gagner jusqu'&agrave; 7&euro; par jour, &agrave; condition de trouver un employeur et d'assumer la responsabilit&eacute; du v&eacute;hicule.</P><P>Pour les plus bas salaire, l'imp&ocirc;t sur le revenu retenu &agrave; la source est de l'ordre de 0,2% tandis qu'il est de 25% &agrave; partir de 180 000 Ariarys (soit 60&euro; &agrave; ce seuil) de salaire mensuel.<BR> Si le Malgache moyen gagne environ 1 dollar par jour (par exemple un employ&eacute; de maison), 85% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.<BR> C'est une soci&eacute;t&eacute; tr&egrave;s in&eacute;galitaire puisque 10% des m&eacute;nages les plus ais&eacute;s poss&egrave;dent 35% des revenus.<BR> Il faut savoir que les m&eacute;nages d&eacute;pensent en moyenne 70 &euro;/mois dont une bonne moiti&eacute; pour s'alimenter, 16% pour l'&eacute;nergie.</P><P>Madagascar, &quot;l'&icirc;le b&eacute;nie des dieux&quot;, est devenu l'un des dix pays les plus pauvres du monde.<BR> Madagascar est un g&eacute;ant pauvre au milieu des &icirc;lots de relative prosp&eacute;rit&eacute; voisins que sont Maurice, la R&eacute;union, Mayotte ou les Seychelles.</P><P>ACCES A L'EAU ET A 'LELECTRICITE</P><P>Environ 7 personnes sur 10 n'ont pas acc&egrave;s &agrave; l'eau potable et 4 m&eacute;nages sur 10 sont priv&eacute;s d'assainissement. <BR> Seulement 14% de la population rurale de Madagascar a acc&egrave;s &agrave; l&#146;eau potable. M&ecirc;me &agrave; Antananarivo, environ 20% seulement des foyers disposent d'un branchement au r&eacute;seau public de distribution d&#146;eau.<BR> Comment l'objectif concernant l'acc&egrave;s &agrave; l'eau potable en 2015 pour 65% de la population pourrait-il &ecirc;tre tenu alors que six ans apr&egrave;s le lancement du programme d&#146;alimentation en eau potable et d&#146;assainissement en milieu rural, seules 420 des 1250 installations pr&eacute;vues ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es&nbsp;?</P><P>Madagascar est caract&eacute;ris&eacute; par une sous-consommation &eacute;nerg&eacute;tique ph&eacute;nom&eacute;nale avec en moyenne 0,2 tonne d'&eacute;quivalent p&eacute;trole (TEP) par habitant alors que la moyenne mondiale est 8 fois sup&eacute;rieure. Cette &eacute;nergie n'est fournie sous forme &eacute;lectrique que pour 1% (alors que l'utilisation directe de la biomasse -bois et charbon v&eacute;g&eacute;tal- en apporte 83%).<BR> En 2006, le taux de couverture en &eacute;lectricit&eacute; &agrave; Madagascar &eacute;tait de globalement de 28 % mais de seulement 5 % en zone rurale (o&ugrave; vit 70 % de la population du pays !). </P><P><BR> LE SYSTEME DE SANTE</P><P>Le syst&egrave;me de sant&eacute; est dans un &eacute;tat d&eacute;plorable et ne s'est pas am&eacute;lior&eacute; depuis une vingtaine d'ann&eacute;es.<BR> Les d&eacute;penses totales de sant&eacute; du pays s'&eacute;l&egrave;vent &agrave; 320 millions de dollars soit seulement 3,2% du PIB (en France, ces valeurs sont respectivement de 350 milliards de dollars soit 12% du PIB).<BR> Depuis le coup d'Etat de 2009, les pays donateurs ont cess&eacute; d'octroyer toute aide non humanitaire. De son c&ocirc;t&eacute;, le gouvernement malgache a proc&eacute;d&eacute; &agrave; des coupes draconiennes dans le budget des services sociaux. En 2010, les d&eacute;penses de sant&eacute; ont diminu&eacute; de 30% par rapport &agrave; l'ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente et pour 2012 il a &eacute;t&eacute; de nouveau r&eacute;duit de moiti&eacute; par rapport &agrave; 2011. Ces coupes budg&eacute;taires ont entra&icirc;n&eacute; la fermeture de quelque 240 centres de sant&eacute; (sur les 3000 existants dont 300 avec un m&eacute;decin et les autres avec un infirmier qualifi&eacute; et parfois une sage-femme et ils sont accessibles -&agrave; moins de 10km- aux deux tiers de la population) en raison d'une p&eacute;nurie de travailleurs de la sant&eacute; d&eacute;motiv&eacute;s car mal pay&eacute;s et ne disposant pas de mat&eacute;riels ad&eacute;quats (les centres de soins sont loin de tous disposer d'un tensiom&egrave;tre). A cela s'ajoutent un peu moins de 80 h&ocirc;pitaux principaux et secondaires.<BR> L'ensemble du secteur public emploie 1100 m&eacute;decins. Par ailleurs, seulement 600 m&eacute;decins install&eacute;s dans le secteur lib&eacute;ral car la population n'a pas les moyens de les r&eacute;mun&eacute;rer.</P><P>Mamy, notre chauffeur en fin de circuit nous donne une id&eacute;e de l'&eacute;tat d&eacute;plorable du syst&egrave;me de sant&eacute;, pas seulement des locaux d'ailleurs. Si l'on doit aller &agrave; l'h&ocirc;pital, on n'y trouve qu'un ch&acirc;lit et il faut apporter matelas et literie. Pour &ecirc;tre examin&eacute; a minima, il faut avoir assez d'argent pour qu'un m&eacute;decin s'int&eacute;resse &agrave; votre cas, puis il faut faire apporter m&eacute;dicaments et seringues n&eacute;cessaires et &eacute;galement avoir les moyens d'acheter la nourriture.<BR> Dans ces conditions, la population d&eacute;serte les &eacute;tablissements de soins et a recours &agrave; des exp&eacute;dients de la m&eacute;decine traditionnelle et &agrave; l'autom&eacute;dication.</P><P>Quant &agrave; Charline, notre guide dans les Tsingy, elle nous donne un exemple concret des cons&eacute;quences sanitaires et m&eacute;dicales d&eacute;coulant de l'isolement de sa r&eacute;gion &agrave; la saison des pluies &agrave; tel point qu'en 2009, dix femmes de Bekopaka &eacute;taient mortes en couches ou en suite de couches. Cette d&eacute;ficience fait aussi que la contraception orale ne fonctionne pas en l'absence de l'indispensable suivi m&eacute;dical qu'elle exige. </P><P>C'est pourquoi en cas de s&eacute;rieux probl&egrave;me de sant&eacute; survenant pendant le s&eacute;jour &agrave; Madagascar, il est fortement conseill&eacute; de se faire rapatrier vers St Denis-de-la-R&eacute;union afin de b&eacute;n&eacute;ficier du syst&egrave;me hospitalier fran&ccedil;ais.</P><P>A l'a&eacute;roport d'Ivato,il fait 15&deg;. Nous sommes rapidement r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s par Mamy, notre nouveau chauffeur-guide car finalement Richard a confi&eacute; d'autres clients &agrave; Patrick, notre premier chauffeur.<BR> Plus de 4x4 mais une Peugeot 406 break.</P><P>Mamy, &eacute;trange pr&eacute;nom. Rien du diminutif affectif mais un nom typiquement malgache qui signifie &quot;doux, sucr&eacute;&quot;. Le personnage incarne parfaitement ce nom, il parle aussi doucement qu'il conduit.<BR> Mamy poss&egrave;de sa propre petite agence &quot;Mamitours&quot; et se trouvant actuellement disponible, Richard a fait appel &agrave; lui en freelance pour les trois derniers jours de notre circuit. Mamy est originaire de Morondava et il a &eacute;migr&eacute; vers la capitale o&ugrave; il est plus facile de trouver du travail et des clients.</P><P>La circulation chaotique dans la capitale nous laisse tout loisir d'observer les enseignes rigolotes de gargottes, de &quot;D&eacute;d&eacute; &amp; Lily, tailleur couturi&egrave;re&quot; et surtout celles des enseignes des &eacute;coles priv&eacute;es. Un floril&egrave;ge...<BR> Les rizi&egrave;res et les briqueteries s'insinuent dans les parties basses de la banlieue informe. Nous arrivons bient&ocirc;t dans une r&eacute;gion plus vallonn&eacute;e avec des collines aux sommets rocheux mis &agrave; nu.</P><P>Apr&egrave;s avoir quitt&eacute; les embarras de circulation de la capitale, nous avons &agrave; parcourir 140km sur la Nationale 2 qui conduit sur la c&ocirc;te est, notamment vers Toamasina (ex-Tamatave), la seconde ville du pays.</P><P> Un peu avant midi, Mamy arr&ecirc;te &agrave; l'entr&eacute;e de la petite ville de Manjakandriana pour le d&eacute;jeuner. Un discret restaurant local &quot;Espace Hasina&quot; se dissimule pratiquement aux regards derri&egrave;re la &quot;Providence School&quot;. Une surprise, le personnel ne parle ni ne comprend le fran&ccedil;ais. Selon Mamy, c'est rare mais il s'agit d'employ&eacute;s r&eacute;cemment mont&eacute;s &agrave; la ville. Nous sommes les seules convives, il est vrai qu'il est encore t&ocirc;t. Salle propre. Les steaks de z&eacute;bus sauce poivre vert s'av&eacute;reront coriaces (7000 MGA pi&egrave;ce). Une banane en dessert (250 MGA pi&egrave;ce).<BR> Nous arrivons maintenant dans le pays des Bezanozano.</P><P> Nous ne nous attardons pas outre mesure. <BR> Bient&ocirc;t nous coupons la ligne de chemin de fer du r&eacute;seau nord Tananarive C&ocirc;te Est (TCE). Nous roulons tranquillement et pourrions presque nous endormir si la route ne pr&eacute;sentait pas quelques dangers (virages, c&ocirc;tes). Vers 14h15, nous traversons bient&ocirc;t la ville de Moramanga anim&eacute;e par ses tricycles (v&eacute;lo-rickshaws). Moramanga est la capitale des Bezanozano. <BR> Mais d&eacute;j&agrave; nous changeons d'ethnie en arrivant au pays des Betsimisaraka (leur capitale est Toamasina - Tamatave).</P><P><BR> Une petite demi-heure plus tard, nous quittons la nationale et trois cents m&egrave;tres plus loin, nous voici d&eacute;j&agrave; &agrave; destination &agrave; l'h&ocirc;tel Feon'ny Ala, situ&eacute; environ 4km avant le village d'Andasibe.</P><P>Nous confirmons les propos du Routard sur l'accueil plut&ocirc;t froid. Quelle diff&eacute;rence avec nos pr&eacute;c&eacute;dentes &eacute;tapes. Bref, l'h&ocirc;tel vaut pour l'emplacement et pour le cadre mais certainement pas pour l'accueil ou le confort.</P><P>A 15 heures, nous prenons possession de nos bungalows. Le cadre dans lequel s'ins&egrave;rent la trentaine de bungalows est superbe. Mais les pensionnaires des chambres d'h&ocirc;tes et guest-houses voisines &quot;Marie&quot; et &quot;Chez Luc&quot; ont tout autant d'agr&eacute;ment &agrave; n'en pas douter.<BR> De retour vers la r&eacute;ception, nous rencontrons Mamy qui nous pr&eacute;sente Agathe, qui doit &ecirc;tre notre guide pour la matin&eacute;e du lendemain. Curieusement, nous sentons que le courant ne passe pas bien.</P><P>Un peu apr&egrave;s 16 heures, apr&egrave;s le premier concert de cris, plaintes et glapissements des indris (Indri indri), nous partons faire une petite balade en direction du village en suivant la route qui chemine &agrave; travers la for&ecirc;t. Il faut s'activer un peu car d&egrave;s que des nuages masquent le soleil l'air est bien frais, d'autant qu'il y a un peu de vent. <BR> Nous passons devant une clairi&egrave;re provoqu&eacute;e par le cyclone Giovanna (ou Giovana) qui a travers&eacute; l'&icirc;le le 14 f&eacute;vrier 2012, en faisant 31 victimes et 250 000 sinistr&eacute;s. Les villageois ont &eacute;t&eacute; autoris&eacute;s &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer le bois qu'ils d&eacute;bitent &agrave; l'herminette ou par sciage de long de tronc pos&eacute; sur un chevalet rudimentaire.</P><P></P><P><BR> Parc National d'ANDASIBE - R&eacute;serve d'Analamazaotra </P><P><BR> Nous arrivons bient&ocirc;t devant l'entr&eacute;e de la R&eacute;serve Mitsinjo, une association villageoise pour la conservation de la biodiversit&eacute; dans le cadre de la For&ecirc;t d'Analamazaotra. <BR> Vue l'heure, il n'est pas question de s'engager sur l'un des trois circuits am&eacute;nag&eacute;s. Nous nous contentons d'un petit tout aux abords des b&acirc;timents d'accueil.</P><P><BR> Dans les arbres, nous avons tout loisir d'observer un groupe de L&eacute;murs bruns (Eulemur fulvus fulvus). <BR> Polygames et nomades, ils vivent en groupes de 3 &agrave; 12 individus, sans hi&eacute;rarchie syst&eacute;matique. Dans le for&ecirc;ts orientales (car il se rencontre aussi au nord-ouest de Madagascar), la densit&eacute; est de l'ordre de 50 individus au kilom&egrave;tre carr&eacute;. Le pelage est court mais dense. Le dos pr&eacute;sente une coloration brune alors que le ventre est plus clair. Le museau et la couronne sont pratiquement noirs. Les oreilles sont courtes tandis que la queue est longue et l&eacute;g&egrave;rement touffue &agrave; son extr&eacute;mit&eacute;. Les yeux sont rouge orang&eacute;. C'est la seule esp&egrave;ce que l'on rencontre hors de Madagascar, dans l'archipel des Comores, o&ugrave; il aurait &eacute;t&eacute; introduit il y a une centaine d'ann&eacute;es.</P><P><BR> <BR> Nous poussons jusqu'&agrave; l'entr&eacute;e toute proche de la R&eacute;serve Indri indri o&ugrave; nous devons passer la matin&eacute;e suivante.</P><P>Le parc national d'Andasibe est compos&eacute; du Parc National de Mantadia (15000 ha) et de la R&eacute;serve sp&eacute;ciale d'Analamazaotra (800 ha) soit 10000 ha de for&ecirc;ts primaire presque intactes. Ant&eacute;rieurement, &agrave; la p&eacute;riode coloniale, le parc &eacute;tait appel&eacute; R&eacute;serve P&eacute;rinet. Pour la visite de cette for&ecirc;t tr&egrave;s humide, la p&eacute;riode la plus favorable correspond &agrave; notre automne. La temp&eacute;rature remonte et il ne pleut pas encore trop.</P><P><BR> Rappel en quelques mots sur les l&eacute;muriens</P><P>Comme les singes (et les humains), les l&eacute;muriens appartiennent &agrave; l'ordre des primates et ont donc un anc&ecirc;tre commun &agrave; ce niveau. En revanche, ils se rattachent &agrave; des sous-ordres diff&eacute;rents: Haplorrhini pour les singes et Strepsirrhini pour les l&eacute;muriens ainsi que leurs &quot;cousins&quot; les loris d'Afrique et d'Asie voire les tarsiers.<BR> Sur la presque centaine d'esp&egrave;ces de l&eacute;muriens r&eacute;parties entre les cinq familles (Cheirogaleidae, Lemuridae, Lepilemuridae, Indriidae et Daubentoniidae) vivant &agrave; Madagascar pr&egrave;s de vingt sont menac&eacute;es. Depuis l'arriv&eacute;e des hommes sur l'&icirc;le, une quinzaine d'esp&egrave;ces de l&eacute;muriens se sont &eacute;teintes (dont l'Archaeoindris fontoynonti qui pesait de 160 &agrave; 200 kg). <BR> Pr&eacute;sents en Afrique, ils auraient gagn&eacute; Madagascar sur des radeaux d'herbes d&eacute;rivantes il y a environ 50 ou 60 millions d'ann&eacute;es. Sans concurrence, ils se sont diversifi&eacute;s et ont occup&eacute; diverses niches &eacute;cologiques tandis que sur les autres continents ils ont d&ucirc; c&eacute;der la place devant d'autres concurrents, en particulier les singes plus &quot;intelligents&quot;. </P><P></P><P>Retour &agrave; Feon'ny Ala un peu apr&egrave;s 17 heures. Coup d'oeil dans la boutique d'artisanat villageois. Nous y croisons Agathe qui nous ignore superbement. Bizarre fille&nbsp;!</P><P> Nous allons d&icirc;ner vers 19h30. Il y a d&eacute;j&agrave; beaucoup de monde dans la salle et les tables encore inoccup&eacute;es sont pour la plupart r&eacute;serv&eacute;es. D'o&ugrave; viennent tous ces gens&nbsp;? Sont-ils tous pensionnaires ici? Par rapport aux autres endroits de Madagascar que nous venons de visiter, on ressent une ambiance un peu diff&eacute;rente, plus guind&eacute;e.</P><P><BR> La fra&icirc;cheur de la soir&eacute;e fait que la plupart des convives se sont install&eacute;s en salle. On nous trouve une table, face &agrave; la porte qui reste ouverte, donc en courant d'air. Nous ne regrettons pas nos polaires. Ici tout est frais, pas seulement le fond de l'air ou l'accueil &agrave; la r&eacute;ception mais aussi le personnel en salle.<BR> Pour nous r&eacute;chauffer, ce sera soupe safran&eacute;e ou potage (6000 MGA) puis talapia grill&eacute; ou en sauce (13000 MGA) ou de l'anguille au porc (11000 MGA). Et toujours pour nos r&eacute;chauffer, ananas copieusement flamb&eacute; en dessert (4500 MGA).</P><P> Il ne fait pas chaud dans nos bungalows. Le traditionnel serpentin fumig&egrave;ne antimoustique voisine avec des &eacute;ditions du Nouveau Testament en langues occidentales et malgache et avec une bo&icirc;te de pr&eacute;servatifs.<BR> Sommeil peu reposant, matelas peu &eacute;pais et creux, empilement de couvertures peu chaudes mais lourdes (nous aurions appr&eacute;ci&eacute; un duvet ou une couette), cris d'animaux.</P><P>A six heures, pendant cinq &agrave; dix minutes, les indris donnent un nouveau concert de leurs cris &agrave; vous glacer le sang dans les veines. On a h&acirc;te de voir ces curieux l&eacute;muriens. Petit coup d'oeil dehors, &agrave; la fra&icirc;che (10&deg;)...</P><P> A 8 heures nous quittons l'h&ocirc;tel pour un court trajet de 2km qui nous am&egrave;ne &agrave; l'entr&eacute;e de la r&eacute;serve. <BR> Ce n'est pas compl&egrave;tement surpris que nous apprenons qu'Agathe avec laquelle nous avions rendez-vous &agrave; 8h15 nous a fait faux bond en partant avec un autre groupe de touristes. Elle sera remplac&eacute;e au pied lev&eacute; par Justin Rakotovao, un jeune guide qui ne porte pas ses 26 ans et qui pourtant exerce son m&eacute;tier depuis 6 ans d&eacute;j&agrave;.<BR> Bien qu'il s'exprime avec un accent et de mani&egrave;re un peu r&eacute;citative, on va passer trois bonnes heures en sa compagnie et parcourir 3 ou 4km dans la R&eacute;serve.</P><P> </P><P> <BR> Sur le trajet, dans la for&ecirc;t secondaire d'Analamazaotra nous rencontrons plusieurs groupes de touristes, notamment des germanophones et anglophones, manifestement en d&eacute;couverte th&eacute;matique de la flore, des insectes outre la visite aux indris indris, &eacute;videmment. Cela confirme l'impression particuli&egrave;re que nous avions ressentie la veille au restaurant.</P><P>Justin nous pr&eacute;sente diff&eacute;rentes plantes, foug&egrave;res arborescents et pandanus g&eacute;ants, plantes m&eacute;dicinales. Dans des foug&egrave;res on peut observer une minuscule grenouille. L&agrave;, c'est un cam&eacute;l&eacute;on vert (Calumma parsonii uroplatus).</P><P>Plus loin, ce sont des fourmili&egrave;res des arbres et des termiti&egrave;res qui ont parfois plusieurs dizaines d'ann&eacute;es d'existence. Lorsque des martins-p&ecirc;cheurs viennent pour y faire un repas de larves, les termites soldats leur projettent dans les yeux un gaz irritant tandis que les ouvri&egrave;res s'affairent &agrave; colmater les br&egrave;ches. Du c&ocirc;t&eacute; des oiseaux, nous apercevons un coua bleu (Coua caerulea) et un coucal toulou (Centropus toulou), esp&egrave;ces end&eacute;miques. Puis un vanga ou corbeau-pie.</P><P><BR> <BR> Enfin, honneur &agrave; l'indri, le roi de cette for&ecirc;t. C'est la seule contr&eacute;e o&ugrave; l'on peut voir cette esp&egrave;ce.<BR> Avec l'aide des pisteurs nous pouvons en observer un groupe d'une dizaine d'individus. C'est le plus grand l&eacute;murien (jusqu'&agrave; 7 kg pour 70 cm de haut) et, outre son cri, un signe distinctif, c'est qu'il ne poss&egrave;de qu'un moignon de queue. Cette esp&egrave;ce vit en groupe matriarcal. Monogames fid&egrave;les, les indris forment des couples permanents et ils ont g&eacute;n&eacute;ralement un petit tous les trois ans. Leur long&eacute;vit&eacute; est importante, de l'ordre de 80 ans, lorsqu'ils parviennent &agrave; &eacute;chapper &agrave; leurs pr&eacute;dateurs: aigles et fossas. Leur pelage tr&egrave;s dense est un m&eacute;lange de noir et de blanc. La face surmont&eacute;e d'oreilles d'ourson ainsi que le museau sont noirs, tout comme les mains et les pieds. Ses yeux sont jaune vert. Vus de loin, ils ressemblent &agrave; des pandas. Malgr&eacute; leur taille, ils sont d'une grande adresse pour sauter de branche en branche. Son allure humaine fait qu'il a inspir&eacute; de nombreuses l&eacute;gendes et lui vaut un respect marqu&eacute; par des fady interdisant de le tuer et le manger. Un fady identiique pr&eacute;serve les sifakas dans le pays sakalava, sur la c&ocirc;te ouest.</P><P>Si &ccedil;a remue dans les arbres, au sol c'est aussi la bousculade car plusieurs groupes de touristes avec leur guide se pressent &agrave; la recherche du meilleur point de vue. Nous apercevons notre fameuse Agathe qui a choisit de guider un groupe un peu plus nombreux, sans doute dans la perspective d'un pourboire sup&eacute;rieur...<BR> Depuis une vingtaine d'ann&eacute;es, les individus de ce groupe se sont familiaris&eacute;s &agrave; la pr&eacute;sence humaine, ce qui en facilite l'observation. Leur cri extraordinaire s'entend &agrave; 3km &agrave; la ronde. Nous n'aurons pas la chance de voir des indris descendre de leur arbre pour manger un peu d'argile lat&eacute;ritique comme ils le font en g&eacute;n&eacute;ral une fois par semaine pour d&eacute;toxiquer leur organisme.</P><P>Un peu plus loin, on peut apercevoir une esp&egrave;ce que nous avions vue la veille au soir, des l&eacute;murs bruns (Eulemur fulvus fulvus).</P><P><BR> <BR> Notre parcours va encore nous permettre d'observer une autre esp&egrave;ce de l&eacute;murien, le magnifique propith&egrave;que ou sifaka &agrave; diad&egrave;me (Propithecus diadema). C'est la quatri&egrave;me esp&egrave;ce (sur la dizaine existante) de sifakas que nous avons l'occasion de pouvoir bien observer.<BR> Ce cousin des indris (ils appartiennent &agrave; la m&ecirc;me famille) est le plus grand repr&eacute;sentant des propith&egrave;ques. Ses membres sup&eacute;rieurs et inf&eacute;rieurs vont de l'orange au jaune dor&eacute; tandis que la teinte de la poitrine, des &eacute;paules et des bras varie du jaune au brun dor&eacute;. Le museau et la face sont noirs et entour&eacute;s d'un diad&egrave;me blanc. Il s'agit d'un petit groupe de quatre adultes avec un petit qui se reposent. Ces animaux sont polygames et nomades, contrairement aux indris. Spectacle magique de cette famille de l&eacute;muriens.</P><P>Il est onze heures et Justin nous reconduit vers l'entr&eacute;e de la R&eacute;serve. <BR> On aper&ccedil;oit un Coua (Coua caerulea) au plumage bleu nuit et quelques pas plus loin un Coucal toulou (Centropus toulou) au plumage roux. <BR> Nous passons pr&egrave;s d'une station de pisciculture abandonn&eacute;e depuis de nombreuses ann&eacute;es suite aux inondations cons&eacute;cutives &agrave; un cyclone. pr&egrave;s de la rivi&egrave;re, Justin nous pr&eacute;cise qu'elle est sacr&eacute;e et qu'un fady interdit qu'on y lave tout objet de couleur noire car cela attirerait les crocodiles et apporterait des maladies dans le village de celui qui aurait enfreint l'interdit.</P><P>A 11h45 nous sommes de retour au Feo'ny Ala. Sur la terrasse, en attendant le d&eacute;jeuner, c'est une nouvelle occasion d'observer le Gecko vert malgache (Phelsuma madagascariensis) sur un alo&egrave;s.</P><P></P><P><BR> R&eacute;serves VAK&Ocirc;NA et ville d'ANDASIBE </P><P> <BR> Apr&egrave;s le d&eacute;jeuner, d&eacute;part pour la visite des r&eacute;serves priv&eacute;es de l'h&ocirc;tel Vak&ocirc;na Forest Lodge, &agrave; une dizaine de kilom&egrave;tres au-del&agrave; du village d'Andasibe, par une piste. Nous visiterons le village au retour. Un peu plus loin, &agrave; une bifurcation, nous voyons l'indication du parc national d'Andasibe-Mantadia.</P><P>Sur le trajet du Vak&ocirc;na, un moment sur la gauche, nous passons pr&egrave;s du site d'une ancienne mine de graphite &agrave; ciel ouvert abandonn&eacute;e depuis 2009 et qui serait visitable sur demande selon le Routard. Elle appartenait aux propri&eacute;taires blancs (ancienne famille coloniale) du superbe ensemble h&ocirc;telier o&ugrave; nous arrivons. La r&eacute;ception et le restaurant sont construits dans un petit lac ench&acirc;ss&eacute; dans un &eacute;crin de for&ecirc;t.</P><P>Apr&egrave;s les sorties en pleine nature, on finit notre circuit malgache par un petit c&ocirc;t&eacute; visite de jardin zoologique. Nous commen&ccedil;ons parc la travers&eacute;e d'un petit plan d'eau en cano&euml; pour gagner l'&icirc;le aux l&eacute;muriens. Le Routard parle de six esp&egrave;ces, pour notre part nous en verrons trois.</P><P></P><P><BR> <BR> Nous sommes accueillis par un envahissant vari blanc et noir (Varecia variegata variegata) qui saute sur nos &eacute;paules. Cette esp&egrave;ces appartient au genre Varecia, l'un des cinq genres que compte la famille des Lemuridae ou grands l&eacute;murs. L'animal est assez imposant (60cm, queue non comprise et un poids de 4-5kg). Son museau allong&eacute; lui donne un peu un air canin. <BR> A la diff&eacute;rence des autres l&eacute;muriens, les varis dorment dans des nids et les femelles qui peuvent avoir une port&eacute;e de trois petits ont trois paires de mamelles au lieu d'une seule.</P><P>Quelques pas de plus et le relais est pris par leurs cousins un peu plus petits du genre Eulemur, les l&eacute;murs fauves, l&eacute;murs ou makis bruns (Eulemur fulvus fulvus). Nous les avions observ&eacute;s dans la nature avant hier &agrave; l'entr&eacute;e de la R&eacute;serve Mitsinjo mais nous ne pensions pas les voir de si pr&egrave;s. Pelage soyeux, face noire et yeux noisette. Ils sont gourmands et les guides les attirent avec des bananes. On se retrouve parfois avec deux ou trois l&eacute;murs que les &eacute;paules.</P><P>Enfin, la visite de l'&icirc;lot se poursuit avec les repr&eacute;sentants d'un troisi&egrave;me genre de Lemuridae, celui des Hapalemur, avec les l&eacute;murs des bambous (Hapalemur griseus). Ces animaux diurnes plus petits (40cm, queue non comprise pour 1kg) se dissimulent dans les branchages et gardent leurs distances en vous observant de leurs grands yeux marron.</P><P><BR> Changement de d&eacute;cor avec un parcours autour du lac aux crocodiles. Ils sont nombreux, une quarantaine ou une cinquantaine, de l'esp&egrave;ce crocodile du Nil (Crocodylus niloticus). C'est la plus grande esp&egrave;ce de crocodiles avec une longueur moyenne de 4 m&egrave;tres, un poids de 500kg et une long&eacute;vit&eacute; de 50 ans. C'est le plus grand reptile de Madagascar qui le partage avec les pays d'Afrique australe et orientale.<BR> Avec leur air endormi, ils prennent un bain de soleil. Ils sont nourris une fois par semaine. Plus loin, deux crocos sont aux aguets, yeux ouverts et m&acirc;choires entrouvertes. Un autre reste l&agrave;, la gueule grande ouverte&nbsp;! Leurs oeufs sont plac&eacute;s dans un enclos sp&eacute;cial afin d'&eacute;viter que les petits ne soient pas d&eacute;vor&eacute;s apr&egrave;s leur naissance.</P><P> Nous passons pr&egrave;s des enclos d&eacute;di&eacute;s aux fossas. <BR> Le fossa (Cryptoprocta ferox) est un carnassier end&eacute;mique, cousin des f&eacute;lins et unique repr&eacute;sentant de son genre. Cet animal au pelage roux aurait colonis&eacute; l'&icirc;le il y a 20 millions d'ann&eacute;es. C'est un superpr&eacute;dateur, si l'on excepte l'homme &eacute;videmment. D'un poids de 5 &agrave; 8km pour un corps long d'environ 80cm, il poss&egrave;de des griffes semi r&eacute;tractiles qui lui permettent de grimper facilement aux arbres et m&ecirc;me d'en descendre t&ecirc;te en avant.<BR> Nala est une veuve inconsolable depuis la mort de Kovu. Ce couple a donn&eacute; naissance &agrave; Gitan et Baby qui vivent dans un enclos s&eacute;par&eacute;. Ces animaux en captivit&eacute; qui ne cessent d'arpenter leur cage font piti&eacute;.</P><P>Encore quelques pas et nous passons pr&egrave;s de l'enclos aux tortues puis de celui aux serpents. Ceux que nous voyons vivent dans les arbres mais ne se nourrissent pas en captivit&eacute;. Ils sont donc rel&acirc;ch&eacute;s p&eacute;riodiquement et remplac&eacute;s. Pour finir, c'est la voli&egrave;re aux oiseaux aquatiques: h&eacute;rons, poules d'eau, canards en tout genres, par exemple canard &agrave; bosse bronz&eacute; ou canard casqu&eacute; (Sarkidiomis melanotos). </P><P></P><P> Apr&egrave;s cette visite qui a dur&eacute; presque une heure et demie, Mamy nous d&eacute;pose &agrave; l'entr&eacute;e de la bourgade d'Andasibe (la population de la commune s'&eacute;l&egrave;ve quand m&ecirc;me &agrave; 12000 habitants&nbsp;!).</P><P> Ancienne ville mini&egrave;re, avec ses maisons en planches et en t&ocirc;le, on a l'impression d'&ecirc;tre plong&eacute;s en plein farwest. En raison de la localisation sur le c&ocirc;t&eacute; oriental de l'&icirc;le, il serait plus appropri&eacute; de dire &quot;fareast&quot;. Dans ce d&eacute;cor de western, nous arpentons la rue principale et pouvons jeter un coup d'oeil aux commerces locaux sans &ecirc;tre le moins du monde importun&eacute;s. Couleur locale garantie: nous ne croiserons qu'un couple de touristes. Marchands de riz, de haricots secs, de petits poissons s&eacute;ch&eacute;s, boucherie, vendeurs de brochettes, de petits crabes, de beignets, de boulettes de viande... magasins d'articles de pacotille kitschissimes (lampes &agrave; leds, pendulettes et r&eacute;veils...). Petit coup d'oeil &agrave; l'&eacute;glise catholique.<BR> Nous regagnons la sortie du village ce qui permet de d&eacute;couvrir le bureau de &quot;Postes et T&eacute;l&eacute;communications P&eacute;rinet&quot; et la gare (desservie par la ligne Tananarive C&ocirc;te Est TCE). <BR> Sympathique petite balade d'une demi-heure&nbsp;!</P><P>A 17 heures nous sommes de retour &agrave; l'h&ocirc;tel Feon'ny Ala et nous prenons la pr&eacute;caution de r&eacute;server une table dans une partie de la salle &eacute;loign&eacute;e de la porte. On a donn&eacute;! Nous constatons que la demi bouteille de vin blanc que nous avions rapport&eacute;e du restaurant la veille a quelque peu &eacute;t&eacute; soulag&eacute;e par le personnel de service...</P><P> D&icirc;ner &agrave; 19h30. Des soupes sont bienvenues mais pas donn&eacute;es (6000 MGA l'unit&eacute;). Suivent soit brochette &quot;terre et mer&quot; soit des nems (14000 MGA). Pour finir, soit tarte (3000 MGA) soit Ananas flamb&eacute; (4500 MGA).</P><P> Sommeil m&eacute;diocre dans le relatif inconfort de nos bungalows.<BR> Comme la veille, concert matinal des indris un peu apr&egrave;s 6 heures.</P><P> A 7h30, nous prenons la direction de Tana pour notre dernier jour &agrave; Madagascar.</P><P>Travers&eacute;e de Moramanga. Enseignes amusantes comme &quot;Auto Moto Ecole La R&eacute;ussite&quot;. C'est aussi l'occasion de voir de voir l'omnipr&eacute;sence des bureaux de PMU. Oui! il sagit bien du Pari Mutuel Urbain fran&ccedil;ais. Les Malgaches jouent et parient sur les courses qui se d&eacute;roulent sur nos hippodromes&nbsp;!</P><P>Les d&eacute;p&ocirc;ts de sacs de charbon de bois. Ici, dans les rizi&egrave;res, le labour s'effectue avec des boeufs, plus puissants que les z&eacute;bus. On peut m&ecirc;me voir un vieux tracteur vert.</P><P>Un peu plus tard, des paysans moins fortun&eacute;s font ce travail &agrave; la b&ecirc;che tandis que sur une autre parcelle, une rang&eacute;e de femmes proc&egrave;de au repiquage.</P><P>Travers&eacute;e de la ville de Manjakandriana. La ligne de chemin de fer et une demi douzaine de cheminots en pleine pause (il est 9h15). On croise un groupe de cyclistes sportifs malgaches, avec maillot et casque &agrave; l'avenant. Les panneaux publicitaires (y compris pour l'&eacute;glise protestante FJKM) qui se font plus nombreux nous indiquent la proximit&eacute; de la capitale: toujours des enseignes et des pubs pour le PMU, ADSL, t&eacute;l&eacute;phonie et transferts d'argent par t&eacute;l&eacute;phone MVola Telma, Airtel ou Orange, Loterie Malagasy, TV satellitaire Canal SAT, Leader Price...</P><P><BR> C'est Antananarivo.</P><P>Les enseignes des &eacute;coles priv&eacute;es (y compris coll&egrave;ges et lyc&eacute;es) sont extr&ecirc;mement dr&ocirc;les. En voici quelques unes que j'ai relev&eacute;es en traversant la ville: Les Gais Bambins, Les Flamants Roses, Les Mignons, Les Capucines, Le Petit Nid, La Belle Ruche, Le Petit Cheval d'Or, La Source, La Gr&acirc;ce, Les Joyeux Poupons, Les Loupiots, La P&eacute;pite d'Or, Les Bout'Chous, Bizoukalin, L'Avenir, Kiadi, Petit &agrave; Petit, Les Chatons d'Or, Au Bel Enfant, Les Petits Rois, Laur&eacute;at, Sine qua non, les Gais Bambins, Les Colibris, Les Joyeux Canetons, La Belle, Pytaghore, Pinocchio, l'Hirondelle, Le Nid des Oisillons...</P><P>Le passage dans une station-service est l'occasion de voir le prix des bonbonnes de gaz de marque Vitogaz: 74500 MGA la bouteille de 13kg soit plus de 27&euro;, apr&egrave;s une r&eacute;cente hausse de 10%, c'est-&agrave;-dire le m&ecirc;me prix que chez nous.</P><P>Nous gagnons la p&eacute;riph&eacute;rie nord de la ville o&ugrave; l'on passe pr&egrave;s de grandes villas cossues.</P><P> </P><P></P><P>AMBOHIMANGA, &quot;la Colline Bleue&quot; </P><P>Bient&ocirc;t notre voiture grimpe la route conduisant &agrave; &quot;la Colline Bleue&quot;, Ambohimanga, &agrave; environ 15 km du centre d'Antananarivo. Cette ville sacr&eacute;e &eacute;tait interdite aux vazaha (terme g&eacute;n&eacute;rique d&eacute;signant les blancs et plus g&eacute;n&eacute;ralement les &eacute;trangers) et aux cochons. Il fait le pendant au Palais de la Reine (Rova Manjakamiadana ) qui &eacute;tait la demeure officielle des souverains de Madagascar au XIXe s. &agrave; Antananarivo. D'autres rovas existaient sur d'autres sites: Ilafy, Antongona, Ambohidratrimo, Ambohidratrimo, Tsinjoarivo.</P><P> Il est 11 heures et demie et Mamy nous d&eacute;pose pour d&eacute;jeuner au restaurant &quot;Tsara Tazana - la Terrasse&quot;, au pied du rova, le palais. <BR> Nous y prendrons des steaks de z&eacute;bu bien servis mais trop cuits &agrave; 7000 MGA (pi&egrave;ce) et des bananes flamb&eacute;es &agrave; 3500 MGA et nous offrirons &agrave; Mamy une glace trois parfums &agrave; 4000 MGA. Il faut ajouter 10% pour le service, une pratique que nous n'avions pas encore rencontr&eacute;e pendant ce voyage. Le cadre est agr&eacute;able avec la terrasse donnant sur la plaine. Des instruments de musique traditionnelle participent &agrave; la d&eacute;co. Nous sommes bient&ocirc;t rejoints par deux couples de touristes avec leur guide.</P><P> <BR> Apr&egrave;s le repas, visite du seul monument malgache inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2001. La visite peut &ecirc;tre effectu&eacute;e librement ou guid&eacute;e. Nous optons pour cette seconde solution. Emma parle parfaitement notre langue mais son degr&eacute; de motivation &agrave; l'air inversement proportionnel avec la vitesse &agrave; laquelle elle exp&eacute;die sa t&acirc;che. Les &eacute;valuateurs du Routard n'avaient pas du tomber sur elle lorsqu'ils &eacute;voquent d'excellents guides et une visite guid&eacute;e d'une heure. Notre guide aura tout au plus pass&eacute; une vingtaine de minutes en notre compagnie. </P><P></P><P>La place &quot;Fidasiana&quot; devant l'enceinte est occup&eacute;e par des arbres plusieurs fois centenaires que leur caract&egrave;re sacr&eacute; n'a pas emp&ecirc;ch&eacute;s certains d'&ecirc;tre d&eacute;racin&eacute;s par le dernier cyclone: figuiers &quot;Amontana&quot;, jacarandas, filaos. Autour de l'un d'eux, douze blocs de pierre sont dispos&eacute;s en cercle. Ils servaient de si&egrave;ge aux douze &eacute;pouses du roi (en r&eacute;alit&eacute; il en avait 47), chacune &eacute;tant originaire de l'une des douze collines entourant Antananarivo. D'autres pierres fich&eacute;es dans le sol sont couvertes de sang s&eacute;ch&eacute; t&eacute;moignant de quelque r&eacute;cent sacrifice d'une volaille. Il faut savoir qu'au d&eacute;c&egrave;s de la reine Ranavalona I&egrave;re, on a immol&eacute; des z&eacute;bus pendant le passage du convoi fun&egrave;bre jusqu'&agrave; Ambohimanga et sur les lieux, 3000 b&ecirc;tes ont &eacute;t&eacute; encore d&eacute;capit&eacute;es et leur viande distribu&eacute;e &agrave; la population.<BR> Des blancs d'oeuf ont &eacute;t&eacute; utilis&eacute;s comme liant dans l'enduit de sable et de chaux du mur d'enceinte. <BR> C'est sur cette place qu'avaient lieu devant le peuple le sacre du roi et autres c&eacute;r&eacute;monies rituelles. Plus loin on peut voir une chaise &agrave; porteurs avant de p&eacute;n&eacute;trer dans le palais par la porte monumentale. La citadelle comportait un parc &agrave; z&eacute;bu et un bassin dont l'eau &eacute;tait renouvel&eacute;e tous les jours pour le bains des &eacute;pouses royales. Leur couleur verd&acirc;tre actuelle n'est pas signe de grand fra&icirc;cheur<BR> L'&eacute;difice le plus ancien est le palais du roi Andrianampoinimerina (vers 1787-1810) et fut le premier souverain reconnu par les autres royaumes malgaches. La sombre case royale (mahandrihono) &agrave; pi&egrave;ce unique de 6m sur 4m, aux murs de palissandre et au toit initialement en chaume (remplac&eacute; par des bardeaux) de 18m de haut est caract&eacute;ristique du style Imerina. Le roi m&eacute;fiant grimpait se cacher tout en haut de la b&acirc;tisse, sur la poutre transversale support&eacute;e par le pilier central, lorsque des visiteurs se pr&eacute;sentaient et il laissait son &eacute;pouse les recevoir dans un premier temps. S'il consentait &agrave; les recevoir ceux-ci ressortaient afin que le roi puisse descendre discr&egrave;tement de son perchoir. De m&ecirc;me, c'est dans l'angle nord-est tr&egrave;s sacr&eacute; que se trouve la couche royale suspendue &agrave; laquelle la favorite du moment avait acc&egrave;s. Dommage qu'on ne puisse pas prendre de photos.</P><P>Pr&egrave;s de l&agrave;, dans une architecture compl&egrave;tement diff&eacute;rente, se dressent deux pavillons en bois &agrave; &eacute;tage, avec galeries &agrave; balustrades, o&ugrave; venaient s&eacute;journer les reines Ranavalona I&egrave;re (1828-1861), avec son conseiller-amant Jean Laborde, et Ranavalona II (1868-1883). Le plus grand fut b&acirc;ti par la Reine Ranavalona II en 1871 et elle modifia le plus petit. On peut y voir du mobilier d'origine europ&eacute;enne. La salle de r&eacute;ception occupe en bas tandis que la chambre de la souveraine et celle de sa dame de compagnie sont &agrave; l&#146;&eacute;tage.</P><P>La n&eacute;cropole royale avait &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;e &agrave; Tananarive en 1897 par Gallieni pour d&eacute;sacraliser les lieux lorsqu'il en fit sa r&eacute;sidence d'&eacute;t&eacute; jusqu'au r&eacute;cent retour des restes royaux sur cette colline.<BR> Petit tour au sommet de la colline d'o&ugrave; la vue est tr&egrave;s &eacute;tendue mais l'air un peu brumeux limite la visibilit&eacute;.</P><P> <BR> En redescendant au village par un long escalier de pierre, on passe pr&egrave;s de la petite place dite Ambatorangotina (&quot;La pierre qu&#146;on gratte&quot;) le lieu o&ugrave; se tenaient les &#147;kabary&#148; (discours). Le centre de la place est occup&eacute; par un petit tertre form&eacute; des trois cercles concentriques. C&#146;&eacute;tait &agrave; l&#146;ombre des &#147;Amontana&#148; (figuiers) qu&#146;&eacute;taient prises les d&eacute;cisions importantes : les diverses lois y &eacute;taient proclam&eacute;es et le roi y rendait la justice. C'est l&agrave; aussi qu'il recevait l'hommage (hasina) de ses vassaux auxquels on faisait boire de l'eau b&eacute;nite m&eacute;lang&eacute;e &agrave; la terre sacr&eacute;e.</P><P> En quittant le village, on peut apercevoir sur la droite l'ancien chemin pav&eacute; qui montait au palais avec une sorte de porte naturelle form&eacute;e par deux rochers. Cette porte dite Ambavahaditsiombiomby (&quot;o&ugrave; un b&#156;uf ne peut passer&quot; &eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e au souverain.</P><P>Au bas du village, au nord-est, se dresse la porte Ambatomitsangana, l'un des deux acc&egrave;s principaux. Elle est surmont&eacute;e d&#146;un poste de guet. Un disque de pierre de 4,50m de diam&egrave;tre et 30 centim&egrave;tres d&#146;&eacute;paisseur est adoss&eacute; contre les murs. Elle &eacute;tait roul&eacute;e chaque soir et chaque matin par plusieurs dizaines d&#146;hommes pour en condamner l&#146;entr&eacute;e. Un foss&eacute; le doublait. Cette porte &eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e au souverain et aux vivants tandis que les cadavres passaient par la porte Miandrivahiny, au nord.</P><P> </P><P></P><P><BR> ANTANANARIVO (2 millons d'habitants soit pr&egrave;s de 10% de la population du pays)</P><P> Il est 14 heures et nous reprenons la direction de la capitale que nous atteignons une demi-heure plus tard: h&ocirc;tel Ibis, une mosqu&eacute;e. Si le pays n'&eacute;tait pas si pauvre, il faudrait d'urgence envisager la cr&amp;ation de rocades pour d&eacute;sengorger la capitale.<BR> En guise de march&eacute; traditionnel, Mamy nous conduit dans un tout nouveau Mall inaugur&eacute; quelques jours plus t&ocirc;t et dont les boutiques de marques de luxe ont un lointain rapport avec l'artisanat traditionnel. Puis, nous dirigeant vers le centre, Mamy juge prudent de remonter les vitres et de verrouiller les portes de l'int&eacute;rieur car il faut &ecirc;tre prudent dans les embouteillages. <BR> Nous passons devant quelques immeubles de bureaux modernes avant d'arriver sur l'avenue de l'Ind&eacute;pendance (Araben'ny fahaleovantena) et de stationner sur la place devant la gare.</P><P><BR> Il est 15 heures et Mamy nous donne quartier libre en nous incitant &agrave; la plus grande prudence au milieu de la foule qui d&eacute;ambule sur l'avenue. Il nous pr&eacute;cise que l'ins&eacute;curit&eacute; est grande dans la ville et que d&egrave;s la nuit venue, lui-m&ecirc;me &eacute;vite de sortir. Les actions humanitaires (association Akamasoa) aupr&egrave;s des populations des d&eacute;charges que m&egrave;nent le missionnaire d'origine argentine le P&egrave;re Pedro Opeka ne suffiront pas &agrave; endiguer le glissement de la jeunesse dans la d&eacute;linquance voire dans la criminalit&eacute;.<BR> Ainsi conditionn&eacute;s, notre petit tour sera extr&ecirc;mement rapide (un aller-retour sur un peu plus d'un kilom&egrave;tre, en une demi-heure). Les mendiants s'y font extr&ecirc;mement pressants. Nous verrons tout juste l'imposant h&ocirc;tel de ville qui a la facult&eacute; de donner des id&eacute;es de grandeur aux &eacute;lus qui y passent. Retour &agrave; la gare o&ugrave; se tient un forum des instituts de formation aux m&eacute;tiers du tourisme.<BR> Vers 16 heures Richard vient nous retrouver sur la place de la gare pour un debriefing qui sera extr&ecirc;mement sommaire. Richard n'avait pas l'air dans son assiette et avait manifestement d'autres soucis en t&ecirc;te. Nous devons le revoir ce soir &agrave; l'a&eacute;roport juste avant notre d&eacute;part.</P><P>Mamy nous rembarque. <BR> Nous passons au bord du Lac Anosy sans m&ecirc;me pouvoir prendre une photo du plan d'eau avec au milieu l&#146;Ange noir, monument aux morts dress&eacute; en l&#146;honneur des combattants malgaches de la Premi&egrave;re Guerre mondiale et avec au fond la perspective sur la colline surmont&eacute;e le Palais de la Reine (Rova Manjakamiadana) qui a r&eacute;ouvert ses portes au public le 22 septembre 2012 apr&egrave;s les longs travaux de restauration apr&egrave;s l'incendie criminel (?) .du 6 novembre 1995. Pas d'arr&ecirc;t au pittoresque March&eacute; aux Fleurs voisin, ni plus loin au marche de la Digue pr&egrave;s duquel nous passons pourtant. Aux abords des embouteillages, les petits vendeurs et les mendiants (dont de enfants) se pressent autour des v&eacute;hicules, agressifs, sans un sourire. </P><P></P><P>ANTANANARIVO, la capitale qu'on ne visite pas !</P><P>On pourrait dire qu'il y a deux pays au monde dont on ne visite pas la capitale: Naypyidaw, la capitale politique de la junte militaire au Mayanmar et Antananarivo, la capitale de Madagascar devenue un conglom&eacute;rat urbain criminog&egrave;ne...</P><P>Principe de pr&eacute;caution !</P><P>Pourtant de nombreux voyagistes continuent de mettre &agrave; leur programme la visite de la ville basse et de la ville haute (superbe vue panoramique) ainsi que de march&eacute;s de la capitale...</P><P><BR> Il est 17h15 lorsque Mamy nous d&eacute;pose &agrave; l'h&ocirc;tel Cosmos pour le &quot;day use&quot; (r&eacute;servation d'une chambre pour utilisation momentan&eacute;e en journ&eacute;e). Au revoir Mamy! <BR> Heureusement que l'on n'y s&eacute;journe pas car on serait d&eacute;vor&eacute; par les moustiques qui n'ont aucune peine &agrave; venir de l'ext&eacute;rieur par des ouvertures mal ajust&eacute;e. On serait &agrave; 5 minutes &agrave; pied de l'a&eacute;roport qu'on voit par la fen&ecirc;tre mais nous accepterons de bon coeur le transfert m&ecirc;me avec une berline pourrie car, la nuit venant, le quartier a l'air glauque et n'oublions pas qu'il faudrait tra&icirc;ner nos bagages.</P><P>Vers 19 heures, nous sommes &agrave; l'a&eacute;roport. <BR> D&icirc;ner l&eacute;ger &agrave; la caf&eacute;t&eacute;ria Elabola. Derni&egrave;res salutations &agrave; Richard qui vient r&eacute;cup&eacute;rer de nouveaux clients mais qui a toujours l'air aussi pr&eacute;occup&eacute;. Dommage, on aurait aim&eacute; &eacute;changer davantage !</P><P> Le passage au contr&ocirc;le des passeports donne lieu au m&ecirc;me dr&ocirc;le de man&egrave;ge qu'&agrave; l'entr&eacute;e dans le pays. Au moment o&ugrave; arrive mon tour, un employ&eacute; me grille la politesse en pr&eacute;sentant au guichet un paquet de trois ou quatre passeports... ce qui signifie qu'il n'y a aucun contr&ocirc;le sur la qualit&eacute; r&eacute;elle de leur titulaire. De petits billets ont encore d&ucirc; suffire pour graisser la patte de quelques pr&eacute;pos&eacute;s...<BR> Et pourtant, que de contr&ocirc;les pour embarquer! Jusqu'au pied de la passerelle !</P><P>M&ecirc;me A340-300 qu'&agrave; l'aller mais bien &agrave; l'heure cette fois. Vol de nuit, nous somnolons donc ce qui ne permet pas de suivre pr&eacute;cis&eacute;ment l'itin&eacute;raire emprunt&eacute; mais limite la fatigue. Pour la partie finale, &agrave; partir de la M&eacute;diterran&eacute;e, nous passons plus &agrave; l'est et survolons les Alpes. </P><P>L'avion a gagn&eacute; 35 minutes sur le temps de vol pr&eacute;vu. Il est 9h30 &agrave; Roissy o&ugrave; il fait 16&deg;, une temp&eacute;rature &agrave; laquelle nos derni&egrave;res journ&eacute;es malgaches nous avaient r&eacute;adapt&eacute;s.</P><P></P><P>MADAGASCAR EST-ELLE MAL PARTIE ?</P><P>En conclusion, je ne vais pas reprendre les temps forts du voyage ni revenir sur des points int&eacute;ressant le touriste lambda mais c'est sur l'avenir pr&eacute;occupant du pays que j'ai envie de m'exprimer en posant la question &quot;Madagascar est-elle mal partie ?&quot;.<BR> J'ose ce titre en d&eacute;tournant celui d'un ouvrage du c&eacute;l&egrave;bre agronome Ren&eacute; Dumont ''L'Afrique noire est mal partie'' (Editions du Seuil - Paris 1962) et en esp&eacute;rant que l'avenir (proche) me d&eacute;mentira comme cet auteur a &eacute;t&eacute; d&eacute;menti par une Afrique qui s'est enfin engag&eacute;e dans le d&eacute;veloppement mais apr&egrave;s une quarantaine d'ann&eacute;es de difficult&eacute;s.</P><P>Pour que le sort de la Grande Ile s'am&eacute;liore, des quantit&eacute;s de choses devraient changer. <BR> Je vais donc passer dans le r&eacute;pertoire facile des YAKA FAUKON. </P><P>Le retour &agrave; un exercice v&eacute;ritable de la d&eacute;mocratie est un pr&eacute;alable. Il devrait &ecirc;tre accompagn&eacute; d'une lutte impitoyable contre le banditisme et la d&eacute;linquance mais cela n'est possible qu'en &eacute;radiquant la corruption qui r&egrave;gne actuellement ''&agrave; tous les &eacute;tages'' (personnel politique, arm&eacute;e, forces de l'ordre et administrations) en l'assortissant de sanctions s&eacute;v&egrave;res et appropri&eacute;es (destitution, in&eacute;ligibilit&eacute;, confiscation&#133; et &eacute;videmment emprisonnement). <BR> Mais le meilleur moyen d'endiguer ces d&eacute;rives, c'est la lutte contre la pauvret&eacute;, autrement dit le d&eacute;veloppement. Il faudrait notamment revaloriser les professions de l'enseignement et de la sant&eacute;, vecteurs de changements sociaux (de progr&egrave;s ? c'est une autre histoire !).<BR> Sur ces bases, les pays d&eacute;velopp&eacute;s pourraient r&eacute;activer des coop&eacute;rations et les ONG s'impliquer plus efficacement. Mais ce sera d'autant plus difficile que le monde est plong&eacute; dans une grave crise &eacute;conomique et que les partenaires traditionnels (la France en particulier) sont fortement affect&eacute;s. Mais attention &agrave; ne pas faire tomber le pays sous l'emprise du n&eacute;ocolonialisme (Etats-Unis, Chine, Australie ou Cor&eacute;e du Sud comme lors du scandale des terres en 2008).</P><P>L'am&eacute;lioration des conditions de vie pourrait passer en bousculant quelque peu des traditions. Les services en charge de l'&eacute;ducation et de la sant&eacute; en seraient des vecteurs essentiels en interrogeant la soci&eacute;t&eacute; sur certaines pratiques traditionnelles (quelques unes n'ayant d'ailleurs que quelque si&egrave;cles).<BR> Par exemple:</P><P>Comment ''le culte de la f&eacute;condit&eacute;'' et le rejet de la contraception conduisent &agrave; avoir plus d'enfants qu'il est possible d'en bien nourrir ?<BR> ''Le culte des anc&ecirc;tres'' peut-il continuer d'imposer d'aussi lourdes d&eacute;penses aux familles ?<BR> Et dans des domaines plus techniques. <BR> Par exemple:</P><P>N' y a-t-il pas parfois trop de z&eacute;bus et des troupeaux mal g&eacute;r&eacute;s (zootechnie) ?<BR> Comment enrayer au cercle vicieux &quot;destruction de la biomasse=&gt;d&eacute;sertification&quot; ?<BR> manque de ressources agricoles -&gt; br&ucirc;lis et d&eacute;forestation -&gt; &eacute;rosion -&gt; d&eacute;t&eacute;rioration de la qualit&eacute; agronomique des sols , &eacute;rosion et changement climatique (arididt&eacute;)<BR> manque de ressources &eacute;nerg&eacute;tiques -&gt; production de charbon de bois -&gt; &eacute;rosion -&gt; d&eacute;t&eacute;rioration de la qualit&eacute; agronomique des sols , &eacute;rosion et changement climatique (arididt&eacute;)<BR> A la fin du XIXe s., le g&eacute;ographe &Eacute;mile-F&eacute;lix Gautier voyait d&eacute;j&agrave; les cons&eacute;quences souvent irr&eacute;versibles de la d&eacute;forestation de l'&icirc;le (sa th&egrave;se &quot;G&eacute;ographie physique de Madagascar&quot; publi&eacute;e en 1902)</P><P>Je vais m'&eacute;tendre un peu sur ce dernier domaine.<BR> Experts et ONG auraient sans doute l&agrave; de vastes champs d'intervention (formation) visant &agrave; am&eacute;liorer les conditions de vie, notamment dans les zones rurales, tout en luttant indirectement contre la d&eacute;forestation, ce qui n'emp&ecirc;che pas de mener parall&egrave;lement d'indispensables actions de reboisement. </P><P>En voici cinq exemples:</P><P>A la campagne, il serait possible d'adopter les dispositifs de m&eacute;thanisation domestique, autrement dit de production de biogaz utilisable pour le cuisson &agrave; partir de latrines, de d&eacute;chets et d'excr&eacute;ments des animaux (sur le mod&egrave;le de ce qui se fait en Chine). Cette technologie de digestion ana&eacute;robique (sans air) de d&eacute;chets organiques est r&eacute;alisable avec des mat&eacute;riaux de construction traditionnels et elle requiert tr&egrave;s peu d'entretien.<BR> Elle ne supprime pas la production d'engrais organique que l'on retrouve dans les d&eacute;chets de m&eacute;thanisation et elle a de plus l'avantage de r&eacute;duire la pollution et la d&eacute;gradation de l'environnement (rivi&egrave;res, sources).</P><P>Enfin, pourquoi ne pas promouvoir une modification des pratiques culinaires car dans ce domaine des &eacute;conomies d'&eacute;nergie sont &eacute;galement possibles: remplacer le &quot;mijot&eacute;&quot; par le &quot;saut&eacute;&quot;. En passant de l'un &agrave; l'autre, on consomme trois fois moins d'&eacute;nergie... La po&ecirc;le en t&ocirc;le ou le wok trouveraient leur place &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la si typique cocotte en alu.</P><P>Autre piste pour les r&eacute;gions les plus ensoleill&eacute;es (centre, ouest et surtout sud): r&eacute;duite les besoins en &eacute;nergie tir&eacute;e de la biomasse en installant des chauffe-eau solaires rustiques dans la majeure partie du pays o&ugrave; le climat le permet du fait d'un bon ensoleillement. Ainsi, les familles disposeraient d'eau chaude pour la toilette et aussi d'eau pr&eacute;chauff&eacute;e (65&deg;) pour la cuisine qui ne n&eacute;cessiterait plus qu'un compl&eacute;ment pour &ecirc;tre port&eacute;e &agrave; &eacute;bullition (gr&acirc;ce au biogaz par exemple). M&ecirc;me s'ils sont inesth&eacute;tiques, ces chauffe-eau rustiques que l'on voit en Isra&euml;l (90% des maisons en sont &eacute;quip&eacute;es), en Gr&egrave;ce..., il convient de pr&eacute;ciser qu'ils fonctionnent en thermosiphon donc sans pompe et donc sans besoin de moteur.</P><P>Encore une autre technique solaire appropriable: le cuiseur solaire, appel&eacute; aussi marmite ou four solaire domestique permettant de cuire des aliments en utilisant le rayonnement du soleil gr&acirc;ce &agrave; des r&eacute;flecteurs en forme d'entonnoir ou avec des paraboles. Ce dispositif permet aussi de s&eacute;cher viande, poisson, fruits&#133;</P><P>La plupart de ces quatre dispositifs techniques pourraient &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;s par les Malgaches eux-m&ecirc;mes quand on voit leur habilit&eacute; &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer, transformer, adapter... Bref, &agrave; faire des choses utiles &agrave; partir de presque rien.</P><P>Enfin, de petits &eacute;quipements photovolta&iuml;ques (compl&eacute;t&eacute;s d'accumulateurs) suffiraient &agrave; produire l'&eacute;lectricit&eacute; pour recharger les batteries des t&eacute;l&eacute;phones portables ou &agrave; faire fonctionner un t&eacute;l&eacute;viseur. L'&eacute;quipement pouvant &ecirc;tre domestique, commercial ou communautaire&#133; Sans oublier les appareils qui peuvent fonctionner gr&acirc;ce &agrave; des chargeurs &agrave; manivelle : lampe torche, poste de radio. Ces petits &eacute;quipements sont plus difficiles &agrave; produire localement et donc plus co&ucirc;teux.</P><P>Comme on le voit, tout n'est pas perdu.<BR> Les Malgaches peuvent s'en sortir &agrave; condition de ne pas baisser les bras.</P><P>Nosy Ve<BR> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#FF0000" SIZE="2">Les Karanas tiennent une grande part du commerce et les Malgaches ne les appr&eacute;cient gu&egrave;re (pogrom de 1987).</FONT><FONT COLOR="#FFFFFF"><BR> </FONT><FONT SIZE="2">Quant aux boeufs africains sans bosse mais sans bosse &quot;Barea&quot; ou &quot;Baria&quot; (<I>Bos taurus africanus</I>), ils ont disparus, chass&eacute;s et crois&eacute;s avec les z&eacute;bus. <BR> </FONT><FONT COLOR="#FFFFCC"><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#000000">D'ailleurs au moins sur une partie de la Grande &Icirc;le on ne voit pas d'enfants fam&eacute;liques comme il y en a au Sahel ou dans la Corne de l'Afrique, m&ecirc;me si certains sont crasseux et parfois v&ecirc;tus pauvrement. Espoir&nbsp;?</FONT></FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><B>LA QUESTIONS DES &quot;NOMS&quot;</B></FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><B>Dans les anciennes traditions, le nom &eacute;tait strictement personnel</B>. L&#146;attribution d&#146;un nom &agrave; un enfant relevait de divers crit&egrave;res et circonstances (un souhait, un destin, une parole, un souvenir, un &eacute;v&egrave;nement, une combinaison de noms de parents ou d'anc&ecirc;tres). <BR> Sur les Hautes Terres, le pr&eacute;fixe <I>Ra</I> est une marque de politesse tandis que le pr&eacute;fixe <I>Andriana</I> signifiait &quot;chef, noble ou prince&quot; mais il arrive qu'il ait &eacute;t&eacute; port&eacute; par des personnes de plus basse caste.<BR> Les noms peuvent porter <B>la marque d'une lign&eacute;e</B>. Certains font r&eacute;f&eacute;rence &agrave; un ascendant avec les pr&eacute;fixes <I>Zafi</I> (petit-fils, petite-fille de...) et <I>Zana</I> (fils ou fille de..), sachant qu&#146;il n&#146;y a pas de distinction de genre en malgache. D'autres font r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la qualit&eacute; de parents de tel enfant avec les pr&eacute;fixes <I>Rai</I> (p&egrave;re de..) et <I>Reni</I> (m&egrave;re de..). En effet, dans la tradition les noms malgaches pr&eacute;sentaient l'originalit&eacute; de n'&ecirc;tre <B>pas forc&eacute;ment permanents</B>. Ainsi un souverain prenait un nouveau nom lors de son accession au tr&ocirc;ne (par exemple </FONT><FONT FACE="arial" SIZE="2">Ilaidama devenu Radama&nbsp;Ier). </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">Tout Malgache pouvait changer de nom tout au long de sa vie: lors de la circoncision pour les gar&ccedil;ons, &agrave; l'&acirc;ge adulte, apr&egrave;s son mariage, &agrave; la naissance du premier enfant, et m&ecirc;me &agrave; sa mort (un nom posthume &eacute;tait attribu&eacute; aux rois Merina et Sakalava). <br> "JIro sy Rano Malagasy", la compagnie nationale d'eau et d'électricité de Madagascar créée en 1975 par la fusion de la Société Malagasy des Eaux et Electricité SMEE et de la Société des Energies de Madagascar SEM</FONT></P><P><BR> Veloma ! Au revoir ! caméléon vert belalanda (Furcifer belalandaensis) et dans le Menabe (ouest) à on a fréquemment vu le caméléon à capuchon (Calumma brevicorne _____________________________________________________________________ 2012 MADAGASCAR notre agence A la Carte A Mada nos chauffeurs-guides Patrick Dominique Jean-Jacques Mamy nos guides Jean Lamour Jimmy Jean-Baptiste Arthur Méthode Robinson Charline Justin Emma Récit de voyage à Madagascar Madagasikara Carnet de voyage à Madagascar Séjour à Madagascar voahangy rafara omeko veloma vary be menaka hazo nodorana laidaistsa manan'androrajery tao ravao tany manga sofer velomo raindimby Grande Ile île rouge, sous-continent archipel indonésien paopulation et peuplement austronésien Philippines Pacifique et Océan Indien Canal du Mozambique côte africaine arabes bantus ou bantous pirogues à balancier waka tradition orale ntaolos les anciens Vahoaka peuple venu de la mer racines malayo-polynésiennes agriculture et cultures taro banane noix de coco canne à sucre riz poulets rizières en terrasses maisons sur pilotis pratiques funéraires musique tambours conques xylophones et flûtes chasseurs-cueilleurs Vazimba ceux de la forêt les pêcheurs Vezo ceux de la côte Perses Arabes Juifs Indiens Bantous et Portugais Hova chefs diana ou andriana société féodale malgache métissage et l'acculturation notion de castes et clans tribus 18 dix-huit ethnies Merina et imerina royaumes Madagascar Madagasikara Français colnie colonial empire Fort-Dauphin Tôlagnaro Compagnie française des Indes orientales Betsileo Bezanozano Sihanaka Tsimihety Bara côtes akalava Antakarana Boina Menabe Vezo Mahafaly Antandroy Antesaka Antambahoaka Antemoro Antanala Betsimisaraka Roi Andriamasinavalona Andrianampoinimerina Antananarico Tananarive souverain royaume d'Émyrne Ilaidama Radama Ier traité anglo-malgache Royaume-Uni Anglais Angleterre britanniques London Missionary Society missionnaires religions conversion chritianisme chrétiens prosélytisme syncrétisme églises protestants catholiques mort assassiné la Reine Ranavalona Ière guerre conflit troupes armées experts aventuriers hommes d'affaires Jean Laborde amant conseiller trône fils Premier Ministre Andriamihaja roi Radama II puissances européennes Consul et Agent de la France Reine Rasoherina charte ambassadeurs Ranavalona II pouvoir Reine Ranavalona III traité d'alliance franco-malgache protectorat résistance répression par le général Gallieni disparitions esclaves indigènes mouvements nationalistes et indépendantistes autonomie politique souveraineté Première Guerre mondial Seconde Deuxième insurrection réquisitions partis MDRM PADESM victimes Fonds d'investissement pour le développement économique et social FIDES indépendance décolonisation Philibert Tsiranana opposition jeunesse étudiante République Didier Ratsiraka Franc CFA Albert Zafy socialiste socialisme expérience économie libérale Marc Ravalomanana affairisme Andry Nirina Rajoelina Rajoelinar maire capitale terres arables du pays million d'hectares Corée du Sud firle Daewoo Logistic maïs huile de palme palais présidentiel rova militaires soldats mutins révole CAPSAT Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques Révolution Orange Haute Autorité de la Transition HAT tentatives de conciliations provisoire feuille de route élections présidentielle scrutin se présenter candidat succession rivalités ravenala ravinala arbre du voyageur monarchie moyen âge féodal système organisation Equateur Tropique du Capricorne Afrique contient africain supercontinent Gondwana dérive des continents la faune et de la flore espèces évolution adaptation sismicité chaîne montagneuse hauts plateaux plaines alluvionnaires plaine côtière volcans volcanisme chaînes anosyennes fleuves et rivières Betsiboka Tsiribihina Onilahy zone intertropicale climat tropical altitude températures tempérées saison des pluies cyclones vent alizé mousson climat subdésertique sols latérite latéritiques 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concurrence niches écologiques diversification évolution Eocène Miocène Jurassique familles Cheirogaleidae Lemuridae Lepilemuridae Indriidae et Daubentoniidae éteinte Archaeoindris fontoynonti géant forêts l'Homme disparus prédateur Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction CITES Union Internationale pour la Conservation de la Nature UICN espèces menacées braconniers viande genres ordres Archaeolemuridae Megaladapidae Palaeopropithecidae Microcèbe roux (Microcebus rufus) Sifaka ou Propithèque à diadème (Propithecus diadema) Propithèque de Verreaux (Propithecus verreauxi) Propithèque de von der Decken (Propithecus deckenii) Propithèque de Milne-Edwards (Propithecus edwardsi) Indri ou babakoto (Indri indri) Hapalémur gris (Hapalemur griseus) Hapalémur doré (Hapalemur aureus) Maki catta (Lemur catta) Lémur fauve ou brun (Eulemur fulvus) Lémur à ventre rouge (Eulemur rubrimenter) Vari noir et blanc (Varecia variegata) vitrines Galeries Lafayette Noël sacs Louis Vuitton marionnettes lézards Lépidosauriens Archosaures crocodiles et oiseaux Chaméléontoïdés caméléons Iguanidés iguanes Geckonoïdés geckos Lacertoïdés circuit itinééraire petit-déjeuner dîner repas, compris inclus libres mora mora doucement lentement 4x4 Mitsubishi Pajero prix carburants essence station service Jovenna embarras de circulation embouteillages 2CV Citroën R4 4L Renault véhicules voitures Palais présidentiel d'Iavoloha petits chariots astucieusement bricolés axes nids de poule accotements ravinés artisanat de vannerie en raphia coloré et tressé chapeau satroka cabas fours à briques chauffe cuisson fumée cônes de ravinement lavakas argile rouge maisons en pisé torchis bauge couverture de chaume cheminée étal foie gras de canard société Bougou couleurs Ambatolampy fête de retournement de mort Famadihana aluminium alu cocotte moule perdu fonderie coulée coulage fonte température fusion récupération artisanal ouvriers pieds nus creuset poche fusion fondu évent laitier ébarbe ébarbage des bavures Au Rendez-Vous des Pêcheurs déjeuner gastronomie gastronomique romazava de zébu aux brèdes mafana Acmella oleracea appelée cresson de Pará goût piquant chaud riz, pois chiches ou rougail ratatouille tomates oignons gingembre citron piment hémisphère austral les premiers pousse-pousse hommes chevaux tombeaux monumentaux abattoirs pâturages culture sur brûlis tavy feux de forêt Tamatave Toamasina tuk-tuk Bajaj auto-rickshaw importante communauté indo-pakistanaise Antsirabe où abonde le sel ville d'eaux de l'hémisphère sud brasserie thermes eau gazeuse Taillerie de la Ville d'Eau Chez Joseph gemmes orfèvres joaillers atelier confiseur Chez Marcel sirop sucre cassé ingrédients parfums berlingots malaxage Chez les Six Frères objets et articles en corne de zébu kératine chauffé polissage lustrage lustré poli peignes chausse-pieds verres couverts coupe-papier parures pinces à cheveux bracelets colliers bagues pendentifs boucles d'oreilles bjets décoratifs plus ou moins fantaisistes coffrets à incrustations de corne oiseaux poissons bateaux insectes Stèle de l'Indépendance à la gloire Vakinakaratra coteau Manandona gîte Bakobako chez Jean-Auguste et Honorine Rabary à Ambohitrimanjato ville colline montagne Ibity le vieux coq personnage haut en couleur dynamique Dada Bary ancien technicien hydraulicien gestion de l'irrigation en Camargue pot d'accueil conteur et un animateur anecdotes humour maîtresse cuisinière routards trekkeurs rusticité inconfort sommaire dortoirs chambrées lits superposés bat-flanc couchage sanitaires réfectoire monacal WC toilettes cabanons spectacles guitares banjos kalaks tambours Kalachnikovs quête enfants danseurs musiciens bonbons écoles cahiers et crayons cuisinière vaisselle tôle émaillée et décorée sooupe potage aurore aube crépuscule tombée du jour tombée de la nuit fromage confiture miel thé café chocolat au lait lait concentré Socolait vazahas vazaha étranger vazaha gasy vahiny invité zanatany Karana Indo-pakistanais et Sinoa Chinois fils du sol construction association de développement local métier d'architecte-ingénieur hameau toit terrasse couverts couverture charpente porche portique étage fenêtres fumière porcs cochonsporcelets momument commémoratif maximes et slogans briques crues séchage au soleil chemin mécanisation travail manuel à la main traction animale mécanique labourer retourner bêcher bêchage mottes de terre fer labour animaux de trait champs parcelles digues diguettes canal canaux semis repiquage repiquer manioc taro ou "oreille d'éléphant Colocasia esculenta patate douce papaye pomme de terre petits pois tomates orge armoise Artemisia ambroisie plante allergisante pollen médicament artemisinine fermes journaliers agricoles sentier échelle tubercules retombées du tourisme touristes touristique panneau'affichage avis filazana épicerie canards barboter s'abreuver boire la cascade source sacrée interdit fady tabou aigrettes pique-boeufs garde-boeufs notable grenouilles pierre levée vatolahy royale pierres mâles forme phallique tissage et'élevage vers à soie Clarisse Haingo larves Bombyx sauvage écharpes pique-nique pique-niquer préau cabinets salade végétarienne légumes fruits banane orange oeuf dur dessert feux brousse sacs charbon bois montagnes l'Ankaratra Ambositra atelier marqueterie sculpture zafimaniry Arts Malagasy Jean Frère chef-d'œuvre patrimoine oral immatériel'humanité liste culturel l’humanité mondial quartier Tompon'I Vinany église des Jésuites zones rouges attaques en convois culasse fuite radiateur Ambohimahasoa Ecolodge'Ialatsara ou Lemur Forest Camp Daniel Rajaona Bérénice Réserve privée'IADE (Ialatsara Développement Ecoutourisme bungalows légers sur pilotis seaux branchages pensionnaires traditionnels Jean-Baptiste sorte souris corps mantes religieuses amantes feuillages brindilles confondent mimétisme curry poulet tétragones épinards braiments ânes chevrotements chèvres chant coq chocs proches cognées haches bûcherons craquement continental forêt primaire hibernent hibernation arbre creux noeud meules troncs carbonisation araignée-crabe pinède orchidées fleurs fleuries floraison courol vouroudriou coucou-rollier Leptosomus discolor pisteurs cime canopée déplacements acrobatiques adultes bébés qui'agrippent vermicelle haricots flan Nissan Patrol volant conduite vigilance manoeuvres cortège procession endimanchée civière lamba linceul chemin fer voie ferrée revêtement goudron bitume Sahambavy le champ femmes plantations thé théiers manufacture taille Institut Français Café Cacao SIDEXAM Société'Investissement'EXploitation Madagascar dosettes TAF cueilleuses rouleuses flétrisseuses bancs séchage Lac vallées croupes Magnifique spectacle taillés rabattus lycéens Radoniaina Angelo Rakotoarisoa copains personnel stylé confortable agréable chou-fleur grains maïs oignon carotte râpée verts friture poissons cuisse canard confite gana ritra pommes sautées feuilles cuites petites croquette purée gros steak zébu accompagnement accompagné boteille vin côteaux grand cru Domaine Saofierenana Chan Fao Tong Détour vers l'Océan indien yaourt maison fruit jus frais pays étrangers organismes multilatéraux relevant Nations Unies USAID bouviers Anjamba forgerons quémandent sitlos chutes'Andriamamovoka Ranomafana maisons pans brouettes bambou ethnie Tanala ahutes futaies bananiers fougères arborescentes jacquiers badamiers est endémique éventail sève matériaux cases falafa raty rapaka phytothérapie vertus antivirales immunostimulantes pause arrêt photo orpailleurs caféiers, avocatiers fleur litchis girofliers canneliers palmiers raphia localité Irondro Mananjary Union Européenne Hôtel Tsimialona - Le Goût Voyage Mandrosoa Tompoko hotely Gargotte Gargote Akoho, sauce Rony morceaux cuit dans un bouillon relevé au gingembre Hen'Omby, Tsaramaso émincé sauté avec une base oignon, relevée ail Hena Kisoa porc bo ligne exploitée FCE Fianarantsoa Côte chantier récoltes paysans motrice diesel Alsthom wagons compartiments marchandise autochtones tunnels viaducs ponts Antanala puis Antaimoro falaise pente Tolongoina éboulements effondrements glissements déblais Anivorano région Diego-Suarez Tananarive par TCE Brickaville Vohibinany embranchement MLA Moramanga Alaotra Régie Générale Chemins'Outre-Mer RCFM Réseau National RNCFM Railways opérateur Comazar Vecturis Micheline Viko fauteuils osier parquet Trans Lemurie Express sisal labradorite quartz marbre cipolin Sûr'Eau rhum Ankarana Eau Vive Antaimoro Antemoro Manakara La Vanille Manakara Be pont effrondré écroulé rongé par la rouille rouillé surcharge quartier résidentiel chic demaures villas cossues Le Trou du Commissaire plage grève tablier vétusté tonnes escalader escalade JIRAMA JIro sy Rano Malagasy Société Malagasy des Eaux et Electricité SMEE Société des Energies de Madagascar SEM coupure de secteur groupe électrogène gambas grosses crevettes camaron camarones Arthur Bien-Aimé LE ZOMA embarcation bateau piroguiers rame aviron perche pagaie pagayer lagune embouchure pêcheurs calfatage calfater goudron planches voile vent tempête port quais entrepôts bâtiments dockers chalands barges navires manutentions site portuaire Marohita Mananjary Canal des Pangalanes sables noirs titane Chine métal consortium anglo-autralo-malgache QMM (QIT Madagascar Minerals) groupe anglo-autralien Rio Tinto Mainland Ltd China Geo Engineering Corporation la QIT (Quebec Iron and Titanium) OMNIS (Office des Mines National des Industries Stratégiques) poisson trident Farafangana pont Bailey provisoire armée ingénier génie civil Donald Bailey filets et nasses ravauder ramender raccommoder monument arcades mémorial Mausolée d'Ambarakararay Fasan'Ireo Mahery Fo mémoire des insurgés nationalistes indépendantistes 29 mars 1947 Tirailleurs Sénégalais totems mâts commémoration anniversaire Andry Nirina Rajoelina Président religieuses prêtres ailerons de requins échalottes lentilles poules poulets volailles akoho gasy races Bankiva jungle Gallus gallus malais cochin cuire chair viande aliments mijotent toiles d'araignées femelle de néphile doré Afrique australe Nephila inaurata madagascariensis venimeuse inoffensive veuve noire mâchoires dents sobikas satrokas lambaoany pièce de tissu provisons cuistot cuisinier plantation canneliers citronniers herbes aromatiques citronnelle ananas essences et huiles essentielles obtenues par distillation alambic de bric et de broc densité condensat hydrolat niaouli Melaleuca quinquenervia camphrier (Cinnamomum Camphora ravintsara eucalyptus citronné Eucalyptus Citriodora médicinales médicales vertus propriétés antivirales immunostimulantes Myrtacées Calophyllum aromathérapie phytothérapie simples Homeopharma Yves Rocher cosmétique maux maladies cordon littoral sableux cocotiers barrière corallienne barrière de corail se régaler coquillages crustacés palmiers foyers fourneau âtre sandwichs assiettes émaillées couverts menu aubergine sourires importunés sens du courant Ranomafana Chez Gaspard Mission de l'ECAR Eglise CAtholique Romaine Notre-Dame de Fatima N-Dame clocher choeur Le Grenat salle jardin terrasse velouté potiron rôti accompagnée de légumes sautés balader parc brume nuages ciel bleu bougainvilliers dimorphisme sexuel mâle accueil Parc National Jimmy fossas Cryptoprocta ferox félins endémiques prédateurs pelage robe poils serpents rapaces Ambalakely Fianarantsoa Betsoléo étymologie bureau de poste Alambic sous les Tropiques Arômes arrangés point de vue du Mont Kianjasoa panorama vieille ville ville haute cathédrale d'Ambozontany architecture style toscan église réformée de Madagascar FJKM Fiangonan' I Jesoa Kristy eto Madagasikara Mad Trekking Bank of Africa BFV Société Générale BNI Crédit Agricole Direction Régionale des Télécommunications Hôtel de Ville Lapan'ny Tanana marché du Zoma vigoble de Lazan'i Betsileo Amjamany Massif de l'Andringitra Ambalavao Zafimanely Manantanana hôtel-restaurant Aux Bougainvillées filets bourgignon banane flambée sauce chocolat le Coran Pierre Mathieu écorce de l'avoha figuier mûrier pulpe maillets toile cadre papier fleurs pétales Tsiroanomandidy vallée de Tsaranoro parc écotouristique d'Anja pays Bara sisal agaves Mexique le Grand Sud ocre trafic intense accidents gabarit rochers des Portes du Sud bonnet de l'évêque calotte crâne Ihosy détrousseurs de grand chemin Isalo Ranch Ranohira Méthode appétit croûtons demi-pension tomates farcie macédoine concombres île flottante tarte crème anglaise reliefs tabulaires du plateau de Keliambahatsy plantes grasses ou épineuse Epine du Christ pachypodiums pied d'éléphant pied épais statue érotique émasculée Journée Internationale du Tourisme développement durable jolie demoiselle Petit Nalit dit Felana masseuse massage aventure pédestre chaussures de marche randonnée grès gréseux aspect ruiniforme palmiers satranas incendie Coucal Toulou makis cattas pitance falaise érosion grottes carapaces de tortues double funérailles premières funérailles fandevenana ancêtres seconde inhumation retournement des morts famadihanadrazana tribus taolam-balo les huit os fondamentaux humérus cubitus fémur tibia lamba linceu festoyer festin repas arbrisseaux feuilles feuillage phasme kalenchoes crêtes canyons Piscine Naturelle baignade pandanus palmiers-bambous haworthia nids de foumis Crematogaster ranavalonis scorpions tapias Uapaca bojeri flamboyant érythrine à crête de coq Erythrina crista-galli aire de bivouac de Namaza paillote ravitaillement boulettes morceaux petits pois serpent des arbres Cascade des Nymphes snake tree superbe Piscine Bleue mystérieuse Piscine Noire agapes florales iguane à queue épineuse (Oplurus quadrimaculatus Reine de l'Isalo ou au travers de la Fenêtre de l'Isalo coupe-feux spectacle gazi maquillage décoratif chou et au lard jolie tulipe de fruits de mer tourte au topinambour fromage brochette flan pâtissier ou duo de fruits flambés palmiers rôniers palmier de Palmyre Borassus flabellifer L. gisements mines saphirs d'Ilakaka chercheurs prospecteurs show-room Color Line Marc Noverraz Forêt de Zombitse-Vahibasia baobabs Sakaraha carrefour Mahaboboka pays Mahafaly Andranavory Fort-Dauphin rebaptisée Tollagnaro tricycles Tuléar Toliara Toliary Anakao porcelaines sculptures en bois alaolo maquillage du visage masques de beauté tabaky bois de santal esthétique achats Chez Alain quartier Sans fil ravitoto dinde Ifaty mangrove hôtel Nautilus piscine coraux alizé qui souffle écume des vagues baleines et baleineaux lagon pêche au gros snorkeling location PMT palmes, masque et tuba langoustes voilure rudimentaire charrette char à boeufs char à banc timon joug mer marais salants dunes cordon dunaire bassins botaniste didiéreacées Didiereaceae xérophile euphorbes latex toxique tanguin aloès cordages flore et faune crécerelle malgache Falco newtoni rapace repos végétatif Delonix Regia pachypodium geayi forêt de Tsivanoe Reniala mère de la forêt Adansonia za Adansonia rubrostipa Adansonia grandidieri Adansonia madagascariensis Mayotte Adansonia perrieri Adansonia suarezensis Adansonia digitata Adansonia gregorii nectar pulpe graines trémoussements de hanches très suggestifs vato balansy pierre de balance avances provocantes courtiser projet Ranobe d'exploitation de gisements de sables à minéraux lourds société australienne Toliara Sands SARL néo-colonialisme paternaliste et infantilisant passerelle DHC-6 firme De Havilland Canada appareil Twin-Otter loutres jumelles Cessna atterrissage L'ouest, Morondava et Grands Tsingy de Bemaraha nomades croyances cultes protection superstitions Andriamanitra Le Seigneur Parfumé Andriananahary Le Seigneur Créateur hasina la sagesse la sainteté procréation couple de mijoa ibis accouplement copulation Sophie Goedefroit et Jacques Lombard Andolo art funéraire lamba mena linceul de soie enterré enterrement sacrifice sacrifiés caveau familial mpanandro astrologue Le Fomba la coutume Les Vintana les destinées Le Tromba la possession La Famora ou le Savatse la circoncision la coupure cadeaux folaky prépuce circoncision collective du Sambatra joie bonheur calendrier astrologique traditions L’Ombiasy guérisseur Le Mpamosavy sorcier amulettes ou charmes appellés ody devin L'Ampanjaka est le chef traditionnel Le Fanompoambe est la Cérémonie de Bain des Reliques Royales Fanompoambe sanctuaire Miarinarivo à Majunga Le Fitampoha est la fête des Sakalava du Menabe Ampasy rivière Tsiribihina berline Morondava hôtel Baobab Café Philaos Chez Maggie La Campanina curry cigales de la mer écrevisses écoliers encore en vacances barbecue EPIBAR Boisson alcoolique hygiénique rougets capitaine et carangue treuil jerricans couronne jujubiers kapokiers manguiers tamarins tamariniers coucal coua perroquets perruches pintades forêt de Kirindy Belo-sur-Tsiribihina cocktail accueil branches cylindrique conique bouteille Allée des Baobab Champs-Elysées malgaches berges rivages quais bac passage minibus eembarcadère débarcadère rampes manoeuvres incidents embarquement Miandrivazo Hôtel du Menabe propriétairre grec Spiros Finas rostre poisson-scie estomacs huppe fasciée Upupa epops long-tailed ground-roller Uratelornis chimère iguane à queue épineuse Oplurus quadrimaculatus belalanda Furcifer belalandaensis caméléon vert caméléon à capuchon Calumma brevicorne Manambolo Relais des Tsingy Pascale guide-naturaliste botanique ravitaillement carburant beignets circuit d'Andamazavaky Petits Tsingy Grands Tsingy Madagascar National Parks MNP concrétions draperies stalactites stalagmite ficus tombeau Vazimba tabac à chiquer Bemaraha reliefs karstiques lapiaz lapié lapiez calcaire rat Lamberton des Tsingy à queue touffue, genre écureuil Nesomys lambertoni Eliurus Antsingy Lowland red forest rat belvédères santolina liane étrangleuse parasite épiphyte câble ligne de vie via ferrata parcours passerelle pont himalayen pont de singe boyaux gants en kevlar puits patio mangouste Galidia elegans carnassier banquet échelles sangles baudriers casques balade torti fusilli pâtes torsadées sanglier perroquet aigle serpentaire Eutriorchis astur corbeaux-pies (Corvus albus) à plastron blanc restaurant Mad Zébu verrine de mise en bouche terrine olives vinaigrette gingembre poitrines de sarcelle poêlées cuisses au poivre vert ananas poché grillé au thym coriandre sorbet goyave yaourt cerises pochées bombance somnolence trafic de bois précieux faux-camphrier baobab amoureux touristes japonais cane couvée canetons lac étang plan d'eau marécage reflet angle prise de vue lumière faims soif photographes bagages sacs valises sole calamars magret éclectiques nougat glacé transfert décollage avance bi-turbopropulseur hélices Le centre: Andasibe, Colline Bleue et Tananarive noms et prénoms lignée ascendant Zafi petit-fils Zana fille en file Rai père et Reni mère colonisation sobriquets famille clan tribu cercle trisaïeuls esclave jeunes filles adultes procréation mariage fondation herintsialolina centre de bienfaisance d'Akamasoa Musée de la Marine polygamie (fampiraferana) roi Lamboina âge légal héritage contraception virilité fécondité infrastructure médicale grève revenu salaire enseignants maîtres instituteurs professeurs société très inégalitaire impôt sur le revenu retenu à la source accès à l'eau potable assainissement tonne d'équivalent pétrole (TEP) biomasse taux de couverture système de santé est dans un état déplorable les pays donateurs octroyer aide coupes draconiennes gouvernement malgache Minsitres et Minsitères fermeture centres de santé hôpitaux rémunérer châlit médecins et médecine tensiomètre stéthoscope pot de vin" ou un bakchich médicaments et seringues mortes en couches St Denis-de-la-Réunion système hospitalier français Peugeot 406 break agence Mamitours chaotique tailleur couturière écoles privées florilège banlieue embarras de circulation Toamasina (ex-Tamatave) Manjakandriana Espace Hasina Providence School Moramanga Bezanozano Andasibe Andasibé Antsirabé hôtel Feon'ny Ala le guide du Routard chambres d'hôtes et guest-houses Chez Luc agrément concert de cris, plaintes et glapissements des indris (Indri indri) clairière cyclone Giovanna (ou Giovana) à l'herminette ou par sciage de long chevalet Réserve Mitsinjo Forêt d'Analamazaotra hiérarchie systématique Le parc national d'Andasibe Parc National de Mantadia Réserve spéciale d'Analamazaotra Réserve Périnet guide Agathe convives soupe safranée anguille au porc serpentin fumigène antimoustique bible Nouveau Testament cris à vous glacer le sang dans les veines Justin Rakotovao caméléon vert (Calumma parsonii uroplatus) martins-pêcheurs coua bleu (Coua caerulea) et un coucal toulou (Centropus toulou) espèces endémiques vanga ou corbeau-pie pisteurs groupe matriarcal un moignon de queue Coua (Coua caerulea) au plumage bleu nuit station de pisciculture réserves privées de l'hôtel Vakôna Forest Lodge mine de graphite à ciel ouvert enchâssé dans un écrin de forêt vari blanc et noir (Varecia variegata variegata) épaules lémurs ou makis bruns (Eulemur fulvus fulvus) lac aux crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus) bayant aux corneilles gueule fossa (Cryptoprocta ferox) est un carnassier griffes semi rétractiles hérons, poules d'eau, canards à bosse bronzé ou canard casqué (Sarkidiomis melanotos) farwest fareast décor de western nems PMU Pari Mutuel Urbain français enseignes et des pubs publicité panneaux ADSL téléphonie et transferts d'argent téléphone MVola Telma Airtel Orange Loterie Malagasy TV satellitaire Canal SAT Leader Price Les Gais Bambins Les Flamants Roses Les Mignons Les Capucines Le Petit Nid La Belle Ruche Le Petit Cheval d'Or La Source La Grâce Les Joyeux Poupons Les Loupiots La Pépite d'Or Les Bout'Chous Bizoukalin L'Avenir Kiadi Petit à Petit Les Chatons d'Or Au Bel Enfant Les Petits Rois Lauréat Sine qua non les Gais Bambins Les Colibris Les Joyeux Canetons La Belle Pytaghore Pinocchio l'Hirondelle Le Nid des Oisillons bonbonnes de gaz de marque Vitogaz Palais de la Reine (Rova Manjakamiadana) douze collines Ilafy Antongona Ambohidratrimo Ambohidratrimo Tsinjoarivo Tsara Tazana la Terrasse Emma motivation place Fidasiana enceinte citadelle fortifications fossés douves figuiers Amontana jacarandas filaos douze épouses le peuple le sacre cérémonies rituelles officielles chaise à porteurs porte monumentale convoi case royale (mahandrihono) pavillons balustrades place Ambatorangotina La pierre qu’on gratte kabary (discours) Amontana (figuiers) lois décrets rendait la justice vassaux terre sacrée chemin pavé sentier porte Ambavahaditsiombiomby où un bœuf ne peut passe porte Ambatomitsangana porte Miandrivahiny avenue de l'Indépendance (Araben'ny fahaleovantena) actions humanitaires (association Akamasoa) décharges publiques le Père Pedro Opeka hôtel de ville (Lapan' Ny Tanana) Lac Anosy l’Ange noir, monument aux morts l’Ange noir monument aux morts petits vendeurs mendiants hôtel Cosmos day use cafétéria Elabola graisser la patte de quelques préposés Sahel enfants faméliques YAKA FAUKON coopérations amélioration des conditions de vie zootechnie le géographe Émile-Félix Gautier conséquences souvent irréversibles recours à d'autres sources d'énergie méthanisation biogaz cuisson déchets et d'excréments digestion anaérobique digesteurs engrais organique la pollution pratiques culinaires économies d'énergie poêle wokchauffe-eau solaires thermosiphon cuiseur solaire marmite solaire four solaire domestique rayonnement du soleil réflecteurs en entonnoir paraboles équipements photovoltaïques complétés d'accumulateurs téléphones mobiles chargeurs à manivelle Veloma ! Au revoir ! </P><P>chants polyphoniques &quot;beko&quot; au son du marovany aponga, gros tambour traditionnel CLIC Centres de Lecture d'Information et de Culture depuis 2005 Alakamisy Ampanihy </P><P>Il faudrait se rendre dans les villages de montagne autour du Mont Vohibe pour vraiment l'appr&eacute;cier dans sa forme authentique (portes et fen&ecirc;tres sculpt&eacute;es de motifs g&eacute;om&eacute;triques) de maisons en bois construites sans tenons ni mortaises et donc sans chevilles (et &eacute;videmment sans clous).<BR> Ankazomalaza <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><I><B>mpitaiza</B></I></FONT> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"> Dans la fum&eacute;e de l'encens, il entre en transe au rythme des tambours (<I>aponga</I>) et des battementq des mains du public et apr&egrave;s avoir bu d'un trait une bouteille de rhum. Dans cet &eacute;tat second il interroge l'Esprit apr&egrave;s quoi il s'effondre et ne se souvient plus de rien...</FONT> oracle</P><P><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">Les missionnaires protestants anglo-saxons et scandinaves (<I>Norvegian Missionnary Society</I>) ont &eacute;galement jou&eacute; un r&ocirc;le dans la cr&eacute;ation de certains patronymes comme ceux qui ont le suffixe -<B><I>son</I></B> signifiant &quot;fils de&quot;, reprenant ainsi d'une certaine fa&ccedil;on la coutume malgache (qui utilisait le terme <I>Zana</I> comme on l'a vu un peu plus haut). Deux exemples: le propri&eacute;taire de l'agence &quot;A la carte A Mada&quot;, Richard Rakotoari<B><I>son</I></B> ou encore notre dernier chauffeur Mamy Rasamoeli<I><B>son</B></I>.</FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><B>SCOLARISATIONET MALGACHISATION</B></FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">Depuis 1976, <B>en principe l'&eacute;cole publique est gratuite et obligatoire &agrave; partir de l'&acirc;ge de 6 ans jusqu'&agrave; 14 ans</B> (cycle &eacute;l&eacute;mentaire de 6 &agrave; 11 ans) mais <B>les ma&icirc;tres sont mal form&eacute;s et mal pay&eacute;s</B>. <B>La gr&egrave;ve</B> de trois mois qu'ils ont men&eacute;e <B>d'avril &agrave; juin 2012</B> n'a rien donn&eacute;. Puis sont venus les trois mois de grandes vacances (juillet &agrave; d&eacute;but octobre). En quelque sorte &quot;une ann&eacute;e blanche&quot; qu'il vaudrait mieux appeler &quot;ann&eacute;e noire&quot; pour les enfants...<BR> Selon l'UNICEF, depuis le d&eacute;but de la crise politique de 2009, 900&nbsp;000 enfants sont d&eacute;scolaris&eacute;s, 12% des enfants &eacute;chappent compl&egrave;tement &agrave; la scolarisation.</FONT> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><BR> Hors syst&egrave;me scolaire, l'acc&egrave;s &agrave; la culture est tr&egrave;s limit&eacute; (depuis 2005, une vingtaines de biblioth&egrave;ques rurales ont &eacute;t&eacute; ouvertes ans le cadre des CLIC Centres de Lecture, d'Information et de Culture).<BR> <BR> Avant 1975, le fran&ccedil;ais &eacute;tait parl&eacute; couramment par 60 &agrave; 70% des Malgaches alors qu'aujourd'hui le fran&ccedil;ais, avec le statut de deuxi&egrave;me langue officielle, ne serait plus parl&eacute; que par 15 &agrave; 20 % des Malagasy.<BR> <BR> Jusqu'en 1975, les jeunes Malgaches &eacute;tudiaient l&#146;histoire et la g&eacute;ographie de la France mais pas celles de leur pays. L'histoire qu'ils apprenaient commen&ccedil;ait par &quot;Nos anc&ecirc;tres les Gaulois&quot;... Un &eacute;tudiant malgache pouvait conna&icirc;tre la distance de Paris &agrave; Lyon ou Marseille sans conna&icirc;tre les villes de Diego-Suarez ou Fort-Dauphin et il pouvait parler du Massif Central en ignorant l'existence de celui de l&#146;Isalo.</FONT></P><P ALIGN=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">L'hostilit&eacute; populaire &agrave; l'&eacute;gard de l'h&eacute;ritage colonial pousse le gouvernement &agrave; lancer le mouvement de malgachisation r&eacute;clam&eacute; par les &eacute;tudiants lors des &eacute;v&eacute;nements de mai 1972. <BR> En 1975, avec l'acc&egrave;s au pouvoir de Ratsiraka, le fran&ccedil;ais est remplac&eacute; par le malgache comme langue d'enseignement dans le primaire et le secondaire mais cette politique n'a pas atteint l'objectif vis&eacute;, au contraire. La malgachisation n'a fait qu'accentuer l'&eacute;cart entre les enfants des milieux d&eacute;favoris&eacute;s, n'ayant pas d'autre acc&egrave;s au fran&ccedil;ais que l'&eacute;cole, et ceux de la bourgeoisie urbaine francis&eacute;e. Les &eacute;l&egrave;ves avaient des grandes difficult&eacute;s &agrave; l&#146;universit&eacute;, o&ugrave; l&#146;enseignement se fait en fran&ccedil;ais.<BR> &Agrave; partir de 1985, le processus de malgachisation a donc &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; et on en est revenu progressivement &agrave; une r&eacute;introduction du fran&ccedil;ais comme langue d'enseignement au cours des ann&eacute;es 1990. </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"> Le fran&ccedil;ais est donc redevenu langue d&#146;enseignement depuis 1993.<BR> Les cours sont dispens&eacute;s en malgache durant les premi&egrave;res ann&eacute;es de scolarit&eacute;. &Agrave;partir de la classe de 6&egrave;, ils sont donn&eacute;s en fran&ccedil;ais pour les mati&egrave;res non litt&eacute;raires mais certains enseignants n'ont pas une comp&eacute;tence linguistique suffisante pour pouvoir transmettre correctement des connaissances et un savoir-faire en fran&ccedil;ais. <BR> Si le malgache assume toujours les fonctions de langue </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2">v&eacute;hiculaire nationale, de langue du foyer, de la religion et de la culture traditionnelle, le fran&ccedil;ais a acquis un r&ocirc;le de s&eacute;lection car sa connaissance pour donner acc&egrave;s &agrave; la promotion sociale des individus. M&ecirc;me s'il y a superposition des deux langues, un Les festivit&eacute;s durent une semaine pendant laquelle il est interdit de porter un chapeau, de se chausser et de traverser la rivi&egrave;re Tsiribihina. En revanche, tous les exc&egrave;s d'ivresse et de licence sexuelle sont impunis. Rien n'interdit un grand rel&acirc;chement sexuel (<I>valabe</I>), les jeunes femmes se livrent &agrave; des danse o&ugrave; elles se tr&eacute;moussent de fa&ccedil;on provocante tandis que les liens matrimoniaux disparaissent momentan&eacute;ment, noy&eacute;s dans les vapeurs alcoolis&eacute;e du jus de canne ferment&eacute; (<I>betsa betsa</I>) et du rhum.clivages se produit entre populations rurales et &eacute;lites bilingues urbaines (qui ont un pratique courante du fran&ccedil;ais.</FONT></P><P><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Dans la tradition, le mariage se d&eacute;roule au domicile des parents de la jeune fille et deux <b>entremetteurs</b> interviennent, celui du fianc&eacute;, le <i>mpangataka</i>, adresse sa demande &agrave; celui de la promise, le <i>mpanatitra</i>.Le divorce peut &ecirc;tre demand&eacute; par le mari tandis que la femme ne peut demander que la s&eacute;paration (<i>fisaoram bady</i>) mais elle ne peut se remarier.</font></P><P><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Outre la famille &agrave; lignage au sens habituel, c'est-&agrave;-dire la descendance d'un anc&ecirc;tre commun et les liens matrimoniaux tiss&eacute;s autour, dans la tradition malgache on trouve des fraternit&eacute;s de sang (<i>fatidra</i>), un peu comme chez les Indiens d'Am&eacute;rique&nbsp;! <br> L'alliance par le sang (<i>fanange</i>) consiste en une petite incision chez les deux personnes qui doivent boire quelques gouttes de sang de l'autre et les voici comme fr&egrave;res et leurs familles apparent&eacute;es. <br> A c&ocirc;t&eacute; de cela on trouve les entraides villageoises pour les gros travaux (comme chez nous il y a encore une cinquantaine d'ann&eacute;es). <br> A cela s'ajoute l'&eacute;trange &quot;parent&eacute; &agrave; plaisanterie&quot; (<i>lohateny</i> ou <i>tokondohateny</i>) qui associe parfois des clans de statuts tr&egrave;s diff&eacute;rents qui se doivent assistance mais qui s'autorisent des relations (par exemple &eacute;changisme le entre les conjoints) qui ne sont pas admises dans une famille &agrave; lignage.<br> </font></P></BLOCKQUOTE><FONT SIZE="2"><font face="arial" color="#6600FF">Nous n'irons pas au petit village de Kelilalina o&ugrave; certains T.O. conduisent leurs voyageurs pour assister &agrave; la danse Dombolo, une danse avec des bambous.</font> Ateliers de broderie d'Antsirabe et ateliers de fabrication de foie gras du petit village de Behenjy.</font> <LI><FONT SIZE="2"><br> </font> <LI><FONT SIZE="2"> <FONT COLOR="#000000" FACE="Times New Roman, Times, serif"> <a href=http://www.gasykamanja.com/sites_malgaches/ target="_blank">GASYKA MANJA.COM</a> <a href=http://annutour.miadana.com/ target="_blank">annutour.miadana</a> Carnet de voyage en terre malgache la Grande Île Rouge Les Euphorbes produisent un latex blanc qui coule quand on les coupe et cette sève laiteuse est plus ou moins toxique ou irritante selon les espèces. C'est en Afrique ainsi qu'à Madagascar, sous la forme de plantes succulentes (au sens non pas de "délicieuses", bien au contraire, mais de "plantes grasses" parfois épineuses, d'ailleurs certaines ressemblent aux cactus), qu'elles se sont le plus diversifiées puisque l'on y trouve 150 espèces endémiques sur les quelque 2000 dénombrées sur la planète. La sève se présente sous forme d'un latex épais très corrosif qui sert de colle à bois et à papier et qui est également toxique. Les latex très corrosifs des tiges broyées d'Euphorbia enterophora Drake, d'Euphorbia decorsei Drake, d'Euphorbia laro... sont utilisés comme poison pour la pêche en étourdissant les poissons. Dans les pays tempérés on en connaît bien une espèce en tant que plante d'ornement, il s'agit de l'Euphorbia milli splendens dite "Epine du Christ" ou "Couronne du Christ. Cette plante à épines et sève toxique (danger pour les yeux et troubles digestifs en cas d'ingestion) qui peut atteindre 1,50 mètres de haut est originaire de Madagascar. Drôle d'histoire de crevettes: camarons, camarón, gambas... A Madagascar, on appelle CAMARONS de grosses crevettes de mer (endémiques sur les côtes d'Australie, le sud est de l'Asie, le sud de l'Asie et l'est de l'Afrique) connues aussi sous le nom de crevettes géantes tigrées (Penaeus monodon). Le terme camaron proviendrait du portugais camarão (les Portugais furent les premiers découvreurs du pays au tout début du XVIe s.). L'origine de certaines confusions autour de ce nom vient du fait qu'en Espagne, ce mot désigne de manière générale les (petites) crevettes grises tandis que les grosses crevettes roses y sont appelées gambas (sauf en Andalousie où ces grosses crevettes sont des camarones). Pour ajouter à la confusion, il a fallu que les voisins réunionnais utilisent également le terme camaron mais cette fois pour désigner la crevette géante d'eau douce (Macrobrachium rosenbergii), une espèce d'origine asiatique que l'on a tenté d'introduire, sans succès, à La Réunion dans les années 1980. <a href=http://www.annutour.miadana.com/ target=_blank> l'annuaire du tourisme et des voyages à Madagasikara</a> Du sous-développement à l'économie numérique En Afrique, moins de 7% de la population dispose d'un compte bancaire. Par contre, il y aurait 450 millions d'abonnés au téléphone mobile en 2010. A Madagascar, le taux de pénétration du téléphone mobile est de 51% alors que le taux de bancarisation stagne à 5%. Ici comme dans plusieurs autres pays africains, envoyer de l'argent via son mobile est désormais monnaie courante. Ces circuits de transfert sont relativement ouverts, loin des circuits plus fermés  des institutions bancaires. Comme avec des cartes bancaires, les téléphones portables sont équipés d'une puce spécifique et sécurisée. Ils permettent de créditer un compte, de recevoir de l'argent, de payer dans les établissements habilités et même de transférer et de recevoir de l'argent (y compris à l'international). Le destinataire est avisé par SMS qu'il peut retirer la somme en tapant le code reçu dans un distributeur de billets ou en donnant son code dans un bureau de l'opérateur de transfert. Il n'est pas tenu d'avoir un compte à la banque et dans certains cas, il n'est pas même pas tenu d'être abonné auprès de l'opérateur ni d'avoir de mobile (Mvola). agence ''à la carte à mada'' MORAUTHELI <a href="http://recitdevoyage.free.fr/tous%20les%20carnets%20de%20voyages%20et%20recits%20de%20voyages/" target="_blank">Tous les récits de voyages</a> <br><br> <a href="http://www.abcompteur.com/" title="ABCompteur : compteur gratuit"><font face=arial size=2>Visites &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; : <script type="text/javascript" src="http://www.abcompteur.com/cpt/?code=7/35/10124/5/1&ID=539044"></script></a> <br> <a href="http://www.abcompteur.com/" title="ABCompteur : compteur gratuit"><font face=arial size=2>Visiteurs&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;: <script type="text/javascript" src="http://www.abcompteur.com/cpt/?code=7/14/10124/4/2&ID=539045"> </script></a><script>lm9002ns()</script> <a href="http://recitsdevoyages.blog.free.fr/" target="_blank">Tous les récits et carnets de voyages</a> </body>