Région centrale des HAUTES TERRES Ambalavao FIANARANTSOA Parc NatIonal de Ranomafana Manakara, l'extrémité sud du Canal des Pangalanes Passage de la Tsiribihina et Belo Gorges du Manambolo Morondava Les GrandsTsingy L'allée des baobabs

L'ouest, Morondava et Grands Tsingy de Bemaraha
1 - Morondava - Allée des baobabs
2 - Belo-sur-Tsiribihina
3 - Gorges du Manambolo
4 - Les Grands Tsingy de Bemaraha
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QUELQUES TRADITIONS

La religion traditionnelle malgache présente des similitudes avec les religions orientales. Avec l'hindouisme du fait de la croyance en un maître de l'univers et aux ancêtres qui par la mort, intermédiaires entre les vivants et dieu, accèdent à une vie supérieure et accordent une protection au vivants. Au regard des Occidentaux, c'est un vaste ensemble de superstitions.
Par ailleurs, le sexe (et donc vie) et la mort qui fascinent les sociétés humaines depuis la nuit des temps, occupent une place centrale dans les traditions malgaches.

LE CULTE DES ANCETRES

Malgré la diversité des origines de ses habitants, à travers une même langue, le pays véhicule une même croyance en la puissance des défunts, les ancêtres divinisés ou razana, plutôt qu'en celle du Dieu, omniprésent et omnipotent Zanahary ("Le Créateur") ou Andriananahary "(Le Seigneur Créateur"), également appelé Andriamanitra ("Le Seigneur Parfumé"). Les chrétiens et le musulmans ont adopté le terme Andriamanitra pour désigner leur Dieu unique.
Les ancêtres sont parvenus à la quatrième et dernière étape de la vie. Le défunt âgé est arrivé au terme de ce qu'on appelle hasina, la sagesse ou la sainteté que toute personne acquiert avec l'âge. C'est l'occasion de se réjouir et non de pleurer. Ce culte s'intègre souvent dans des pratiques syncrétiques mêlant le christianisme et la religion traditionnelle.

Les défunts sont porteurs de pouvoir et sont défenseurs de la vie sur terre. Chaque ancêtre garde son individualité et ses attaches familiales. On considère que tout malheur provient d'un manquement au culte des ancêtres ou de la violation d'un fady (tabou). Aux grandes occasions (construction d'une maison ou d'une pirogue, évènement familial) le razana sera consulté et invoqué. Des animaux ou des aliments seront alors offerts en sacrifice ou en libations.
Dans le contexte moderne et mondialisé, le culte des ancêtres régresse, surtout dans les villes mais le respect dû aux ancêtres demeure tandis que survivent diverses coutumes ancestrales (circoncision, funérailles, etc.), de même que le soin qu'on apporte à l'art funéraire.


TOMBEAUX ET ART FUNERAIRE

Dans l'Ouest et le Sud-Ouest, les tombeaux portent des figurines humaines symbolisant la continuité de la vie par la procréation.
Chez les Sakalavas, on trouve aussi représenté un couple de mijoa (ibis), seuls oiseaux qui s'accouplent comme des humains (face à face), symbolise la continuité de la vie. Dans l’art funéraire Sakalava du XVIIe au XIXe s. les statues érotiques représentent des hommes ou des femmes, des couples ou même plusieurs personnes, figurés dans des positions amoureuses les plus diverses. Incitant à une réflexion sur la proximité du sexe, de l’amour et de la mort.
Comme l'écrivent Sophie Goedefroit et Jacques Lombard dans "Andolo l'art funéraire sakalava à Madagascar" (Editions Adam Biro-IRD, Paris 2007):
«C’est seulement le temps du désir, du sexe, de l’amour, le temps sans attente, sans fin et sans espace. L’éternité du désir comme révélation de Dieu. L’exaltation de la vie, le désordre du sexe sur les lèvres de la mort».

Haut de pageRITES AUTOUR DE LA MORT

La mort marque le passage du rang d'être humain au haut rang d'ancêtre. Ce dernier dominera d'un autre monde les générations nouvelles qui le craindront et l'honoreront.
En Imerina, après que le défunt ait été lavé, habillé puis enveloppé d'un lamba mena (linceul de soie) celui ci peut-être exposé quelque temps aux proches avant d'être mis en bière et transporté jusqu'au tombeau. Les premières funérailles (fandevenana) avec inhumation provisoire font passer du monde des vivants à celui des morts. Cérémonie triste et strictement familiale.

En pays Mahafaly et Antandroy, le cercueil est violemment secoué dans tous les sens par l'équipe de porteurs qui exécutent une danse saccadée pendant que les femmes battent des mains et que d'autres hommes brandissent leur sagaie. Une fois le défunt porté à son tombeau et enterré, un monument à sa mémoire y est élevé. On sacrifice un ou plusieurs zébus lors de cette cérémonie qui peut se dérouler sur plusieurs jours avec des veillées nocturnes accompagnées de chants et de danses. La fête s'achèvera par un festin pendant lequel la viande sera partagée entre tous les convives qui se partagent les restes de viande s'il y a lieu. A l'occasion du relèvement, le tombeau est remis en état à grands frais, en priorité sur l'habitation des vivants !
Chez les Antandroy, on extermine tout le troupeau du défunt pendant la veillée mortuaire qui peut durer des semaines, voire même des mois. Les crânes de ces bêtes ornent le tombeau. De même, chez les Mahafaly, têtes de zébus et aloalo (totems) ornent les tombes. Les tombeaux provisoire sont faits de pierres soigneusement arrangées en attendant que la famille ait mis suffisamment d'argent de côté pour construire un tombeau définitif décoré par tous les bucranes de zébus qui ont appartenus au défunt et sacrifiés le jour de sa mort, des objets lui ayant appartenu, des aloalos et peintures représentants les étapes de sa vie terrestre.

L'étrange pratique malgache des double funérailles, ne serait apparue et, en tout cas, généralisée qu'au XVIIe s. (comme d'ailleurs la pratique de la circoncision) d'après Wikipédia qui pourtant ne manque pas de la relier à des traditions du sud-est asiatique (pour notre part, nous avions été étonnés par la survivance d'une pratique un peu similaire, la double inhumation, dans les campagnes du Tonkin dans le nord du Vietnam). Ne serait-elle donc pas bien plus ancienne puisque le fond du peuplement malgache est venu d'Asie ?


Famadihana : cérémonie d’exhumation ou retournement des morts.

Si l'on n'en reste qu'au niveau de l'expression "retournement", on peut se demander de quoi il peut bien retourner. S'agirait-il simplement de "retourner comme une crêpe" ce qui reste du défunt, côté pile, côté face ?

Les proches doivent quelques années après l'inhumation provisoire, ramener le défunt au caveau familial. Cette cérémonie peut avoir lieu à un rythme généralement compris entre trois et sept ans, selon les ethnies. Après disparition plus ou moins complète des parties corruptibles, cette seconde inhumation fera passer le défunt dans le monde des ancêtres (drazana).

Dans ces tombeaux familiaux de forme carrée, l'est est réservé aux premiers ancêtres, le nord aux plus respectables et le sud aux autres tandis qu'il n'y a personne à l'ouest où se situe l'entrée.

Lors des fêtes de retournement, les tombeaux sont remis en état (ainsi que la maison de la famille si elle en a les moyens), ce qui nécessite souvent d'emprunter de grosses sommes d'argent.
Voilà, l'ancêtre s'en est ainsi RETOURNÉ à sa nouvelle demeure.

Généralement d'autres retournements ont lieu par la suite à un rythme plus espacé, entre cinq et dix ans (par exemple trois ans puis sept ans sur les Hautes Terres mais les Bara de l'Isalo en restent au seul premier retournement).

Plusieurs zébus sont sacrifiés (un animal pour 200 invités) et le rhum coule à flot.

Cette manifestation qui se déroule pendant trois jours à la saison sèche, entre début juin et fin septembre, est toujours l'occasion de manifester sa joie. En outre, dans la conception religieuse traditionnelle malgache, si plusieurs années après le décès l'on pense que l'ancêtre a froid et a donc besoin d'un nouveau linceul, par respect pour lui une cérémonie du famadihana est organisée après consultation du mpanandro (astrologue) sur le moment propice.

Le corps est alors exhumé en veillant à ce que ne manque aucun des taolam-balo, "les huit os fondamentaux" (humérus et cubitus des deux bras ainsi que fémur et tibia des deux jambes) puis enveloppé dans une natte tsihy qui sera porté par deux hommes qui font sept fois le tour du tombeau avant de l'emporter vers la demeure familiale en procession alors qu'un groupe de proches, hommes, femmes et enfants, l'accompagne en chantant et en jouant de la musique. Les femmes se partagent les morceaux de nattes et lambas qui emmaillotaient le défunt car ils ont un pouvoir de fécondité.
La dépouille arrivée au village, les femmes ont la charge macabre de gratter les os pour en détacher les lambeaux de chair, peau et tendons desséchés, puis les os sont lavés avant d'être enduits avec de la graisse de bosse de zébu afin que le zébu tienne compagnie à l'ancêtre comme chez les Bara, ailleurs ce peut être avec du miel.

Selon la richesse de la famille, c'est alors l'occasion des festivités villageoises qui peuvent durer jusqu'à trois jours et amener au sacrifice de quatre ou cinq zébus. La musique, les chants et danses se mêlent au sacrifice de zébus qui est  suivi du banquet réunissant les invités qui font une offrande en monnaie, tabac, riz, rhum, photos... à la famille organisatrice. Au cours de cette cérémonie, on mime un combat dont le mort est l'enjeu, en le tirant de tous côtés et on lui fait faire des tours sur lui-même afin qu'il ne reconnaisse pas le chemin du village. On prononce aussi un discours en mémoire du défunt, destiné aux vivants.
A la fin des festivités,  les restes du défunt enveloppés d'un lamba mena neuf sont placés dans un cercueil également neuf qu'un groupe d'hommes conduit au lieu de sépulture définitif. Le cortège comprend les parents du mort et un orchestre de 3 à 5 musiciens qui chantent et jouent de la musique (flûtes et tambours). Tout au long de la route on organise des danses, on exhibe ce corps, on proclame hautement l'honneur des descendants. C'est l'astrologue qui a tracé l'itinéraire du cortège. Des plaisanteries sont échangées avec les personnes rencontrées et même parfois avec le mort ! Dans les régions où les tombeaux sont construits sur la plaine, à l'arrivée du cortège au caveau familial, seul endroit où le mort pourra reposer en paix, les restes du défunt sont brandis à bout de bras par des dizaines de personnes, puis jetés en l'air et emportés dans une farandole effrénée en faisant sept fois le tour du tombeau avant d'y déposer la dépouille. Quant aux Bara, à la fin de l'unique retournement qu'ils pratiquent, les hommes hissent le cercueil dans une grotte réservée à une famille située plus haut dans la falaise  et donc plus inaccessible...

Cela ne ferait-il pas penser à la pratique des doubles funérailles d'origine animiste (et maintenant syncrétique avec l'influence de l'hind-bouddhisme ou du christianisme) des peuples austronésiens, pratique qui existe encore dans certaines îles orientales de l'Océan indien  des archipels philippins ou indonésiens (par exemple à Bali ou à Célèbes) ou même à la double inhumation pratiquée dans le nord du Vietnam, au Tonkin (occupé par un peuple mélano-indonésien animiste il y a environ 10 000 ans).


AUTRES TRADITIONS

Fady (tabous ou interdits).
L'autorité de razana (l'ancêtre divinisé) est dictée à travers des ordres qui s'accompagnent de fady . Enfreindre un fady équivaut à se rendre coupable envers les ancêtres. De ce fait, une complexité et une diversité importantes d'interdits se créent en fonction de chaque personne selon son sexe, son appartenance familiale ou communautaire, sa date de naissance, son lieu de résidence ou selon un moment particulier. Les fady sont très nombreux dans le milieu rural et les vazahas qui les ignoreraient se font rappeler à l'ordre (comme montrer en pointant du doigt). Certains ont eu un effet bénéfique sur la préservation d'espèces comme les tortues et les indris.
Une notion de tabou ou d'interdit qui semble perdre de l'importance puisque seuls quelques guides des Parcs Nationaux que nous avons visités ont effleuré le sujet.

Le Fomba (la coutume).
S'opposer à la coutume entraînerait un châtiment de la part des ancêtres. Par exemple, il faut faire une offrande d'alcool à la terre avant des libations.

Les Vintana (les destinées).
Elles rythment la vie quotidienne (sociale, culturelle et spirituelle) des Malgaches, particulièrement chez les Antemoro qui ont hérité de traditions arabes, en se basant sur phases des astres et essentiellement de la lune.

Le Tromba (la possession).
Dans certains territoires, notamment dans l'ouest chez les Sakalavas, le possédé est un personnage important car à travers sa transe il communique avec un roi défunt et ce qu'il exprime est sans appel.

La Famora ou le Savatse (la circoncision, littéralement "la coupure"), le terme varie selon les régions.
On ne sait pas à quand remonte cette coutume. Influence des apports migratoires africains ou arabes ? Pratiquée dans les milieux nobles avant le XVIe s., elle fut institutionnalisée et généralisée par les souverains imerinas à cette époque.
La circoncision intègre le garçon dans la famille de son père, lui donne droit à la tombe familiale. Désormais, les garçons sont circoncis dès leur jeune âge. Aujourd'hui cette pratique se médicalise et prend une tournure hygiéniste "à l'américaine".

Dans la pratique traditionnelle, l'âge où elle est effectuée varie selon les ethnies: de 6 mois chez les Betsileos et Baras, à 4 ou 5 ans chez les Antankaranas et Sihanakas, entre 5 et 10 ans chez les Sakalavas, entre 3 et 10 ans chez les Antambahoakas... A Manandona, notre guide Jean Lamour nous a précisé qu'en pays
Vakinakaratra, elle est pratiquée vers 3 ans et demi.
L'opération a lieu en général pendant la saison fraîche, pour que la blessure se cicatrise au plus vite. Elle donne lieu à une fête qui dure plusieurs jours. Les membres de deux familles, paternelle et maternelle, et les voisins en arrivant à la fête dansent et chantent en apportant de cadeaux (folaky). L’opérateur, maintenant un médecin ou un infirmier diplômé coupe le prépuce. Traditionnellement le père se lève, prend le prépuce, le met sur la pointe d’une sagaie et lance l’arme vers l’est, par-dessus le toit. Maintenant souvent, le père met le prépuce dans une cartouche de fusille à chasse et le tire vers la même direction.
Sur la côte est, les Antambahoakas organisent une circoncision collective du Sambatra (qui signifie "joie, bonheur") tous les 7 ans, un vendredi (jour faste) déterminé par l'ombiasy en fonction du calendrier astrologique traditionnel. La cérémonie concerne les garçons de 3 à 10 ans. Des milliers de familles viennent alors de leurs campagnes pour 8 jours de réjouissances qui mettent Mananjary en effervescence. Ici le père et les grands-pères avalent le prépuce dans une banane ou un blanc d'oeuf !
Tout au sud de l'île, chez les Antandroys, après la circoncision (appelée ici Savatse), le prépuce coupé est fixé traditionnellement sur un morceau de bois dur et enfoncé dans un tronc d’arbre en le faisant tourner.


GUERISSEURS, SORCIERS ET DEVINS

L’Ombiasy ou mpitaiza (guérisseur) a une connaissance de l'action de certaines plantes pour un usage médicinal et on lui prête un pouvoir particulier de guérison avec l'aide des ancêtres qu'il invoque à travers la pratique de la tromba. Dans la fumée de l'encens, il entre en transe au rythme des tambours (aponga) et des battements des mains du public et après avoir bu d'un trait une bouteille de rhum. Dans cet état second il interroge l'Esprit après quoi il s'effondre et ne se souvient plus de rien...
C'est aussi le conseiller des nobles.

Le Mpamosavy (sorcier) qui pratique une forme de magie noire et délivre des amulettes ou charmes appelés ody.

Le Mpanandro (astrologue, devin) est un personnage important qui fait office d'astrologue et par sa connaissance des vintana (destinées). Il est une des figures les plus respectées du village puisqu'il détermine les jours de meilleurs auspices pour les célébrations familiales.

L'Ampanjaka est le chef traditionnel d'ascendance noble à statut de "roi" auquel la population voue un grand respect et obéissance et avec lequel les "politiques" doivent parfois composer pour arriver à leurs fins s'ils ont des projets concernant le territoire local.

QUELQUES FETES RITUELLES

Le Fanompoambe est la Cérémonie de Bain des Reliques Royales des Sakalava du Boina, dont celles du roi Andriamisara. Elles ne regagneront leur place qu’après avoir fait 7 fois le tour du lieu sacré. Le Fanompoambe a lieu du zomba (sanctuaire) de Miarinarivo à Majunga.

Le Fitampoha est la fête des Sakalava du Menabe. Les Reliques Royales sont sorties de leur sanctuaire à Belo sur Tsiribihina et acheminées jusqu’à Ampasy par des porteurs attitrés en pagne et bandeaux rouges.
Les festivités durent une semaine pendant laquelle il est interdit de porter un chapeau, de se chausser et de traverser la rivière Tsiribihina... En revanche, tous les excès d'ivresse et de licence sexuelle sont impunis. Rien n'interdit un grand relâchement sexuel (valabe), les jeunes femmes se livrent à des danse où elles se trémoussent de façon provocante tandis que les liens matrimoniaux disparaissent momentanément dans une nuit orgiastique, noyés dans les vapeurs alcoolisée du jus de canne fermenté (betsa betsa) et du rhum.
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Etape précédente: la RN7 vers le sud-ouest, de Ihosy à Toliara-Ifaty
Etape suivante : l'Est, Parc d'Andasibe, Ambohimanga (Colline Bleue) et Antanarivo.

 

De l'aéroport de Morondava, nous sommes transférés à notre hôtel avec une vieille berline aussi minable que celle que nous avions eue à notre arrivée à Antananarivo. On n'arrive même pas à identifier le modèle (sans doute une vieille Renault 9 ou 11).
Même sport pour caser les bagages car ils ne peuvent pas tous tenir dans le coffre et pourtant nous les avons réduits au minimum.

Allée des Baobabs de Morondava

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MORONDAVA ([mouroundav])

Morondava est la capitale économique et administrative du Menabe (prononcer [ménabé] qui signifie littéralement "très rouge"). Ce petit port de pêche est installé sur le delta de la rivière du même nom. Il existe un petit gisement de pétrole dans les environs mais malheureusement, son exploitation ne serait pas rentable.
L'agglomération compte environ 70 000 habitants dont 40 000 dans la ville même.


Morondava, installation au Baobab Café et après-midi libre

Il est un peu plus de midi lorsque nous arrivons à l'hôtel Baobab Café où nous allons séjourner en "libre" jusqu'au lendemain matin.

Le Baobab Café se trouve dans le quartier touristique Nosy Kely, au sud-ouest de la ville, entre le rivage tout proche et le Canal Hellot qui occupe l'ancien lit de la rivière Morondava. Précisément, les façades de l'hôtel donnent sur la Rue de l'Indépendance et sur le Canal. De l'autre côté de la rue, une série d'hôtels (Royal Palissandre, Morondava Beach, Sun Beach, Les Philaos, Chez Maggie, La Campanina) ont un accès direct à la plage.

Il est temps de déjeuner et la carte nous offre un vaste choix. Nous optons pour trois plats différents: assiette de crevettes au curry, cigales de la mer (sortes d'écrevisses) et enfin de gros camarons. Un assortiment de légumes sautés est pris en accompagnement par tout le monde.
Tarif 15000 MGA sauf les camarons un peu plus chers (16000). Délicieux et très copieusement servi.

Nous profitons un moment du spectacle des bateaux qui passent sur le canal avant de nous installer du côté de la piscine.

Vers 16 heures nous décidons de nous dégourdir les jambes et d'aller voir la plage. Discrètement, nous prenons un raccourci à travers le parc de "Chez Maggie".
Nous sommes attirés vers l'autre bout de la plage où semble s'être concentré le public. Effectivement, il y a beaucoup d'animation, tant dans l'eau que sur la plage. Une ambiance de grandes vacances, il est vrai que les écoliers y sont toujours. On peut voir que les Malgaches sont ici en famille bien qu'on ne soit pas en week-end. Ils ont apporté tout ce qu'il faut pour pique-niquer ou faire du barbecue. Le lendemain, notre guide nous indiquera que Morondava est un peu la plage des gens de Tana sauf qu'il y a quand même près de 650 km à faire en empruntant la Nationale 7 puis la 35.

Retour tranquille vers l'hôtel par la rue.

MORONDAVA




Avec toujours quelques bizarreries qui viennent s'incruster dans vos pupilles. On a déjà remarquer que par mimétisme europhile, beaucoup de plaques minéralogiques malgaches arborent le drapeau européen aux 12 étoiles d'or au-dessus de la lettre indicative F ou B. Là
Ici, on encore fait plus fort. Il s'agit de l'une de nos plaques modernes avec la partie droite destinée à porter l'indication de la région et le numéro de département: Bretagne/Breizh avec le drapeau breton et, en dessous, le numéro départemental 35 !
Plus loin ce sont les enseignes toujours amusantes "Gargotte & Bar", "EPIBAR Boisson alcoolique et hygiénique".
Quant aux antennes TV, comme on a pu le voir un peu partout, il y a des antennes paraboliques pour capter les satellites mais point de râteaux. A la place, on voit de simples cercles quand il ne s'agit pas de jantes de vélo. Et il paraît que ça marche bien. Les jantes de roues de vélo servent aussi à bricoler de petites éoliennes couplées à des alternateurs de voiture. La débrouillardise est sans limite.

Avant de dîner, on pourra se replonger un peu dans les actualités françaises que l'on a complètement perdues de vue depuis deux semaines. On peut recevoir TF1 et BFMTV.

Le Baobab Café nous offre ce soir un cocktail d'accueil à base de rhum arrangé (rhum dans laquelle ont macéré divers ingrédients: feuilles, fruits, épices) tandis qu'à l'entrée de la cuisine on pèse quelques poissons qui vont être servis tout à l'heure au dîner: deux gros rougets, un très long capitaine et un carangue. Verdict de la pesée pour les quatre: 13,500 kg.
Ce soir nous donnons dans une brochette de la mer (13000 MGA), un pavé de poisson sauce coco (15000 MGA) et, pour "notre inconditionnelle", des crevettes au curry récidive. Une bouteille de Côte de Fianarantsoa (25000 MGA) vient arroser le tout.
C'est copieux. Pas de dessert. Il faudra dormir car un long et difficile trajet nous attend le jour suivant.

Au Baobab Café - MORONDAVA Au Baobab Café - MORONDAVA Au Baobab Café - MORONDAVA

 

Nos chambres sont tranquilles car elles donnent côté canal et côté piscine.



Morondava, sur la piste de Belo, un premier regard aux baobabs

A 6h45, nous sommes attendus par notre nouveau chauffeur Jean-Jacques et son Nissan Patrol, volant à gauche cette fois et vitres manuelles, qui a l'air bien équipé pour la piste: treuil, deux jerricans sur la galerie. Ça promet.

Pendant les trois jours qui viennent notre prise en charge a été sous-traitée à l'hôtel Tanankoay que nous allons rejoindre ce soir. Jean-Jacques est l'un de leurs deux chauffeurs.

Nous allons particulièrement apprécier la gentillesse de Jean-Jacques , l'écoute et l'attention qu'il nous porte, ce qui a permis des arrêts impromptus pour des photos ou pour observer la faune. Dans son rôle de chauffeur, il nous a parfois inquiétés. C'est une armoire à glace qui semble souffrir de la chaleur et accuser des coups de fatigue. Mais alors que nous le voyons gagné par la somnolence, c'est là qu'il se montre capable d'apercevoir un caméléon à capuchon (Calumma brevicorne) de couleur beige dans les broussailles ou qu'il sait négocier avec la plus grande souplesse un trou dans la piste. En effet, malgré le terrain chahuté, nous n'avons jamais été cahotés. Bravo l'artiste !

Justement, à propos de l'itinéraire du jour: quelques kilomètres bitumés au départ de Morondava puis 100 kilomètres de piste sableuse assez facile, ce qui amène à la Tsiribihina vers 10 heures, puis une heure de bac pour aller à Belo, pause déjeuner, 70 kilomètres de mauvaise piste suivis des 30 derniers kilomètres les plus difficiles...
Et la perspective de refaire tout cela dans l'autre sens après-demain ! On comprend que Richard aurait aimé nous inciter à raccourcir cet itinéraire sur piste en remplaçant une partie de l'un des trajets terrestres par la descente de la Tsiribihina, bien que cela n'aurait pas dispensé du tronçon le plus difficile.

On comprend qu'avec cette piste de sable rouge par endroit, à la saison des pluies certaines rivières semblent charrier un flot de sang, phénomène à partir duquel se sont bâties des légendes évoquant le sang des crocodiles massacrés...

Nous sommes sur la piste. Il y a un peu plus d'une demi-heure que nous sommes partis et déjà les premiers baobabs apparaissent. Jean-Jacques nous apprend à reconnaître trois de six variétés de baobabs malgaches présentes dans cette région. Non ! ceux dont l'extrémité est blanche ne sont pas en fleur. C'est simplement un groupe de pique-boeufs qui en ont fait un perchoir !


Rappel en quelques mots au sujet des BAOBABS

Les baobabs, comme 80% de la flore malgache, sont spécifiques à Madagascar. Le baobab est un arbre sacré,le Reniala, "la mère de la forêt". Il faut savoir qu'il existe huit espèces de baobabs dans le monde dont six endémiques à Madagascar. Une autre espèce se rencontre en Afrique et une autre en Australie.
Ces colosses dont la circonférence peut atteindre les 30 mètres reposent sur une racine pivotante dont la longueur est la moitié de la hauteur du tronc. Leur bois ne comportant pas de cercles concentriques, il est difficile d'évaluer l'âge de ces géants.
Des légendes africaines et malgaches prêtes, les unes à Dieu, les autres au Diable, d'avoir voulu punir cet arbre en le replantant les racines en l'air. En effet, son tronc porte un maigre bouquet de branches, on croirait des moignons morts, qui n'ont des feuilles que durant une très courte période de l'année (saison des pluies). La floraison commence juste avant la saison des pluies ou au début de celle-ci, en fonction des espèces, et dans leur pollinisation interviennent les papillons (les sphinx), les chauves-souris et les lémuriens (également amateurs de nectar). Quant aux fruits marron, ils se présentent ici sous forme de boules ou de fruits allongés (selon les variétés). L'enveloppe duveteuse très résistante renferme une pulpe dans laquelle sont dispersées des centaines de graines.



L'Adansonia za (le nom Adansonia est un hommage à Michel Adanson, naturaliste et explorateur français, le premier à avoir décrit ces espèces de baobabs) au tronc cylindrique ou légèrement conique qui peut atteindre 30 m de haut. Les branches sont disposées de façon anarchique ce qui lui donne un air hirsute.
L'Adansonia rubrostipa ou fony est plus petit (20 m maximum), au tronc en forme de bouteille, avec une constriction visible au dessous des branches. La couronne est irrégulière.
Enfin non pas le roi mais "la reine", l'Adansonia grandidieri ou baobab de Grandidier, le plus beau des baobabs. Les arbres de cette espèce atteignent de 25-30 mètres de haut et ont un tronc cylindrique surmonté par une couronne aplatie.

Baobabs de MORONDAVA Baobabs de MORONDAVA

 

Jean-Jacques avait pronostiqué qu'à cette heure, nous aurions quelque chance d'être seuls pour profiter de la majestueuse Allée des Baobabs, "les Champs-Elysées malgaches". Bingo !
Sur l'Allée et autour du petit lac voisin, on peut observer les trois espèces de baobabs qui ont un âge vénérable de l'ordre de 500 ou 600 ans.

Ayant repris la route, Jean-Jacques nous fait également découvrir d'autres espèces de la flore: jujubiers, kapokiers, manguiers, tamarins (ou tamariniers)... Quant à la faune, elle est surtout aviaire: coucal, coua, perroquets, perruches, pintades.

Une heure plus tard, nous pouvons voir un baobab sacré un peu enfoui dans les broussailles près d'un village. Suit une petite zone humide propice à la culture du riz. Un peu après, on peut voir toute une série de tombeaux plus ou moins défraîchis et plus ou moins christianisés. Puis c'est la forêt de Kirindy, un réserve où vit le seul serpent venimeux de Madagascar.


Haut de pageLe bac de la Tsiribihina, Belo-sur-Tsiribihina et piste vers Bekopaka

Il est un tout petit peu plus de 10 heures lorsque nous arrivons sur les berges de la Tsribihina et aussitôt nous embarquons sur un bac rustique. Les groupes qui voyage en minibus dans les autres régions de l'île se sont répartis ici entre quatre ou cinq 4x4 pour ce parcours sur piste.
On s'attendrait à débarquer en face, sur l'autre rive. Il n'en est rien car curieusement la ville de Bélo-sur-Tsiribihina se trouve décalée de quelques kilomètres plus à l'ouest. Entre embarquement des véhicules, navigation et débarquement, trois quarts d'heure sont vite passés.

Il faut admirer l'adresse des conducteurs pour bien viser les rampes métalliques permettant de monter ou descendre du bac. Quant au pilote du bac, je n'étais pas bien placé pour observer comment il peut diriger son embarcation avec les véhicules qui lui masquent la vue. Mon frère qui a fait ce voyage m'a indiqué que le pilote se dirige en regardant par dessous les véhicules ! On comprend qu'il puisse y avoir des incidents. Les autres employés qui aident aux manoeuvres veillent aussi à ce que le bac ne s'ensable pas car en cette période la rivière n'est pas très profonde. Accostés, on peut voir des chalands servant aux descentes de la rivière depuis Miandrivazo. Nous croisons des pirogues surchargées et bientôt le débarcadère est en vue.



Belo: pause déjeuner à l'hôtel du Menabe

Bien qu'il ne soit que 11 heures, Jean-Jacques nous conduit à l'Hôtel du Menabe pour déjeuner, car le chemin sera encore long. Cet établissement a été acquis par un grec en 1950 et son fils Spiros Finas en est toujours propriétaire.
En attendant que l'on nous prépare nos commandes, petit coup d'oeil à la déco dans les salles et sur la terrasse: carapaces de tortues et rostre de poisson-scie peints, statues malgaches, ancien appareil de projection de cinéma, affiches d'une mission d'un capucin italien "Pour sauver la nature, scolarisons les enfants". Dans un coin de la terrasse, un abri grillagé héberge un crocodile de plus de 1,50 m à l'air déjà redoutable.

Ne voulant pas trop charger nos estomacs, nous avons directement commandé des gambas grillées ou des brochettes de gambas avec des frites et nous avons fini avec des bananes poêlées.



Une piste difficile entre Belo et Bekopaka

12h30, c'est reparti pour 100 kilomètres et cinq heures de piste.


Par moment, ce sont les montagnes russes, il faut slalomer pour éviter les ornières et les trous d'eau. Jean-Jacques fait ça très bien, tout en souplesse.

Pendant une heure, les baobabs continuent de nous tenir compagnie. On peut même voir un baobab à troncs jumeaux qui commence à s'enrouler amoureusement.


Iguane à queue épineuse

Jean-Jacques s'arrête pour que l'on puisse voir deux sortes d'oiseaux, une huppe fasciée (Upupa epops) et tout près de là un long-tailed ground-roller (Uratelornis chimère).

Le terrain de couleur claire devient plus dénudé. Il a subi des brûlis
(tavy) et subsistent quelques maigres arbres et les termitières. Nous traversons une rivière puis des villages et peu après nous apercevons des tombeaux à l'air abandonné.

Plus loin, Jean-Jacques nous montre un petit iguane à queue épineuse (Oplurus quadrimaculatus) sur un arbre. Le sol redevient rouge. De nouveaux villages dont les habitants vaquent à leurs occupations pieds nus.


Passage en bac du Manambolo et arrivée à Bekopaka

Il est un peu plus de 17 heures lorsque nous arrivons sur la rive gauche du fleuve Manambolo. Un vingtaine de minutes d'attente pour passer le fleuve avec un bac récent géré par le Ministère des Transports.

Une dizaine de minutes d'un trajet qui nous fait passer non loin du luxueux Relais des Tsingy puis traverser le modeste village de Bekopaka dont l'école et la mairie ne paient vraiment pas de mine. Des enfants jouent au "ballon", en fait un petit ballot de vieux sacs plastiques bouchonnés et ficelés ensemble...


Maintenant, nous voici à l'hôtel Tanankoay, tenu par Pascale, une expatriée d'origine perpignanaise qui a épousé Tony, un Malgache, guide-naturaliste. Un groupe de bungalows est réparti dans un petit jardin botanique.
Nous comprenons mieux pourquoi le 4x4 emportant des colis et des jerricans. C'est une partie du ravitaillement de l'hôtel (dont du carburant pour le groupe électrogène.

Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA
Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA

Ma foi, tout cela nous a ouvert l'appétit. Poulet rôti avec croquettes en beignets et riz. Fruits frais en dessert.

Pour regagner nos bungalows, on nous remet à disposition des lanternes électriques. Super !
Une bonne nuit là-dessus car le départ sera très matinal car Pascale nous a concocté un combiné de près de deux heures dans les gorges du Manambolo avec arrêts dans des grottes puis le circuit d'Andamazavaky dans les Grands Tsingy.


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En pirogue dans les Gorges du Manambolo: grottes et tombeaux

Nous quittons l'hôtel à 6 heures, avec nos chaussures de marche aux pieds, pour aller récupérer notre guide au bureau du Madagascar National Parks (MNP). Notre guide pour cette journée sera Charline, un petit bout de femme, mère d'un petit garçon né en 2009.

Nous embarquons sur une sorte de catamaran rustique, une pirogue dédoublée avec des planches pour relier deux embarcations (l'embarcation est ainsi plus stable pour la sécurité des touristes) afin de visiter les Gorges du Manambolo. L'eau étant peu profonde, c'est à la perche que le piroguier propulse l'embarcation en remontant le cours du Manambolo sur quelques kilomètres. De la sorte, la navigation est silencieuse, d'autant que nous sommes seuls sur le fleuve. Nous remontons en longeant la rive gauche, face aux Petits Tsingy qui se dressent sur l'autre rive.

C'est l'occasion de voir que les falaises abritent toute une faune: oiseaux dans les anfractuosités, caméléons dans les roseaux tandis que des arbres (baobabs et pachypodiums) s'accrochent aux rochers par leurs racines de manière acrobatique.
Munis de nos lampes, visite d'une première grotte avec des concrétions (draperies, stalactites et stalagmites) encore actives. On peut également voir des racines de ficus qui traversent la grotte de part en part à la recherche de l'eau pour un arbre situé plusieurs dizaines de mètres au-dessus de nous. Nous reprenons la pirogue pour aborder dix minutes plus tard dans une seconde grotte.
Après cela, revenus sur la pirogue, Charline nous fait observer une grotte située à mi-hauteur. C'est un tombeau Vazimba. On aperçoit les calottes de trois crânes posés au bord de la grotte. Les Vazimbas (nom qui signifie "ceux qui ont toujours été là" dans certains guides et "ceux de la forêt" dans d'autres !) viennent en réalité des Hauts Plateaux dont ils avaient été chassés par les seigneurs hova d'origine néo-austronésienne arrivés sur l'île à partir du VIIIe s.

Il est temps de rentrer. Nous croisons deux autres embarcations de touristes. Nous sommes de retour à 8 heures et là les choses sérieuses vont commencer après avoir récupéré baudriers et sangles au bureau des guides. Nous retraversons le village où se tient un petit marché où nous sommes intrigués par des espèces de saucisses séchées enroulées en spirale. En fait il s'agit de tabac à chiquer.


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Les Grands Tsingy de Bemaraha - Circuit Andamazavaky

A l'hôtel Tanakoya, nous allons retirer nos sandwichs pour le déjeuner et emportons 2 litres d'eau par personne pour bien s'hydrater, chapeau et crème solaire (réverbération). Cette balade sur le circuit d'Andamazavaky dans les Grands Tsingy n'est pas pour autant quelque défi sportif, ni un trail ni un treck. C'est une randonnée facile, à portée de tout "petit marcheur".Les seules contraintes sont d'avoir un minimum de souplesse et le pied sûr (un bon sens de l'équilibre) même si l'on est toujours assuré sur une "ligne de vie", de ne pas être obèse pour passer dans quelques boyaux des grottes ou pour se glisser entre des blocs, de ne pas être sujet à la claustrophobie et surtout au vertige (pont himalayen).

Pour faire la quinzaine de kilomètres qui nous séparent du point de départ du circuit pédestre, le 4x4 doit emprunter une très mauvaise piste qu'une tentative d'empierrement a rendue on ne peut plus cahoteuse. Elle ne sert pas qu'aux touristes des Tsingy car nous avons vus à Belkopaka des camions-taxis "bâchés" qui l'utilisent pour se rendre plus au nord. La piste est très étroite ce qui oblige les villageois que nous croisons à se ranger dans les broussailles tandis que le croisement avec une charrette est tout un art de l'évitement. Ça n'empêche pas Jean-Jacques de s'arrêter pour nous faire voire ici un caméléon à capuchon (Calumma brevicorne) de couleur beige et le gecko vert (Phelsuma madagascariensis) . Nous arrivons au parking, sans doute les derniers et Jean-Jacques parvient à trouver un emplacement un peu ombragé au milieu de la douzaine de véhicules déjà stationnés.



Carte d'identité des Tsingy de Bemaraha

Les Tsingy de Bemaraha sont un massif calcaire c'est-à-dire qu'ils sont d'origine sédimentaire. Il y a 200 millions d'années et pendant quelques millions d'années, des débris calcaires se sont accumulés jusqu'à ce qu'un soulèvement les fasse émerger, révélant fissures et diaclases. Une érosion chimique intense s'est produite il y a 5 millions d'années à la faveur de pluies acides qui ont formé ces reliefs acérés. Sous une forme moins spectaculaire, cela rappelle les reliefs karstiques de la Forêt de Pierres de Shilin dans le Yunnan ou ceux de nos régions tempérées (par exemple Désert de Platé ou Plateau des Glières dans les Alpes françaises) que les géomorphologues nomment lapiaz (ou lapié ou lapiez) lorsque la roche calcaire attaquée par l'érosion est déchiquetée et sillonnée de rigoles, fissures et crevasses aux aspérités coupantes, de taille variable, dont certaines aiguilles acérées peuvent atteindre plusieurs mètres. C'est ube aubaine pour des types de flore et de faune particuliers: 650 espèces de plantes et des centaines d'espèces animales (66 de reptiles, 22 d'amphibiens, 15 de chauves-souris...).

Le massif couvre 157 000 ha (72 000 selon d'autres sources), moitié en Parc et moitié en Réserve. Il abrite 13 espèces de lémuriens dont huit nocturnes (dix pour certaines sources). Un site aussi extraordinaire ne pouvait qu'être classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO dès 1990. Une quarantaine de guides sont employés par le parc et la moitié des droits perçus devraient normalement bénéficier aux villageois mais Charline considère que cet engagement n'est pas respecté.
Le calcaire des Tsingy est une pierre très rugueuse, au contact très agressif, c'est pourquoi nous n'avons pas regrettés nos manches longues et nos pantalons. Mon frère qui a déjà pratiqué les Tsingy nous a munis de gants en kevlar. Sage précaution si l'on veut limiter l'érosion de la peau des doigts. Devant l'étonnement de Charline, on peut supposer que nous sommes les premiers touristes à venir avec ce genre d'équipement bien utile.

9h45, c'est le début de la marche.



Les Tsingy, entre spéléo et escalade: de grottes en belvédères aériens et pont himalayen

Tsingy de Bemaraha: liane étrangleuse

Dans une partie boisée avant la montée au Tsingy, nous apercevons trois sifakas tout blancs, à l'exception du museau et des oreilles, de l'espèce rare Sifaka de von der Decken (Propithecus deckenii), un cousin du plus commun propithèque de verreaux (Propithecus verreauxi) qui, lui, a le sommet du crâne surmonté d'une couronne de poils bruns. Un peu plus loin, dans un arbre creux, au niveau d'un noeud, Charline nous fait observer un hapalémur des bambous (Hapalemur griseus) qui sort discrètement la tête de son trou.
A cela s'ajoutent 94 espèces d'oiseaux, 22 espèces d'amphibiens, 15 espèces de chauve-souris et 66 de reptiles. la flore n'est pas en reste sur la faune, puisque les Tsingy comptent 650 espèces de plantes...
 
Un peu plus loin, nous passons près d'un ancien tombeau.

Charline sera l'une des rares personnes à évoquer au cours de notre séjour malgache les fady, les tabous ou interdits traditionnels. Dans les Grands Tsingy il y en a trois: on ne doit pas désigner les choses en tendant le doigt (mais on peut le faire les doigts repliés), il ne faut y laisser d'ordures ou d'immondices et enfin les tamariniers y sont des arbres sacrés.

Charline tente de nous dissuader de passer par la grotte pour prendre un accès plus direct vers les belvédères.
Pas d'accord ! Nous avons fini par nous décider pour les Grands Tsingy et on ne veut pas les faire qu'à moitié.

Tsingy de Bemaraha: "arbre  vazaha"

Incroyable paysage chaotique que ces lames de couteau de pierre grise de plus de 30 m de haut, vues en contre-plongée.
Au fond des fissures, la végétation s'est installée y compris de vrais arbres: palissandre, balsa (à pirogues), acajou ou encore santolina servant à faire les masques de beauté des femmes. Plus loin, on voit la liane étrangleuse partie à l'assaut de grands arbres. En fait il ne s'agit pas d'une liane mais d'une variété épiphyte de ficus dont les racines aériennes ont des propriétés étrangleuses le favorisant dans sa compétition avec d'autres arbres supports.

A la saison des pluies, le fond de tous ces trous, boyaux et grottes est noyé sous plusieurs mètres d'eau.

 

Première grimpée sans utiliser encore le câble, afin d'accéder à la grotte. Un puits de jour puis la sortie. Cette fois pour monter, on utilisant les blocs vissés dans la roche, il faut aussi se sécuriser sur le câble, la fameuse "ligne de vie", en ayant toujours une sangle passée autour du câble. Il n'est jamais trop tard pour s'initier à la via ferrata.
On arrive bientôt à un premier belvédère. Au milieu de ce monde minéral, on est surpris de voir surgir ici une épine du Christ en fleur et là un "arbre vazaha" ainsi surnommé parce que son écorce rougit avant de peler comme notre peau de Blanc... Bien vu !


Tsingy de Bemaraha

Mais la partie la plus spectaculaire du parcours est à venir. Une passerelle ou pont himalayen (ou pont de singe) d'une vingtaine de mètres de long a été jetée au-dessus d'un faille profonde d'environ 70 mètres (et non pas de 150 comme il arrive qu'on le lise). A partir de là, on gagne un second belvédère et c'est l'unique occasion où nous rencontrons un autre petit groupe de touristes.

Après les sommets, retour dans les entrailles. Charline nous fait emprunter des boyaux étroits, on ne peut pas garder le sac sur le dos. Ailleurs, il faut progresser plié car le plafond est très bas. Pour la sécurité, il manque un équipement, le casque.

 

Il est presque 13 heures et tout cela nous a bien mis en appétit. Un puits de lumière au fond d'une diaclase nous sert de patio bien frais.
C'est un coin pique-nique connu car même les animaux y viennent. C'est d'abord un rat Lamberton des Tsingy à queue touffue (Nesomys lambertoni), genre écureuil puis une mangouste à queue annelée (Galidia elegans) endémique à Madagascar. Celle-ci, familière, va nous tenir compagnie tout le long du repas, allant et venant, se faufilant dans un trou pour ressortir par un autre. Ce petit carnassier à la robe rousse d'une cinquantaine de centimètres (queue comprise) peut s'attaquer aux serpents. Un petit oiseau vient se joindre dans l'espoir de trouver quelques reliefs de notre banquet. I
Il faut penser à repartir et à sortir de notre trou.



Tsingy de Bemaraha

Pour terminer le parcours, Charline tente à nouveau de nous faire opter pour un raccourci qui permettrait de gagner une heure en évitant d'emprunter un réseau de diaclases.

Que nenni ! On veut la totale.
Ce sera donc encore des grottes, des échelles et des diaclases mais c'est bien agréable et les couleurs sont étonnantes avec le soleil au zénith.

Il fait très chaud (37°) lorsque l'on regagne le parking vers 15 heures, après un peu plus de cinq heures de balade. Derniers arrivés ce matin et derniers repartis cet après-midi. Logique !
Il ne reste plus que notre 4x4 et Jean-Jacques qui en a profité pour se reposer. Une bonne heure de piste pour rentrer et reconduire Charline au village.



Bekopaka: soirée tranquille au Tanankoay

Il est plus de 16h30 lorsque nous arrivons l'hôtel Tanankoay. Une bonne douche, puis une bière THB bien fraîche sur notre terrasse et un petit repos dans un hamac... Quoi de mieux en attendant de dîner vers 20 heures ?

Bungalows de Tanakoay à BEKOPAKA


Il n'est pas facile de renouveler le menu lorsque l'on est si loin de tout . Poulet rôti avec des torti fusilli, des pâtes torsadées, et des racines de manioc. En dessert des crêpes nappées d'une sauce chocolat.

Tanakoay à BEKOPAKA Tanakoay à BEKOPAKA Tanakoay à BEKOPAKA 
Tanakoay à BEKOPAKA Tanakoay à BEKOPAKA Tanakoay à BEKOPAKA

La nuit sera encore courte car le départ est fixé à 6h30, non pas que la piste soit plus longue qu'à l'aller mais Jean-Jacques nous explique que c'est la condition pour pouvoir bien profiter du coucher de soleil sur l'Allée des Baobabs, avant l'arrivée à Morondava.



Retour par la piste vers Morondava: traversées en bac, tombeaux, baobabs et lémuriens

En route pour l'embarcadère du bac du Manambolo, ça ne nous empêche pas de faire un arrêt-photo caméléon (toujours le Calumma brevicorne) de couleur beige. Sur le rivage, quelques ouvriers sont occupés à aménager un quai en maçonnerie financé par la Banque Mondiale. Résistera-t-il aux crues de la prochaine saison des pluies ?

De retour sur la piste, nous croisons une femme et un jeune emportant des morceaux de viande de sanglier. Plus loin Jean-Jacques nous signale une crécerelle malgache puis plus loin un perroquet aux abords d'un village, dans un arbre aux fleurs rouges ressemblant à un flamboyant, l’érythrine à crête de coq (Erythrina crista-galli). Encore plus loin, c'est un imposant aigle serpentaire de Madagascar (Eutriorchis astur) posé sur le sol. Ce rapace diurne se nourrit en partie de caméléons.
Une rivière où des villageoises font la vaisselle, un village. Dans un arbre, un couple de corbeaux-pies (Corvus albus) à plastron blanc.

Dix heures, il y a plus de trois heures que nous roulons sur la piste difficile. Nous retrouvons les premiers baobabs et les premiers tombeaux sakalavas.

Onze heures. Nous sommes à Belo-sur-Tsiribihina. Même horaire qu'à l'aller mais cette fois, Jean-Jacques nous conduit au très sélect restaurant Mad Zébu. Une bonne adresse si l'on peut dire car je n'en ai trouvé ni site internet ni email. Une demi-douzaine de 4x4 sont déjà stationnés.
On voit que le chef a séjourné en France par la présentation raffinée des plats. Après une verrine de mise en bouche, terrine de tilapia aux olives noires et vinaigrette au tamarin en entrée. En plat principal, dispersion entre: bouquet de gambas au gingembre, poitrines de sarcelle poêlées et ses cuisses au poivre vert et ananas poché au vin rouge et, dernière option, filet de capitaine grillé au thym. Accompagnement de légumes variés: carottes, haricots, chou-fleur et pommes de terre. Desserts: salade de fruits frais au coriandre et sorbet goyave ou alors crème légère au yaourt, tomates cerises pochées au miel et sorbet papaye au thym.

Nous sortons de table une heure plus tard, à midi, après avoir fait bombance, on peut imaginer quelque somnolence cet après-midi. Espérons que Jean-Jacques a fait dans le plus léger.

Pendant la traversée en bac, je n'ai pas le temps de m'ennuyer car je suis assis à côté d'un Louis qui me raconte sa vie. Il est professeur de langue et civilisation malgaches (incluant les 18 ethnies), titulaire d'une maîtrise dans cette spécialité et partage son activité entre deux établissements. Il gagne 170 000 MGA par mois (soit 2€ par jour) et vit avec sa mère âgée de 80 ans. Il évoque le trafic de bois précieux (palissandre) que les Chinois tentent d'organiser à partir de Belo.

 

Retour sur la piste plus facile. Nous retrouvons le secteur où sont édifiés de nombreux tombeaux. Comme chez les Mahafaly du sud-ouest, des scènes naïves peintes aux couleurs vives ont remplacé sculptures et alao (totems) érotiques en bois de faux-camphrier réputé imputrescible. Plusieurs de ces tombeaux ont été rénovés récemment, sans doute à l'occasion de retournements de morts.

Bungalows de SCulptures érotiques sakalavas

Jean-jacques explique que la représentation de plusieurs femmes sur les tombeaux tient au fait que les Salakavas sont souvent polygames. Dans les scènes, on retrouve quand même des zébus (troupeaux) mais aussi des bicyclettes ou des motos et des scènes de danses.

Et toujours des baobabs za à tronc conique, rubrostipa ou fony en forme de bouteille et les fameux grandidieri au tronc cylindrique surmonté d'une ramure aplatie.
En traversant la Forêt de Kirindy, Jean-Jacques a le temps d'apercevoir un groupe de sifakas, des propithèques de verreaux (Propithecus verreauxi), entièrement blancs, à l'exception de leur face noire et d'une couronne de poils bruns sur le sommet du crâne. Nous aurons tout loisir de les observer, plus facilement que leurs cousins Propithecus deckenii, hier aux Grands Tsingy. Il faut souligner que traditionnellement un fady interdit aux Sakalavas de tuer et de manger les sifakas considérés comme sacrés, tout comme chez les Betsimisarakas de l'est à l'égard des indris.


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Le Baobab Amoureux et l'Allée des Baobabs de Morondava

Nous quittons la piste principale pour nous diriger vers l'ouest (sur notre droite donc). Après avoir vu un baobab aux troncs jumeaux, c'est au baobab amoureux que nous conduit Jean-Jacques. Endroit très couru des touristes mais à cette heure-ci (15h45), nous avons la chance d'être seuls. Il y a débat pour savoir s'il s'agit d'un seul arbre à deux troncs ou de deux arbres ? Je penche pour le premier cas. De même, s'agit-il de la variété za ou fony ? Là, je pencherais plutôt pour la seconde option.
En tout cas, le phénomène a suscité un petit commerce de souvenirs, de petits baobabs amoureux en palissandre.

Baobab Amoureux Baobab Amoureux

Retour sur la piste principale d'où l'on peut apercevoir des tombeaux. Traversées de villages.
Nous arrivons à l'Allée des Baobabs à 16h45, largement avant le coucher de soleil. Certains jours, c'est le rendez-vous immanquable de touristes japonais venus à Madagascar uniquement pour cela (avec une simple escale de correspondance à Antananarivo pour l'aéroport de Morondava).

Allée des Baobabs de Morondava



Allée des Baobabs de Morondava

Nous ne sommes pas les premiers.
Il faut s'armer de patience pour qu'enfin un minibus garé au milieu de l'allée, ce qui est interdit, consente à dégager. En effet, un parking a été aménagé pour dégager les véhicules de la perspective. Une quinzaine de 4x4x et 3 ou 4 minibus y sont garés.
A noter qu'un bon quart voire un tiers des touristes sont des "locaux", des Malgaches. Et pourquoi pas ? Les gens de chez nous ne vont-ils pas tous un jour ou l'autre voir la Tour Eiffel ou le Mont Saint-Michel ?
Le petit étang voisin apprécié des canards s'avère être un parfait miroir pour capter le reflet des baobabs. Nous avons tout le temps pour rechercher les meilleurs angles et la meilleure lumière laquelle va beaucoup changer pendant les deux heures qui nous séparent du complet crépuscule.

Un petit commerce de souvenirs s'est installé sur le site: sculpture et vente de baobabs amoureux ou non, vente de fruits et de jeunes plants de baobabs. Pour les petites faims, on vend même des brochettes de zébu. Pendant ce temps là, sur ces "Champs Elysées malgaches", c'est le défilé des charrettes qui rentrent après une journée de labeur. Quittant la baignade dans l'étang, une cane dinde se risque à faire traverser la piste à sa couvée d'une bonne quinzaine de canetons encore bien jeunes. Puis c'est l'heure où un troupeau de zébus vient s'abreuver et faire trempette dans l'étang. S'en suivent quelques joutes à coup de leurs immenses cornes.
Le soleil continue de baisser et tous les photographes sont aux aguets, à la recherche du meilleur angle et de la meilleure lumière. pendant ce temps, trois jeunes Malgaches parcourent la foule en exhibant des caméléons qu'ils transportent sur des bâtons tandis que le plus grand, un garçonnet de 8 ou 10 ans, laisse voir sa nudité et un petit pansement sur le sexe laisse à supposer qu'il a été récemment circoncis.

Le soleil est maintenant descendu entre les baobabs. Ça mitraille de tous les côtés et il faut éviter d'avoir quelque photographe envahissant dans son objectif pour immortaliser ce féerique coucher de soleil. 18 heures, le soleil a complètement disparu de l'horizon. Quel merveilleux moment nous avons passé et ces deux heures n'ont finalement pas paru si longues. Merci Jean-Jacques.

MORONDAVA Allée des Baobabs

 


Morondava, retour au Baobab Café

C'est à nouveau Morondava et l'hôtel Baobab Café. Nous reprenons nos bagages dans le 4x4 et avec la fin de prise en charge par Tanakoay, nous disons adieu à Jean-Jacques.
Qu'il continue de prendre soin de ses clients comme il a si bien su le faire avec nous !

Pour l'une des chambre, il y a changement. Nous héritons d'une grande chambre qui cette fois donne sur la rue. Nous avons la compagnie discrète d'un petit gecko des maisons (Hemidactylus frenatus) pratiquement transparent, avec quelques petites taches marron sur le dos. Un insecticide sans danger donc respectons-le.

Au menu du dîner, nos choix se portent respectivement vers une sole entière, des calamars et un magret de canard (tous au tarif de 15000MGA). Les desserts son également éclectiques: salade de fruits (6000 MGA), nougat glacé et flan (8500 MGA).

La nuit sera tranquille car le bruit dans la rue cessera pratiquement après 23 heures.


Morondava, décollage pour Antananarivo

Le lendemain à 7 heures, nous attendons notre transfert vers l'aéroport afin de gagner Antananarivo.
7h15 et toujours rien. Premier couac dans la logistique jusque là bien huilée ! Non ! La réception du Baobab Café prend alors la décision de nous faire conduire avec un 4x4 de la maison. On y gagne plus de confort et de place pour les bagages. Peu après le départ, nous croisons un taxi qui était sans doute celui qui nous était destiné. Une course perdue et une réputation écornée pour son chauffeur.

A 8h15 nous embarquons et le décollage va avoir lieu avec un quart d'heure d'avance sur l'horaire prévu. Sans doute que tous les passagers étaient enregistrés. L'avion d'Air Madagascar est un ATR 42-72 ("Avions de Transport Régional" produit par le GIE franco-italien créée en 1982 et regroupant EADS et Alenia Aeronautica) bi-turbopropulseur à hélices aménagé pour le transport de 60 passagers (15 rangées) et nous apprécions l'espace entre les rangées de sièges.
C'est parti pour une bonne heure de vol.

Nous nous posons à Ivato, l'aéroport d'Antananarivo vers 9 heures et demie... Le dernier chapitre de nos aventures va s'ouvrir !


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