Région centrale des HAUTES TERRES Ambalavao FIANARANTSOA Parc NatIonal de Ranomafana Manakara, l'extrémité sud du Canal des Pangalanes

Détour vers l'Océan indien
1 - Manakara Canal des Pangalanes
2 - Parc National de Ranomafana
3 - Fianarantsoa Retour vers le sud par la Nationale 7
4 - Ambalavao
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LES RESEAUX FERROVIAIRES


Le réseau sud des chemins de fer malgaches

L'attraction touristique

Cela aurait dû être l'un des temps fort du voyage, inoubliable, pittoresque et interminable avec au plus rapide une dizaine d'heures dans un tortillard, le "TGV malgache" (Train à Grandes Vibrations ! tiens donc ! ça nous rappelle le Vietnam).

Cette ligne d'environ 165 km est exploitée par la FCE (Fianarantsoa Côte Est). Le voyage s'effectue au mieux à la vitesse moyenne de 15 à 17km/heure, compris les temps d'arrêt dans les 16 arrêts dans les gares intermédiaires. Lorsqu'il roule, le train fait son petit 20km/heure et pousse même des pointes à 30 ! Bref, un trajet qui dure de 8 à 10 heures (voire 12 heures !).

Après des études lancées en octobre 1920, le chantier a débuté en 1927 (ou 193-26 ?) et la ligne a été ouverte en 1937 (ou 1936 ?), au prix de la vie de 5 000 à 10 000 ouvriers. Elle assure actuellement le transport de 150 000 voyageurs et 15 000 tonnes de marchandise par an dont les récoltes de quelque 200 000 petits paysans. Chaque semaine six voyages sont normalement assurés, trois dans chaque sens. Pour le trajet complet, il en coûte 20000 MGA (7€) en première classe et 14000 en seconde (5€).

Le train est tiré par une motrice diesel Alsthom qui date de 1956 achetée d'occasion par la compagnie. Normalement elle tracte un wagon de marchandises et trois wagons de voyageurs de couleur verte avec liserés jaunes: un wagon de première où se retrouvent les touristes vazahas (la compagnie ne leur vend que cette classe), deux wagons de seconde pour les autochtones.

En franchissant 48 (56 d'après le programme de Richard ?) tunnels, qui se traversent sans éclairage dans les voitures (le plus long dépasse le kilomètre), et 67 (76 toujours d'après le programme de Richard ?) ponts et viaducs, elle traverse le pays de l'ethnie Tanala ou Antanala puis le pays Antaimoro ("peuple de la côte") en descendant les 1100 m d'altitude qui séparent Fianarantsoa de l'Océan Indien dont une vingtaine de kilomètres en falaise avant Tolongoina, avec une pente à plus de 3,5% ! qui serait la plus forte au monde. Compte tenu du relief, du climat (les cyclones de l'an 2000 avaient provoqué 280 éboulements représentant 150 000 m3 de déblais) et des moyens techniques et financiers pour l'exploiter cette ligne est fragile, sans compter avec les vols de rails ! Malgré des travaux de remise en état du matériel et des voies réalisés en 2002 et 2007, certaines parties de la voie sont en si mauvais état que les passagers peuvent voir les rails se tordre dangereusement au passage du convoi, ce qui peut expliquer certains déraillements. Evidemment lors des cyclones, le service n'est plus assuré et c'est plutôt rassurant.

Au long du parcours, quantités de choses à voir:. Superbes chutes de la Mandriampotsy et de Faraony... Passage de la végétation un peu aride des hauts plateaux à celle des forêts de hautes futaies puis à la forêt tropicale avec les ravinalas ou "arbres du voyageur", bananier, fougères arborescentes et jacquiers...

 


Au nord, l'autre réseau des chemins de fer malgaches

Madarail...

C'est tout au nord de l'île, à Anivorano, dans la région de Diego-Suarez, que les premiers rails furent posés en 1901, pour une ligne que devait atteindre Tananarive (Antananarivo) par la côte est (TCE) mais cette partie ne s'est pas concrétisée. En revanche, à son autre extrémité, la ligne reliant Tananarive à Brickaville (Vohibinany) dans les environs de Tamatave a été ouverte officiellement le 1er Avril 1909 alors que la construction de la gare de la capitale n'était pas terminée (inaugurée un an après). C'est en 1913 que la ligne a rejoint Tamatave. Un embranchement fut développé vers le nord, la région du Lac Alaotra, avec la ligne MLA (Moramanga-Lac Alaotra). La ville d’Ambatondrazaka fut reliée à Moramanga en 1922.
Les travaux pour la ligne sud reliant Tananarive et Antsirabe ont débuté en 1912 et la ligne TA (Tananarive-Antsirabe) fut mise en service le 15 Octobre 1923.

En 1944, une société fut mise en place pour exploiter les Réseaux Nord et Sud. Ce sera la Régie Générale des Chemins de Fer d'Outre-Mer dont le nom évoluera par la suite en Régie des Chemins de Fer de Madagascar (RCFM). En 1974, bien après l'indépendance (1960), la société fut nationalisée puis rebaptisée Réseau National des Chemins de Fer Malagasy (RNCFM) en 1982.
Les années 1990 voient le réseau se dégrader aussi l'’Etat décide-t-il en 2002 de privatiser le RNCFM qui devient MADARAIL ou Madagascar Railways, en le confiant à l'opérateur privé Comazar, filiale du groupe Bolloré. En 2008, l'entreprise passe sous le contrôle de l’opérateur belge Vecturis.

...et ses deux trains touristique.

"Le concept est unique en son genre ! Vous êtes libres de concevoir votre parcours. Nos trains touristiques partent à l’heure, au jour et à la gare de départ de votre choix, pour une destination choisie par vous-même. Découvrez la richesse et la variété des paysages malgaches, dont certains, impressionnants ne peuvent être visibles que par la voie ferrée."

Avec la Micheline "Viko Viko",
Une sorte d’autobus roulant sur rail inventé dans les années 1930 et qui peut atteindre les 50km/heures. Elle est aménagée avec 19 fauteuils en osier, un coin bar à l’arrière et son parquet en bambou

Avec le "Trans Lemurie Express"
Il comprend un ou deux wagons "Classe Palissandre" de 52 places chacun, accompagné(s) d’un wagon fourgon pour groupe électrogène et bagages. Ils sont entièrement réhabilités avec des matériaux précieux (parquet en bois de palissandre) et originaux (sisal, labradorite, quartz, marbre cipolin).
Pour l'agrément des voyageurs, musique d'ambiance, bar en palissandre massif et raphia tressé, de prises électriques pour utiliser les ordinateurs portables ou pour recharger les batteries des appareils électroniques.

Service assuré le week-end vers Andasibe et Antsirabe et location privée possible.
- Ligne Antananarivo-Côte Est (TCE) reliant Antananarivo à Taomasina (Tamatave) en passant par Andasibe en 10 heures avec "Viko Viko" et 12 heures avec "Trans Lemurie Express"
- Ligne Antananarivo-Antsirabe (TA) en 4 heures 30 avec "Viko Viko" et 5 heures avec "Trans Lemurie Express"
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Nuit calme à Sahambavy. Aucun passage de train sur la voie ferrée toute proche... Et pour cause !

Dès 7 heures nous retournons à l'hôtel pour prendre un excellent petit-déjeuner continental amélioré avec yaourt maison, salade de fruit, jus de fruit frais.
Après cela, nous profitons d'un petit quart d'heure pour nous promener dans le parc entourant l'hôtel. Superbe par la variété des fleurs, par le cadre sur le bord du lac noyé dans le brume à cette heure matinale, lac où sont installés certains bungalows sur pilotis. Il y a peut-être un revers à y loger... les moustiques !

En route vers l'Océan Indien

7h45, c'est parti pour une journée en 4x4 en lieu et place du pittoresque trajet en train vers Manakara.

Dix kilomètres de petite route le long de la voie ferré pour regagner la Nationale 7. Fours à briques dont la combustion est réglée à partir des prises d'air ménagée à la base des meules comme on peut le voir. Et donc, maisons de briques !

Nous reprenons la direction du nord pour quelques dizaines de kilomètres avant de bifurquer vers l'est, via la Nationale 45, un embranchement qui nous permet de rejoindre la route Nationale 25. Enfin des bonnes routes dont le revêtement a été refait il y a cinq ans grâce à des aides d'ONG, des pays étrangers (USAID) ou des organismes multilatéraux relevant des Nations Unies, de la Banque Mondiale.


Champs d'armoise (Artemisia), culture intercalaire mal payée mais qui n'occupe le terrain que pendant trois mois. Piétinement de rizière par un groupe d'une dizaine de zébus en vue du repiquage prochain du riz dans certaines parcelles. Cela ne semble pas beaucoup les amuser et certains parviennent à échapper à leurs bouviers.

Intéressant arrêt au village d'Anjamba pour y voir un atelier où quatre forgerons sont à l'oeuvre, pieds nus. A partir de plaquettes d'acier d'environ 30x10x2 cm, ils forgent des bêches, douille comprise. Une grosse pièces d'acier récupérée leur sert d'enclume et le feu est activé par un soufflet à deux tuyaux (comme on l'a également vu en Birmanie).
Ici la population n'a pas l'air très prospère si l'on en juge aux vêtements usagés et sales, notamment ceux des enfants crasseux qui quémandent à coup de "Vazaha sitlos" (stylos !) et de "Bonbons Vazaha". Tous les villageois vont pieds nus.

Un quart d'heure après avoir quitté ce village, nous arrivons aux jolies chutes d'Andriamamovoka.

Chutes d'Andriamamovoka


Toute la région s'apprête à accueillir un chanteur en tournée comme en témoignent les banderoles suspendues au-dessus de la route sur le trajet vers Manakara. Il s'agit de Jean Aimé, la super vedette de Bemaharivo et Marovoay (nord-ouest de l'Île), un chanteur de type zouk-love (un style musical venu des Antilles dans les années 1980 caractérisé par un rythme lent et doux se prêtant aux chansons d'amour) rendu célèbre par son tube “Andrasako foana anao cheri” (qui signifierait peut-être quelque chose du genre "Chérie j'attends que tu sois libre") créé en 2006.

Petit arrêt au marché de Ranomafana

Peu après, c'est le centre de Ranomafana (la localité compte 10 000 habitants, campagnes comprises), avec des maisons "à pans de bois" et torchis, un petit marché. C'est une petite station thermale comme son nom malgache l'indique "eau chaude".
Court arrêt. Tour rapide au petit marché. Nous repérons déjà l'endroit où nous dormirons dans deux jours, au retour de Manakara. Les traditionnels chariots à quatre petites roues sont parfois remplacés dans cette région par des brouettes entièrement faites en bambou (roue comprise).

 

Trajet routier au milieu des forêts

10h15, on reprend la route pour la région de l'ethnie Tanala. Nous n'irons pas au petit village de Kelilalina où certains T.O. conduisent leurs voyageurs pour assister à la danse Dombolo, une danse avec des bambous. Passage à Ifanadiana.

Les forêts de hautes futaies cèdent la place à la forêt tropicale avec les ravinalas ou "arbres du voyageur", des quantités de bananiers, fougères arborescentes, jacquiers et badamiers...

Le ravenala ou ravinala, "l'arbre du voyageur",
emblème de Madagascar et de la compagnie Air Madagascar

Ce n'est pas véritablement un arbre. Cette plante est endémique à Madagascar. On laissant de côté les termes des classification botaniques pour utiliser des termes anthropologiques, on pourrait dire que c'est un lointain cousin des palmiers et un cousin germain du bananier. Avec ses feuilles érigées en éventail et orientées pour présenter le moins de prise possible aux grands vents (cyclones), il atteint 20 mètres de haut. Il pousse dans les sols frais.

En perçant un trou à la base de chaque feuille (la gaine foliaire du pétiole) on peut "tirer de l'eau", jusqu'à un litre, en réalité de la sève sans goût particulier. C'est cela qui lui vaut son surnom "arbre du voyageur" puisqu'il est possible de se désaltérer de cette façon.

Mais les Malgaches lui ont trouvé bien d'autres usages, notamment des matériaux pour la construction des cases traditionnelles. Les panneaux des murs, sont fait avec des pétioles fendus, falafa. Le toit est fait tout simplement avec les feuilles, raty. Du tronc on tire des planches, rapaka.
Enfin, il procure aussi une matière grasse comestible et également utilisée pour les cosmétiques...

Donc "arbre" providentiel à plus d'un titre !


Nous faisons une pause peu après, à quelques kilomètres avant Irondro où nous devons déjeuner. Nous surplombons une rivière dans laquelle des dizaines d'orpailleurs, ou plus exactement d'orpailleuses, s'activent, des femmes et des enfants pour l'essentiel. Dominique n'est pas en mesure de nous indiquer clairement s'ils recherchent de l'or ou des pierres semi-précieuses.
En fait c'est un orpaillage un peu particulier car ce ne sont pas des sables ou graviers de la rivière qu'ils "lavent" dans leur batée mais de la terre que d'autres ouvriers apportent de la colline voisine. A quelque distance, un modeste site d'orpaillage occupe une dizaine de personnes.
C'est également l'occasion d'observer près de là différentes plantes tropicales qui poussent directement au bord de la route: caféiers, avocatiers en fleur, litchis, girofliers, canneliers, palmiers à raphia...

Palmiers raphias Orpailleurs Orpailleurs


Pause déjeuner à Irondro

A Irondro est une petite localité située au niveau d'une fourche, là où la RN25 s'oriente vers le nord-est en direction de Mananjary (l'amélioration de ce tronçon a bénéficié d'aides de l'Union Européenne en 2009), au bord de l'Océan Indien, tandis que la RN12 qui part d'ici, plein sud, rejoint Manakara, également sur la côte.

Il est midi et quart et Dominique avise un endroit où l'on pourrait déjeuner. Le connaît-il ou se laisse-t-il séduire par l'enseigne "Hôtel Tsimialona - Le Goût du Voyage Mandrosoa Tompoko" ? En fait d'hôtel, c'est un hotely dont la salle de restaurant enfumé et sombre est vraiement une gargote. Au long des routes on peut voir d'ailleurs de nombreux établissements qui assument pleinement leur fonction en se baptisant "Gargotte" (orthographe locale pour gargoTe).

Allons-nous bien manger ? En tout cas nous n'allons pas nous ruiner. Il y a trois plats au choix, tous à 3000 MGA soit 1,07 €.
"Akoho, sauce Rony": des morceaux de poulet cuit dans un bouillon relevé au gingembre
"Hen'Omby, sauce Tsaramaso": émincé de zébu sauté avec une sauce à base d'oignon, relevée à l'ail et au gingembre
"Hena Kisoa, sauce Tsaramaso": sauté de porc.

Riz en accompagnement. Si on le souhaite, on peut aussi relever les plats avec du piment.
Au lieu d'eau en bouteille, Dominique se fait servir une boisson traditionnelle, du bouillon de cuisson de riz. Encore mieux que de l'eau simplement bouillie...

Nos choix porteront sur les deux premiers plats. Poulet peu copieux avec des morceaux surtout constitués d'os (l'akoho malagasy est souvent efflanqués). Quant au zébu, il s'est avéré très coriace. Il faut chasser les mouches qui se posent sur le riz.
Venons-en au riz. Copieusement servi à la mesure des habitudes malgaches mais avec un fort goût de fumée (cuisine au bois) et des grains cassés et même quelques grains de sable. Rien d'étonnant quand on en voit sécher non loin de là sur le bord de la rue, voire sur la chaussée. En moyenne, les Malgaches consomment annuellement 130kg de riz par personne.

Évidemment nous sommes les seuls vazaha dans l'établissement qui se remplit peu à peu, notamment avec l'arrivée d'un groupe d'enfants encadrés par quelques adultes. Dans la pénombre, on aperçoit des publicité pour la "Sûr'Eau" ou le rhum Ankarana...

Une expérience intéressante que nous avons faite là... mais que nous n'aurons pas forcément envie de renouveler ! Faut-il remercier Dominique ?

Comme nous ne nous sommes pas attardés longtemps, il est seulement 12h45, cela nous laisse un peu de temps pour se balader dans le village qui s'avère être une étape de mi journée pour de nombreux Malgaches et vazahas, surtout en raison de la "panne" de train. Notre déambulation permettra de prendre un dessert sur le pouce en achetant de délicieuses petites bananes pour quelques centimes d'euro.

Une demi heure plus tard, nous reprenons la route. Le paysage change encore devenant austère, de plus en plus découvert. Les collines sont soit dénudées et parfois ravinées, soit couvertes d'une sorte de savane herbeuse verte. On ne voit ni bétail, ni cultures, tout juste quelques bananiers et ravenalas dans les vallons.

On sent que la route descend vers la côte, vers le pays de l'ethnie Antaimoro. Vallées et rivières permettent à nouveau de créer des rizières.

15h15, nous sommes près de Manakara.
Dominique nous propose de voir "une attraction unique au monde". Nous descendons du 4x4 sur une zone enherbée et observons les lieux alentour. La ligne de chemin de fer coupe en biais ce qui ressemble à une large route goudronnée... Ce n'est pas une route mais la piste de l'aéroport local. Après tout, la route donnant accès au Rocher de Gibraltar coupe bien son aéroport...


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MANAKARA 38 000 habitants [manakar']

Puisque l'on vient de parler de train, en abordant Manakara, nous allons jeter un coup d'oeil à la gare déserte à l'enseigne "Fianarantsoa à la Côte Est". A l'intérieur on peut toujours voir une affiche manuscrite annonçant les départs à 6h45 les mercredi, vendredi et dimanche et le message vraiment étonnant "Train à l'heure, Merci et Bon Voyage".

Quelques centaines de mètres et nous débarquons à l'hôtel La Vanille. Charmant accueil par la propriétaire des lieux. Chambres spacieuses mais défraîchies, à l'image de cette ville tropicale un peu abandonnée et qui s'abandonne avec un charme subtil et suranné. Climatisation en panne dans l'une de nos chambres mais un joli petit jardin autour de l'hôtel et l'on voit à l'extérieur le personnel qui prépare les produits de la mer livrés tout frais pêchés qui seront servis ce soir.


Manakara: un petit tour en ville
Nous partons faire un petit tour à pied, vers Manakara Be, une pointe et non pas une île, coincée entre l'embouchure de la rivière de Manakara et l'océan, un quartier résidentiel chic avec des demeures coloniales et où se trouve "Le Trou du Commissaire" (!), où La Vanille possède une annexe de bungalows en bord de plage.

MANAKARA, le pont effondré


Mais nous nous arrêterons au pont franchissant la rivière. La moitié du tablier de ce pont métallique genre "Eiffel" s'est effondrée il y a douze jours, dans la matinée du 10 septembre lorsqu'un camion transportant 30 tonnes de sel (on peut lire dans la presse que le Ministre des Transports parle de 60 tonnes, là se serait vraiment une surcharge considérable même pour un 38T) a voulu le franchir alors que, compte tenu de sa vétusté (ancienneté et surtout absence d'entretien), le poids maximum autorisé avait été limité à 25 tonnes (la presse mentionne 20 tonnes mais on nous a parlé de 8 et même de 5 tonnes seulement, qui croire ?). De toute façon, même à l'origine (1910) ce pont ne pouvait faire passer des véhicules de plus de 35T.
Spectacle ahurissant de voir des personnes escalader les monceaux de pont pour gagner l'autre rive en s'agrippant à un filin parfois d'une seule main l'autre portant quelque charge. Dans cette "cordée" nous apercevons la propriétaire de notre hôtel qui rentre chez elle ou qui se rend à son annexe.
L'autre solution, moyennant modique rétribution (200 ou 300 MGA), est de faire appel aux pirogues habituellement dédiées à la pêche ou aux promenade des touristes qui se trouvent ainsi utilisées comme bacs. C'est aussi la solution utilisée pour transporter des bidons de carburants vers la centrale électrique de la JIRAMA ("JIro sy Rano Malagasy", la compagnie nationale d'eau et d'électricité de Madagascar créée en 1975 par la fusion de la Société Malagasy des Eaux et Electricité SMEE et de la Société des Energies de Madagascar SEM) qui se trouve de l'autre côté!

Nous rebroussons chemin et allons faire un tour en centre ville: églises (les paroissiens de l'église Sainte Thérèse se rendent à la messe célébrée le samedi soir), Hôtel de Ville, villas cossues à l'apparence d'hôtels mais demeures de Chinois aisés.

De retour à l'hôtel La Vanille, il fait complètement nuit et survient une coupure de secteur qui va durer deux heures et demie. Un groupe électrogène poussif tardera longtemps avant d'accepter de prendre partiellement le relais. Au dîner aux chandelles, nous nous partageons entre une demi douzaine de camarons (très grosses gambas) grillés ou en brochettes, accompagnés de légumes sautés (carottes, mange-tout, oignon, courgette) et frites. Prix de plat: 15 000 MGA. Pour terminer deux bananes copieusement flambées au rhum. Tarif: 3 000 MAG. Soit par personnes (hors boisson) l'équivalent de 6,50€.

Nuit calme.

Drôle d'histoire de crevettes:
camarons, camarón, gambas...

A Madagascar, on appelle CAMARONS de grosses crevettes de mer (endémiques sur les côtes d'Australie, le sud est de l'Asie, le sud de l'Asie et l'est de l'Afrique) connues aussi sous le nom de crevettes géantes tigrées (Penaeus monodon). Le terme camaron proviendrait du portugais camarão (les Portugais furent les premiers découvreurs du pays au tout début du XVIe s.).
L'origine de certaines confusions autour de ce nom vient du fait qu'en Espagne, ce mot désigne de manière générale les (petites) crevettes grises tandis que les grosses crevettes roses y sont appelées gambas (sauf en Andalousie où ces grosses crevettes sont des camarones).
Pour ajouter à la confusion, il a fallu que les voisins réunionnais utilisent également le terme camaron mais cette fois pour désigner la crevette géante d'eau douce (Macrobrachium rosenbergii), une espèce d'origine asiatique que l'on a tenté d'introduire, sans succès, à La Réunion dans les années 1980.




MANAKARA,  à l'hôtel La Vanille


Manakara: en pirogue sur le Canal des Pangalanes

Tôt, à 8 heures le lendemain Dominique nous a conduits à l'entrée du pont effondré où il nous présente au guide qui va nous accompagner pendant la matinée dans la lagune, sur le canal, la rivière et ses rives. Ce tout jeune guide qui vient de terminer sa formation en juin et dont Dominique a été le tuteur s'appelle Arthur Bien-Aimé LE ZOMA que nous nous contenterons d'appeler Arthur. Il mérite son titre de guide car il parle parfaitement notre langue et connaît son sujet sur le bout du doigt. Il est vrai qu'il semble tout particulièrement attaché à sa contrée.

A l'entrée du pont, nous descendons par un court sentier dans le village de cases des piroguiers.
Nous voici embarqués dans une pirogue couverte avec quatre piroguiers dont un placé à l'avant de l'embarcation. Ils pagaient à un rythme incroyable.
Le temps est agréable, ciel dégagé et température d'environ 25°.
Nous allons partir sur la gauche, autrement dit vers le nord. Nous sommes sur la rivière Manakara. Nous longeons le pont effondré ce qui nous permet de constater à quel point il était rongé par la rouille puis nous nous dirigeons vers l'embouchure en longeant sur la droite la pointe qui sépare la lagune de l'océan. Des petites maisons de pêcheurs y sont installées et l'on peut en voir certains qui réparent leur pirogue ou revoient son étanchéité (calfatage avec une sorte de goudron) en appliquant un genre de goudron sur les parties abîmées.
Nous croisons des pirogues de pêcheurs qui rentrent. Bien qu'ils naviguent à contre courant, certains n'ont pas besoin de pagayer car ils ont hissé une voile rudimentaire et le petit vent soufflant du large suffit pour les faire avancer.

Bientôt, nous arrivons au port abandonné. Sur la gauche, les quais et les bâtiments des entrepôts sont déserts tandis qu'en face, sur notre droite, on voit un cimetière de bateaux où gisent des chalands et des barges rouillées et échouées. Il est loin le temps où le port donnait du travail à 1500 dockers.
La décision d'installer ce port de la partie sud du littoral orientale de l'île à Manakara plutôt qu'à Mananjary a été prise en 1921, la liaison ferroviaire avec Fianarantsoa étant plus courte de 41 km.
Le port a fermé en 2008. ll s'avérait inadapté pour accueillir les navires actuels qui devaient jeter l’ancre au large tandis que les marchandises devaient être transbordées d'où perte de temps, coûts supplémentaires, pertes et vols de marchandises liés aux manutentions supplémentaires. Pourtant en juillet 2009, le ministre des Transports, Rolland Rajantoelina, déclarait
«la remise en marche du port de Manakara devra se concrétiser cette année»...
Aujourd'hui on s'oriente vers une autre direction en choisissant de développer le site de Marohita, à 20 km au sud de Mananjary et situé sur le canal des Pangalanes. Il pourrait abriter un port en eau profonde et disposer d’environ 80 000 ha de terrains plats tout autour.
L'enjeu, c'est l'exportation de sables noirs riches en zircon et surtout en ilménite (oxyde minéral de fer et de titane) vers la Chine.

De l'ilménite on extrait le titane, un métal léger entrant dans la composition d'alliages pour ses propriétés très intéressantes telles que sa résistance à la corrosion, sa résistance à l’érosion et au feu, sa biocompatibilité, mais aussi ses propriétés mécaniques permettant de créer des pièces fines et légères, tout en étant très solides (secteur aéronautique et spatial notamment). Il a également des applications dans le secteur de la chimie.
L'exploitation de cette ressources relève du consortium anglo-autralo-malgache QMM (QIT Madagascar Minerals) réunissant une filiale du groupe anglo-australien Rio Tinto (fondée en 1893), la QIT (Quebec Iron and Titanium) qui détient 80% du capital de QMM et l'Etat malgache représenté par l'Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques (OMNIS) qui détient le reste. De vives controverses ont cours actuellement à propos de la concession pour la recherche et l'exploitation au profit d'une société chinoise Mainland Ltd (émanation de la China Geo Engineering Corporation) arrivée à Madagascar en 2008 pour exploiter 26000 carreaux miniers sur le littoral Est du pays. Il semble que la société soit passée au stade de l'exploitation sans l'aval des autorités et en portant des atteintes à l'environnement.


Nous sommes maintenant tout près de l'océan, le vent est plus vif et l'eau un peu plus agitée. Nous obliquons vers la gauche, vers un rive sableuse où des pirogues ont accosté. Arthur nous explique que les piroguiers viennent faire leur marché en vue de notre pique-nique qu'ils vont nous organiser en guise de déjeuner.
A côté des pêcheurs qui ravaudent ou ramendent (pour faire plus simple, disons qu'ils raccommodent) leurs filets, les femmes nous présentent dans des bassines le maigre produit de la pêche. Maigre en ce qui concerne la quantité et les tailles mais quand même de beaux poissons et crustacés: poisson trident ou "trois dents" , "poisson à épine" (l'arrête dorsale) "masovoatoaka" (Paretroplus polyactis), poisson "vaona" (Ancharius fuscus) , grosses crevettes "camarons", langoustes...



Nous repartons dans l'autre direction et juste avant d'arriver au port nous prenons un petit canal sur la droite, en fait il s'agit du Canal des Pangalanes, important pour exporter les productions malgaches à l'époque coloniale. Ce canal a été aménagé il y a un siècle et mal entretenu depuis l'Indépendance. Long de 700 km (dont 500 navigables), il relie Toamasina (Tamatave) à Farafangana, parallèlement à l'Océan Indien. Il se poursuit donc encore sur une centaine de kilomètres plus au sud pour atteindre
Farafangana.
Nous nous contenterons d'y faire une brève incursion d'un quart d'heure sans en saisir l'intérêt, en dehors de dire que nous sommes vraiment allés sur un tout petit bout de ce canal...
Nous repassons devant le port et on a la surprise de voir sur le quai un camion et quelques ouvriers qui déchargent du matériel. Tient donc, le port revivrait-il bientôt ? Hélas, non !
.En fait il s'agit d'éléments métalliques destinés à la construction d'un pont provisoire (?) dit pont Bailey (pont à éléments préfabriqué
d'une portée maximale de 60 m conçu primitivement pour un usage militaire en permettant le passage de chars dont l'invention au cours de la Seconde Guerre Mondiale est due à Donald Bailey, ingénieur civil de l'Armée britannique). La société chinoise Mainland a proposé son aide espérant ainsi se refaire une virginité en se conciliant la population de Manakara jusqu'à là hostile à ses projets d'exploitation d'ilménite dans la région. La mise en service était
prévue le 10 octobre 2012 (l'inauguration a eu lieu le dimanche 28 octobre).


Manakara: en pirogue vers le village des pêcheurs de requins

MANAKARA,  totem au Mausolée d'Ambarakararay

Maintenant nous remontons la rivière en direction du sud et nous passons sous la partie non effondrée du tablier du pont. Sur notre droite nous laissons un village où se déroule une messe dominicale dans une case destinée au culte. La rivière est peu profonde à certains endroits et l'on voit des pêcheurs avec de l'eau jusqu'à la taille tirant leurs filets tandis que d'autres relèvent les nasses installées près des rives herbeuses. Bientôt sur la gauche, apparaît un étrange monument fait d'arcades blanches.

Après avoir débarqué, nous découvrons qu'il s'agit du mémorial Mausolée d'Ambarakararay ("Fasan'Ireo Mahery Fo") édifié en mémoire des insurgés nationalistes abattus le 29 mars 1947 par les Tirailleurs Sénégalais de l'Armée française. Les constructions et les totems en fer à représentation de zébu ont été fraîchement repeints pour la commémoration du 65ème anniversaire des évènements qui s'est déroulée en présence d'Andry Nirina Rajoelina, Président de la Transition !
Près de là se trouve un cimetière chrétien, avec de nombreux tombeaux de familles malgaches mais aussi chinoises. Tout près, un groupe de femmes et d'enfants, pauvres d'apparence, retourne le terrain. Ils déterrent des petits cailloux qu'une communauté de religieuses leur a commandés...

Nous rembarquons pour aborder un peu plus loin, toujours sur la gauche, dans un village de pêcheurs de requins, crevettes et crabes. Nous allons le visiter pendant une petite demi-heure, ce qui permet aux piroguiers de souffler. C'est un village de 500 ou 600 habitants dont une large moitié d'enfants.


Nous sommes accueilli par un groupe d'une dizaine d'enfants qui se baignent tout nus. Nous allons voir un peu comment vivent les habitants dans leur case perchée sur de courts pilotis. On peut même voir une case en cours de construction, l'armature et la charpente sont terminées, la couverture végétale est en place, il reste à poser les panneaux des murs et le plancher. Passage devant le petit étal de l'épicier local (riz, haricots, échalotes, tomates, lentilles...). Des poulets haut sur pattes comme on en voit dans les pays tropicaux cherchent leur pitance.

Ces volailles akoho gasy sont le résultat de croisements entre des races issues de la poule Bankiva (poule brune de la jungle ou Gallus gallus), avec des apports de "type malais" et de "type cochin", animaux peu productifs (50 oeufs par an) et à la chair dure à cuire.
Le coq sauvage bankiva originaire du sud-est asiatique possède un plumage brun cannelle cuivré et moucheté d'orange doré. Sa domestication remonte à plus de 7000 ans (5000 pour d'autres sources), venant avant celle du cheval et bien après celle du chien, de la chèvre, du mouton, du boeuf, du porc et du chat. Sa diffusion s'est étendue vers l'ouest, par l'Indus, la Mésopotamie, la Grèce et Rome tandis que la sélection en modifiait les caractéristiques: plus trapu tandis que les poules des élevages industriels occidentaux produisent aujourd'hui 10 ou 15 fois plus d'oeuf que leurs ancêtres sauvages. En revanche les coqs descendant de cette espèce sauvage sont dotés de redoutables ergots qui en font des animaux de combat.

Déjà des aliments mijotent dans les cocottes installées à l'extérieur. Du linge est étendu à séché sur le sol. Des pêcheurs réparent leurs filets. Plus loin, un groupe de jeunes joue aux cartes. Des grapheurs ont orné certaines cases de dessins naïfs voire exotiques comme le portrait de Michael Jackson. Attention aux toiles d'araignéesune énorme femelle de néphile doré (vue à contre-jour, on ne voit pas bien le doré) est à l'affût. L'insecte est impressionnant, plus de 5cm d'envergure (et jusqu'à 13cm) tandis que son compagnon qui souvent l'accompagne, est à peine remarquable avec ses modestes 5 millimètres (!).Ces insectes se rencontrent en Afrique australe et dans les zones voisines de l'Océan indien. Madagascar connaît la sous-espèce Nephila inaurata madagascariensis. Son Heureusement, elle est beaucoup plus inoffensive que sa cousine d'Amérique du Nord, la célèbre veuve noire.
On voit bien qu'il s'agit d'un village de pêcheurs de requins car à certaines cases sont accrochées de spectaculaires mâchoires de requins. D'ailleurs on peut voir des ailerons en train de sécher avant de s'en aller vers l'Asie. Passage à la boutique d'artisanat de raphia avec de jolis petits chapeaux typiques à bords étroits appelés satrokas (prononcer [satrok]), paniers et cabas appelés sobikas (prononcer [soubik]).

A propos du chapeau malgache satroka

C'est une tradition vestimentaire qui résiste, au moins dans les campagnes, avec ses variantes Merina, Betsileo, Bara, Atandroy, de Manakara, de Mananjary ou de Diego...
C'est un repère identitaire par sa forme et sa matière. Chez les Antandroy ("ceux des épines" dans le sud), il est conique et se porte lors des événements de la vie sociale, des mariages aux enterrements. Chez les Bara, il est à bord roulé. Sur les Hauts Plateaux, chez les Betsileo, il est en forme de bonnet quadrangulaire porté avec le lambaoany (ample et long vêtement fait d'une pièce de tissu) pendant des cérémonies...


Laissant ici le piroguier-cuistot avec les provisions, nous reprenons la pirogue pour aborder un peu plus loin sur l'autre rive.


Manakara: en pirogue vers une plantation et une distillerie d'huiles essentielles

Arthur nous guide à travers une plantation. Nous y découvrons diverses espèces végétales, arbres comme les jacquiers, litchis, badamiers, canneliers, ou citronniers, herbes aromatiques comme la citronnelle de Madagascar. On peut aussi y voir des népenthès (plantes carnivores poussant sur un sol pauvre). Plantes plus communes et comestibles comme les ananas (pas encore murs) ou le manioc.

Une partie de ces plantes sont destinées à produire des "simples", c'est-à-dire des extraits de plantes utilisés en phytothérapie et aromathérapie ou en cosmétique. Ici, on produit donc des essences et huiles essentielles obtenues par distillation des éléments végétaux à la vapeur d'eau.
Justement, nous arrivons près d'une distillerie artisanale, il n'y a aucun doute sur le caractère artisanal quand on voit l'alambic fait de bric et de broc. L'entreprise familiale occupe neuf personnes, à la fois dans la plantation de 10 ha et ici, à la distillerie que l'on ne verra pas fonctionner... C'est dimanche !

Le procédé de distillation consiste à faire traverser, de bas en haut, la cuve remplie de plantes aromatiques par de la vapeur d'eau chauffée (ici, au bois) dans une chaudière voisine. L'essence de la plante qui se dégage sous forme de gaz est mêlée à la vapeur d'eau. A la sortie de la cuve de distillation, le mélange gazeux traverse un serpentin baignant dans l'eau froide ce qui provoque la condensation du gaz. A la sortie du serpentin, le liquide est recueilli dans une cuve de décantation où on le prélève dans la partie supérieure, l'huile essentielle ayant une densité inférieure à celle de l'eau. Par mesure d'économie, l'eau réchauffée qui sort du serpentin est récupérée pour la chaudière. Après distillation, les feuilles servent d'engrais organique dans les plantations

On nous explique qu'il faut distiller 500 kg de feuilles de niaouli (un arbre dont le nom scientifique est Melaleuca quinquenervia) pour obtenir 3,5 kg d'huile essentielle. Avec le camphrier (Cinnamomum Camphora), appelé ici ravintsara, le rendement est bien moindre puisqu'une tonne de feuilles ne produit qu'un kilo d'huile essentielle très prisée pour ses vertus antivirales et immunostimulantes. Le Ravintsara est utilisé en phytothérapie par ses feuilles séchées mises en infusion ou en décoction et son huile essentielle est très prisée pour ses vertus antivirales et immunostimulantes...
Autre huile essentielle, celle d'eucalyptus citronné (Eucalyptus Citriodora). Ces trois arbres ont en commun d'appartenir à la famille des Myrtacées. Dans un autre registre, on nous présente l'huile de Calophyllum, bénéfique pour la peau mais à l'odeur peu engageante.

Ces fabricants achètent les feuilles de niaouli aux paysans qui vont les récolter dans les forêts où il pousse à l’état sauvage dont ils exploitent également le bois pour le chauffage.
Seuls 10% de la production de cette distillerie est écoulée en vente directe, le reste étant acheté par des grossistes qui fournissent des entreprises comme la société malgache Homeopharma ou, chez nous, Yves Rocher. Une partie est vendue à un concurrent chinois qui exporte vers son pays d'origine.

Après ces explications, c'est le moment des achats: huiles essentielles aux pouvoirs pratiquement miraculeux et capable de soigner quantité de maux et de maladies. Mais il n'y a pas que les huiles car on nous propose aussi du miel de litchis conditionné dans des bouteilles en plastiques serties plus aptes à supporter le voyage que des récipients en verre (effectivement on n'a pas eu de souci).


Manakara: pique-nique au bord de l'Océan indien

Nous regagnons le rivage et retournons vers le village dans le secteur du "Trou du Commissaire". Après avoir débarqué, nous traversons le cordon littoral sableux planté de cocotiers en direction de la plage protégée de la grande houle et de requins par une barrière corallienne. Les baigneurs y sont en sécurité mais tel n'est pas notre but car nous devons repartir cet après-midi et, pour l'instant il est justement midi et quart, l'on songe surtout à se régaler de ce que "le chef" aura préparé pendant notre visite à la plantation: les crustacés et poissons achetés aux pêcheurs ce matin et les légumes achetés aux villageois du voisinage.

A l'ombre des cocotiers, le cuisinier a installé son foyer et son matériel: foyer, gril, cocottes... La table est rapidement dressée sur une grande nappe imprimée à motifs bleus. C'est un pique-nique très élaboré, pas de sandwichs. Nous disposons d'assiettes en tôle émaillée de type "vaisselle de la reine" que la brise ferait bien s'envoler et de tous les couverts nécessaires:cuiller à soupe, fourchette, couteau et petite cuiller.
Le menu est copieux car nous avons une demi-douzaine une demi-douzaine de camarons de taille moyenne par personne, deux gros "poissons à épines", des carottes râpées sautées, des feuilles de brèdes avec des fruits blancs en forme d'oeuf et à saveur amère (aubergine ?) et bien sûr du riz très bien cuisiné. En dessert, nous avons une tranche et demie d'ananas chacun. Et pour finir, on nous a même fait chauffer un café ! Super !

On remballe tout le matériel que les piroguiers remportent au bateau.

MANAKARA,  pique-nique sur la plage MANAKARA,  pique-nique sur la plage MANAKARA,  pique-nique sur la plage MANAKARA,  pique-nique sur la plage 


Quelques minutes pour "jouer aux boules" sur la plage avec des noix de coco... enfantillages !
Nous retraversons le village pour retourner à la pirogue. Derniers sourires des enfants qui ne nous ont jamais importunés.

MANAKARA,  enfants du  village de pêcheur MANAKARA,  enfants du  village de pêcheur MANAKARA,  enfants du  village de pêcheur

Les piroguiers mettront moins d'une heure pour rentrer car ils bénéficient du courant. En tout, ils auront pagayé sur une distance d'une douzaine de kilomètres !

Nous avons passé plus de huit heures en compagnie d'Arthur et de ses camarades sans voir le temps s'écouler.

Il est 14h30 lorsque nous retrouvons la terre ferme, Dominique et son 4x4. Nous avons environ 190 km à parcourir jusqu'à Ranomafana soit environ 3h30 de trajet. Nous arriverons donc largement après la nuit tombée.

On redéfile donc à l'envers le paysage vu deux jours plus tôt et c'est là qu'on regrette vraiment que l'aller ou le retour n'ait pu être effectué en train.


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RANOMAFANA [ranmafan']

 

Une étape agréable à l'Ecolodge Ravinala "Chez Gaspard "

Nous sommes logés "Chez Gaspard", des bungalows très propres, confortables et installés dans un parc petit mais superbe, en bordure d'un torrent. Comme 'indique le prospectus de l'Ecolodge, "un Paradis [...] un petit Eden de paix et de bonheur". L'établissement appartient à la Mission de l'ECAR (Eglise CAtholique Romaine) et se trouve près de l'église Notre-Dame de Fatima que les paroissiens ont le projet d'agrandir et de doter d'un clocher. Mais Chez Gaspard n'assure pas la restauration (sauf le petit-déjeuner évidemment). Nous irons donc chercher notre pitance ailleurs dans la petite ville complètement plongée dans l'obscurité.

Nous allons dîner au plus près à l'hôtel Le Grenat. Il fait frais et il n'y a plus de place en salle (priorité aux pensionnaires !). Nous irons donc dans le jardin, à l'arrière du bâtiment. Le service est long et on pourrait aussi avoir des doutes sur les préparations.

Certains vont apprécier un velouté de légumes genre potiron (5000 MGA), d'aucun préfère une courgette farcie avec des miettes de poisson (7000 MGA). Vient ensuite une cuisse de poulet rôti accompagnée de légumes sautés: carottes, haricots et pommes de terre (15000 MGA). Hors boisson, nos trois repas nous reviendront à 62000 MGA soit 22€ pour 3 personnes.

RANOMAFANA,  Le Grenat RANOMAFANA,  Le Grenat RANOMAFANA,  Le Grenat 

De retour Chez Gaspard, nous passerons une excellente nuit.

Dès 6 heures, l'envie de me balader dans le petit parc et ses environs me démange. Brume sur les montagnes que le soleil vient caresser. Débauche de bougainvilliers, fougères arborescentes et autres palmiers auxquels de perfides araignées néphiles ont accroché leur toile, ce qui permet d'observer leur dimorphisme sexuel, la disparité de taille entre la grande femelle d'environ 10 cm (pattes comprise quand même) et son minuscule mâle.

Excellent petit-déjeuner dans la grande salle où se trouve l'accueil.

Nous quittons l'hôtel en 4x4 et nous arrivons très vite à l'entrée du parc situé non loin de la localité. Nous sommes matinaux car une longue journée nous attend car, pour arriver à Ranohira ce soir, il faudra parcourir plus de 350 km.

Visite du Parc National de Ranomafana classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2007
(avec 5 autres Parcs du littoral oriental)
A 7h15, nous sommes pris en charge par Jimmy qui sera notre guide dans notre courte visite du Parc National géré par le Madagascar National Parks (MNP) puisque normalement on ne doit lui consacrer que 2 heures ! C'est donc une fois de plus une randonnée facile, à portée de tout "petit marcheur".

Le parc se situe à une altitude de 1300-1400 mètres et s'étend sur 41 000 ha et abrite une douzaine d'espèces de lémuriens.
Le parc n'organise plus de visites nocturnes qui perturbent trop les animaux. A propos du microcèbe, le petit lémurien nocturne que nous avons vu à l'Ialatsara, Jimmy précise que lorsque cet animal ne dort pas dans un arbre creux ou un ancien nid d'oiseau, il se confectionne un nid de feuilles fraîches qu'il renouvelle tous les trois jours avant qu'elles se dessèchent et ne puissent plus le camoufler à ses prédateurs, notamment les fossas (Cryptoprocta ferox), félins endémiques de Madagascar.

Concernant les espèces diurnes de lémuriens, trois sont particulièrement représentées. C'est d'abord l'hapalémur doré (Hapalemur aureus) ou lémur bambou doré qui neutralise l'acide cyanhydrique contenu dans les feuilles de bambous en consommant périodiquement un peu d'argile. Il pèse environ 2 kg. Ce lémurien vit en groupe de 4 ou 5 individus dirigé par une femelle dont le pelage du ventre est blanchâtre mais ils se séparent pour dormir afin de moins attirer les prédateurs.
Nous aurons la chance d'être conduits vers un petit groupe d'hapalémurs dorés
(Hapalemur aureus) par nos pisteurs. Plus loin, les pisteurs trouvent deux lémurs à ventre roux (Eulemur rubriventer) qui pèsent environ 2 kg
et qui vivent également dans le Réserve de l'Ialatsara mais là-bas, nous le les avions pu vus
Souvent on y rencontre également le lémur fauve (Eulemur fulvus) ou lémur à front roux (ou encore maki brun) qui pèse environ 3 kg mais notre courte visite ne nous l'a pas permis.

Comme nous sommes en dehors de la saison des pluies, nous n'aurons pas eu l'occasion de voir de serpents.

A 9h30, nous sommes de retour au parking tandis que l'on peut voir trois rapaces planant au-dessus du parc. Après une vingtaine de kilomètres nous retrouvons la Nationale 7 dont nous allons parcourir un court tronçon pour la troisième fois ! Toujours aussi peu sympathique cette route.
Après une heure de route nous passons près d'un grand marché champêtre qui se tient près d'une petite localité (peut-être Ambalakely). Malheureusement le temps manque pour s'y arrêter. Lorsque les Malgaches que nous croisons ne portent pas le chapeau traditionnel sur la tête, c'est qu'il est remplacé par le tout aussi traditionnel panier rempli des achats qu'ils ont effectués.

Nous sommes tout près de Fianarantsoa...



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FIANARANTSOA [fianarant'sou] ou [fianar]

Fianarantsoa est la capitale du pays Betsoléo, peuplée de 150 000 habitants. Cette ancienne cité royale fondée en 1830 et capitale du Sud est aujourd'hui la quatrième ville du pays après Antananarivo, Toamasina et Antsirabe. Elle fut fondée de toute pièce suite à la volonté de la Reine Ravalalona Ière en 1830 avec la volonté de civiliser la population d'où l'étymologie du nom de la ville "le bon apprentissage" ou "la ville où l'on enseigne le bien".

Passage à la pompe carburant. Toujours hors de prix
Il nous faut des timbres pour poster nos cartes postales Le bureau de Poste se trouve juste en face de la gare, point de départ du train Fianarantsoa à Côte Est (FCE)
.


Fianarantsoa: dans la ville basse

Profitant sans doute de l'inactivité de la gare, des marchands de canapés ont envahi une partie de la place Nous avons envie de faire les curieux et nous entrons dans la gare comme dans un moulin. L'horloge sur le fronton de la gare indique pile heures. A l'intérieur du hall, un avis (filazana) informe que le train pour Manakara est supprimé mais sans aucune indication de date de reprise du service !
Des matériaux (fer à béton) et des sacs au contenu indéterminé mais malodorant traînent là.

FIANARANTSOA 

Nous passons à la Poste, de l'autre côté de la rue. Nous tombons mal car un groupe d'une dizaine de vazahas a déjà envahi les lieux et un apporte une animation sans doute inhabituelle. La préposée est littéralement débordée. Elle n'a pas les timbres sous la main et ceux-ci doivent être contingentés car dans le bureau voisin où elle va les chercher en ne lui en remet qu'une centaine. Mais ça ira.

Dans un box ménagé dans un coin du hall, des employées se livrent à des travaux de remplissage de tableaux comptables au crayon à papier et à la gomme...

Dominique nous fait passer à une boutique où l'on vend des huiles essentielles "Alambic sous les Tropiques Arômes arrangés du Betsileo et des Côtes Produits paysans", ce qui fait double emploi avec notre visite d'hier à la distillerie artisanale de Manakara.


Fianarantsoa: panorama sur la ville

Nous reprenons la voiture et nous grimpons au point de vue du Mont Kianjasoa à 1370 m. d'altitude d'où l'on domine la ville qui est à presque 200 mètres plus bas. Superbe panorama. Nous n'y sommes pas tranquilles très longtemps car nous sommes vite sommes bientôt assaillis par une troupe d'ados cherchant à nous vendre des découpages "pour financer les études car les professeurs disent que ce n'est pas bien de mendier".

FIANARANTSOA


Fianarantsoa: dans la ville haute

FIANARANTSOA

Redescendus, Dominique nous laisse au pied de la vieille ville, près de la cathédrale d'Ambozontany, de style toscan. Construite en 1871, ce lieu de culte est venu s'ajouter aux temples protestants construits auparavant dans la ville.
La montée vers la ville haute par une rue toute en larges marches serait agréable dans ce qui ferait penser à un de nos villages perchés du Midi si l'on n'était pas sollicité par les restaurateurs mais ça n'a rien d'anormal puisqu'il est midi. Tout en montant tranquillement, on passe devant un dispensaire puis on peut voir des tas de bidons jaunes et des seaux déposés pour la livraison d'eau. On peut aussi observer le lavoir où une demi-douzaine de femmes s'affairent, plus loin des maisons coloniales bien restaurées puis l'on passe devant un premier temple de l'église réformée de Madagascar (Fiangonan' I Jesoa Kristy eto Madagasikara, FJKM), puis un second portant la date de 1859. Le sommet de cette colline portait jadis un rova, un palais merina, qui a été remplacé par une école. En redescendant nous tombons dans le pièges d'enfants qui cherchent à se faire payer des fournitures scolaires. Ca tombe bien, il y a une boutique qui vend ce genre de chose un peu plus bas. Va pour un cahier. On devrait sentir l'arnaque et un moment plus tard Dominique nous confirme que ces enfants ne vont pas à l'école mais qu'ils font un petit commerce des fournitures qu'on leur a offertes et qu'ils revendent.

Petit arrêt devant les bureaux de l'agence Mad Trekking pour laquelle travaille notre chauffeur Dominique.
En voiture, nous traversons "le quartier des affaires"  où l'on voit les agences bancaires: Bank of Africa, BFV Société Générale, BNI Crédit Agricole, la Direction Régionale des Télécommunications et l'Hôtel de Ville (Lapan'ny Tanana). Nous poursuivons en passant près du marché du Zoma, sans nous y arrêter et rejoignons la "route du sud".

FIANARANTSOA FIANARANTSOA, la mairie



On poursuit la "descente" de la RN7


Sortis de la ville un peu après midi et demi, Dominique ne nous signale pas le vignoble de Lazan'i Betsileo, pas plus qu'un peu plus tard le village d'Amjamany dominé par sa colline sur laquelle deux aviateurs français s'étaient crashés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce paysage figurait sur les anciens billets de 500 Francs malgaches.

Nous avons le spectacle d'un paysage qui devient déjà un peu moins vert, où la roche des collines est mise à nu par l'érosion. Les maisons semblent plus modestes. Des dépôts de bidons en plastique sont là sans doute pour la livraison d'eau "potable". Et toujours la longue et mortelle transhumance des troupeaux de zébus qui montent vers Tana stimulés par les cris rauques de leurs bouviers
aux pieds nus, sans bagages mais munis de leur sagaie et d'un fouet, véritables cow-boys d'un autre monde et d'un autre temps.

Quelques rizières, parfois de petites maisons à pan de bois et remplissage de torchis. Des champs d'armoise (Artemisia)... Peu à peu nous perdons de l'altitude. La vallée d'Ambalavao apparaît bientôt tandis que dans un arrière-plan lointain et brumeux se découpent les reliefs du Massif de l'Andringitra, un Parc National, magnifique terrain d'aventure pour les trekkeurs.

Route vers Ambalavao Route vers Ambalavao Route vers Ambalavao

Il est 13h45, lorsque nous arrivons dans la bourgade d'Ambalavao.


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AMBALAVAO [ambalava] et le papier antaimoro

Ambalavao, "où il y a un nouvel enclos", est une petite ville de 35 000 habitants voisine du pays Bara. D'ailleurs au XVIIIème siècle le clan de pasteurs et guerriers Bara “Zafimanely” tenta d'étendre son territoire vers le nord, afin de s’emparer de la vallée fertile de la rivière Manantanana. Ce n'est qu'avec l'intervention des Mérina que la frontière du pays Betsileo fut rétablie.

Pour déjeuner nous faisons escale à l'hôtel-restaurant "Aux Bougainvillées". Les choix se dispersent entre confit de canard (12000 MGA) et plats de zébu en filet ou zébu genre bourguignon (15000 MGA). Même dispersion pour les desserts, entre banane flambée (7000MGA) et bananes sauce chocolat (6000 MGA).

AMBALAVAO, hôtel  "Les Bougainvillées" AMBALAVAO, hôtel  "Les Bougainvillées": le papier Antemoro AMBALAVAO, hôtel  "Les Bougainvillées": le papier Antemoro AMBALAVAO, hôtel  "Les Bougainvillées": le papier Antemoro

Nous sortons de table pour faire deux pas car, sans faire d'avantage d'efforts, dans la cour de l'hôtel on peut voir un atelier de papier Antaimoro ou Antemoro.
La technique avait été apportée dès le VIIe siècle par les Arabes sur la côte sud-est, dans la région Antaimoro (autour de Manakara) pour y transcrire le Coran. Elle était en voie de se perdre lorsque l'homme d'affaires français, Pierre Mathieu, la remit à l'honneur en 1936 en y ajoutant une idée décorative avec l'inclusion de fleurs. Ce papier épais et filandreux, de couleur beige, à fibres apparentes, est fabriqué à partir des fibres de l'écorce de l'avoha, un arbuste de la même famille que le figuier et le mûrier, qui pousse dans l'extrême sud de Madagascar. C'est pour cela que l'on trouve une telle similitude avec le "papier shan" de Birmanie fabriqué lui aussi la fibre d'un mûrier (Broussonetia papyfera). Rappelons au passage que le papier a été inventé en Chine dès le premier siècle de l'ère chrétienne.

Après une cuisson pendant quatre heures, cette pulpe est battue à l'aide de maillets en bois afin de bien disperser les fibres. On obtient une pâte qui est diluée dans l'eau et versée dans un bac au font duquel est disposée une toile sur un cadre. Il faut environ 400 g de pâte pour garnir un cadre de 1,50x0,75 m. Puis le cadre est sorti du bac et sur la pâte fraîche, selon l'humeur de la décoratrice et selon les fleurs de saison, on ajoute des fleurs, pétales, feuilles ou tiges séchées. Pour les fixer dans le papier, elle les recouvre très légère couche de pâte. Il ne reste plus qu'à faire sécher la feuille au soleil pendant quelques heures après quoi elle se détache facilement de son support.

A part cela, l'autre célébrité de la ville est son grand marché aux zébus, le deuxième du pays (après celui de Tsiroanomandidy, dans le centre ouest du pays), mais nous sommes un jour sans. C'est aujourd'hui lundi alors que le marché a lieu le mercredi. Ce marché dure deux jours et environ 2000 têtes de bétail y transitent.
Les touristes dont le timing n'est pas trop serré auraient la possibilité des visiter la vallée de Tsaranoro
ou le parc écotouristique d'Anjà permettant d'observer facilement divers lémuriens.

En quittant Ambalavao, première rencontre avec la plaine et la savane du pays Bara. Seule constante les troupeaux de zébus se dirigeant vers le nord mais le paysage devient quasi désertique avec seulement du sisal, plante de la famille des agaves (originaires du Mexique). Nous sommes maintenant mille mètres plus bas qu'au coeur des Hautes Terres.


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