Oasis des Oued Drâa (1, 2, 3 et 4) et
Oued Dadès
(5), Gorges du Todra (6),
Musée du cinéma de Ouarzazate
(7).

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QUELQUES ELEMENTS
SUR LA VIE SOCIALE
...

SALAIRES

Dans les métiers de services et les professions libérales, les revenus assurent un niveau de vie comparable à ceux de France.

En revanche, le salaire des ouvriers est de l'ordre de 15€ par jour. Ils ne bénéficient ni d'allocations de chômage ni du RMI. Cependant, la protection sociale couvre la maladie et la retraite.

Un étudiant nous renseigne sur les salaires des enseignants en début de carrière. Le salaire mensuel d'un instituteur serait de 400€ et celui d'un professeur du double...


SCOLARITE et LANGUES

La scolarité obligatoire couvre la période entre 6 et 14 ans. Les vacances scolaires d'été vont de fin juin à la mi-septembre.

alphabet berbère

Au niveau de la langue, à l'arabe classique, langue d'enseignement depuis une vingtaine d'années, s'ajoutent le français et, dans quelques années, le berbère.

Concernant les Berbères, on distingue 3 grands groupes: rifain, tamazight (Moyen Atlas, Haut Atlas oriental, vallées du sud-est), chleuh (Haut Atlas central et oriental, Anti Atlas, côte atlantique).

Leur langue est le tamazight.

Les divers dialectes berbères concernent douze millions de locuteurs disséminés dans divers pays d'Afrique du nord: du Maroc à l' Egypte mais aussi en Afrique noire de l'ouest (Niger et Mali dans les zones des Touaregdu Sahel et du Sahara).
La langue berbère demeure une énigme, tant ses origines sont difficiles à établir avec certitude. On la rattache à la branche chamito-sémitique comme l’égyptien ancien, le couchitique (Afrique de l'est) et le sémitique.
C'est une langue orale riche et vivace bien qu'elle ait été écrite dans l’Antiquité (inscriptions libyques d’Afrique du Nord sur 1200 textes dont l’écriture s’apparente à celle des Touareg et pouvant remonter jusqu'au IIe s. av. J-C). Jamais l’unité politique du monde berbère n’a été totale ou durable aussi l’écriture berbère disparaît elle avec la colonisation romaine puis elle a été victime des politiques d’arabisation. Les Touareg, qui sont des Berbères, possèdent aussi une écriture encore utilisée dont les caractères tifinagh ou tifinarh, gravés sur de nombreux rochers, sont souvent difficiles à déchiffrer.
Sauf en touareg, il n’y a que trois phonèmes vocaliques, a, i, u. En revanche, l’inventaire des consonnes est très riche. Le renouveau identitaire (chanson notamment) qui ramène le berbère sur les bancs de l'école fait renaître un alphabet aux formes très géométriques, à base de cercles et de lignes brisées (seconde colonne ci-contre, à droite).


Quelques mots berbères (u prononcer [ou]):
- aman: eau
- afus: main
- aghrum: pain
- anu: puits
- ayis: cheval
- ur: coeur
- walu: rien
- wap: rien


Au collège, les élèves doivent également apprendre l'anglais.

Dans ces conditions, on n'est pas surpris d'entendre les Marocains parler un curieux sabir en mêlant dans une même phrase des termes, arabes, français et berbère, sachant que 40% de la population est berbérophone...
Notre guide et notre chauffeur sont de vivants témoignages de ce type de pratique.

De notre côté, on se rend compte que des mots arabes (autres que les bien connus algèbre, zéro ou alcool) sont passés en français : assassin, chiffre, toubib, bled, bézef, nouba, chouia, zénith, satin, jupe (même origine que djellaba), magasin, noria ou charabia... Même le fameux "gazelle", dont l'emploi est devenu folklorique à l'égard des touristes occidentales est la déformation d'un mot arabe...

COSTUMES TRADITIONNELS...

haïk (ou ''Mlaya''): longue pièce d'étoffe de laine, de coton ou de soie d'environ 5 m sur 1,60 m, sans couture, réalisée selon différentes techniques de tissage et de couleurs, qui dissimule les formes du corps (à rapprocher du sari indien). Souvent de couleur blanche, il couvre tout le corps à la manière d'un chador et est accompagné d'un niqab.


gandoura, vêtement en coton, sans manches, tenant à la fois de la chemise et de la tunique .

caftan, long vêtement féminin d'origine persane ayant la forme d'une longue robe ornée de broderies et fermée devant, de haut en bas, par de petits boutons On porte ce vêtement avec une ceinture (de soie)
cf. Essaouira

djellaba, vêtement léger, aussi bien masculin que féminin sous forme de large blouse à capuche, sans bouton, en laine ou coton, que l'on enfile par dessus la tête et qui recouvre les autres vêtements. Ce vêtement à manches amples comporte un capuchon. Le bas du vêtement est fendu sur les côtés pour faciliter les mouvements.

burnous, cape en laine à capuchon, sans manche, servant de manteau.




 

Ce premier jour sur les routes des palmeraies, nous allons remonter le long de l'Oued Drâa et de ses oasis sur 200 km environ, en allant même à une trentaine de kilomètres au-delà de Ouarzazate..

 

Oasis de l'Oued Drâa:

Sur 70 km, nous allons refaire à l'envers le chemin fait la veille, en remontant la palmeraie du Drâa jusqu'à Tanssikhte.
Au-delà, nous poursuivons le long du Drâa, en direction de Ouarzazate.

Cimetière musulman dans la pure tradition, avec simplement une pierre ou deux plantées à l'emplacement des inhumations...

Une heure après notre départ, nous dépassons Agdz, le ksar qui se situe à l'extrémité la plus en amont de la grande palmeraie du Drâa et qui voisine avec
la majestueuse kasba de Tamnougalte.

Dans la campagne, les femmes coupent et transportent le fourrage pour le bétail dont elles ont traditionnellement la charge. Comme on l'aura déjà remarqué, ces femmes berbères ne portent pas le voile et sont souvent vêtues d'habits aux couleurs vives.

C'est un long parcours dans une palmeraie dense aux minuscules parcelles délimitées par des murs de pisé et, de part et d'autre de la route, des ksour perchés sur de minuscules pitons et parfois des koubbas ou marabouts, tombeaux de saints (également appelés marabouts, terme ambigu puisque désignant à la fois des personnes et leur tombeau!) surmontés d'un dôme blanchi à la chaux.

Donc au-delà de Agdz, ksours et kasbas se font rares tandis que
le relief devient plus accidenté. La route, qui s'est écartée de la vallée du Drâa, longe des gorges creusées par d'anciens affluents de la rivière. Par endroits, la roche se présente sous forme d'orgues basaltiques. Puis l'on atteint le col de Tiz-in-Tinfifft (1660 m.), entre les massifs du Djebel Sarhro et du Djebel Siroua.

Après 2h30 de route, nous dépassons Ouarzazate où nous allons revenir, puisque nous y logeons.

Nous passons près de la kasba de Tiffoultoute qui servi de décor au film "Lawrence d'Arabie" dans les années 1960 et qui est maintenant un ensemble d'hôtels, restaurants ... Ses crépis ôcre pâle et ses constructions modernes la déparent. C'était l'un des nombreux fiefs du pacha El Glaoui.




Au bout d'une demi-heure de trajet sur la route vers Marrakech, nous quittons la route principale pour celle de Talouet, d'où était originaire le pacha de Marrakech, El Glaoui dont nous reparlerons.
Nous n'avons que quelques kilomètres à parcourir pour arriver au ksar de Aït Ben Haddou (haït est un mot berbère signifiant "tribu").
Nous traversons à pied le village moderne d'Isswid qui lui fait face, sur l'autre rive de l'Assif Mellah (assif en langue berbère est équivalent à l'oued de la langue arabe) aux eaux saumâtres. Traversée facile à gué en cette saison tandis que lorsqu'il y a plus d'eau, il faut passer à dos de mulet...
Seules cinq familles résident encore dans l'ancien village qui devient un musée...


Aït Ben Haddou 
ksar de Aït Ben Haddou

Sous la conduite d'Ali, nous visitons le ksar le plus célèbre du Maroc (il remonterait au XIe s. ?), remarquable site sur un promontoire qui, de façon contradictoire, a servi de décor de films ("Lawrence d'Arabie", "Sodome et Gomorrhe", "Jésus de Nazareth, "Gladiator", "Le diamant du Nil"...) et, de ce fait, en a été un peu défiguré alors qu'il est classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1987 .


Le téléfilm produit par TF1 "Ali Baba et les 40 voleurs" (diffusion octobre 2007), avec Gérard Jugnot, y emprunte des scènes également.

Par un dédale de ruelles, nous grimpons jusqu'aux ruines de l'agadir, le grenier collectif qui le surmontait.
Au passage, nous voyons des travaux de restauration utilisant la technique du pisé (mortier de terre et paille). Bien des travaux sont nécessaire quand on voit d'en haut toutes ces terrasses effondrées. En voit aussi, tout en bas,
au bord de la palmeraie, les portes monumentales qui furent construites pour servir de décors de films et qui vont devoir être détruites pour restituer le cadre d'origine.
Coup d'oeil dans l'atelier d'un peintre qui utilise seulement deux couleurs naturelles en lavis, le bleu de l'indigo et des dégradés de brun obtenu à partir d'infusions de thé qui soumis à la chaleur d'une flamme bruni plus ou moins.

Retour sur Ouarzazate en jetant un regard en direction des studios Atlas (décors de "Mission Cléopâtre"), rond-point sur le thème du cinéma et ...encore des barrages policiers.



OUARZAZATE:

Cette ville de 40000 habitants, dans une haute vallée (1160 m.) aux portes du désert, est considérée comme un mini-Hollywood où furent tournés (au moins en partie) plusieurs films, grâce au panorama des oasis exotiques: "Lawrence d'Arabie", "Edith et Marcel", "Harem", "Sodome et Gomorrhe", "Jésus de Nazareth, "Gladiator", "Mission Cléopâtre", "Nativity", "100 milliards au soleil", "Indigènes"...
Divers studios sont installés dans la région: Cla Studios, Aster Productions et surtout Atlas Corporation Studio (depuis 1984).

Avant de repartir en visite, nous arrêtons déjeuner à l'hôtel où nous logerons deux nuits.


L'après-midi, nous n'avons que quelques centaines de mètres à parcourir depuis notre hôtel pour aller visiter la kasba de Taourirt, à l'est de la ville de Ouarzazate.

Kasba de Taourirt  Kasba de Taourirt
vieux village et kasba de Taourirt

C'est un ensemble impressionnant des bâtiments où logeaient les membres de la famille d' El Glaoui. Tout comme le village auquel elle est accolée, les origines de la casba remontraient au XIIIe s. mais elle fut profondément restaurée au XVIIIe s et, par El Glaoui, en 1928

La kasba rouge rose de Taourirt est la plus importante résidence du pacha el Glaoui, le seigneur de l'Atlas. El Glaoui, Pacha de Marrakech dès 1908, fut le dernier grand seigneur féodal du Maroc.
Après la disgrâce du Pacha (et son décès en 1956) qui, bien que beau-frère du sultan, s'était compromis avec la France en s'opposant au mouvement en faveur de l'indépendance, la kasba fut laissée à l'abandon avant d'être classée monument historique et restaurée récemment mais il semble que du fait de son histoire conflictuelle avec la dynastie, sa gestion et sa mise en valeur soient abandonnées aux instances locales...

La kasba se présente comme un imposant ensemble, construit en pisé au crépi rosé, de plusieurs étages, surmonté de tours crénelées, aux murailles animées par des dessins géométriques en creux et, en contraste, des sortes de loggias en saillie.


On peut admirer notamment la salle à manger ou la chambre de la favorite avec leurs décors de stucs peints à l'aide de colorants naturels (indigo, coquelicot, menthe...) et les plafonds en cèdre de l'Atlas, bois de rose et, pour les pièces moins nobles, des poutres en bois d'acacia et de palmiers supportent un plafond fait d'un treillis de roseaux (forme en losange typique des graphismes berbères). Les décors de type berbère différent totalement des formes artistiques hispano-mauresques et arabo-berbères que l'on peut voir dans les palais des grandes villes du pays. Les motifs floraux sont d'inspiration mauresque tandis que les motifs géométriques simples sont berbères.
Il y fait particulièrement bon malgré les quelques 35° à l'extérieur: C'est le miracle de la masse des murs et planchers en pisé (inertie) et d'un ingénieux système de ventilation (puits d'air au coeur des bâtiments et entrées d'air par le bas des loggias saillantes sur les façades).

La masse de la kasba accolée au vieux village berbère qui existait déjà au XIIIe s. (avant Ouarzazate) le ferait presque oublier alors qu'il est toujours habité.

 


L'après-midi se termine dans la boutique de Hakim, herboriste. "La caravane des Epices" dispose de 2400 références de produits le plus souvent tirés de 1200 plantes, certaines venant du bout du monde, tout cela pour la santé et la beauté des adeptes des produits naturels. Hakim va prochainement présenter tout cela sur l'Internet.

La Caravane des Epices chez Hakim



Oasis de l'Oued Dadès et gorges de Todra (ou Todgha) :

Seconde journée au départ de Ouarzazate pour une excursion dans l'Oued Dadès et ses villages oasis et les Gorges du Todgha ou Todra: 320 km environ pour l'aller-retour.
La route des 1 000 kasbas, l'une des plus belles du sud...

Tout d'abord nous passons non loin de studios de cinéma puis traversons une zone aride aux reliefs tabulaires (des scènes de Lawrence d'Arabie furent tournées par ici). Une tentative de reforestation menée il y a une dizaine d'années et portant sur 25000 ha a lamentablement échoué comme on peut le voir, tout cela parce que les experts n'avaient pas fait de sérieux forages qui auraient montré la présence de sel à 15 m. de la surface du sol...


Région de Ouarzazate  Région de Ouarzazate
Plateau aride au-dessus de l'Oued Dadès (entre Ouarzazate et Skoura), échec de reforestation...


Traversée de la célèbre et luxuriante palmeraie de Skoura (jardins de roses et marché le jeudi) à environ 1300 m. d'altitude. A l'entrée de la ville, les deux très belles kasbas d'Amerhidil et de Dar Aït Sidi el-Mati.

La route qui est à l'écart du fond de la vallée du Dadès se déroule dans un paysage de plaine herbeuse fréquentée par les troupeaux.

Encore une cinquantaine de kilomètres en remontant la vallée pour atteindre Kelaa Mgouna ou Kala M'Gouna, gros village fortifié situé à plus de 1450 m. d'altitude et connu par son fameux festival de mai qui célèbre la cueillette des roses.
Malgré la sécheresse du climat, on récolte 7000 tonnes de pétales en avril! En fait la Vallée des Roses s'étend sur quelques 140 km. On y produit 200 000 hl d'eau de rose par an (distilleries dans les villages).

La remontée de la luxuriante vallée du Dadès se poursuit encore sur une vingtaine de kilomètres, jusqu'à Boumalne (1585 m.). On laisse à gauche les gorges du Dadès, au paysage apocalyptique d'éboulements de roches très colorées.


Pour notre part, nous poursuivons notre route sur une cinquantaine de kilomètres dans un relief accidenté et changeons de versant pour nous amener à Tinerhir (1342 m. d'altitude et 40000 habitants) qui domine une magnifique palmeraie, encore exempte de l'invasion du champignon parasite bayou qui se développe dans de nombreuses palmeraies marocaines, affaiblies par la sécheresse (et parfois les remontées salines).
C'est un centre administratif mais aussi une petite ville active et prospère et un poste militaire. Cet oasis charmant est l'un des plus vastes avec une belle kasba et ses maisons traditionnelles de couleur ocre.

Palmeraie de Tinerhir 
Palmeraie de Tinerhir



On aperçoit au loin le défilé formé par les Gorges du Todra dont une petite quinzaine de kilomètres (distance routière) nous séparent tandis que la route domine déjà la palmeraie qui s'enfonce en direction des gorges.

On peut aussi admirer la variété et les couleurs des costumes parfois bigarrés des femmes des oasis qui, outre les travaux traditionnels qui leurs sont dévolus (lessive), rapportent du fourrage pour le bétail, autre tâche qui leur incombe dans ces régions.


gorges du Todra  gorges du Todra  gorges du Todra
Dans les Gorges du Todra...


La vallée va se rétrécissant et l'on arrive aux gorges surmontées par des falaises qui, en certains endroits, dépassent 300 m. de haut alors qu'au plus étroit, le passage au fond n'est que de 30 m.
Pas mal de touristes, en majorité marocains. Ces gorges sont considérées par les guides comme étant l'un des plus impressionnants paysages du Maroc, d'une beauté exceptionnelle malgré les disgracieux restaurants nichés au pied des falaises... Pour ma part, je reste un peu sur ma faim.

Une piste qui prend le relais de la route s'enfonce dans les 500 m. du défilé et des travaux montrent qu'elle a été sérieusement dégradée par des orages survenus en 2006. Passé le défilé, sur un versant, on peu voir des grottes ou plutôt des abris troglodytiques.

 

L'itinéraire de retour vers Ouarzazate consiste à refaire le chemin en sens inverse et livre un autre regard sur les paysages, éclairés différemment...



Le ciel s'est assombri un peu et une forte brise souffle.

Pour terminer la journée et notre séjour à Ouarzazate, une tout autre visite, celle du musée du cinéma (face à la kasba de Taourirt). Pouvoir toucher et voir d'aussi près des décors et accessoires de cinéma est toujours surprenant. On erre à travers basilique-palais, cloîtres, frises assyriennes, campement bédouin, jardin andalou (récemment planté), chambre impériale, palanquins et chars... D'une main légère on soulève un énorme tronc d'arbre...
Grâce au plâtre, aux résines et armatures en fibre de verre, ici tout est toc, tout est creux et vide mais l'illusion visuelle est là, grâce aussi à un bon rendu plastique (art de la patine!).

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MAROC