JAISALMER,
Cénotaphes de Bara Bagh (1),
hors les murs: Gadisar Sagar et Tila ki Pol(2),
la forteresse (3),
la vieille ville (3),
et le désert de Sam (4).

Bikaner, Deshnoke    Jodhpur

 

LANGUES ...

La langue officielle est le hindi dérivé du sanskrit (langue indo-aryenne apparentée à l'iranien) parlé par 40% de la population.

A côté de cette langue, on dénombre 21 autres langues officielles (au départ seulement 15 étaient reconnues) dont le punjabi et l'ourdou (peu différent de l'hindi sauf qu'il s'écrit à l'aide de l'alphabet arabe donc de droite à gauche) au nord-ouest (langue du Pakistan), le bengali à l'est, le tamoul au sud… et l'anglais !
A cela, s'ajoutent quelques 3000 dialectes.

Compte tenu de cette diversité linguistique, l'anglais, langue de l'ancien colonisateur, s'avère souvent d'un usage commode pour la communication entre les Indiens !

Par ailleurs le découpage en états a été adapté à ce patchwork ethno-linguistique.


Le hindi est une langue indo-aryenne appartenant au groupe occidental des dialectes parlés dans la vallée indo-gangétique et dans l'Inde centrale: sa forme moderne dérive du dialecte sirhindi ou bangaru, parlé dans la région de Mirat et Delhi. Cette langue dans laquelle domine le vocabulaire dérivé du sanskrit n'a acquis un caractère littéraire qu'à partir du XVe s.

Son écriture est de type alpha-syllabaire (dont le prototype appelé brahmi remonte au IIIe siècle avant J.-C.) et se trace de gauche à droite. Elle utilise des caractères devanagari (sanskrits), ''l'écriture de dieux'' qui comporte 35 consonnes et 11 voyelles.

Il en découle que les transcriptions de mots indiens à l'aide de notre alphabet latin, notées ici en italiques, ne peuvent rendre que de façon très approximative les sons de cette langue.
Selon le contexte de la transcription latine, on peut rencontrer des variantes. Par exemple, pour l'oreille anglo-saxonne, on se contente de guru alors que les francophones se tireront mieux d'affaires avec la graphie gourou
.


Les langues occidentales sont des rameaux d'un même fonds linguistique indo-européen d'où provient également le hindi.


Quelques correspondances entre hindi et français :
" Mai, men : moi (je)
" Tum : tu
" Do : deux
" Nau : neuf
" Das : dix
" Kya ?: quoi ?
" Nam : nom
" Raja : roi (latin rex, regis)
" Vish pense à vicinal ! Vish (communauté) : on pense à vicinal !
" Maar : mort, meurtre
" Manushya : main, manuel (latin manus), manouche (du tsigane).


Et dans d'autres langues occidentales, on trouve par exemple admi : homme et humain donnent adam en Hébreu, admi en arabe, man en anglais et Mann en allemand (rappelons le manus en latin).


 
 

Arrêt au milieu d'un troupeau de dromadaires sauvages en train de brouter les feuillages de prosopis (mais en dédaignant les calotropis toxiques). Même avec ces animaux d'allure placide, il convient de garder ses distances!

Le paysage un peu monotone nous offre de temps à autre une vue sur des huttes circulaires isolées, de petits hameaux, de minuscules "oasis" cultivées...

JAISALMER (78 000 habitants),
"la Cité Dorée" ou "la Ville Ocre''

Au milieu du désert, c'était une escale caravanière depuis le XIIe s. sur la Route des Epices.
La citadelle fut fondée en 1156 sur la colline Trikuta par le maharajah astronome Jaisal Singh, du clan rajpoute des Bhatti.
De nombreux conflits opposèrent les souverains rajpoutes à leur suzerain musulman du sultanat de Delhi jusqu'à leur soumission en 1570 à l'Empire Moghol.

Les cénotaphes royaux de Bara Bagh

Nous passons au pied de la citadelle pour nous diriger à 6 km au plus au nord, en direction de dômes (chhatris selon le terme architectural approprié) dorés de Bara Bagh qui pointent du désert. Les guides conseillent de visiter le site le matin afin d'éviter l'affluence de fin de journée... en réalité, ce fut très bien à ce moment-là, nous étions le seul groupe!

JAISALMER - Cénotaphes royaux de Bara Bagh

 

 

Ce sont les cénotaphes royaux des maharawal (non régional des maharajahs) de Jaisalmer élevés ici sur un ancien site du XIIe s. Cette oasis asséchée est un ancien jardin de souverains de Jaisalmer. Elle a servi de nécropole depuis le XVIe s. et jusqu'au début du XXe s.


Les plus anciens monuments, au sommet de la crête (et plus au sud), ont des toits pointus. pyramidaux.
Les stèles commémorent à la fois les maharawal et leurs épouses, favorites ou concubines qui sont devenues satis en se jetant dans leur bûcher funéraire.
malheureusement le site est enlaidi par un arrière-plan constitué d'une forêts d'éoliennes.
 

Vue sur la Cité Dorée parfaitement éclairée par le soleil couchant. Des avions de chasse nous survolent allant en direction de la frontière pakistanaise.
 

 

 

Visite d'un magasin de textiles brodés (brocart) ou non: châles, écharpes, nappes... en pashmina, cachemire ou même des patchworks...
Pour nous mettre en confiance, on nous présente le patron comme étant un beau-frère du maharawal !

Le pashmînâ, souvent appelée "l'or en fibre", est l'un des duvets les plus précieux qui soit (cinq fois plus fin qu'un cheveux) issu de la chèvre Tchang-ra ou chèvre Kaschmir à longs poils (à ne pas confondre avec les chèvres angora ou chèvres du Tibet produisant le mohair). On utilise pour cela les poils des parties les plus douces du cou et du torse. Les poils des autres parties du corps de cette chèvre sont utilisés pour les textiles appelés cachemire.

Heritage Inn, hôtel pastiche avec placage de grès jaune sur les murs.


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Lac Gadisar Sagar et porte Tila ki Pol

 


Porte Tila ki Pol et lac Gadisar Sagar


 

De bon matin, nous visitons la ville basse, plus précisément l'oasis naturelle de Gadisar Sagar, au lac bordée de temples jains et petits palais. Il est sans doute trop tôt pour y voir des Jains au milieu des porteuses d'eau aux saris multicolores...


Seul un prêtre déambule sur le rivage. Indissociable du site tandis qu'un musicien Langa (issu d'un groupe de nomades hindous originaires de Jodhpur qui embrassèrent l'Islam ) haut en couleur et "célèbre" vient s'installer sous un petit kiosque et nous chante une chanson aux sonorités très drôles, en s'accompagnant du sanragi.

 

Ce lac aménagé au XIIIe-XIVe s. servait de réservoir d'eau pour la ville. La porte qui y conduit, Tila ki Pol, fut édifiée par Tila, favorite du prince. Cela rendit jalouses les épouses et plus trivialement, il était déplaisant pour tout un chacun de devoir "passer entre les jambes d'une prostituée" pour accéder au lac.
Pour éviter que sa porte ne soit démolie, elle fit surmonter l'édifice par un petit temple dédié à Krishna (la divinité bleue, l'une des plus vénérée par les hindous, avatar de Vishnou, divinité de la séduction et de l'amour... évidemment!).

Après cette agréable promenade, tout près de là nous visitons le petit musée du folklore de M. Sharma... intérêt fort limité, en proportion de ce que l'on y trouve!

 


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La forteresse de Jaisalmer




Notre bus nous dépose au pied de l'enceinte, au sud de la forteresse que nous contournons vers l'est, jusqu'à atteindre la porte Akhey Pol, précédée par une sorte de cour des miracles avec faux prêtres, infirmes, acrobates, mendiants, musiciens... ces "gitans" restés dans leur pays d'origine (cf. encadré plus haut).

 

La porte franchie, le chemin s'élève pour gagner la Surya Pol (porte principale jusqu'au XVIe s.), puis la Ganesh Pol et la Hava Pol. Ces trois portes franchies, nous débouchons sur la place principale de la forteresse où se dresse le temple de la divinité guerrière Durga (avatar de Parvati, l'épouse de Shiva). Tout près, s'élèvent le Palais de Raj Mahal (que nous ne visitons pas) avec ses balcons de chhatris et jalis (écrans ajourés semblables aux moucharabiehs), sur sept niveaux, ainsi que d'imposantes demeures, havelis au façades finement sculptées.

Nous nous dirigeons vers le sud-ouest de la forteresse, vers les superbes temples jains. C'est un ensemble de cinq temples construits entre le XIIe et le XVe s. à l'initiative de riches marchands de cette communauté dont deux sont visitables. Sculptés comme de la dentelle dans le grès ocre et dans le marbre blanc, ce sont de vrais bijoux notamment dans les coupoles et les frises.

Nous commençons la visite par le temple dédié à Adinath (appelé aussi Rishabdev), le premier des 24 maîtres jaïns vénérés ou Tîrthankara. Parmi les sculptures: femme nue, quelques scènes érotiques...
En ressortant, nous visitons le temple situé immédiatement à droite. Il est dédié à Chandraprabha (ou Chandra Prabhu), le huitième des Tîrthankara. Un déambulatoire permet d'admirer les statues de Tîrthankara placées dans des alcôves et une magnifique arche sculptée en torsade ou torana. Sur la coupole, on peut voir le dieu hindou Ganesh et des couples d'amants enlacés. L'étage en est accessible et permet de voir encore un grand nombre de représentations de Tîrthankara.
Dans les deux temples, c'est une bousculade de pèlerins.


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La vieille ville dite aussi ville basse

 

Nous sortons de la forteresse pour parcourir pendant près d'une heure, la vieille ville dite aussi ville basse située au nord. L'occasion d'admirer de belles havelîs sculptées dans le grès ocré telles Salim Singh-ki Haveli ou Nathmal-ki Haveli et des constructions plus modestes aussi...
On peut apprécier également les pittoresques spectacles de rue : troupeau de vaches couchées devant l'entrée du restaurant Sunset Palace, lessive sur le trottoir, transport "mouillé" de veau en tuk-tuk, propagande électorale, dévotions devant un petit temple privé, cochons cherchant leur pitance dans les caniveaux (leur viande est consommée par les intouchables), entrées de maisons placées sous la protection de Ganesh à l'occasion d'évènements importants (naissance, mariage) ou sous le signe du svastika (vieux symbole panthéiste et porte-bonheur utilisé par tous les peuples de l'Eurasie et détourné par les nazis au siècle dernier), collégiens masqués en raison de la pandémie grippale A H1N1, livreur de lait...

Fréquents survols par des chasseurs (le Pakistan est à moins de 50 km) surgis de nulle part ou plutôt de bases cachées dans le désert environnant...

Passage par un magasin de textile:patchwork, broderie en brocart (fil d'argent)...

Déjeuner à l'Heritage Inn.
Deux desserts que nous allons apprendre à connaître: rossogolla ou rasgulla, sortes de babas en forme de boules de caséine cuites au sirop à base d'eau de rose, et des gulab jamun, sortes de quenelles ou de saucisses faites de lait, yaourt et amandes ...au miel.

 


Nous commençons notre après-midi par la visite d'une vraie caverne d'Ali Baba, une bijouterie spécialisée dans l'argent. On y fabrique et on y répare les bijoux et qui tient aussi de la banque ou du mont-de-piété. Lorsque les Indiens ont économiser, ils achètent des bijoux dont les femmes sont largement parées, de la tête (percing nasal, boucles d'oreilles, colliers) aux pieds (bracelets de chevilles ou plus exactement chaîne, anneaux d'orteils). Quand les choses vont mal pour leurs finances, ils revendent leurs bijoux.

L'atelier présente des bijoux courants qui se vendent au poids de l'argent. Ceux qui sont plus travaillés et surtout sertis de pierres précieuses sont vendus sur une autre base.
On déverses à nos pieds des plaines caisses de bijoux dans lesquels chacun à loisir de piocher s'il s'intéresse à la chose.


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Les dunes du désert de Sam

Notre fin de journée se passe dans les dunes du désert de Sam où nous devons assister à un spectacle en attendant le coucher de soleil puis finir par "un dîner au clair de Lune" (vous saurez un plus loin pourquoi j'use des guillemets) dans le restaurant d'un bivouac.

En milieu d'après-midi, nous prenons donc la route du désert de Sam, à bord de jeep indiennes (marque Mahindra). Après un parcours d'environ 40 km effectué en 45 minutes sur cette route qui n'a rien d'une piste (c'est une route frontalière donc stratégique !), nous arrivons près d'un groupe de chameliers qui nous attendent.

Donc changement de monture.
Pendant un peu plus d'une demi-heure, nous nous enfonçons un peu dans le désert, à l'écart de la route, ce qui nous conduit près de petits villages situés à 3 ou 4 km seulement du Pakistan au-dessus duquel on voit le soleil décliner. Les dunes d'ici n'ont pas la majesté de celles du Sahara.


 


LE RAJASTHAN, PAYS D'ORIGINE DE "NOS" GITANS

En Europe, les Gitans, Gitanos ou Kalés , parfois appelés Tziganes (ou Tsiganes), Romanichels, Manouches, Gypsies... appartiennent à un peuple qui a quitté le nord du sous-continent indien sous la pression des invasions musulmanes et mongoles, entre le VIIIe et le XIe siècle. Il est souvent désigné sous le nom générique ROM, terme qui qui à l'origine s'appliquait aux Tziganes d'Europe Centrale et n'est donc pas toujours admis par les divers groupes...

Ici, nous voici donc au coeur même de la région d'origine de ces peuples nomades ou semi-nomades alors que l'on avait d'abord pensé qu'ils étaient originaires du Sind et du Penjab (aujourd'hui Etats du Pakistan). Ils exerçaient et exercent d'ailleurs toujours des métiers tels que chiffonniers, ferronniers ou saltimbanques, métiers nécessaires à la communauté mais considérés comme religieusement impurs. "Intouchables". Ils n'avaient pas le droit d'être sédentaires et étaient hors-caste. Sans doute rejetés par la société brahmanique, c'est en tant que charrons, éleveurs de chevaux, domestiques et éclaireurs, qu' ils se mirent au service d'autres peuples asiatiques qui migraient vers l'Ouest: Mongols (avec l'épopée de Tamerlan), Turcs Seldjoukides (autrement dit les futurs Ottomans) ou les Tatars (en Russie).

Le nom de Gitan que l'on connaît en Occident proviendrait d'une altération du mot Egyptien.
Leur migration les a conduit à travers l'Europe centrale et l'Europe balkanique, régions où ils sont encore nombreux (en Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Ukraine...).
Les estimations de population de ces peuples semi-sédentaires sont très variables: 8 ou 9 millions de personnes pour les uns et jusqu'à 15 pour d'autres (!).
Ils séjournent principalement en Roumanie (2,5 millions), Espagne et Bulgarie (800 000 dans chacun de ces pays, contre 400 000 en France).

Devenus chrétiens après être passés par la Grèce byzantine où ils ont séjourné, la plupart des Rom, une fois parvenus en Europe, se mirent sous la protection des seigneurs nobles et des monastères ou abbayes, échappant ainsi à la vindicte des cultivateurs sédentaires, et continuant à exercer leurs métiers traditionnels au service de leurs nouveaux maîtres.
Au terme de leur migration vers l'Occident, une partie d'entre eux sont arrivés dans le sud de l'Espagne au XVe siècle...

Leur rejet par les sociétés occidentales se manifesta dès la fin du XVe siècle et leur sédentarisation partielle se révèle souvent un échec.

 

De 17 heures à 18 heures 30, un groupe d'une trentaine de villageois (gitans semi-nomades?) qui nous a rejoints au sommet d'une petite dune va donner un spectacle folklorique de musique (par les hommes), chants et danses (par une jeune femme et par des fillettes). Ils sont venus en famille, même avec de jeunes enfants. A propos de ces derniers, il faut observer le lourd maquillage noir qui entoure leurs yeux. C'est une pratique largement répandue (on l'a vu dans le bazar de Bikaner), destinée à enlaidir les enfants afin d'en écarter les mauvais esprits. Le compliment à ne pas faire à une maman, c'est de dire que son bébé ou son petit enfant est beau!
Les musiciens utilisent une sorte de guimbarde, le moorchang ou murchang ou môrsing et une sorte de clarinette des charmeurs de serpent avec une caisse de résonance faite d'une gourde percée aux extrémités pour laisser passer deux ou trois morceaux de bambou (l'un deux comportant les trous de jeu, les autres servant de bourdons), le
pungi, punga ou murli. Pendant le spectacle nous sirotons notre presque traditionnel cocktail "Rajasthan Libre" (allusion au cocktail "Cuba libre") à base de rhum indien et de Pepsi!

Le soleil disparaît à l'horizon et nous enfourchons nos vaisseaux du désert en direction d'un bivouac. La sortie en dromadaire était incluse dans le forfait du voyage mais on est taxé d'un pourboire de 50 roupies par chamelier... Pendant une heure (de 19 à 20H), nouvel appéro (payant ce qui n'était pas évident) en plein air, devant un spectacle d'équilibristes puis de cracheurs de feu. Cette dernière attraction est très déplaisante car elle est dégradante pour la santé surtout quand on utilise du pétrole comme c'est le cas ici! Dommage pour le clair de lune, il faudrait repasser huit jours plus tard car on est en nouvelle lune, donc dans l'obscurité complète hormis l'éclairage procuré par quelques projecteurs alimentés par groupe électrogène.

Nous dînons dans une salle sommaire avant de regagner notre bus aisément puisque cette partie du désert jouxte la route bitumée.

Bref, une attraction qui peut plaire surtout aux personnes qui n'ont jamais eu l'expérience de la sortie en dromadaire dans le désert (par exemple au Maroc, en Tunisie ou en Egypte). Pour les autres, plutôt décevante...

 

 

 

Retour à l'hôtel un peu après 21H30..

 

 

POUR CEUX QUI DISPOSERAIENT DE PLUS DE TEMPS, ILS POURRAIENT ALLER VISITER


Bikaner, Deshnoke    Jodhpur

RAJASTHAN