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Pour un lendemain d'arrivée et après un long voyage long courrier,
c'est une journée "ENAURME" qui nous attend puisque le
lever a lieu à 3h30 à l'hôtel Yuzana! avec un avion qui décolle
de Rangoun à 6 heures...
A l'aéroport, contrôles folkloriques et symboliques des personnes
mais aussi des bagages tous regroupés. Enregistrement collectif ultrarapide
avec des badges et salle d'embarquement transformée en capharnaüm.
Le petit déjeuner s'est transformé en panier repas que nous avalons dans la salle d'embarquement: oeuf dur, sandwich avec une garniture innommable pour ne pas dire infâme, le tout imprégné de l'odeur d'une banane. Appel pour l'embarquement on ne peut plus artisanal à l'aide d'une pancarte brandie à bout de bras...
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Néanmoins le bimoteur à hélices ATR 72-210 de Yangon Airways
inspire plutôt confiance à ses 70 passagers même si le slogan
de la compagnie se veut trop rassurant "You're safe with us"...
Une demi heure après le décollage nous pouvons admirer l'aube
et à huit heures nous sommes dans le hall désert du nouvel aéroport
Tadao (inauguré en l'an 2000) de Mandalay, à 600km de Rangoun.
Il reçoit des vols charters depuis l'étranger et une liaison est
assurée avec la ville chinoise de Kunming, au Yunnan. Notre avion est le
premier arrivé alors que plusieurs autres doivent atterrir dans l'heure
suivante.
ATR (Avions de Transport Régional) est un consortium franco-italien créé en 1982. Cette compagnie a produit près de 1000 appareils entre ses deux gammes: ATR-42 à 48 passagers et ATR-72 à 74 passagers.
La compagnie aérienne Yangon Airways qui assure seulement des vols intérieurs est la propriété commune de la compagnie d'Etat Mayanma Airways (donc de la junte...) et de MHE-Mayflower Co. En raison de soupçons de trafic de drogue par certains actionnaires (notamment un certain Tun Myint Naing), les Etats-Unis ont imposé des sanctions à cette compagnie en 2008.
Du
bus, premiers aperçus sur les champs inondés en vue de la plantation
du riz (on fait deux récoltes ici contre trois dans le delta de l'Irrawaddy).
Les semis de riz ne vont pas tarder à être repiqués car les
paysans préparent les rizières de la façon la plus traditionnelle
qui soit, avec une araire tirée par une paire de buffles. Des cochons,
des vaches au bord des routes et des pick-ups surchargés de passagers,
juchés sur les marchepieds et sur les toits, y compris des moines partis
pour la collecte de l'aumône. Et aussi des calèches ou plutôt
des carrioles tirées par de petits chevaux et pas seulement pour le transport
de touristes. Un train, le premier et unique train que nous apercevrons. Gros
arbres qui font l'objet de vénération, avec à leur pied des
petites statues honorées par quelques offrandes..
Après avoir traversé Mandalay en direction du sud sur une dizaine de kilomètres, nous arrivons dans la bourgade voisine Amarapura, l'avant-avant-dernière capitale du pays, à partir de 1782, avant que sa voisine Inwa (Ava) le devienne brièvement à partir de 1841 et avant que la Cour du Roi Mindon s'installe définitivement à Mandalay en 1857.
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Etape
d'une demi-heure dans l'atelier de tissage de soie Thein Nyo (de
M. Bai Ko et de Mme Toke) à Amarapura.
Pour le tissage,
on emploie de 100 à 300 navettes en fonction de la complexité des
nuances attendues. La production d'une pièce de soie de 2m de long nécessite
45 jours de travail sur le métier...
Suit une présentation de
longyis ou longjis. Il s'agit d'un vêtement cousu formant
comme une jupe ample. Ils sont
de couleur sombre et à rayures pour les hommes qui les nouent sur le ventre,
plus colorés et avec quelques motifs pour les femmes qui les portent repliés
en portefeuille.
Le
longyi ou longji est une sorte de pagne mixte qui se porte
particulièrement long ici, de la taille aux chevilles. Traditionnellement,
on ne portait pas de sous-vêtement sous le longyi (comme sous le kilt écossais).
C'est la forme locale du sarong malais, également mixte, porté
par les femmes et les hommes. Au Laos, on l'appelle sinh et il est porté
par les femmes. En Inde, c'est le dhoti porté par les hommes...
Ce vêtement est en perte de vitesse chez les jeunes, remplacé
par shorts et jeans...
Pont
U-Bein![]()
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(liste indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
Puis
nous nous rendons non loin de là sur les rives du Lac Taungthaman,
au niveau du célèbre pont U-Bein, l'un des sites les plus
photographiés de Birmanie. Ce pont de 1,2km, ponctué par cinq abris,
est le plus long pont en teck du monde. Il porte le nom du maire d'Amarapura qui
le fit construire à partir des 900 (ou 1060) piliers de l'ancien palais
d'Inwa au XIXe s. (on trouve parfois mention dans les ouvrages de 1782? n'y
aurait-il pas inversion de chiffres: 1872?) afin de relier les deux rives du lac.
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Il est 9h30. Magnifique spectacle à cette heure matinale où les touristes ne sont pas encore trop nombreux mais avec l'inconvénient qu'il y a moins de proies pour les vendeurs de souvenirs... On propose aussi aux passans de payer pour relâcher un oiseau en cage (tourterelle, chouette, petit passereau... qui s'empresseront de revenir à leur maître) pour faire une action méritoire. Pratique bouddhique pervertie mais petit commerce comme un autre ...
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Spectacle
sur le lac avec ses bateaux et le reflet des pagodes dorées surgissant
de ses rives. Spectacle sur le pont lui-même, avec les villageois parfois
à vélo, les moines... qui se découpent à contre-jour.
Spectacle au pied du pont:villageois faisant leur lessive, familles de paysans
se livrant aux travaux agricoles, pêcheurs lançant leur filet épervier
ou récupérant des nasses et ramenant des poissons dans le pli de
leur longyi, éleveur de canards...
Il
serait intéressant de voir le pont au crépuscule, avec un éclairage
complètement différent..
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Il est 10h30 lorsque nous arrivons au Maha Gandayon
Kyaung, monastère fondé en 1950, l'un des plus importants de
Birmanie, afin d'assister à la procession d'un millier de moines
(sur le demi million que compterait le pays) rentrant de la collecte des aumônes
car ils doivent avoir fini de déjeuner à midi (sans autre repas
avant le lendemain matin).
Raté! A une
demi-heure près.
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Les
moines sont en plein repas, silencieux et parfaitement indifférents
à nos allées et venues et à nos flashs. Beaucoup ont déjà
terminé. Selon Su Su, ce changement
d'horaire serait dû à la présence de quelque généreux
donateur que les moines ont voulu honorer en avançant quelque peu leur
horaire...
Malgré tout on a l'occasion d'assister à quelques
scènes édifiantes révélant des dérives qui
rappellent celles que l'on connaît dans d'autres clergés. Les moines
anciens se font servir par les plus jeunes, "l'abbé" et un vieux
moine font bombance avec la vingtaines de plats bien remplis posés devant
eux et qu'ils seront bien incapables d'engloutir, même en allant au-delà
de midi! Les seuls travaux auxquels on voit se livrer les moines concernent le
reprisage de leurs habits et la lessive et ici ce sont des laïcs qui font
la vaisselle.
Les moines ont accès gratuitement aux transports en
commun et aux meilleures places comme on le verra souvent (dans le bus ils ont
leurs fauteuils près du chauffeur).
Les jeunes moines en robe claire
sont des novices qui ont 6 ou 7 ans.
Le
moine ne travaille pas mais doit respecter 227 règles. Il ne prend que
deux repas par jour, un premier vers 5 heures et le dernier avant midi, sauf s'il
est malade.
Durant la vie monastique, le moine ne peut recevoir sa famille
qu'à certaines heures. S'il rend visite à sa famille, il ne peut
pas dormir dans la maison familiale mais dans le monastère le plus proche
ou dans une maison vide. On ne doit pas le toucher (les offrandes sont déposées
par le bienfaiteur dans le bol qu'il tend). Il ne peut pas manipuler d'argent
(on verra que certain s'affranchissent de cette règle) et la gestion financière
des monastères est assurée par des notables laïcs (un peu comme
les conseils paroissiaux ou presbytéraux de chez nous).
En Birmanie,
seuls les moines sont incinérés et leurs cendres sont placées
dans une tombe. Traditionnellement, les autres défunts sont enterrés
dans une simple fosse et les cimetières ne font l'objet d'aucun entretien.
Toutefois, par contagion avec les habitudes occidentales, on voit de plus en plus
de sépultures avec des pierres tombales dans les cimetières des
villes mais l'achat d'un emplacement de 3x6 pieds n'est à la portée
que des personnes aisées car cela revient à 700$ comme nous le précise
Su Su.
Les
grandes stèles que l'on voit bordant l'allée du monastère
n'ont rien de funéraire. Elles honorent simplement les généreux
donateurs, tout autant particuliers qu'entreprises...
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Nous
quittons le monastère à 10h45 pour aller visiter une petite fabrique
de marionnettes et de tableaux ou tapisseries Kalaga en brocart (étoffe
de soie rehaussée de dessins brochés d'or et d'argent, de perles
et de pierreries).
Visite rapide, une demi-heure entre 11h20 et 11h50...
Il est midi. Retour au centre de
Mandalay pour déjeuner au restaurant "A Little Bit
of Mandalay" où l'on nous propose 5 ou 6 plats, hors potage
et riz évidemment.
MANDALAY
("le Centre"), dernière capitale royale (après
1857)
(liste indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
Mandalay
est la seconde ville de Birmanie avec un million d'habitants
(ou 500 000?) pour la ville elle-même et 2,5 millions en prenant en
compte l'agglomération. Ce fut la dernière capitale royale (troisième
empire birman) de 1857 à 1885, avant larrivée des Anglais.
Son splendide palais de teck fut détruit par les Anglais au cours de la
Seconde Guerre mondiale, les troupes d'occupation japonaises s'y étant
réfugiées (certains évoquent un incendie volontaire provoqué
par les Japonais)... L'enceinte carrée de 1600x1600m était percée
de 12 portes, celles de l'est et du sud étant réservées aux
grandes cérémonies royales, celle du nord au peuple et celle de
l'ouest aux funérailles (on retrouve cette symbolique liée au crépuscule
comme dans l'Egypte antique, chez les Celtes et dans de très nombreuses
civilisations). Cette enceinte comportait également 32 tours de garde.
Le roi Mindon y vivait avec 52 épouses, sans compter ses concubines.
En 1994, 20 000 civils et autant de détenus ont été
astreints à des travaux forcés pour recreuser les douves entourant
l'ancien palais dont la junte a fait reconstruire une piètre copie en ...béton
armé!
La province de Mandalay compterait 8 000 monastères
qui accueilleraient 60% des moines du pays (?).
Changement majeur dans la circulation urbaine: contrairement à Rangoun,
ici on voit quantité de deux roues, petites motos, vélos et étranges
trishaws ou "vélo-sidecars" dans la nacelle desquels les passagers
sont installés dos à dos... ... contrairement à Cuba où
le vélo-sidecar n'emporte qu'un passager qui se trouve dans le sens de
la marche.
L'après-midi
commence avec l'atelier des batteurs d'or "King Galon Gold Leaf"
situé au centre
de la ville. C'est un artisanat unique en son genre.
La technique du battage de l'or, connue des Egyptiens, est pratiquée depuis 5 000 ans. Elle utilise la caractéristique d'extrême malléabilité de ce métal. Une once d'or, soit 31g, peut être laminée jusqu'à former une feuille de 8m² et on peut en tirer quelques milliers de petites feuilles d'or telles que celles qui viennent orner les Bouddhas! Loin des procédés industriels de nos pays, ici la tradition de cet artisanat ancestral est parfaitment conservée.
L'or
martelé a été laminé au préalable en fines
bandelettes qui sont découpées en tout petits carrés d'environ
1 ou 2cm de côté. Elles sont placées en sandwich entre des
feuilles de papier de bambou (bambou dont les fibres se désagrègent
après une immersion de trois années dans de l'eau de chaux), elles-mêmes
placées entre des feuilles de papier de riz, le tout maintenu dans un étui
de cuir. Le battage d'un paquet de feuilles est exécuté à
l'aide de lourdes masses de 7 ou 8kg (15 livres) dans un bruit assourdissant selon
un rythme d'environ soixante coups par minute et le paquet est tourné d'un
quart de tour à chaque passe pour une frappe plus régulière.
Un premier battage de 30 minutes fait que la taille du petit carré d'or
initial devient 10 fois plus grande. La petite galette est alors découpée
en 6 morceaux qui vont être une nouvelle fois battus pendant une demi-heure
avant un dernier battage, très long puisqu'il dure 5 heures! A défaut
de sablier pour mesurer le temps, on fait usage d'une sorte de clepsydre rudimentaire.
Il s'agit d'une demi coque de noix de coco posée à la surface d'un
récipient rempli d'eau mais comme elle est percée d'un petit trou,
peu à peu l'eau la remplit jusqu'à la faire couler.
Les feuilles
obtenues sont aussi légères que l'air. Leur épaisseur peut
n'être guère plus que d'un dixième de micron (un micron ou
μ, c'est un millième de millimètre) soit 0,0001mm, ce qui signifie
qu'en empilant 8 000 feuilles ont arriverait juste à une épaisseur
d'un millimètre. Puis elles sont transportées dans un atelier où
elles sont découpées en petits carrés réguliers d'environ
8cm de côté par des femmes qui s'enduisent les mains de poudre de
talc (ou de marbre?) pour que l'or ne reste pas collé à leur peau.
Il est tellement léger qu'un simple souffle suffit pour le défroisser.
Les ouvrières confectionnent de sortes de petits livrets en alternant feuilles
d'or et papier transfert.
Les feuilles sont vendues dans les distributeurs
automatiques des pagodes de 300 à 500 Kyats (10 fois moins cher que
chez nous)... mais on peut aussi en faire un autre usage que celui de dorer les
Bouddhas et les stupas, les feuilles d'or peuvent aussi avoir un usage alimentaire
décoratif (additif E175 sans incidence sur le goût des aliments et
n'est pas digéré) donnant une note délégance:
incorporé à des plats raffinés, pâtisseries ou confiseries,
mais également bu lorsquil est mélangé en paillettes
au champagne...
Evidemment, l'or utilisé pour la décoration d'objets en laque est du plus bel effet...
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Quelques minutes plus tard, ayant repris
le bus, nous tombons sur une processions de nonnes (on parle parfois de
"bonzesses" mais le terme a une sonorité péjorative),
toutes de rose vêtues, munies d'un éventail, d'un petit bol à
aumône et d'un plateau porté sur la tête, demandant l'aumône
alimentaire.
Lors de leur entrée dans les ordres,
elles font don de leur chevelure...!
On dirait bien qu'elles passent après leurs confrères plus matinaux... N'ont-elles droit qu'aux restes ? Issues d'une réincarnation inférieure à celle des moines, elles ne peuvent quêter que deux fois par semaine et on leur donne du riz non cuit et autre légumes, car, autre différence, elles doivent travailler et notamment cuisiner. Les nonnes du Theravada doivent respecter 311 règles contre 348 pour les moines du Mahayana et 364 pour ceux du Vajrayana. Moralité, il est bien plus difficile pour une femme de devenir nonne que pour un homme de devenir moine!
Le
pays compterait 25 000 nonnes. Cette ville hébergerait quelques 23 000
moines et nonnes répartis dans 1500 monastères!
Peu après,
on aperçoit trois "dissidentes" qui ont plutôt l'allure
de jeunes mendiantes.
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Au sud de la ville, nous voici à
la Pagode Mahamyat Muni
("Grand Sage") ou Mahamuni qui avec ses échoppes ressemble
à un bazar. On y voit même des posters à l'effigie d'Aung
San Suu Kyi...
Pourtant
on y vénère la statue du Bouddha la plus sacrée de Birmanie
car considérée comme "un dieu vivant". Selon la légende,
c'est le roi des dieux qui aurait fabriqué cette statue lors d'une visite
du Bouddha chez le roi des Rakhines (actuel Etat Arakan, à l'ouest de la
Birmanie). En fait, elle pourrait dater du Ier siècle avant notre ère.
Toujours est-il que les souverains bamars la convoitèrent longtemps jusqu'à
ce qu'ils s'en emparent et lui construisent une pagode à Amarapura en 1784.
Suite à un incendie, la statue fut installée à Mandalay en
1857.
Seuls les hommes ont la possibilité d'approcher l'idole de bronze
de 3,80m, en position du lotus, et de lui coller des feuilles d'or sur le corps
tandis que le visage est gardé lisse (vers 4h du matin, les moines lavent
le visage et lui brossent les dents!) . Les 15cm d'or qui le recouvrent représentent
un poids de 9 tonnes. Ceux ou plus exactement "celles" (les femmes impures
prient en arrière des offrandes) qui ne peuvent pas s'en approcher ont
aussi la possibilité de voir le spectacle retransmis sur des téléviseurs...
Avec son diadème royal, "le grand sage" n' a rien de la coiffure
austère qu'on lui connaît au Sri Lanka!
Nous sommes trop tôt pour assister à la Fête de la Pagode Mahamuni à Mandalay qui a lieu du 22 janvier au 6 février.
Au
nord-ouest de la cour, on peut voir 6 statues de bronze (3 lions ou chintheis,
2 guerriers ou dvarapalas et l'éléphant à 3 têtes
Airavata) provenant d'Angkor où elles furent fabriquées au
XIIe s. avec une vingtaines d'autres qui ont disparus. Elles ont abouti ici
après bien des pérégrinations. Au XVe s. ce furent les
Thaïs qui s'en emparèrent. Un siècle plus tard le roi de Bago
ou Pegu (non loin de Rangoun) se les appropriait. Encore un autre siècle,
le XVIIe s., et cette fois c'est le butin dont s'empare le roi du Rakhine.
Pour finir, c'est le roi birman Bodawpaya qui s'en empara en 1784. Elles ont été
installées ici en 1857.
Selon les croyances populaires, le fait de
toucher certaines parties de ces statues aurait le pouvoir de soulager les douleurs
corporelles correspondant au membre concerné.
Après cette visite, nous traversons le quartier des marbriers sculpteurs
de statues du Bouddha...Le dernier travail exécuté porte sur la
tête.
Impressionnant, ça rappelle un peu ce que l'on a vu il
y a quelques années au centre du Vietnam.
Le
monastère
Shwenandaw Kyaung
(liste
indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
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Une petite demi-heure de traversée
de la ville et nous retrouvons au nord-est au pied de la colline de Mandalay où
nous irons assister au coucher du soleil un peu plus tard.
Mais nous nous intéressons d'abord au monastère Shwenandaw Kyaung ("Monastère Doré du Palais"). Tout de bois sculpté et jadis recouvert de feuilles d'or, véritable dentelle de teck posée sur pilotis auquel on accède par des escaliers de pierre. Il constitue l'un des plus beaux monuments de la ville et il a subsisté bien qu'il fût occupé par les Japonais durant la seconde guerre mondiale. Ce monastère aux toitures carrées et aux façades couvertes de sculptures représentant scènes réelles ou mythiques (Sirènes...), non dénuées de syncrétisme puisque l'on peut voir des anges chrétiens, fut construit à l'époque du roi Mindon (seconde moitié du XIXe s.). C'est lun des derniers vestiges de larchitecture birmane en bois du XIXe s.
A
l'intérieur, la clarté du jour se reflète sur les piliers
de teck recouverts d'or.
Juste à côté, se dresse le monastère
Atumashi Kyaung ("Monastère Incomparable") construit par le roi
Mindon en 1857. Initialement en teck et en stuc, il fut endommagé par un
incendie en 1890 et il a été reconstruit en 1996 sans reprendre
le styme originel et en faisant appel au béton...
Il est temps de penser au fameux
coucher de soleil sur la colline de Mandalay, haute de 231 mètres (ou
236m ou 238m voire 240m?). Le site qui selon la légende aurait eu la visite
du Bouddha fut occupé lors de la Seconde Guerre Mondiale par les troupes
japonaises qui en furent délogées en 1945 par un bataillon de gurkhas
de l'armée britannique dans des combats au corps à corps...
Nous y accédons par une route très pentue qui aurait été
construite par des condamnés aux travaux forcés... Cette grimpette
pétaradante en camionnette dure un petit quart d'heure. Arrivés
à mi-pente, à lentrée de la pagode Sutaungpyei, il
reste à emprunter les trois volées d'un escalier mécanique
(une fois encore!).
Pour les pèlerins ou les touristes plus authentiques, la montée peut se faire pieds nus en empruntant l'un des quatre escaliers (sud, sud-est, nord et ouest) couverts comptant un peu plus de 1700 marches! Ils n'auront pas forcément la récompense à l'arrivée car à 17h15, lorsque nous mettons les pieds sur le carrelage de la terrasse sommitale, la foule se bouscule le long du garde-corps ouest afin de capter le fameux coucher de soleil sur la ville et, au-delà, sur l'Irrawaddy (ou Ayeyarwaddy). Dommage, ce soir il sera un peu noyé dans la brume... La ville et ses multiples stupas dorés s'étend au pied de la colline. Parmi les spectateurs attendant l'instant fatidique, trois jeunes moines ont entrepris une sorte de "speed-dating" avec une touriste...
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Le soleil disparaît derrière les montagnes à l'horizon, pile
à 17h45!
Pour redescendre, afin d'éviter la bousculade aux ascenseurs
et escaliers mécaniques, nous rejoignons les pick-ups en empruntant un
escalier bordé dune quantité détals où
lon vend fleurs, nourriture, rafraîchissements et petits souvenirs
pour les pèlerins.
Nous gagnons le quartier nord-ouest
pour déposer nos bagages à l'hôtel, faire un brin de toilette
avant de nous rendre dans un petit restaurant thaï, le "Ko's
Kitchen" pour dîner non loin de là, tout près
des fortifications occidentales de l'ancien palais royal.
Très agréable
petit restaurant avec sa vitre permettant d'assister à la préparation
et à la cuisson des mets. Toujours excellents et très copieux: 5
plats (currys, brochettes, nouilles, légumes), sans compter le potage et
le riz, et pour finir pastèque et papaye dont la saveur est agréablement
rehaussée avec un petit morceau de citron vert...
Nous logeons à l'Emerald Land, extérieurement assez joli
mais pas très propre, avec des moustiques et parfois des petits lézards
grimpeurs (plus petits que des geckos) mais avec peu ou pas d'eau chaude. L'éclairage
électrique est faible et vacillant. Une petite fraîcheur se fait
sentir et il est nécessaire de sortir une couverture du placard.
Dommage
pour nous, notre chambre est située au bout d'une aile qui doit se trouver
non loin de monastères. Un moment, on s'est demandé si les prières
diffusées par haut-parleur dans le quartier ne venaient pas d'une mosquée
mais le chant du muezin ne dure que quelques minutes alors que là, pratiquement
toute la nuit et jusqu'au matin, nous aurons droit à des récitations
et psalmodies sonorisées des
soutras (ou sutras)
par des novices (d'après Su Su)
parfois accompagnées de musique... A partir de 6 heures, c'est la circulation
qui a pris le relais et à 7 heures il fallait se lever!
Petit saut temporel vers la fin de journée suivante (qui a surtout été consacrée aux visites hors de la ville avec les sites de Mingun et Ava décrits un peu plus bas) qui nous ramène pour une visite nocturne de l'un des sites de Mandalay.
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En
effet,
après un vote démocratique, la
montée au sommet de la colline de Sagaing (ancienne cité
en liste
indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
pour assister à un coucher de soleil à
la pagode Soon U Ponnya Shin (ou Sun U Ponya) a été remplacée
par la visite de la pagode dorée de Kuthodaw ("la
Pagode du Mérite Royal"), située au pied de la colline de Mandalay,
côté sud. On la surnomme "le Livre de Pierre" ou
"le plus grand livre du monde". Dommage qu'il soit un peu tard
(18 heures).
La construction du stupa doré commencée en
1857 sous le roi Mindon fut achevée en 1868 en vue du Cinquième
Concile Bouddhique qui fut réuni ici en 1871. Pour lire les 729 stèles
sur lesquelles sont gravés les 15 livres du canon bouddhiste unifié
(Tripitaka), 2400 moines durent se relayer pendant 6 mois. En version imprimée,
cela représente 30 volumes de 400 pages!
DANS
LES ENVIRONS DE MANDALAY: Mingun et Ava
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Nous quittons l'hôtel dès
8 heures et le bus nous conduit à l'embarcadère sur les rives de
l'Irrawddy. 20 minutes plus tard nous arrivons au "port" dans une ambiance
de kermesse car il y a là une sorte de bateau-disco. Un plage descend vers
des quais informes fait de boue et de détritus divers. Je me demande
bien comment les voyagistes peuvent décrire cela comme étant une
jetée... il ne leur reste plus qu'à parler aussi de yachts! Quant
à la passerelle, elle est des plus rudimentaire et n'a rien d'une échelle
de coupée: une simple planche pas très large et, en guise de main
courante, une perche en bambou tenue par deux "matelots"...
A 8h30, embarquement terminé sur
un vieux
bateau tout en bois, une sorte de jonque à moteur qui ne transporte
que notre petit groupe.
Il fait un peu frais. Le soleil n'est pas encore très ardent et il faut ajouter à cela le vent relatif dû au déplacement du bateau. Il s'avère donc qu'une petite laine est bienvenue... Bien sûr le bateau, tout autant que l'embarcadère et la passerelle, ne répond à aucune norme de sécurité occidentale. Comme le fleuve est peu profond et que dans ce bateau tout y est en bois (sauf le moteur!), on peut caresser l'espoir qu'en cas de naufrage on pourrait toujours se raccrocher à quelque chose...
Nous
remontons l'Irrawaddy sur environ 10 km en direction de Mingun, ce qui demandera
environ 1h15 de navigation tranquille. Le spectacle sur le fleuve et sur ses rives
n'est pas dénué d'intérêt: paillotes de villages de
pêcheurs et d'agriculteurs, récupérateurs de sable sur les
îlots (lesquels sont recouverts lors de la mousson), bateaux transportant
toutes sortes de marchandise: barils de carburant, teck venant des régions
plus au nord, trains de radeaux de bois tirés par un bateau (le bois de
teck est tellement dense qu'il ne flotte pas), pêcheurs dans leur frêle
esquif, dans le lointain brumeux la colline de Mandalay. Les bateliers sur les
autres embarcations, tout comme sur notre bateau, doivent être vigilants
pour ne pas s'échouer car le cours d'eau est peu profond en saison sèche.
Un aide procède souvent à des sondages à l'aide d'une perche
de bambou. En cette saison, nous n'aurons malheureusement pas le plaisir de voir
des dauphins d'eau douce accompagner notre bateau. En réalité, en dépit de leur
nom commun, c'est plus facilement sur le cours moyen du Mékong
(Cambodge, sud du Laos)
que l'on peut apercevoir ces fameux dauphins de l'Irrawaddy.
A
propos des dauphins des fleuves
Le dauphin de l'Irrawady (Orcaella brevirostris)
est un mammifère principalement marin de l'Asie du sud-est que l'on
trouve aussi dans les estuaires des grands fleuves de cette région. Il a été
répertorié par les biologistes en 1866. Même si sa taille est voisine de celle
de son cousin d'Amérique, le dauphin de l'Amazone (Inia geoffrensis) qui
vit exclusivement en eau douce, il s'en différencie par un certains nombre de
caractéristiques en particulier par son rostre court. Les biologistes le
rattachent par ailleurs à la catégorie des orques. En outre, cette espèce semble
avoir un comportement moins familier avec les humains ce qui fait que nous
n'apercevrons plusieurs de ces animaux qu'a plus de 10 ou 20 mètres. Leur
nageoire dorsale est courte est leur corps est de couleur claire.
Bientôt sur notre
gauche émergent d'un environnement boisé les pagodes dorées
de Mingun qui grimpent à l'assaut des collines... mais le but de notre
visite est bien plus proche.
MINGUN
,
éphémère capitale
de 1810 à 1819
(liste indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
On
nous débarque au pied de deux chintheis, des lions géants
de 33m de haut qui devaient être les protecteurs de "la pagode inachevée"
ou Pagode
Mantaragyi
et déjà les vendeurs de souvenirs sont à nos trousses. Derrière
se dresse un énorme cube de brique de 50m de hauteur. Le projet s'est arrêté
au tiers de la hauteur, c'est-à-dire au niveau des terrasses carrées
(72m de côté à la base) sur lesquelles seraient venues se
placer les parties arrondies et en pointe du stupa. La cloche de la pagode avait
déjà été fabriquée et on reparlera d'elle un
peu plus loin. Mingun ne fut à proprement parler une capitale même
si roi Bodawpaya venait souvent s'installer dans les environs pour surveiller
l'avancement du chantier sur lequel travaillèrent plusieurs milliers d'esclaves
pendant près de trente ans. Le roi renforcera ce contingent y en intégrant, de
force, plusieurs milliers d'Arakanais. Le pays finira par se soulever..
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La
Pagode de Mingun dont la construction fut entreprise par le Roi Bodawpaya
(dynastie Konbaung) à la fin du XVIIIe s. devait être la plus
vaste du Monde. Avec 150m de haut (ou 170m?), elle aurait dépassé
de 20m la colossale pagode de Nakhon Pathom en Thaïlande et devait être
vue depuis Amarapura, à 20km de là... Cela faisait partie des plans
mégalomaniaques du souverain qui avait soumis le Rakhine (où, rappelons-le,
il s'était emparé du Bouddha Mahamuni), s'était attaqué
au Siam (la Thaïlande) et avait même eu des visées sur la Chine.
La pagode était notamment destinée à accueillir une dent
du Bouddha offerte par l'empereur de Chine. Rien que cela!
Mais revenons à
cet édifice dont la construction fut stoppée net à cause
de la mort du souverain en 1819 puis du séisme de 1838. L'échec
du projet tient aussi à d'autres éléments: d'ordre technique
comme des solutions inadaptées pour la chambre des reliques avec des piliers
de plomb, métal malléable, ou problèmes d'ordre politique
du fait de la déportation de 50 000 Arakanais pour travailler au chantier
ce qui fit fuir une partie de la population du Rakhine en Inde et fut à
l'origine du premier conflit avec les Britanniques...
L'accès à
la terrasse par des sentiers parfois sommaires est un peu acrobatique, surtout
qu'il s'effectue pieds nus, en raison des fissures mais les "aides"
sont nombreux pour vous y aider. Du sommet de la gigantesque terrasse délabrée
on découvre la pagode de la Cloche et, plus loin, une vue splendide sur
la Pagode blanche de Hsinbyume, le village de Mingun et le fleuve avec, en avant
plan, le postérieur des lions protecteurs.
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Après
une descente de la Pagode Inachevée aussi acrobatique que la montée,
nous gagnons le pavillon où se trouve la fameuse cloche de Mingun
aux mensurations impressionnantes: 6m de haut (mais on trouve aussi mention
de 4 ou de 8m!), diamètre de 5m à sa base, circonférence
à la base de15m et poids de 90,5 tonnes!
Seconde cloche du monde par ses dimensions, elle vient bien après celle du Kremlin (la "Tsar Kolokol") de 160 tonnes mais comme cettedernière s'est brisée à la suite d'un incendie, la cloche de Mingun peut revendiquer la place de plus grosse cloche au monde en état de fonctionner! En effet si lors du tremblement de terre, son support en teck s'effondra, elle sortit indemne de cette chute et elle fut suspendue à son nouveau support métallique en 1896.
Sous
un soleil très ardent, nous poursuivons sur un sentier poussiéreux
bordé de boutiques et envahit par les carrioles dont les coches nous sollicitent
pour arriver à la Pagode de Hsinbyume
ou Myatheindan.
Édifiée en 1816 par le prince de Sagaing Bagyidaw, petit-fils (et successeur) du roi Bodawpaya en commémoration de la mort de sa première épouse, sa cousine Hsin byu Me, cette pagode a une architecture assez originale. Elle évoque le Mont Méru, centre du cosmos selon la religion hindouiste, et ses sept terrasses en forme de vagues rappellent les sept chaînes de montagnes et les sept mers qui entourent l'univers.
De la terrasse on jouit d'une vue magnifique sur l'ensemble du site.
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AVA
,
anciennement INNWA ("Bouche du Lac"), capitale cinq siècles durant
(XIVe-XIXe)
sauf
de 1760 à1764 et de 1783 à 1823
(liste indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO
établie en 1996)
Il est 11h20
et c'est l'heure de réembarquer pour redescendre vers Mandalay. Le courant
nous portant cette fois-ci, nous mettrons 45 minutes dans ce sens.
Toujours
un réjouissant spectacle sur les rives, du moins à nos yeux de touristes:
lessive, baignade et toilette, trafic de bateaux plus ou moins importants (barques
chargées de fourrage ou de sable, radeaux...). Nous accostons au plein
milieu d'une séance de lessive sur les berges immondes qui servent de quai.
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Une bonne demi-heure
de bus au milieu d'une région agricole bien verte (arachide, maïs...),
un péage rudimentaire sur cette petite route et nous arrivons sur l'un
des bras de la rivière Myitnge ("Petite Rivière"), affluent
de l'Irrawaddy. Les bras de la rivière enserrent Ava ou Innwa, l'ancienne
capitale du royaume du même nom, fondée en 1364 lorsque les Shan
s'emparèrent de Sagaing et le restera pratiquement toujours jusqu'en 1841
où elle fut déplacée à Amarapura.
Nous le traversons la rivière sur un bac, une petite barque à fond
plat transportant une quinzaine de personnes à la fois.
Arrivés sur le
rivage, quelques pas suffisent pour nous conduire au restaurant Small River.
Il est 13 heures. Nous déjeunons à l'extérieur, en jouant
à cache-cache avec le soleil malgré le zèle des employés
déplaçant le parasol et en recevant quelques piqûres de moustiques...
Le service s'éternise bien que Su Su ait
ressenti la nécessité de mettre la main à la pâte pour
activer les choses.
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Enfin, une heure trois
quarts plus tard (soit 14h45), nous empruntons un nouveau mode de locomotion:
la carriole. Ce sera notre moyen de locomotion pendant les deux heures
suivantes, pauses comprises. En cours de route nous apercevons les vestiges des
anciens remparts et ce qui étaient les fortifications de la porte d'entrée
nord Gaung Say Daga ("Porte du Lavage des Cheveux"), des stupas blanchis
ou dorés, des hameaux et même une petite école de campagne
que les enfants viennent de quitter et des champs de riz déjà repiqué.
Nous
consacrerons un bon moment du monastère Bagaya Kyaung. Cet édifice
en teck de 57x31m fut construit en 1834. Sa structure est supportée par
267 troncs de 19m de haut et de 2,70m de circonférence. Les encadrements
de portes et l'intérieur bénéficient de sculptures raffinées,
notamment de paons et de feuillages. Autre originalité, son toit "en
pagode" qui s'effile sur 7 niveaux (chiffre symbolique de l'hindouisme) Mais
la laideur des tôles ondulées de couleur orangée qui le recouvrent
se passe de commentaire. Sur la terrasse en bois qui entoure le monastère,
attention aux clous qui dépassent. N'oubliez pas que vous êtes pieds
nus...
Ce monastère est désaffecté et seul un moine s'y
occupe d'enseigner à des enfants pauvres des environs. Su
Su nous a incités à lui remettre ce que nous avions
pu apporter en crayons, cahiers...
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Après une demi-heure
de visite nous reprenons nos carrioles en empruntant un autre chemin qui nous
fait passer au milieu de plantations de bananiers et près de la tour
penchée Namyin.
Il s'agit d'une tour de garde, vestige du palais du roi Bagyidaw. Suite au séisme de 1838, la tour a perdu sa partie supérieure et s'est inclinée dangereusement.
Petit
détour à la Pagode Maha Aung Mye Bonzan. Ce monastère
construit en 1818 (ou 1822?) est dû à la première épouse
du roi Bagyidaw, à lintention de son précepteur, un très
vénérable moine (peut-être son amant, dit-on). Construit en
pierre (on trouve parfois mention de brique recouverte de stuc?), il reprend néanmoins
les forme des constructions en bois. Endommagé lors du séisme de
1838, il fut restauré en 1872 par la première épouse du roi
Mindon.
De la terrasse, on a une vue sur les ponts d'Ava construits sur l'Irrawaddy:
le pont aux 16 piles construit par les Anglais en 1934 et, au-delà, le
pont moderne à 4 voies construit en 2005.
Assis sur le gazon du parc
qui entoure la pagode, on peut voir un vieux moine pas du tout gêné
d'encaisser une petite poignée de billets, ce qui contrevient complètement
aux règles monastiques.
Promenade terminée, nous repassons le rivière avec le bac afin de
retrouver notre bus.
Nous ne visiterons pas Sagaing, ancienne capitale royale de 1315 à 1364. C'est un site devenu un haut lieu du bouddhisme birman, parsemé de monastères, temples et pagodes au dôme blanc et or, construits au milieu de tamariniers centenaires. On en compte quelques 600, dont au sommet la pagode Sun-U-Ponnya-Shin et, en prime, une flopée de singes...
Nous ne franchirons pas le pont d'Ava pour assister au coucher du soleil depuis la colline de Sagaing et la Pagode Soon U Ponnya Shin comme il était prévu au programme, puisqu'il a été décidé démocratiquement de remplacer cette visite par celle de la pagode Kuthawdaw , "la Bilbiothèque de Pierre" de Mandalay, visite que nous avons évoquée un peu plus haut.
Dans la région de Mandalay, certains programmes se rendent à Monywa, sur la rivière Chindwin, affluent de l'Irrawaddy, pour visiter la pagode Than Bodday au 815 stupas et la colline de Shweba, une sorte de "Petite Petra" aux monastères creusés dans la roche. Après cela, ce circuit part plus au sud vers Pakkoku pour rejoindre l'Irrawady.
Cette seconde journée s'est
terminée à Mandalay avec un dîner au restaurant
chinois Golden Duck, non loin de notre hôtel et tout proche de l'ancien
palais, comme le restaurant du soir précédent (Ko's Kitchen). Restaurant
avec profusion de plats (et présentation originale d'un potiron) sur plateau
tournant comme il se doit dans un restaurant chinois où l'on n'a pas oublié
les baguettes (et une fourchette parfois utile à certains!): potage et
bol de riz, évidemment, et parmi les huit plats, un qui nous fait particulièrement
saliver, le canard laqué! Mais hélas grand déception pour
ceux qui ont eu l'occasion de goûter ce met délicieux en Chine, le
canard présenté ici n'est même pas en mesure de rivaliser
avec un canard rôti comme on le fait chez nous, de plus il est découpé
d'une telle façon que l'on trouve des débris d'os dans les petits
morceaux de viande.
Retour
à l'Emerald Land pour une nuit ponctuée de mélopées
monastiques des soutras du canon bouddhique et, par dessus le marché, nuit
courte avec un lever à 6 heures...