My Tho
dans le delta du Mékong...
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Le sort de jeunes paysannes vietnamiennes pauvres...

Paradoxalement car ayant la même cause, le désir d’avoir un descendant mâle (chargé du culte des ancêtres et, plus terre à terre, de veiller aux vieux jours de ses parents), on constate un déficit de filles en Chine (avortements sélectifs voire infanticides d'un niveau tel que le déficit de filles serait de l'ordre de 60 millions !) et un excédent au Vietnam (si l’on a des filles, on procrée jusqu’à l’arrivée d’un garçon).
De la sorte, dans les deux pays on aboutit à un déficit des sexes de sens opposé.

Quoi qu’on en dise, les lois du marché sont très prégnantes, même dans un tel domaine et même dans des économies socialistes.
Ainsi, des agences recrutent des jeunes filles vietnamiennes des milieux pauvres en vue de les marier à des fils de riches paysans chinois qui ne trouvent pas d’épouse (en Chine le déficit général de filles et accentué par l’exode de celles-ci vers les villes). En échange, la famille reçoit de 300 à 500$, en quelque sorte la dot.

Arrivées en Chine, il se trouve que les jeunes femmes qui n'ont jamais vu leur mari auparavant, servent souvent d’épouse à 2 voire à 3 frères célibataires… Certaines des déçues s’enfuient et parviennent à revenir au pays où leur sort ne sera guère enviable.

Un dicton populaire vietnamien dit assez méchamment pour les Laos et les Thaïs:
"le Cambodgien sème le riz, le Laotien le regarde pousser, le Vietnamien le cultive et le Thaïlandais le mange" !

Tout au long de notre trajet, nous pouvons observer tout un peuple industrieux qui s'active avec calme mais avec détermination et ténacité.

Une première étape nous conduit à Long An où nous visitons un temple de la secte caodaïste, un culte syncrétique mêlant des éléments taoistes, bouddhistes et chrétiens. Des personnages aussi divers que Sun Yat-Sen (révolutionnaire chinois qui fonda la première république de Chine en 1912), Churchill, Shakespeare, Jeanne d'Arc ou Victor Hugo ! figurent à son panthéon.
Cette religion fondée en 1919 avait initialement des visées nationalistes anti-françaises (elle fut interdite en 1937) puis s'est transformée en affaire financière très lucrative et opportuniste, puisqu'à son panthéon a même été ajouté le nom de ...Ho Chi Minh!

LONG AN -temple caodaïste (passez la souris sur la photo). LONG AN - Temple caodaïste.


LONG AN -temple caodaïste.
LONG AN -temple caodaïste.
LONG AN -temple caodaïste. LONG AN - Temple caodaïste.


LONG AN -temple caodaïste.
LONG AN -temple caodaïste.
Remarquer le svastika (croix gammée) qui est un symbole solaire largement utilisé depuis des millénaires d'abord par d'anciennes tribus européennes puis adopté par les Troyens grecs avant de devenir un symbole sacré du bouddhisme où il représente le signe de l'harmonie.


Sur la route de My Tho, nous visitons la pagode Vinh Trang complétée par un vaste complexe monastique (nonnes et moines vivent dans des locaux séparés) en cours d'extension. Un parfait exemple d'art kitsch ("style d'un mauvais goût outrancier lié à l'accumulation d'objets démodés ou insignifiants")... Non loin des classiques tablettes funéraires, on peut voir une auréole de Bouddha scintillante de tous ses feux.

La Cochinchine, autrement dit le sud Vietnam, est dans l'aire d'influence du bouddhisme
Hinayana dit du " Petit Véhicule", proche de l’une des plus anciennes écoles bouddhiques, l'école Theravada ("la voie des anciens") diffusé à partir de Ceylan dans l'Asie du sud-est.

MY THO - pagode Vinh Trang. MY THO - pagode Vinh Trang. MY THO - pagode Vinh Trang.
MY THO - pagode Vinh Trang. MY THO - pagode Vinh Trang. MY THO - pagode Vinh Trang.
La pagode Vinh Trang.


Sur la route de MY THO. Sur la route de MY THO. Sur la route de MY THO. Sur la route de MY THO.
Sur la route de MY THO, des visages hétéroclites du Vietnam: "chaumière" en feuilles de palmier, transport de porcs, sampans et jonques, fête patriotique...


Le fleuve Mékong, la "mère des eaux", né au Tibet est long de 4500 km. Après s'être dédoublé en entrant au Vietnam, le fleuve se jette dans la Mer de Chine par l’intermédiaire de 9 bras ("les 9 dragons") et de multiples arroyos qui forment le delta du Mékong lequel couvre 40000 km². Le delta progresse de 80 m chaque année du fait des dépôts alluvionnaires lors des crues.
Un trafic considérable d'embarcations en tous genres anime la vie fluviale. Sur les rives, outre l'activité portuaire, des parcs pour l'élevage de poissons (ou crustacés) sont installés aux abords de pontons flottants qui servent également d'habitations.
SAIGON, retour à l'hôtel, l'art du bouquet.

Les yeux peints sur les proues de bateaux.



Nous embarquons à Ben Tre pour un petit tour en jonque motorisée sur l'un des principaux bras du Mékong puis débarquons sur l’île de Thoi Son ou Ile de la Licorne. Promenade le long des vergers: manguiers, longaniers (apparentés aux litchis), dragonniers (dragons ?)... Dégustations d'alcool de riz et de caramels (à base de sucre de noix de coco et de cacahuètes).

Visite de maisons dont celle de deux vieillards de 89 et 82 ans. Leur maison est très petite. Une seule pièce sur un sol de terre battue avec dans un coin, un "lit" bas qui se réduit à un simple plateau fait de planches, sans sommier ni matelas et, dans un autre coin, un espace cuisine avec foeer et quelques pauvres ustensiles.

Promenade très exotique en barque sur un arroyo bordé de palmiers d'eau pour rejoindre la jonque qui nous ramène à l'embarcadère de My Tho..

MY THO - sur le Mékong. MY THO - sur le Mékong. MY THO - arroyo du Mékong.
Trafic incessant des jonques sur le Mékong.

"annexes" en forme de corbeilles en bambou tressé...

Dans un arroyo, au milieu des palmiers d'eau...

MY THO - sur l'Ile Thoi Son. MY THO.



MY THO, Ile Thoi Son.
MY THO - sur l'Ile Thoi Son.
Des anciens de 82 et 89 ans, chambre (lit traditionnel sans sommier ni matelas) et coin cuisine de leur maison rudimentaire...







En revenant vers Saigon, on peut à nouveau observer les petits villages et la campagne.
Les rizières sont peu visibles car elles ont été asséchées pour procéder à la récolte du riz à la faveur de la saison sèche (elles sont mises en eau avant et pendant la culture). Dans cette région, on a de 2 à 3 récoltes de riz, grâce aux crues du Mélong qui fertilisent le sol. En revanche, on voit quelques zones maraîchères bien vertes et quelques parcelles inondées où pousse le liseron d'eau.
Au bord de la route, on peut voir divers petits commerces: vendeurs de faux billets pour offrandes lors des enterrements ou dans les temples, marchands de fruit sou de bidons d'alcool de riz ("ruon nep"), ce que nous avions pris pour des bidons d'essence pour moto!





A ce propos, quelques mots sur le système éducatif.

On compte de plus en plus d’écoles privées à but lucratif (ce ne sont pas des écoles confessionnelles) désormais autorisées.
Les enfants peuvent être scolarisés à partir de 3 ans. Dans le sud, malgré la chaleur, la journée scolaire dure jusqu’à 16 ou 17 heures.

Dans le coût de la scolarité, il faut inclure le coût de l’uniforme qui est obligatoire afin de masquer les disparités économiques et sociales.

Les performances du système sont plutôt médiocres (classes surchargées...) et beaucoup de familles payent des cours intensifs qui se déroulent le week-end.
Après leurs études, beaucoup de jeunes du nord du pays, affluent dans le sud, plus riche.

SAIGON, retour à l'hôtel, l'art du bouquet.
SAIGON de retour à l'hôtel,
l'art du bouquet.
Retour vers Saigon à l'heure où rentrent les lycéennes vêtues de leur élégant ao dai.

On retrouve aussi l'intrication habituelle des 2 roues transportant parfois de lourdes charges. Des routes avec leurs panneaux de pub, des fils en tous sens , des taxis collectifs bâchés... et peut même apercevoir près d'une maison une "DS" Citroën, sans doute un héritage français de la fin de la colonisation.


Demain lever matinal, à 3 heures, pour se rendre à l'aéroport, direction Danang.





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