TAORMINE


Etna
(1),
Taormine (2)
.

 

Syracuse

 

 

ELEMENTS DE TRADITIONS ET DE FOLKLORE SICILIEN

Les céramiques "majoliques"

Le XVIème siècle est le règne de la majolique italienne.

Principalement réalisée en Toscane et en Émilie-Romagne, la faïence italienne de la Renaissance est ainsi appelée car sa production aurait été stimulée par l'importation de céramiques espagnoles venant de Malaga en Espagne ou, autre hypothèse, transitant par l'île de Majorque, qui seraient l'une ou l'autre à l'origine du mot maiolica ou maiolique.
C'est une faïence c’est-à-dire une argile recouverte d’un émail qui lui donne une couleur blanche sur laquelle le décor est peint
Cette technique éclatante et lumineuse permettra la création du style appelé "hispano-mauresque", à partir de la fin du XIVe siècle.

Les charrettes

Symboles du folklore sicilien, les premières charrettes sont apparues assez récemment, au XIXe siècle. Conçues au départ comme simples outils de travail, utilisées comme moyen de transport pour aller de la ville aux champs et vice versa. Elles avaient différentes formes et dimensions, selon le type de marchandise qu'elles transportaient (blé, terre, sable, pierres, bois, vin, etc.). On ne sait pas exactement à quand remonte l'habitude de peindre ces charrettes pour leur donner un rôle officiel de représentation. Selon certains, le but recherché était de les faire ressembler aux carrosses, véhicules réservés à la noblesse dont on connaît les versions

Les caractéristiques décoratives sont soit des sculptures soit des peintures. On trouve sur les panneaux réalisés en bois la représentation des personnages de la mythologie, de l’histoire sicilienne, c’était un moyen pour retracer des faits et nouvelles. On y retrouve donc une synthèse des civilisations méditerranéennes qui furent présentes dans l'île, des arabes, Byzantins aux coutumes gréco-albanaises. Les sujets centraux sont les exploits des paladins de France et les épisodes des premières Croisades, avec les illustrations prédominantes d' Orlando et Rinaldo.

On pouvait encore en voir dans les années 1960. Quant à celle que l'on voit aujourd'hui, ce sont des objets de collection visibles dans quelques boutiques ou restaurant et, pour le reste, des miniatures kitsch importées de Chine!

Musique et danse,
guimbarde et tarentelle

La guimbarde, appelée marranzanu est l'un des instruments de musique les plus anciens du monde et largement répandu dans diverses civilisations. Dans la musique traditionnelle sicilienne aux accents aigres et envoûtants, elle est utilisée à côté de la mandoline, du tambourin ou de la flûte sicilienne. Elle accompagnait facilement les chants de bergers et elle s'associe aux autres instrument dans les fameuses tarentelles.
Quelques mots au sujet de cette forme musicale traditionnelle provenant du Sud de l'Italie connue dès le XVIIe siècle mais qui a probablement des racines bien plus anciennes. Il y était associée un danse effrénée, jouée au cours de cérémonies qui pouvaient durer des journées entières, était considérée comme un remède traditionnel pour guérir les victimes de morsure de tarentule (d'où son nom) et peut-être aussi prétexte pour perpétuer des danses d'origines païennes....
Toujours est-il que les sonorités de la guimbarde ont séduit Ennio Morricone, célèbre compositeur de musiques de films
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De l'épopée de Charlemagne aux pupi avec le théâtre de marionnetttes

Le théâtre des marionnettes géantes à fils ou teatro dei pupi est né en Italie et en Sicile au XVIe s, puis s'est développé aux XVIIIe et XIXe siècle pour devenir un spectacle populaire qui s'est largement maintenu dans l'île jusqu'aux années 1950. Ce Ramayana occidental a pour base l'histoire des chevaliers et des chansons de gestes.
Amour et haine se déploient sur fond de guerre aux infidèles.
La surprise vient de la grandeur et du harnachement de ces poupées de bois. Elles mesurent environ 80 cm à Palerme et 1,20 m à Catane et Aci, et portent des vêtements aux couleurs chatoyantes et des armes damasquinées.

Les principaux protagonistes sont Charlemagne (Carlo Magno) avec sa couronne et ses chevaliers, qui sont représentés par des marionnettes particulières, appelées Pupi. Les marionnettistes, qui étaient analphabètes la plupart du temps, improvisaient des histoire sur la base de la Chanson de Roland.
Charlemagne combat les Sarrazins
représentés par Ferraù, avec l'aide de ses preux, notamment Roland, rebaptisé ici Orlando.
Roland (Orlando) et Renaud (Rinaldo) sont les deux compagnons d'armes divisés par l'amour de la belle Angélique. Roland incarne le sérieux, l'honnêteté, le dévouement, mais aussi la malchance en amour tandis que d'origine pauvre, Renaud est tout son contraire...
Les principales variantes de ce théâtre de marionnettes sicilien (Opera dei Pupi) dt sont le pupo catanais, le pupo d'Aci (petite ville de région de Catane) et le pupo palermitain.

Le théâtre des marionnettes de Sicile, a même été déclaré "œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité"
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et la trinacria ?

Rares doivent être les touristes qui ne se laissent pas aller à acheter une Trinacria en souvenir bien kitsch, le plus souvent en céramique décorée.

La Trinacrie (Trinakria) est le nom donné à la Sicile par les anciens Grecs alors qu'auparavant celle-ci s'appelait la Sicania au temps des Sicules et des Sicanes.
Cela signifie ''trois pointes" ou "trois jambes" évoquant la forme de l'île avec les trois pointes de Trapani-Marsala, de Messine et Syracuse.

C'est une tête de femme, ailée et coiffée d'un nœud de serpent, d'où rayonnent trois jambes fléchies.
Ce symbole à pour origine une monnaie de l'antiquité; le Triskèle grecque sur lequel était représenté une tête de Gorgone entourée par trois jambes. Il s'agirait de
la Méduse, l'une des trois gorgones mythologiques grecques, ces créatures malfaisantes et laides dont la simple vue suffisait pour mourir littéralement pétrifié (transformé en pierre).

La Trinacria figure au centre du drapeau adopté par la Région Sicilienne en 2000, longtemps après les indépendantistes qui avait chois ce symbole en 1943.
La moitié jaune est le symbole de Palerme, la moitié rouge celui de Corleone, les deux premières villes engagées dans la fameuse révolte des "Vêpres Siciliennes".

A l'espace entre le jambes ont été ajoutés des épis de maïs alors que sur d'autres représentations modernes on fait figurer des citrons ou des grappes de raisin... Les ailes ont tendance à être agrandies dans les représentations de fantaisie (souvenirs pour touristes ) et l'expression du visage plutôt que d'être laide est neutre voire légèrement souriante de sorte que l'on y voit presque un angelot!



CATANE -> ETNA => TAORMINE


Après une nuit tranquille passé à Acireale (Hôtel Capomulini), à une douzaine de kilomètres au nord de Catane, nous abordons les trois jours consacrés principalement à la Sicile volcanique en partant de bon matin (7h45) pour notre matinée sur l'Etna. Par chance, le temps s'avérera favorable alors qu'il s'ennuagera sur les hauteurs dans l'après-midi.

Les fameux seins de Sainte AGATHE...

Avec Sainte Rosalie (Santa Rosalia), patronne de Palerme, Sainte Agathe (SantAgata), patronne de Catane, on a là deux images très vénérées en Sicile. Nous reparlerons de la première lorsque nous serons à Palerme.

Mais ici, venons-en à Agathe, sainte, vierge et martyre, qui est fêtée le 5 février.
Son histoire (sa légende ?) est colportée depuis le Ve siècle. Née au IIIes. dans un famille noble convertie au christianisme, sa beauté fit son malheur car elle plut à Quintien, proconsul de Sicile. Elle repoussa ses avances et celui-ci afin de la faire céder, l'enferma dans une maison close. Face à son refus persistant, il la soumit à des tortures dont celle consitant à lui arracher les seins (! les malelons ?). Ses blessures furent miraculeusement guéries par l'Apôtre Pierre mais elle succomba à d'autres tortures en 251.
Son décès fut concommitant à un tremblement de terre qui dévasta la ville tandis qu'un an plus tard c'est un flot de lave qui se déversait sur la cité. Les habitants effrayés placèrent alors le voile de la sainte devant le feu qui miraculeusement s'arrêta aussitôt...

De cette histoire, on trouve une trace mercantile et d'un goût douteux dans la gastronomie régionale, ce sont les fameux Seins de Sainte Agathe.
Cette pâtisserie individuelle en forme de sein est une variante de la cassata, constituée d’un biscuit à la pâte d'amande fourré de ricotta (sous-produit laitier naturellement gélifié), recouvert de glaçage blanc et surmonté d'une cerise confite représentant le téton (ou le mamelon pour dire les choses de façon un peu plus soutenue!). Bref, c'est littéralement la cerise sur le gâteau...

Nous repassons à Catane avant de commencer l'approche de l'Etna. C'est le plus grand volcans d'Europe et, avec quelque 70 éruptions au cours du XXe siècle, c'est l'un des plus actifs du monde. Son périmètre est d'environ 550 km et il couvre 1200 km².
Le volcanisme en Sicile se manifeste depuis 500 000 ans.

Catane fut fondée au VIIe siècle av. J.-C. par des colons grecs ( vers -752). Outre les destructions dues aux guerres, elle subit la fureur de l'Etna qui consuma la ville en 121 avant J-C.

Devenue romaine, Ste Agathe y fut martyrisée en février 251, coïncidant avec un tremblement de terre auquel succéda l'année suivante une éruption qui faillit détruire la ville (la tradition veut que le miracle est dû au voile de la sainte).



Seins de Saint Agathe, la cerise sur le gâteau...

En 1169, un séisme provoqua la mort de milliers de personnes. Encore en 1329 et 1381, elle fut gravement endommagée par des tremblements de terre. Le tremblement de 1693 dont l'épicentre se situait au sud-est de l'île (Val di Noto) fut très meurtrier (60 000 morts dont 16000 à Catane) et fut ressenti jusqu'à Palerme. Huit villes furent reconstruites dont Catane (architecte Giovanni Battista Vaccarini), Caltagirone, Raguse...
En 1669, des coulées historiques détruisirent une partie de la ville. Enfin, en 1869 et 1881, des éruptions de l'Etna détruisirent plusieurs quartiers. On voit d'ailleurs très bien des traces de ces coulées aux abords de la ville.

Le site de l'Etna ne sera  classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco qu'en 2013

Montée à l'Etna - Photo Google Earth

La route sinueuse aborde la face sud du volcan par les villages de Paterno, Belpasso et Nicolosi. De rares fermes, de petites parcelles montrent que les hommes cohabitent avec le monstre voisin. Peut-être n'ont-ils pas toujours eu d'autres choix ? Le sol riche, le climat favorable et les brassages culturels y ont amené vignes et oliviers (apports grecs), agrumes dont les fameux citronniers (apport arabe) et même exotiques kakis (plaqueminiers à moins qu'il s'agisse de néfliers du Japon, aux fruits également de couleur abricot).

Puis une végétation plus rustique et forestière de châtaigniers et bouleaux aux sous-bois égayés d'asphodèles en fleurs, valérianes, cède bientôt la place à un sol rocailleux et brunâtre occupé de-ci de là par une maigre végétation colonisatrice de genêts nains, rumex rougeâtre et camomille.
Enfin, à partir de 1500 m, le paysage devient tout à fait lunaire avec les coulées de lave figées.

Les bus s'arrêtent là, à 1800 m, au niveau des cratères éteints des Monts Silvestri.
La plupart d'entre nous optent pour l'option à supplément (51€ en tarif groupe) pour atteindre Montagnola à 2600 m, la station haute du téléphérique, puis 2920 m par minibus 4x4 au niveau de la Torre del Filosopho, ce qui nous laisse encore 400 m en dessous du cratère sommital.
Des randonneurs courageux affrontent l'ascension du volcan avec vêtements chauds, casque, chaussures de montagne, bâtons. Il est possible de louer de l'équipement à la gar suprérieure du téléphérique.

D'immenses névés recouvrent encore les pentes mais il est vrai que le paysage de l’Etna est magnifique car on y trouve durant sept mois de l’année de la neige dont la fonte est retardée par les couches de cendre qui viennent la saupoudrer de temps à autre.

Au gré des éruptions qui tantôt le décapitent et tantôt le surélève, il a gagné 80 m de hauteur depuis le début du XXe s., ce qui le porte à environ 3350 m actuellement.

 

L'Etna

L'Etna (vu de 2900 m.)

Mais, l'Etna a une histoire bien plus ancienne puisqu'il est sorti de la Mer il y a 500 000 ans.

Les éruptions effusives (coulées de lave très fluide qui deviennent plus visqueuse à la fin d'une phase éruptive) se déroulent généralement à partir de fissures éruptives ouvertes sur les flancs de la montagne, particulièrement au sud-est, tandis que les manifestations explosives de type strombolien se déroulent dans les quatre cratères sommitaux de l'Etna . Catane, seconde ville de Sicile (300 000 habitants), se trouve donc particulièrement exposée. Elle a souvent été touchée par des coulées de lave qui ont rejoint la mer, et fut gravement endommagée en 1669 et en 1693 par des tremblements de terre. L'éruption de 1669 détruisit complètement 12 villages situés dans la plaine et expulsa 700 millions de m3 de lave.

De l'histoire volcanique très récente de l'Etna, il faut retenir quelques dates. De décembre 1991 à mars 1993, des coulées ont menacé le village de Zafferana Etnea (son nom d'origine arabe évoque la couleur jaune) et des blocs de béton furent héliportés pour tenter d'obstruer le cratère. En 2002, le téléphérique a été détruit par une éruption. De 2008 à 2010, une partie de Piano Provenzana (Valle del Bove) a été détruite par des cendres.

 

Fumée blanche sur le sommet...c'est bon signe ! On voit bien les cratères formés suite aux éruptions de 2001 et 2002... La terre est toujours chaude, ça sent un peu le soufre, ça fume...
En compagnie d'un guide, nous effectuons un petit circuit nous faisant passer près des ruines de l'ancien refuge "Torre del Filosofo" (le nom évoque l'histoire légendaire du philosophe grec Empédocle qui en aurait fait l'ascension au Ve s. av. J-C et que le volcan aurait consumé, refusant l'offrande qu'il lui avait faite).
Puis, après avoir traversé un névé, nous faisons le tour d'un cratère d'où s'échappe de la vapeur et dont le sol est encore bien chaud. Notre altitude maximale est de l'ordre de 3000 m et l'on distingue difficilement Catane dans la brume. Plus proches, nous avons en vue de magnifiques petits cratères sur le flanc sud-est du volcan.
Le vent rend la température bien fraîche sur nos visages alors qui si on t touche le sol, il est bien chaud.

Le nom du volcan ETNA viendrait du terme grec Aitho qui signifie "qui brûle" ou serait emprunté à la mythologie grecque, le nom d'Ætna désignant le fils géant d'Ouranos. La littérature grecque avec Homère et latine avec Virgile évoque les Cyclopes, fils de Poséidon, ces géants sauvages et cannibales, ne craignant ni les dieux ni les hommes, qui vivent en élevant des moutons, notamment dans l'île de Trinacrie, c'est-à-dire en Sicile.
L'origine mythologique de l'Etna est liée à la gigantomachie : le géant Encelade, puni par la déesse Athéna pour avoir déserté le champ de bataille contre les Titans, se retrouve écrasé sous l'île de Sicile. Les coulées de lave du volcan correspondent à son haleine de feu et il provoque des séismes d'origine volcanique lorsqu'il se retourne.
La mythologie grecque situe par ailleurs les forges du dieu Héphaïstos sous l'Etna où il y fabrique les armes des dieux de l'Olympe tels que le trident de Poséidon ou la foudre de Zeus avec l'aide des cyclopes.

 

Redescendus au parking, nous poursuivons en direction du nord, en passant par le village de Zafferana Etnea avant de gagner l'autoroute côtière qui joint Catane à Messine. L'ancienne colonie grecque de Naxos est devenue une station balnéaire tandis que nous arrivons sous la citadelle de Castel Mola qui servait de refuge aux colons pendant les conflits.
C'est par des tunnels que l'autoroute affronte l'obstacle.
A noter la particularité de la signalisation routière en Italie inverses par rapport à la France, ici les panneaux autoroutiers sont verts et ceux des nationales sont bleus. Par ailleurs, depuis le 1er juillet 2003, l'usage des feux de croisement est obligatoire en plein jour en dehors des agglomérations.


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C'est au pied de cet éperon du mont Tauro que s'est installée Taormine, l'une des villes les plus touristiques de Sicile. P
C'est notre première incursion dans la Sicile normande.

TAORMINE, agrippée aux flancs du mont Tauro, surplombant la mer et dominée par le cratère de l'Etna, bénéficie d'une situation des plus spectaculaires.
Fondée par les Sicules, elle fut investie par les Grecs au Ve siècle avant J.-C. à la suite de la destruction de Naxos par Denys l'Ancien en 403 av. J.-C.
Les Romains l'occupèrent à leur tour, puis cédèrent la place aux Byzantins qui firent d'elle leur capitale sicilienne. Détruite par les Arabes en 902, elle demeura malgré tout un centre économique et artistique.

Nous déjeunons dans le cadre paradisiaque de l'Ariston qui domine le rivage (outre des pastas, on nous y a servi de l'espadon). Les pentes arides sont propices aux cactées, les figuiers de Barbarie (en fait originaires du Mexique avant d'avoir conquis l'Afrique du Nord) sont en fleur et ils voisinent avec d'autres planes originaires des plateaux mexicains, les agaves également en fleur et les cactus candélabres...

La rue principale de la ville, le Corso Umberto I, est envahie par la foule qui flâne devant les boutiques de souvenirs, les restaurants et les glaciers...La découverte libre de la ville dans un temps limité impose des choix et donc des impasses.


Certains ont privilégié la visite du théâtre gréco-romain, (IIIe s. av. J-C mais agrandi à plusieurs reprises et qui servait de lieu de représentation de tragédie et de combats de gladiateurs). En importance, il venait après celui de Syracuse.
C'est un monument assez bien conservé et qui, surtout, offre en un seul regard une vue remarquable tant sur la baie que sur l'Etna (lorsque le ciel est limpide). Il est toujours utilisé pour de grands concerts.

 

L'Etna

 TAORMINE - le théâtre vu depuis le Jardin Public


 

L'alternative, c'est de parcourir la ville.
Nous commençons par nous rendre au jardin public. Cet ancien parc créé en 1984 par Lady Florence Trevelyan, et égayé de "folies victoriennes" , a été racheté par la ville en 1922 . Curieusement les arbres servent de monuments aux morts car ils portent des plaques au nom de soldats morts lors des deux dernières Guerres Mondiales. De là, on a une belle vue sur le port où accostent les paquebots et on aperçoit les superstructures du théâtre.


Des boutiques aussi.

On peut y voir toutes sortes de poteries modernes siciliennes, notamment les étranges vases de fleurs en céramique, en majorité polychromes, sous forme de tête humaine, de femmes et d'hommes, évoquant souvent les personnages de l'épopée "carlomanesque" (carolingienne en bon français) sans oublier les trinacria.
On trouve aussi beaucoup de plats et de sièges de chaises, en céramique à motif polychrome, végétal, d'arabesque ou d'animaux de mer.
Les couleurs sont celles de la céramique traditionnelle jaune antique bleu jaune orange vert émeraude ou plus rarement, les rouges et les noirs.

Dans certaines boutiques on peut voir des charrettes décorées ou, le plus souvent, leurs roues. C'est un symbole populaire de la Sicile et du folklore sicilien. Mais les boutiques proposent au chaland des miniatures (chinoises) plus ou moins kitsch, avec cheval paradant la tête ornée d'un chanfrein (bouquet de plumes) chamarré.

Continuant dans le registre plus ou moins folklorique, évoquons, aussi un instrument de musique traditionnelle, particulier à la Sicile, que l'on voit également à l'étal de certaines boutiques. Il s'agit de la guimbarde, appelée marranzanu. C'est l'un des instruments de musique les plus anciens du monde et largement répandu dans diverses civilisations.

Autre thème du folklore sicilien présent un peu partout dans les rues et boutiques de souvenirs, l'évocation de Charlemagne et de ses preux et de leurs combats contre les Sarrazins, notamment avec l'aide de Roland, rebaptisé ici Orlando.
On en trouve des illustrations y compris pour habiller des portes de garage! Mais l'utilisation principale de ces thèmes médiévaux se trouve dans le théâtre de marionnettes sicilien (Opera dei Pupi) dont les principales variantes sont le pupo catanais, le pupo d'Aci (petite ville de région de Catane) et le pupo palermitain.

 


Donc promenade tout au long du Corso Umberto I, depuis la Porta Messina jusqu'à la Porta Catania, et même un peu au-delà. Successivement, on peut voir le Palazzo Corvaja ou Corvalia (XIIe-XIIIes.) construit autour d'une tour sarrazine et qui abrita le premier Parlement de Sicile en 1410. Quelques pas dans une petite rue amènent aux vestiges d'un petit (200 places) Odéon romain du IIe s. bâti à l'emplacement d'un temple grec dédié à Apollon. Ces vestiges se retrouvent en partie sous l'église voisine, l'église baroque Santa Caterina. Plus loin, après avoir été englouti dans les vagues de touristes débarqués des paquebots, on arrive à l'église gothique San Agostino (transformée en bibliothèque) et à l'église baroque San Giusseppe.
La Tour de l'Horloge du XIIe s. fut rebâtie au XVIIe.
Puis nous arrivons sur la Place des Quatre Fontaines, devant la Cathédrale ou Duomo, édifice crénelé d'origine normande, du XIIIe siècle, qui a été largement remanié (dernières restauration en 1636).
Un mariage allait s'y dérouler et le marié attendait sa Belle devant l'entrée...
Enfin, nous franchissons la Porta Catania avant de revenir sur nos pas...

 

Nous reprenons l'autoroute en direction de la côte nord, en continuant d'emprunter de nombreux tunnels percés sous les Monts Peloritani.
De temps à autres nous apercevons des vergers d'agrumes. Alors que la production des fameux citronniers de Sicile est permanente, les orangers produisent deux récoltes, aux saisons intermédiaires, printemps et automne.

Nous faisons un bref arrêt au-dessus de Messine (chef-lieu d'une province de Sicile, 250 000 habitants). Nous avons une vue en direction de la Calabre, avec Reggio de Calabre sur la droite de la photo ci-dessous, tandis qu'au centre, on aperçoit au ras de l'eau l'avancée du Cap Peloro en Sicile qui se détache de l'arrière-plan lointain formé par le massif Capo Vaticano en Calabre.

 

Messine et la Calabre en arrière-plan

Un projet vieux de plus de 30 ans pourrait favoriser le développement de la ville: la réalisation d'un pont routier et ferroviaire suspendu sur le détroit de Messine. C'est un ouvrage pharaonique avec le plus long tablier du monde de 3300 m. La décision de le construire a été prise par Berlusconi en 2003 et un marché a été conclu en 2005. L'ouvrage devait être achevé en 2010, il pourrait l'être en 2012. Quant à son coût fixé à 4,6 milliards d'€uros en 2003, il s'élevait déjà à 6,1 md en 2009...
A défaut, un ballet de navires fait la navette avec la Calabre en coupant dangereusement la route à ceux qui empruntent longitudinalement le détroit. En revanche, deux pylônes électriques, l'un ôté sicilien (on le distingue à peine sur le Capo Peloro et d'aucuns le surnomme "La Tour Eiffel des Pauvres") et l'autre côté calabrais, permettent le franchissement d'une ligne à haute tension.

La ville correspond au Scylla de la mythologie grecque.

Charybde et Scylla sont deux monstres marins de la mythologie grecque, situés de part et d'autre d'un détroit traditionnellement identifié avec celui de Messine.
Dans l’Odyssée, Ulysse est appelé à franchir le détroit avec son navire, puis est confronté à Charybde une seconde fois, après un naufrage. Ils passent au large de Charybde, mais ne peuvent éviter l'autre monstre, Scylla, qui enlève et dévore six marins.
Cette légende est à l'origine de l'expression tomber de Charybde en Scylla, qui signifie "éviter un péril pour tomber sur un autre". Plus précisément Charybde symbolise le "tout ou rien", la mort pour tous ou la vie pour tous, selon un jeu de probabilité. Et Scylla incarne la mort certaine pour une partie de l'équipage, mais la vie pour les autres. Il s'agit d'un choix entre le sacrifice calculé ou l'avenir aléatoire de la vie de tous.


L'histoire peut être aussi terrible que la légende. Ainsi le 28 décembre 1908, Messine tout comme son vis-à-vis, Reggio de Calabre, furent dévastées (de 84 000 à 100 000 victimes) par le plus gros tremblement de terre jamais enregistré en Europe avec une magnitude de 7,5 sur l'Echelle de Richter.


Syracuse

SICILE