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Île de JAVA
(Jawa)
12 au 16 septembre 2013
Au royaume des volcans...
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ITINERAIRE: une proposition de découverte de l'île de JAVA
Aperçu historique
de JAVA...
Les origines
On peut décomposer l'histoire de Java en quatre périodes: la préhistoire, la période classique des grands royaumes hindou-bouddhiques, le début de l'époque moderne avec l'essor des royaumes musulmans et les débuts de la présence hollandaise, et la période moderne qui commence avec la mise en place des Indes néerlandaises.
Java fut habitée à l'époque paléolithique (1 million à 200 000 ans avant notre ère). Au centre de l'île, à Sangiran, au nord de Solo (ou Surakarta), on a trouvé les restes d'un hominidé de l'espèce Homo erectus qu'on a surnommé le Pithécanthrope ou l'Homme de Java qui vivait il y a 500 000 ans.
Le premier Homo sapiens dont on a trouvé les restes dans l'est de Java, appelé l'Homme de Wajak, y vivait il y a 40 000 ans.
Vers 2000 ou 3000 avant notre ère, les Austronésiens venus de Taïwan en passant par les Philippines s'établissent dans les archipels indonésiens.
La période historique
Les plus anciens documents écrits trouvés à Java sont des inscriptions en sanskrit et en écriture pallava, trouvées dans la région de Jakarta. Elles datent du Ve siècle et attestent de l'existence du royaume de Tarumanagara qui s'étendait à l'est de Jakarta.
Des inscriptions du VIIIe siècles se réfèrent à des souverains pratiquant soit la religion hindouiste shivaïste (royaume shivaïte de Mataram) qui a construit Prambanan vers le IXe siècle) soit la religion bouddhique (Yogyakarta qui a construit le plus grand stupa du monde à Borobudur vers le IXe siècle).
C''est à cette époque que des raids sont menés sur les côtes vietnamiennes.
Au Xe siècle, la capitale du royaume est transférée dans l'est de l'île. Les Javanais semblent avoir eu quelques visées sur le Cambodge.
Au XIe siècle, Java devient le centre d'une brillante culture et le "vieux- javanais" devient la langue des inscriptions.
Le débarquement d'un corps expéditionnaire sino-mongol à dans l'est de Java en 1292 coïncide avec l'avènement d'un nouveau royaume, Majapahit, dont la capitale est construite près de l'actuelle Mojokerto au sud-ouest de Surabaya.
À la fin du XVe siècle, des querelles de succession entraînent le déclin de Majapahit, qui passe en 1478 sous le contrôle des princes de Kediri.
L'élite et l'aristocratie hindoues quittent Java et s'installent à Bali qui devient l'île refuge de l'hindouisme dans un archipel qui s'islamise. Au même moment un Chinois musulman fonde la principauté de Demak sur la côte nord de Java, qu'on appelle le Pasisir.
Au XVIe siècle, Demak imposera son hégémonie aux royaumes de l'ouest de Java jusqu'à ce qu'il soit à son tour dominé par un prince musulman du centre de l'île, le sultan Agung, qui s'empare des côtes et interdit le commerce maritime. Les souverains du nouveau Mataram se proclamaient héritiers de l'ancien royaume de Majapahit.
La colonisation
En 1597, Cornelis de Houtman, qui dirige la première expédition hollandaise vers l'Asie, fait escale dans le sultanat de Banten (dans l'ouest de Java).
En 1619, la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou "Compagnie hollandaise des Indes orientales"), conquiert Jayakarta. Sur ses ruines, les Hollandais construisent Batavia, où la VOC installe son siège.
Par deux fois, le sultan Agung tente vainement de s'emparer de Batavia. Après sa mort en 1646, Mataram entame son déclin.
Pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, les Hollandais de la VOC prennent le contrôle de l'ensemble de l'île, à l'exception du sultanat de Yogyakarta et, ce jusqu'à la faillite de la compagnie en 1799. Le pouvoir passe alors aux mains du gouvernement des Pays-Bas.
Après la chute du Premier Empire, les Indes orientales sont occupées par les Britanniques jusqu'en 1816, où ils restituent les Indes orientales aux Néerlandais.
La Guerre de Java, de 1825 à 1830, qui oppose les Hollandais au prince de Yogyakarta fait 15 000 morts dans l'armée hollandaise et plus de 200 000 dans la population javanaise et aboutit a la confiscation de ce territoire.
Après la Guerre de Java, les Hollandais mettent en place le cultuurstelsel, un système d'agriculture forcée (les paysans doivent travailler 60 jours par an pour le gouvernement) orienté vers les cultures commerciales qui va permette aux Pays-Bas d'échapper à la faillite. Le système sera aboli en 1870.
En 1908, de jeunes nobles javanais créent le Budi Utomo ("l'intelligence suprême"), un premier mouvement national indonésien.
Après la fin de l'occupation japonaise en août 1945, en 1946 les Hollandais rétablissent l'administration coloniale en dépit de l'indépendance autoproclamée par Soekarno et Hatta.
Java fait partie de la République des États-Unis d'Indonésie à l'issue de la Revolusi, l'indépendance indonésienne le 29 décembre 1949, puis de la République d'Indonésie depuis le 17 août 1950.
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Aperçu géographique
de JAVA...
RELIEF
Java se situe entre Sumatra à l'ouest et Bali à l'est et entre Bornéo au nord et l'île Christmas au sud.
Java couvre environ 139 000 km². L'île s'étend sur 1050 km de long et 210 km) de large.
C'est le 13e plus grande île du monde. Java est entourée par la mer de Java au nord, le détroit de Sunda à l'ouest, l'océan Indien au sud et les détroit de Bali et de Madura à l'est.
Java est une île presque entièrement d'origine volcanique. Le quart des volcans sont actifs.
Trente-huit montagnes forment une colonne vertébrale est-ouest et ont à un moment ou un autre été des volcans actifs. Le plus haut volcan de Java est le mont Semeru (3676 m) et le volcan le plus actif à Java, et aussi en Indonésie, est le mont Merapi (2968 m).
La plus longue rivière est le fleuve Solo avec 600 km de long, jusqu'à son embouchure dans la mer de Java près de la ville de Surabaya.
Montagnes et hauts plateaux divisent l'intérieur en une série de régions relativement isolées où l'on pratique la culture du riz irrigué; les rizières de Java sont parmi les plus riches du monde.
Java est le premier endroit où le café indonésien a été cultivé, à partir de 1699. Aujourd'hui, l'arabica est cultivé sur le plateau Ijen.
CLIMAT
Les températures moyennes varient peu au long de l'année, entre 22° et 29°, et le taux d'humidité est de 75%.
Les plaines côtières du nord sont généralement plus chaudes avec en moyenne 34° en journée pendant la saison sèche. La côte sud est généralement plus froide que dans le nord.
La saison des pluies commence en octobre et se termine en avril. Pendant la saison humide, la pluie tombe surtout l'après-midi et par intermittence pendant les autres périodes de l'année. Les mois les plus humides sont janvier et février.
L'ouest de Java est plus humide que l'est tandis que les régions montagneuses reçoivent des précipitations beaucoup plus importantes.
Les hauts plateaux de Parahyangan, à l'ouest de Java, reçoivent plus de 4000 mm par an, contre 900 mm sur la côte nord-est
NATURE et ENVIRONNEMENT
L'environnement naturel de Java est la forêt tropicale, avec des écosystèmes allant des forêts côtières de mangroves sur la côte nord, aux falaises côtières rocheuses de la côte sud, et aux forêts tropicales des basses terres et d'altitude sur les pentes des régions montagneuses volcaniques.
Le climat se modifie progressivement d'ouest en est, on passe de la forêt tropicale dense et humide dans les régions occidentales, à une savane à l'est.
La faune originaire de Java se caractérise par sa biodiversité, avec de nombreuses sous-espèces endémiques, telles que l'aigle-faucon, le paon, le gibbon argenté, la souris, le chevreuil, le léopard et le fameux le rhinocéros de Java...
Aujourd'hui, seul un petit nombre de rhinocéros de Java survivre dans Ujung Kulon, c'est le rhinocéros le plus rare au monde.
Avec plus de 450 espèces d'oiseaux dont 37 espèces endémiques, Java est un paradis pour les ornithologues.
Depuis les temps anciens, les gens ont défriché la forêt tropicale, altéré l'écosystème, façonné les paysages en développant la riziculture en terrasses afin de faire face à la croissance de la population.
Cet accroissement démographique a exercé une forte pression sur la faune de Java confinée aux pentes des montagnes ou des péninsules isolées, en raison du recul des forêts tropicales. Certaines des espèces endémiques de Java sont aujourd'hui gravement menacées d'extinction, et certaines ont déjà disparu. Ainsi, les tigres endémiques de Java se sont éteints au milieu des années 1970.
Aujourd'hui, plusieurs parcs nationaux existent sur l'île de Java afin de protéger cette faune fragile.
POPULATION: langues, culture et religions
Avec une population totale de 139 millions d'habitants (y compris 3,6 millions de Madura) en 2011, Java accueille plus de la moitié (57%) de la population de l'Indonésie.
La population de Jakarta, capitale de l'île de Java et de la République d'Indonésie, approche les 10 millions d'habitants, mêlant opulence et extrême pauvreté.
C'est l'île la plus peuplée au monde et la densité y atteint 1062 personnes par km², ce chiffre ne tenant pas compte des zones inhabitables en raison de nombreux volcans. Malgré de forts taux de natalité dans le centre de Java, Java-Est, et Yogyakarta, ces régions ne s'accroissent pas en raison d'une émigration massive vers le côté ouest de Java, Sumatra, Bornéo et la Papouasie.
L'ouest de Java a une densité de population encore plus élevé dépassant 1400 habitants par km².
Depuis les années 1970 jusqu'à la chute du régime de Suharto en 1998, le gouvernement indonésien a mis en oeuvre un programme de transmigration visant à installer une partie de la population de Java sur d'autres îles moins peuplées d'Indonésie. Ce programme a donné des résultats mitigés, entraînant parfois des conflits entre les autochtones et les nouveaux colons.
LANGUES
Outre la langue nationale de l'Indonésie, l'indonésien ou Bahasa indonesia, on parle à Java les langues régionales suivantes: le betawi (un créole malais parlé par les Jakartanais "autochtones"), le javanais proprement dit, le soundanais (non pas le soudanais) dans la partie ouest, et le madurais dans l'île de Madura et une partie de l'est de Java.
Ces langues appartiennent toutes à la famille austronésienne.
Les autres langues parlées sont l'Osing et le Tenggerese (étroitement liées au javanais), le Baduy (étroitement liée à Sundanese), le Kangeanese (étroitement liée à Madurais), balinais, et le Banyumasan. L' Une grande majorité de la population parle l'indonésien en tant que langue seconde.
CULTURE
Malgré sa forte population et à la différence des autres grandes îles d'Indonésie, Java est relativement homogène dans sa composition ethnique. Seuls deux groupes ethniques sont originaires de l'île: Javanais et Sundanese. Un troisième groupe est formé par les Madurais qui habitent l'île de Madura sur la côte nord-est de Java qui ont immigré en grand nombre dans l'est de Java depuis le XVIIIe siècle.
Le découpage "ethnique" est déterminant. Face aux Javanais proprement dits, les Sundanais de l'ouest de Java, les Betawi de Jakarta et les Madurais de l'île voisine affirment une identité distincte, fondée notamment sur la langue.
Les Javanais représentent environ les deux tiers de la population de l'île, tandis Sundanese et Madurais représentent respectivement 20% et 10%. Le quatrième groupe est constitué par les gens qui parlent un dialecte malais, les Betawi descendants des personnes vivant autour de Batavia au XVIIe siècle. Ce sont des créoles descendants de divers groupes ethniques de l'archipel indonésien mélangés avec des groupes ethniques étrangers tels que portugais, hollandais, arabe, chinois et indien.
Mais dans l'ouest de l'île, Banten de langue soundanaise, et Cirebon de dialecte javanais, ainsi que Java oriental également de langue javanaise, revendiquent une culture distincte.
En outre, il faut distinguer la culture du Pasisir (la côte nord de Java) de celle de l'intérieur représentée surtout par les anciennes capitales royales que sont Surakarta et Yogyakarta. Enfin, les régions "intermédiaires", comme le pays de Banyumas, qui marque la transition entre le pays Sunda et Java, ou la région de Banyuwangi, héritière de l'ancienne principauté hindouiste de Blambangan et longtemps sous influence balinaise, ont leur caractère propre.
RELIGIONS
Java a été un creuset de cultures et de religions.
Outre les six religions reconnues officiellement par la Constitution indonésienne (islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme, bouddhisme et confucianisme), on compte 63 sectes religieuses à Java. Parmi celles-ci, 35 se trouvent dans le centre de Java, 22 dans l'ouest et 6 dans l'est de l'île.
Le mot kejawen (de Jawi, "Java") désigne un ensemble d'éléments considérés comme propres à la culture javanaise. Il inclut des croyances animistes et des pratiques antérieures à l'Islam, qu'on pourrait qualifier de "religion traditionnelle" javanaise et qu'on appelle kebatinan (de l'arabe bathin, "intérieur, spirituel").
La population, notamment dans les campagnes, est imprégnée de croyances et pratique des rites antérieurs à l'arrivée du bouddhisme, de l'hindouisme et de l'islam.
La loi indonésienne ne reconnaît pas le kejawen comme religion.
Il existe encore quelques enclaves d'hindouisme à Java: dans la région de Banyuwangi, dans des enclaves le long de la côte orientale proche Bali, où vit une population appelée Osing, dans le massif montagneux du Tengger autour du volcan Bromo, et sur le flanc ouest du volcan Lawu à l'est de Solo et sur les flancs de volcan Lawu à l'est de Solo. Banyuwangi est héritière de la principauté de Blambangan, vassale de Bali au XVIe siècle.
Parmi les Javanais "de souche", le bouddhisme est marginal. Les Indonésiens d'origine chinoise sont généralement bouddhistes et confucianistes ou chrétiens.
On ne connaît pas encore très bien les circonstances qui ont amené à l'introduction de concepts et de modèles culturels et religieux indiens à Java. On peut seulement constater leur présence au moins dès 450 après J. C., par une inscription en sanscrit et en écriture pallava trouvée à l'est de Jakarta.
Sur la côte sud de Java, dans le village de Balekambang, se trouve, à 100 mètres de la plage, un îlot sur lequel on peut voir un petit temple hindouiste, sur le modèle de Tanah Lot à Bali. On peut encore citer le royaume shivaïte de Mataram qui a construit Prambanan. Il coexistait avec le royaume bouddhiste dans le centre de Java, qui a édifié le temple de Borobudur vers le IXe siècle.
La majorité des Javanais au sens ethnique sont musulmans. Les autres groupes ethniques de Java : Betawis, Madurais et Sundanais, sont traditionnellement à majorité musulmane. Les Sundanais maintiennent une tradition de croyances et de pratiques antérieures à l'islam.
Plus de 90 pour cent de la population de Java est musulmane. Les adeptes de l'Islam à Java se répartissent entre l'abangan (plus classique et syncrétique avec des emprunts à l'animisme pré-islamique et à des concepts hindous) et le santri (plus orthodoxe et pour cela considéré moderniste).
Il est impossible de dater l'arrivée de l'islam à Java. Dans un mausolée à Leran près de Surabaya, il y a une stèle musulmane datée de 1082. Sur le site de la capitale du royaume de Majapahit, au sud-ouest de Surabaya, on trouve une série de tombes musulmanes dont la plus ancienne est datée de 1376 et est peut-être celle d'un membre de la famille royale. L'essor de la route de la soie maritime, contrôlée par des marchands musulmans, qui passait par l'archipel indonésien, conduisit les princes de ces ports à se convertir à l'islam, ce qui dans un premier temps ne fut pas le cas des populations.
On voit qu'entre la date de 1082 pour la stèle de Leran et celle de 1770 pour la conversion du dernier prince hindouiste de Blambangan, la diffusion de l'Islam a été un long processus.
Ce sont les Hollandais qui ont introduit le christianisme à Java. Enfin, il existe encore une synagogue à Surabaya, autour de laquelle se trouve une minuscule communauté juive d'origine irakienne.
ECONOMIE
Initialement, l'économie de Java s'est fortement appuyée sur le riziculture. Un peu plus de 5 millions d'hectares sont consacrés à cette culture, soit près de 40% de la superficie de l'île.
Le commerce avec d'autres régions d'Asie comme l'Inde et la Chine a prospéré dès le IVe siècle puis avec le commerce mondial des épices de l'Antiquité jusqu'à l'ère Majapahit,
Pendant la période coloniale, les Hollandais ont introduit la culture de plantes commerciales en Java, telles que canne à sucre, caoutchouc, café, thé et la quinine. A la fin du XIXe siècle, le café javanais a acquis une renommée mondiale
Les réseaux de transport routier a été développé pour le transport du café provenant de plantations à l'intérieur de l'île. Des routes à péage ont été construites depuis Suharto afin de relier les grands centres urbains et les zones environnantes.
L'île a un beau potentiel touristique, avec ses petites îles paradisiaques au large de sa côte nord telles les îles Seribu, les îles Karimunjawa et les îles Kangean, ses plages de la côte sud, ses vestiges archéologiques dont les plus connus sont les temples bouddhiques de Borobudur et les temples shivaïtes de Prambanan. Les anciennes villes princières comme Cirebon, Surakarta (aussi appelée Solo) et Yogyakarta. Ajoutons-y ses nombreux volcans et ses réserves naturelles dont celle d'Ujung Kulon, où vivent les derniers spécimens de rhinocéros asiatique.
Sur 3,5 millions de visiteurs étrangers ayant séjourné en hôtel en 2004, 90 000 ont séjourné à Yogyakarta, principale destination touristique de Java et 705 000 à Jakarta contre 1,65 million à Bali.
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JAVA
L'origine du nom reste mystérieuse: "Île lointaine" ou "Île de l'Orge"...
Le vaste ensemble bouddhique de Borobudur (IXe siècle), en forme de pyramide, est l'un des grands sites archéologiques mondiaux.
Il se compose de quatre étages de galeries ornées de mille six cent quarante bas-reliefs racontant les vies passées et présentes du Bouddha, de trois terrasses circulaires renfermant soixante-douze stupas surmontées d'un grand stupa au sommet. Chaque année, entre mai et octobre, le Borobudur reçoit les acteurs du Ramayana.
Non loin de là, les temples hindouistes de Prambanan (VIIIe-IXe siècle) supportent la comparaison.
Le couple Borobudur/Prambanan est le duo incontournable de Java.
Les temples des hauts plateaux de Dieng sont également intéressants, mais la région est toutefois mieux connue pour le spectacle de ses geysers de soufre. Pour les passionnés de volcanisme, Java est le centre du monde. Plus de cent volcans hérissent son relief, dont vingt-cinq sont en activité. Les grands classiques pour l'observation d'éruptions ou pour des randonnées dans les alentours sont le Merapi (qui a été pris de fureur en mai 2006), le Semeru, point culminant de l'île, tous les deux d'accès éprouvants. Citons aussi le Papandayan, aux grondements si réguliers qu'ils lui ont valu le qualificatif de "forge", le Kawa Idjen.
Une randonnée de quelques heures conduit au Bromo et à ses cratères à l'intérieur du Tengger, la "mer de Sable", qui fait l'objet d'un pèlerinage annuel en décembre. Il faut ajouter à cette longue liste le Perbuatan, sur l'îlot voisin de Krakatau, dont le bruit de l'éruption du 27 août 1883, entendu à 2000 km, n'a jamais été égalé. L'Anak Krakatau, que l'on peut approcher, est l'enfant naturel de son terrible père.
Bien plus qu'à Jakarta (anciennement Batavia à l'époque coloniale, ce qui rappelait ses origines bataves), capitale démesurée (9 ou 11 millions d'habitants selon les sources) et plutôt quelconque, mis à part son Musée national, il faut s'attarder à Solo et surtout dans sa presque homonyme, Jogjakarta. L'intérêt culturel, l'artisanat (batik) et les traditions (danseurs, marionnettistes) se rapportant aux épopées mais aussi à la vie politique se mêlent pour faire de ces deux villes de l'intérieur les plus plaisantes de Java...
POUR COMMENCER LA DÉCOUVERTE DE JAVA...
A l'aéroport de Solo, nous sommes un groupe de 33 voyageurs (32 à la fin du circuit après qu'une voyageuse eût chuté et se fût fracturée la cheville), de l'ouest mais aussi du sud, du centre, de l'est et même de Belgique... De la petite et alerte quarantaine au double ! et une majorité de retraités. Bref, un groupe apparemment plus nombreux qu'à l'accoutumé avec notre voyagiste pour cette destination. Il est vrai qu'il y avait une promotion sur cette date qui, par ailleurs, a été avancée d'une semaine par rapport au catalogue... Cela aura de petites conséquences comme on le verra.
Un groupe où l'on compte aussi beaucoup de férus de l'image aussi bien photo que vidéo si l'on en juge par le matériel utilisé (reflex numériques, caméscope sur trépied)...
Le contrôle de police est dans mon souvenir le plus cool et souriant qu'il nous soit arrivé de rencontrer dans nos voyages. Dans ce pays musulman, aucun problème avec les visas israéliens qui traînaient sur nos passeports.
Le passage en douane est tout aussi décontracté.
Yudi sera à Java notre guide, plutôt décevant. Difficile à comprendre du fait qu'il a du mal à s'exprimer en français (syntaxe des phrases) et de son accent, sans doute ce pourquoi il sera peu disert, et également avare de sourires mais c'est autre chose...
Petite remarque: nous n'aurons pas de mal à repérer nos différents guides de Panorama avec leur chemise bariolée.
YUDI,
De même nos bus en "orange pétant" ne passent pas inaperçus...
Toujours est-il qu'au-delà d'une apparence de jeunesse et d'une propreté impeccable, la suspension couine désagréablement et la clim est capricieuse. Autre désagrément, les vitres des bus modernes comportent des filtres anti-infrarouges et anti-UV pour notre confort mais cela à l'inconvénient de modifier complètement les couleurs des photos prises au travers des vitres. Ici, ce n'est pas une nuance bleue comme parfois mais bien verte.
Bons points quand même: la distribution de bouteilles d'eau gratuitement, un conducteur qui connaît tous les pièges de la circulation chaotique commune à ces latitude.
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Documentation et crédits
mes notes de voyage
"Indonésie" par divers auteurs aux Editions Lonely Planet - Paris 2010
"Indonésie" du magazine GEO n° 225 de novembre 1997
"Indonésie: Java-centre et ouest, Sumatra, Kalimantan et les Moluques" par Laure de CHARETTE dans la collection "Les Guides Mondéos" aux 2ditions Mondéos - Paris 2012
"Indonésie: Bali, Lombok, Gili, Java-est et Sulawesi" par Laure de CHARETTE dans la collection "Les Guides Mondéos" aux 2ditions Mondéos - Paris 2012
"Indonésie, les forçats du volcan" (à propos di sinistre gisement de soufre du Kawah Ijen ) - Série documentaire "Les routes de l'impossibles" de Sophie LAINE - rediffusé sur Arte le 24 août 2013
la base de données cartographiques libre OpenStreetMap
et surtout dans l'univers WIKI, la fabuleuse encyclopédie libre en ligne Wikipédia et son pendant touristique Wikitravel (open GNU)
et de nombreux autres sites sur la toile...
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QUESTION DE RELIGION...
ELEMENTS DE CADRAGE
D'une façon très générales, le phénomène religieux a été évoqué dans les encarts de présentation historique et géographique, tant de l'Indonésie dans sa globalité, que dans ceux concernant plus spécifiquement Java.
On peut également se reporter à un synopsis présentant les principes et pratiques des religions (animisme, hindouisme, bouddhisme, islam) qui ont influencé les cultures de l'archipel avant l'arrivée des colons européens.
ECLAIRAGE SUR QUELQUES PRATIQUES EN RAPPORT AVEC L'ISLAM EN INDONESIE
Excision et circoncision
En Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, l'excision est une tradition très ancrée si bien que l'interdiction édictée en 2006 n'était pas respectée, "les gens se retournant vers les médecins traditionnels non formés". Dès le plus jeune âge, les petites filles subissent une mutilation du clitoris. Dans certaines provinces indonésiennes, la quasi-totalité des petites filles sont excisées malgré les pressions exercées par l’ONU qui souhaite y mettre fin. En 2010, face à cette dénonciation, le gouvernement indonésien s'est contenté de défendre une excision plus "soft", une variante "symbolique" que les autorités indonésiennes ont rebaptisée "circoncision féminine". Ainsi, seul est autorisé "le frottage" du capuchon clitoridien, sans blesser le clitoris.
Autre pratique attachée à l'islam, la circoncision des garçons. Elle est réalisée vers l'âge de 10-11 ans.
Notre guide, Yudi ajoute que c'est une source d'infections ce qui peut entraîner deux mois d'absentéisme scolaire, assortis d'un redoublement comme ce fut son cas.
Polygamie
La polygamie est une tradition ancienne dans l'archipel indonésien. Elle n'était pas forcément absente dans les civilisations bouddhistes et hindouistes qui ont précédé l'arrivée de l'islam à partir du XIVe siècle.
L'union multiple jadis pratiquée par les sultans de Java est acceptée par la République indonésienne sans toutefois bénéficier du même statut que l'union monogame. Plus récemment, le fondateur et premier président de la République d'Indonésie, Soekarno en était un fervent adepte avec ses sept femmes. La loi autorise les musulmans à se marier quatre fois à la mosquée, mais elle ne reconnaît juridiquement que le premier mariage. Pour ses tenants, ?«les hommes n'ont plus besoin d'entretenir de liaisons extraconjugales, davantage de femmes pauvres peuvent accéder au confort matériel et la balance démographique favorable au sexe féminin peut être rééquilibrée».
Toutefois, l'Indonésie connaît une augmentation substantielle du nombre de divorces au cours de la dernière décennie en raison du fait qu’un nombre croissant de musulmanes rejettent la polygamie, préférant divorcer de leur mari plutôt que de rester dans un mariage polygame.
Alcool
En Indonésie, la production et la consommation d'alcool sont traditionnelles et très courantes, malgré la pratique majoritaire de la religion musulmane et la montée en puissance des fondamentalistes musulmans.
Il s'agit de boissons alcoolisées obtenues par fermentation, par exemple un genre de bière de riz, brem (terme plutôt indonésien) ou tuak (terme plutôt malaisien ou toraja), ou de vin de palme et autres vins obtenus à partir de différents fruits comme le populaire "wine" fait à partir de papaye verte. L'alcool fort est l'arrack mais ce nom ne doit pas prêter à confusion avec l'arak, l'alcool anisé du Moyen-Orient. Il s'agit ici d'un alcool obtenu par distillation de boissons alcoolisées dont on vient de parler. Avec cet alcool, on fabriques des cocktails: arrack madu (arrack + miel + citron), arrack atak (arrack + miel + citron vert + sprite ou coca)... Mais il existe aussi des alcools frelatés où l'on trouve un alcool hautement toxique, le méthanol (alcool de bois) au lieu de l'éthanol.
D'une manière générale, jusqu'à présent la vente d’alcool est légale pour satisfaire la demande d’un nombre restreint d’habitants et surtout celle des touristes. Mais quelque 350 districts indonésiens, sous-districts, villes et des villages ont adopté des réglementations locales contre l’alcool au cours des 15 dernières années. Pour légaliser ces dispositions, le FPI (Front Pambela Islam), le Front des Défenseurs de l’islam, ne s'appuyant pas que sur des motifs religieux mais invoquant aussi l'avis du Conseil des Savant d’Indonésie affirmant que l’alcool était l’une des sources de la criminalité dans le pays, a intenté un recours devant la Cour Suprême. Ces islamistes ont obtenu gain de cause puisque la décision de la Cour Suprême rend désormais légales ces réglementations.
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Etape suivante: est de JAVA
Depuis l'Adi Sumarmo International Airport, à 14km au nord de la ville, notre guide Yudi nous conduit au centre de SOLO.
SOLO ou SURAKARTA (500 000 ou 600 000 habitants !):
Grand Marché et Marché aux Puces
La ville fondée en 1745 devint la nouvelle capitale de l'éphémère royaume de Mataram (1745-1757), dont un vaste palais subsiste, le Kraton Kasunanan. Son éclatement en deux royaumes a notamment donné naissance à celui de Yogyakarta. A la fin des années 1990, la ville se révolta contre le régime de Suharto, emboîtant le pas aux émeutiers de Jakarta. De son passé prestigieux, la ville garde le titre de sultanat mais purement symbolique, contrairement à celui de Yogyakarta dont on reparlera plus loin.
Solo se trouve au coeur d'une riche région agricole, rizières et cocoteraies, grâce aux sols fertilisés par les cendres et laves décomposées issues des éruptions des volcans Lawu et Merapi (ce dernier a connu au cours de son histoire une soixantaines d'éruptions dont les plus récente en 2006 et 2010). Ici on fait deux récoltes de riz par an, contre trois à l'ouest, au climat plus humide, et une seule à l'est, plus sec.
En remontant très loin dans le passé, des restes fossilisés d’Homo erectus ou Pithécanthrope connu sous le nom d'Homme de Java (daté entre 1,7 et 0,7 million d'années) ont été découverts dans les années 1930à Sangiran, non loin de Solo. Le site a été classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1996.
Pour commencer nous nous rendons au grand marché Pasar Gede (pasar signifie "marché" et gede "grand"). La circulation est particulièrement encombrée aux alentours avec des camionnettes et une marées de petites motos en circulation ou stationnées entre lesquelles il faut se faufiler.
Au passage, on remarque que le métier de graveur de plaques minéralogiques doit être un bon créneau dans la mesure où ces plaques doivent être changées régulièrement. Outre le codage du véhicule avec une série de 1 ou 2 lettres (indicatif de circonscription, par exemple AD pour Yogyakarta ou N pour Malang) suivies de 4 chiffres puis encore de 1 ou 2 lettres, vient s'ajouter une date (mois et année) indiquant l'échéance pour le prochain contrôle. Et cela concerne non seulement les voitures et camions mais aussi les motos.
Dans ce marché, on trouve de tout: fruits (dont le fameux "fruit du serpent", salak) et légumes (on trouve dans le pays plus de 40 variétés de bananes) , viandes, oeufs, poissons vivants, morts ou séchés, tortues...
Tout à côté, se dresse le petit temple chinois Klenteng Tien Kok Si dont nous n'aurons que la vue extérieure.
On peut également se soigner dans une échoppe non loin de là si on a des problèmes de santé: vertige, migraine, cholestérol et triglycérides, hypertension, rhumatismes... C'est l'occasion de constater que la langue indonésienne n'est pas totalement hermétique pour nous, grâce à l'emprunt de l'alphabet latin et de nombreux mots de vocabulaire occidentaux adaptés (vertigo, migren, rheumatik, hipertensi, kolesterol, trigliserida...).
Cinq minutes de trajet, et nous nous garons sur un grand terrain au sol de terre et servant de parking à quelques autobus de tourisme qui ont largué leurs passagers se rendant à pied non loin de là au marché aux antiquités où nous rendons également. Au fond du terrain se dresse un ancien bâtiment colonial hollandais de 1874 qui abritait le commandement d'un régiment de "Kavallerie-Artillerie".
Le Pasar Triwindu ("marché des trois tigres") est un petit marché aux puces est une sorte de grande brocante. On y trouve des masques colorés, des coquillages (porcelaines en particulier), pierres semi-précieuses, papillons, statues et figurines à thèmes religieux ou non, marionnettes, potiches chinoises et vaisselle, landau, peintures naïves, instruments de musique (percussions), jeux de société en forme de bateau ou de plateau (mak-yek ou surakarta)... et même casques coloniaux !
En quittant la ville, nous passons devant une enseigne bien connue chez nous, Carrefour !
Très répandu dans le pays, le becak est le moyen de transport public le plus rudimentaire. Contrairement à Jakarta, où les pousse-pousse ou vaudrait-il mieux dire les cyclos-pousse, sont interdits car présentant un danger pour la circulation, ils prospèrent à Yogyakarta.
Le becak est un véhicule tricycle non motorisé, non pas comme le rickshaw (ou trishaw) indien ou à la cubaine où le conducteur est à l'avant, mais le véhicule d'ici ressemble plutôt au cyclopousse vietnamien, la nacelle de transport étant à l'avant. Il est également différent de l'engin utilisé chez les voisins philippins ou birmans, des sortes de "vélo-sidecars", la nacelle étant déportée sur un côté et les passagers assis côte à côte, dans la version philippine, ou dos à dos, dans la version birmane.
Quant aux femmes musulmanes, même jeunes, elles sont de plus en plus nombreuses à porter le voile. Mais ici on n'est pas chez les wahhabites saoudiens, le hijab est donc très souvent porté avec coquetterie, plus comme un accessoire de mode, de façon branchée, plutôt que comme un classique signe de piété. Et elles ne rechignent pas sur le maquillage, les cosmétiques employés devant toutefois être garantis hallal. Bref, il s'agit plus de se mettre en valeur que de se cacher des regards...
Sous un climat tropical, je m'attendais à un jaillissement de fleurs mais on n'en voit très peu à Java, que ce soit en campagne ou dans les villes et villages. Haut de page
PRAMBANAN, le grand temple hindou
Un peu moins de trois quarts d'heure plus tard, nous déjeunons au Kali Opak R.E.S.T.O., à Prambanan.
Après le repas, un court trajet nous amène sur le site du complexe de temples hindouistes de Prambanan.
Tarif: 1970 00 Rp pour les touristes. Horaire: 6:00 à 18:00.
Le nom initial était Siwagrha ou Siwalaya, puisque le lieu est dédié à Shiva. L'étymologie du nom donné par la suite est sujette à des interprétations diverses.: "Là où il y a beaucoup de brahmanes", "le Brahman Suprême"...
Par la multiplicité des temples, ce site diffère des temples hindous de la même période au sud de l'Inde mais par leur architecture, on retrouve l'aspect des constructions et de la statuaire de la même époque que l'on peut voir dans l'Etat indien du Tamil Nadu.
A PROPOS DE L'INFLUENDE DES DYNASTIES HINDOUES DU SUD DE L'INDE A LA FIN DU PREMIER MILLENAIRE
La dynastie commerçante Pallava (VIe-VIIIe s.) a pu facilement exporter sa culture et sa civilisation parallèlement au commerce maritime, notamment la religion hindoue (avec son architecture) vers les royaumes de Shrivijara (Java, Sumatra, Malaisie), du Kambuja (Angkor au Cambodge) et du Champa (Annam au Vietnam).
Leurs successeurs Cholas ou Colas (IXe-XIVe s.) y ont quant à eux exporté également la danse (Bali).
Ici, à Prambanan, les constructions rappellent notamment les temples Brihadishvara de Tanjore, Gangaikondacholapuram de Kumbakonam ou encore Airavateshvara de Darasuram qui furent bâtis sous la dynastie des Chola sensiblement aux mêmes époques.
Ce complexe religieux disposé sur une plate-forme rectangulaire de 390x220 mètres a été édifié entre le VIIIe et le Xe siècle, par les hindous Sanjaya du royaume de Mataram, d'ailleurs une pierre datée indique 856
Il a été abandonné dès 930 (suite à une éruption du Merapi?) et supplanté par une nouvelle capitale dans l'est de Java. De plus, il fut gravement endommagé par un tremblement de terre au milieu du XVIe siècle.
En ruines et envahi par la végétation, le site qui comportait 240 temples fut redécouvert en 1733. Le site fut partiellement dégagé en 1885 et un début de restauration fut entrepris en 1918 mais des travaux sérieux n'ont été réalisés qu'à la fin des années 1930.
Le tremblement de terre de Bandul survenu en 2006 a de nouveau endommagé le site, notamment le temple de Brahma.
La mise en valeur à visée touristique remonte aux années 1990, avec le déplacement des villages installés ici tandis que la restauration était entreprise en parallèle. Le site classé a été au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO en 1991, en même temps que le temple bouddhiste de Borobudur (pas de jaloux) que nous verrons le lendemain. Il accueille plus d'un million de visiteurs par an. Couvrant plus de 8 hectares et demi, c'est l'un des plus grands complexes religieux hindou d'Asie du sud-est.
Le monument formait une représentation symbolique sur trois niveaux croissants allant vers les déités et évoquait aussi les trois castes existantes à Java.
Site hindouiste de PRAMBANAN Site hindouiste de PRAMBANAN Site hindouiste de PRAMBANAN Site hindouiste de PRAMBANAN
Au niveau supérieur, dans l'espace central surélevé, on trouve 8 temples principaux (dédiés à la Trimurti Shiva, Vishnu, Brahma. Le temple (candi) principal, en position centrale est dédié à Shiva Mahadeva. Non loin de là, au nord, se dresse le Candi Vishnu tandis que vers le sud, c'est le Candi Brahma qui fait le pendant. Sur une rangée parallèle, on trouve les temples de leurs "montures", le taureau Nandi, l'aigle Garuda et l'oie Angsa.
A cela s'ajoutent 8 petits temples toujours sur la partie centrale. Ce sont essentiellement ces temples qui ont été restaurés.
Le site comportait également 224 temples disposés en quatre rangées concentriques, soit 56 sur chaque côté du quadrilatère. Pour cette partie du complexe, certaines sources évoquent 249 sanctuaires, d'autres 256... Ces édifices qui représentaient le second niveau étaient nommés Candi Sewu ("Mille Temples") ou Candi Perwara. Il n'en reste que des amas de pierre.
L'extérieur constituait le premier niveau.
Site hindousite de PRAMBANAN
Les côtés du complexe sont orientés en direction des points cardinaux. On accède au site par l'est, donc à contre-jour à l'heure de notre visite en milieu d'après-midi. Dommage. A cela s'ajoute la couleur sombre de la roche andésitique et patinée.
Nous reprenons le bus pour gagner notre hôtel. La nuit vient très vite sous ces latitudes. Le jour baisse déjà dès 17h30 et il fait totalement nuit à 18h.
Dîner et nuit à l'hôtel Jayakarta Jogja, à Yogyakarta. Nous allons y dormir pendant deux nuits. Pot d'accueil sous forme d'un cocktail épicé, à base de gingembre.
Buffet varié. En plats: potage consistant, beignets de poisson, légumes sautés, saté (brochettes) de poulet, boeuf en sauce, nouilles chinoises et forcément riz sauté et riz vapeur. Et en desserts, des fruits: les ananas sont petits et peu sucrés (pleine maturité en décembre-janvier), pastèques, papaye, oranges vertes mais néanmoins délicieuses, bananes courtes ou longues (l'Indonésie est au coeur de la région d'où les bananiers sont originaires), sans oublier le salak [Salacca zalacca, fruit d'un petit palmier endémique] ou "fruit du serpent", peu goûteux, sa pulpe recouvre un ou deux noyaux (trois lors de mon essai de dégustation, ce qui doit être rare), considéré comme "anti-turista"... et aussi des entremets et des gâteaux.
Hôtel Jayakarta Jogja Hôtel Jayakarta Jogja Hôtel Jayakarta Jogja
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BOROBUDUR, le grand temple bouddhiste
Longue journée en perspective donc lever dès 5 heures pour un départ une heure plus tard. Il est vrai que le site de Borobudur ouvre au public dès 6 heures et qu'il est situé à 42km d'ici.
Il est 7 heures lorsque nous passons près du temple Candi Mendut, sur le bord droit de la route, 3 km avant le site principal de Borobudur situé plus à l'ouest. Ce temple isolé date du IXe siècle (précisément de 824) et il est l'oeuvre de la dynastie bouddhiste Sailendra, adepte du bouddhisme mahayana également dit du "Grand véhicule", variante du bouddhisme des Anciens.
L'étymologie du nom de Borobudur est diversement interprétée comme d'habitude: boro pour Bore (nom de lieu) ou "Temple", budur pour "Ancien" ou "Montagne". Cela donne "Ancien Bor", "Montagne de Bore", ou encore "Temple de la montagne" si boro était la déformation de pura...
Tarif: 220 000 Rp pour les touristes. Horaire: 6:00 à 18:00.
Pendant une bonne heure, notre guide locale Lina nous fera découvrir le site, en l'abordant par l'est et en associant quatre noms du Bouddha aux quatre directions cardinales. Bien que probablement musulmane à en juger par son voile, Lina connaît parfaitement ce superbe ensemble bouddhique que l'on dit être le plus grand du monde, non pas par ses dimensions ni par la taille de son stûpa central puisque que sa superficie est d'environ 1,3 hectare (selon les sources, il mesure 113, 118 ou 123 mètres de côté) et que son grand stupa central plein mesure 35 ou 40 mètres de haut (et culmine à 95 mètre au-dessus de la base de la première terrasse périphérique). En effet, en Birmanie, la Pagode Shwedagan de Rangoon couvre 5,6 ha et son grand stûpa mesure pratiquement 100 mètres de haut pour 138 mètres de diamètre.
Alors qu'est-ce qui en fait le plus grand temple bouddhiste ? Cela s'explique par le volume des matériaux mobilisés: 2 millions de blocs de pierre volcanique andésitique (le même matériau qu'à Prambanan), représentant 55 000 m² et surtout parce que sa visite représente un parcours initiatique d'environ 5 km, en empruntant les différents niveaux de terrasses de ce véritable mandala de pierre, dans le sens des aiguilles d'une montre comme il se doit.
La construction pyramidale utilise la forme naturelle d'une colline de 300 mètres de haut qu'elle vient coiffer. De plus, l'ensemble par sa forme globale est comme un grand stupa.
Symbolique de l'orientation des temples bouddhistes.
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Nord-ouest
Mercredi a-midi
Rahu (ou Yahu)
Eléphant sans défense
Nord
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Vénus
Cochon (ou taupe)
B. Gautama (n°4)
mudra Abhaya
Nord-est
Dimanche
Soleil
Garuda (aigle)
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Ouest
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Rat
B. Kassapa (n°3)
mudra Dhyana
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JOUR
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ANIMAL
BOUDDHA
mudra Dharmachakra
Est
Lundi
Lune
Tigre
B. Kakusanda (n°1)
mudra Bhumiparsha
Sud-ouest
Samedi
Saturne
Serpent (naga)
Sud
Mercredi matin
Mercure
Eléphant à défenses
B. Konagamana (n°2)
mudra Verada
Sud-est
Mardi
Mars
Lion
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Le monument fut construit aux environs de l'an 800 par la dynastie Sailendra alors a son apogée et fut abandonné trois siècles plus tard. Il faut souligner qu'au cours du IXe siècle, un prince de la dynastie hindoue Sanjaya épousa une princesse de la dynastie bouddhiste Sailendra.
Borobudur est resté caché des siècles par les cendres volcaniques et la jungle. Le dégagement du monument fut mené à bien entre 1815 et 1835 et il faillit être démantelé à la fin du XIXe siècle. Heureusement, il n'en fut rien et une première restauration fut réalisée entre 1907 et 1911.
L'UNESCO engagea une restauration dès 1948 mais la grande restauration fut effectuée entre 1975 (1973 voire 1963 pour certaine sources) et 1982 (ou 1984), se concrétisant par le classement du site au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1991, conjointement avec le site hindou de Prambanan. A noter qu'en 1985, neuf stûpas furent gravement endommagés par neuf bombes posées par des terroristes islamistes.
Exploité par une société semi-privée, avec 2,5 millions de visiteurs dont seulement 20% d'étrangers, c'est le monument le plus visité d'Indonésie car c'est aussi un lieu de pèlerinage bouddhiste, notamment le jour de commémoration de la naissance du Bouddha selon le calendrier lunaire, entre mai et octobre, Borobudur reçoit alors des acteurs interprétant le Ramayana (le 26 mai cette année). On peut d'ailleurs voire quelques fidèles en dévotion.
Les superstructures du monument reposent sur 9 terrasses (retenons ce chiffre symbole de l'idéal, du savoir, du spirituel...) concentriques épousant le sommet de la colline et symbolisant autant d'étapes sur le chemin de l'Illumination. Une centaine de gargouilles sculptées sont placées au coin des terrasses pour évacuer l'eau de pluie
- La première terrasse carrée correspond au "monde des désirs", Kamadhatu.
- Les 5 suivantes sont celles du "monde formel", Rupadhatu. Les façades de ces terrasses et des garde-corps sont ornées de quelques 2670 (ou 1640?) bas-reliefs délicatement sculptés: 1 460 sont narratifs (160 sont sur la base cachée" découverte en 1885) et 1212 sont décoratifs (musiciens, danseuses, éléphants, guerriers...). Leur surface totale est de 2500 mètres carrés sur une longueur de 3000 mètres. Des statues du Bouddha sont placées dans 432 niches (total des chiffres=9) sur l’extérieur des garde-corps. A l'origine, ces représentations étaient peintes.
- Suivent 3 terrasses circulaires représentant le "monde informel" ou Arupadhatu. Elles comportent un rang de 72 stûpas (total des chiffres=9) perforés abritant des statues de bodhisattvas et sont dominées par le stupa central plein, symbole du nirvana. Les jours percés dans les stûpas de la dernière terrasse (16 stûpas) sont carrés et reposent sur leur base, symbole de stabilité, alors que ceux des deux précédentes (24 et 32 stûpas), en forme de losanges reposant sur la pointe, évoque plus de précarité.
Site bouddhiste de BOROBUDUR
Lina nous fait la démonstration d'une enchaînements de six mudras correspondant à des positions codifiées et symboliques des mains du Bouddha. Après le mudra bhumiparsha, celui de la "prise de la terre à témoin", elle enchaîne avec celles des statues des quatre garde-corps des terrasses carrées qui indiquent les points cardinaux tandis que celles contenues dans les stupas des terrasses circulaires supérieures évoquent le zénith, autrement dit le ciel. Elle conclut par le mudra vitarka, celui de l'enseignement .
Peu après la visite, sur le trajet de retour vers Yogyakarta, arrêt dans un magasin d'orfèvrerie Borobudur Silver fondé en 1989, plus précisément en argent: souvenirs et bijoux, notamment de beaux travaux de filigranes.
Un peu plus loin, nous arrêtons dans un atelier de sculpture de statues en pierre.
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YOGYAKARTA (400 000 ou 800 000 voire 1 million d'habitants !):
Kraton, boutiques, artisanat, marché aux "oiseaux" et spectacle de Ramayana
Kraton de Yogyakarta
Kraton de Yogyakarta: le Gedhong Kaca
Il est un peu plus de 10h30 lorsque nous commençons la visite du Kraton, un quartier d'un km² où se situe le palais du sultan de Yogyakarta, une ville fortifiée dans la ville... La cité fut fondée en 1755 par un prince du royaume de Mataram qui prit le titre de sultan et se trouva alors à la tête du plus puissant Etat javanais.
Parmi les 34 provinces qui forment l'Indonésie d'aujourd'hui, on compte deux régions spéciales, Jakarta et Yogyakarta, deux anciens sultanats. Seul celui de Yogyakarta, à la tête duquel se trouve le sultan Hamengku Buwono X (né en 1946) et sa rani (Gusti Kanjeng Ratu Hema), dispose encore de quelques pouvoirs propres, en vertu de la "Charte du Maintien" (Piagam Penetapan) octroyée par le président Soekarno en compensation de l'implication du sultan dans la Guerre d'Indépendance contre les Pays-Bas entre 1945 et 1949. A la libération, pendant un an, la ville fit fonction de capitale de l'Etat indonésien en gestation. Après avoir été membre du gouvernement provisoire en 1946, le sultan s'était vu attribuer le rôle de gouverneur par Soekarno, sans avoir recours aux élections, jusqu'en 1998. Toutefois le gouvernement central envisagea en 2011 la suppression du statut de semi-autonomie dont dispose le territoire mais cela fit descendre 3 millions d'habitants dans la rue. Rien ne permet de penser que cette exception durera car le sultan n'a pas de descendance masculine (il n'est pas polygame comme ses ancêtres) mais a 5 filles, situation qui impliquerait de modifier les règles successorales.
Lors de grands évènements, les parades donnent encore une idée du faste passé. Dans ce défilé figurent un taureau blanc, sept chevaux, quatre éléphants et un millier de gardes royaux...
En 2009 sa candidature à la présidence de la République fut écartée par la Cour Constitutionnelle comme celle des autres candidats indépendants.
Sachant que le sultan paie désormais des impôts à l'Etat central, parmi les fonctions honorifiques dont dispose encore le sultanat, il y a celle d'avoir une garde personnelle et celle de maintenir l'enseignement de l'écriture sanskrite dans les écoles...
SYSTEME SCOLAIRE ET SCOLARISATION EN INDONESIE
Le taux d'alphabétisation et le taux de scolarisation sont sensiblement au même niveau, soit 90%.
Si l'école est obligatoire en Indonésie, le travail des enfants existe encore car aller à l'école entraîne des frais (uniforme par exemple), empêchant les plus pauvres d'y accéder. Phénomène aggravé depuis 1998, suite à la crise économique qui a alors frappé l'Asie du sud-est.
Il n'y a pas de crèches publiques en Indonésie. Les rares écoles maternelles (taman kanak-kanak) accueillent pendant 2 ans les enfants à partir de 5 ans. L'école primaire (sekolah dasar) commence à l'âge de 7 ans et dure 6 ans. Les cours ont généralement lieu le matin. À l'école primaire succède un premier cycle secondaire de 3 ans dans les collèges (sekolah menengah pertama). L'instruction est obligatoire jusqu'à la fin de ce premier cycle.
Après réussite d'un examen, on peut accéder au deuxième cycle en lycées (sekolah menengah atas), qui dure également 3 ans mais moins de la moitié des jeunes Indonésiens intègrent le cycle secondaire.
L'accès à l'université, publique ou privé, nécessite le passage d'un examen difficile. Les cours de religion (agama) correspondant à la religion de chacun sont obligatoires dès l'école primaire. Les écoles privées, dépendant généralement de mosquées ou d'églises, assurent un bon niveau d'enseignement mais sont très chères.
La visite du palais du Kraton (Horaire: de 8:00 à 14:00, Tarif: 5 000Rp pour les touristes) est effectuée en compagnie d'un guide local qui ne manque pas d'humour, y compris à l'égard de son sultan d'employeur.
Le site est inscrit sur la liste indicative du Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1995.
Un pavillon destiné aux audiences de justice précède l'entrée du palais.
On pénètre dans le palais par le côté sud, comme dans les temples, l'entrée étant précédés par deux grandes statues de gardiens, les Dwarapala, l'un destiné à encourager le Bien et l'autre à éloigner le Mal.
Le kraton est un quartier formant un vaste complexe de bâtiments publics et privés (25000 habitants) édifié en 1755 après le traité de Giyanti signé avec les Hollandais, au centre duquel se trouve le palais du sultan, le Proboyekso, avec de nombreux pavillons implantés dans des cours intérieures et construits par les souverains successifs. Ils symbolisent les différentes îles de l'archipel et étaient dévolus au sultan, à ses épouses, à ses fils et à ses filles. On y trouve aussi les appartements privés de la famille de l'actuel sultan dans la partie ouest. Le plan du palais est organisé selon deux axes: est-ouest, axe du privé et du sacré, nord-sud, axe de l'officiel et du cérémoniel.
En passant d'une cour à une autre, le portail d'accès est précédé d'un porche où l'on voit sur la droite un gros tambour suspendu et sur la gauche une sorte de tube horizontal qui est une "cloche de bois" ou pour éviter toute ambiguïté avec l'expression triviale, disons plutôt une "cloche EN bois".
Certains édifices sont devenus des musées (notamment pour y présenter des cadeaux des monarques européens de l'époque coloniale). Pour les piliers des pavillons, on a abondamment utilisé le teck tandis que les sols des édifices sont dallés de marbre. Dans ces pavillons, on peut voir des mobiliers, cages, gamelans, tambours, chaise à porteur... Il est 11 heures et un officiant chante à la gloire du sultan.
Particulièrement riches, le pavillon de réception (Pagelaran) et le pavillon d'or (Bangsal Kencana). Plus loin, se trouve des bâtiments qui servaient de théâtre, de salle de banquet, d'écuries...
Il est un peu plus de midi mais avant de déjeuner, Yudi nous conduit dans une fabrique de marionnettes traditionnelles javanaises plates, en cuir, wayang kulit.
Elles sont faits dans un cuir de buffle très fin (presque translucide), ciselé et peint. Elles sont actionnées grâce à des tiges de bambou, sont manipulées par le dalang, derrière un drap et derrière lequel se tient en général un orchestre de gamelan. Le spectacle est visible des deux côtés du drap, l'un se présentant comme un théâtre d'ombres. Les histoires qui sont racontées reprennent les légendes indiennes issues du Ramayana et surtout du Mahabharata qui mettent en scène la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Ce théâtre d'ombre remplit une fonction rituelle et le spectacle peut durer plusieurs heures voire toute une nuit.
Nous n'avons malheureusement pas assisté à un tel spectacle.
Yogyakarta: marionnettes de cuir Yogyakarta: marionnettes de cuir Yogyakarta: marionnettes de cuir Yogyakarta: marionnettes de cuir
Nous déjeunons au restautant Pendopo nDalem où nous sommes accueillis par un petit orchestre gamelan tandis qu'une danseuse se produit un peu plus tard pendant le repas.
Yogyakarta: restaurant Pendopa nDalem Yogyakarta: restaurant Pendopa nDalem Yogyakarta: restaurant Pendopa nDalem Yogyakarta: restaurant Pendopa nDalem
Après le repas, on se rend en bus ou en becak (cyclopousse), au Marché des Oiseaux ou disons plutôt des "animaux de compagnie".
Visite intéressante et surprenante.
On trouve ici des oiseaux multicolores et/ou chanteurs (ménate...) certes mais aussi des volailles, coqs et poules. On y trouve de grands serpents (pythons de 8 ou 10 mètres) et de petits serpents sans doute pas inoffensifs et donc près de là des cages de souris blanches destinées à leur servir de pitance. Et ailleurs des tortues, des crocodiles, des cochons d'Inde, des lapins, des écureuils volants (yomis, endémiques de Malaisie et d'Indonésie), des chats sauvages d'Asie du sud-est (chats dits dorés, marbrés, pêcheurs, léopards...), des sortes de salamandres et des insectes et des larves....
Après ce tour d'un marché bien spécial, nous nous rendons dans la fabrique de tissus en batik Batik Plentong. On nous y présente la technique qui consiste à "peindre" progressivement une pièce de tissu en protégeant de la teinture certaines parties de la matière ou du dessin déjà réalisé avec de la cire. Cette cire fond dans un bain d'eau chaude et l'opération peut se poursuivre. C'est en quelque sorte une forme de peinture au pochoir
Plus rapide en ce qui concerne le dessin des motifs, on y pratique aussi le batik au tampon.
A l'occasion de nos déplacements, nous sommes surpris par l'importance de la publicité pour les marques de cigarettes. Les Indonésiens sont de grands fumeurs, en particulier de leurs cigarettes "nationales, kretek, faite avec un mélange de tabac et de clous de girofle.
Technique du batik...
Le batik (du javanais, "peinture à la cire"), est une technique de teinture sur tissu d’origine indonésienne, pratiquée par application préalable de cire sur l’étoffe dans les endroits où l'on ne veut pas que prenne la teinture. La technique du batik, connue dès l’Antiquité chez les Sumériens, a été développée de manière très élaborée à Java et au Sri Lanka.
Les motifs sont d’abord dessinés à la cire fondue sur les deux faces du tissu. À l’origine, la cire était appliquée à l’aide d’un morceau de bambou, mais à partir du XVIIe siècle, on la versera avec un pot en cuivre à plusieurs becs.
Le tissu est ensuite plongé dans une teinture qui est absorbée par les parties non recouvertes et qui laisse intactes les parties enduites de cire, créant ainsi un motif clair sur le fond plus sombre. Cela nécessite une grande maîtrise dans l'élaboration et l'utilisation de bons fixateurs. Les premiers dessins ressortaient en blanc sur le fond teint à l'indigo.
Après retrait de la cire (par ébullition ou dissolution), le procédé peut être répété de nombreuses fois pour parvenir à un dessin complexe et à des couleurs variées (divers bains de teinture sur les mêmes zones non recouvertes de cire produisent des nouvelles couleurs par combinaisons). Certains motifs multicolores datent du XVIIIe s. Ils ont été rendus possibles par les nouveaux procédés de teinture introduits par les Indiens musulmans.
Nous poursuivons dans le batik mais d'un autre genre, celui très artistique de tableaux (Yudi nous a précisé que c'était du "batik Picasso" !) en visitant les ateliers et la galerie d'exposition "Wiji Hartono Kabul - Batik Painting Gallery" où l'on peut voir des oeuvres du grand maître du batik javanais W.H. Kabul. Les photos ne sont pas autorisées dans la galerie d'exposition.
Après cela, retour à l'hôtel pour se préparer à se rendre au dîner-spectacle de danse Ramayana, non loin du palais du sultan, et aussi pour commencer à préparer nos valises qui doivent être disponibles dans le hall de l'hôtel à 22h30 afin d'être embarquées dans notre bus puisque demain matin nous partons en train, sans nos valises...
Le dîner a lieu au Gazebo Garden Restaurant qui fait partie du Ramayana Ballet Purawisata qui assure quotidiennement ce spectacle depuis 1976
Tarif spectacle seul: 160000Rp, combiné avec le dîner: 270000Rp
Horaire: 19h-21h30
Basé sur un poème épique hindou, le RAMAYANA est l'histoire du roi Rama transmise par la tradition orale.
Cette épopée retrace l'affrontement entre la vertu et le vice, le courage et la faiblesse, le monde céleste et le monde terrestre... Pour tuer le démon Ravana, Vishnou s'incarna en Rama (septième avatar du dieu). Ravana captura et emprisonna Sita, la femme de Rama. Rama et son fidèle commandant en chef Hanuman, roi des singes, conduisirent une armée composée d'hommes et d'animaux, destinée à détruire Râvana et libérer Sita.
En Indonésie (c'est également vrai dans d'autres pays d'Asie du sud-est), les noms des héros peuvent être différents. Ici, Sita devient Shinta, Râvana devient Rahwana (ou Kumbakama ou Dasamuka), Hanuman devient Hanoman, le royaume de Lankâ (le Sri Lanka) est ici Alengka. Le Ramayana a aussi été traduit en vieux-javanais ou kawi vers 870.
Le spectacle conserve la trame en l'adaptant pour devenir une danse locale, englobant le style, la culture et la musique de gamelan javanaise.
Synopsis du RAMAYANA...
Le spectacle présenté ici en plein air met donc en scène l'épopée légendaire du Ramayana. L'histoire est résumée dans quatre scènes, à savoir l'enlèvement de Shinta, la mission de Hanoman à Alengka, la mort de Rahwana, et les retrouvailles de Rama et de Shinta.
L'histoire commence quand Prabu Janaka, le roi de Mantili-Uni, a organisé un concours pour déterminer qui pourrait épouser sa fille Shinta. C'est finalement Rama Wijaya qui remporte. La scène se poursuit avec les aventures de Rama, Shinta et Laksamana, le jeune frère de Rama, dans la forêt Dandaka. Là, ils ont rencontré Rahwana qui était désireux de posséder Shinta depuis qu'elle était considérée comme la réincarnation de la déesse Widowati, une femme qu'il cherchait depuis longtemps. Afin d'attirer l'attention de Shinta, Rahwana a changé en cerf d'or l'un de ses disciples nommé Marica ou Kalamarica. Sa ruse a été couronnée de succès puisque Shinta a demandé à Rama de chasser le cerf. Shinta a cru que Rama était blessé et voulut envoyer Laksama a son secours. Celui-ci sachant que c'était un leurre de Rahwana refusa mais pour prouver sa bonne foi, il s'émascula puis, avant de rejoindre Rama, il laissa Shinta seule, protégée par un cercle magique qu'il avait dessiné autour d'elle afin que personne ne puisse l'enlever. La protection n'a pas réussi à préserver Shinta bernée par Rahwana qui s'est donné l'apparence d'un vieillard assoiffé. Elle lui a tendu à boire, par delà le cercle et Rahwana a pu saisir cette main et enlever Shinta. Jatayu le roi des oiseaux a appris à Rama la nouvelle de l'enlèvement. En route vers Alengka, Rama a rencontré Hanoman, le roi blanc des singes auquel il a prêté son aide. En retour Rama lui a demandé son aide. Après une longue bataille, Hanoman réussi à délivrer Shinta. Rama finit par vaincre et tuer Rahwana. Cependant, Rama n'avait plus confiance en Shinta et s'estimait déshonoré car la rumeur publique répandit le bruit qu'elle aurait commis un adultère au cours de sa captivité. Afin de prouver sa virginité, Rama lui a demandé Shinta de subir l'épreuve du feu (dans d'autres versions indiennes, Sita s'était réfugiée avec ses fils auprès d'un ermite pendant plusieurs années). Shinta n'en est ressortie que plus belle et, enfin, Rama l'a prise pour épouse.
Après cela, retour à l'hôtel Jayakarta Jogja pour une courte nuit puisque réveil programmé à 5h30 !
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Est de JAVA
Train pour Mojokerto
Port de Pasuruan
Monts Penanjakan - Bromo
Embarquement vers BALI
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LA LANGUE INDONESIENNE...
L’indonésien (bahasa Indonesia), littéralement "langue de l'Indonésie" est la langue officielle de la République d'Indonésie depuis 1945. C'est une des formes du malais (bahasa Melayu). C'est la langue maternelle de moins d'un quart des Indonésiens tandis que le javanais est la langue la plus répandue, avec un bon tiers des idiomes, ce qui a une forte influence sur l'indonésien, notamment sur son vocabulaire.
Si on ajoute le malais (très présent à Sumatra) à l'indonésien, l'ensemble fait poids égal avec le javanais.
Le malais a été pendant des siècles la lingua franca qui permettait de communiquer dans un archipel et son alphabet dérivait de l'écriture sanskrite.
L'indonésien diffère du malais de Malaisie d'abord pour des raisons historiques. Les colonisations anglaise, sur la péninsule malaise, et hollandaise ,sur l'archipel indonésien, ont eu un impact majeur sur la langue.
NIVEAUX DE LANGUE
L'indonésien permet de distinguer un niveau formel, le langage soutenu, et un niveau informel, le langage courant ou familier.
pour un étranger, il est difficile de comprendre à partir de quand on peut passer du registre formel à l'informel.
ÉCRITURE
Mais c'est dès 1908 que l'administration coloniale néerlandaise avait mis en place une commission en vue de transcrire les langues régionales indonésiennes à l'aide de 26 caractères latins.
Le principe d'adopter une langue nationale remonte à 1928 lorsque des associations d'étudiants et de jeunes des Indes néerlandaises réunis en congrès et prononcent le "Serment de la jeunesse" (Sumpah Pemuda) et adoptent trois idéaux: la nation indonésienne (Bangsa Indonesia), l'indonésien (Bahasa Indonesia) : une patrie, l'Indonésie comme patrie (Tanah Air Indonesia).
Bien que nationalistes, ce mouvement avait adopté l'alphabet latin avec la graphie néerlandaise.
Sur cette base, retouchée en 1947 et surtout en 1972 avec l'adoption d'une graphie commune à l'indonésien et au malais, l'indonésien se prononce comme le français à quelques exceptions près:
- u se prononce [ou].
- c se prononce entre [tch] et [ti].
- j se prononce entre [dj] et [di].
- e se pronce comme le "e muet" français.
- le groupe ai se prononce [a]-[i] comme "eille" ou "aille".
L'accentuation des mots indonésiens tombe typiquement sur la dernière syllabe du mot.
ÉLÉMENTS GRAMMATICAUX
De premier abord, l'indonésien est perçu comme une langue "facile".
Pas d'articles indéfinis (un, une, des), ni d'article définis (le, la, les).
Le focus qui indique sur quoi se focalise le discours (action, agent ou objet) détermine la structure de la phrase et des mots. C'est ce qui explique que la structure de phrase peut être "objet + sujet + verbe" (OSV) au lieu du classique "sujet + verbe + objet" (SVO).
Les verbes sont invariables: ni temps ni conjugaison. Seulement l'emploi de pronoms personnels qui ont valeur de possessifs.
Le temps ne ressortit pas à la grammaire en malais-indonésien. Il est possible de ne pas indiquer si l'action se déroule dans le présent, le passé ou le futur. Pour préciser, on utilise des adverbes indicateurs de temps et des marqueurs d'aspects.
Le pluriel est souvent marqué par le redoublement, par exemple:
- mes livres: buku-buku saya
- nos filles: putri-putri kami
mais le redoublement peut aussi marquer une atténuation.
VOCABULAIRE EMPRUNTÉ
L'indianisation de l'archipel, fait que l'indonésien comporte de nombreux mots d'origine sanskrite.
L'islam a apporté des mots d'origine arabe et persane. La présence ancienne de communautés chinoises, notamment sur la côte nord de Java, a introduit de nombreux mots chinois.
La colonisation hollandaise a laissé quelques mots néerlandais. Elle a aussi introduit de nombreuses racines d'origine gréco-latines, ainsi que des mots français empruntés par le néerlandais. Ainsi, de nombreux mots en "_iste" se retrouvent pratiquement sans altération en indonésien, le suffixe devenant "-is" (comme pluralis) et des mots en "—tion" "se retrouvent avec un suffixe "_si" (comme demokratisasi). Depuis l'indépendance, de nombreux emprunts sont faits à des mots anglais notamment dans le domaine technique.
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Réveil matinal à 5h30 afin de rejoindre la gare à une heure de grands encombrements afin d'effectuer un voyage en train qui doit durer toute la matinée et nous conduire dans la partie orientale de Java...
Départ de la gare de Yogyakarta à 7h25 pour un trajet d'environ 280km. Nous mettrons à peine 4 heures pour l'effectuer. Par la route qui est sensiblement parallèle à la voie ferrée, le temps moyen est plus long d'une heure !
Avec quelques autochtones embarqués dans le train express du matin (pagi) Sancaka Pagi, nous avons droit à une voiture confortable "Eksecutif" de la Kereta Api (littéralement "wagon feu"), la compagnie nationale des chemins de fer indonésiens. Coût du billet: 17 0000Rp.
Un écran en bout de voiture passe des vidéos publicitaires sur le pays et affiche le nom des gares. Un panonceau indique même le nom de notre responsable clientèle et affiche sa photo et son numéro. Nous aurons l'occasion de voir ce jeune homme aller et venir moult fois. Peut après le départ un aréopage de trois personnes passe pour effectuer le contrôle des billets: un contrôleur à casquette type "SNCF", notre jeune responsable clientèle qui semble un peu perdu dans un listing de pointage et enfin un militaire en treillis...
Le voyage se poursuit tranquillement avec vues principalement sur des paysages de rizières de plaine à divers stades de culture, avec parfois des groupes de paysans avec leur chapeau conique. Ailleurs on récolte la canne à sucre à en juger par le chargement des camions. Et le paysage devient de plus en plus sec.
Plaisons nous à rêver de jungle, de tigre mais aucune chance d'apercevoir ce magnifique animal puisque les derniers tigres de Java (Panthera tigris sondaica) ont été vus dans les années 1950 (en 1923 selon Yudi ?) et le tout dernier aurait disparu en 1979.
Les minarets ou plus souvent les dômes des mosquées sont comme des phares qui signalent ces localités par avance. Vues plongeantes sur quelques cimetières musulmans. En revanche les clochers sont très rares. Nous passons dans différentes villes et bourgades: Klaten, Solo-Surakarta, Sragen, Madiun, Jombang... Dans cette dernière, une fête avec un défilé de chars semble se préparer, sans doute pour ce week-end (nous sommes samedi), on aperçoit des formes colorées, de gros oiseaux en papier doré.
Sur notre gauche, entre Yogyakarta et Solo, on aperçoit le Gunung Merapi (2911 m) un peu noyé dans la brume. Puis les montagnes volcaniques se présentent sur notre droite: d'abord le Gunung Lawu (3265 m) avec un nuage accroché à l'un de ses flancs puis ce sont dans le lointain les Gunung Ngliman (2435 m encore un peu plus ennuagé), Kelud (1730 m) et Arjuno (3340 m) .
En traversant Solo, nous franchissons la Bengawan, la plus longue rivière de Java puis ce sera un affluent au niveau de Madiun. Enfin, un peu avant Jombang, nous franchissons la rivière Brantas.
A 11h20, c'est le quatrième arrêt et c'est là que nous quittons le train à Mojokerto, une petite ville (120 000 habitants quand même) située 45km à l'ouest de la grande ville de Surabaya (près de 3 millions d'habitants).
Nous y retrouvons notre bus pour nous diriger vers le sud.
Une heure et quart plus tard, nous arrivons à Gempol, entre Surabaya et Pasuruan, pour déjeuner au restaurant Rumah Makan Kartikasari.
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Au port de PASURUAN (200 000 ou 300 000 habitants !)
Nous avons repris la route vers l'est et vers le littoral. Cette région est peuplée de nombreux Chinois et de Madurais (habitant de la petite île bordant Java au nord-est), notamment dans la ville de Bangil (25 000 habitants) que nous traversons.
Port de PASURUAN
Port de PASURUAN
Une demi heure plus tard, nous arrivons au port de Pasuruan, une ville d'environ 200 ou 300 000 habitants. Du XIe au XVe siècle, ce fut le centre d'une petite principauté avant de devenir la principale puissance musulmane de l'est de Java au XVIe siècle.
Après les mosquées, avec ou sans minaret mais alors avec un dôme, nous passons près d'une église.
Le port est l'une des attractions touristiques de la ville.
Comme dans beaucoup de villes portuaires, ce genre de quartier ne reluit pas par sa propreté. La vétusté des bateaux est bien visible tandis que la prospérité des armateurs s'affiche par le kitsch de leur demeure.
Quelques bateaux débarquent leur pêche car c'est l'heure du retour au port (vers 15h-15h30). On trouve de nombreuses espèces: mérous, calamars, crevettes, sardines... Pendant ce temps les femmes disposent les poissons à même les quais pour les sécher. La pesée du poisson frais placés dans de grands paniers est archaïque car on utilise une balance romaine appuyée sur les épaules de deux porteurs.
Dans les parages, on peut également voir un chantier naval. Le calfatage est réalisé avec de la fibre de coco en guise filasse ou d'étoupe.
C'est à nouveau la route pour un long trajet monotone, en direction de Malang, à une cinquantaine de kilomètres plus au sud. Longueur du trajet surtout due aux embouteillages...
Yudi nous donne quelques informations sur la riziculture très importante à Java qui assure 70% de la production du pays. Le kilo de riz est payé au producteur de 6000 à 8000 Rp selon la qualité (il y en a trois). Chaque habitant consommerait 40 kg de riz par an alors que les statistiques officielles donnent des chiffres de 140 ou 150 kg... (mais parle-t-on de riz blanc ou de riz paddy, non décortiqué)?
L'est de Java et tout particulièrement le nord-est affecté par une moindre pluviosité n'a qu'une récolte par an et les variétés de riz cultivées à sec ont un cycle végétatif de cinq mois et demi au lieu de deux mois et demi en culture inondée comme cela se pratique dans le centre (2 récoltes par an) et l'ouest (3 récoltes) de Java.
Yudi nous délivre également une information permettant de décoder la signification de la couleur des calots portés par les hommes indonésiens. Noir, ils n'ont pas fait le hadj, le grand pèlerinage à La Mecque. Blanc, ils y sont allés, ce qui leur a coûté environ 2700€ (incluant vols, demi-pension pour un séjour de deux semaines).
Il fait pratiquement nuit lorsque nous arrivons à Malang, une ville de 800 000 à un million d'habitants où nous allons dormir, peu. Entourée par des massifs volcaniques (Butak à l'ouest, Arjuna au nord, Bromo-Semeru à l'est), cette ville est considérée comme l'une des plus agréable d'Asie du sud-est.
Nous n'aurons pas le loisir de découvrir les anciens temples hindous des anciens royaume Singosari et empire Mojopahit qui subsistent dans les environs.
Pour les Musulmans, pas de problème pour s'orienter à l'heure de la prière, à l'hôtel Santika Malang 4*, il suffit d'ouvrir le tiroir du chevet et de voir que l'on y a collé une flèche indiquant la kiblat, donc l'ouest...
De la chambre, à l'ouest également, superbe coucher de soleil sur la montagne volcanique Gunung Butak (2868 m), distante d'une douzaine de kilomètres.
La nuit sera très courte !
En effet, il s'avère qu'habituellement les groupes de taille plus restreinte sont hébergés au pied du Penanjakan, à Tosari, au Bromo Cottages, distant d'une dizaine de kilomètres et à moins d'une demi-heure du Mont Penanjakan afin de voir l'aube éclairer le Mont Bromo, ce qui permet aussi de prendre un vrai petit-déjeuner après l'aube...
Certes, pour s'y rendre depuis Malang il n'y a qu'environ 70 km mais c'est par des routes de montagne, cela représente donc près de trois heures de trajet ! Pourquoi ce changement ?
"Excuses possibles": notre groupe trop important pour y être hébergé, des économies sur le programme qui est à un tarif promotionnel... Pour nous consoler, Yudi précise que nous avions un hôtel plus confortable, certes mais nous n'allons y dormir qu'une bien courte nuit, de deux ou trois heures.
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Aube au mont Penanjakan et vue sur le mont Bromo
Réveil à minuit et demi !
Nantis d'un panier pique-nique, nous partons de l'hôtel à une heure du matin en minibus en direction de Tosari par une très sinueuse route de montagne qui contourne les épaulements du massif par le nord-est.
Nous arrivons à 3h du matin à Tosari, sur un parking où l'on nous transfère dans des 4x4.
Pendant une quarantaine de minutes on suit une étrange procession motorisée de milliers (?) de motos pétaradants et fumantes en folie et de centaines (?) de 4x4 partis à l'assaut de la montagne sur une route en lacets mais néanmoins goudronnée. Nous passons enfin les lieux-dits Wonokitri et Dingklik.
Il est donc environ 3h45 lorsque nous débarquons dans la nuit noire (la lune est couchée depuis 2h45) près du sommet du Penanjakan.
Nous étions prévenus, il fait frais à près de 2800 mètres d'altitude, environ 10° (il peut faire moins à certaines périodes) et heureusement il n'y a pas de vent, ce qui n'abaisse pas la température ressentie. Il ne neige jamais ici mais il y a parfois des averses de grêle.
Nous improvisons notre pique-nique petit-déjeunatoire dans l'une de gargotes installées près du site. Ça grouille de monde. Pour l'essentiel des touristes du pays. Il est vrai que l'on est dimanche.
A 4h15 nous gagnons la terrasse du Penanjakan (2770m) qui est déjà pratiquement bondée. Pour avoir le choix des places, il aurait presque fallu arriver la veille et ne pas dormir du tout !
On arrive à se glisser vers le milieu ou la gauche de la terrasse, là où la foule est moins dense, car à défaut d'instructions de la part de Yudi, nous ignorions que pour voir le Bromo s'éclairer à l'aube, il faut se placer sur le côté droit. Dommage, comme on le redira.
Dans ce genre d'agglomérat de foule, les Indonésiens ne sont ni plus ni moins disciplinés que les autres. Soudain l'envie prend à ceux qui ont un siège de se mettre debout voire de monter sur le banc, d'user et d'abuser de leurs lampes, de nous faire écran avec leurs fameuses tablettes iPad et autres.
A partir de 4h30, les toutes premières lueurs de l'aube se manifestent à l'est. De l'emplacement où nous sommes, on assiste en fait à l'aurore derrière les mont Argapura ou Argopuro (3088 m), à gauche, et le mont Raung (3332 m), à droite et en arrière-plan. Avec plus de lumière, à partir de 5h, dans cette direction, on arrive à distinguer le cratère d'un volcan de plus faible altitude situé en avant du Gunung Argapura. Superbe !
Sur la droite, en direction du sud, par dessus les têtes, on peut apercevoir au fond de l'ancienne et immense (10 km de diamètre) caldeira du Tengger, avec de gauche à droite, les cratères des volcans Batok (2440 m ou 2470 m ?), Bromo (2392 m) au cratère empli de fumée et enfin le Kursi (2581 m). Tout au fond, à une bonne quinzaine de kilomètres, se dresse le cône parfait du majestueux Gunung Semeru, haut de 3676 mètres, le volcan le plus élevé de Java. Semeru qui laisse de temps à autre (en gros toutes les trois minutes) échapper des bouffées de fumée ou plutôt de gaz et de cendres.
Au sommet du PENANJAKAN
Expérience faite, il est évident que pour bien voir l'intérieur de la caldeira du Tengger s'éclairer, Yudi aurait dû conseiller de se porter vers la droite de la terrasse lorsque la foule se disperserait.
Nous quittons la terrasse à 5h30 dans une cohue indescriptible tandis que l'on croise un plus mince flux de visiteurs qui montent nous remplacer et qui, peut-être arrivés plus tard n'avaient pas pu accéder avant à la terrasse. Les touristes regagnent leur 4x4, leur moto qui en fait est souvent une moto-taxi ou ojek, moyen de transport auquel font appel les routards.
Ayant regagné nos 4x4, un peu avant la bifurcation de Dingklik, Yudi nous fait descendre pour avoir un point de vue plus proche sur le Bromo et sur la mer de sable volcanique qui l'entoure. Superbe !
On voit déjà des caravanes de 4x4 sur les pistes au fond de la caldeira et même déjà des touristes partis à l'assaut des 253 marches conduisant sur le bord du cratère du Bromo, de 800 mètres de diamètre et de 200 mètres de profondeur. Il fume mais n'est pas en phase d'éruption comme ce fut le cas encore entre novembre 2010 et janvier 2011 puis encore pendant 4 mois à partir d'avril 2011. Sur la gauche, dans le lointain, on aperçoit le Gunung Argapura et sur la droite, le cône de Semeru.
Mais autre déconvenue du jour, nous n'aurons pas le plaisir de parcourir la mer de sable dans la caldeira ni de faire l'ascension du cratère du Bromo. Notre programme est ambigu dans sa formulation:
"[...] excursion en 4x4 au Mont Bromo pour admirer le lever du soleil (ascension au cratère parfois interdite en raison de son activité [...] Depuis le Mont Penanjakan, superbe panorama sur le Bromo [...] Ascension dans la caldeira du volcan [...]"
Au sommet du PENANJAKAN, au centre le Bromo qui fume
Petit arrêt plus loin sur la route regagnant Tosari.
Vers l'ouest, dominant la ville de Malang, on voit au-dessus de la brume matinale les sommets jumeaux des monts Arjuno (3339 m) et Welirang (3156 m) dans la lumière du soleil levant. On se trouve un peu en dessous du village et de là où nous sommes nous voyons les cottages où nous aurions dû dormir...
Agriculture de montagne à Tosari (Bromo)
La fraîcheur due à l'altitude permet de cultiver des pommes de terre. La route est jalonnée de petits oratoires ou autels, en effet, nous sommes dans une région restée de culture hindouiste et les habitants y placent des offrandes de même qu'ils considèrent que les montagnes ont un caractère sacré, notamment le Bromo (cérémonie de Kesada, d'offrandes au cratère) et le Semeru.
Nous allons retrouver notre bus habituel à 45km de là mais après de 2 heures de trajet, à Probolinggo.
Encore deux heures de route avant de déjeuner à Jember, en gros à mi route de Kalibaru, notre destination finale pour aujourd'hui.
Dans le paysage, on peut voir des cultures d'oignons placées sous des filets pour les protéger des attaques des chauve-souris de cette région qui en raffolent. Sur le bord de la route sont dressés des étals avec des paniers de fruits de la passion. Arrêt au bord d'une rizière.
Paysage de rizière
Plus loin, la route longe un grand canal d'irrigation de 20km qui fut creusé par les Hollandais au XIXe siècle afin de mettre en valeur cette région et dont les berges sont en cours de réfection. La région plus sèche se prête à la culture du tabac pour cigares et cigarettes et de la canne à sucre et aux élevages intensifs de volaille.
A midi, nous sommes au restaurant Taman Mangli Indah, à Jember. Certes il n'est pas tard mais notre "petit petit-déjeuner" est bien loin. Etrange construction et horrible pastiche parfaitement déplacé de l'architecture traditionnelle du pays toraja sur l'île de Célèbes. Un aperçu dont on se serait passé volontiers.
Restaurant Taman Mangli Indah à Jember Restaurant Taman Mangli Indah à Jember
Plantation du Kalibaru Cottages
1h30, nouveau départ pour un trajet d'une heure et demie vers Kalibaru, tout à fait au sud-est de Java.
Des rizières, c'est le moment de la moisson et des battages, bonne occasion d'aller à la rencontre de paysans accueillants. On bat le riz alors qu'il est à peine sec puis on le met à sécher sur des aires cimentées voire parfois au bord des routes.
Culture d'ignames et de manioc. Plantations industrielles aussi: bois précieux comme teck et acajou mais aussi hévéas pour le caoutchouc.
Au long de la route, on peut voir de petites boutiques qui vendent des bouteilles d'un litre remplies d'un liquide jaunâtre. Ce n'est pas de l'huile de table mais de l'essence au détail pour les nombreux utilisateurs de motos.
Nous arrivons à Kalibaru, 430 mètres d'altitude, au pied du Gunung Raung.
Yudi comptait nous faire visiter une plantation située du côté de Glenmore, au-delà de la petite localité (4000 habitants) de Kalibaru Kulon (Kalibaru "ouest")où les axes routiers et ferroviaires se croisent. Mais il est dit que l'on joue de malchance aujourd'hui dimanche car c'est jour de carnaval et la circulation est complètement coupée pour une durée indéterminée. Notre chauffeur est contraint d'entreprendre une manoeuvre compliquée, avec une longue marche arrière et un demi-tour acrobatique sur la route.
On revient donc sur nos pas pour nous rendre directement à notre hôtel Kalibaru Cottages situé à Kalibaru Manis, alors que franchement nous aurions préféré faire un petit tout au carnaval.
Yudi se contentera donc de nous faire une petite visite dans la plantation proche de l'hôtel, plantation dont on ne semble guère tiré profit à en juger par le café à maturité et non cueilli. On peut quand même y apercevoir deux employés dont un qui est occupé à cuire du jus de coco pour en faire des petits blocs cylindriques de sucre.
Dîner et nuit à l'hôtel Kalibaru Cottages assez agréable.
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Vers le Détroit de BALI
Lever à 6h. 75mm et une heure et demie de trajet entre Kalibaru et le terminal des ferries Ketapang de Banyuwangi-Kaliporo.
Départ à 7h.
Kalibaru est sur notre trajet et Carnaval terminé, on peut y faire une courte halte d'un quart d'heure pour y voire des chaudronniers travailler l'aluminium pour en faire toutes sortes de récipients de cuisine. D'autres travaillent l'inox qui sert à fabriquer les étranges couronnements en forme de rutilants bulbes à ailettes surmontant les dômes des mosquées.
Nous reprenons la route en agrémentant le trajet par deux arrêts dans des rizières. Les terrasses sont bien vertes, en plein milieu de la période végétative.
Dans l'une on peut voire les méfaits des escargots et un petit exemple d'une parade écologique originale consistant à recourir à des volatiles voraces, en l'occurrence des canards afin de limiter le recours aux engrais et pesticides. Il faut savoir que l'utilisation de ces palmipèdes serait grandement utile à l'agriculture si elle était généralisée: 150 canetons lâchés dans une rizière d'un hectare vont tout à la fois faire économiser l'usage de pesticides en se nourrissant d'escargots, larves, vers et insectes suceurs genre cicadelle, faire économiser des engrais grâce aux fientes qui enrichissent le sol et enfin réduire les dégagements de méthane. Au total: des rendements accrus avec de moindre frais, un environnement mieux respecté et des bons canards à passer à la casserole...
Plus loin, on assiste au travail préparatoire au repiquage qui consiste à ratisser la boue puis au repiquage proprement dit.
Rizières au sud-est de Java
Rizières au sud-est de Java
Etrangement, notre guide, notre bus et son chauffeur embarquent sur le ferry car ils vont nous conduire jusqu'à notre point de chute au sud de l'île de Bali avant de passer le relais à une autre équipe...
A 9h30, notre bus est sur le ferry (coût du passage pour le véhicule: 390 000 Rp) assurant la liaison entre le terminal de Ketapang à Java et celui de Gilimanuk à Bali, en franchissant le Détroit de Bali large de seulement 2,5 km mais parcouru par un fort courant. Le bateau fait un large arc de cercle vers le nord, nous permettant de voir les collines verdoyantes et des plages de sable blanc à l'ouest de Bali mais interdites car se situant dans le parc national Balai Taman Nasional.
Les ferries affichent des slogans bien patriotiques "We serve the Nation", " We love Indonesia" !
Une si courte distance et pourtant nous ne débarquerons à BALI, au port de Gilimanuk, qu'à 11h45.
Bogor Bandung Losari plantation Puncak Jogjakarta Kalibaru
Récit de voyage à Java
MORAUTHELI