Croisière en Haute Egypte
Assouan(1) et temples de Philae(2).


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BONS ET MAUVAIS CÔTÉS DU TOURISME.

En Egypte le touriste est bien accueilli et même un peu trop!
La sur fréquentation touristique a sans doute induit un certain pourrissement des comportements.

Dans un pays connu pour la pratique du bakchich (au demeurant ce terme n'est pas arabe mais turc), on est littéralement assailli de toutes parts du fait des boutiquiers aussi bien que des petits vendeurs de médiocres cartes postales et de reproductions d'objets anciens en authentique résine de synthèse ou encore que des meutes d'enfants qui quémandent (plutôt que mendient) argent ou stylos (de marque).
En revanche on y est relativement en sécurité dans la mesure où souvent ce qui chez nous est simple délit est un crime ici et le châtiment suprême est la peine de mort!

Côté non désagréable, on nous accueille souvent dans les magasins en nous offrant le thé ou plus couleur locale, le karkadé, une boisson rafraîchissante de couleur rouge intense, servie chaude ou froide, obtenue par infusion de fleurs séchées d'hibiscus. Mais quelle dose d'énergie il faut déployer pour marchander et aboutir à un juste prix.

Si l'on veut plus de tranquillité ou d'authenticité, il faut savoir s'écarter des lieux touristiques. Par exemple à Louxor, il suffit de s'enfoncer de quelques centaines de mètres dans les rues perpendiculaires aux quais où accostent les bateaux de croisières pour découvrir un autre univers commerçant très paisible où les boutiquiers assis sur le pas de leur porte devisent avec leurs collègues sans chercher à accrocher le chalands et l'on voit même dans les vitrines des marchandises avec l'étiquetage des prix !

ASSOUAN - Tombeau de marabout.

Nos premières visites de monuments en Haute Egypte vont nous montrer des temples sans obélisque (nous en verrons en revanche au terme de la croisière, à Louxor et Karnak), pourtant non loin d'Assouan on trouve "l'Obélisque Inachevé". Long de 42 m et évalué à plus de 1000 tonnes, il est resté allongé dans sa carrière, sans avoir été détaché car il comporte des fissures rendant impossible son transport et son érection.

Nous commençons par la visite du secteur de la 1ère cataracte du Nil avec une croisière sur les eaux remuantes du fleuve.

Le spectacle est sur l'eau avec les felouques (sandals en égyptien) dont les voiles sont telles des ailes d'oiseaux et il est aussi sur les berges où s'entrechoquent les contrastes: dune, caravane chamelière, tombeau de marabout, mausolée de l'Aga Khan (ancien chef spirituel des Musulmans Ismaëlites), Ile Eléphantine (ses gros rochers arrondis sont tout à fait évocateurs)...

ASSOUAN - Felouques sur le Nil. ASSOUAN - Felouques sur le Nil. ASSOUAN - Felouques sur le Nil.


ASSOUAN 1ère cataracte du Nil
Felouques (sandals) sur le Nil.






ASSOUAN - Tombeau de marabout. ASSOUAN - Halte entre fleuve et désert. ASSOUAN - Une caravane.
Tombeau de marabout.

ASSOUAN 1ère cataracte du Nil
Halte entre fleuve et désert.
Une caravane.

ASSOUAN - L'Ile Eléphantine. ASSOUAN - L'Ile Eléphantine. ASSOUAN - L'Ile Eléphantine.

ASSOUAN 1ère cataracte du Nil
L'Île Éléphantine.

Quelques mots sur l'ISMAELISME et l'AGA KHAN

L’ismaélisme (isma‘iliyya) est un rameau majeur du chiisme qui compte de nombreuses subdivisions. Il est apparu au IIe siècle de l’hégire (VIIIe s.). On le connaît surtout depuis la période califale des Fatimides (910-1171), pendant laquelle ses imams dirigèrent un empire qui fut un temps le plus puissant du monde méditerranéen. Mais différents schismes contribuèrent à l’affaiblir.

Les nizarites constituèrent, dans le nord de la Perse, un royaume qui allait défier pendant plusieurs siècles la puissance seldjoukide. Simultanément, l’ismaélisme connut un regain de vigueur dans le nord-ouest de l’Inde. Après des périodes plus obscures, les autorités suprêmes des deux principales communautés ismaéliennes, les Khojas (nizarites) et les Bohras (fatimides), s’établirent à Bombay (Mumbai). Grâce à la protection britannique, les ismaéliens du sous-continent, issus principalement de castes de marchands, accédèrent à une relative prospérité économique. Modernistes, les communautés furent cependant divisées sur le problème de la partition et, depuis les indépendances indienne et pakistanaise, les ismaéliens cherchent à reconstruire leur identité au gré du développement des fondamentalismes religieux. En dehors du sous-continent indien, les ismaéliens sont implantés dans des pays arabes et de manière diffuse dans bien d'autres contrées.

La doctrine nizarite (celle des Khojas) a été reformulée par Sultan Muhammad Shah Aga Khan (1877-1957). À l’instar des réformateurs musulmans indiens, il considère qu’un ressourcement est un préalable indispensable à une rénovation religieuse.
La sympathie probritannique étant assez forte dans la famille, le jeune Aga khan III reçut une éducation typiquement anglaise. Aga khan rendit d’importants services à la cause des alliés au cours de la Première Guerre mondiale (il prôna l’indulgence à l’égard de la Turquie) et œuvra activement pour la création de la Société des Nations. Il y représenta l’Inde trois fois et en fut le président en 1937.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'Aga khan se retira de la vie politique et s'installa en Suisse tandis qu'il passait tous les hivers à Assouan, en Égypte, où il fut enterré.



ASSOUAN - Découverte du narguilé. ASSOUAN - Un enfant batelier. ASSOUAN - Mausolée de l'Aga Khan.
Découverte du narguilé (ou chicha)
la fumée de tabac passe dans l'eau parfumée
ASSOUAN 1ère cataracte du Nil
Un enfant batelier.
Mausolée de l'Aga Khan
ancien chef spirituel des
Musulmans Ismaëlites     =====>
ASSOUAN - 1ère cataracte du Nil. ASSOUAN - 1ère  cataracte du Nil. ASSOUAN - 1ère  cataracte du Nil.

ASSOUAN 1ère cataracte du Nil
Le fleuve.






Temple de Philae. Philae, l’île sainte d’Isis, ensevelie sous les eaux depuis la construction du premier barrage d’Assouan au début du XXe siècle, est désormais en aval du nouveau haut barrage.
Les variations du niveau des eaux allaient entraîner la dégradation des monuments du site du fait de l'alternance de périodes d'immersion et d'émersion.
Pour éviter cette dégradation, de 1972 à 1980, il a été procédé à leur démontage et à leur transfert sur l’îlot réaménagé d’Aglika, à environ 400 mètres au nord.

Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979 .

Temples de PHILAE. Temples de PHILAE.
Temples de PHILAE.


L'ART ANTIQUE EGYPTIEN.

Sur 3500 ans, l’Égypte a connu la continuité historique la plus durable de toutes les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité (de 3100 av. JC à 476 après JC).
Son relatif isolement par les déserts et la mer et son unité obligée à partir du Nil, seul axe vital de son espace, ont donné naissance à un style artistique qui s'affine au cours de cette longue période, tout en faisant preuve d'une étonnante continuité.


Les règles artistiques ou canons s’appliquaient surtout au roi et aux membres de la noblesse. Elles étaient plus souples lorsqu’il s’agissait de serviteurs et de paysans ce qui donne des résultats moins convenus, donc beaucoup plus intéressants.

Concernant la sculpture, alors que l’anatomie humaine est déjà bien connue des sculpteurs, l’artiste égyptien, qui cherche à représenter une forme idéale, ne s’attache pas au mouvement tel que nous l’entendons actuellement. Les personnages en pied sont en effet saisis dans des positions statiques et c’est le recours à différents canons qui permet de signifier le mouvement (un pied s’avance) ou l’immobilité (les deux pieds sont joints). Les statues du Bouddha visibles dans tout l'Extrême-Orient reprennent cette règle.
Au Moyen Empire, la sculpture tend au réalisme,surtout à partir de la XIIe dynastie. En témoigne la statue colossale du pharaon Aménophis IV-Akhenaton, au visage émacié. Cette statue visible au Musée égyptien du Caire provient du sanctuaire d’Aton à Karnak. Alors qu'à la même époque sa gracieuse épouse Néfertiti était traitée avec élégance...

En ce qui concerne les bas-reliefs (sculpture en ronde-bosse) ou la peinture (statue, colonne, parois, poteries...), la figuration courante montre la tête et le bas du corps de profil, tandis que l’œil et le torse se présentent de face. Chaque partie du corps doit, en effet, être reproduite sous son aspect le plus reconnaissable. C'est pourquoi, l'oeil qui est peut visible dans une représentation de profil est plaqué vu de face (Picasso en a tiré de bons exemples!).

L’art égyptien a exercé une influence considérable sur les cultures des envahisseurs de l’Égypte. Les artistes grecs lui doivent beaucoup (et ils transmettront certains canons jusqu'en Extrême-Orient: coiffure bouclées, posture dynamique avec jambe en avant) ainsi que les artistes romains influencés par les nombreuses œuvres égyptiennes rapportées à Rome.


Cet édifice tardif élevé dans la période ptolémaïque (vers -300) a remplacé un sanctuaire antérieur comme le montrent de nombreux blocs de remploi.
Le principal édifice est le temple dédié à Isis.
Son
Pylône (terme d'archéologie désignant un portail monumental d'un sanctuaire égyptien, composé de deux massifs quadrangulaires en pierre décorés de peintures et couverts d'inscriptions hiéroglyphiques) élevé (18 m) est orné de scènes évoquant des exploits guerriers, en présence des divinités et précédé de deux lions de granit et de deux colonnades.
En arrière se trouve un mammisi (temple de la naissance) avec de beaux piliers hathoriques. À proximité subsistent les ruines d’un temple d’Hathor décoré de scènes de musique.
Les Romains se sont réapproprié le site en y ajoutant leur touche avec le charmant kiosque de Trajan (empereur de Rome de 98 à 117 après JC), resté inachevé.

Temples de PHILAE. Temples de PHILAE. Temples de PHILAE.
Temples de PHILAE.
Temples de PHILAE. Temples de PHILAE.
Temples de PHILAE.


Un culte à Isis subsista ici jusqu'en 559, année où il fut interdit par l'Empereur romain Justinien (Rome s'était convertie au christianisme sous Constantin en 312).



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